Bonsoir bonsoir :3 Je poste plus tôt (oh miracle !) parce que je souhaite rattraper mon retard, par conséquent, je posterai sans doute également ce samedi. Je veux remercier Ookami pour ses encouragements permanents et ses conseils, ainsi que vous tous, vos reviews sont tellement géniales ;-; Et je sais que je vous ai frustrés avec mon Destiel, ne m'en veuillez pas *cœur*
On m'a demandé pourquoi je n'ai pas parlé de la cicatrice dans le chapitre précédent ; c'est tout simplement parce que je trouvais que les confessions, d'abord de Dean, puis de Gabriel, me paraissaient trop lourdes à la suite. Mais ne vous inquiétez pas, ce chapitre rattrape tout. Par ailleurs, ff a fait n'importe quoi et a supprimé tous mes " ; " du chapitre 24, du coup les phrases ne veulent plus rien dire, je tenais donc à m'en excuser et je vais reprendre ça le plus vite possible.
Egalement, pour mes lecteurs non-inscrits, Kingofspn (désolée de ne pas avoir répondu plus tôt) : je suis au courant que Sam et Dean ne se parlent plus trop, mais il me semblait nécessaire qu'ils se retrouvent un peu seuls chacun de leur côté quelques temps. Et merci à DianeMoon pour sa review de même.
Bonne lecture !
I'm afraid
Lucifer entra dans la demeure, sourire aux lèvres, visiblement très à l'aise et bienheureux d'être là. Il tirait derrière lui une grosse valise noire à roulettes, bien fermée malgré son énormité. Et tout fut tellement soudain que Sam le ressentit comme une intrusion indésirable. Son correspondant d'origine portait une veste en jean avec un dessous un t-shirt blanc sur lequel il y avait un dessin ensanglanté, un pantalon ample style militaire, ses cheveux formaient des épis et sur sa joue gauche, il portait encore la marque d'une cicatrice sans doute due à une lame tranchante. Nul doute qu'il n'était pas sagement resté chez lui à étudier dernièrement.
Pourtant ce n'était pas Lucifer qui inquiéta Sam, mais Gabriel.
Il avait pâli. On aurait pu croire que c'était sa couleur de peau habituelle, mais il ne se souvenait que trop bien de la gaieté de son visage une minute auparavant et de ses joues rougies. C'était comme si tout avait été aspiré en l'espace d'une fraction de seconde. Et il lui faisait peur. Joshua présenta ses excuses pour cette arrivée si tardive et promit de repasser plus tard pour régler les derniers détails plus tard. Pendant ce temps, Lucifer s'était arrêté devant Gabriel, pencha la tête sur la droite et son sourire s'élargit plus encore. On aurait dit qu'il se pavanait en vainqueur. Toute l'amitié qu'il aurait pu encore éprouver envers Lucifer s'était effondrée en deux jours.
Son cerveau fonctionnait à plein carburant. Lucifer était là. Il avait débarqué, comme ça, sans prévenir, sans l'avertir, et il s'en fichait éperdument. L'aîné Novak s'avança vers Gabriel et lui chuchota quelque chose à l'oreille. Sam fit un pas vers eux, mué par la colère et le choc, mais Castiel barra son chemin d'un revers de bras.
– Attends un peu, chuchota-t-il.
Toute l'attention était rivée sur Lucifer et, s'il en était conscient, il n'en montrait rien. Lucifer commenta la maison elle était, d'après lui, très intéressante. Gabriel n'avait pas bougé, il avait repris des couleurs mais ses yeux trahissait son angoisse.
D'une main, Lucifer jeta sa veste sur le siège le plus proche et lâcha un petit cri victorieux en constatant qu'il n'avait pas raté sa cible. Il déposa sa valise en bas des escaliers et se retourna vers Sam comme s'il venait de réaliser qu'il était là. Il s'approcha de lui et lui serra la main énergiquement en le regardant droit dans les yeux.
– Sammy ! Enfin on se rencontre ! Cela aurait pu se faire plus tôt, si des interférences et des imprévus ne s'étaient pas créés, mais enfin, je suppose que nous allons rattraper le temps perdu ! Où est-ce que je dors ?
Sam fut tenté de lui rétorquer d'essayer le pallier mais y renonça en voyant Gabriel quitter la pièce, le cœur serré. Toutefois, il ne se laissa pas démonter il était encore chez lui et Lucifer ne l'obligerait pas à faire ce qu'il voulait.
– Tu aurais dû me dire que tu venais, répondit-il froidement. Le canapé est assez large et confortable pour faire un lit, tu n'auras qu'à dormir là.
L'adolescent fronça des sourcils et fit la moue, mais ne protesta pas. Il se tourna ensuite vers Castiel et son sourire s'éteignit quelque peu.
– Ravi de te voir, cousin.
– Tu devais t'y attendre, de toute façon, n'est-ce pas ?
– Vrai. Mais où est Dean ? Je ne le vois pas avec toi.
– C'est parce qu'il n'est pas là, Lucifer, lâcha-t-il d'une voix glaciale.
Celui-ci roula des yeux.
– Je t'ai répété cent fois de m'appeler Luci, Cassie.
– Et je t'ai répété cent fois de ne pas m'appeler Cassie, Lucifer.
Lucifer l'observa, surpris.
– C'est vrai que tu as changé. Tu n'es plus aussi sage que tu l'étais avant de partir. Alors comme ça, tu deviens vraiment un petit rebelle ? C'est Dean qui te fait cet effet là ?
– Luci, tu devrais peut-être déjà t'installer un peu, tu as mangé ? dit Sam en détournant de manière bien trop évidente le sujet.
– Non, mais je prendrais bien ce que vous avez, si vous avez encore des restes ou que vous n'avez pas tout mangé.
Sam l'accompagna à la cuisine, tenu par ses devoirs de correspondant et d'hôte. Et surtout, il ne savait pas ce que Lucifer pouvait trafiquer dans la cuisine, il préférait éviter de le laisser hors de surveillance pour le moment. Gabriel était monté dans la chambre et Castiel s'occupait d'ouvrir le canapé-lit, puisqu'il paraissait savoir comment il fonctionnait. Il l'entendit appeler quelqu'un au téléphone de là où il se tenait et reconnut le répondeur de son frère.
Il passa un demi-heure avec Lucifer, et il se sentit abandonné par les autres. Dans chacun de ses gestes, il ne voyait pas son correspondant mais le frère de Gabriel, il voyait la main qui se levait et qui se rabattait violemment, il imagina sans aucune difficulté ses yeux fous emplis de sadisme, il visionna à partir de ce qu'on lui avait raconté le jour où il avait été tabassé dans la rue, et qu'il avait fini avec un plâtre. Si ce jour-là, il n'avait pas répondu à une bande de déglingués dans la rue, la vie de Sam aurait sûrement été différente aujourd'hui. Et même si, pour lui, Lucifer n'était plus qu'un salaud d'égocentrique, il se sentit coupable de songer qu'il était content qu'il se fasse frapper au point d'avoir été interdit de séjour. Personne ne devait encaisser autant de la haine des autres.
Il tira la chaise en face de Lucifer, et s'installa. Il mangeait des restes du steak de Dean avec un peu de pizza du midi. Il hésita à sortir son portable pour envoyer un texto à son frère mais s'abstint il était occupé avec Anna et le traiterait encore de petit frère collant quand il a des choses plus importantes à faire, même s'il n'en pensait pas un mot.
– Gabriel ne nous rejoint pas ? demanda Lucifer comme de rien n'était.
Sam tiqua.
– Il était fatigué tout à l'heure.
La veille, il mangeait en tête à tête avec Gabriel, et Gabriel lui avait tout raconté. S'il avait su que le lendemain il serait en tête à tête avec Lucifer, il aurait ri aux éclats en assurant que cela n'arriverait certainement pas. Du moins pas dans les prochains jours. Pas avec cette nouvelle vision qu'il avait de lui.
Quand Lucifer parlait, c'était les mots qu'il avait hurlé à Gabriel qu'il entendait, quand il prenait son couteau et avait des gestes vifs, c'était la marque de cette affreuse cicatrice qu'il voyait, quand il était sarcastique, c'était les échanges haineux qui se déversaient sur la famille Novak qui le frappaient de plein fouet.
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« Gabriel leva les yeux vers le ciel étoilé. Ils étaient humides. Une jambe croisée sur l'autre, les bras accoudés en arrière sur le dossier du banc, sa position corporelle ne trahissait en rien son état sentimental, si seulement il n'essayait pas de retenir aussi difficilement sa tristesse et de refouler ses souvenirs.
– Je n'ai jamais été le genre d'enfant sans reproches, et ma désobéissance le démontrait bien. De toute façon, je n'en faisais toujours qu'à ma tête, et j'avais pour philosophie de ne me préoccuper que de moi-même en évitant le plus possible les rapports avec quiconque, et surtout ma famille. On ne peut pas dire que je suis quelqu'un de courageux au contraire, je suis terriblement lâche et je l'accepte. Après tout, tout n'a toujours été qu'entre Michael et Lucifer. »
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La porte d'entrée s'ouvrit en grinçant. La voix de Castiel s'éleva, celle de Dean, étrangement rauque, répondit. Trop heureux de laisser Lucifer en plan, il alla chercher son frère et le prit à part.
– Si tu veux me demander comment ça s'est passé avec Anna, laisse tomber, dit-il avant qu'il n'ait demandé ou déclaré quoique se soit.
– Quoi ? Qu'est-ce que tu dis ? questionna Sam en fronçant des sourcils. Écoute, Lucifer est là. Il dort au salon, et... (Il vit Dean grimacer) quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ?
– En vérité, j'aurai bien aimé dormir au salon pour cette nuit, j'ai le sommeil agité dernièrement, mais je comprends, t'inquiète. Et qu'est-ce qu'il fout là ? C'était prévu ? Gabriel va dégager ?
Sam lui intima de baisser le ton d'un geste de la main en jetant un coup d'œil vers la cuisine où Lucifer était resté.
– On sait pas pour l'instant, Joshua est seulement arrivé comme ça, et demain on aura plus d'infos. S'il te plaît, ne cherche pas la merde avec lui.
– Quoi ? Pourquoi je chercherai la merde ?
Sam comprit alors qu'il avait dit ce qu'il devait s'appliquer à lui-même à son frère, puis il remarqua ses cernes et ce même air perdu qu'il portait il y avait quelques mois auparavant, peut-être moins marqué, mais tout aussi inquiétant.
– Tout va bien pour toi, Dean ? Et pourquoi tu n'arrives pas à dormir ?
Les lèvres de son frère tremblaient légèrement comme s'il avait froid.
– C'est juste que les temps sont durs, t'en fais pas pour moi, essaie déjà de te dépatouiller de ça, se contenta-t-il de répondre.
Très vite, tous décidèrent d'aller se coucher en prétextant qu'ils devaient être en forme pour les cours du lendemain – enfin, prétexte pour tout le monde sauf Sam qui avait l'habitude de se coucher « tôt ». Lucifer grogna quelque chose et lorsqu'on lui demanda s'il venait en cours, il déclara les accompagner au lycée mais ne pas pouvoir rester étant donné que le principal devait le voir.
Castiel prenait sa douche.
Depuis que Dean était sorti avec Anna, ils ne s'étaient pas adressés plus de trois mots. Lorsqu'il était rentré, il avait baissé les yeux et n'avait jamais soutenu son regard. Pourtant, ça lui faisait mal de ne plus l'affronter ainsi, c'était devenu normal pour eux, et puis, surtout, il adorait se plonger dans le bleu de ses yeux. Mais ce soir-là, s'il l'avait fait, il... il n'était plus capable de prévoir ses propres réactions, et il n'avait aucune envie d'agir comme un idiot face à son meilleur ami.
Dans la chambre d'à côté, Gabriel et Sam devaient déjà dormir. Lui, était persuadé de ne plus pouvoir dormir avant longtemps. Subitement, comme pour répondre à cette pensée, son téléphone vibra. Il vit le nom de Charlie Bradbury s'afficher à l'écran et se mordit la lèvre avant d'ouvrir le message.
« Tu ne peux peut-être pas rattraper le temps perdu mais tu peux arrêter de perdre du temps ».
Dean éteignit son portable sans répondre. Elle savait qu'il ne lui répondrait pas, de toute manière. Il se coucha et se retourna plusieurs fois sur son lit. Et quand Castiel rentra à nouveau dans la chambre, il fit semblant de dormir. Très lâche, mais il avait tellement honte de lui que ça n'en faisait qu'une de plus. Il resta sur le pas de la porte et demanda d'une voix hésitante :
– Dean ?
« Tu ne peux peut-être pas rattraper le temps perdu mais tu peux arrêter de perdre du temps ». Il ferma les yeux, le visage crispé. Il sentait encore ses sanglots sur ses joues, les larmes qui refusaient de s'arrêter de couler et leur goût salé dans la bouche. Finalement il se retourna vers Castiel qui sursauta, ne s'y attendant visiblement pas.
– Oui ?
Il le dévisagea, et il ne se détourna pas. Pas de suite.
– Pour Lucifer, je voudrais juste te prévenir qu'il valait mieux faire attention.
– Pourquoi ?
– Il s'amuse des conflits. C'est un peu comme hobby pour lui.
Dean resta bouche bée.
– Qu'est-ce qu'il fait exactement ?
Castiel s'installa en tailleur sur le lit en penchant la tête sur le côté.
– Il sait que Michael est plus entêté que lui, c'est pour cela qu'il s'en prend très souvent à Gabriel qui subit comme il peut. D'autant que Michael est considéré comme le chef de famille lorsque mon oncle est absent, c'est à dire tout le temps Lucifer le méprise et l'envie. Généralement, ça finit mal. En vérité, il est persuadé que le monde entier lui en veut, et que rien ne va dans sa vie, qu'il est victime de tout et que ça ne lui arrive qu'à lui, et ce, à commencer par son prénom. Personne n'a jamais su pourquoi ses parents l'avaient nommé ainsi, donc sa colère peut-être justifiée, mais s'il le voulait vraiment, il pourrait tourner la page et vivre une vie normale.
Dean le contempla sans cacher sa curiosité.
– Cas', pourquoi tu me racontes ça ?
Castiel esquissa un sourire espiègle en s'asseyant sur le bord du lit. Un frisson parcourut l'entière colonne vertébrale de Dean.
– Parce que je te connais, et je sais que tu ne peux jamais t'empêcher de faire des gaffes.
– Tout le monde fait des gaffes l'erreur est humaine n'est-ce pas ?
– Mouais, admit-il. Mais toi t'es un cas.
– Et qu'est-ce qui te fait dire ça ?
Son sourire s'élargit encore.
– Alors ça, je ne parlerai que sous la torture.
Le jeune homme secoua la tête, convaincu qu'il n'avait en réalité aucune argumentation ou de points d'exemples.
– Bonne nuit Castiel.
– Bonne nuit, Dean.
Gabriel fixait le plafond comme si sa vie en dépendait. Il ne bougeait pas, mais Sam le devinait nerveux et agité. Il se retenait énormément.
– Tu sais, s'efforça de le rassurer Sam, ce n'est pas si grave que ton frère soit arrivé... on s'est rencontré, appréciés, et très sincèrement je ne voudrais pas perdre contact avec toi, vraiment.
« Ce n'est pas si grave que ton frère soit arrivé »... Il n'en pensait pas un mot. Pas après ce que lui avait raconté Gabriel.
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« – J'aimerais les haïr, tu sais. Tous les deux. Michael, et Lucifer. Mais ce sont mes frères et, quoique je fasse, ils seront toujours de ma famille. Ils n'ont pas toujours été comme ça. Tu veux savoir comment j'ai eu cette blessure ? Qu'est-ce qui a bien pu m'infliger ça ? Je vais te répondre sincèrement, Sam, j'ai été tenté de t'inventer toute une histoire qui tiendrait debout pour que tu ne te poses pas plus de questions, j'étais même prêt à te raconter que je me l'étais faite moi-même sous une raison ou une autre, mais... j'étais persuadé que le jour où tu rencontrerais Lucifer, si tu le rencontrais, je ne serai plus là, et que si j'avais recours au mensonge, je ne valais peut-être finalement pas mieux qu'eux. A moins que je ne sois juste égoïste et que tu m'aies juste demandé ça au bon moment.
Sam se taisait. Il ne disait rien, mais il tremblait. Il était terrifié à l'idée que l'une de ces hypothèses les unes toutes aussi terribles que les autres s'avèrent justes, ou qu'il n'ait au contraire pas imaginé le pire bien que ça lui paraisse difficile.
– Non, je ne me fais pas battre chez moi. Du moins, quand je dis battre, je ne le pense pas dans le sens courant. Évidemment, on a des disputes et parfois ça tourne au vinaigre, mais ça arrive à tout le monde. Comme tu l'imagines, Michael est peut-être l'image incarnée de l'enfant parfait, mais il ne ressemble absolument pas à ce portrait cliché de l'étudiant aux grosses lunettes, habillé d'une chemise ridicule, de souliers à te plier en deux et d'une raie impossible à rater. Il est a peu près de la même taille que Lucifer, sans doute plus grand, il a plusieurs années de karatés et toute sortes de techniques de combats derrière lui, et si Lucifer et moi avons tenté les mêmes activités que lui, ça nous a moins réussi – surtout moi puisque je séchais les cours.
Père nous a toujours éduqués – lorsqu'il était là pour le faire – en prenant exemple sur la Bible et toutes ces histoires religieuses. Il ne jurait que par ça. C'est peut-être aussi ce qui blesse autant Lucifer un homme aussi croyant que lui devait réellement le mépriser. Nous pensions tous la même chose, mais personne n'en avait jamais parlé. Jusqu'à ce jour-là.
Lucifer avait pété un plomb. Il a appelé Père et, chose jamais vue, lui a hurlé dessus. Ce n'était pas de la colère, mais de la haine, une pure haine quasi-meurtrière. Je suis arrivé au milieu de la conversation, mais je n'ai presque rien compris car de la pièce où j'étais était bruyante à cause des voisinages et de la circulation au-dehors. Puis soudain la salle où il était redevint silencieuse et je n'ai pas osé entrer. J'ai attendu qu'il bouge, qu'il fasse quelque chose, que je ne me retrouve pas à lui fou-furieux, sans doute ai-je eu peur, mais je venais de passer l'une des plus mauvaises journées que je pouvais avoir, alors je ne me suis pas dérangé plus que ça. Et puis depuis le collège, on ne se parlait plus trop, mes frères et moi.
J'ai du rester, quoi, une vingtaine de minutes dans mon coin, à fixer mon téléphone et à jouer à des jeux, parcourir mes mails, m'occuper à perdre mon temps ? Et puis j'ai entendu Michael entrer par l'autre côté et il a aussitôt hurlé. Ça aussi, c'était surprenant : je n'avais jamais entendu Michael hurler. Ça devait vraiment être une journée de merde, et si seulement j'avais su que ce n'était pas fini, je n'aurais pas pensé ça.
En vérité, il y avait deux événements à savoir le premier étant que je savais déjà que j'étais gay, mais que personne n'était au courant. Et de toute façon, je n'étais encore jamais sorti avec personne. Sauf ce jour-là. J'étais tombé sur un type sympa que je voyais depuis quelques temps, et sans trop réfléchir, pour changer, sur un coup de tête, je lui ai dit ce que j'avais sur le cœur. Il ne l'a pas mal pris, au contraire il a paru touché. Et il ne m'a pas repoussé. Il a simplement déclaré qu'il était perdu et qu'il lui fallait un peu de temps pour y penser. Mais moi j'étais certain que c'était déjà mort, que je n'avais pas besoin de me nourrir d'espoir. C'est là que j'ai traîné en ville avant de rentrer. Le deuxième étant le suivant quand je me suis confessé, Lucifer était aussi là. Quand j'y pense, qu'est-ce qu'il pouvait foutre là, sérieusement ? J'en ai pas la moindre idée, et j'en ris toujours. J'imagine que, de là où il était, il n'a sans doute pas entendu – puisque nous l'aurions vu s'il était tout proche toute de même – mais (il détourna le regard, gêné) le... le fait que nous nous soyons embrassés a du être suffisamment clair. »
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Sam se toucha les lèvres du bout des doigts en se remémorant dans la même simultanéité cette seule et unique fois où Gabriel l'avait saisit par le col et l'avait carrément embrassé, sans aucun détour, et puis s'était enfui.
– Je vais certainement devoir repartir, annonça-t-il avec fatalité d'une voix rauque.
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« – Lucifer était devenu complètement fou. Il y avait du sang au sol, pas énormément, mais suffisamment pour nous faire paniquer, Michael et moi. Il avait sans doute dû vouloir se tailler les veines, mais sincèrement pour moi ça ressemblait plus à une mutilation hasardeuse. Michael s'est occupé de tout il a désinfecté les plaies avec Lucifer pendant que je nettoyais. Lorsque je suis venu voir comment mon frère allait, il m'a jeté un regard haineux. Et puis il a lâché : « T'es qu'un p'tit pédé de merde ». Michael a froncé des sourcils et j'imagine qu'il lui a suffit de regarder pour comprendre.
« Tu n'es pas mon frère, tu n'es plus mon frère » il n'arrêtait pas d'hurler. Il disait que je le faisais vomir et que c'était à cause de moi qu'il voulait mourir. Là Michael s'est interposé. Il a menacé Lucifer et, finalement nous avons compris qu'il avait perdu les pédales et qu'il s'en prenait à tout le monde. Il injuria Michael de son mieux et le renia aussi, mais Michael n'accusait pas ses paroles aussi facilement et répondait en gardant son sang froid, ce que Lucifer ne maîtrisait pas. Il a disjoncté et a saisi une broche sur le côté – je ne sais même pas comment elle a pu être placée là d'ailleurs.
Il l'a brandie et a murmuré : « Même quand il apprend que l'un de ses fils est anormal, il le préfère à moi. » Michael lui a ordonné de lâcher la broche, il a refusé. Ses yeux se sont allumés, il fut pris d'un rire hystérique qui n'améliora pas notre image de lui, et puis il a déclaré qu'il arriverait à faire en sorte que son père l'aime et que pour y arriver il effacerait toutes les crasses de ce monde. Michael l'a défié de s'approcher de moi, ça ne lui a pas posé de problème. Il avait les yeux injectés de sang quand je suis sorti de la pièce pour trouver quelque chose qui aiderait Michael, je me suis rendu compte que Lucifer s'était injecté une bonne dose de drogue à la seringue.
Mon sang n'a fait qu'un tour, je savais désormais que Lucifer était capable de tuer Michael. J'y suis retourné en courant et au moment où j'entrais Lucifer s'était élancé sur mon frère qui pouvait difficilement l'éviter. Son bras s'était levé pour l'abattre sur lui, et je me suis interposé entre eux leur hurlant de s'arrêter. Ça n'a pas marché et il m'a touché.
J'ai reçu la fourche de la broche sur le long de la côte et, sincèrement, ça a plutôt bien cicatrisé depuis. La douleur était ignoble et en retombant ma tête heurta brutalement le carrelage et je crois que je me suis évanouis quelques temps. La suite, Michael la connaît mieux que moi, et même que Lucifer. Ses souvenirs sont extrêmement flous à cause des effets de la drogue.
Le cœur de Sam semblait s'être arrêté de battre depuis longtemps.
Il écoutait, bouleversé, non, choqué et impressionné, en s'imaginant toutes les paroles de Gabriel.
– Et toi ?
– Un séjour à l'hôpital, avec Lucifer. Michael, comme l'on pouvait s'y attendre, mentit sur toute la ligne. Il inventa un histoire complètement abracadabrantesque mais elle parut suffire.
– Et... et ton béguin ?
Gabriel n'avait pas répondu tout de suite.
– Il n'est pas venu me voir, je pensais qu'il m'avait abandonné et que je ne le verrai plus jamais. Quelques jours plus tard j'ai appris qu'il avait fait une mauvaise chute et que son crâne avait percuté un rocher. Il est mort sur le coup. »
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Ils n'avaient pas eu besoin d'en parler plus ou de s'exposer chacun leurs opinions, Gabriel et Sam étaient pratiquement convaincus que la mort de son « potentiel petit ami » n'avait pas été accidentel et que Lucifer avait pu être derrière tout ça, avec ou sans drogue.
Le lendemain matin, lorsqu'ils se levèrent, rien ne semblait avoir changé dans leur quotidien scolaire. Sam tira un Gabriel bavant du lit qui répétait toutes les cinq minutes « Encore cinq minutes... », Dean et Castiel se réveillèrent au même instant et, en bas au salon, Lucifer joua la larve sur le canapé jusqu'au moment de partir où il consentit enfin à s'habiller.
En réalité, si la présence du correspondant d'origine de Sam ne les détrompait pas, tous auraient plus ou moins pensé qu'ils avait rêvé et que rien ne s'était passé ce dernier week-end.
