Chapitre 24 : Welcome into a Barbie World

Mais qu'est-ce qu'il fout ? Le repas va bientôt commencer et Rogue est toujours pas là. Est-ce qu'il s'est défilé ? Est-ce qu'il m'a trahi ? Ca c'est tout à fait possible, il est assez tordu pour avoir prévu de me doubler depuis le début.

Il a intérêt à se pointer, parce que de toute façon si je plonge il plongera avec moi.

Je suis revenue à la table des Serpentards, je crois pas que j'aurai supporté d'entendre encore Foster parler de sa tenue pour le mariage de Malefoy et Black. Et puis de toute façon je préfère être à ma table, la table de ma maison. Vu que je squatte chez Remus les autres pauvres Serpentards risquent d'oublier qu'il y a une sang-de-bourbe qui pollue l'image de marque de leur maison.

Les plats apparaissent les uns après les autres, la drag queen n'est toujours pas arrivée.

Si jamais il se défile je l'étripe, pas besoin d'un sort ou d'une connaissance approfondie de la magie noire, juste un couteau et un peu de rage à l'état pur.

Les élèves commencent à se servir, et toujours pas de Rogue à l'horizon.

Il s'est défilé c'est sûr.

« Je t'ai manqué ? » Demande une voix derrière moi.

Je sais pas si j'ai fait une crise cardiaque ou un infarctus, je connais pas la différence entre les deux, mais en tout cas mon cœur a manqué un battement.

Rogue s'assoit à côté de moi, apparemment satisfait de m'avoir fait peur.

Bon, au moins il s'est pas défilé c'est déjà ça. Mais son retard est suspect et je sens le coup fourré.

« T'étais où ? Pourquoi t'es arrivé en retard ?

- J'avais un truc à faire, répond-il évasivement.

- J'espère pour toi que t'essayes pas de me doubler, dis-je, menaçante.

- J'aurais bien aimé, mais comme tu sais trop de choses je peux pas te doubler, tu risquerais de me dénoncer, répond-il.

- T'as tout compris, le meilleur moyen de réussir un plan tordu c'est de pas faire confiance au partenaire, dis-je en me servant un steak et de la purée de pomme de terre. Bon appétit. »

Il prend une cuisse de poulet et des haricots verts, mais il a l'air hésitant à manger son plat.

« Tu vas tout faire foirer, dis-je dans un murmure, mange sinon ils vont comprendre que c'est toi le coupable. »

Il finit par mordre dans sa cuisse de poulet avec appréhension.

Dans 5 minutes la potion va faire effet, je fais confiance à Rogue pour ses dons en matière de potion, mais s'il l'a faite foirer exprès…

Non, il a autant envie que moi de se venger, je le sais.

Pour qu'une collaboration soit vraiment efficace, il ne faut pas faire confiance à son partenaire.

En parlant de confiance… Remus est assis à la table des Gryffondors, apparemment les rapports avec Black sont toujours aussi froids, Black lui parle mais il ne répond pas c'est tout juste s'il ne l'envoie pas chier.

Ça me rappelle que je viens juste de me réconcilier avec Remus, alors ne pas le prévenir de l'histoire de la potion c'est un coup à nous brouiller encore.

Mais personne ne doit être au courant, sinon ça ferait tout foirer.

Une fille se met à hurler, le mec qu'elle embrassait est devenu blond et se retrouve moulé dans une robe qui fait fortement penser à une robe de Princesse Barbie.

Partout dans la Grande Salle des cris d'horreur sont poussés, tous les élèves se transforment. Des Poufsouffles ont les cheveux roses et des fringues jaunes fluo, des Serdaigles ont des cheveux verts à pois rose et des minijupes violet fuchsia, des Serpentards se retrouvent avec des cheveux blancs et des robes rouges et or en dentelle, et certains Gryffondors ont même du maquillage étalé avec une pelle à tarte apparemment.

Les maraudeurs particulièrement n'ont pas été épargnés : Potter se retrouve avec des cheveux blancs, une jupe longue orange vif et une chemise bleue ciel ouverte et il a le visage peinturluré comme une tapineuse sur son trottoir.

Pettigrow porte un débardeur quadrillé qui disparaît sous ses bourrelets beaucoup plus importants que ceux de Rogue, un short vert kaki et les cheveux assortis ainsi que du vert à lèvre.

Remus a les cheveux bleu ciel, une sorte de robe de mariée rose délavée qui le fait ressembler à une meringue à la fraise, heureusement il n'a pas de maquillage.

Black est le pire, Rogue a dû mettre une double dose dans son assiette, il porte une sorte de robe courte qui s'arrête à peu près au niveau des cuisses, des collants de danse rose pâle et tout un tas de foulards pastels autour du cou, il a trois tonnes de fond de teint sur le visage qui lui donne un air de lépreux, du fard à paupière rouge vif qui contraste bien avec la blancheur du visage, du rouge à lèvre tellement étalé qu'il déborde sur son menton, en bref il a eu droit à la totale.

Un carnage, un véritable carnage. J'ai jamais été aussi fière de collaborer avec un futur mangemort.

Je regarde mes cheveux pour voir à quelle transformation j'ai eu droit, ils sont devenus vert clair, et si j'ai toujours ma minijupe et mon tee-shirt à décolleté plongeant, mes fringues ne sont plus rose bonbon mais orange fluo.

Rogue a maintenant des cheveux blancs et une robe de mariée violette.

Je regarde à la table des profs pour voir un peu les dégâts, Dumbledore est sûrement le pire de tous : il porte juste un petit bikini rose ! Mais le plus horrible, c'est qu'au lieu de se cacher il rigole ! Je savais bien qu'il était pas très net mais quand même…

Carter fulmine, elle porte une nuisette sexy verte et ses cheveux sont devenus rouge tomate. Elle me regarde méchamment, elle sait que j'y suis pour quelque chose.

Bellatrix Black tente tant bien que mal de retenir Cooper qui tente de s'arracher ses cheveux devenus verts.

« Ma belle couleur, sanglote-t-elle, mes beaux cheveux ! Ils sont fichus !

- Calme-toi, Cécilia, dit Black. C'est un sort passager on ne va pas rester comme ça.

- Tu es… tu es sûre ? Sanglote Cooper. Je vais retrouver mes magnifiques cheveux couleur or ? »

Je dirais plutôt couleur beurre périmé mais bon…

« Bien sûr, ne t'inquiète pas, la calme Black, ils vont retrouver le coupable très vite et il payera. »

Elle me fixe méchamment en disant ça, c'est si évident que c'est moi qui ai fait le coup ?

« Mesdemoiselles et messieurs, un peu de clame s'il vous plaît », tonne Dumbledore en essayant de ramener le calme dans la Grande Salle.

Les élèves ne l'écoutent pas, il faut dire que Dumbledore en bikini ça n'inspire pas le respect.

Miss Carter vient lui murmurer quelque chose à l'oreille, il hoche la tête en signe d'approbation, lève sa baguette et hurle « SILENCIO ». Toute la Salle est touchée par le sort, sauf Dumbledore qui peut enfin parler devant ses élèves devenus muets.

« Calmez-vous, regagnez vos dortoirs et ne faîtes pas d'histoire, ce problème sera réglé demain au plus tard », dit-il.

Les élèves sortent à contrecœur de la Grande Salle, je m'apprête à en faire autant quand une main me rattrape.

Rusard, devenu muet me fait signe de le suivre. Je vois que Rogue aussi a été intercepté, par Carter.

Rusard me conduit au bureau de Dumbledore, la vieille miss bikini 1095 a tout prévu, le passage est ouvert, pas besoin de passer par la gargouille.

Carter, Rogue et Pionel attendent dans le bureau en compagnie de Dumbledore qui est tranquillement assis derrière son bureau, pas du tout gêné d'être à moitié-nu.

« Finite incantatem » dit-il en pointant sa baguette sur ses invités.

Mes cordes vocales se desserrent, je peux de nouveau parler.

« Bien, maintenant que le sort est levé je vais écouter vos versions, dit joyeusement Dumbledore. Professeur Carter, pouvez-vous nous expliquer pour quelle raison vous soupçonnez Miss Jones et Mr Rogue d'être à l'origine de cette farce ?

- Ils ont voulu se venger, répond Carter. Je les ai punis en transformant leur apparence physique et leurs vêtements, maintenant ils se vengent en faisant la même chose à toute l'école !

- C'est débile, dis-je. Si on avait voulu se venger de vous, pourquoi en faire profiter toute l'école ? Et puis nous aussi on a été victimes de la blague !

- Vous avez transformé tous les élèves pour brouiller les pistes, qu'on ne se rende pas compte que c'était une vengeance dirigée vers moi ce qui vous aurait tout de suite accusé, exulte la prof. Et vous vous êtes vous-même ensorcelé pour ne pas être accusés.

- C'est tordu votre histoire, dis-je. Si on avait fait le coup, si on avait tout fait pour brouiller les pistes pour ne pas être soupçonnés, pourquoi on aurait ensorcelé les élèves et les profs de la même manière que vous nous avez ensorcelés ? Ca nous accuserait immédiatement ! Vous savez miss, c'est pas parce qu'on est des Serpentards qu'on est forcément débiles.

- A moins que vous ne sachiez qu'en faisant une blague qui vous accuserait… commence la prof.

- Si je peux me permettre, intervient Rogue. On va aller de défense tordue en défense tordue si on les laisse continuer, pourquoi ne pas aller à l'essentiel et nous faire passer au veritaserum ? »

Mais il est malade ? Le veritaserum ? Moi j'ai pas reçu d'entraînement de mangemort pour résister à un sérum de vérité ! Il est fou, il va tout faire foirer !

Dumbledore semble étonné, pas vraiment choqué ni surpris comme les autres profs présents, juste étonné.

« Oui ! C'est une très bonne idée, Rogue ! S'exclame Carter. On va en avoir le cœur net cette fois-ci !

- Je crois que c'est encore moi qui prends les décisions, rappelle Dumbledore à Carter qui rougit instantanément. Je crois que c'est une bonne idée si les élèves sont consentants. Ça ne vous pose pas de problème ?

- Non, professeur, répond Rogue.

- Je… dis-je en hésitant ».

Je comprends pas le plan de Rogue et je le sens vraiment pas, si je refuse ça va prouver ma culpabilité, mais si je le bois ça va prouver ma culpabilité. Rouge me lance un regard appuyé qui veut dire « je sais ce que je fais, accepte. »

« Un problème, Miss Jones ? Demande Dumbledore.

- Sûrement quelque chose à cacher, intervient Carter.

- Pas de questions d'ordre privé ? Dis-je pour tenter de justifier mon hésitation.

- Non, pas de question d'ordre privé, Miss, répond Dumbledore d'un ton apaisant.

- Alors ça ne me pose aucun problème, professeur, dis-je.

- Parfait, Gillius, allez chercher votre flacon de veritasérum », dit Dumbledore à Pionel.

Pionel sort du bureau, Carter et Rusard vont parler à Dumbledore. J'en profite pour aller parler à Rogue.

« Mais t'es malade ? Dis-je dans un murmure. Avec le veritaserum on va tout avouer ! Toi t'as peut-être appris à résister au veritaserum dans tes stages d'apprenti mangemort, mais moi je vais tout avouer, et crois-moi, si j'avoue tout je te balancerai aussi !

- Calme-toi, Jones, murmure-t-il ennuyé. Je ne suis pas immunisé contre le veritaserum et d'ailleurs je ne suis pas un mangemort.

- Ouais, à d'autres. Tu trempes dans la magie noire, tout le monde le sait, dis-je. Mais passons, si t'es pas immunisé pourquoi t'as parlé du veritaserum ? Tu veux nous faire choper c'est ça ?

- Fais-moi un peu confiance, Jones, répond-il parfaitement calme.

- Je fais pas confiance aux nazis, dis-je.

- Tu devrais », répond-il.

Pionel revient avec un petit flacon en verre, Carter a un petit rire sadique.

C'est moi qui passe en premier, je bois une gorgée de la potion et Carter commence son interrogatoire.

« Etes-vous responsable de la transformation des élèves qui a eu lieu lors du dîner ? »

J'ouvre la bouche pour répondre, la vérité bien sûr. Avec ce sérum à la con c'est même pas la peine d'essayer de mentir, quoi que je pense c'est toujours la vérité qui sortira de ma bouche.

Mais je vais quand même essayer de mentir, c'est pas parce que c'est perdu d'avance que je dois renoncer !

« Non », dis-je d'un ton neutre.

J'arrive pas à le croire, j'ai menti sous le sérum de vérité ! Est-ce que ça veut dire que je suis une sorcière super puissante ?

Carter reste bouche bée devant ma réponse. Elle ne sait pas que j'ai menti, elle croit que j'ai dit la vérité, ce qui la dégoûte c'est que je viens de m'innocenter.

« C'est impossible, marmonne-t-elle, complètement impossible.

- Cette jeune femme est innocente, c'est tout, dit Dumbledore. Je crois que c'est au tour de Mr Rogue d'être interrogé. »

Rogue boit le reste du sérum parfaitement calme et s'apprête à répondre aux questions de la prof.

« Est-ce que c'est vous qui avez ensorcelé les élèves pendant le dîner ? Demande Carter en abandonnant son langage de prof.

- Non, répond Rogue calmement.

- Je crois que c'est suffisant, vous pouvez disposer, dit Dumbledore.

- Attendez ! Peut-être qu'un des deux est au courant de quelque chose ! S'écrie Carter.

- Je ne sais rien, intervient Rogue.

- Moi non plus, dis-je.

- Je crois que l'incident est clos, conclue Dumbledore. Les professeurs vont faire des recherches pour contrer ce sort cette nuit, Miss Jones, Mr Rogue, vous pouvez vous en aller. »

On sort le plus calmement possible du bureau, histoire d'avoir l'air innocent jusqu'au bout.

Une fois assez loin du bureau de Dumbledore, je demande à Rogue.

« Comment on a réussi à mentir malgré le veritasérum ?

- Fais un peu marcher ta tête, je sais bien que pour une sang-de-bourbe c'est difficile, mais essaie quand même, répond-il sur un ton bizarre, un mélange de mépris et d'amusement. Si je suis arrivé en retard au dîner c'est parce que je me suis introduis dans le bureau de Pionel pour échanger son veritasérum par un faux que j'ai préparé aujourd'hui.

- Et t'aurais pas pu me le dire au lieu de me faire flipper comme ça pour rien ?

- Non », répond-il en s'éloignant.

Il m'énerve ce mec, il m'a sauvé la mise d'une manière ultra efficace, mais il m'énerve quand même. Heureusement que notre collaboration est terminée, on est peut-être forts ensemble, mais c'est quand même un sale nazi.

OoOoOoO

Je retourne chez Remus, je sens qu'une engueulade s'annonce encore. Après tout il a pas tort, y a des trucs que je devrais quand même lui confier, un minimum comme cette blague que Rogue et moi on a fait à toute l'école.

En tout cas c'était un beau carnage, et je suis dégoûtée de pas avoir pu prendre de photos.

J'entre dans l'appartement et je suis surprise de voir les invités de Remus.

Potter, Pettigrow, Black, Foster et Wilson sont dans le salon en train de parler avec Remus.

Qu'est-ce qu'ils foutent là ? Je sentais l'engueulade proche, mais de là à ce qu'il invite ses potes pour me casser la gueule il y a une marge.

« Ah, Tania, enfin ! On t'attendait », s'exclame Remus.

Il a pas l'air en colère, au contraire il a l'air de très bonne humeur.

« Pourquoi vous m'attendiez ? Dis-je, méfiante.

- Pour te tuer, sale garce ! » S'écrie Foster en se jetant sur moi.

On dirait une gamine, elle griffe, elle pince, elle mord et elle tire les cheveux. C'est pas parce que c'est des pratiques de gamins que ça fait pas mal, c'est vraiment pitoyable comme façon de se battre, mais je dois avouer qu'avec ses ongles acérés très longs, ses méthodes sont assez efficaces.

Seulement moi, j'ai un minimum de classe. Je lui donne un coup de poing en plein sur le nez et un coup de pied dans le ventre. J'espère pour elle qu'elle est pas enceinte parce qu'avec mes talons aiguille ça m'étonnerait que le bébé ait survécu. Pas plus mal d'ailleurs vu la gueule des parents.

Elle tombe par terre et se met à pleurnicher, Black vient la consoler et me lance un regard venimeux.

« Euh, Kate s'est laissée emporter, fais pas attention à elle, me dit Remus.

- Qu'est-ce que vous me voulez ?

- On voudrait que tu nous explique comment t'as réussi ce coup-là, répond Potter émerveillé.

- J'ai rien fait, dis-je.

- Pas la peine de mentir, on sait que c'est toi, crache Wilson haineusement.

- Je vous dis que j'ai rien fait.

- C'est marrant, je croyais qu'une Serpentard aussi prétentieuse que toi irait se vanter de cette blague, intervient Black.

- Question prétention je crois que tu me surpasses largement, dis-je.

- De toute façon les Serpentards n'ont pas le courage d'avouer leurs crimes, réplique-t-il.

- C'est pas une histoire de courage, dis-je. C'est une histoire de bon sens, je vais quand même pas avouer un crime que j'ai pas commis !

- On sait que c'est toi, ça ne peut être que toi, continue Black.

- Je suis passée par le veritaserum, si vous me croyez pas allez voir Dumbledore, dis-je exaspérée.

- T'es une Serpentard, tu dois connaître un truc de magie noire pour t'immuniser contre le veritaserum, continue-t-il obstinément.

- Moi j'ai trouvé ça brillant, intervient Potter en me passant un bras autour des épaules. Vraiment brillant de la part d'une Serpentard.

- Pour des attardés comme nous, c'est vrai que c'est brillant, dis-je en retirant son bras.

- T'as tout compris, Jones, répond-il en riant. Qu'est-ce que t'en penses, Patmol ? Tu trouves pas ça brillant pour une fille de la maison des attardés ?

- Je sais pas si Foster en aurait été capable, dis-je.

- Ça veut dire quoi ? Demande l'intéressée.

- Elle veut dire que t'es une attardée, répond Black d'un ton égal.

- Et tu ne me défends pas ? S'offusque Foster les larmes aux yeux.

- Traite pas ma copine d'attardée, Jones, me dit Black.

- Quelle défense, je suis morte de trouille, dis-je.

- C'est vrai que c'était pas très convainquant, commente Remus.

- De quoi tu te mêles ? Lui demande Foster énervée. Ça ne regarde que l'attardée et moi !

- Alors pourquoi c'est ton petit copain qui doit te défendre si c'est juste une affaire entre toi et moi ?

- Parce que… commence-t-elle. Parce que…

- Parce que dans un couple on doit s'entraider, intervient Wilson.

- Bon, vos conneries me saoulent, je retourne dans mon ancien dortoir, je dois avouer que j'ai un peu de mal avec les nouveaux squatteurs, je préfère les pétasses de mon dortoir, au moins elles ont pas besoin de leur mec pour aligner deux mots, dis-je.

- C'est normal, elles n'ont pas de mec, réplique Black.

- Attends, tu vas pas repartir dans ton ancien dortoir pour ça ! Intervient Remus. Ils vont partir.

- On partira pas avant d'avoir été désensorcelés, dit Wilson.

- Moi je partirai pas avant d'avoir su comment t'as réussi ton coup, renchérit Potter.

- Je partirai pas avant d'avoir reçu des excuses, dit Foster.

- Je partirai pas avant que t'ai avoué ton crime et qu'on t'ai fait payer », ajoute Black.

On se tourne tous vers Pettigrow qui n'a rien dit. Il a l'air assez gêné, il doit pas savoir quoi dire.

« Je partirai pas avant que mes amis soient partis, dit-il avec hésitation.

- Ca c'est bien envoyé, Queudver, lui dit Potter.

- Eh ben restez là tant que vous voulez, mais moi je pars sans avouer mes crimes, sans vous désensorceler, sans vous expliquer comment j'ai réussi mon coup et sans m'excuser », dis-je en sortant du salon.

Je pars prendre quelques affaires dans la chambre, Remus me suit.

« Tu vas vraiment partir ? Me demande-t-il.

- Ouais, dis-je. Mais t'inquiète, je reviens toujours. Je suis comme les tâches difficiles à enlever, je m'incruste et t'es obligé de vivre avec.

- Jolie métaphore, commente-t-il.

- Pourquoi tu les as invités ici ? Je croyais que t'étais fâché avec eux.

- Ils cherchaient après toi, me répond-il. Ils attendaient devant la porte, j'ai dû les laisser entrer.

- Tu pourrais quand même avouer que tu les as laissés entrer parce que ce sont tes amis et que t'as autant envie qu'eux de savoir si je suis coupable ou pas, dis-je.

- C'est vrai… répond-il mal à l'aise. C'est toi qui as fait le coup oui ou non ?

- Me pose pas de questions si tu veux pas que je te mente, dis-je. Je te dirai rien avec tes potes à côté qui écoutent. D'ailleurs je vous croyais fâchés.

- On est fâchés, répond-il. Mais la blague m'a fait un peu oublier que je leur parlais plus. Tu reviens demain ?

- Peut-être.

- Reviens demain, il faut que je sache si tu y es pour quelque chose ou pas, insiste-t-il.

- Je verrais », dis-je en sortant de la chambre.

Je quitte l'appartement sans un regard pour les squatteurs du salon, j'ai pas envie que Foster recommence ses accusations, fondées mais elle est pas sensée le savoir.

Le collège est en ébullition, des murmures et des bruits suspects parcourent les murs. La blague a fait son effet, et je sens bien que je vais me faire lyncher une fois revenue chez les Serpentards. Pas grave, je sais me défendre.

Il est tard, le couvre feu est passé depuis longtemps et les élèves n'ont pas le droit de se promener dans les couloirs à cette heure.

Si je me fais repérer, sortant de chez les préfets-en-chefs en plus, je vais avoir droit à la punition que Carter rêve de me donner depuis que j'ai été innocentée dans le bureau de Dumbledore.

Pour l'instant, le couloir est désert, je vérifie que la voie est bien libre, que la bestiole de Rusard ne traîne pas dans le coin quand une main s'abat sur mon épaule.