Résumé : Severus arrive précipitamment dans l'appartement de l'enfant au ballon et prévient Harry et Drago de l'imminence d'une attaque de mangemorts. Que va-t-il advenir de nos héros ? J'espère que ce chapitre vous plaira et je rappelle à tous les lecteurs qu'une review est toujours bienvenue pour faire part de vos commentaires. A bon entendeur ! Bonne lecture à tous, Lilywen…
Harry Potter et l'enfant maudit – Livre II
(Suite de Harry Potter et l'enfant de l'amour)
Chapitre 25 : Confrontations
(POV Harry)
Alors que Drago se dirigeait déjà vers l'entrée de notre appartement, vraisemblablement pour en découdre avec l'importun qui nous privait d'un de nos trop rares moments en tête à tête, je me relevais aussitôt et j'enfilai prestement la chemise blanche de mon époux qui traînait lamentablement au pied du lit, victime expiatoire de notre soirée mouvementée. Elle était bien trop longue pour moi et les pans du tissu froissé tombaient largement à mi-cuisses. Je conjurai également un de mes vieux jeans déchirés, posés négligemment sur la chaise, à côté de l'armoire en bois sombre. Tandis que je m'apprêtais à sortir pour le rejoindre, j'aperçus brièvement mon reflet dans le miroir qui se trouvait près de la porte : mes cheveux encore plus en bataille trahissaient clairement notre nuit, je tentai de les discipliner un peu, en glissant mes doigts entre les mèches rebelles mais cela me paraissait perdu d'avance et de peur que mon blond ne mette à exécution ses menaces s'il s'agissait de Siri, je partais à sa suite sans perdre une seconde de plus.
Dray était figé devant le pas de la porte. Severus était devant mon époux, lui qui arborait d'habitude, un visage impassible et neutre, semblait visiblement inquiet. Dès qu'il me vit dans l'encadrement de la porte, il s'arrêta de parler, juste une seconde, se demandant visiblement s'il pouvait poursuivre en ma présence, s'il pouvait m'accorder sa confiance, puis, il reprit avec conviction, me fixant de son regard pénétrant et dur :
« … Que je vous parle. C'est important. Une attaque est prévue. A Pré-au-Lard. Aujourd'hui. »
Je m'avançai vers eux doucement. Sans prononcer le moindre mot, je pressai Dray de réagir, en posant une main ferme sur son épaule et d'un simple mouvement de tête, je priai les deux Serpentards de me suivre jusqu'à notre salon. Mieux valait ne pas attirer davantage l'attention en restant trop longtemps sur le seuil de notre appartement. Il est vrai que n'importe quel élève pouvait nous surprendre et si par malheur Lucius venait à l'apprendre, autant dire que tous nos efforts pour duper cette ordure depuis notre arrivée dans cette réalité temporelle, auraient été totalement vains et inutiles. Le futur parrain de notre petit Raphaël referma derrière lui le passage secret de l'appartement. Lorsque nous nous retrouvâmes enfin assis sur le vaste sofa, Severus prit naturellement place face à nous dans un des fauteuils. Je sentis aussitôt le bras possessif de Dray autour de ma taille et je me rapprochai de lui. Je me raclai légèrement la gorge avant de prendre la parole :
« Tu dis qu'une attaque va avoir lieu sur Pré-au-Lard, c'est bien cela.
- Je n'ai aucune certitude… Cependant… Lucius nous a réunis ce matin. Il y avait Narcissa, Bellatrix et moi, il nous a instamment demandé de ne pas mettre nos noms dans les élèves en partance pour le village et à la fin de cette petite entrevue, il m'a ordonné de prévenir immédiatement Dante pour qu'il fasse de même.
- Il faut partir tout de suite alors !
- QUOI ? »
Dray me lâcha, il s'était redressé violemment, prêt à me foudroyer :
« QU'EST-CE QUE TU RACONTES ENCORE, POTTY ? »
Je le dévisageais pendant quelques secondes alors qu'il fulminait littéralement, j'avais pris parti de ne surtout pas m'emporter, de lui répondre froidement pour calmer sa colère et son emportement :
« Je dis simplement que nous devons y aller immédiatement, Dray.
- Par Salazar, j'ai suffisamment œuvré pour que Lucius m'accorde sa confiance alors on ne va certainement pas tout remettre en question en agissant de façon inconsidérée. Tu as entendu ce que Severus vient de nous dire, tout de même ! Alors, tu vas rester ici sagement avec moi !
- Non.
- Mais qu'est-ce qui te prends à la fin ? Qu'est-ce que il y a ?
- Il y a que Franck et Alice, Lily, James, Rem et Siri doivent se rendre à Pré-Au-Lard.
- Je me moque royalement de ce qui peut arriver à Black !
- Pas moi, Dray… Et il n'est pas tout seul. Je ne laisserai pas des innocents risqués leur vie alors que je peux éviter un drame. »
Mon blond s'écroula sur le sofa, dépité. Il savait que je ne céderais jamais alors qu'il était question de la sécurité des personnes qui m'étaient le plus chères au monde, quand bien même cela remettait en cause notre couverture auprès de son ordure de père. Je ne pouvais choisir entre mes parents et mon fils. C'était tout simplement inimaginable. Severus râla légèrement, se raclant la gorge de façon sonore :
« Franchement, Dante, qu'est-ce que tu pouvais espérer de lui ? Il est le parfait petit gryffondor qui part à l'aide de tous, sans se préoccuper des conséquences. On dirait l'héritier de Godric en personne.
- Oh ! Ca va ! Je ne t'ai pas demandé ton avis, là et tu ne m'aides pas vraiment ! »
Dire que le garçon avait l'air choqué et abasourdi était un énorme euphémisme. Jamais aucun élève de cette école ne lui aurait répondu ainsi, sans crainte de douloureuses représailles, à part peut-être son cher Regulus. Il semblait mortifié que j'ai pu m'adresser à lui ainsi et me lança un regard peu encourageant. Nous fûmes interrompus dans notre joute visuelle par la remarque exaspérée de mon blond :
« Je vous en prie… Au lieu de vous chamailler comme des gosses, on devrait plutôt trouver une solution. »
Severus renifla dédaigneusement à la remarque de Dray et reprit immédiatement avec une colère difficilement contenue :
« Ce n'est certainement pas mon problème, Dante, règle-ça avec Potter. Quant à moi, si cet abruti de Black se retrouve malencontreusement nez à nez avec quelques mangemorts, je ne vais certainement pas le plaindre.
- C'est là où tu te trompes…
- Voyez-vous cela, Monsieur Potter sait lui. Forcément, comme tous les autres, tu es tellement sûr de ton bon droit, de ta supériorité. Finalement, tu ressembles bien plus aux autres maraudeurs que je ne l'aurais cru.
- Je voulais juste te rappeler que Regulus est le frère de Siri et que même s'ils ne sont pas en très bons termes, je doute que ton petit ami te pardonne, s'il découvre que son frère est mort mais que tu n'as rien fait pour empêcher cette tragique attaque alors que tu savais parfaitement ce qui allait se passer.
- Oh, et qu'est-ce que tu proposes ? Non, parce que tu peux tout de suite oublier l'idée de prévenir tout le monde avant l'attaque car si les élèves ne se rendent pas à Pré-Au-Lard, Lucius va immédiatement me suspecter. Je suis le seul informé à avoir pu quitter notre salle commune.
- Et c'est pour cela que tu ne vas rien tenter d'inconsidéré, tu vas regagner sans attendre ta salle commune et dire à cet… à Lucius que tu n'as malheureusement pas trouvé Dante, que certains élèves t'ont informé qu'il avait déjà quitté le château pour la journée. Dray et moi, nous partons immédiatement pour Pré-Au-Lard et nous allons veiller à ce que rien de grave ne se produise.
- A vous deux ! Tu crois vraiment que vous pouvez à vous deux faire face à une armée de mangemorts très entraînés, c'est délirant ce que tu peux être prétentieux et arrogant, Potter, si tu...
- SEVERUS ! »
La voix de Dray avait claqué froidement, interrompant le jeune homme dans sa virulente diatribe.
« Ne le sous-estime pas. Je l'ai fait et je peux te dire que je ne me suis jamais aussi lourdement trompé.
- Tu plaisantes là ?
- Oh, non…
- On parle d'une attaque préparée minutieusement par des sorciers accomplis. Ce n'est pas une banale bagarre d'élèves de cinquième année au détour d'un couloir, tu en as tout de même conscience ?
- Mon petit trésor est capable de véritables miracles et si tu ne me crois pas, tu peux au moins être certain d'une chose, même si je sais que c'est loin d'être gagné, jamais je ne le laisserais quitter ce salon si je pensais qu'il n'était pas assez puissant pour faire face aux mangemorts… Tu es au moins d'accord sur ce point, Severus ? »
Le futur parrain de Raphaël me fixait comme si c'était la première fois, cherchant à travers mon regard à infirmer les propos de Drago mais ce dernier reprit avec un brin de sarcasme :
« Et puis, si tu lui parles à nouveau sur ce ton et ce malgré tout le respect que je te porte, tu pourras dire adieu à Regulus car je te tuerais de mes propres mains, compris ? Je suis le seul à pouvoir m'emporter contre lui, c'est mon privilège ! »
J'éclatais de rire, sous le regard faussement vexé de mon blond et horrifié de Severus.
« Oh, je t'en prie, Dray, je crois que Severus a compris, inutile de remuer la queue et de marquer ton territoire…
- Il me semble avoir dit il y a seulement quelques secondes que tu étais l'un des plus puissants sorciers de ce monde !
- Hmmm… Oui, peut-être.
- On croit rêver. J'espère que tu as conscience que tu devras répondre de cela, Potty. »
Alors que Dray me regardait avec un sourire malicieux et coquin, lourds de sous-entendus, j'entendis un gloussement peu discret :
« C'est inconcevable que Lucius ait pu croire à votre rupture… Complètement inimaginable !
- Et pourtant, il est bel et bien persuadé que je fais grimper aux rideaux ton cher Reg, qu'il me supplie pour que je le prenne sauvagement, encore et encore et encore… »
L'air grimaçant de Severus était des plus surprenants, lui qui veillait à ne jamais rien laisser transparaître et je décochais un coup de coude peu discret à mon blond pour lui faire cesser ses taquineries.
« Ecoute, on a suffisamment perdu de temps. Les premiers élèves ne devraient plus tarder à partir pour Pré-Au-Lard. »
Dray me répondit d'un bref hochement de tête et je me relevai, m'installant en tailleur devant le feu de cheminée. Je fermais les yeux, me concentrant sur ma magie. Comme il y a un an, lorsque j'avais commencé à m'entraîner en vue de mon dernier combat contre Voldemort, une petite sphère lumineuse et scintillante apparaissait entre mes doigts, je me vidais de mon pouvoir qui se matérialisait progressivement. Une violente secousse me fit grimacer et geindre légèrement. Je sentis aussitôt Drago tout contre moi. La brusque arrivée de la force blanche de notre petit ange m'avait frappé de plein fouet, il avait répondu à mon appel et son pouvoir se mêlait complètement au mien. Lorsqu'enfin, je me sentis complet, je rouvrais péniblement mes yeux. Mon blond me surveillait avec attention, se tenant à mes côtés :
« Alors, beau brun, ça va ? »
Je me contentai de soupirer et de murmurer un léger 'oui'. Severus me fixait comme jamais et d'une voix peu claire, presque bégayante, il demanda :
« Qu'est-ce que… Qu'est-ce que tu as fait ? »
Drago sembla tellement fier, il se tenait encore plus droit et narguait littéralement Severus :
« Je t'avais pourtant dit que mon petit trésor était plus qu'impressionnant…
- Comment… Je veux dire… Aucun élève de septième année, même Lucius qui est pourtant connu comme particulièrement fort, n'est capable de… Même Dumbledore… »
Je souriais devant l'air perplexe de Severus.
« Ecoute… Severus… »
Je m'arrêtais, c'était sans doute la première fois que je l'appelais ainsi dans cette autre époque. Le futur mangemort me regardait avec cette étrange lueur dans ses yeux sombres. Lui qui haïssait mon père, mon parrain et les Gryffondors en général, ne savait quoi penser à mon sujet, en fait, il était probablement totalement perdu. Peut-être parce que même si j'appréciais la compagnie des Maradeurs, je n'avais pas caché mon désaccord lorsque Siri avait utilisé Rem pour blesser son ennemi de toujours. Severus ne parvenait pas à comprendre mes choix, que ce soit mon attitude assez amicale à son égard ou mon attachement à Dante, malgré toutes les attaques de Lucius.
« Ecoute… Il faut que tu regagnes ta salle commune, nous allons partir maintenant. Fais en sorte que Regulus reste tout le temps avec toi. »
Il hocha la tête et sans ajouter une phrase de plus, nous nous séparâmes sur le seuil de l'appartement de l'enfant au ballon, lui partant à gauche pour se rendre vers les cachots souterrains de Poudlard alors que Drago et moi, nous engouffrions rapidement dans le couloir de droite menant vers la statue de Gracus Morlinford. En quelques minutes, nous nous retrouvâmes dans le hall. Devant la cohue des nombreux élèves qui inscrivaient leur nom auprès du vieux Rusard, je demandais à Drago de rester en retrait. Après de longues secondes, je parvenais enfin jusqu'au cracmol, il me regarda avec cet air hargneux et désagréable auquel je ne prêtais guère attention.
« Excusez-moi, Monsieur…
- UN PROBLEME, POTTER ?
- Juste… Est-ce que je pourrais savoir si certains élèves sont déjà partis à…
- Vous croyez quoi ? Ce n'est pas un bureau de renseignements et d'autres élèves attendent, alors CIRCULEZ ! »
Je n'osais réitérer ma demander, je savais pertinemment que la réponse serait encore négative. Inutile d'attendre une attitude plus conciliante de ce vieux bougre. Je me tournai vers Drago qui se tenait de l'autre côté du hall. Il me fit un bref hochement de tête qui confirmait mon choix et sans que nous ayons besoin de nous parler, nous nous précipitâmes chacun de notre côté vers l'entrée du château, je bousculai au passage quelques élèves qui me rabrouaient vertement. Je n'avais cependant pas le temps de me confondre en excuses. Déjà, nous étions devant la large barrière de l'école de sorcellerie. Enfin seuls, j'attrapai instinctivement la main fine et élégante de mon blond, nos doigts s'entrecroisant si naturellement et je me concentrais vers notre destination. La sensation de transplaner était toujours aussi désagréable, comme depuis la toute première fois où j'avais eu recours à ce mode de déplacement, j'avais l'impression d'être étiré dans cette espèce de fin tuyau, comme si j'étouffais. Finalement, il ne se passa que quelques secondes et lorsque je rouvrais les yeux, nous étions tous deux devant l'auberge aux façades grisâtres de la Tête de Sanglier.
Il régnait un calme étrange, anormal. La rue principale de Pré-Au-Lard d'habitude si animée, semblait déserte, il n'y avait pas d'élèves aux alentours. Seuls, deux vieux sorciers puants entraient dans l'auberge mal famée. C'était bizarre, mais ce silence pesant me faisait réaliser la proximité d'une attaque. Je le pressentais comme le jour où j'avais affronté Voldemort. Visiblement, je n'étais pas le seul car Drago se rapprocha de moi, enserrant avec douceur ma taille et je sentis son souffle contre mon oreille, dans un doux murmure :
« Fais attention à toi, Harry, d'accord ?
- Toi aussi, Dray. »
De sa main droite, il me fit tourner lentement le visage vers sa bouche, ses lèvres douces me baisèrent délicatement, me faisant perdre toute logique, il effleurait de sa langue mes dents, se frayant un chemin entre elles. Elle avançait si lentement en moi, tel un serpent ondulant jusqu'à atteindre sa jumelle qu'elle caressa voluptueusement pendant de longues secondes. Je soupirais contre lui. Je sentis alors son sourire encore plus lumineux à mon abandon.
« Oh… Je t'en prie, Petit chéri, évite ce genre de bruit, on n'a pas le temps pour cela et je ne suis pas sûr de résister si tu le refais une nouvelle fois. »
Il ricanait maintenant, me tenant toujours fermement contre lui lorsqu'un cri nous fit sortir de notre étreinte. Siri, James et Rem se tenaient devant nous. En dehors du loup-garou qui savait pertinemment à quoi s'en tenir au sujet de notre couple, les deux autres nous fixaient avec incrédulité et finalement, sortant de son mutisme, mon parrain hurla contre moi, tel un dément :
« ARISTOTE, NE ME DIS PAS… »
Remy s'était aussitôt placé devant le brun furieux, s'interposant entre lui et nous mais cela ne sembla guère efficace car l'animagus poursuivit comme si de rien n'était.
« COMMENT OSES-TU FAIRE CA A REM ? ET AVEC CETTE POURRITURE ! IL NE T'A PAS DEJA ASSEZ RIDICULISE EN S'AFFICHANT AVEC MON FRERE !
- Je… Je… Non… Ce n'est pas…»
Je bégayais lamentablement, horrifié d'avoir commis une telle imprudence. Bien sûr, nous pensions être seuls mais c'était tellement stupide de notre part que j'aurais pu me gifler pour cela. Je me détachais de Dray et m'avançais vers Sirius, toujours retenu par le loup-garou :
« Ecoute… Ce… Ce n'est pas ce que tu crois, Siri…
- Ne m'appelle pas comme cela, ARISTOTE… Seuls mes amis le peuvent !
- Mais…
- Comment peux-tu faire cela à Rem, je croyais qu'il était ton petit-ami, non ? Tu n'es vraiment qu'un sombre salopard, Potter ! Un pauvre con ! »
Il y avait tellement de sarcasmes et d'amertume dans la voix de mon parrain, tellement de déceptions. Les yeux de mon père n'étaient guère plus encourageants et je me sentais presque nauséeux à l'idée qu'ils me détestent, moi qui étais si heureux d'avoir pu devenir leurs amis à travers cette époque, les découvrant peu à peu, les appréciant chaque jour davantage. Drago bouillonnait littéralement, il était prêt à se jeter sur le brun pour lui faire ravaler ses paroles, d'autant qu'il n'avait pas supporté le comportement de Siri face à Severus lors de la dernière pleine lune.
« Retire immédiatement tes paroles, Black !
- Comme c'est charmant, il prend ta défense en plus ! Un vrai petit couple !
- Siri, arrête.
- OH, je t'en prie, Rem, tu ne vas pas encore prendre sa défense ! Pas après ce qu'il t'a fait ! Il t'a trahi, il NOUS A tous trahis ! »
Drago me tira brutalement par le bras pour m'éloigner de l'animagus qui tenait fermement sa baguette entre ses doigts crispés. Remy se jeta pratiquement sur lui pour la lui arracher et James se mêla à l'action pour arrêter ses deux amis qui se déchiraient par ma faute :
« ARRETEZ ! ARRETEZ IMMEDIATEMENT ! »
Vainement, la voix de mon père résonnait dans la rue désertée et je me retenais contre les épaules de Dray qui faisait barrage de son corps. Je ne sais même pas comment mais je conjurai juste à temps un bouclier qui freina la lumière bleutée provenant de la baguette de Sirius. Le ricochet manqua de frapper Remy en retour, ce qui eut au moins le mérite de calmer les ardeurs de mon parrain.
« Merde, Remus… Je t'ai touché ? »
Je me précipitai aussitôt vers le loup garou faisant fi de tout ce qui s'était passé auparavant, m'agenouillant devant son corps recroquevillé. Il était assis, les jambes serrées contre son torse, sa tête reposant sur ses genoux, sa respiration était difficile, presque sifflante. Il tremblait.
« Remy, Remy… Je suis désolé, tellement désolé… »
Il m'observait de son regard mordoré, empli de douceur et d'amour.
« Ca va, 'Ry, ça va… Et toi ? »
Je souriais faiblement. Bien sûr, je n'avais rien, ni Dray. Comment Siri aurait-il pu me blesser, quand bien même son sortilège était puissant ? J'avais affronté Bellatrix, Voldemort alors ce n'était certes pas une confrontation avec un élève de cinquième année qui me faisait peur. J'étais simplement terrifié à l'idée d'avoir mis en danger mon père de cœur, d'avoir pu déclencher une dispute terrible entre les maraudeurs. Je passai mes bras autour du corps du jeune sorcier qui me rendit également son étreinte, sous le regard furieux des deux autres gryffondors. Le loup-garou murmura :
« Je croyais que vous deviez vous retrouver un peu tous les deux… Seuls, dans l'appartement…
- Oui… Mais… »
Je me relevai légèrement, après un bref regard échangé avec Dray qui était adossé contre la façade crasseuse de la Tête du sanglier, je repris en m'adressant à tous :
« Ecoutez, j'ai eu une sorte de prémonition cette nuit et… Vous devez rentrer au château, je ne sais pas mais je crains qu'il ne se passe quelque chose de grave…
- Comme c'est commode, n'est-ce pas Potter ? Tu détournes le problème de façon très habile, je dirais même que c'est assez serpentard de ta part, mais, je n'ai pas le souvenir que tu nous ais déjà parlés d'un quelconque talent en divination, non ?
- Siri !
- Quoi ? J'ai tort, peut-être, Rem…
- On devrait écouter Harry, s'il dit que quelque chose peut se produire, je le crois et je pense qu'on ferait mieux de rentrer tout de suite. »
Je soupirai et d'un sourire, je remerciais mon père de cœur. Je poursuivis aussitôt :
« Il faudrait aussi prévenir Franck et Alice, ils devaient aussi venir aujourd'hui… Et vous avez vu Lily ?
- C'est vraiment n'importe quoi. Vous n'allez pas croire ce qu'il raconte tout de même !
- Et dis-moi, Black, pourquoi ne devraient-ils pas le croire ?
- Je n'ai pas besoin de ton avis sur la question, Malefoy.
- Voilà qui est fort dommage ! Lupin, je suis convaincu que toi, au moins, tu sais qu'Aristote ne ferait jamais rien qui puisse vous nuire d'une quelconque façon, n'est-ce pas ? »
Avant que Remus n'ait pu acquiescer à la remarque de Dray, une détonation fit trembler le village de Pré-Au-Lard et l'instant suivant, une fumée noirâtre s'élevait un peu plus au sud et d'autres explosions suivirent presque aussitôt. Je me relevai et me précipitai vers mon blond qui grogna :
« Bordel, ça a déjà commencé… Prends bien garde à tes fesses, Potty ou je te jure que je te pourchasserai dans l'au-delà si tu me laisses seul, ici, d'accord ? »
Je pris sa main, l'enlaçant fermement à la mienne et nous nous dirigeâmes sans attendre vers l'endroit où se déroulaient les combats, suivis par les trois maraudeurs. Il n'était plus question de chicanerie et dispute. James pensait probablement à Lily qu'il savait dans les environs de l'attaque et son inquiétude était clairement lisible sur les traits encore juvéniles de son visage. Des cris de terreur nous parvenaient ça et là, stridents, effrayants et nous accélérions encore notre course effrénée à travers les ruelles du petit village sorcier.
Lorsque nous nous trouvâmes devant le magasin de bonbons de Honeyducks, Drago m'arrêta de son corps, je retenais un cri en mordant férocement mes lèvres. Face à nous, le corps inerte de Franck gisait au milieu de la rue alors que disparaissait un dernier mangemort, serrant fermement ma mère dans ses bras. Elle hurlait pour qu'on lui vienne en aide. L'instant suivant, la rue était à nouveau déserte…
A suivre…
