Hello !

Voici le chapitre 25 ! Je ne compte pas abandonner cette fanfic, mais à cause des lecteurs fantômes et des commentaires méchants, j'ai prit du temps pour publier le suivant.

J'espère vraiment que vous commenteriez ce chapitre, car ça me permet d'avancer avec bonne humeur et pas de le faire avec automatisme.
Merci aux rares reviews encourageantes, c'est grâce à vous que j'écris!

Bonne lecture !

Chapitre 25 : Crapaud énervé.

Mardi 4 janvier, 21h49.

Parcs de Poudlard.

Hermione aurait pu penser que Drago s'était endormi, allongée ainsi sur son torse, mais ses yeux bleus étaient résolument fixés sur le ciel étoilé. Elle laissa échapper un soupir de bien-être, seul bruit perturbant le silence dans lequel ils étaient plongés.

Ce silence dura ainsi longtemps, où les deux jeunes regardaient ici et là, la fatigue faisant papillonner leurs paupières.

Hermione n'arrivait pas à se rendre compte qu'elle venait d'embrasser quelqu'un pour la première fois, tant leur baiser avait été doux et sincère. Pour elle, ça avait été comme un geste automatique, comme s'il était évident d'embrasser Drago Malefoy au beau milieu de la nuit.

Avant d'être tombée amoureuse de lui, elle était stressée à l'idée de rencontrer l'amour. A chaque fois qu'elle lisait une référence à ce sentiment dans un livre, il était systématiquement qualifié de spontané, étourdissant.

Or, Hermione était une rationnelle, elle n'aimait pas quand elle ne contrôlait pas la situation ou quand elle n'était pas suffisamment documentée sur un sujet pour l'aborder. Ses parents disaient souvent que cette peur était liée à son statut du sang : Elle avait eu peur, lors de sa première rentrée à Poudlard, d'être complètement larguée comparée aux autres, qui ont côtoyé la magie depuis la naissance. Un comble, quand on voyait qu'elle était désormais la meilleure élève de l'école…

"Tu regrettes?"

"De quoi tu parles?" répondit Hermione, surprise.

"Bah, de m'avoir embrassé."

Cette fois, Hermione se releva franchement, et fronça les sourcils.

"Pourquoi tu dis ça?"

"Tu as l'air… Partagée."

Drago semblait pensif, évasif, et évitait soigneusement de croiser le regard de la jeune femme.

Hermione se remit à sa place, la tête posée sur le ventre de Drago, en souriant.

"Non, je ne suis pas partagée. Je ne regrette pas du tout et je le referais avec plaisir."

Le garçon sembla se détendre quelque peu, et replongea dans sa contemplation astronomique en repliant ses bras derrière sa nuque. Puis, il passa distraitement sa main dans les cheveux bouclés d'Hermione, étalés dans l'herbe verte autour d'eux.

"Tu es sûre que tu n'es pas amoureuse de Fred?"

Si la Gryffondor savait que derrière son petit rire se cachait une réelle inquiétude, elle évita soigneusement de lui faire peur et la rassura d'une voix claire :

"Non, je ne suis pas amoureuse de Fred Weasley, c'est mon ami, rien de plus."

"Moi, des amies filles, j'en ai pas."

"Pansy."

Elle avait répondu ça du tac au tac, visualisant dans sa tête la tête de bull-dog de la Serpentard.

"Comment veux-tu que je sois ami avec une fille qui t'as lancé un Doloris?"

Les joues d'Hermione s'empourprèrent, et elle remercia intérieurement l'obscurité autour d'eux.

"C'est… Gentil."

"Non, c'est juste normal."

"A ce moment-là, tu m'aimais?"

La conversation filait, sans aucune gêne entre eux, comme si toute anxiété avait disparue après le baiser qu'ils avaient échangé. Drago sourit, plongé dans ses souvenirs.

"Évidemment que je t'aimais. Je t'ai aimé dès que j'ai posé mon regard sur toi, dans la Grande Salle, en première année. Quand t'es montée sur le petit tabouret et que le Choixpeau a crié Gryffondor, mon coeur s'est serré pour la première fois."

Hermione n'eut pas de mal à s'imaginer le blond, avec son visage enfantin d'autrefois, ressentir autre chose que de la haine ou du mépris. Elle n'osait pas penser à l'enfance sévère qu'il avait dû vivre, et aux rares bonheurs qu'il eût le droit de rencontrer, enfant. Comme s'il lisait dans ses pensées, le Serpentard murmura :

"Tu étais mon premier rayon de soleil."

A cet instant, une lumière vive vint éclairer la pelouse, illuminant leurs corps entrelacés une brève seconde. Ils se regardèrent, abasourdis, avant de se tourner vivement vers le château. Une seule fenêtre était ouverte, d'où émanait la source de lumière, et une petite silhouette trapue contrastait sur le balcon.

Ils ne purent voir de qui il s'agissait, tant la clarté était puissante, mais ils eurent tout de même le réflexe de s'éloigner du cercle lumineux, et de se cacher dans un buisson. Hermione, dont une dose d'adrénaline désagréable s'était emparé de son corps, pensa d'abord à Rusard, avant d'entendre une voix criarde lointaine provenant du château :

"Qui est là? Qui se promène en dehors du dortoir?"

La respiration d'Hermione se coupa, bientôt imitée par celle de Drago à quelques centimètres d'elle. Un nombre incalculable de professeurs logeait dans Poudlard, et il avait fallu que ce soit Ombrage qui remarque leur présence?

"Qu'est ce qu'on fait?" chuchota Hermione, désormais complètement paniquée.

"On attend qu'elle sorte de sa foutue chambre et on court. Tu as bien fais de te changer et de mettre un pantalon, avec ta robe ça aurait été vraiment compliqué."

Hermione fut touchée par l'attention que Drago venait de lui porter, qu'il ai remarqué qu'elle se soit changée, mais cette remarque fut vite évaporée quand elle vit son regard bleuté s'écarquiller soudainement. Il fixait le balai qu'ils avaient utilisé pour descendre, désormais mis en évidence par la lumière d'Ombrage.

"Merde ! On ne l'a pas pris avec nous !"

"A qui appartient ce balai? Répondez, je vous retrouverais de toute manière !" hurla le crapeau, toujours accroché à la balustrade de sa terrasse.

Drago jura entre ses dents, tandis que les mains d'Hermione devenaient de plus en plus moites. Le stress montait, amplifié par le ton perçant d'Ombrage au dessus d'eux.

"Tu l'as trouvé où, ce balai? C'est le tien?"

"Avant, oui, quand mon père les avait acheté pour l'équipe de Quidditch. Mais ils sont tous rangés dans la Salle sur Demande maintenant, elle ne pourra pas me retrouver à cause de lui. On le laisse ici, et quand elle descend de son maudit balcon, on fonce, ok?"

Hermione lui était reconnaissante de prendre les choses en main, car elle était totalement pétrifiée. Sans lui, elle n'aurait pas pu esquisser le moindre geste.

Ils entendirent qu'Ombrage rentrait en trombe dans sa chambre, et Drago attrapa vivement la main d'Hermione pour la sortir du buisson. Ils longèrent le parc, immobile et paisible.

A quelques mètres au dessus d'eux, ils purent distinguer les aboiements d'Ombrage à l'adresse de quelqu'un :

"Qu'on les retrouve. Je ne veux pas qu'un seul élève sorte la nuit, il faut impérativement les retrouver avant qu'ils ne regagnent leurs chambres. D'après ce que j'ai vu, ils sont deux, un garçon et une fille".

Hermione ne put saisir la fin de la conversation, tant leurs pas étaient précipités. Ils arrivent près de la grande porte du château, mais Drago la coutourna et déboula sur des petits escaliers, à gauche.

"Qu'est ce que… Tu… Fais?" demanda-t-elle, essoufflée.

"On va pas passer par la porte, on se fera directement repérer. Non, on va directement entrer dans les cachots par le bureau de Severus."

La jeune femme ouvrit des grands yeux et sous la surprise, diminua la rapidité de sa course. Drago, toujours sa main dans la sienne, se retourna pour voir le visage de la brune.

"Severus…?"

"Rogue, quoi. Il est en train de patrouiller dans les couloirs du 3ème, on pourra rentrer sans se faire attraper."

Hermione n'eut pas le temps de demander comment il pouvait avoir cette information, puisque le blond ouvrit subitement une porte devant eux, avant de la faire entrer.

Dans la pénombre, la Gryffondor reconnut difficilement le bureau du professeur de potions. De nombreuses étagères étaient alignées le long des murs gris, où diverses fioles laissaient échapper des filets de fumées.

Drago traversa la pièce précautionneusement, et ouvrit doucement la porte du couloir des cachots.

Heureusement, tout était noir, mis à part les fins rayons de lumière sous les portes. Ils avancèrent, puis se positionnèrent devant la Salle Commune.

"Je pense qu'ils n'ont pas d'abord pensé aux Serpents, étant donné que c'est la Maison d'Ombrage…" débita Drago en regardant derrière son épaule.

"Je te rappelle que je suis à Gryffondor, ils vont vérifier où je suis en premier."

Pendant un instant, Hermione décela une étincelle de tristesse dans ses yeux aux reflets grisâtres, avant que son visage ne redevienne aussi neutre qu'avant.

Il entrèrent dans la Salle Commune, étonnamment vide à cette heure-ci.

"Bon, on va chacun à nos dortoirs, et on attend qu'ils passent te voir. Fais semblant de dormir, comme ça elle ne te posera pas de questions."

Ils étaient déjà devant les deux portes des chambres, prêts à se quitter. Le coeur d'Hermione battait à la chamade, comme si elle allait entrer aux épreuves de BUSES à tout instant.

"Bonne chance."

Drago lui donna un léger baiser sur le front, avant de lâcher sa main et entrer dans son propre dortoir. Elle s'empressa de faire la même chose et se mit en pyjama le plus vite possible.

C'était la première fois qu'elle déjouait le règlement, si on ne comptait pas les fois où Harry et Ron l'avaient embarqué dans des situations improbables. Elle s'imagina la réaction de sa mère, si elle ouvrait une lettre d'Ombrage indiquant que sa fille aînée "fricotait" avec un garçon. Rien que d'imaginer ses yeux humidifiés par les larmes, elle réprima un haut-le-coeur et s'enfonça dans ses couvertures chaudes.

Hermione restait sur ses gardes, au moindre bruit, elle sursautait et fermait les yeux. Elle essayait de faire semblant de dormir, bien que son état d'anxiété devait être évident aux yeux de tous.

La chambre était toujours plongée dans l'obscurité, mais elle pouvait percevoir de légers sons dans le dortoir d'à côté. Drago semblait tourner dans tous les sens, probablement aussi inquiet qu'elle.

Au bout d'une vingtaine de minutes environ, et alors que la Rouge et Or sombrait un peu plus dans le sommeil, elle pensa à rejoindre le garçon. Ombrage devait avoir arrêté ses recherches en constatant que le couple lui avait échappé.

A l'instant où cette réflexion traversa son cerveau, des éclats de voix se firent entendre au fond des cachots, puis de plus en plus proches. Hermione pouvait sentir son coeur battre de plus en plus vite à travers sa peau, tandis qu'elle s'efforçait de fermer les yeux de manière convaincante.

Elle pouvait presque deviner la respiration coupée de Drago à travers les murs épais.

"Sûrement cette Hermione Granger, de toute manière, aucun élève n'était en dehors des dortoirs. Il ne reste plus que les Serpentards. Vous avez vérifié les Poufsouffles, Argus?"

"Oui, madame Ombrage. Tous endormis."

"Bien, c'est cette porte?"

Avant d'avoir pu entendre une quelconque réponse, Hermione ouït dans son dos une porte qui s'ouvre, et au moins trois personnes entrer dans le dortoir.

Elle sentit qu'Ombrage passait devant elle, l'odeur de son parfum lui piquait les narines, suivie par deux personnes. Elle reconnut le pas claudiquant d'Argus Rusard, mais l'autre individu restait inidentifiable.

"Elle dort."

Le ton d'Ombrage était dépité, déçu, et Hermione reçut un violent élan d'euphorie.

"Allons voir M. Malefoy." continua-t-elle, avec un peu plus d'entrain.

Le sang d'Hermione ne fit qu'un tour : Hors de question qu'elle rentre dans le dortoir de Drago. Pour elle, trop de choses s'étaient passées dans cette petite chambre, et donc trop de preuves accablantes risquaient de les dénoncer.

Elle priait mentalement pour que le garçon ait tout remis en place avant l'arrivée d'Ombrage et de sa troupe.

Cependant, à peine Ombrage eût posé un pied sur le sol en direction de la chambre de Drago, Hermione entendit une main se plaquer, et un gémissement légèrement étouffé.

"On avait dit Granger. Je vous interdis d'importuner mes élèves au beau milieu de la nuit."

Avec un frisson, Hermione entrouvrit un peu les yeux pour observer la scène. Severus Rogue se tenait à côté de la professeur, toujours vêtue de rose, et la tenait à bonne distance de la porte de sa main.

"Je vous interdis de me toucher !"

"Qu'est ce que c'est que ce vacarme?"

Rusard se déplaça juste à temps pour laisser entrer une McGonagall furieuse, tout juste sortie du lit. Ombrage s'exclama de sa voix perçante :

"Ah ! Minerva, vous tombez très bien. Nous venons de surprendre votre élève, Miss Granger, en train de fricoter avec un garçon."

La Directrice de Maison haussa les sourcils et jeta un coup d'oeil vers Hermione. Cette dernière aurait pu jurer que sa professeur avait vu ses yeux entrouverts, mais pourtant, McGonagall ne fit aucun commentaire et croisa ses bras sur sa poitrine, visiblement excédée.

"Miss Granger, cette élève qui est justement en train de dormir sous votre nez?"

"Je, oui, mais…"

"Enfin, Dolorès, vous ne pouvez pas accuser quelqu'un alors qu'il était vraisemblablement endormi !"

"Elle ne l'était pas."

"Vous avez des preuves?"

Ombrage ouvrit la bouche, puis la ferma, en fronçant les sourcils. Elle lança un coup d'oeil, presque de pitié, en direction de Rogue, qui garda son masque d'impassibilité.

"Non, mais…"

"Vous les avez vus?"

"Pas exactement, cependant, j'ai remarqué que…"

"En plus, avec qui voulez vous qu'elle "fricote", comme vous dites?" demanda McGonagall d'un ton impérieux.

Ombrage tenta de peigner ses cheveux ébouriffés, lui donnant encore plus l'air d'une folle.

"Avec Drago Malefoy."

Contrairement à ce qu'elle imaginait, la professeur de métamorphose ne laissa échapper aucun gémissement de stupéfaction, mais écarquilla légèrement les yeux derrière ses lunettes.

"Je vous demande pardon?"

"Avec…"

"Vous vous rendez compte de ce que vous dîtes? Ils sont ennemis depuis la première année ! Miss Granger s'est faite insultée à de nombreuses reprises, et vous insinuez qu'elle… fricotait avec lui?"

Ombrage, plus du tout aussi assurée, hocha la tête.

"Non, c'est tout bonnement impossible. Et Severus me rejoindra sur ce point."

Le concerné fit un geste distrait de la main, en guise de confirmation des dires de McGonagall, au grand damne de la professeur de Défense Contre Les Forces du Mal.

"Bon, maintenant, veuillez laisser mon élève dormir en paix."

McGonagall désigna la porte, et Rusard se précipita pour en sortir. Les 4 professeurs quittèrent la chambre un par un, et ce fut Ombrage qui ferma brusquement la porte, furieuse.

Hermione attendit encore quelques secondes avant de se lever, mais pile au moment où elle leva la jambe, la porte se rouvrit. La brune reprit rapidement sa position initiale, son coeur à la limite de l'explosion.

Ombage passa devant elle, sans la regarder cette fois, et se dirigea tout droit vers la séparation entre les deux chambres. Elle ne l'ouvrit pas, mais resta prostrée devant, faisant monter d'un cran l'agacement d'Hermione.

Puis, la dame vêtue de rose sortit sa baguette élégamment sculptée pour y tracer un cercle dans l'air, juste devant la porte. La Gryffondor perçut un léger "Clic", avant de voir Ombrage quitter férocement, et pour de bon, les lieux.

Hermione attendit encore quelques minutes, et quand elle fût sûre qu'Ombrage avait regagné ses appartements et que son rythme cardiaque avait diminué, elle se leva sans un bruit.

Elle tourna la poignée, mais elle resta bloquée dans sa main. Après plusieurs tentatives toutes aussi vaines, la jeune femme comprit qu'Ombrage avait bloqué le passage.

Elle courut jusqu'à sa table de nuit pour prendre sa propre baguette et essaya de déjouer son sortilège, sans succès. Au moment où, dépitée, elle laissa tomber le bâton le long de son corps, elle entendit Drago se lever à son tour et tenter d'ouvrir la porte.

"Oublie, Drago, elle a tout fermé. J'ai essayé, mais c'est une protection trop puissante."

Drago soupira, et Hermione devina sans peine qu'il venait de se passer une main dans ses cheveux blonds.

La Rouge et Or comprit qu'elle pleurait qu'au moment où un goût de sel trempa ses lèvres. Elle voulait voir Drago, et même si elle le verrait demain, elle avait envie de le voir tout de suite. On la qualifiait souvent de fille mature, au comportement presque adulte. Or, ce soir, elle n'avait pas envie d'obéir sagement, elle avait envie de s'amuser enfin et d'embrasser encore et encore le garçon devant cette porte.

"Je t'aime, Hermione."

Ses mots lui arrivèrent en plein coeur, et elle sourit à travers ses larmes.

"Moi aussi, Drago."

"Va dormir, c'est un ordre."

"Tu peux essayer de me rejoindre par la vraie porte?"

Un petit silence ensuivit cette question, mais la réponse de Drago se fit plate.

"Tu sais très bien que c'est risqué."

"Oui, tu as raison. On a déjà assez fais ce soir, n'est ce pas?"

D'ici, elle pouvait déjà voir le sourire en coin de Drago. Cette vision était si contagieuse qu'elle afficha le même quelques secondes plus tard sur son visage.

"Bonne nuit ma belle."

Et ils se couchèrent, si proches, et pourtant si loin.

Même jour, 4h12.

Chambre de Drago Malefoy, cachots des Serpentards.

Drago, comme toujours, subissait un insomnie. Sauf que cette fois, au lieu de tourner dans tous les sens dans son lit et pousser des soupirs agacés, il ne parvenait pas à faire disparaître ce sourire niais collé à ses lèvres depuis quelques heures.

Il avait embrassé Hermione Granger, son amour impossible. Il se repassait la scène en boucle, sans discontinuer, éprouvant toujours des frissons agréables à l'estomac.

Avant, il avait honte d'être amoureux, et principalement à cause de sa famille, mais maintenant, il était soulagé. Il y a quelques mois, il n'auait pas osé pensé à Hermione avant de s'endormir, alors qu'aujourd'hui, il pensait à son beau visage et son parfum envoûtant.

Il regarda la porte plongée dans l'obscurité. Il n'avait qu'une envie : Rejoindre Hermione et pouvoir dormir en la regardant, ses grands yeux bruns fatigués et ses cheveux formant un halo autour de son visage.

Foutue Ombrage ! Si seulement elle n'avait pas pensé à ce sortilège, il aurait pu dormir sereinement, car depuis qu'il avait goûté à une nuit en compagnie de la Gryffondor, son corps ne semblait plus vouloir s'en passer, et il se surprenait à faire des cauchemars plus en plus fréquemment.

Au moins, elle n'avait pas eu de problème, et c'était un bon point. De son lit, il avait pu tout entendre, y compris la réaction de Rogue dont il lui en était énormément reconnaissant. Mais il avait surtout aimé les remarques bien senties de McGo, et il se promit intérieurement de ne plus l'appeler la vieille pendant, au moins, un mois.

Bercé par les respirations d'Hermione, endormie à cette heure-ci, Drago se laissa tomber dans un sommeil réparateur, toujours aussi souriant.

Mercredi 5 janvier, 7h12.

Chambre d'Hermione Granger, cachots des Serpentards.

Hermione se leva, désormais totalement éveillée. Elle savait qu'il n'y avait pas cours aujourd'hui -les sixièmes et septièmes années avaient tous une Sortie à Pré-Au-Lard, et les cours avaient été suspendus pour la journée-, donc la jeune femme eût tout le loisir de se préparer pour la journée.

Elle savait qu'il était tôt, bien trop tôt, et que Drago dormait encore, pourtant elle s'autorisa à essayer d'ouvrir la porte. En vain.

Maudissant Ombrage, et enfin habillée, elle monta les escaliers des cachots en direction de la Grande Salle.

Elle penserait être seule à cette heure matinale, mais un seul garçon était déjà présent, en train de manger le petit déjeuner. Quand elle se rapprocha, elle vit qu'il était assis à la table des Gryffondors, et avait des cheveux roux en bataille.

"Bonjour, Fred."

"Hello. Déjà debout?"

"C'est plutôt à moi de te poser la question. Où sont passées tes grasses matinées à n'en plus finir?" demanda Hermione avec un clin d'oeil espiègle.

"Haha, je sais, je sais, c'est étrange. Mais je devais impérativement prendre le courrier du jour sans qu'Ombrage le voit, donc on a décidé que ce serait mon tour. George et Lee dorment encore."

"Oh, et quel courrier?"

La curiosité d'Hermione était son plus grand défaut, mais avec Fred, elle ne tentait pas de le cacher.

Elle saisit une tartine grillée dans un petit panier et étala une couche de miel dessus.

"Pour notre projet…"

Il restait évasif, contemplant la fameuse lettre d'un oeil préoccupé. Hermione voulut changer de sujet, mais tout en cherchant un, Fred se tourna vers elle et lui lança un sourire chaleureux.

"Tu as l'air d'excellente humeur, 'Mione ! Que se passe-t-il?"

Cela se voyait tant que ça? Dans le miroir, ce matin, elle avait remarqué son regard pétillant et ses joues rougies, mais pensait que personne ne se douterait de son état.

"Rien…"

"Cette réponse m'intéresse !" lança Fred, tout sourire.

Puis, en voyant l'expression gênée d'Hermione, il ajouta d'une voix plus douce :

"Tu peux tout me dire, 'Mione. Tu peux avoir confiance en moi, si tu ne veux pas que ça se sache, je le comprendrais. Et si tu ne veux pas en parler, il n'y a pas de problème."

Après un court moment d'hésitation, Hermione se lança :

"Tu te souviens du garçon dont je t'ai parlé l'autre fois, au square Grimmaurd?"

"Oui, tout à fait !"

"On s'est embrassés, hier."

Sous la surprise, Fred lâcha le pichet de jus de citrouille, éclaboussant la table.

"C'est pas vrai ! Ma petite Hermione a embrassé son premier garçon !"

"Chut ! Tu vas réveiller tout le château ! Merlin !"

Fred éclata de rire, le genre de rire familial, celui qui donne envie de lâcher prise, le son libérateur qu'elle aimait tant.

"Comment ça s'est passé?"

Hermione lui raconta leur escapade dans les grandes lignes, mais arrivée au moment où Ombrage les pourchassait, elle se stoppa. Comment lui raconter sans parler de l'identité du garçon?

Fred la rassura d'un geste :

"Appelons le Danny."

Hermione rit, et continua son récit :

"On a couru dans le bureau de Rogue, pour se cacher. On a verifié qu'elle était pas dans le couloir, et on a couru dans nos… MON… dortoir."

Fred eût un petit sourire.

"Cra-mée."

"Chut."

"Danny est donc à Serpentard. C'est intéressant. Continue."

"On est entrés, et là, y a Ombrage qui entre dans mon dortoir pour véifier si j'étais bien dedans, avec Rogue et Rusard. J'ai fais semblant de dormir, mais quand Ombrage a demandé à voir la chambre de Drago, Rogue l'a arrêtée et…"

Se rendant compte de sa gafffe, la brune se plaqua une main sur la bouche, les yeux agrandis par la bêtise.

Fred, lui, semblait comprendre son erreur. Ses joues se colorèrent, et il ouvrit la bouche en un O parfait :

"Wahou. Drago Malefoy?"

"Je… Oui."

La honte déferlait les muscles d'Hermione, et des rougeurs montèrent jusqu'à ses pommettes.

"Mais.."

Fred ne put continuer sa phrase, car deux Poufsouffles entrèrent dans la Grande Salle. Ils se saisirent de quelques mets sur leur table, tous deux plongés dans une discussion animée.

Au dernier moment, ils se retrournèrent. Le grand blond, à gauche, reconnut Fred et son sourire enfantin se fendit en un large sourire. L'autre, un brun au long nez, se rapprocha également de la table des Lions.

"Fred ! Quel plaisir ! Je parlais justement de toi à Jim, hier. On a plus de Boîte à Flemme, et Dieu sait comment les cours d'Ombrage sont inutiles. Tu pourrais nous dépanner vite fait?"

"Désolé les mecs, c'est 5 Gallions. Si George sait que j'ai négocié, il me tuera."

Hermione sourit en se rappelant de leur technique pour ne pas faire baisser leurs prix : Fred disait que George le tuerait, et George disait le contraire.

Le grand blond posa son coude sur la table en soupirant, ignorant complètement Hermione à côté de lui, tandis que le brun regardait le rouquin avec des yeux de chien battu.

"Au fait, je vous présente Hermione Granger. Lucas, Hermione, Hermione, Lucas." dit Fred en souriant à la Gryffondor, un peu perdue.

Le blond, maintenant prénommé Lucas, lui fit un petit signe de tête, détaillant son visage avec une délicatesse peu commune.

"Et là, c'est Rémy."

Le brun la salua sans prendre la peine de se tourner vers elle. L'interessée, qui avait l'impression de déranger une conversation personnelle, glissa une madeleine dans sa poche et se leva discrètement. Fred, lancé dans l'énumération des prix de ses farces et attrapes, ne le remarqua pas, même quand elle dépassa la large porte en bois.

Elle marcha hasardeusement dans les couloirs, en quête d'une activité à faire. Elle avait déjà révisé ses BUSE, et n'était pas en retard dans son planning. A vrai dire, elle avait même trois semaines d'avance.

Hermione consulta sa montre moldue qu'elle aimait bien, elle lui rappelait son enfance et son voyage en Suisse, l'été de ses 8 ans.

8h. La bibliothèque venait d'ouvrir ses portes.

La jeune femme s'y rendit, et lança un petit sourie à Mrs. Pince qui la jaugea une seconde avant de lui rendre.

Elle traversa le rayon "Science", puis celui de "Poudlard et son histoire", et enfin "Botanique." Elle arriva sur un large rayon, où s'étalait nombreux ouvrages poussiéreux : "Sortilèges."

De son doigt, elle suivit les différentes reliures : "Le Sortilège de la Mort expliqué à des Botrucs", "Anecdotes de Berthie Crochue", "Le sortilège Accio et ses dérivés…"

Elle s'arrêta à un ouvrage volumineux, rouge bordeaux, où le titre en lettres dorées scintillait sous les lumières vives : "Comment résoudre un enchantement puissant;"

Hermione s'assit à sa table favorite et chercha dans le sommaire le potentiel sortilège qu'aurait utilisé Ombrage, quand elle entendit un raclement de gorge, sévère, de Mirs Pince. Quelques secondes plus tard, Fred déboula dans la bibliothèque, sans regarder la bibliothécaire au bord de la fureur.

"Bonjour, miss. On s'échappe comme ça, après la révélation du siècle?"

"Je voulais pas te déranger avec Lucas et Cyrano." maugréa-t-elle, le nez plongé dans son bouquin.

Contre toute attente, Fred partit dans un grand rire :

"Cyrano? C'est une réplique méchante, Miss-Je-Sais-Tout !"

Fred tapa du poing contre la table, rouge sous la rigolade, et ignorant superbement les regards de Mrs. Pince.

"Tu connais Cyrano de Bergerac?" demanda Hermione, sincèrement étonnée.

"Oui, contrairement à ce qu'on pense, je ne suis pas totalement incultivé. En plus, j'aime bien les romans de moldus. Papa m'en prête souvent."

Puis, le rouquin toussota et récita d'une voix étrangement rauque :

"« c'est un roc ! ... c'est un pic... c'est un cap !

Que dis-je, c'est un cap ? ... c'est une péninsule ! »

Ils rirent, puis Fred croisa ses bras sur la table et posa la tête sur sa paume.

"Alors, tu me racontes?"

"De quoi donc?"

"Tiens donc, ton baiser avec Drago Malefoy !"

Hermione sursauta, et vérifia si Mrs Pince était éloignée d'eux. Heureusement, elle avait regagné sa table, marmonnant dans sa barbe inexistante.

Hermione préféra contourner le sujet, peu désireuse de raconter leur moment intime.

"Tu ne t'étais pas douté une seule seconde qu'il s'agissait de lui?"

"Oh non ! Pour tout te dire, je pensais à mon frère !"

La Gryffondor esquissa une grimace, éloignant de son esprit elle-même en train d'embrasser Ron.

"Non, ça va pas !"

"Excuse moi, c'était déjà beaucoup plus probable qu'avec cette ordure de Drago Malefoy. Je croyais qu'il t'insultais?"

Hermione posa son ouvrage sur le côté, et raconta à Fred tout ce qui lui était arrivé depuis la rentrée. Pansy, Gabrial, le bal, Harry, Ron, McGonagall, sa retenue…

Fred, concentré, regardait les lèvres d'Hermione se mouvoir au fil de son histoire.

Même jour, 11h23.
Chambre de Drago Malefoy.

Le blond réajusta sa chemise blanche, debout devant le miroir de la salle de bain. Puis, il enfila son pantalon et ses chaussures, les pensées tournées vers le même visage. Hermione.

Il savait qu'elle n'était pas dans sa chambre, alors, il avait décidé de la chercher un peu partout dans le château. Discrètement, bien sûr, pour ne pas éveiller les soupçons.

Drago se dirigea vers la sortie, mais à l'instant où il posa un pied dans les cachots, il vit Hermione au bout du couloir marcher doucement. Elle avait un énorme livre entre les mains, et au vu de ses sourcils froncés, il devait être compliqué.

Il voulut se rapprocher, mais au moment où elle tourna, McGonagall courut derrière elle et lui posa une main sur l'épaule.

Aussitôt, Drago se cacha derrière la porte de sa chambre, de peur de se faire voir par la vieille -euh, pardon, McGo- et laissa glisser son regard dans l'ouverture.

Le couloir était vide, et pourtant, la professeur s'adressa à son élève en chuchotant un peu :

"Bonjour, Miss Granger. Je voulais vous informer de quelque chose, le plus vite possible. Un expert du Ministère de la Magie est venu ce matin pour réparer les dortoirs individuels des Gryffondors, et il a enfin pu arrêté le sortilège de Peeves. Ils sont comme neufs. Vous pouvez dès à présent préparer vos affaires, j'ai…"

Le coeur de Drago se serra. Il savait que la préfète ne vivait pas ici, et qu'elle avait dû s'y senti très mal à l'aise en y entrant. Peeves était certes malin, son enchantement ne durerait pas toute l'année. Pourtant, il n'aurait jamais pensé que ça serait aussi tôt, dans des conditions pareilles… Le lendemain de leur premier baiser, bon sang ! Ils avaient eu à peine le temps de se parler.

Il se reconcentra sur la discussion, animée par les grands gestes descriptifs de McGo :

"Votre hibou, vous en avez un n'est ce pas?, sera directement conduit aux dortoirs, il ne viendra plus ici, et vous aurez la liste des mots de passe…"

Mais Hermione l'arrêta d'un geste de la main, à la grande surprise de la professeur et de Drago. Sa voix était timide, mais assurée, quand elle s'adressa à sa directrice :

"Je suis désolée de vous interrompre, Mrs, mais je ne crois pas que ça sera nécessaire. Je suis bien ici. Je crois que j'ai… Trouvé ma place."

La vieille écarquilla les yeux, comme stupefixiée. Elle rattrapa la pile de parchemins qu'elle avait lâché sous la stupeur, et regarda son élève comme si Merlin s'était matérialisée devant ses yeux ébahis.

"Mais…?"

"Oh, ne vous inquiétez pas, Gryffondor reste et restera ma maison ! Mais je pense que pour diversifier l'égalité entre les Maisons, je me dois de rester là. J'ai l'impression de ne plus faire partie des "Sangs-de-Bourbe", d'être enfin acceptée comme je suis."

Le discours, faux ou vrai, d'Hermione était très convaincant. Même Drago, qui savait pertinemment qu'elle disait ça pour rester auprès de lui, avait des doutes.

Pour accentuer ses dires, la jeune femme jeta un coup d'oeil vers le dortoir du garçon, et leurs deux regards se croisèrent. Un gris métal, et un brun chaud.

"Bon, et bien, très bien… Si c'est votre choix…"

McGonagall alla pour partir, mais se retint au dernier moment pour demander d'une voix encore plus basse :

"Vous êtes sûre de vous, Miss Granger?"

La brune sourit, le genre de sourire qui faisait littéralement fondre Drago de la tête aux pieds.

"Oui, parfaitement sûre."