Bonjour tout le monde! Après un très, très long moment d'attente je reviens enfin écrire la suite de cette fanfiction! Petit fait intéressant, j'écris cette introduction alors que je n'ai pas encore écris une seule ligne du chapitre qui va suivre pour la simple est bonne raison qu'il faut que je me remette dans le bain de l'écriture, ce qui est loin d'être évident quand on a pas écrit pendant longtemps. Autre fait qui ne me facilite pas la tâche: je suis censé écrire un chapitre qui se déroule en hiver alors que chez moi actuellement il fait 30 degrés! L'immersion n'est pas fameuse... Bref, je vous laisse avec la suite, en espérant que cela va vous plaire. Pour les plus curieux on se retrouve à la fin ! Bonne lecture !


Chapitre 25

Une épaisse couche de fumée se dégagea d'entre les lèvres de Levi. Assis sur le rebord du lit, il venait de sortir une cigarette et l'alluma avant de la consommer. Ses yeux gris étaient toujours aussi translucides. S'il y a de cela quelque minutes cela n'était qu'uniquement dû à la quantité affolante l'alcool qu'il avait emmagasiné, un autre facteur venait maintenant de rentrer en compte : la luxure. Allongé sur le ventre, j'étais à présent remis de nos ébats et le fixai avec intensité. Malgré l'instant charnel que l'on venait de partager, je continuais à éprouver du désir à la vue de ce corps blanc laiteux et magnifiquement sculpté.

Levi était loin de correspondre aux critères de beauté dits ''classiques''; on était bien loin du grand et bel homme aux muscles saillants, aux cheveux bruns, aux yeux bleus et à la peau bronzée. Mais ces critères étaient bien loin de me satisfaire. Ce qui me correspondait, à moi, c'était cet homme et aucun autre. Aucune autre personne ne me faisait rêver et chavirer comme lui pouvait le faire et cela sans même s'en rendre compte… ou presque.

- « Qu'est-ce que tu as à me fixer comme ça ? » remarqua l'intéressé, tapotant sa cigarette au dessus du cendrier.

La fenêtre était légèrement ouverte afin de laisser sortir la fumée. Heureusement, j'étais bien à l'abri du froid sous les draps. Au pire des cas cela me donnait une excuse valable pour me rapprocher de lui et me blottir contre son torse.

Je me retournais sur le côté afin de lui faire face et de lui répondre, une main maintenant ma tête, le coude reposé contre mon coussin.

- « Je constatais juste à quel point tu étais magnifique. »

Bien loin de le déconcerter, il rebondit sur ma réponse et enchaîna, le plus naturellement du monde :

« C'est ce petit verre de Whisky qui te fait dire ça ? »

Il écrasa son mégot puis il posa sa tête contre la tête de lit et expira profondément.

Je ne surenchéris même pas, ce n'était pas nécessaire; le jeu n'en valait pas la chandelle. Je me contentai, en revanche, de glisser à ses côtés et de me lover tout contre lui, enroulant délicatement mes bras autour de son ventre tout en posant ma tête contre le bas de son corps.

- « Qu'est ce que tu veux gamin ? Tu veux qu'on remette ça ? Je suis pas sûr que ton corps te le permette… »

- « J'ai froid. » Grommelai-je avant de lui asséner un faible coup de poing contre sa hanche en signe de protestation.

Un long moment de silence s'installa durant lesquelles seul le son discret de la nuit se fit entendre avant que je ne sente les doigts du noirâtre parcourir mes mèches brunes. Je m'enfonçai d'avantage contre le ventre de mon amant, par réflexe, avant de respirer tendrement, lâchant de temps à autre des soupirs d'aise.

Et sans un bruit, juste à travers un simple regard lorsque mes yeux croisèrent les siens, ses lèvres se rapprochèrent alors que je fermais machinalement mes paupières. Le baiser fut doux et léger, savourant pleinement la tendresse de ce moment qui semblait se dérouler dans une bulle, dans un monde à part. Mes mains s'étaient perdues dans ses cheveux noirs tandis qu'un événement étrange se produisait. Nos lèvres s'ouvraient parfois sous le désir mais se refermaient aussitôt, sans jamais que nos langues ne se rencontrent, et ce à plusieurs reprises. Ni Levi ni moi ne voulions mettre fin à cet instant de pur tendresse, quand bien même la rencontre de nos langues le rendrait plus intense encore ce sentiment de bonheur qui naissait au creux de mon ventre était si magique, qu'il me semblerait qu'il disparaîtrait si nous allions plus loin. Et plus étonnant encore, Levi hésitait également sans jamais sauter le pas, profitant pleinement et simplement de ce moment de quiétude.

Nos lèvres se séparèrent enfin alors que Levi se hâta de refermer la fenêtre avant de se faufiler à nouveau dans les draps, et moi de reprendre ma place sur son ventre, liant cette fois-ci mes jambes avec les siennes.

« Et du coup pour ce Noël… Je… Mikasa m'a envoyé un message tout à l'heure à ce qu'il paraît notre père est retenu quelque part et ne pourra pas assister au réveillon. Du coup je me suis proposé pour le passer avec Mikasa à Shiganshina et je voulais savoir si… enfin. Si tu voulais bien venir avec moi… »

J'avais prit mon courage à deux mains, craignant que celui-ci ne réfléchisse même pas une seconde à ma proposition et me réponde directement par un non catégorique. Mais tel ne fut pas le cas.

Il sembla réellement songeur et pesait certainement le pour et le contre de la chose.

Voyant qu'il ne réagissait pas, je pris les devants et argumentais d'avantage, quitte à mettre directement fin à ses réflexions.

« Je sais que c'est pas trop ton truc les fêtes de famille, ou du moins tu n'as pas l'air très porté sur les regroupements en général mais ça me ferait vraiment plaisir. J'ai envie de te présenter à ma sœur, même sans dire qu'on a une relation ensemble juste, partager un moment avec toi. Une partie de ma vie. Et… je sais pas quoi te dire de plus… »

La mine désemparée que j'affichai à la fin de ma phrase ne manqua pas à la vue de Levi qui expira lourdement avant de poser une main délicate sur ma tête.

- « C'est juste l'histoire de quelque jours c'est ça ? »

- « Trois jours ! » l'interrompis-je, une lueur d'espoir au fond des yeux.

Il eut l'air de fouiller dans sa mémoire visuelle pendant un bref instant – qui me parut horriblement long – avant d'en conclure avec une certaine lassitude dans la voix :

« Ça devrait pas poser de problèmes, il suffit que je prévienne Erwin de mon absence un peu avant, bien que ça va me mettre en retard… »

- « Alors c'est d'accord ? »

- « On peut dire ça oui. » répondit-il finalement, les yeux clos et déjà parti dans ses pensées sur un autre sujet.

Je ne pus contenir un cri de joie et me jetai sur la joue du noirâtre pour y déposer un chaste baisé, il ne broncha d'ailleurs pas à ce contact. Voyant que ma réaction le laissait indifférent, je décidai de migrer vers son cou et y déposai de doux baisés avanty de mordre rageusement sa clavicule. J'y laissai alors une marque rouge carmin à peine visible, totalement cachée s'il portait un haut – en hiver aucun risque d'être vu donc – ce qui n'eut pas l'air de déranger Levi outre mesure. Au contraire il s'était docilement laissé faire.

La main du noir de jais se cala ensuite dans le creux de ma hanche avant de me faire basculer sur son côté gauche, ma tête sur son épaule droite et nos jambes toujours liées. Il avait prit soin d'éteindre la lumière et se consacrait désormais à des caresses le long de mon dos.

Je profitai au maximum de ces moments de douceurs qui étaient assez rares, quoi que bien plus régulier ces derniers temps et songeai, tout en m'endormant, au fait que dès demain l'attitude chaleureuse du brun se dissiperait à mesure que l'alcool s'évaporerait.


Ainsi, quelques jours plus tard, nous nous retrouvions non plus dans le lit de Levi mais assis sur la banquette d'un train en direction de Shiganshina. Il faisait un temps maussade dehors et les sièges étaient rempli de monde. Noël approchant il fallait se douter d'une telle foule dans les transports, fort heureusement j'avais eu le réflexe de venir à l'avance, bien avant l'heure d'entrée en gare du train, posant ainsi en toute sérénité mon petit sac de voyage dans les étagères prévues à cet effet.

La bataille fut rude pour savoir qui de nous deux allait se positionner du côté de la vitre, Levi ayant l'air d'apprécier tout autant cette place que moi. Je me résolus au final à la lui céder, préférant éviter tout combat inutile. Levi avait beau me traiter de gamin, il n'était pas plus adulte que moi sur certains points lorsqu'il souhaitait quelque chose il n'en démentait pas.

- « Tu vois maintenant pourquoi je voulais qu'on parte à l'avance ? » lui assénai-je, profitant du calme pour reprendre mon souffle.

Le son régulier des roues contre les railles m'apaisèrent, surtout après avoir subi un raz-de-marré de personnes toutes plus stressées les unes que les autres.

- « À t'entendre on dirait que j'ai jamais pris le train… Rappelle toi d'une chose gamin j'étais là avant toi. » railla-t-il, sortant son portable de sa poche, un écouteur déjà dans son oreille gauche.

- « C'est vrai qu'en sept ans d'avance sur moi tu as eu largement le temps de faire au moins trois fois le tour du monde ! » ironisai-je tandis que je vérifiais discrètement mes affaires, les dernières personnes venant à peine de prendre place.

- « Tu te chiais encore dessus que je découvrais les joies de la chair… » répondit le noirâtre, d'un air déjà détaché de la réalité.

- « À dix ans…? Permets moi d'en douter… Quoi que ça expliquerait pourquoi tu es si doué… »

Levi leva les yeux au ciel avant de se concentrer sur sa playlist, scrollant lentement vers le bas avant de choisir une musique. Curieux, je me rapprochai de lui et lui lançai un regard intéressé. Il le remarqua presque aussitôt et me tendit sans un bruit son écouteur droit avant de me prévenir, de son éternelle voix rauque :

« Pas sûr que ça te plaise. »

Je ne lui répondis pas, laissant libre cours au noir de jais de mettre ce qui lui faisait envie, excité à l'idée de découvrir ce que ce ''grand'' cœur de pierre pouvait écouter.

La musique commença. Le son d'une guitare que l'on gratte lentement se fit entendre avant que la voix douce et claire d'un homme ne s'accorde aux notes. Le chant était rempli à la fois de beauté et de tristesse. Les paroles, en anglais, parlaient d'illusions, de douleur, de solitude… Levi avait les yeux fermés.

Puis un piano vint se rajouter et se cala sur les notes de la guitare. Soudain le chant s'intensifia et des chœurs se glissèrent en arrière fond, la voix du jeune homme s'élevait crescendo tandis qu'une batterie accompagna la partition. Enfin, au bout de quelques minutes, ne restait plus que le chant et la guitare, qui avaient repris leur douceur initiale avant que la musique ne s'arrête.

Je jetai alors un œil à Levi qui ne souciait gère de moi et poursuivait à courir dans ses pensées au son de la musique suivante, un peu plus dynamique. Les instruments avaient été remplacé par des sons électronique et une guitare électrique très peu présente. C'était toujours un homme qui chantait, un autre, mais avec le même timbre de voix et avec toujours cet air poignant dans les paroles. Je remarquai que je ne connaissais aucune de ces deux chansons, ni même celles qui suivirent d'ailleurs. Le ton était toujours très calme avec des voix de basse et cette nostalgie permanente qui me relaxait de plus en plus. J'avais les yeux fermés et mes bras retombaient contre mon corps. Instinctivement mes doigts cherchèrent le contact de ceux du noirâtre, à quelques centimètres. Et quand je les rencontrai ils se laissèrent tendrement se nouer avec les miens.

Plus la musique que nous écoutions avançait, plus ses doigts se resserraient, s'accrochant à ce qui se trouvait le plus à sa porté. Je tendis une oreille attentive aux paroles, anglaises pour ne pas changer.

''I've moved farther than I thought I could, but I missed you more than I thought I would.

I found love where it wasn't supposed to be, right in front of me''.

J'affichai dès lors une mine grave et inquiète avant de me concentrer sur le visage de Levi. Il n'était pas crispé, rien à part ses doigts serrés contre moi ne laissait transparaître son trouble intérieur. Celui-ci était sans doute dû à son passé, si flou pour moi qui ne savait presque rien de lui. Il n'était cependant pas nécessaire de chercher bien loin pour savoir que c'était en lien avec sa vie dans la Ville Souterraine où il avait grandi. Une information me vint à l'esprit peut être était-ce en rapport avec cette photo que j'avais découvert dans sa table de chevet. Ce qui semblait être une photo de Levi et de ses amis, une jeune fille et un garçon du même âge. Pourquoi, alors qu'ils ont l'air si proche, ne m'en a-t-il jamais parlé et pourquoi ne les ai-je jamais vu autre part que sur papier ?

Une raison morbide auquel j'avais déjà pensé me traversa l'esprit que je tentais vainement de chasser, ce n'était pas le moment de penser à ce genre de chose et encore moins d'aborder le sujet.

Je l'interrompis dans sa pensée et lui tapotai le bras. Il releva la tête et me dévisagea, un œil ouvert.

- « Je crève la dalle; on va chercher un truc à grailler ? » demandai-je avec enthousiasme, me levant déjà de mon siège.

- « T'as pas ramené de quoi bouffer ? »

- « Y a un wagon restaurant à même pas vingts mètres. Tu viens ? »

Il hésita un court laps de temps avant de se lever tout en soupirant, glissant son portable dans sa poche, ses écouteurs enroulés autour.

Et comme prévu moins d'une minute plus tard nous nous retrouvions en face d'un bar qui proposait des collations sucrées et salées ainsi que des boissons chaudes et froides. Je demandai à Levi s'il souhait quelque chose, sa réponse ne m'étonna guère : un café. J'en commandai deux allongés avec deux cookies un au chocolat et l'autre aux amandes grillées. Je payais et vins m'installer en face de Levi. J'étais dos au bar et commençai à boire mon café en silence. Je vis que le noirâtre fouillait dans ses poches à la recherche de son porte-feuille et le stoppai net :

« Pas besoin, c'est pour le repas de la dernière fois. »

- « Tu parles de mon curry ? Tu crois pas qu'il y a prescription depuis ? »

- « Pas tant que j'aurai son goût en bouche » répliquai-je en tirant la langue, dans l'espoir de le faire ne serait-ce que paraître moins grave et ailleurs.

- « Je t'en referai plus alors… » conclut-il d'un ton cinglant.

J'affichai alors une mine faussement dépitée, une main contre ma poitrine et d'un air théâtrale je m'exclamais :

« Comment peux-tu me faire subir ça après avoir goutté au fruit défendu ?! »

- « Arrêtes tes conneries gamin. Regardes y a déjà une dame qui te fixe et qui est à deux doigts d'appeler les flics… »

J'étais prêt à lui répondre qu'il extrapolait quand je posai mon regard en direction de la dite dame et ne pus contenir le sourire qui vint se coller à mes lèvres à la vue de cette femme qui ne m'était pas inconnue.

Je fis comprendre à Levi de m'attendre là et m'approchai de la femme en question qui me fit un signe de la main eu guise de bonjour.

- « Comme on se retrouve, monsieur… ? »

- « Eren Jaeger ! Je suis heureux de vous revoir Wilma ! »

- « Tout le plaisir est pour moi !»

La jeune femme aux cheveux grisâtres, une fois de plus attachés en un prompte chignon, s'était installée à une des tables du wagon restaurant et y avait déposé son ordinateur ainsi que son portable, en train de charger, à côté d'une tasse de thé vert.

« Mais je vois que vous êtes accompagné… » poursuivit-elle d'une voix chatoyante.

- « C'est un… ami. Enfin, si je devais être dans le vrai je dirais plutôt que c'est mon petit-ami mais… je ne suis pas sûr que cette appellation lui plaise fortement. »

- « Je ne voulais pas paraître indiscrète ! »

Voyant ma gêne elle s'excusa aussitôt ses paroles achevées, accompagnant ses excuses de grands gestes des bras.

- « Oh c'est rien vous savez…Vous n'êtes pas avec votre enfant ? » lui demandai-je après avoir scruté les environs s'il n'était pas en train de dormir dans une poussette.

- « Anselme est chez sa grand-mère… Elle habite assez loin de chez nous, c'est pourquoi je suis dans ce train. J'ai un gros article a écrire. Enfin, pas qu'un mais j'ai besoin de temps, comprenez qu'avec un enfant dans les pattes, j'ai beau l'aimer de toute mon âme je ne peux pas gérer deux choses à la fois… »

Elle avait l'air sincèrement désolée à l'idée de déroger à son devoir de mère en laissant son fils à quelqu'un d'autre car elle se trouvait dans l'incapacité de gérer à la fois travail et famille, ou du moins de gérer tout ça seule.

Je jetai un coup d'œil à ses notes sur son ordinateur et revins à elle, d'un ton plus enjoué :

« Vous me permettez du coup de lire l'article que vous êtes en train d'écrire ? »

Elle marmonna dans sa barbe – qu'elle ne possédait pas – pendant plusieurs secondes avant de se décider à me présenter son article, tournant l'écran dans ma direction.

- « Vous avez l'air d'être quelqu'un de confiance. En revanche il est loin d'être fini, je viens tout juste de le commencer. Ne me jugez pas sur ça… »

Je lus en diagonale les quelques lignes du document et me rendis très vite compte d'une chose; premièrement elle écrivait très bien, avec beaucoup de finesse et deuxièmement on lui avait confié la rédaction d'une enquête sur le renforcement de la sécurité en ville et surtout du côté de Trost mais également dans d'autres lieux.

- « Contre quoi se défendent-ils ? » lui demandai-je alors.

- « Des gangs de rues » lâcha-t-elle d'une voix fatiguée « Il en existe une dizaine, rien d'alarmant en nombre mais c'est leurs actions qui posent problèmes. »

Mon sang se glaça d'un coup à cette annonce, pourtant je ne laissai rien paraître sur mon visage et me contentai de fixer attentivement les lettres sur l'ordinateur.

- « Quoi comme actions ? »

- « Tout dépend du gang… Les plus petits sont ceux qui font le plus de tapage, pour se faire remarquer des plus grands. Ça se résume à des petits vols, de la revente de drogues à faible quantité, ce genre de choses. »

- « Le problème vient de plus haut, non… ? » je m'avançai à tâtons, dans le but de paraître suffisamment intéressé par la conversation sans paraître pour autant trop captivé par cette dernière, ce qui serait suspect.

- « Exactement. Les plus gros sont bien plus discrets et on sait peu de choses sur leurs actions, en revanche on sait qu'ils existent. Trop pour ne faire que de simples parties de poker le samedi soir. »

- « Je vois… »

Levi n'avait rien manqué de la conversation, et ses sens aux aguets étaient dans la recherche de la moindre information qui pourrait remettre en cause leur ''entreprise''. C'était horriblement pesant pour lui comme pour moi qui étions plus ou moins dans la magouille. Mais cela nous permit néanmoins de savoir où se situait la police concernant les actes commis dans l'ombre, le contraire aurait été étonnant qu'elle ne se doute de rien. Et si l'on voyait les choses du bon côté au moins nous savions à présent que les forces de l'ordre savaient peu de choses sur le gang. Il n'y avait rien à craindre pour le moment, sans quoi M.J en aurait déjà informé le groupe. Il fallait cependant rester sur ses gardes une erreur pourrait être fatale…

Je compris alors la raison des rondes à répétition d'Annie, étant militaire elle devait également être chargée de près ou de loin de la surveillance de frontières, de véhicules de transports. Bref tout ce qui serait lié à une forme de trafic. Jamais je n'aurai cru devoir me méfier d'une amie, encore moins d'Annie qui pourtant est censé représenter l'ordre et la sécurité. Sans doute étais-je déjà trop englué dans ces histoires de gang pour être rassuré à l'idée d'un renforcement…

Et dire qu'il y a un mois je m'en serai réjouis.

- « En espérant que ce genre de choses ne vont s'atténuer ! » poursuivi-je d'un air triomphant, masquant ma gêne.

Wilma reprit son ordinateur et procéda à quelques modifications avant de me répondre :

« Très sincèrement ce genre d'événements m'arrangent. C'est bien plus passionnant à rédiger qu'un article sur l'élevage de pomelos en montagne… »

Je ris à sa réponse, ceci sentait vraiment le vécu et je plaignais franchement les personnes qui se trouvaient dans l'obligation d'écrire ces reportages tout sauf intéressants.

La conversation entre la grise et moi se poursuivit, elle semblait d'humeur très bavarde et je discutais de bon coeur avec elle. Levi n'avait pas l'air apte à prendre part à la discussion et se contentait de tendre une oreille attentive tandis qu'il dégustait son cookie et son café, le mien était d'ailleurs en train de refroidir. Je demandai un instant à Wilma et revenais à ma table, lâchant quelques mots au noir de jais.

- « Tu ne veux vraiment pas venir parler avec nous ? Elle est vraiment sympathique tu sais, tu pourrais apprendre d'elle… »

- « C'est gentil gamin mais très peu pour moi, je préfère rester ici. Et puis de toute façon j'ai rien à dire alors ma présence n'est absolument pas nécessaire. »

Il venait de décliner mon offre de la façon la plus claire possible. Mais je ne le pris pas mal, cela ne servait à rien de le forcer et au moins il avait l'obligeance de se montrer franc et polis ce qui était amplement suffisant pour que je n'insiste pas d'avantage.

De retour aux côtés de la jeune femme, celle-ci hésita un moment avant d'inspirer profondément.

- « Je m'excuse très sincèrement pour la dernière fois… Je… je n'aurai pas dû réagir comme ça… »

Ses yeux fixaient la table en métal tandis qu'elle serraient fermement ses poings contre ses cuisses.

- « Ne vous en faites pas pour ça, c'est plutôt moi qui devrait m'excuser d'avoir été si maladroit. Je n'aurai pas dû vous poser la question, je suis vraiment désolé… » m'excusai-je à mon tour, cherchant ses yeux du regard dans l'espoir de la réconforter.

Elle hocha vigoureusement la tête avant de reprendre, d'un ton plus calme et de sa douce voix :

« Non je vous assure vous n'avez rien fait de mal c'est que… parler de mon mari de la sorte ça… me perturbe à chaque fois. Comme je vous l'ai dit il a contracté une maladie qui ne s'est réveillée que bien plus tard et… tout porte à croire qu'il s'agit d'une bactérie importée par les ''Kyojin''. On ne sait rien d'elle. Peu de personnes ont succombé à la maladie et on ne sait même pas combien sont encore infectés sachant que rien ne peut la détecter tant qu'elle ne se réveille pas. »

- « Et il n'existe pas des études sur des personnes chez qui elle s'est réveillée ? »

- « Pas à ma connaissance. En règle générale les victimes meurent sous quelques jours, voire quelques mois s'ils ont de la chance. Ou du moins ils ont la chance de souffrir un peu plus longtemps… »

- « Je ne veux pas vous forcer Wilma, si c'est encore trop douloureux à raconter ne vous sentez pas obligé de– »

- « Non ça ira, me rassura-t-elle, passant une main dans ses cheveux tout en grattant nerveusement ses ongles contre sa main, sous la table. Il est temps que j'en parle à quelqu'un… Vous me permettez une petite aparté ? »

Je fis signe d'accepter, tout ouïe à son discours.

« Je… j'ai été forcé de déménager après la mort de mon mari et de prendre un appartement plus petit et moins cher à plusieurs kilomètres de mon travail. Je ne vais que très rarement sur mon lieu de travail et mes collègues me connaissent à peine tant je suis absente. Pour ce qui est de mes amies… Je leur ai tourné le dos sans vraiment le vouloir. Ma vie a tant basculé du jour au lendemain que par la force des choses j'ai dû m'éloigner d'elles. Et aujourd'hui je me sens trop coupable pour revenir vers elles… Et puis je suis si occupée avec Anselme et mon travail que je ne saurai même pas quel temps leur accorder. »

Elle marqua un temps de pause et but une gorgée de son thé avant de rependre, après s'être raclée la gorge :

« Tout ça pour vous dire que vous êtes la première personne à qui je me confis depuis la mort de mon mari, même ma mère n'en sais rien. Elle est veuve et je ne souhaite pas l'accabler d'un nouveau fardeau, encore moins à son âge. Pour ce qui est de la famille de mon défunt mari ils ont cessé tout contact, nous n'avons jamais été en très bon terme. Mais bref, passons. Cette maladie est affreuse. J'ai arrêté de compter le nombre de nuits blanches qu'il a passé à se tordre de douleur, tout son organisme mourait petit à petit sans que l'on puisse faire quoi que ce soit. Il ne pouvait plus rien tenir dans ses bras tant il menaçait de s'écrouler à tout moment. La seule chose qui pouvait le soulager c'était la drogue. Il n'a jamais été un grand fumeur, quand il était ado oui, mais il n'y avait plus jamais touché depuis. Il riait souvent et disait que ''si ça se trouve je vais mourir d'un cancer du poumon avant''. Moins de trois mois se sont écoulés entre la déclaration de la maladie et sa mort. »

N'ayant dis mot durant toute la durée de sa parole je me contentai alors de prendre sa petite main frêle entre les miennes et la secouait gentiment, puis de lui annoncer d'une voix formelle :

« Vous êtes une femme formidable Wilma et je suis certain que votre mari est fier de vous, ça ne fait aucun doute. Peu de personnes se seraient battues comme vous le faites en ce moment et si c'est vous que votre fils va prendre pour modèle alors il n'y a aucun doute que lui aussi devienne un jour une personne formidable comme sa maman. »

Une larme roula contre sa joue, pas une larme de tristesse mais de joie. Elle semblait soulagée d'avoir enfin pu ouvrir son coeur à quelqu'un. Et quelque part je fus touché de savoir qu'elle venait de se confier à moi plutôt qu'à quelqu'un d'autre. On ne devait pas lui dire ce genre de choses bien souvent, d'où son émotion. Et pourtant je n'avais rien dit d'exceptionnel. Parfois, même les mots les plus simples peuvent tirer une personne vers le haut, quand bien même cela parait anodin et vide de circonstance, une simple parole, un simple geste, sont lourds de conséquences dans la vie d'une personne. Et j'espérai à cet instant avoir un peu changé la sienne.

Elle me remercia chaleureusement pendant toute la durée du trajet avant de descendre quelques gares avant nous, le sourire aux lèvres et ses cheveux défaits.


- « Je pensais pas que tu t'intéressais aux femmes plus âgées que toi. »

- « Et moi je pensais pas que tu pouvais éprouver de la jalousie envers moi. »

Levi et moi avions repris nos places dans le wagon et je venais de sortir un livre tandis que lui avait remis un écouteur dans ses oreilles, côté fenêtre, de sorte qu'il puisse encore m'entendre de l'autre.

- « Ne le ni pas Eren, elle te plaît. »

- « Ce serait mentir de dire le contraire, c'est vrai qu'elle est charmante mais ça s'arrête là. Et puis ne dévies pas la question; alors comme ça on est jaloux ? »

- « Mais bien sûr… J'ai passé l'âge gamin. » ironisa-t-il, cachant certainement une part de vérité.

- « Ouais ouais… »

Il faisait plus sombre dehors. Ce n'était pas encore la nuit mais les lumières dans le train étaient déjà allumées, ce qui me permit de lire mon livre sans soucis. Toujours le même que la dernière fois; c'était un gros bouquin et j'avais du mal à le finir car certaines scènes étaient assez effrayantes, surtout lorsque je le lisais la nuit, dans mon lit, avant de me coucher. Je relevai le nez de ma lecture et m'adressai à Levi, intrigué :

« Qu'est-ce que tu lis comme bouquins ? »

- « Un peu de tout… J'aime beaucoup les policiers comme Sherlock Holmes, un classique. Et aussi la trilogie des Millénium de Stieg Larsson, des romans très noirs et dur à lire. »

- « Et que penses-tu des post-apo ? C'est ceux que je préfère… » De plus en plus intrigué par ses goûts.

- « Le livre que tu lis est pas mal, assez éprouvant à lire bien que ça reste de la fiction. J'aime pas les trucs trop surnaturels. J'en lisais beaucoup quand j'étais gosse mais ça m'intéresse plus. »

- « Et que penses-tu de La Route ? »

- « Le meilleur dans le genre post-apo, bien que ce soit pas mon style c'était une belle découverte. »

- « Content de te l'entendre dire ! » fis-je avec enjouement puisque je partageais son avis.

- « Bon c'est bientôt fini Gérard Genette ou tu comptes me demander quel est mon Martine préféré ? »

J'étouffai un rire avant de poursuivre, tentant de paraître plus sérieux après l'enchaînement de blagues qu'il venait de faire.

- « Nan ne t'inquiètes pas, je sais combien c'est difficile de choisir entre Martine à la plage et Martine fait de l'équitation. En revanche j'aimerai bien savoir une chose, ça me tracasse depuis un moment mais... Pourquoi t'es parti en Fac de Lettres au juste ? »

Levi était loin d'être sot, c'était à vrai dire tout le contraire. Il possédait une culture littéraire très grande à en croire le peu que je savais et les dires des professeurs.

- « Parce que. Y a besoin d'une raison pour y aller ? »

- « Non mais y a une raison pour y rester. Et quand je vois le nombre d'heures que tu loupes je me dis que t'es pas très déterminé à finir ton année… »

- « T'en as aussi manqué gamin, est-ce que je te fais chier pour autant ? »

- « J'ai une excuse moi; ça s'appelle l'hospitalisation et le suivis psychologique. Si je manque une heure ou deux ils le mettent sur le compte de mon état mental fragile après mon agression. Remarque si tu leur dis quelle est ton activité à l'extérieur de la FAC ils t'accorderont peut être une marge à toi aussi… »

- « Très drôle, Eren. »

Ma remarque était stupide, mais pas infondée et encore moins contre Levi. Tout ce que je souhaitais c'est qu'il revienne plus régulièrement à la FAC et poursuive ses études. Il devait très certainement y avoir une raison pour laquelle il s'y était rendu et il serait dommage de gâcher un si grand talent pour une histoire de gang de rue. Quoi que sa position dans la mafia ne lui laissait pas le choix.

- « Tu n'as vraiment aucune raison ? Ou bien tu ne veux juste pas m'en parler ? J'peux comprendre tu sais… »

- « Votre attention s'il vous plaît. Le train TER en provenance de Rose et à destination de Maria entre en gare. Correspondance pour Shiganshina, voix E »

Nous étions arrivé à destination. Levi esquiva donc par chance la conversation alors que je me dirigeai déjà vers mes affaires avant de sortir du train, suivis de près par mon compagnon qui restait silencieux.

Comme annoncé, nous nous rendions à la voix E et rentions dans le dernier train qui allait nous mener à notre destination. Il était à présent dix-sept heures et il faisait nuit noir dehors. Un léger vent s'était levé et je fus suffisamment exposé à lui pour ressentir une grande vague de froid, cependant très vite calmée par le chauffage du train.

La fin du trajet se déroula dans le silence le plus total. Levi n'était pas disposé à parler et j'en profitai donc pour poursuivre ma lecture en toute sérénité. Je ne vis pas le temps passer quand, au bout d'une vingtaine de pages plus loin, les cris aiguës des roues se firent entendre. Je relevai la tête. Puis je me rendis compte d'une chose : il n'y avait que Levi et moi dans le wagon, et sans doute dans le train entier. Rien à voir avec la foule de ce midi.

Poussé par une douce vague de nostalgie je descendis du train, bagage à la main, foulant du pieds l'épaisse couche de neige qui s'était formée sur le quai et dans tout le village.

J'étais de retour chez moi.


Finiiii !

Je suis hyper heureuse de revenir après tant d'absence ! Ça m'avait tellement manqué ! Depuis j'ai eu le temps de bien peaufiner les chapitres à venir et j'ai le détail de tous, y compris la fin de cette fanfiction dont je n'avais qu'une vague idée à l'origine. On en est encore loin mais j'espère sincèrement qu'elle vous plaira, je n'ai aucune idée du nombre de chapitres qu'il reste pour y arriver mais je vous tiens au courant.

Ce chapitre était très facile à écrire, je l'ai fait en trois fois ce qui fait que je ne perdais pas le fil de la trame. En revanche j'ai du revenir à plusieurs reprises sur les anciens chapitres pour savoir ce que j'avais dévoilé ou non; un beau bordel !

J'étais contente de pouvoir réécrire sur le personnage de Wilma et de son fils Anselme qui veut dire ''protégé des dieux Ases'', à savoir Thor, Odin, Loki… C'est pas aussi beau que Johannes mais ça correspondait plus au personnage. Je n'en dit pas plus mais j'ai hâte de pouvoir plus développer l'histoire autour des ''Kyojin'' et de Levi.

Les musiques dont je me suis inspirée sont, dans l'ordre d'apparition : Shattered de Trading Yesterday, Illuminated de Hurts et I Found de Amber Run. Je trouve ces musiques très puissantes et elles me font systématiquement pleurer. D'autant plus qu'elles correspondent à l'état d'esprit de Levi… Du moins je trouve.

Pour ce qui est des bouquins évoqués je les ai lu pour la plus part à part Positif qu'Eren est en train de lire, ou du moins pas en entier… Pour le coup je rejoins plus Levi en ce qui concerne le style de roman bien que mon préféré soit plus le Fantasy et les romans réalistes comme Madame Bovary. Bref, tout ça pour dire que j'aime la littérature…

Et en parlant de littérature, point un peu plus personnel j'ai eu mon BAC ! Et avec mention Très bien en plus! Grâce à mes quatre 20 et mon 17 en philo. Je ne m'y attendais vraiment pas, et dire que je visais tout juste la mention bien... Je suis hyper heureuse et j'ai hâte de commencer la FAC dans quelques semaines.

Vu que je ne sais pas dans quelle mesure j'aurai du temps pour écrire je fais en sorte de m'avancer dans l'écriture pour ne pas vous faire subir une attente trop longue. Aussi le prochain chapitre ne devrait pas tarder !

D'ici là je vous dis à très vite, n'hésitez surtout pas à me laisser des commentaires ça me ferait vraiment chaud au coeur surtout après cette longue absence dont je m'excuse encore…

Gros bisous à tous,

Kuroshine.