Relecture : Brynamon.

Elle m'a fait corriger un détail important. Merci petite sœur !

Je ne suis plus très loin du dénouement. Alors merci de m'encourager pour avoir une bonne dose d'inspiration.

A votre avis depuis combien de jours Harry est à Forks ? Question pour ceux qui ont bien suivi !^^

Période : Fin Mai 2006


Chapitre 25: CASE DEPART


POV EDWARD

-Bella ? S'exclama Charlie.

-Oui, répondis-je de ma voix grave.

Horrifié, je me raclai la gorge cherchant le ton juste. Cette situation était surréaliste. Si Bella me voyait, elle m'en voudrait de faire une si piètre imitation d'elle. Charlie se délesta de son blouson de chérif et butta contre le sac à dos de Bella. Il trébucha et il se mit à pester. J'étais liquéfié.

-Bella ! Qu'est-ce que ton sac fout dans l'entrée ? Cria-t-il. Comme si je n'avais pas déjà assez de problèmes, marmonna-t-il ensuite.

Je ne répondis pas. Il continua à râler.

-Mauvaise journée ? Demandai-je pour la forme en continuant de faire semblant de faire la vaisselle.

-Encore ces attaques, ça s'est amplifié, soupira-t-il.

Son inquiétude était profonde et cela le minait. Il se sentait inutile. Et moi, j'étais écoeuré car des membres de mon espèce semaient le malheur sans état d'âme et cela dans le seul but d'assouvir le désir de vengeance de sorciers mégalomanes.

-Ce n'est pas de votre… de ta faute ! Ne sois pas si dur envers toi-même.

Le tutoiement avait du mal à passer. L'habitude.

Il vint près de moi et posa sa main sur mon épaule. Je me raidis brusquement. Il se pencha vers moi, je reculai instinctivement. Il voulait surement m'embrasser sur la joue, réalisai-je. Il se redressa perplexe.

-Ça va fillette ?

-Oui, dis-je d'un ton peu assuré. Je pense que j'ai du chopper un truc et je ne veux pas te le refiler.

J'essayai de parler comme Bella mais le naturel revenait au galop. Il hocha la tête.

-C'est vrai t'as l'air plus pâle que d'habitude. Il regarda vers le plat de salade et râla encore:

-Je ne suis pas à la diète comme toi, moi ! Enfin bref…

Il se lava les mains dans l'évier adjacent et alla s'installer à table. Cependant, il resta immobile, contemplant son assiette d'un œil morne. Il avait des doutes sur l'implication des loups géants. Il songeait à quelque chose de plus particulier. Il pensa soudain à sa grand-mère.

-A quoi pensez… penses-tu papa ? Me repris-je à temps.

Il revint au monde présent, il n'avait pas fait attention à ce que je disais. Je sentis son regard s'attarder sur moi. Je n'osai toujours pas le regarder en face.

-Tu me fais penser à ma grand-mère Hilda. Tu lui ressembles un peu.

-Ah oui ?

Je ne m'appesantis pas plus sur le sujet car je ne savais pas ce que Bella connaissait de son arrière grand-mère.

-Elle était exubérante et un peu excentrique. Elle était attirée par le paranormal, les mythes et la magie. Elle avait même une boule de cristal.

Il sourit.

-Je l'aimais beaucoup tu sais, j'aurais aimé que tu la rencontres. Mais la maladie l'a emportée avant que tu naisses. Quand j'étais enfant, elle me prédisait souvent des choses extraordinaires.

-Comme quoi ?

J'oubliai ce pour quoi j'étais là, intéressé par les révélations de Charlie.

-Oh ! Rien de bien précis…répondit-il évasif.

Il voulait garder ça pour lui.

-Elle n'avait pas toute sa tête je pense. Mais, continua-t-il nostalgique, elle m'avait dis que j'aurai une fille hors du commun. Et en cela elle avait raison.

Sa fierté était réelle. Je fus gêné car Bella ratait un moment très particulier. Je me demandai si son arrière grand-mère n'avait pas réellement des dons de prémonitions. Elle faisait peut-être partie de la lignée des Black d'Angleterre.

-Ça a été l'école ? Demanda-t-il, tout en commençant à manger.

Il voulait briser la gêne installée entre nous en changeant de sujet.

-Oui. Au fait, Angela voudrait que je vienne dormir chez elle ce soir. Il y aura aussi Jessica. On va réviser un peu, manger de la pizza et mater un dvd.

Je m'en sortais pas mal. Il sembla hésiter. Je le regardai donc franchement pour objecter.

-Je sais pas… T'es malade et demain tu as cours et puis j'ai pas envie que tu traines…

Il se stoppa en pleine phrase. Les yeux ronds.

-Tes yeux ?

Aïe !

-C'est quoi cette nouvelle lubie de porter des lentilles ? S'exclama-t-il mécontent.

-Oh heu ça… dis-je soulagé que Charlie m'ais tendu une perche. C'est juste une blague entre filles… un stupide pari que j'ai perdu…pour ce soir.

Il se tut un instant. Je me retins de ne pas sourire. Il secoua la tête.

-Je t'ai déjà dis de ne pas parier ! Tu es poisseuse comme pas possible.

Je fis mine d'être vexée.

-C'est bon papa… Et puis je me sens bien, j'ai juste mal à la gorge. Demain, j'ai mon premier cours à dix heures.

Je savais que j'avais gagné. Mince, il voulait m'accompagner.

-Je vais y aller avec ma voiture comme ça demain j'irai directement au lycée.

Me revoilà coincé avec la voiture de Bella. Je gérai mal la situation. Il flancha néanmoins conscient qu'il devait me laisser ou plutôt lui laisser un peu de liberté.

-Ok ! Appelle-moi quand t'arrives.

-J'ai perdu mon portable.

-T'as vraiment pas de tête ! T'es comme ta mère !

Je ne relevai pas.

-C'est bon… Vas-y j'te fais confiance mais ne traines pas, tu vas d'ici à chez elle et de chez elle au lycée.

J'acquiesçai, soucieux. Mon histoire était bancale. Il risquait de découvrir le pot aux roses si nous ne parvenions pas à les retrouver rapidement. J'espérai qu'avec de la chance nous serions rentrés demain matin si tout allait bien. Il termina de manger tout en prévoyant de ressortir faire quelques courses chez l'épicier du centre. Il avait encore faim.

Il sortit de la pièce et monta se changer. Je me dirigeai rapidement vers l'entrée et saisis le sac à dos. Je lui fis mes adieux et je me dirigeai vers la Chevrolet. Je me mis au volant de la camionnette et démarrai. Un peu plus loin, j'entendis un, puis deux, puis trois chocs violents à l'arrière de la camionnette. Ils râlaient car je n'avais pas su gérer « le truc ». Cependant, ils comprenaient que ça n'avait pas dû être facile. Pour plus de sécurité, je garai la camionnette pas loin de chez Angela Weber, des fois que Charlie vérifie mon histoire discrètement. Il n'appellerait pas, il n'était pas du genre à espionner Bella. Son portable était au sol, je le mis dans la boîte à gants.

Je repris rapidement mon apparence, à la plus grande satisfaction de ma santé mentale, et c'est avec soulagement que je constatai que je n'avais plus de douleurs costales. Je me changeai discrètement et pris donc la direction de Salem avec Jasper, Embry et Quil, laissant le sac à dos dans la camionnette. Dès mon retour, je le récupérerai pour détruire ce qu'il y avait dedans.


POV HARRY

Harry n'avait presque plus de fièvre. Il ne souffrait quasiment plus. Il était cependant extrêmement fatigué. Et préoccupé.

Après le départ d'Edward et des autres, il s'était assoupit. La présence de Ginny l'avait aidé à se détendre. Il s'en voulait de lui avoir causé des soucis et il s'en excusait jusque dans son sommeil. Quand il émergea il faisait encore clair dehors. Il ne devait pas être plus de vingt heures. La pièce avait une lampe d'allumée. Ginny s'était absentée. Jacob semblait en proie à des cauchemars. Harry se redressa non sans mal. Son épaule semblait engourdie mais c'était mieux que la souffrance d'un corps tranchant donnant la sensation de recevoir de l'acide dans le corps. Il porta machinalement sa main à son épaule. Il réussit à s'asseoir et tenta précautionneusement de se lever. Il avait perdu pas mal de sang c'était sûr et cela l'avait affaibli. Après plusieurs tentatives, il parvint à tenir debout quelques minutes. Il alla vers Jacob pour tenter de l'apaiser mais il échoua. Devait-il le réveiller ? Rien n'était moins sûr. La porte s'ouvrit et Ginny se précipita vers lui, contrariée. Elle l'obligea à retourner s'allonger.

-Harry soit raisonnable ! Fais-le au moins pour moi si tu ne veux pas que j'accouche dans les prochaines heures à cause du stress que tu me causes.

Elle était on ne peut plus sérieuse. Il s'allongea donc sans difficulté et observa sa femme avec tristesse, conscient de l'avoir fait souffrir. C'était juste que Jacob était en proie à une détresse morale importante et il aurait voulu l'aider ou du moins le rassurer. Il se sentait mal, tout tournait au cauchemar. Et il était là bloqué dans ce lit, laissant d'autres personnes risquer leur vie parce qu'il avait échoué à retrouver Bella et Rosella.

-Tu as raison de m'en vouloir…

-Ce n'est pas ça. En fait, j'ai de mauvaises nouvelles.

Il attendit qu'elle poursuive, attentif.

-C'est le bébé de Ron et Hermione.

Son estomac se contracta.

-Il y a eu des complications. Ils sont à Ste Mangouste pour l'instant. Je n'ai pas encore eu d'autres nouvelles. Je ne sais rien de plus.

Elle se tut. Elle était visiblement éprouvée par cette nouvelle plus qu'alarmante. Il prit sa main et la serra comme il put.

-Où est James ? Demanda-t-il brusquement.

-Avec maman. Il ne comprend pas ce qui se passe. Il y a trop de changements dans sa vie. Je suis inquiète Harry.

-Je le suis aussi.

-Nous aurions dû être près d'eux dans cette épreuve. Et James n'aurait pas dû être séparé de nous.

Il préféra se taire. Rien de ce qu'il pourrait dire n'allègerait leur cœur malheureux. Elle s'allongea près de lui et ils restèrent un bon moment sans parler. Jacob était toujours en proie à des cauchemars. Il répétait le nom de Bella très souvent.

-Son père et ses amis sont rentrés. Il voulait ramener Jacob avec lui mais Carlisle a été catégorique : pas de déplacement ce soir. Alors ils vont repasser demain. Sam a poussé Billy à rentrer car il voulait rester. Il est encore fragile à ce que j'ai cru comprendre.

Après un énième marmonnement de Jacob, Ginny regarda Harry qui hocha la tête. Elle se leva et alla vers lui. Elle fit de son mieux pour le calmer. Sa voix douce eut raison de sa peur et il respira plus sereinement, s'enfonçant enfin dans un sommeil réparateur.

-Tu devrais aussi te reposer mon ange. Tu as l'air fatiguée. Tu as assez dormi cette après-midi ?

-Oui j'ai pas mal dormi mais j'avoue que je ne serai pas contre une bonne nuit de sommeil, je suis extenuée avec tous ces évènements.

Harry ordonna à sa femme d'aller au lit. Elle refusa d'être séparée de lui.

-J'ai peur de m'endormir et de voir en me réveillant que tu n'es plus là.

-Je ne peux aller nulle part, je suis coincé ici.

Une pointe d'amertume perça dans sa voix malgré lui. Et elle s'en rendit compte.

-Tu es frustré, c'est compréhensible. Tu veux tout le temps aider les autres et puis les voir partir et risquer leur vie doit te miner au plus haut point.

Il ne répondit pas, ce n'était pas nécessaire.

-Je t'en aime que plus, si tu ne réagissais pas comme ça tu ne serais pas le Harry que j'aime.

Elle hésita.

-Pourtant je t'avoue que je suis heureuse que tu ne soies pas parti avec eux. Avec ce qui arrive à Ron et Hermione, je veux te garder près de moi. Je veux préserver ma famille.

Il sentit son regard posé sur lui, elle attendait une réaction de sa part. Bonne ou mauvaise.

Il repensa à la forme que l'épouvantard avait prise avant d'affronter Zabini. Sa peur qu'il avait que sa famille se retrouve seule et que Ginny finisse par le haïr par delà la mort. Il voulait être là pour voir grandir ses enfants. Il voulait aussi être là pour dorloter sa femme et soutenir ses amis. Le Harry dévoué et le Harry égoïste s'affrontèrent.

-D'accord, répondit-il simplement.


POV REMUS

Un homme apparut, son visage peu avenant laissait supposer qu'il était l'ennemi. Je compris qu'il était le fameux jumeau. Il eut un sourire sournois et lança un sort d'expulsion à Rosella qui l'esquiva de justesse. Bella tenta de le stupefixer mais il avait déjà transplané. Il se rematérialisa derrière Rosella qui s'était relevée avec un peu de mal en frottant son poignet. Elle devait s'y attendre car elle lui décocha un violent coup de coude dans l'estomac. Le propriétaire alla prendre une chaise qu'il voulut écraser sur la tête du frère de Rosella mais il transplana à nouveau et la chaise s'écrasa au sol non loin de celle-ci. C'était agaçant de le voir transplaner de la sorte.

-Vous ne devriez pas m'énerver, dit-il au propriétaire en réapparaissant. Sinon je tue votre femme et vos enfants.

Nous nous liquéfiâmes tous sur place.

-Que leur avez-vous fait ? Où sont-ils ? S'époumona le père effrayé.

Le jumeau ricana. Rosella plongea sur lui, elle paraissait hors d'elle. Il pointa sa baguette vers elle, un rictus aux lèvres. J'envoyai un sort bouclier pour la protéger. Il se tourna vers moi. Ses prunelles d'un rose-violet étrange me glacèrent. Le mal semblait l'habiter. Il n'avait pas d'état d'âme, il pouvait tuer de sang froid.

Contre toute attente, il jeta un sort pour rompre les liens du serpentard qui nous regardait, effrayé. Il avait cherché un moyen de se défaire de ses liens et maintenant il était libre. Il sauta sur ses jambes et pris une position de défense. Il grimaçait, il devait avoir mal quelque part. J'allais le neutraliser quand le jumeau stupéfixa le propriétaire sous nos yeux consternés et le mit sur son épaule. Il alla ensuite vers Zabini.

-Si vous partez, on le tue.

Ils transplanèrent. Nous nous regardâmes, indécis. Nous aurions pu transplaner d'ici et enfin recouvrer la liberté.

-On ne peut pas le laisser, s'exclama Bella. Et sa famille ?

-Nous le savons Bella, répondit Rosella, à cran. Et il est hors de question qu'ils s'en tirent comme ça.

Nous étions tous d'accord. Malgré la possibilité d'être libre nous choisissions de rester.

-Et puis Jake, Harry et Edward vont arriver en renfort…Affirma Bella. Teddy a dû leur montrer le rêve.

-C'est-à-dire que…Commençai-je. Jacob et Harry sont blessés.

Je vis Bella blêmir, elle s'avança vers moi et saisit mes bras. Elle commença à bafouiller. Je tentai de la rassurer mais rien n'y fit. J'aurais mieux fait de me taire. Je cherchai du soutien vers Rosella. Elle était pâle aussi.

-Harry…

Elle tenta de se reprendre.

- Et Edward ? Ajouta-t-elle.

-Il va bien. Physiquement en tout cas. Il était sur le point d'exterminer Irina avec Jasper quand je les ai laissés. Ils veulent tous vous retrouver, les loups ont fait alliance avec les vampires.

Mais Bella n'écoutait pas. Toujours choquée.

Les malfrats réapparurent. Zabini avait une baguette à la main cette fois et il fulminait.

-Ils l'ont tuée ! Ils ont tué ma tante et l'ont fait disparaitre comme si elle n'était rien.

Il nous visait tour à tour ne sachant sur qui déverser sa colère. Le frère de Rosella le regardait sans bouger un peu à l'écart, il gardait le père sur son épaule comme s'il pesait le poids d'une plume. Il recula un peu plus et je perçus qu'il boitait. Il se délesta du père et posa un pied sur son torse comme un trophée. Cela me révolta mais je revins vers Zabini qui commençait à nous mitrailler de sort explosif, détruisant une bonne partie du séjour. Il fallait vite les neutraliser et libérer la famille, il n'y avait pas d'autre option.

Rosella, qui était la plus exposée car elle n'avait pas de baguette, s'était refugiée derrière le canapé. Bella était toujours près de moi. Je savais qu'elle manquait de pratique, je lui soufflai quelques sorts pour qu'elle se défende tout en la protégeant en la gardant derrière moi. Je fis une tentative pour désarmer Zabini qui fonctionna, sa baguette atterrit non loin de Rosella toujours planquée derrière le canapé. Elle voulut la prendre mais Bella l'en empêcha :

-Ne la touche pas ! C'est une baguette piégée, elle va te brûler la main.

Elle recula donc, dépitée. Bella contre-attaqua rapidement mais Zabini esquiva, se traina au sol vers sa baguette qu'il récupéra promptement et fit marche arrière. Je vis Rosella ramasser quelque chose que Zabini avait perdu en route. Mais à part moi personne ne sembla le remarquer.

-Je perds mon temps ici, ce n'est pas vous que je veux ! S'écria subitement le Serpentard avant de disparaitre.

Le frère de Rosella ne semblait même pas surpris. Je lui décochai un sortilège de stupéfixion mais celui-ci ricocha sur lui et revint vers moi, dans l'incompréhension totale je perdis connaissance sous les cris des filles.


POV GENERAL

Blaise apparut devant les grilles de la demeure où se trouvaient ceux qui avait tué sa tante bien aimée. Il commençait à faire sombre. Il écumait de rage, il voulait les faire souffrir. Et il était persuadé que Potter était encore en vie. Il voulait se montrer digne de sa tante en finissant ce pour quoi il était venu. Et il fallait qu'il la venge, il devait lui rendre ce dernier hommage. Il savait que Potter n'avait plus sa baguette, c'était un atout. Quant aux autres, un bon sortilège de mort suffirait. Il comptait sur l'effet de surprise.

Malgré sa colère, il essayait de réfléchir. Il était blessé, il devait faire attention. Quant il avait récupéré sa baguette dans la forêt, il s'était soigné un minimum avec des sorts complexes que lui avait appris certains Mangemorts quand il était encore au service du Lord Noir.

Il lança des contre-sorts très puissants pour contrer la protection de la maison. Il regarda le ciel chargé en nuages noirs annonçant un orage imminent. C'est avec détermination qu'il franchit la grille et avança d'un pas assuré vers la porte d'entrée qu'il fit exploser.

Harry qui s'était assoupi dans les bras de sa femme, ouvrit brusquement les yeux, alarmé. En regardant vers les fenêtres, il vit qu'elles clignotaient, signe qu'un intrus essayait de forcer la protection de la maison. Toutes les entrées et les fenêtres se verrouillèrent automatiquement. Il entendit une déflagration qui lui fit rater un battement de cœur. Ginny se redressa, désorientée. Il se dégagea de ses bras et se leva tant bien que mal. Pas le temps de se plaindre, ils étaient attaqués !

-Harry ! S'exclama Ginny.

-Va te mettre à l'abri, on nous attaque ! S'écria-t-il.

Elle refusa bien sûr de l'écouter, son cœur allait exploser, elle avait les jambes flageolantes. Elle se sentait un peu groggy mais le bébé, étrangement, était calme. Elle prit une longue inspiration et le suivit quand il ouvrit la porte.

-Harry ! S'exclama-t-elle à nouveau mais avec plus de fermeté.

-Quoi ? S'agaça-t-il.

-Jacob n'est pas dans son lit.

Harry se tourna et constata qu'effectivement Jacob n'était pas là. Un froid l'envahit, espérant qu'il se trouvait dans la maison à l'abri et qu'il n'était pas parti chercher Bella tout seul !

En bas, Carlisle était déjà à l'entrée, effaré par ce qui se passait. Il était au téléphone avec Emmett pour lui parler de ce que Jasper lui avait révélé quand il avait entendu cette explosion. Il n'avait pu que constater les dégâts. Il fut surpris de voir ce jeune homme seul qui lui faisait face. Un sorcier. Un sorcier très en colère.

-Qui êtes-vous ? Demanda Carlisle, calmement.

-Où sont-ils ? S'énerva Blaise, ignorant sa question.

-Qui ?

-Ceux qui ont tué ma tante, s'égosilla-t-il les yeux brillants.

La colère se mélangeait à la douleur d'avoir perdu sa tante. C'était vraiment l'une des rares personnes à le considérer comme un adulte respectable. Et non comme un enfant comme le faisait souvent sa mère. Il braqua sa baguette vers Carlisle, se voulant menaçant.

-Mes fils n'ont pas tué Irina.

-Je vous interdis de parler d'elle !

-Je vous assure ils n'ont rien à voir avec sa mort.

-Vous mentez ! J'étais là quand ils lui ont fait du mal. Je veux savoir comment ils ont réussi à…

Il s'interrompit.

- Je veux qu'ils souffrent, ils ne vont pas s'en tirer comme ça ! Ajouta-t-il, furibond.

Il se stoppa dans sa tirade. Regardant vers le haut de l'escalier. Son pouls s'accéléra encore plus, Potter était bien encore en vie ! Pas pour longtemps…

Il envoya un Expulso à Carlisle qui l'esquiva. Il continua, poussant Carlisle à reculer vers l'escalier.

Zabini pénétra complètement dans le séjour constata Harry.

Teddy qui avait entendu l'explosion était sorti de sa chambre. Il avait ensuite vu Harry et Ginny sortir de la chambre des blessés. Ginny lui avait tendu la main et lui avait fait signe de se taire. Malgré les protestations de Ginny, son parrain avait décidé de se mettre à découvert pour aider Carlisle. Même s'il n'avait pas de baguette, il n'allait pas rester comme ça, sans rien faire. Il avait obligé Ginny à l'emmener à l'abri.

Ginny impuissante car sans baguette elle aussi, alla avec le petit vers la chambre de Rosella pour chercher une potion qui pourrait les aider. Son esprit bouillonnait. Elle avait vu Zabini en bas. Il était plus effrayant que jamais. Tout ce qui faisait sa beauté légendaire s'était envolé. Il voulait la peau d'Harry et des frères Cullen. Elle allait lui faire voir de quel chaudron elle se servait ! Elle fouilla dans les affaires de Rosella pendant ce qui sembla être de longues minutes et trouva ce qu'elle cherchait. Teddy lui fit part de ses interrogations mais elle lui fit comprendre que ce n'était pas le moment.

Harry descendit doucement les marches et s'avança vers Zabini. Il se mit à hauteur de Carlisle. Celui-ci jaugeait l'individu, pour savoir comment l'appréhender sans le tuer. Harry se rappelait quand celui-ci avait voulu mettre un terme à sa vie et il ne se fit aucune illusion quant à ce qu'il lui réservait. Cependant Harry n'était pas du genre à se laisser impressionner. Surtout par un ancien partisan de Voldemort.

-Tu vas enfin avoir ce que tu mérites, Potter.

-Tu parles trop comme tous les mangemorts que j'ai affrontés, répliqua durement Harry.

Ce fut à cet instant que Ginny réapparut, une fiole à la main. Elle le lança sur Zabini de là-haut et celui-ci, surpris, fit exploser la fiole. Une fumée se répandit dans la pièce. Carlisle saisit Harry et remonta en un dixième de seconde vers Ginny et Teddy.

-Wow, dit Harry les yeux écarquillés.

-Reculons vite ! S'écria Ginny.

Elle ouvrit une des chambres et ils s'y enfermèrent. Elle alla ensuite vers la fenêtre qu'elle tenta d'ouvrir.

-Il faut la casser, décréta Harry, je ne peux pas supprimer les protections sans baguette.

Carlisle éloigna Ginny délicatement et fracassa la vitre d'un bon coup de coude.

-Allez-y et attention aux bris de verre, les avertit Carlisle.

Teddy, Harry et Ginny se penchèrent vers la source d'air et respirèrent un bon coup.

Zabini avait vu la belle Ginevra Wealey apparaitre du coin de l'œil. Il était parvenu à détruire la fiole qu'elle avait lancée sur lui. Mais une épaisse fumée bleue s'en était échappée, il recula mais la fumée était trop près de lui et se répandit trop vite pour l'esquiver complètement. Il en respira un peu.

-Qu'est-ce que… ?

Il mit son bras devant son nez et toussa. Il s'engourdit, il avança difficilement vers l'entrée puis s'ankylosa et se paralysa complètement. Un genre de Petrificus Totalus chimique l'avait mis ko. Ce fut avec horreur qu'il s'effondra car ses jambes ne répondaient plus. Sa tête heurta violemment le sol et il perdit connaissance.

Harry, soucieux, demanda à tout le monde s'ils allaient bien. Ensuite il questionna sa femme pour savoir ce qu'elle avait lancé sur Zabini. Elle le rassura ce n'était pas du poison, juste une potion paralysante. Elle leur certifia aussi que Zabini n'avait pas pu échapper à la fumée. Il était hors d'état de nuire maintenant et pendant les quelques heures que durerait l'effet de la potion.

-Où as-tu eu cette potion ?

-Dans les affaires de Rosella, quelle question ! J'ai un peu détaillé ce qu'elle avait quand Remus est parti à ta recherche avec Jasper.

-C'était risqué, fit remarquer Carlisle. Nous n'étions pas loin.

-C'est un risque que je devais courir car il fallait absolument le neutraliser. C'était peut-être notre seule chance.

-Heureusement, j'ai compris en voyant la fumée qu'il fallait vite nous éloigner, rétorqua Carlisle.

Ginny lui en sût gré.

-C'était qui ? Demanda Teddy.

Harry hésita mais il comprit que Teddy avait besoin de réponses, il avait peur pour son père. Il lui expliqua donc qui était Zabini et que c'était lui qui avait transplané avec son père.

-Alors… ?

Harry comprit sa question informulée. Si Zabini était là où était Remus ? Allait-il bien ?

Après un bon quart d'heure, ils descendirent au rez-de-chaussée et trouvèrent Zabini, face contre terre, inconscient à première vue.

-Il est mort ? Les questionna Teddy.

Harry se pencha et tâta son pouls.

-Non juste inconscient, il a dû se cogner en tombant.

Teddy voulait lui demander où était son père. Il fallait qu'il se réveille.


POV BELLA

PRISONNIERS…

Nous étions à nouveau prisonniers ! C'était comme faire mille pas en arrière. Quelle heure était-il ? Charlie devait déjà être en train de fouiller toute la ville à ma recherche. Il devait être anéanti de ne pas me trouver. S'il allait voir Billy, il saurait que Jake était blessé.

Jake… je n'arrivai pas à croire qu'il allait mal. Je le voyais comme un roc, imposant et inaltérable. Et pourtant…

Je ne voulais pas me laisser abattre mais ça devenait difficile. J'aurais tout donné pour revenir en arrière de quelques heures et éviter notre dispute. Enfin dispute, c'était une façon de parler. Je me demandai où il était ? Comment il allait ? Et Harry… ?

Tout allait mal. Tout ça par ma faute. S'ils n'étaient pas partis à ma recherche…et puis j'avais pas assurée non plus.

Rosella gisait là inconsciente depuis je ne sais combien de temps. Remus avait repris connaissance il y a peu. Tout comme moi, il avait été effondré de voir que nous nous retrouvions à la case départ. Je lui avais expliqué que suite à sa perte de conscience, Ewan nous avait piégés, il s'était emparé de Rosella avec du mal car elle avait lutté, elle n'était pas du genre à se laisser faire. Malheureusement il avait eu gain de cause et je capitulai car je ne souhaitais pas qu'il lui fasse du mal. Rosella m'avait ordonné de le stupefixer et si sa vie était le prix à payer, pour elle ce n'était rien. Il y avait eu trop de mal de fait pour qu'il s'en sorte comme ça. Je n'avais pas pu, malgré son regard étincelant de détermination. Je n'étais pas préparer à ça, elle oui apparemment. Elle avait enragé quand j'avais baissé ma baguette. Où plutôt celle de Harry. Ewan avait récupérer celle de Remus. Rosella s'était rebellée et il l'avait stupefixée. Il m'avait déconseillé de tenter quoi que se soit sous peine de voir mes amis mourir. Il m'avait ensuite ligotée et nous avait tous fait léviter vers notre ancienne cellule.

Je me rappelai notre conversation :

-Il y a un détraqueur dedans ! Le prévins-je.

-Et bien, vous n'êtes pas une sorcière commune. Vous résistez à l'impérium et vous combattez des détraqueurs. Je suis épaté.

Son ton condescendant ne laissait guère de doute quant au fait qu'il se moquait de moi. Il m'horripilait au plus au point. Malgré ma peur, je sentais monter un regain de courage.

-C'était pas mon idée le détraqueur, avoua-t-il soudainement.

-Pourquoi les sorts ricochent sur vous ? Continuai-je sur la perche qu'il me tendait.

Il m'observa un instant, avec une légère lueur d'intérêt dans les yeux.

-Disons que j'ai utilisé une certaine forme de magie qui me permet d'avoir une forte protection…mais cela a un prix bien sûr, dit-il nonchalamment comme s'il parlait de la pluie et du beau temps.

-Vous allez nous tuer ?

-Pas tout de suite. J'ai encore besoin de vous.

-Tant mieux, ça nous laissera du temps pour nous échapper à nouveau.

Il sourit mais c'était plus une grimace. De près, il ressemblait un peu à Rosella. Une version diabolique de Rosella.

-On a besoin de manger ! Tentai-je.

Il me regarda franchement ce qui me donna envie de reculer violemment. Mais je n'étais pas libre de mes mouvements, flottant dans les airs.

-C'est bien dommage que vous soyez prise dans tout ça, vous êtes une personne intéressante.

Il recula et nous mit dans l'ancienne cellule des proprios. Les corps étaient encore là. Je voulus vomir mais je n'avais rien à vomir… Ma tête tourna.

-Ne vous inquiétez pas je vais vous débarrasser des gêneurs. Et je vais vous ramener de la compagnie… Et à manger aussi, rajouta-t-il enfin après une pause. Là où j'étais enfermé on avait quand même à manger.

Je ne répondis pas trop occupée à essayer de me défaire de mes liens qu'il avait dénoués une fois au sol. Ensuite, je m'occupai de mes amis. Comme convenu il vint chercher les corps. Je m'en voulais de désirer qu'il les emmène loin de moi, c'était des personnes avec des familles…

Je revins à l'instant présent.

Il ramena à manger avec une bouteille d'eau.

-Votre complice, où est-il ? Demanda Remus refusant le sandwich qu'il nous proposait.

-Vous le savez.

Et il sortit laissant le plat par terre. Il revint un peu plus tard avec la famille du propriétaire au complet. Nous étions rassurés de voir qu'ils allaient bien mais pour combien de temps ? Je ne pris pas en compte l'avis de Remus qui me demanda de me méfier de la nourriture amenée par notre ennemi. J'avais trop faim. Ce n'était que du pain sec avec un peu de fromage à l'intérieur.

-Je ne sais pas quand on mangera à nouveau alors…

Voyant que j'étais encore en vie après avoir englouti mes maigres victuailles, les autres suivirent le mouvement. Ce n'était pas assez mais c'était mieux que rien. Mon estomac souffrit car j'avais mangé trop vite.

Rosella reprit conscience. Elle but un peu d'eau et se ressaisit peu à peu.

-J'ai récupéré ça, dit-elle en nous montrant quelque chose qu'elle sortit de sa poche.

C'était une pierre noire. Je l'avais déjà vu quelque part.

Dans mon rêve ! La peur me paralysa, je pensais que le fait d'avoir modifié certaines choses aurait annulé ce que j'avais vu mais apparemment ce n'était pas le cas. Cela n'avait modifié que le contexte et dans peu de temps je verrai Rosella mourir sous mes yeux. Il fallait que je trouve un moyen de modifier le futur.


J'ai été plus rapide cette fois.

Il faut dire que je ne travaille plus…Snif