Je tenais encore et toujours à vous remercier...Vos retours me vont droit au cœur. Votre fidélité me touche énormément.

J'espère que la suite de cette histoire continuera à vous plaire même si la fin, petit à petit, pointe à l'horizon.

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Merci à Drayy, Van Lyx et le « guest » pour vos review...

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Attention , chapitre classé : « M »...

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Chapitre XXV : « Juste une étincelle »

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Dean raccrocha et s'affala sur sa chaise dont il s'était relevé brusquement quelques secondes auparavant quand son téléphone avait sonné.

Accoudé sur ses genoux, le visage enfoui dans ses mains, il était éreinté. Des heures d'attente, des heures d'angoisse qui n'en finissaient pas de s'éterniser.

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Il sentit un poids sur son épaule et sursauta, relevant un regard presque lumineux qui s'éteignit aussitôt quand il s'aperçut que ce n'était qu'Ellen.

« Dean » fut tout ce qu'elle trouva à dire. « On va le retrouver...Ne t'inquiète pas ».

« Mais quand ? Et pourquoi il ne m'appelle pas ? » en s'enfonçant dans sa chaise tout en passant ses mains dans ses cheveux.

« C'était Gab ? » en tâchant d'accrocher son regard tout en pointant le téléphone posé sur la table.

« Oui...Rien...Il a téléphoné à Charlie mais elle n'a pas de nouvelles non plus...Il continue à le chercher dans toute la ville...Kelly est rentrée d'urgence, au cas où il tacherait de passer chez eux » d'un air peu convaincu.

« Tu as pensé à Inias ? ».

« Oui, il a contacté Roy aussi...Putain. Mais où est-ce qu'il est? » en se levant.

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Il s'appuya sur les rebords de la fenêtre, la pluie frappait avec fracas le carreau projetée par un vent violent. Il pleuvait depuis plusieurs heures. Cette même pluie qui les avait fait rire et dans laquelle il devait s'être à présent perdu.

« Cass » en posant son front sur la vitre. Observant distrait la buée se formant sur celle-ci. Revoyant défiler cette journée...Leurs journées...Jusqu'à ce qu'une étincelle...

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« Dean...Dean ».

Ce dernier ouvrit lentement les yeux pour croiser ceux de Sam accroupi face à lui.

« C'est dimanche...Vite » en le secouant.

Dimanche...Quoi ? Puis soudain...Le musée...Il soupira en se tournant sur son dos.

« Sammy...T'as vu l'heure ? ».

« Il est...6 heure et 45 minutes » fixant avec sérieux le réveil. « C'est tard » en fronçant les sourcils ».

« C'est tôt » le contredit son aîné en baillant.

« Mais Castiel va bientôt arriver » la mine boudeuse.

« Cass a dit 11 heures Sammy » en soupirant. « Viens là » en tapotant sur sa droite.

Sam sauta sur le lit et se coucha en pointant le plafond du doigt, jouant avec l'invisible.

« Pourquoi il dort pas avec toi ? » s'interrogea Sam, scrutant son index tendu.

« Je sais pas » et c'était la vérité. Il ne savait pas pourquoi la veille, il s'était levé du canapé, l'avait embrassé et lui avait dit à demain en lui souriant. Il semblait juste avoir encore besoin de mettre parfois un peu de distance entre eux.

Parce que depuis quelques jours, il n'y en avait plus vraiment.

Dean l'avait raccompagné à la porte, l'avait embrassé et regardé s'éloigner dans le couloir suivant chacun des mouvements jusqu'à ce qu'il disparaisse de sa vue.

Se souvenant de cette nuit où tout avait changé.

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Il avait fermé la porte de la chambre et s'était tourné face à lui. Castiel regardait ses pieds en tremblant légèrement.

Dean lui prit doucement le menton dans le creux de sa main pour le forcer à le regarder dans les yeux.

« Tu me fais confiance ? » dans un murmure.

Il ne lui répondit pas mais continua à le fixer.

« Si tu veux que j'arrête ...» en lui souriant avec tendresse mais aussi appréhension, attendant qu'il fasse un geste, dise un mot, pour enfin savoir.

« Je... » commença Castiel, butant sur ses pensées, incapable de réagir de peur de le blesser.

« Fais-moi confiance » réitéra Dean en posant un léger baiser sur ses lèvres entrouvertes.

« Je...Je te fais confiance » osa-t-il enfin, front contre front.

« Merci » souffle mêlé au sien. Il s'écarta et le regarda longuement.

Il avait allumé la lampe de chevet posée sur la commode à l'entrée de la chambre, elle faisait danser des ombres sur les traits de son visage. Il était si parfait dans ses imperfections. Ses magnifiques yeux bleus, ses cheveux ébouriffés, ses lèvres pleines, un peu sèches qui appelaient les siennes. Ses joues rongées par une barbe de fin de journée, sa fossette au menton. Dean enregistrait chaque détail sentant Castiel faire de même.

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Il ne comptait pas les minutes parce que le temps soudain s'était suspendu. Il releva les mains pour les poser sur son visage qu'il caressa du bout des doigts. Il voulait que Castiel ressente ce qu'il avait lui-même ressenti lors de leur première fois.

Il le vit fermer les yeux, s'abandonnant. Il glissa ses pouces sur ses lèvres puis l'embrassa tout en glissant le long de ses bras pour en attraper les mains et nouer leurs doigts en faisant attention à sa blessure. Il sentit Castiel les lui serrer avec ce sentiment d'urgence et de peur entremêlés.

Il se détacha de sa bouche en le tirant doucement vers le bord du lit et se mit à lui défaire un à un les boutons de sa chemise sous son regard bleu étrangement serein.

Il l'ôta doucement, prenant le temps de suivre le mouvement du tissu qui glissait sur sa peau, le bruissement de la chemise qui tomba sur le sol semblant résonner à l'infini.

Il vit plus qu'il ne sentit, la respiration de Castiel s'accélérer.

« Fais-moi confiance » lui répéta-t-il comme une litanie, en effleurant des doigts son torse.

Il le vit frissonner et se crisper mais il ne bougea pas. Il regardait faire Dean, regardait son corps réagir aux touchers de celui-ci. Lui faire confiance, le laisser venir à lui.

Il ferma les poings en grimaçant et fermant les yeux. Respirer...

Il sentit les doigts de Dean enlacer les siens pour les délier tandis que ses lèvres se posaient sur ses paupières, glissant son pouce sur le bandage de sa main blessée comme un baiser pour calmer la douleur.

Castiel avait envie de fuir, sentant le piège se refermer sur lui mais il ne devait pas céder, pas maintenant, il voulait plus, il voulait y croire, une ultime fois.

Il rouvrit les yeux quand Dean abandonna ses mains et déboutonna son Jean, il ne put s'empêcher de faire un pas en arrière. Instinctivement.

« Cass » en ouvrant sa braguette tout en le tirant vers lui pour l'embrasser sur la peau nue de son épaule. « Laisse-toi faire » lui abaissant son pantalon pour le lui retirer, ôtant par la même occasion ses chaussures et chaussettes.

« Dean » la voix trop rauque, en levant la main pour la poser sur la joue de son amant.

« Chut » en balançant son propre T-shirt, toujours agenouillé.

A peine le tissu jeté, il embrassa le désir prisonnier du boxer, Castiel émit un cri de plaisir étouffé.

Dean se releva et enleva le reste de ses vêtements les laissant tous deux seulement vêtus de leurs sous-vêtements.

Il lui sourit en l'entraînant sur le lit à sa suite. Castiel était tétanisé, perdu. Jamais personne ne l'avait traité avec autant d'égard pas même Mitch au temps des mensonges.

Il suivit du regard Dean qui se mit à califourchon sur lui, le contact de leurs sexes emprisonnés les fit gémir à l'union.

« Je t'aime » souffla Dean en se penchant sur ses lèvres, perdant ses mains dans ses cheveux en bataille. Castiel se raccrocha à lui, lui attrapant la nuque pour approfondir le baiser de plus en plus désordonné.

Dean se repoussa des deux mains sur ses épaules, jouant des pouces sur ses clavicules.

Un long échange de regard qui voulait tout dire. Un pacte scellé dans le silence.

Il le signa d'un baiser dans le creux de son cou. Doucement sa langue parcourut sa peau, léchant le sel de celle-ci, s'arrêtant sur ses mamelons pour les mordiller du bout des dents.

Castiel plongea ses mains dans ses cheveux, se tortillant sous la caresse humide de sa bouche dans des soupirs extatiques.

Il continua son parcours, les doigts soulignant ses côtes et ses flancs, pour terminer à son nombril.

« Fais-moi confiance » quand il le sentit se rétracter à nouveau.

D'un geste précis, il descendit le boxer en s'écartant pour le jeter au sol et pouvoir ainsi l'admirer dans sa totale nudité.

Assis sur ses talons, il le regarda, mains posées avec douceur sur ses genoux blessés.

« Dean ». Il n'eut pas le temps d'en dire plus que celui-ci se pencha sur l'objet de ce désir depuis si longtemps fantasmé.

Castiel gémit quand sa bouche chaude se referma sur lui. Il ne sut pourquoi mais d'un geste, il lui attrapa les cheveux et le repoussa aussitôt frustré par cette chaleur qui le quitta mais effrayé à la simple idée qu'il en voulait plus.

Dean le fixa rongé par l'envie tout en retirant sa main et la calant sur son bas-ventre pour l'empêcher de bouger.

Tout en le regardant, il replongea sur son intimité et Castiel finit par s'abandonner.

Chaque coup de langue, chaque léger coup de dent, chaque aller-retour brisait les murs qu'il avait bâtis avec tant d'acharnements durant toutes ses années.

Chaque gémissement, chaque caresse brisait ses certitudes.

Il se retrouvait à cœur ouvert...

Quand l'orgasme contracta ses muscles, prêt à le faire jouir, Dean s'écarta de lui et remonta jusqu'à ses lèvres pour l'emporter dans un baiser au goût amer...Le sien.

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D'un geste, il ôta à son tour son boxer. Castiel voulut se défaire de son emprise.

« Fais-moi confiance » en resserrant sa prise.

« Dean » les yeux mi-clos.

« Chut » en lui caressant la joue de la sienne, tout en bougeant lentement.

Désir contre désir, ils se laissèrent emporter par le rythme des frictions, haletants, gémissants, le souffle erratique.

Dean agrippé à ses épaules, Castiel le serrant d'une main sur la taille et l'autre sur sa nuque.

Chacun allant à la rencontre de l'autre, peau contre peau, bouche contre bouche, libres de s'aimer à leur manière...

Dean s'arqua dans un cri rauque en jouissant entre leurs ventres puis se laissa retomber, tête dans le creux du cou de son amant, glissant ses bras sous sa nuque, pour pouvoir le serrer contre lui, bougeant lentement, sa respiration proche de l'apnée caressant la peau de son cou jusqu'à ce que Castiel vienne à son tour dans un cri proche de la plainte, yeux fermés, tête projetée sur l'oreiller par la force de son orgasme.

Ils reprirent doucement le contrôle, l'un contre l'autre.

« Cass ? » murmura Dean au creux de son oreille devant l'inertie soudaine de celui-ci.

Comme seule réponse, il sentit les bras de ce dernier l'emprisonner à lui couper le souffle.

Ses bras serraient chaque parcelle de son corps, comme si demain tout devait disparaître et qu'il se devait de retenir un rêve qui risquait de s'évanouir.

Le visage enfoui sur son torse, Castiel buvait l'odeur de son amant, goûtait sa sueur, marquait sa peau de ses morsures, il perdait pied, paniquait, voulait le faire sien avant qu'il ne parte.

« Cass » en tentant de s'écarter de lui. « Cass...Tu m'étouffes » souffle sur son épaule.

Il sentit son étreinte se desserrer et s'écarta en plongeant son regard dans le sien.

« Je suis là...Je ne partirais pas » en l'embrassant longuement avant de se coucher à ses côtés.

Castiel ne dit rien tandis que Dean posait sa tête sur sa poitrine, il le prit par l'épaule pour le rapprocher de lui, ses doigts glissèrent sur sa nuque, jouant avec le duvet de ses cheveux courts. Bercé par ses caresses et les battements de son coeur, Dean finit par s'endormir.

Castiel essuya leurs ventres souillés et repoussa les draps au pied du lit, scrutant chaque parcelle de ce corps nu à sa droite puis l'embrassa sur le front et s'endormit à son tour.

Dean, pris d'un frisson durant la nuit, releva les couvertures. Accoudé, il fixa le visage apaisé de Castiel...Le visage d'un ange. Le sien.

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Ce fut le début d'une nouvelle vie avant que celle d'hier ne les rattrape.

Il posa sa main sur la vitre, la pluie n'avait toujours pas cessé.

« Cass » comme une prière. Puis un regard vers l'ombre de l'Impala, sa fuite et ce visage qu'il ne pourrait jamais oublié.

« Reviens-moi » murmura-t-il. Dans le reflet de la fenêtre, il vit Ellen quitter la cuisine et resta seul avec cette douleur sans nom. Celle de son absence.

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Il était occupé de ranger le salon quand on toqua à la porte et qu'il vit surgir Sam de sa chambre comme un diable de sa boîte.

« C'est Castiel » en se ruant vers l'entrée.

« Hello Sam » en entrant, Jean noir, chemise bleue ciel et veste de cuir.

« Dean...Tu viens ? » en attrapant son manteau et son sac à dos qui ne le quittait jamais.

« Deux minutes » en dodelinant de la tête. « Il est excité comme un dingue depuis ce matin, j'en peux plus » en s'avançant vers Castiel pour l'embrasser.

« Hello Dean » en se détachant de ses lèvres. « Je prends la relève si tu veux ? ».

« Merci » en attrapant sa veste et son portefeuille sur l'étagère de l'entrée. « En route » en refermant la porte sur son appartement.

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L'Impala connut quelques ratés au démarrage ce qui fit maugréer Dean entre ses dents. Castiel nota l'inquiétude sur le visage de son compagnon.

« Elle est occupée de me lâcher » finit-il par soupirer, dépité et triste à la fois.

« Tu ne peux pas la réparer ? ».

« Je n'en ai pas les moyens » en se tournant sur son siège pour faire une marche arrière.

« Pas les moyens ? » en tiquant.

« Les pièces de rechange coûtent une fortune mais bon, Bobby m'a promis une place au garage pour elle, le temps que je puisse me retourner ».

« Si tu veux, je peux t'aider » osa Castiel.

« Je te l'ai déjà dit, je ne veux pas de ça » en allumant le radiocassette.

« Je parlais pas d'argent » en détournant le regard. « Mon frère Balty a laissé sa voiture ici lors de sa dernière visite ».

« Ah bon ? Pourquoi ? » jetant un œil dans le rétroviseur après Sam qui regardait défiler le paysage.

« Je ne sais pas trop, sa copine de l'époque je crois mais toujours est-il qu'elle prend la poussière dans le garage de Gab ».

« Merci pour l'offre, j'y penserais mais tant que ma Baby roule » en tapotant affectueusement le tableau de bord, suspendant sa phrase.

« On y est bientôt ? » lança Sam en se penchant entre les sièges.

« Dans 5 minutes » répondit Castiel.

« Y vient quand Gab ? » en reprenant sa place.

« On le verra ce soir, au restaurant ».

« Chouette » en posant son front sur la vitre.

« Je tiendrais pas jusque ce soir, je te préviens...Je DOIS manger moi hein ? » grommela Dean en relevant son sourcil droit.

« Il y a une petite cafétéria dans le hall du Musée si tu veux ».

« Une cafétéria ? » dépité. « Mec...J'ai besoin d'autre chose qu'un muffin pour déjeuner moi HEIN » regard inquiet.

« Ils vendent des sandwichs si je me souviens bien ».

« Des sandwichs ? » en laissant tomber son front sur le volant. « Je vais crever ».

« Tu pourras toujours ronger un os, ça manque pas là-bas » glissa Castiel, impassible.

« Mais ma parole...Mais c'est que t'es hilarant toi ? » faussement sarcastique.

« Je prends des cours avec le meilleur » en se tournant vers lui, visage fermé.

« Fous-toi de ma gueule en plus » ne pouvant s'empêcher de rire.

« On y est...On y est » se mit à hurler Sam en pointant un énorme bâtiment aux allures de temple romain.

« Je te préviens...On mange d'abord » en se garant dans le parking à moitié plein.

« Mais j'ai pas faim moi ? ».

« Bah, moi si » en sortant de voiture suivi de Castiel et d'un Sam boudeur.

« Classe le mammouth » siffla Dean, en pointant la statue qui trônait devant l'entrée.

« Trop beau » s'émerveilla son frère.

« Bon...Allez en route » soupira l'aîné en regardant le ciel menaçant.

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Ils achetèrent leurs tickets, le catalogue et prirent chacun leur audioguide avant de se diriger vers la cafétéria où Dean se rua sur les pâtisseries sous l'œil amusé de son cadet qui le suivait.

« Tu prends quoi ? » interpelant Castiel.

« Juste un café... J'ai déjà mangé » en s'installant à une table libre.

« Et toi, Sammy ? » en posant deux parts de tarte aux pommes sur son plateau.

« Je peux ? » en pointant une tarte au chocolat.

« Et de 3 ».

« Et un coca » tout sourire.

« Nop...Une eau ».

« Mais ».

« Non Sammy...Gâteau ou soda, faut choisir » en faisant glisser son plateau.

« Chocolat » en geignant.

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Dean partagea ses parts de tarte avec Sam qui riait de bon cœur à chaque cuillerée échangée.

Castiel nota les regards amusés des autres clients tant vis-à-vis de Sam que vis-à-vis de Dean. Aucun jugement dans ceux-ci, juste une forme d'affection pour cet étrange duo.

« Tu veux pas goûter ? » lança Dean en lui balançant une cuillère sous le nez.

« J'ai pas faim ».

« Goûte » insistant. « Elle est trooop bonne » sourire d'enfant éclairant son visage. « Bonne idée cette cafét' tout compte fait ».

Castiel finit par ouvrir la bouche.

« Alors ? » main en suspension.

« Elle est trooop bonne » en se moquant de lui.

« Imbécile » en s'enfonçant dans sa chaise.

« Tu veux goûter la mienne ? » fit Sam, pointant une part de chocolat sous son menton.

Castiel, résigné, ouvrit une seconde fois sa bouche.

« Elle est trop bonne hein ? » imitant son aîné.

« Trooop bonne » réitérant sa réponse.

Ils se mirent tous trois à rire. C'était stupide, puéril, léger mais c'était magique, inespéré, intemporel.

Dean aurait voulu que cela dure à jamais. Son rêve, ses espoirs prenaient vie et soudain il eut peur de tout perdre.

« Dean ? » tiqua Castiel, devant son air figé. « Ca va ? ».

« Oui » en sursautant. « Y a juste que j'avais plus l'habitude ».

« L'habitude de quoi ? » en prenant sa tasse.

« D'être bêtement heureux » en prenant la sienne. « J'ai l'impression d'être enfin redevenu...moi » en buvant.

« Welcome back » fit Castiel avec tendresse.

« Merci d'avoir été et d'être toujours là » fit Dean en posant sa tasse. « Merci de m'avoir sauvé ».

« Pardon ? » en posant incrédule sa tasse à son tour.

« Tu as très bien entendu » léger sourire sur les lèvres. « Tu es arrivé dans ma vie quand tout fichait le camp...J'ai jamais cru à toutes ses conneries sur le destin, tu sais...Mais faut croire que... ».

« Que quoi Dean ? » devant son silence.

« Que je me trompais...Les anges existent » en plongeant son regard dans le sien.

« Je n'ai rien d'un ange » étouffant un rire tout en se tournant vers Sam qui terminait son gâteau.

« Oh que si ... Tu es le mien, le meilleur ».

« Il a pas fier allure ton ange » en baissant les yeux.

« M'en fous que tu aies des plumes cramées...J'en voudrais pas d'un autre » finissant sa tarte.

« Je t'aime, tu sais » osa timidement Castiel.

« Je sais » d'une voix grave.

« J'ai fini ! » hurla Sam. « On va voir les monstres ? » en observant, circonspect, son frère et Castiel.

« On va voir les monstres Sammy » répéta Dean tout en se levant.

« Tu viens Castiel » lança le cadet, en se levant bruyamment à son tour.

« En route » tout en prenant le plateau.

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Castiel finit par se demander qui de Dean ou de son frère étaient le plus emballés par la visite.

Si Sam semblait y prendre un réel plaisir, son aîné semblait lui avoir rajeuni de 20 ans.

Il s'amusa comme un enfant devant tous les jeux interactifs, finissant par batailler avec son cadet devant un ordinateur.

Dean avait le rôle du T-Rex et Sam d'un vélociraptor. Sam gagna en hurlant de joie.

« Normal que tu gagnes, tu passes ta vie devant ton ordi à jouer à tous ses trucs débiles ».

« Dean ? » le coupa, amusé, Castiel.

« Quoi ? ».

« Tu serais pas un peu mauvais perdant ?» en tiquant.

« Pfff ...N'importe quoi ! » en quittant l'ordinateur, la mine renfrognée.

« Dean, il aime pas perdre » nota Sam, le plus sérieusement du monde.

« Oui, je vois ça » se mit à rire Castiel.

L'aîné se retourna pour les vilipender mais le bonheur affiché sur leurs visages valait bien de taire tous ses sarcasmes. Pour cette fois, Dean se tut et se contenta de les regarder.

Il n'était pas prêt de l'oublier cette journée.

Toute la visite sous audioguide, Dean la fit sous les commentaires destinés aux enfants. C'était plus ludique, moins barbant et tout aussi instructif. Il pouvait de plus interagir ainsi avec Sam.

Castiel les suivait à distance, ses commentaires étant plus longs, le visage aux sourcils froncés, il semblait fasciné par ce que la voix du guide lui glissait aux oreilles.

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Dean s'enthousiasma devant le gigantesque T-Rex qui se dressait dans la salle principale. Sam était plus intéressé par les brontosaures et autres herbivores en tous genres.

Castiel observait le tout d'un œil trop expert et critique.

« Mec...Tu devrais te dérider » ronchonna Dean en lui ôtant son casque et s'emparant du boîtier. « Voilà » satisfait. « La version liliput est vachement plus sympa, tu vas voir...Tu me fiches le bourdon avec ta mine de professeur de math...MERDE » en remettant son casque.

« En avant » suivi d'un coup de coude.

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Castiel parcourut le restant de Musée sous la voix d'une jeune fille qui lui parlait comme à un gosse de 10 ans et se surprit à aimer ça.

Il rejoignit Dean et Sam dans la salle suivante où pendait un ptérodactyle.

« T'as vu l'oiseau ! » lança le cadet.

« Ce n'est pas oiseau Sam mais un reptile ».

« Quoi ? » s'étonna Dean. « Tu veux dire que c'est un serpent géant volant ce truc ? » amusé.

« Son ancêtre en tous les cas » tapotant son audioguide pour signaler à Dean que la jeune fille confirmait ses dires.

« Ah bah merde alors...Je mourrais moins con » en fixant l'énorme squelette.

« Je veux le même à la maison » lança Sam en le pointant.

« Dans tes rêves » claqua Dean en continuant la visite.

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Ils passèrent deux heures magiques, s'arrêtant toutes les cinq minutes devant une nouvelle découverte.

Ils finirent dans la boutique, plantés au-dessus des livres et jouets.

« Je peux dis Dean » le supplia Sam, en lui indiquant pendant au plafond une mini réplique de ptérodactyle.

« Dans ta chambre, pas dans le salon, je te préviens » en le menaçant de l'index.

« Promis » en se redressant.

« C'est bon » se dirigeant vers les boîtes de présentation.

« Oh et lui aussi » en pointant un brontosaure.

« Sammy...Faut... ».

« Prends-le » fit la voix douce et rauque de Castiel.

« C'est vrai ? » tout sourire. « Je peux Dean ? ».

« Après ça, c'est fini hein ? ».

« D'accord » opinant de la tête, ne pouvant cacher sa joie.

« Allons-y avant qu'il me fasse acheter tout le magasin » prenant une boîte de chaque.

« Tu m'aideras ? » en se tournant vers son aîné.

« T'aider à quoi ? » dubitatif.

« Je pense qu'il faut les monter » lui signifia Castiel.

« Hein ? » stoppant net, visage défait.

« Si tu veux, je le ferais avec lui » en l'embrassant spontanément.

« Euh...Oui...Je » en les suivant à la caisse, un peu abasourdi.

Castiel paya la moitié, ce qui lui valut une accolade plutôt rude de Sam qui fit de même avec son frère.

« Un jour, il va me casser en deux » marmonna ce dernier.

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Ils avaient encore quelques heures devant eux avant de rejoindre Gab.

Dean leur proposa une pause près de la plaine de jeux. Sam ne cacha pas son bonheur, les yeux se perdant entre les balançoires en forme de crocodiles et le toboggan en forme de T-Rex.

Il n'y avait guère de monde, le temps couvert annonciateur de pluie et le vent qui se levait avaient fait fuir parents et marmailles.

Sam se retrouva seulement entouré de deux jeunes garçons et d'une petite fille.

Moins de dix minutes après, il s'était lié avec eux et partageait leurs jeux.

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Castiel l'observait, bouteille de bière à la main, réserve personnelle de Dean à l'abri du coffre de l'Impala.

C'était étrange et touchant à la fois de voir ce grand gamin de près de deux mètres se comporter comme un enfant, tout à son innocence. Il était tout son contraire et sa moitié à la fois.

« A quoi tu penses ? » l'interrompit Dean.

« A toi... je suis admiratif de ce que tu réussis à faire de vos vies...J'admire ta dévotion, ta patience, ton courage, ton amour inconditionnel pour ce frère si différent...Tu es quelqu'un d'extraordinaire et de bon, Dean...Et je sais de quoi je parle, j'en ai vu défilé des hommes et des femmes dans ma vie » d'une voix lointaine, semblant se parler à lui-même. « De tous, tu es celui qui m'aura le plus marqué par sa force de caractère, celui qui m'a le plus touché aussi...Je... » en soupirant dans un sourire. « Je t'aime pour tout ce que tu es, tout ce que tu m'as apporté, offert...Je t'aime parce que tu es toi et que tu n'as jamais joué à être quelqu'un d'autre...Je t'aime parce que tu es entier malgré tes blessures...Tu es devenu mon souffle, Dean » se renfermant aussitôt dans le silence.

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Il n'attendit aucune réaction de sa part et il n'y en eut aucune parce que Dean ne savait juste pas quoi lui répondre. Il l'avait écouté le cœur en vrille, c'était là, la plus belle déclaration d'amour qu'on ne lui eut jamais faite.

Il continua à boire sa bière, regard perdu sur son frère qui riait avec un des garçons qui lui arrivait à peine à la taille.

Castiel faisait de même mais ses yeux brillaient, son visage paraissait plus détendu comme libéré d'un poids.

Une évidence qui vous frappe en plein cœur...Quand l'homme de votre vie devient la vie de l'autre homme. Une âme pour deux.

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Dean posa sa bière, se leva et fit le tour de la table.

Castiel fut sorti de sa torpeur par deux mains qui lui enserrèrent le visage.

« Dean ? » plongeant dans le vert de ses yeux, ses mains glissèrent sur ses joues.

Une douce caresse sur ses lèvres, une langue qui joue avec les commissures et qui quémande l'entrée sans la forcer. Un baiser en forme de valse lente.

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Dean eut, à nouveau, du mal à faire démarrer la voiture, la batterie semblait à bout de force comme tout le reste d'ailleurs, elle toussait à tout bout de champ.

Quand il la gara devant le « Louisiane », il ne fut pas sûr qu'il puisse la faire démarrer à nouveau.

« Gab est déjà là » lui fit remarquer Castiel en pointant son Van.

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Dean lui sourit en remontant le col de sa veste, le vent se faisait plus violent, plus froid aussi.

Ils entrèrent presqu'en courant dans le restaurant au trois quart rempli. Garth passait devant eux en les saluant, pointant du menton la table du fond que Castiel leur avait réservé. Gab les y attendait, verre de vin à la main.

« Gab » hurla Sam en balançant la main dans les airs.

« Sammy...On est dans un restaurant ici...Faut pas crier » le sermonna gentiment Dean.

« Pardon » les yeux désolés brisant les dernières résistances de son aîné.

« File » ce qu'il ne se fit pas prier de faire. Il le regarda rejoindre Gab tout en baillant et se frottant le visage des deux mains. « Putain, je suis crevé ».

« On aurait peut-être dû annuler le restaurant ? » fit Castiel hésitant à ôter sa veste.

« Pas question » en le tirant vers lui par la ceinture de son pantalon.

« Dean » en indiquant d'un mouvement de tête la salle.

« Et alors ! J'ai pas le droit de remercier tes sexy petites fesses pour m'avoir fait passer une des meilleures journées de ma putain de vie hum ? » yeux taquins.

« Tu crois pas que tu exagères un peu » marmonna Castiel en tentant de se défaire de sa prise.

« Je suis sérieux Cass » le visage soudain fermé.

« Dites les amoureux, c'est pas que je vous trouve pas mignons tous les deux mais vous êtes devant la porte et j'ai deux clients qui attendent sous l'averse en n'osant vous déranger pour entrer » pesta Missouri, mains sur les hanches.

Dean se tourna vers la porte vitrée et l'ouvrit, un peu mal à l'aise. Un jeune couple entra.

« Désolé » leur marmonna-t-il.

« Ne le soyez pas » fit la jeune femme avec un sourire entendu qui fit rougir Dean.

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Quand il se tourna, Castiel n'était plus là.

« Vous faisiez quoi là hein » retentit la voix tonitruante de Gab qui s'adressait à son cadet.

« Rien » répondit celui-ci en s'asseyant.

« Je lui disais juste l'importance qu'il avait dans nos vies à Sam et moi ». Gab leva le menton vers Dean qui tira une chaise à la gauche de Castiel.

« C'est un mot qui a du mal à faire son chemin chez lui ».

« Gaby » soupira son cadet.

« Ose dire que j'ai tort » en sirotant son vin.

« Bonsoir » fit une voix masculine enjouée. « Qu'est-ce que je vous sers ? ».

Dean leva le regard sur Garth, tout sourire, bloc-notes dans les mains.

« Une eau pour Sam et un bourbon pour moi...Cass ? » en se tournant vers lui.

« Un verre de vin blanc merci ».

« Je vous laisse choisir vos plats à votre aise, je reviens » en s'éloignant appelé par les clients d'une autre table.

« Alors cette journée ? » lança Gab en prenant un des menus. Il vit Sam se dandiner sur sa chaise pour tenter de le lire. « Okay » amusé. « Tu veux quoi Sammy ? ».

«Jambalaya » en se redressant sur sa chaise.

« Et bien ça en fera deux » en lui faisant un clin d'œil.

« Comme moi » lui fit remarquer Sam, clignant à son tour.

« Les grands esprits se rencontrent » figeant son sourire quand il nota que Sam ne comprit pas sa référence. « On se le prend poulet ? ».

« Oh oui ».

« Et vous les amoureux ? ».

« Gaby » s'exaspéra Castiel.

« Quoi Gaby ? C'est bien ce que vous êtes non ? » en reposant son menu.

« Oui » en reprenant la lecture des plats sans voir le petit pli de contentement s'afficher sur les lèvres de Dean.

« Je vais prendre un poulet Louisiane » lança ce dernier.

« Et moi une Tilapia sauce cajun » continua Castiel en reposant la carte.

« Vous m'avez toujours pas répondu...Et cette journée ? » relança Gab en vidant son verre.

« Sammy » fit Dean en passant sa main flottante de son cadet à son vis-à-vis. « Raconte-lui ta journée ».

« Je peux ? » en repoussant une mèche qui le gênait sur son front.

« Je t'écoute mon grand » en croisant les bras tout en le regardant.

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Et Sam raconta tout à force de détails, de mimes et de sourire. Son enthousiasme était communicatif.

Il fit rire Gab aux dépens de son frère et de sa défaite cuisante.

« Comment ça se fait que je ne sois pas étonné que tu sois un mauvais perdant toi ? » se moqua ouvertement Gab.

« La ferme » en sirotant son bourbon.

« J'ai reçu deux monstres » fit Sam en affichant son index et son pouce.

« Wouah » fit, épaté, Gab.

« Ils sont dans la voiture » avec des yeux suppliants.

« Nop...N'y pense même pas » répliqua Dean en levant un sourcil.

« Mais... ».

« Non Sammy...On est dans un restaurant ici » l'index levé sur son verre pour lui faire comprendre que là s'arrêtait la discussion.

« Je te les montrerais quand tu viendras ».

« Oh je vais donc avoir l'honneur d'être invité chez vous, c'est vrai ? » avec emphase.

« Dean » en mettant la main sur son cœur de façon théâtrale.

« T'es vraiment trop con, mec » se mit à rire celui-ci.

« Je t'aime aussi Deano » dans un échange complice en reprenant son sérieux.

« Alors le Jambalaya poulet, c'est pour qui ?» les interrompit Garth énorme plateau dans les mains.

« Moi » fit Sam en levant la main.

« Monsieur est servi » en lui posant l'assiette profonde devant lui.

« Ca sent trop bon » en se tournant vers Gab qui louchait sur la sienne.

« A l'attaque » lança celui-ci en attachant sa serviette à son col.

« A l'attaque » répéta Sam en réitérant les mêmes gestes.

« Ils font la paire j'te jure » sourit Dean en se redressant sur sa chaise.

« Mon frère a toujours eu le goût du spectacle » nota Castiel en aidant Garth.

« Bon appétit » en balançant son plateau sous son bras.

« Bon appétit » couverts dressés au-dessus de son assiette. « Prêt Sammy ? ».

« Prêt » même position.

« Non mais vous me faites honte là hein ? » marmonna Dean en se penchant sur la table.

« Rabat-joie » le snoba Gab.

« A l'attaque » lança joyeux Sam.

« Tu triches » pesta l'aîné des Novak.

« Non » se mit à rire Sam en se ruant sur son assiette.

« Mon Dieu » se désola Dean en se frappant le front.

Le rire léger de Castiel le fit se tourner vers lui.

Il observait son frère et Sam avec un visage illuminé. Un visage comme seul Dean avait su l'entrapercevoir dans leurs ébats.

Fourchette suspendue, un nouvel éclat de rire, Gab rageant d'avoir tâché son pantalon.

« Je vais gagner » s'étrangla Sam.

« Doucement Sammy » le calma Dean, d'une voix tranchée.

« Merde ! De la sauce tomate » Gab leva les yeux au plafond. « Sur un froc à 110 dollars...Kelly va me tuer ».

« Non mais franchement on se demande lequel des deux est le pire » dodelina Dean.

« Toi le mauvais perdant hein !» le fustigea Gab.

« Tu me mets au défi là ? » en relevant un sourcil.

« Je n'oserais pas...Trop peur » en imitant des tremblements ce qui amusa Sam à sa droite.

« Non mais vous avez quel âge ? » se désespéra Castiel.

« Toi ...Je te signale que tu perdais toujours nos concours de boustifaille ».

« Battu par Balty...Pas par toi ».

« Tu paries » le défiant du regard.

« C'est ce qu'on va voir » en relevant ses manches.

« Sam et moi contre toi et Dean ...Vous avez l'avantage en plus » nota Gab.

« Pardon ? » se vexa Dean.

« Tu ronges un morceau de poulet et lui a seulement un bout de poisson...Sam et moi, on doit se farcir une assiette de Jambalaya ».

« Déjà à moitié vide, je te signale » répliqua aussitôt Dean.

« Okayyyy » en faisant la moue. « T'es prêt Sam ? ».

« Oui » tout fier.

« On va leur montrer de quel bois on se chauffe aux deux amoureux transis ».

« Les amoureux transis t'emmerdent » répondit Dean, rictus au coin des lèvres.

« A L'ATTAQUE » hurla Gab couteau dans les airs.

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« Non mais dites-moi que je rêve » se désola Missouri entre dépit et tendresse.

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Il y eut du riz partout, des morceaux de poulets postillonnés dans des éclats de rire. Du poisson sur la chaise et des crevettes dans les verres. Les clients partageaient des mines entre effroi et fou rire échangés.

« GAGNEEEEEEE » hurla Sam quand Gab avala péniblement sa dernière bouchée.

« Je crois que je vais vomir » conclut-il dans un hoquet, en reposant ses couverts.

C'était officiellement la plus belle journée de sa vie. Dean se tourna vers Castiel qui le fixait.

« Merci » muet sur les lèvres auquel il lui répondit d'un franc sourire.

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Missouri les regardait appuyée sur son comptoir...Il y a quelques mois, ce couple improbable avait entamé un chassé-croisé qui ne semblait jamais devoir les réunir et aujourd'hui, elle les avait là devant elle, riant aux larmes sans que rien ne semble jamais devoir les ébranler.

« Incroyable » marmonna-t-elle.

« Pardon ? » fit Garth en passant.

« Rien...Tu peux me aller me nettoyer ce tsunami s'il te plaît» en croisant les bras. « Et vite...Je sens la glissade sur gambas garantie dans les minutes à venir » en soupirant.

« Tout de suite patron ».

Elle marmonna en retournant vers ses cuisines.

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Ils ne prirent pas de dessert, repus mais ils profitèrent encore de la soirée devant une tasse de café. Sam eut droit à un soda, honneur aux gagnants.

Dean se leva pour se rendre aux toilettes suivi de son frère qui ne le lâchait pas.

« J'ai adoré cette soirée » soupira d'aise Gab, en sortant un cigare de sa poche.

« Moi aussi ».

« Y a longtemps que je ne t'avais plus vu si heureux, Cassie...En fait, je pense que je ne t'ai jamais vu aussi heureux ».

« Je l'ai été avec toi et Balty ».

« C'était différent...Je ne te parle pas de ça et tu le sais très bien » roulant son cigare entre ses doigts.

« Tu n'as jamais aimé Mitch, c'est pour ça ».

« C'est vrai...Je l'ai toujours vu comme le gros connard qu'il était et je te l'ai jamais caché ».

« Tu... » en tordant ses doigts.

« Je le trouve génial et j'adore son géant de frangin » le rassura Gab.

Il vit son cadet sourire doucement.

« J'ai attendu si longtemps ce moment, je me suis heurté à tes murs si souvent mais au final, ça valait la peine » murmura l'aîné.

« Je suis désolé ».

« Tu es mon petit frère, tu n'as pas à être désolé...Jamais...Je veux juste que tu sois heureux Cassie ».

« Je...Je le suis Gaby et c'est... » baissant le regard.

« Douloureux, flippant » en coinçant son cigare entre ses lèvres.

« Oui » en riant dépité.

« Quand le bonheur fait mal, on appelle cela l'amour ».

« On parle d'amour ici ? » répéta Dean en s'affalant sur sa chaise. « Je ne sais pas pour vous mais moi demain je boulotte et Sammy a école...Il va être 22h...Il est plus que temps qu'il file au lit ».

« Mais je suis pas fatigué ! ».

« Je vais payer » fit Castiel en repoussant sa chaise.

« C'est déjà fait ».

« Quoi ? » en fixant, incrédule, Dean.

« Missouri refuse qu'on paie...Arrange-toi avec elle » en s'écartant pour le laisser passer.

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« C'est la maison qui offre...Y a pas de mais qui compte » lui refermant la porte de sa cuisine au nez.

« Mais enfin pourquoi ? ».

« Elle adore Dean et puis c'est une grande romantique derrière ses airs de diva d'opéra ».

« GARTH » hurla-t-elle depuis les cuisines « La diva n'est pas sourde, retourne en salle ».

« Oui M'dame » en souriant à Castiel.

Il leur laissa un pourboire conséquent sous sa tasse de café.

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« Oh Putain ».

Tous les quatre pétrifiés devant les trombes d'eau qui se déversaient comme un mur devant eux.

« On va se noyer avant d'atteindre nos voitures » marmonna Gab en rangeant son cigare.

« Va falloir courir vite » pesta Dean.

« Plutôt oui ».

« Prêt Sammy ? » défiant son cadet.

« Oui » semblant être le seul content de se retrouver dans de cette situation.

« Cass ? ».

« On n'a pas trop le choix ».

« Trêve de bavardage » lança Gab en ouvrant la porte aussitôt arrosé de la tête aux pieds.

« La vache mec » fit Dean sidéré avant d'exploser de rire devant la mine déconfite de Gab.

« Marre-toi » en le poussant vers l'extérieur.

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Ce fut une course contre la montre et si Gab d'une pression sur sa clef ouvrit sa portière en une seconde, Dean empêtré dans le jeu des siennes mit, lui, bien plus de temps.

« Dean » hurla son cadet en riant.

« Oh ça va...Deux secondes...Merde » quand enfin il réussit à ouvrir sa voiture.

« En route tout le monde ». Elle refusa de démarrer. « Non pas ça Baby, pas maintenant ».

Après plusieurs essais, il dut se rendre à l'évidence.

« La batterie est morte » en essuyant l'eau qui ruisselait sur son visage.

Gab qui avait attendu avant de partir qu'il démarre à son tour, s'aperçut que quelque chose clochait. Il roula jusqu'à leur hauteur.

« Des soucis ? ».

« La batterie ».

« Tu veux un coup de main Deano ? ».

« Merci...Ca serait pas de refus » en faisant la moue.

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Après quelques manœuvres risquées sous la pluie, il gara son Van face au capot à présent ouvert de l'Impala.

« Cass » en tapant sur la tôle.

« Oui ? » entrouvrant la portière.

« Tu peux m'aider...J'ai des câbles dans le coffre ».

« Des câbles ? » le visage soudain plus pâle.

« Tu peux pas les louper...Magne-toi, je suis occupé de prendre l'eau là ».

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Castiel n'eut aucun mal à les trouver, il en mit bien plus à s'en saisir. Gab les lui prit des mains pour les raccorder à sa batterie. Personne ne nota le trouble qui le rongeait depuis.

« C'est que ça mouille » pesta Gab, manquant glisser en retournant vers son véhicule.

« Okay » branchant les câbles de son côté. « Tu peux y aller » hurlant sous l'averse.

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Le moteur du Van vrombit. Castiel se tenait à la droite de Dean fixant la batterie quand l'une des fiches lâcha.

Un bruit électrique, une étincelle, le contact avec le capot...

« Merde » hurla Dean en bondissant vers l'arrière. « Gab » lui faisant signe de couper le moteur, en se tranchant faussement la gorge.

Il vit alors Castiel reculer dangereusement au milieu de la route.

« Cass ? » en lâchant ses câbles et s'approchant.

Il respirait trop vite, il reculait trop lentement. Terrorisé. Jamais Dean n'avait vu une telle peur s'inscrire sur les traits de quelqu'un.

« Cass » en tentant de le calmer, de le rassurer.

Il leva ses yeux effrayés sur lui, ne semblant pas le reconnaître.

«Cass...Qu'est-ce que tu as ? T'es blessé ? ».

Il se contentait de le regarder et soudain le cœur de Dean se brisa. Castiel baissa la tête, son pantalon déjà humide se marqua un peu plus.

« Oh merde, Cass...Mais... ».

« T'approche pas de moi » la voix tremblante, défiguré par une douleur qui semblait ressurgir d'outre-tombe.

« Cass...C'est moi, Dean ».

Il entendit la portière du Van claquer.

« Deano ? ».

« Cass...Calme-toi...Dis-moi ce qui ne va pas ? ».

« Cassie ? » la voix de Gab se perdit à la vision du visage pétrifié de son cadet.

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Une voiture déboula du coin de la rue.

« CASS ». Dean dérapa en tachant de courir vers lui. Un coup de frein, un coup de volant.

Des bruits de course sur l'eau.

« CASS » en contournant la voiture qui avait braqué en travers. Il tenta de le rattraper, en vain.

« Deano ? » le rejoignit Gab, trempé et tremblant.

« Je l'ai perdu » en passant ses mains dans ses cheveux.

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« On part pas ? » lança depuis l'Impala immobilisée, Sam quand ils revinrent vers la voiture

« Il est où Castiel ? ».

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C'était la plus belle journée de sa vie...Il avait juste suffi d'une étincelle...

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Fin chapitre XXV

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En espérant que ce chapitre en forme de montagne russe vous aura plu, je vous dis à dimanche prochain...

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Love you