Je tiens à m'excuser pour la semaine passée, je n'ai posté aucuns remerciements en début de chapitre.

Je devais être à Paris pour voir Misha (convention annulée) et ça m'avait fichu le moral un peu (beaucoup) dans les chaussettes, je me suis rendue du compte, du coup, de l'absence de remerciements trop tard.

Donc je le fais doublement cette fois-ci.

Je suis toujours autant touché par vos review, mise en favori et l'arrivée de nouveaux lecteurs si loin dans l'histoire.

Merci du fond du cœur.

Chapitre XXV : « Rendez-vous avec le diable »

Il gara l'Impala devant les hautes grilles forgées entre ouvertes…La neige avait laissé place à un vent glacial.

Quand Dean raccrocha sans même remercier l'employée de la municipalité, il soupira en appuyant son téléphone sur son front, angoissé, tiraillé…Mais il devait faire ce geste…Il en avait besoin…

La portière grinça, il resta debout avant- bras appuyés sur le toit de sa voiture à fixer les grilles.

Un monstre enterré avec des innocents…

Combien de victimes se trouvaient là étendues sous terre dans le même silence que ceux qui avaient bercé leurs souffrances ?

Combien de bourreaux reposaient à leurs côtés ?

Dean leva les yeux au ciel…Il n'avait jamais cru en Dieu…Il ne croyait pas plus au diable…Le diable, c'était juste le surnom à donner à l'Homme quand celui-ci ne marchait plus que dans l'obscur de son âme. Quand la perversion d'un être avait effacé en lui toute trace d'humanité.

Il se redressa en fermant un instant les yeux. Il commençait à se faire tard, il avait mis des heures à vouloir trouver ce cimetière abandonné…

Le diable reposait dans l'antre d'hier…Le nouveau cimetière se dressait fièrement à la sortie de la ville et refusait les indigents maudits…

Les bons citoyens ne voulaient pas qu'il repose parmi les nouveaux élus…

Il fit une moue dégoutée, ils préféraient qu'il empoissonne le sol de ses morts oubliés.

Il poussa la grille qui s'ouvrit étonnamment sans grincer sur ses gonds.

Il s'aperçut en entrant dans le cimetière que ce dernier n'était pas tombé dans l'oubli comme il l'aurait pu le penser…Des familles continuaient à rendre visite à leurs proches…Fleurissant et entretenant leurs dernières demeures.

Seules quelques tombes semblaient oubliées…Il se demanda combien d'entre elles méritaient cet abandon…

L'employée lui avait donné le numéro de l'allée…Il se rendit vite compte que celle-ci se situait au fond du cimetière, loin du regard et de la tentation...Loin de la curiosité malsaine ou pas.

Le mal attirait autant qu'il répugnait.

Il eut une grimace de dégoût en pensant que certains, peut-être, lui vouaient une admiration secrète. Il en eut des frissons…

Dans la maison en délabrement sur laquelle les pelleteuses s'étaient acharnées la veille, nombres d'objet avaient disparus…
Simples vols ou fascinations perverses ? Quelques heures après l'officialisation de sa mort, la maison fut victime de ses premiers pillages…

Ordinateur, télévision, bijoux, statuettes en porcelaine…Tout avait été dérobés exceptés les Croix qui pendaient aux murs…Après la découverte de l'enfant du grenier, les vols continuèrent….Auxquels s'ajoutèrent bientôt les saccages et le vandalisme.

La police ne fit rien pour les empêcher…Cette maison était destinée à mourir tout comme son ancienne propriétaire…Ses murs suintaient l'enfer…

La ville refusa de céder la maison aux spéculateurs.

Dean regarda la façade s'écrouler…Il eut un pincement au cœur…C'était comme effacer la preuve de son enfer…Comme d'un revers de main, dire que tout cela n'avait jamais existé…

Il aurait préféré qu'elle reste un témoignage de la souffrance d'un être à l'image de milliers d'autres mais l'homme n'aime pas voir le reflet de son aveuglement et de sa lâcheté.

Il est plus facile de nier l'évidence que de faire face à une réalité qu'on s'était refusé de voir.

En rasant la maison de l'enfant du grenier, ils effaçaient le témoignage de leur propre monstruosité…

Dean en aurait bien pleuré de dépit…Mains dans les poches de sa veste pour échapper au froid, appuyé contre la portière de sa voiture, il avait regardé peu à peu le passé de Castiel s'effondrer comme un château de carte...Même cela, ils auraient réussi à lui voler…

Il sortit de sa poche une photo…Celle de la maison…Une preuve qu'il avait mise sur papier…Il voulait pouvoir répondre à ses questions si un jour, il doutait de son enfer…

Si un jour, on lui retirait le droit aux souvenirs de ses douleurs…

Il en avait, tout comme Dean, les marques dans sa chair mais cela ne suffisait pas à faire de cette même douleur, une vérité…

Parfois Dean se disait que leur enfer ne fut peut-être que le produit de leur imaginaire, une flagellation de leurs âmes torturées…Qu'ils se réveilleraient et que tout cela n'aurait été que le fruit perverti de leur cerveau usé…

Mais les cauchemars, bien que moins fréquents et moins violents, étaient la preuve que tout cela était vérité car même perverti un esprit ne peut créer de telles horreurs sans les avoir vécues.

Il laissa le royaume maudit en ruine…Il ne reviendrait jamais dans cette rue, tout comme il ne retournerait jamais dans celle qui fut le berceau de son enfer à lui…

Il avança à pas feutré, écoutant le bruit de ses pas sur les graviers, suivant du regard les vapeurs de sa respiration…Quelques chants d'oiseaux, un ciel légèrement voilé…Il y arriva soudain sans même s'en rendre compte…Porté par ses introspections…

Il se mit à lire chaque nom sur les tombes et puis son regard se posa sur celle d'un homme et d'un enfant, enterrés côte à côte…A la droite de ceux-ci, une tombe à l'abandon, sans stèle…Juste une croix en bois penchée, rongée par la mousse…

Elisabeth Mc Lean…

Il ne regarda ni sa date de naissance ni celle de sa mort…Il avait juste les yeux baissés sur des fleurs en plastique posées à la base de la croix, prisonnières du gel ainsi qu'un rosier planté juste derrière celle-ci…Quelques lettres fanées, illisibles que l'hiver avait délavées, posées à même le sol.

Ainsi des gens s'étaient penchés sur sa tombe pour la fleurir !

Pourquoi était-il là ? Pourquoi se tenir devant le diable ?

Il ferma les yeux…Il n'avait plus trace de ses parents, incinérés, leurs cendres avaient été jetées au vent…Il n'y avait plus que son frère et Dean n'avait jamais eu l'envie de retourner au columbarium où il reposait...A quoi bon, Sam était avec lui, pour toujours et à jamais...

Castiel et lui étaient les seules preuves vivantes de leur propres souffrances…Personne ne témoignerait jamais pour eux…Les témoins et les acteurs étaient tous morts…Le commun des mortels croiraient-ils que l'homme puisse être l'incarnation du mal au point d'en être le diable lui-même?

Combien de fois, quand il avait osé ouvertement parler de son passé et qu'il évoquait parfois celui de Castiel, les gens le regardaient sans le croire…

Il savait lire en leur regard…Ils pensaient tous qu'il exagérait, qu'il extrapolait sa souffrance…L'homme ne pouvait pas être aussi mauvais.

Et pourtant, il suffisait d'ouvrir le journal, d'écouter la radio, de regarder les images…Elles étaient là les preuves, ils étaient là les témoignages….

Pourquoi personne ne voulait rien entendre ?

Aujourd'hui un enfant meurt victime des suites de sévices et demain qui s'en souviendra ?

Qui écoutera les larmes d'un autre être avec plus d'attention ? Personne

Parce que l'homme, volontairement ou pas, refuse de voir, refuse d'admettre que cela puisse se passer à côté de chez lui…

Parce que le diable n'existe pas sinon cela voudrait dire que Dieu n'existe pas…Qu'il a perdu ou qu'il est aussi lâche qu'eux.

Dieu a fait les humains à son image…
Dean sourit, amer…Il ne devait pas être bien beau à voir…

Il s'agenouilla et posa un sac en plastique devant lui…Il hésita à l'ouvrir...D'une main hésitante, il finit par le faire.

Il en sortit un pyjama blanc qu'il déposa sur les cartes et les fleurs…

« Vous avez perdu » la main sur le souvenir de 30 ans de martyr.

« Vous avez tous perdu »

Il pensa à son père, sa mère…Tous ses parents, tous ses tortionnaires, tous ses monstres en sommeil…Tous ceux qui avaient brisé des vies pour donner un sens à la leur qui n'en eut jamais…

Il se releva et fixa le sac en plastique vide entre ses mains.

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Il rangea sa besace et jeta un œil sur sa chambre…Cette chambre qui l'avait abrité pendant tous ses mois…Ses murs qui l'avaient protégé de ses fantômes d'hier...

Demain il sera chez lui…Dans son appartement…

Dans quelques jours, il pousserait les portes d'un nouveau départ…Mac Arthur…

Son regard se tourna vers la table et se posa sur le livre blanc…Celui que Leyla lui avait offert pour mettre sur papier les méandres de ses pensées…

Des mots…Des citations…Des gribouillis que seul lui pouvait comprendre…Des annotations…Des traits et des soupirs…Des jours mais jamais de date…

Dean ne souvenait jamais de celles-ci…Il aimait les dimanches, les lundis…Les jours et les mois…Pas les dates…

Il les détestait parce qu'elles le marquaient plus que les cicatrices. Dater sa souffrance, à quoi bon !

On lui demanderait celle de son arrivée, il serait incapable de la donner…

Il pouvait par contre se remémorer chaque évènement qui avait bouleversé sa vie entre ses murs…La couleur du ciel…La saison…L'odeur a y associé…Ses yeux...

Il n'y avait jamais eu de calendrier dans sa vie, il n'y en aurait probablement jamais eu…

Mais cela ne pouvait être ainsi demain…Les dates feraient partie de son nouveau départ.

Il prit le livre, glissé en son milieu, une copie de la une d'un journal à scandale dépassait légèrement…La photo d'un regard perdu volé par une infirmière sans scrupule…

Le début d'une étrange et bouleversante aventure humaine….

Il avait rendez-vous avec Garth, Kevin et Missouri au réfectoire pour midi…Ce n'était pas un diner d'adieu, juste un diner entre amis….Dean ne partait pas…Il reviendrait chaque dimanche et plus si ses horaires le lui permettaient…

Il avait sa famille entre ses murs…Il avait Castiel…

Castiel qui avançait pas à pas, lentement, hésitant mais ne reculant plus…

Il sourit en refermant la porte derrière lui…Castiel qui restait obstinément emmuré dans son silence…Il n'avait plus usé du langage des signes depuis son cri silencieux le jour du choix.

Dean en avait parlé avec Roché qui avait finalement accepté d'échanger quelques mots avec lui entre 2 pauses…

Castiel connaissait les signes, Roché en était persuadé…Il était vif et intelligent mais il fallait se rendre à cette évidence, Castiel refusait tout simplement de communiquer par ce biais là….Roché ne semblait pas déçu, ses cours avaient pris une toute autre tournure et ce à l'initiative même de son patient…Il en avait ri et Dean en avait souri…

Un nouveau papillon attiré par sa lumière…

Castiel détestait son silence…

Chaque nuit, il s'asseyait sur le sol, dos à son lit, fixant le vide. Il ouvrait la bouche pour tenter alors d'hurler les mots qui se refusaient à lui…

Castiel ne voulait pas...Ne voulait plus être différent…Il voulait retrouver la voix de son âme…Il se remémorait chaque nuit, les cours du lundi et du jeudi.

Roché articulant chaque lettre et chaque mot qu'il tentait d'apprendre du bout des doigts à Castiel…

Ce dernier ne fit plus que se focaliser sur les sons…

Roché finit par s'en rendre compte et sauta sur l'opportunité qui s'offrait à lui…Il y avait enfin une faille dans ce mur d'obstination…Une faille que Castiel lui avait délibérément montrée.

Il lui apprit alors à respirer…A reprendre possession de son souffle pour un jour peut-être reprendre possession des mots.

Il s'approcha et tendit la main vers sa poitrine…Castiel se rétracta…Il changea de méthode.

« Pose ta main ici » Il plaça sa propre main juste sous son diaphragme en se redressant sur sa chaise…

Il lui sourit pour l'encourager…

Castiel le regardait sans comprendre.

« Regardes moi et écoutes moi » en indiquant sa propre oreille pour focaliser son attention.

Il respira profondément

« Sens les vibrations » Il ouvrit la bouche et fit un « A »…Long et monocorde.

Il stoppa et fit signe à Castiel de faire de même….Ce dernier fixa sa main…Roché s'approcha doucement et lui prit l'avant-bras.

Il sentit ses muscles de son patient se raidir mais il continua son geste.

« Voilà…Maintenant respires »

Castiel tiqua

« Allez… » en lui montrant comment faire.

« Ouvre la bouche et inspire »

Castiel laissa retomber sa main, ne cessant de scruter le visage de Roché qui s'enfonça dans sa chaise.

« Une vraie tête de mule, je mettrais ma main à couper que tu t'exerces derrière mon dos… »

Il se pencha et plongea ses yeux dans les siens

« Ils brillent d'intelligence et de foutage de gueule ses 2 là…C'est que je vais finir par t'aimer moi… » en riant.

Il reprit ses exercices et porta toute son attention à suivre son regard…Ses yeux qui parlaient…Ses yeux qui disaient tout…

Peu importe le temps que cela lui prendrait, peu importe le temps que les muscles de son silence se réveillent…Il ne lâcherait pas ce patient…Ce patient qui devint presqu'une obsession.

Son assistant Julian, quand à lui, continuait à donner ses cours deux fois par semaine…

Marie avait consulté Roché…Elle voulait enseigner le langage des signes à tout son personnel…Missouri et Leyla acceptèrent d'assister Julian. Elles lui serviraient d'intermédiaire…

Nombres de malades à St Gerry Hall étaient privé du poids des mots pour exprimer leur souffrance…Marie voyait là peut être une solution pour certains d'entre eux…Elle ne se faisait pas d'illusion mais si elle pouvait en sauver ne fusse qu'un seul avec cette méthode, ce serait déjà une réussite.

Roché sourit et opina…Il ne voyait pas de raison d'empêcher Marie d'user de ses méthodes pour tenter de soulager ses malades, après tout, elles étaient du domaine public….Il était médecin d'abord…Et puis souligna-t-il…Ce serait là, une bonne publicité pour lui en cas de succès…Ce fut-là, sa seule exigence…La gloire qui en découlerait si gloire, il y avait.

Marie accepta de bonne grâce…Elle n'en avait rien à faire des feux de la rampe…Elle s'était toujours profondément sentie mal à l'aise en public…Elle fuyait les invitations aux débats et conférences comme la peste et ne s'y résolvait que dans l'intérêt de St Gerry hall…Ce qui incluait les soirées mondaines de récoltes de fond…Elle ne pouvait refuser les invitations de ses mécènes….A son grand désarroi…

Elle vit dans l'offre de Roché un double avantage, celui de pouvoir exercer ses méthodes entre ses murs et celui d'envoyer l'égo de Roché s'entendre parler durant les soirées privées.

Chacun y trouvait son compte…

St Gerry s'ouvrait à une nouvelle thérapie...Un nouvel espoir…Marie s'en voulut de ne pas y avoir pensé plus tôt mais comme toute chose, tout évolue et de toutes manières, elle n'avait alors pas les moyens et ne les avait toujours pas d'ailleurs, d'engager un spécialiste…Si Leyla et Missouri n'avaient pas accepté de donner des cours bénévolement et Julian de les y aider…Tout en serait resté là…

Son hôpital était une grande famille…Elle manquait de moyen mais pas de volonté ni volontaires….Elle préférait en cela St Gerry aux hôpitaux modernes et riches dans lesquels elle avait exercé plus jeune. Hôpitaux où chaque patient n'était, au final, plus qu'un numéro.

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Dean entra dans le réfectoire et fut surpris d'y retrouver Marie et Phil qui avaient libéré leur emploi du temps pour les rejoindre…Il leur sourit…

Mark avait fait un petit extra…Dean l'obligea à venir manger avec eux, ce qu'il accepta quand Marie le lui intima…
« Tu es prêt ? » lança Garth en servant un verre de vin à chacun

« Oui presque…Mon appartement est un peu vide mais en attendant, c'est mon chez moi…Dès que j'aurais des chaises, je vous y inviterais » Il sourit.

« Tu vas nous manquer » laissa tomber Phil

« Vous aussi »

Un court silence

« En même temps, il sera déjà là dimanche pour nous rappeler à son bon souvenir » ironisa Garth en servant Marie

« Vous alliez pas vous débarrasser de moi aussi vite »

« Je l'espère bien » murmura Leyla assise à sa droite.

« Vous êtes ma famille, mes amis…Ses murs…Je vous dois tout »

Garth prit son verre et le leva

« A Dean Winchester...A son nouveau départ….»

« A son nouveau départ » relança Mark

Tous levèrent leur verre

« A Dean »

Il était ému mais ne voulait rien en montrer…Il se rua sur le poulet pané

« C'est pas tout ça mais je crève la dalle et comme je prévois de manger que des hamburgers et des œufs dans les 6 mois à venir…Je vais profiter un peu du menu » la voix tremblante.

Le repas se passa dans la bonne humeur…Avec quelques moments de silence entrecoupés de bruit de couverts…Des silences qui en disaient longs….Il manquait une personne autour de cette table…L'absente…Mais personne ne dit rien à ce sujet...

« Comment Castiel l'a-t-il pris ? » finit par laisser tomber Phil.

« Plutôt bien je pense…Je lui ai dit que je partais mais que ça ne m'empêcherais pas de venir le voir toutes les semaines…Il a eu l'air de comprendre….Je….Marie…J'aimerais vous demander une faveur »

« Oui, Dean…Laquelle, dis- moi ? »

Il fouilla sa poche et sortit un téléphone portable…

« Dean ? » intriguée

« Je tâcherais de téléphoner tous les jours à l'heure du souper…Mais je ne sais pas si c'est une bonne idée…Ca fait un peu dépendant, vous ne trouvez pas ? » en baissant le regard.

« Plutôt oui » répondit Marie en prenant le téléphone…

« Tu ne l'appelleras pas tous les jours…On va en revenir à nos règles de base Dean…Deux fois par semaine et dans un choix aléatoire…Je fais cela tout autant pour lui que pour toi…Tu comprends ce que je veux dire ? »

« Oui, tout à …Tout à fait…Merci, Marie »

Elle regarda Dean joué avec ses doigts sur la table…Il avait besoin de garder le contact…ll culpabilisait de laisser Castiel derrière lui…De ne plus être aussi présent…Il allait lui manquer autant que Dean allait manquer à Castiel mais c'était à ce prix que devait se construire leur avenir…Marie ne couperait jamais le lien qui unissait ses 2 hommes tant que cela n'empêchait pas l'un ou l'autre de s'épanouir…
Dean avait déménagé, trouvé un nouveau travail…Elle comprenait qu'il ne pouvait pas tout changer dans sa vie en quelques mois…Castiel était son phare …Elle se dit que tout cela serait une bonne chose pour Castiel aussi…Il le saurait là sans pour autant l'avoir à ses côtés comme une ombre.

« Euh j'ai autre chose à vous demander »

« Dean…Tu n'abuserais pas un peu de la situation là » lança Misssouri en souriant

« Si vous dites non, je comprendrais… » en détournant pas son regard de Marie.

« Dis-moi »

Il était entré avec un sac en plastique qu'il avait posé sur la table derrière lui…Il se leva et le lui tendit.

Sous le regard curieux des autres convives, il resta debout et attendit.

Marie entre ouvrit le sac…Elle releva les yeux sur lui.

« C'est une très bonne idée, Dean…Je n'y vois pas aucune objection…Maintenant reste à savoir si il va accepter de franchir cette nouvelle étape »

Dean se rassit et se tourna vers Marie.

« Un jour, il sortira de cette chambre…Je le sais, je le sens….Ca prendra le temps qu'il faudra mais il quittera ses murs…Je ne dis pas qu'il quittera St Gerry même si « en baissant le regard

« Même si j'espère, un jour le voir hors de ses grilles ne fusse qu'une heure »

« On l'espère tous Dean mais nous devons restés réalistes » en lui soulevant le menton du bout de l'index.

« Castiel a fait d'énormes progrès ses derniers mois…Des progrès qu'aucun de nous n'avions cru possible...Mais tu es arrivé…Toi et tes blessures, toi et ton passé….Castiel a vu dans ton regard un reflet de sa propre souffrance…Tu l'as sauvé comme il t'a sauvé….Mais Dean, tu dois savoir que Castiel ne sera jamais totalement guéri…Il n'aura jamais une vie dite normale même si je n'aime pas ce mot…Tu comprends ce que j'essaye de te dire »

« Oui…Je sais mais chaque pas, chaque porte qu'il franchit le rapproche de nous et l'éloigne d'eux » en pointant la sortie, désignant, implicitement, les autres patients.

« Un jour, il passera de l'aile Est à l'aile Ouest, Dean…De cela, j'en suis certaine….Mais tu dois te faire à l'idée qu'il sera toujours l'un d'entre eux…Il a vécu 30 ans d'enfer, seul…Ca ne s'efface pas en quelques mois »

« Mais regardez ce qu'il a réussi à faire en si peu de temps » s'enthousiasma Dean

« Je sais…Mais il y a un moment où il ne risque de ne plus faire aucun progrès, tu dois t'y préparer »

« Je sais…Mais je veux y croire pour deux…Y croire comme j'ai toujours su qu'il sortirait de sa prison….Comme j'ai toujours su qu'il accepterait la main tendue…Je sais bien qu'il ne sera jamais comme nous mais il n'est pas si loin d'être lui»

« Sur ce point, nous sommes tous d'accord »

« Et si, sur ses belles paroles d'optimisme, on mangeait la tarte que nous a préparé Mark…Parce que je vous signale que contrairement à d'autre ici » lança Missouri qui fit un clin d'œil vers Dean

« …Y en a qui travaille…Hmmm »

Dean sourit à Marie

« Je ne pourrais jamais assez vous remercier pour tout ce que vous avez fait pour moi...Je ne vous décevrez pas »

« Je n'en doute pas une seule seconde mais aujourd'hui, le plus important ce n'est pas ce que nous voulons mais ce que toi tu veux…Tu es un homme libre, Dean…Libre »

« Tadaaaaaa » hurla Garth en saluant Mark qui posa la tarte aux pommes au centre de la table

« Je me suis dit que c'était l'occasion rêvé pour tester ma nouvelle recette »

« Nouvelle recette ? » il leva un sourcil

« La Dean's pie »

« Mark » souffla Dean, touché par le geste du cuisinier.

« Bon…J'en peux plus » Garth attrapa le couteau et se mit à couper la tarte pendant que Mark aidé de kevin débarrassa la table…

Phil servit le café….Leyla distribua les parts quand elle tendit celle de Dean, ce dernier lui sourit

« J'ai quelque chose pour toi…Je passerais te le donner avant d'aller voir Cass »

« Un cadeau ? » sourire en coin

« Pas vraiment… »

« Tu m'intrigues là » en posant son assiette.

Marie se leva et partit la première suivi par Garth qui devait reprendre son service…Leyla les aida à ranger le réfectoire puis les quitta à son tour, elle avait une séance de prévue avec Charles…
Dean resta pour aider Phil et Mark….Kevin et Missouri partirent quelques minutes après.

« Y a quoi dans le sac ? » lança, intrigué, Phil

« T'es trop curieux » répondit Dean en lui souriant

« J'y vais...Merci Mark….Merci pour tout » en attrapant le dit sac.

« Tout le plaisir était pour moi, mec » en rangeant ses casseroles.

« Phil » en saluant de la tête

« On se voit demain matin ? »

« Pour le p'tit déj ? »

« Oui »

« Alors à demain »

Il sortit sans se retourner suivi du regard par Phil et Mark.

« Il va me manquer ce gamin »

« J'en connais une à qui il va manquer encore plus » répondit distraitement Mark

Phil se mit à rire….

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Il attendit qu'elle revienne de sa séance, assis dans le réfectoire des infirmiers…Missouri entra…

« Tu ne vas pas voir Castiel ?» s'étonna-t-elle

« Si si…Mais je dois voir Leyla avant »

« Le fameux cadeau » sourit Missouri en fouillant dans l'armoire du fond

« Mais où est ce je l'ai mis ? » pesta-t-elle.

Elle se redressa

« Parlant cadeau »

Elle se retourna…Elle fouilla dans son sac en cuir usé, l'air renfrogné.

« Ah » en souriant, satisfaite

« Tu savais que j'étais à l'origine du nom de baptême de Castiel ?»

« Oui…Vous l'auriez nommé comme cela parce qu'il est arrivé un Jeudi à St Gerry Hall, c'est ça ?»

« Exact mais ce n'est pas l'unique raison de ce choix»

« Ah » relevant les yeux.

« Tu savais que Castiel était l'ange des voyageurs ! »

« Non…Je pensais que c'était St Christophe »

« C'est un Saint, comme son nom l'indique….Pas un ange »

Elle sortit de son sac une fine chaine en argent.

« Pendant près de 40 ans mon mari a traversé le pays de part en part pour son travail…Il vouait un amour tout particulier à cet ange et ne se séparait jamais de ça »

Elle tendit la main et au bout de la chaine, pendait une paire d'ailes en argent ternie par les années.

« Elles ont veillé sur lui, accrochées à son rétroviseur, le protégeant, le ramenant vers moi à chaque fois… »

Elle s'approcha, lui prit la main et y déposa la chaine…Elle lui refermant les doigts en souriant, ses pensées ailleurs.

« Missouri, je peux pas accepter »

« Oh que si, tu le peux…Tu vas me faire le plaisir de le pendre au rétroviseur de ta voiture et ne jamais l'en enlever… »

« Missouri…C'était à ton mari…Je peux pas»

« Justement… » l'interrompant en lui souriant à nouveau.

D'un geste anodin, elle lui passa la main dans les cheveux.

« Castiel sera ton ange protecteur à présent »

« Il l'est déjà »

« Je sais »

« Je vous dérange ? »

Ils tournèrent le regard ensemble vers Leyla qui passait sa tête par la porte

« Non, j'allais partir… »

Dean ouvrit sa main sur le collier

« Je sais pas quoi dire, Missouri »

« C'est à noter dans les annales ça » Elle rit tout en laissant Leyla entrer dans la pièce

« Je vous laisse….A dimanche, Dean…Et tu auras intérêt à tout me raconter»

Il serra le collier et le fourra dans la poche de son pantalon sans répondre au regard interrogateur de Leyla

« Je n'ai que quelques minutes…J'ai une autre séance dans l'aile Ouest »

« J'en ai pas pour longtemps »

Il ouvrit le sac en plastique et en sortit le livre blanc qu'il lui tendit sans la regarder

« Dean…Mais c'est à toi...C'est personnel »

« Je te le confie…Je ne sais pas si tu y comprendras grand-chose mais j'ai besoin de le savoir en sureté »

« Pourquoi ? »

« Parce que…Parce que tu m'as fait confiance…Parce que tu as accepté de nous donner une chance à Castiel et à moi…Parce que sans toi, j'y serais jamais arrivé…. »

« Marie y est pour beaucoup tu sais »

« Si tu avais dit non quand je t'ai demandé de l'aide….Marie ou pas, rien de tout cela ne serait arrivé… »

« Tu m'accordes beaucoup trop de crédit »

« Non, je t'accordes le crédit que tu mérites »

« Merci, Dean…Ca me touche beaucoup »

« Je m'en suis acheté un nouveau » dit-il entre gêne et timidité

« Vraiment ? »

« Ca m'a aidé quand je me perdais…Je me relisais…Et je revoyais mon parcours…Celui de Cass…Les mots sont des témoignages vivants…J'ai peur de perdre ceux -là » en pointant du doigt le livre

« Gardes le et si je me perds à nouveau, rends le moi….Je veux pas l'avoir à portée de main...J'ai peur un jour de le jeter et de le regretter la minute d'après »

« Bien…J'en prendrais soin… »

« Lis le…Ca pourra peut -être aider quelqu'un…Je sais que c'est idiot et que ce ne sont pas quelques mots griffonnés dans un livre qui vont y changer grand -chose. Mais on ne sait jamais »

« Je vais le lire, Dean… » en s'approchant

« Et je vais le garder précieusement…Il a déjà aidé 2 personnes »

Il plongea le regard dans celui de Leyla

« Il en aidera d'autre…Il est le témoignage de 2 souffrances mais aussi de 2 guérisons »

« Disons plutôt de 2 malades en cours de rémission » répliqua Dean,en souriant

Elle lui sourit en retour

« Il t'attend »

« Je sais » en se redressant

« A dimanche ? »

« Oui…Je passerais fin de matinée pour avoir de tes nouvelles »

« Bien…J'y vais »

« Bonne chance, Dean »

« Merci »

Elle le suivit du regard et quand il disparut derrière la porte, elle serra le livre entre ses mains.

Elle ouvrit la 1er page

« Pour Dean,

Que l'indifférence ne devienne pas vérité

Et que la vérité ne devienne pas indifférence

Leyla Fredges »

Fin chapitre XXV

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