Bonjour !
Je vous apporte le chapitre suivant. J'espère que le Père Noël vous a gâtés et que vous n'êtes pas morts d'indigestion ahaha.
Aller, bonne lecture :p
CHAPITRE 25
Nerveusement, elle triturait ses doigts.
Pourtant, cela c'était bien passé. Il y avait de grandes chances pour qu'ils lui donnent raison, mais elle préférait ne pas trop s'avancer. Hermione détestait ce moment, la patience n'ayant jamais fait partie de ses qualités. Elle avait trop de temps devant elle pour penser à toutes les éventualités, retournant la situation dans tous les sens possibles. Jusqu'à ce que son cerveau soit en surchauffe et qu'elle pousse un long soupir de lassitude. Il fallait qu'elle arrête de se torturer. L'avocate se retourna donc vers sa cliente. Comment pouvait-elle être aussi sereine ? Son visage était imperturbable, n'exprimant aucune émotion. Narcissa Malefoy restait droite, digne, assise dans le siège de l'accusé, les poignets et jambes liés. Ses longs cheveux blonds encadraient sa peau claire, et son regard fixait encore la porte par laquelle tout le Magenmagot venait de s'éclipser. À l'observer, on pourrait croire qu'elle était chez elle, tranquillement installée dans le canapé de son salon. Aucun trait ne la trahissait. Il n'y avait ni peur, ni appréhension ou angoisse chez elle. À moins que cela ne soit qu'une façade. Mais tout de même. Hermione fut impressionnée par la maîtrise de soi que possédait Narcissa.
- Comment faites-vous ? Laissa-t-elle échapper dans un murmure.
Sa question attira l'attention de la concernée, qui posa ses deux billes bleues sur elle. Tellement plus chaleureuses et vivantes que celles de son fils.
- Comment je fais quoi ? Demanda-t-elle de sa voix si douce, calme.
- Pour être aussi sereine. Nous sommes tout de même à votre procès, en attente du jugement qui vous redonnera votre liberté, vous enverra voir les Détraqueurs ou vous remettra à Azkaban pour quelques années supplémentaires.
Sa remarque fit apparaître l'ombre d'un sourire sur ses lèvres rouges.
- Je vous fais confiance Hermione, je n'ai pas d'autre choix.
Entendre Narcissa Malefoy prononcer son prénom lui paraissait encore étrange. Mais la femme avait insisté lorsqu'elle l'avait rencontrée à Azkaban. Sans doute qu'après l'avoir vue dans un piteux état, enfermée dans une cellule ridicule et avec ce pyjama rayé dégradant elles pouvaient se permettre cette familiarité. Ajouté à cela cet élan de sincérité et de confiance la jeune femme n'en crut pas ses oreilles.
- Vos prouesses avec Severus circulent jusque dans les couloirs d'Azkaban vous savez, rajouta la Mangemorte avec une pointe d'amusement. J'estime que mon cas est plus simple que le sien. Et puis, le témoignage de Potter devrait tourner les choses à mon avantage, non ?
Les joues de la jeune Gryffondor s'empourprèrent à l'évocation de Rogue. Mais sûrement pas pour les raisons que devait s'imaginer Narcissa. Diantre, ce n'était nullement le moment de penser à cet homme. Et surtout pas à la promesse qu'il lui avait faite la dernière fois, avant qu'il ne transplane vers Poudlard le jour de Noël. La prochaine fois que je vous vois, je vous aurai, avait-il dit. Hermione ferma les yeux lorsqu'elle imagina son souffle chaud lui chatouiller le creux de l'oreille et son parfum lui émoustiller les narines. Mmh, ce qu'elle pouvait le désirer. Depuis qu'elle l'avait vu, Hermione ne voulait qu'une chose : que leurs chemins se recroisent. Malheureusement, ce procès l'avait accaparée jusqu'à présent. Mais dès qu'elle en aurait terminé, elle transplanerait vers Poudlard sur le champ. Ils avaient commencé quelque chose à Noël qu'ils se devaient de terminer. Maudite Ginny. Son amie avait eu le chic pour débarquer au meilleur moment.
Toutefois…
Hermione aurait eu mauvaise conscience de faire ça dans son lit. C'était bien trop étrange pour elle.
Ses deux noisettes glissèrent au fond de la salle, où Harry attendait patiemment sur le banc des témoins. Il lui adressa un sourire encourageant lorsque leurs regards se croisèrent.
Non, franchement, elle n'aurait pas pu.
Ses yeux furent soudainement attirés par une masse blonde qui venait d'entrer dans la salle d'audience, ouverte le temps des débats des juges.
- Votre fils est là Narcissa, annonça évasivement Hermione sans pouvoir détacher les yeux du sorcier.
Il y avait ce petit quelque chose dans sa démarche, ou son allure, qui forçait le respect. Un peu comme chez Rogue. Mais avec Drago, c'était davantage de la suffisance qui s'y dégageait. Il misait tout sur son apparence ce qui résultait sans aucun doute des préceptes de sang-pur que son père lui avait inculqués. Alors que Severus possédait une présence charismatique qui n'avait nul besoin d'artifice. Hermione se souvenait comment il avait réduit au silence les sorciers qui souhaitaient le voir condamner le jour de son procès. En un coup d'œil. Ni plus, ni moins. Même vêtu des débris qui le couvraient, il avait su s'imposer. La sorcière s'obligea à penser à autre chose lorsqu'elle sentit la vague de frissons l'envahir rien qu'en revoyant son regard noir d'une rare intensité. Elle préféra reposer son attention sur Drago, ce dernier étant arrivé à leur hauteur. Il vint se placer à ses côtés, voulant faire face à sa mère qui était toujours attachée.
La mère et le fils s'observèrent un long moment, ne s'étant plus revus depuis plus de cinq longues années. La Gryffondor imagina à quel point ce moment devait être particulier pour eux, émouvant et unique. Pourtant, il n'y eut aucun débordement d'affection. Ils restèrent de marbre, comme deux étrangers qu'on réunissait pour la première fois. Seuls les yeux de Narcissa semblaient prêts à laisser entrevoir ces sentiments de joie et d'émerveillement, tandis qu'elle contemplait son fils adoré.
- Mère, salua-t-il aussi platoniquement que si il annonçait qu'il neigeait dehors.
Hermione leva les yeux au ciel devant tant de démonstration d'affection.
- Drago…, commença sa mère avec une voix légèrement plus oscillante, …par Merlin. Approche, veux-tu. Viens embrasser ta mère voyons.
Hermione s'amusa à voir le concerné gêné par la requête de sa mère. Et bien, et bien. Ne serait-il pas un brin trop pudique ? Tout son être s'était tendu à sa demande. Ses yeux gris balayèrent ensuite la salle, probablement pour faire le compte des potentiels témoins qui assisteraient à cette scène si…attendrissante. Elle voulut rire quand il finit par l'observer. Son regard était orageux, menaçant. Comme s'il lui interdisait de rajouter quoique ce soit, ou lui imposait de garder ceci pour elle. La dernière fois qu'elle l'avait vu aussi peu sûr de lui, c'était lorsque Maugrey l'avait transformé en fouine, à Poudlard.
- Drago ? S'impatienta Narcissa en fronçant les sourcils.
Le Vert & Argent finit par se pencher maladroitement vers sa mère, posant un baiser sur l'une de ses joues avant de se redresser comme un piquet. Hermione se mordit l'intérieur de la joue pour s'empêcher d'afficher ne serait-ce que le moindre sourire. Il ne lui pardonnerait pas. Mais la tâche était d'autant plus compliquée que la jeune femme apercevait parfaitement Harry, derrière eux, qui lui ne se retenait pas pour cacher son hilarité.
- Que fais-tu ici ? Tu travailles au Ministère ? S'intéressa sa mère, ne se lassant pas d'admirer son fils.
Hermione remarqua qu'elle le couvait carrément du regard. Son amour pour lui était indéniable.
- Granger m'a prévenu pour votre audience, répondit Drago. Et je ne suis pas employé ici, je possède mon propre journal avec Zabini. Nous avons sorti la première édition aujourd'hui.
Inutile de préciser que son ton fut des plus fiers et hautains.
- Nous aurons donc deux évènements à fêter ce soir au manoir, annonça Narcissa avec un fin sourire. N'est-ce pas Hermione ?
Elle faillit sursauter en constatant qu'ils la regardaient elle à présent. Le procès. Voilà qu'elle la replongeait dans son angoisse initiale, imaginant le pire si jamais le Magenmagot ne lui donnait pas raison. Drago la virerait et l'expulserait sûrement de son immeuble alors qu'elle venait juste de s'y installer cette semaine. Narcissa risquerait le baiser des Détraqueurs, ou de retourner à Azkaban dans le meilleur des cas. Sentant sa nervosité refaire surface, Hermione croisa ses mains derrière son dos pour s'empêcher de les triturer. Elle s'évertua à reprendre une mine confiante pour leur répondre.
Mais alors qu'elle s'apprêtait à ouvrir la bouche, la petite porte claqua soudainement. Tout le monde sursauta, avant que l'huissier sorcier n'annonce le retour des juges et prie les invités de rejoindre le couloir puisque l'audience reprenait.
- Le moment de vérité Granger…, murmura Drago à son attention.
Cela sonnait effectivement comme une menace. Bien, elle savait à quoi s'en tenir désormais. Hermione adressa un dernier coup d'œil à sa cliente, avant de se tourner vers l'Assemblée qui se remplissait de juges. Ils entraient un par un, dans le plus grand silence. L'atmosphère de la salle devint tout de suite plus solennelle, pesante. La jeune avocate serra les dents, inspirant un grand coup, quand le Président Sorcier finit par prendre place. Toutes les têtes se tournèrent vers lui. Mais il ne semblait pas plus perturbé que cela. Non, bien au contraire. Ce vieil homme prit le temps d'ajuster sa robe, sa toque et de prendre en main le marteau en bois, avant de poser enfin son attention sur Hermione. À croire qu'il le faisait exprès ce bougre. Ne voyait-il pas dans quel état d'impatience elle était ?! Elle ne réussirait jamais à vivre toute une carrière en tant qu'avocate si elle ne parvenait pas à calmer ses nerfs. Malgré elle, la Gryffondor essaya de paraître le plus calme possible, restant pendue aux lèvres du Président.
- Maître Granger, commença-t-il d'une voix forte et claire. Le Magenmagot a statué sur le cas de la prisonnière HI502 : Narcissa Malefoy.
Aller, aller, aller ! Pourvu qu'elle soit libérée, pourvu qu'elle soit libérée…, espéra fermement Hermione alors qu'elle ne quittait pas des yeux ce vieil homme qui semblait s'amuser à faire durer le suspense.
- À soixante-dix-huit voix contre vingt-deux, le Magenmagot déclare l'accusée libre de toute charge, enchaîna le Président Sorcier. N'ayant eu un rôle que passif au sein des rangs du Mage Noir et au vu du témoignage de Monsieur Potter, la prévenue Narcissa Malefoy est lavée de toute accusation. Afin de préparer sa réinsertion dans le monde sorcier, son casier judiciaire est à nouveau vierge et une aide de sept-milles gaillons d'or lui est octroyée.
Il frappa lourdement son marteau sur son socle en bois, rendant ce jugement exécutoire et ce procès clos. Un large sourire étira les lèvres de la Rouge et Or, qui pivota vers Narcissa avec une telle fougue qu'elle faillit tomber à la renverse. L'Auror était déjà en approche, prêt à la détacher. Elle vit Harry lui adresser un signe de tête, la félicitant pour avoir remporté son premier procès en qualité d'avocate libérale. Il disparut ensuite par les lourdes portes qui s'ouvrirent, laissant entrer Drago qui s'approcha à grands pas, tandis que quelques journalistes sorciers commençaient à s'amasser. Le Vert et Argent la fixait durement, cherchant sûrement à connaître le verdict. Ne remarquait-il pas le large sourire qui lui collait aux lèvres ?! Elle n'avait pas pour habitude de se comporter de la sorte lorsqu'elle échouait.
- Alors ? Tu as gagné le procès ? S'enquit-il tout de même une fois placé devant elle.
- Évidemment, s'offusqua-t-elle.
- Tu avais plutôt intérêt, oui, la prévint-il froidement. Sinon tu aurais eu à faire à moi Granger…
- Drago ! Intervint Narcissa qui était désormais détachée. Sois plus poli avec notre avocate, je te prie. C'est grâce à elle si nous sommes enfin réunis.
Le Serpent maugréa, n'appréciant pas d'être ainsi remis à sa place devant la Lionne. Surtout par sa mère. Mais lorsque cette dernière s'approcha de lui pour l'enlacer, Drago dut avouer qu'il en oublia Hermione. Il la serra dans ses bras, savourant cette étreinte maternelle dont il avait été privé depuis trop longtemps. Contre lui, il sentit qu'elle était beaucoup plus frêle, maigre et affaiblie que la dernière fois qu'ils s'étaient vus, à la fin de la Guerre. Azkaban n'était en aucun cas connu pour être un centre de loisirs. Même si cela lui parût complètement stupide et niais, Drago se promit intérieurement de prendre soin de sa mère désormais. Il n'avait plus qu'elle après tout. Le sorcier finit par la lâcher, finissant par se rappeler qu'ils étaient encore dans la salle d'audience du Magenmagot, toujours remplie de ses juges. Et accessoirement, de Granger. Lorsqu'il jeta un rapide coup d'œil vers celle-ci, Drago constata amèrement qu'elle n'avait rien perdu de leur échange. Pourtant, il n'aperçut aucune lueur moqueuse, railleuse ou amusée dans son regard. Non, la Lionne était presque attendrie.
Beurk. C'était pire !
Le Serpentard grimaça, affichant un air dégoûté. Il n'avait pas besoin qu'elle se transforme en parfaite guimauve. D'ailleurs, elle dut apparemment remarquer qu'il ne cautionnait pas ce débordement d'émotions, puisqu'elle reprit un air des plus désinvoltes.
- Je te laisse raccompagner ta mère chez vous, commença-t-elle en s'adressant à lui. Je vais m'occuper de la paperasse.
Drago se contenta d'acquiescer, alors que sa mère tendit sa main vers son avocate. Main qu'Hermione attrapa, bien que troublée par ce geste venant de la part d'un Malefoy.
- Merci, se contenta de dire Narcissa. Passez donc dans la soirée au manoir, vous méritez bien un verre.
Et après lui accorder un dernier sourire, l'ancienne Mangemorte pivota. Elle saisit le bras que lui tendit Drago, appréciant ce soutien tandis qu'ils affrontaient des journalistes à la sortie de cette salle. En les observant s'éloigner, la Gryffondor comprit que cette élégance qu'avait Malefoy lui avait été transmis par sa mère. Même diminuée après son séjour en prison, cette femme marchait comme si elle se rendait à un évènement des plus importants, sous les regards de milliers de sorciers. Ses pas étaient lents, calculés, légers, lui donnant une démarche assurée. Et sa chevelure suivait le rythme, s'étendant sur la moitié de son dos, dont quelques mèches virevoltaient dans les airs. Elle avançait avec une telle grâce et d'une manière si féminine, qu'Hermione finit par l'envier. Marchait-elle aussi bien qu'elle ? C'était ridicule. Elle n'allait pas se préoccuper de ce genre de détails. Toutefois, lorsqu'elle quitta à son tour les lieux, la jeune femme ne put s'empêcher de l'imiter inconsciemment. Elle tenta de prendre un air flegmatique, allongeant sa démarche pour qu'elle soit davantage lascive que d'ordinaire. Mais en remarquant le regard concupiscent que lui lança l'huissier sorcier, elle comprit qu'elle était allée trop loin.
Hermione pesta contre elle-même. Quelle idiote. Elle s'empressa de reprendre une démarche normale, rejoignant les bureaux administratifs pour clôturer le dossier Narcissa Malefoy.
Lorsqu'une question lui vint à l'esprit dans l'après-midi.
Y aurait-il Rogue à cette fameuse soirée au manoir Malefoy ?
C'était fort possible. Il était un ami de la famille et le parrain de Drago. Et puis, tout comme Narcissa, il était un ancien Mangemort ayant purgé sa peine à Azkaban, pour finir par être libéré. D'autant plus que Monsieur occupait désormais la place influente de Directeur de Poudlard. Un titre qui méritait d'être invité à une pareille sauterie. Alors oui, il se pouvait fortement qu'il y soit ce soir. Cette simple hypothèse suffit à la convaincre. Il l'avait laissée dans un tel état la dernière fois, qu'elle avait désormais hâte de le retrouver. Jamais les vacances de fin d'année ne lui avaient paru aussi longues, jusqu'à ce procès. Hermione avait eu le temps d'oublier toutes ses hésitations à propos de Rogue. Elle le voulait, à point c'est tout. Alors quand la soirée arriva enfin, la Lionne ne put attendre plus longtemps. Après s'être rapidement rafraichie, la sorcière transplana en direction du manoir Malefoy. Dans son empressement, elle n'avait même pas pris le temps de se changer, portant toujours son tailleur noir qu'elle avait mis pour son audience. L'hiver vint donc se rappeler brutalement à elle, lorsqu'elle arriva devant les énormes grilles métalliques de la bâtisse. Le froid martela ses jambes, la faisant frissonner de tout son être. La jeune femme s'emmitoufla dans son épaisse cape de velours, serrant ses bras contre sa poitrine pour échapper à ce vent glacial.
Elle pesta en sentant ses pieds nus, découverts par ses talons, rentrer en contact avec un tas de neige dans lequel elle venait de marcher. Elle aurait au moins pu changer de chaussures. D'autant plus que cette allée était toujours aussi mal éclairée, la forçant à plisser les yeux pour éviter les plus gros amas de poudreuse. Et il faisait trop froid pour qu'elle tienne sa baguette en main, sans ses gants. Tant pis. Hermione s'efforça de marcher le plus rapidement possible, gagnant très vite le perron du manoir. Tendant sa main, la sorcière frappa contre l'épaisse porte d'entrée. Cette fois-ci, l'elfe lui ouvrit de suite la porte, comme s'il savait parfaitement à quel moment elle allait toquer.
- Miss Granger, la salua-t-il avec sa petite mine timide. Arxifard peut prendre votre cape ?
- Bien sûr, lui répondit-elle avec son chaleureux sourire.
La sorcière se débarrassa de son vêtement, le donnant au petit elfe qui s'empressa de l'accrocher sur le porte-manteaux de l'entrée. La créature se tourna ensuite vers elle, avant de lui proposer de le suivre jusqu'aux festivités.
Festivités. Avaient-ils réellement organisé une grande fête ? Hermione s'attendait davantage à une petite soirée, avec les plus proches amis de la famille. D'ailleurs, en y repensant, qui étaient ces amis qu'avaient encore les Malefoy ? La moitié d'entre eux étaient des Mangemorts morts ou enfermés à Azkaban. Et pour le reste ? La Gryffondor sentit son estomac se contracter sous l'appréhension qui commençait à la prendre aux tripes. Elle craignait le pire. Il devait y avoir que des anciens Serpents, tous de sang-pur –bien évidemment– et probablement tous aussi hautains et détestables les uns comme les autres. Euhm. La Lionne avait peut-être oublié cet aspect de la chose, lorsqu'elle s'était empressée de transplaner ici, simplement pour revoir Rogue. Mais après tout, puisqu'elle était l'avocate de cette famille désormais, elle allait devoir s'habituer à côtoyer ce genre d'individus, même si elle ne les appréciait guère.
Elle allait y arriver. Ce n'était que de simples sorciers…
Hermione tenta de s'y convaincre, tandis qu'elle remerciait Arxifard qui l'avait conduite jusqu'à la petite salle de réception. Elle inspira un grand coup, s'armant de courage. Finalement, l'avocate entra, passant par la porte que l'elfe lui tenait poliment. Aussitôt qu'elle l'eut franchie, il la referma derrière elle, comme prise au piège. Ses yeux balayèrent la pièce, cherchant à identifier des têtes connues. Elle aperçut Drago, discutant avec Blaise Zabini. Devant les petits fours, elle constata qu'il y avait Vincent Crabbe et Gregory Goyle, toujours aussi gloutons. Un peu en retrait, Hermione vit Narcissa qui parlait avec Pansy Parkinson, ainsi que celle qui devait probablement être la mère de cette dernière. Quant aux autres, elle ne voyait pas de qui il s'agissait. Peut-être des Mangemorts, des membres du Ministères ou simplement des sorciers de sang-purs. Aucune idée. Mais la seule chose qu'elle savait : c'était qu'elle n'était en aucun cas à sa place ici. Hermione ne se sentait pas du tout à l'aise avec eux, l'atmosphère étant trop pompeuse et présomptueuse pour elle. Et puis…Rogue n'était pas présent. Ses yeux avaient passé en revue toutes les têtes, sans tomber sur ses cheveux d'un noir corbeau.
Qu'elle andouille. Elle aurait mieux fait de décliner cette offre quand elle le pouvait encore. Là, Hermione avait l'impression d'être entrée dans la tanière des Serpents, un monde auquel elle n'appartenait pas. La Gryffondor envisagea un instant la possibilité de s'enfuir en vitesse, personne n'ayant encore remarqué son entrée. Elle n'avait qu'à reculer d'un pas, poser sa main sur la clenche et déguerpir d'ici.
Seulement, à peine l'idée imaginée que quelqu'un vint la trouver.
- Bonsoir Granger, lança une voix mielleuse.
Pansy Parkinson.
Hermione tenta d'afficher une mine polie.
- Des félicitations s'imposent, je crois, poursuivit-elle.
- Ne te sens pas obligée, intervint enfin Hermione.
Pansy lui adressa un léger rictus, comme amusée. Ses deux gros yeux de vipère l'analysèrent de la tête aux pieds, la rendant mal à l'aise. À quoi jouait-elle ?!
- Je ne vois vraiment pas pourquoi tu as refusé…, commença la Serpentarde qui finit par reposer son regard dans le sien. Tu te crois supérieure Granger ?
Hermione fronça les sourcils. Non mais, de quoi parlait-elle ?!
- Tu devrais te réjouir d'être intégrée dans ce monde, étant donné ta…condition…, poursuivit-elle en grimaçant sur ce dernier mot. Mais forcément, il a fallu que tu te distingues en refusant.
Le ton accusateur et méprisant qu'elle utilisa suffit à agacer la Lionne.
- Je ne vois pas de quoi tu parles Pansy, annonça-t-elle froidement.
- De la proposition que Drago t'a faite. Tu te prends pour qui pour décliner ? D'autres seraient prêtes à tout pour être à ta place.
- Mais enfin, laquelle ?! S'impatienta la Gryffondor.
- Allons, tu le sais…, précisa Pansy dont le rictus s'agrandit fièrement.
Hermione leva les yeux au ciel, agacée. Comment fallait-il expliquer à cette greluche qu'elle ne comprenait pas ?! Cette dernière eut toutefois un minimum de bon sens, puisqu'elle dut se rendre compte de l'incompréhension qui régnait toujours. Pansy s'approcha de quelques pas, une drôle d'étincelle animant ses yeux.
- Je te parle de la proposition que Drago t'a faite quand tu es venue ici la dernière fois, commença la brune. De nous rejoindre, lui et moi…
Oh. Doux. Merlin.
Était-elle…venait-elle de dire que…C'était elle ?! Diantre. Drago lui avait proposé de faire des galipettes avec cette peste ? Beurk ! Comment avait-il pu croire qu'elle aurait accepté une telle chose avec cette Verte & Argent. Lui, à la limite, pourquoi pas. Mais elle ! Jamais, jamais, jamais.
Une minute. Pansy était mariée, avec son ancien ami Neville. Oh non, cette pauvre idiote le trompait avec Malefoy. Hermione poussa un soupir de désolation, tandis qu'elle pensait à la tristesse que ressentirait Neville si jamais cette histoire remontait jusqu'à lui. De quel droit se permettait-elle de le trahir de la sorte ? Il était vrai que leur couple l'avait étonnée, mais l'ancien Lion ne méritait pas qu'on le traite ainsi.
Doublement agacée, la sorcière serra les dents, fixant cette autruche qui se pavanait toujours devant elle. Hermione pointa son doigt vers son menton pointu.
- Tu n'es qu'une sale peste Pansy, lança-t-elle d'une voix basse mais bien menaçante. Comment peux-tu tromper Neville ?!
À cette accusation, la vipère renifla de dédain, complètement indifférente.
- Tu n'as pas changé au final…Encore plus stupide qu'un Scroutt !
La concernée voulut se défendre, mais Hermione leva la main pour l'arrêter dans son élan.
- Je ne dirai rien à Neville, parce que je ne veux pas lui faire de la peine. Mais je te conseille d'arrêter ça tout de suite. Et puis comment as-tu pu croire une seule seconde que j'accepterai ?! Jamais de la vie. Je ne suis pas comme toi…
Elle s'apprêta à tourner les talons pour la planter, lorsqu'une dernière chose lui vint en tête.
- …D'autant plus que je vois déjà quelqu'un.
Là, Hermione la laissa. Elle avait sérieusement besoin de son verre tant mérité, et maintenant. Pansy et Drago. Cela signifiait-il que Parkinson était attirée par elle ? Cette hypothèse pourrait expliquer ce drôle de regard qu'elle lui adressait, et puis ce petit rictus étrange qui trônait sur ses lèvres…Hermione en frissonna de dégoût. Elle n'était pas attirée par les femmes en règle générale. Mais avec cette vipère, c'était pire. Son nom avait l'effet d'un répulsif sur l'avocate, ne pouvant pas la supporter plus de cinq minutes. Déjà à Poudlard, elle n'avait jamais réussi à comprendre sa personnalité si…particulière. La Gryffondor s'empressa donc de rejoindre le bar, se faisant servir un whisky-pur-feu, sec. L'alcool lui brûla le gosier à la première gorgée, n'étant toujours pas habituée à ce breuvage. Cela ne l'empêcha pas toutefois d'en boire une seconde, espérant cette fois-ci qu'elle effacerait les images de Pansy faisant un suçon dans le cou de Drago, torse nu, qui semblaient s'incruster dans son esprit.
Écœurant.
- Pardon ?
Hermione se raidit, avant de se tourner lentement vers la source de cette voix masculine. Avait-elle pensé à haute voix ? C'était l'impression que lui donna ce sourcil levé sur ce visage qu'elle connaissait bien.
- Oui ? Dit-elle d'une voix maladroite tout en fixant ce regard sombre.
- Qu'est-ce qui est écœurant Granger ? Demanda-t-il avec l'ombre d'un sourire.
- Rien qui ne te concerne Zabini, s'empressa-t-elle de rétorquer.
Elle n'était pas certaine de l'avoir convaincu. Son second sourcil rejoignit le premier, s'élevant tous deux vers ses cheveux crépus. Apparemment, il était étonné qu'elle ait employé un ton si expéditif avec lui. S'attendait-il à ce qu'elle lui voue un culte ? Ce n'était pas parce qu'elle représentait les intérêts de sa petite entreprise à Malefoy et lui, qu'elle serait leur larbin. Hors de question. Hermione n'allait pas se faire piétiner par ces Serpentards. D'ailleurs, en y repensant, il faudrait tout de même qu'elle parvienne à élargir sa clientèle.
- Il faut qu'on te parle avec Drago, reprit Blaise en essayant de capter son attention.
- De ? L'interrogea-t-elle avant de laisser glisser son regard sur les autres invités présents.
- Ton ancien patron, McFaimor, expliqua-t-il en prenant une mine très sérieuse.
À l'évocation de ce nom, ses deux noisettes se braquèrent sur Zabini. Pourquoi voulaient-ils lui parler de McFaimor ?! Et comme s'il devinait ses interrogations, l'Auror poursuivit.
- Il semblerait qu'il ait reçu des…directives du Ministère concernant les procès équitables.
- Et ? Enchaîna-t-elle, ne voyant toujours pas son rôle dans cette histoire.
- Tu sais très bien que le pouvoir judiciaire doit être indépendant, surtout par rapport à l'exécutif. En s'immisçant dans ces procès, le Ministère fausse les résultats. McFaimor recevrait une jolie petite bourse pleine de gaillons pour chaque Mangemort exécuté par les Détraqueurs. Il demanderait à ses avocats de bâcler le travail, leur reversant une petite part du pactole accordé par le Ministère.
La jeune femme écarquilla les yeux sous ces révélations. Plusieurs détails, moments et discutions qu'elle avait eus avec McFaimor lui revinrent brutalement en tête. Il l'avait choisie pour le cas de Rogue, alors qu'elle venait juste d'être recrutée par le Département. Sans expérience, il lui avait confié ce dossier épineux. Et puis, quand il s'était rendu compte qu'elle commençait à trouver une stratégie de défense qui pourrait réellement aider Rogue, qu'avait-il fait ?! McFaimor lui avait ordonné d'arrêter de travailler sur ce cas. Quelle sale ordure. C'était pour ça qu'il l'avait cantonnée aux archives lorsqu'elle avait gagné le procès. Il avait dû se faire taper sur les doigts et il s'était vengé sur elle. Non mais qu'est-ce que c'était que ce système judiciaire foireux ?! Cet homme était à la tête du Département de la Justice Sorcière et pourtant il était pourri jusqu'à la moelle. Après tout, qui se souciait du sort des Mangemorts ?! Mise à part leur famille –quand ils en avaient encore– personne ne les regretterait.
Sa bouche s'ouvrit brutalement lorsqu'une pensée lui traversa l'esprit. Que serait devenu Rogue si un autre avocat du Département l'avait représenté ? Il serait mort, assurément. Tout le monde voulait sa mort, même elle. Ce n'était qu'en vertu de son sens moral trop prononcé et l'aide de Malefoy qu'elle avait trouvé de quoi défendre leur ancien professeur.
Par Merlin. Voilà que son estomac se resserra, sa gorge se noua et qu'un pincement au cœur se fit ressentir en imaginant ceci. Hermione tenta de chasser le sens de ces émotions qui l'envahissaient, reposant son attention sur Zabini.
- J'aurai effectivement de quoi témoigner, confirma-t-elle avec détermination.
- Tant mieux, lança-t-il avec enthousiasme avant de reprendre un air grave. Inutile de te préciser qu'en attendant, tout ceci ne doit pas s'ébruiter…
La jeune femme acquiesça, un sourire machiavélique sur les lèvres. S'ils prévoyaient de faire tomber cet horrible sorcier, elle les aiderait bien évidemment. Cet incompétent entachait l'image même de la justice sorcière.
Blaise finit par la laisser, s'en allant discuter avec d'autres sorciers. Hermione se retrouva seule avec son verre et sans aucune envie de se lier aux conversations du reste des invités. La journée ayant été suffisamment longue, elle décida de rentrer. Après tout, la raison de sa venue ici n'était même pas présente. Alors une fois qu'elle eut fini son whisky et salué les Malefoy, la Lionne s'éclipsa en douce. Elle réussit à trouver le hall d'entrée, ainsi que sa cape en velours. Hermione était justement en train de la passer sur ses épaules, quand son nom se fit entendre dans le couloir principal.
- Miss Granger ! L'appela Arxifard. Miss Granger, attendez s'il vous plait.
Tiens. Avait-elle oublié quelque chose ?
- On a confié à Arxifard la tâche de conduire la Miss dans la bibliothèque, expliqua-t-il une fois qu'il fut arrivé à sa hauteur.
Hermione fronça les sourcils. La bibliothèque ? Même si elle ne comprenait pas pourquoi on la demandait dans une pareille pièce du manoir, la jeune femme balaya sa curiosité en levant sa main en l'air, lasse.
- Je te remercie de me prévenir Arxifard, commença-t-elle tout en ajustant les pans de son vêtement d'hiver. Mais tu diras à cette personne qu'elle lira ses grimoires toute seule, moi je rentre.
- Mais il a beaucoup insisté sur le fait que Arxifard devait impérativement amener la Miss dans la bibliothèque, précisa l'elfe en couinant.
- Il ? Qui ça ? Lui demanda-t-elle, curieuse malgré tout. Si c'est ton maître et s'il y a une certaine Parkinson dans l'histoire, ne m'en dis pas plus je t'en supplie…
Arxifard resta penaud quelques secondes, ne sachant pas pourquoi la sorcière lui parlait de son jeune maître et de son amie. Ce n'était pas lui qui avait donné cet ordre.
- Ce n'est pas mon maître qui vous attend Miss. C'est le parrain de mon maître.
Hermione suspendit ses gestes, paralysée.
Son parrain. Rogue !
Il était là. Merlin. Tout son corps répondit favorablement à cette nouvelle, frissonnant à l'idée de le voir enfin. Docilement, la Rouge & Or accepta de suivre Arxifard, qui l'emmena à l'étage, dans la bibliothèque. En chemin, elle ne put s'empêcher de se poser tout un tas de questions. Pourquoi la demander dans une pareille pièce ? Pourquoi ne venait-il pas se montrer à la soirée ? Quand était-il arrivé ? Hermione prit donc une grande inspiration lorsqu'ils arrivèrent devant la porte de la fameuse bibliothèque. Elle devait rester calme, et être un minimum maître d'elle-même. Ou du moins, en apparence. Mais Arxifard l'interrompit dans ses pensées lorsqu'il ouvrit brusquement la porte, l'invitant à entrer. Hermione grimaça, lui adressant un dernier regard avant d'avancer à l'intérieur de la salle.
Cette bibliothèque était assez grande, avec de nombreuses torches pour l'éclairer. Son regard avide fut attiré par toutes ces étagères de livres, grimoires et parchemins qui y étaient rangés jusqu'au plafond. Curieuse, Hermione passa distraitement ses doigts sur les reliures en cuir.
- Vous savez, je ne vous ai pas faite venir ici pour admirer ces livres.
Mmh, ce timbre de voix si charmeur.
Elle tourna vivement la tête, le cherchant. Ce ne fut qu'en sortant de l'allée qu'elle aperçut sa délicieuse silhouette. Rogue lui faisait face, adossé contre l'imposante cheminée qui trônait au fond de cette bibliothèque. Un mystérieux rictus flottait sur ses lèvres, lui donnant un air diabolique. Quant à ses yeux, ils la fixaient, flamboyant sous les flammes des torches. Mais ce qui retint le plus l'attention de la sorcière, ce fut la manière dont il était habillé. D'où venait-il ?! Il était…irrésistible. Hermione ne put s'empêcher de le détailler du regard, laissant ses noisettes glisser sur ce costume noir en laine. Il portait une veste, à deux boutons, qui le cintrait à merveille. Ses épaules larges étaient mises en avant sous le tissu, se resserrant ensuite sur sa taille fine. En-dessous, la Lionne distingua un gilet, dont les trois boutons cachait une chemise d'un blanc amidonné qui emprisonnait cette musculature qu'elle devina d'un simple coup d'œil. Le col de cette dernière était cassé, lui octroyant un certain air distingué, chic. Surtout avec cette cravate d'ascot de style Victorien qui entourait son cou, décorant son buste. Elle était d'un gris béton, satinée, tout comme la pochette qui ressortait légèrement de la poche de sa veste. D'ailleurs, même ses boutons de manchette, petits et ronds, étaient assortis à cette teinte, puisque leur argent brillait discrètement. Sa contemplation ne s'arrêta pas là, son regard descendit encore, passant sur ses hanches où une ceinture en cuir noir de peau de dragon, à la boucle rectangulaire argentée, maintenait son pantalon. Celui-ci avait une coupe droite, taillant à la perfection ses jambes fuselées, pour retomber sur ses chaussures également en peau de dragon.
Par tous les Lutins de Cornouailles. Hermione en avait les joues rosies d'excitation rien qu'à l'observer, tellement il était séduisant ainsi vêtu. Ce costume trois pièces avait été taillé pour lui, épousant chacun de ses muscles. Et la seule chose dont elle avait désormais envie, c'était d'ôter chacune de ces couches pour que ses mains puissent profiter de la chaleur de sa peau, de son corps. Oh Merlin, oui. La jeune femme finit donc par remonter ses yeux vers son visage. Severus sentit son cœur rater un battement en apercevant cette appétit qui brillait dans le blanc de ses ambres, tout comme cette lèvre inférieure qu'elle mordillait avec envie. La Gryffondor brûlait déjà de désir. Son bassin s'émoustilla à cette constatation. Lentement, Severus s'approcha de la jeune femme, tout en commençant à défaire sa cravate.
- J'étais au Ministère en fin d'après-midi pour un rendez-vous avec le Directeur du Département de l'Education Sorcière, commença-t-il à expliquer à voix basse, marchant vers elle sans la quitter des yeux. Je devais leur exposer mon projet d'agrandir les serres pour permettre à mon Maître des Potions de cultiver ses plantes, montrant ainsi un autre aspect des potions aux étudiants.
Voilà donc pourquoi il avait fait un tel effort vestimentaire. Mais Hermione l'écoutait à moitié, captivée par cette bouche sensuelle qui se mouvait sous les mots qu'il prononçait et bercée par le ton de sa voix. Elle pouvait sentir l'air se raréfier à chaque pas qu'il faisait vers elle, réduisant l'espace qui les séparait.
- Nous étions en présence du Ministre de la Magie quand celui-ci a reçu un patronus du Département de la Justice, l'informant que la prisonnière Narcissa Malefoy venait d'être libérée par une surprenante avocate…
La Gryffondor se sentit rougir sous ce compliment déguisé.
- Je savais que Narcissa fêterait l'évènement. Alors dès que j'ai pu me libérer, j'avoue avoir abusé de mes prérogatives de Directeur de Poudlard pour venir ici par cheminette.
À présent, Severus se tenait devant elle. Sa cravate était défaite, tombant négligemment de chaque côté de son cou. Les deux premiers boutons de sa chemise étaient ouverts, comme une invitation à toucher cette peau apparente. Malgré les bonnes résolutions qu'elle avait prises avant d'entrer dans cette pièce, Hermione sentait son esprit rendre peu à peu l'âme, laissant ses émotions et sensations prendre le dessus. Son cœur battait furieusement dans sa poitrine, raisonnant jusque dans ses tympans. Tandis qu'une onctueuse chaleur réveilla son échine, échauffant au passage son sang qui commençait à bouillir en elle. Sa respiration était difficile, alors qu'il n'avait encore rien tenté. Il restait debout, face à elle, à un seul petit pas. Une distance suffisante pour sonner comme une torture, son corps réclamant un contact plus franc qu'il ne semblait pas pressé de créer.
- Je suis venu pour vous Granger, reprit-il dans un murmure. Nous devions reprendre ce que nous avons dû abandonner à Noël.
Oh oui, oui, oui. Hermione se dandina légèrement, son entrejambe anticipant déjà ces moments qu'il lui promettait.
- Ici… ? Demanda-t-elle d'une voix étonnée.
- Oui.
- Quitte à choisir une bibliothèque, je dois avouer que j'aurais préféré la Réserve de Poudlard, commenta-t-elle d'une voix taquine.
Sa remarque fit hausser les sourcils du Directeur du château. Ainsi donc, cette Lionne avait envie d'être prise à Poudlard. Et dans la Réserve. Un rictus goguenard étira le coin de ses lèvres, alors que ses yeux se firent incandescents.
- Cela peut s'arranger…Suivez-moi Granger.
Sans attendre, Severus retourna vers la cheminée, rentrant à l'intérieur de l'âtre. Hermione le suivit, venant à ses côtés. Elle l'observa sortir de la poudre de cheminette de sa poche, avant de lever le poing devant eux. L'ancienne Gryffondor s'apprêtait à lui signaler qu'ils devaient s'accrocher l'un à l'autre s'il ne comptait pas partager sa poudre avec elle, afin qu'elle puisse être également transportée. Mais avant qu'elle n'ait le temps d'ouvrir la bouche, son autre main glissa dans son dos, venant se poser sur sa hanche gauche. Elle hoqueta en sentant cette aventurière passer sous ses vêtements, caressant sa peau nue de ses doigts habiles. Fermement, il la tira contre lui, savourant ses formes qui épousèrent son torse. Leurs yeux se croisèrent un instant, échangeant cette lueur séductrice aux connotations perverses. Ils désiraient bien la même chose, tous deux animés par ce besoin pressant qui les tiraillait. Il y avait toujours ce magnétisme entre eux, cette force qui électrocutait leurs cellules au simple contact de leur peau l'une contre l'autre.
N'y tenant plus, Severus finit par lâcher la poudre tout en indiquant « Poudlard » d'une voix forte et claire. Leurs deux corps disparurent instantanément dans le flot de flammes vertes, emportés dans un tourbillon sans fin. Lorsque ses pieds touchèrent à nouveau le sol, Hermione eut à peine le temps de comprendre qu'ils étaient arrivés, qu'une bouche affamée s'empara d'elle. Les lèvres de Severus se moulèrent aux siennes, partageant cette chaleur et cette douceur qui la firent fondre dans ses bras. Elle s'accrocha à ses épaules, soutenant ses jambes déjà amollies. Un mélodieux gémissement gronda dans sa gorge lorsque sa langue brûlante taquina sa bouche, avant de forcer son passage sans ménagement. Leur échange devint très vite plus sensuel, sauvage. Tandis que leurs lèvres se retrouvèrent avec empressement, leurs mains parcouraient leurs corps, pressées de les délester de leurs vêtements. Hermione avait l'impression de s'être aventurée sur un terrain aride, souffrant d'une canicule qui la mettait à rude épreuve. La jeune femme avait si chaud, tout son être était en feu. Il venait de déclencher un brasier en elle, titillant son bas-ventre, avec un simple baiser.
À bout de souffle, la Rouge & Or rouvrit les paupières, quittant ses lèvres. Il la fixait avec une telle intensité, qu'elle en frémit. Ce noir onyx était le reflet des projets emplis de luxure qu'il avait pour elle.
- Accrochez-vous, lui annonça-t-il d'une voix rauque.
La seconde suivante, le décor autour d'eux changea radicalement, les formes et les couleurs tournoyant dans une danse folle. Le salon de ses appartements à Poudlard disparut. La seule chose qui resta intacte, ce fut ce corps solide, chaud et masculin contre lequel sa silhouette se pressa. Le parfum d'un musc ambré qu'il dégageait était une drogue à lui tout seul. Il avait le pouvoir de l'apaiser, la rassurer. Cette simple fragrance lui donnait l'étrange impression d'être à sa place contre lui, se contentant de respirer son odeur, profitant de son étreinte. Mais dans la seconde qui suivit, Severus la relâcha. En ouvrant les paupières, Hermione constata qu'ils étaient dans la Réserve, entre deux rayons. Une seule torche les éclairait, ses flammes les plongeant dans une semi-obscurité. En reposant les yeux sur lui, la sorcière le vit agiter sa baguette magique, lançant apparemment un sortilège de Confusion ainsi qu'un second pour insonoriser les lieux. Son regard croisa ensuite le sien, plus incendiaire que jamais. Severus avança lentement vers elle, tout en la fixant. Inconsciemment, Hermione recula de quelques pas, son dos finissant par rencontrer l'énorme meuble rempli de livres derrière elle.
Il s'arrêta à quelques centimètres d'elle. Severus était suffisamment proche pour apercevoir son pouls s'accélérer au niveau de l'artère située sous la peau légère de son cou, sentant également son souffle irrégulier frapper son menton. Elle était exquise, le savait-elle ? L'ambre de ses yeux flamboyait au rythme des flammes de la torche, ses joues étaient rougies par son excitation grandissante, sa bouche entrouverte ne redemandant qu'à être à nouveau embrassée. Il aurait voulu lui dire à quel point elle était belle, lui avouer dans un murmure l'effet qu'elle avait sur lui. Mais il ne sut pas comment. Severus était beaucoup plus doué pour les sarcasmes que les compliments. Tant pis. Il releva alors sa baguette magique, la pointant vers son cou. Cette sorcière était certes désirable, mais trop vêtue. Dans un sort silencieux, il fit tomber sa cape, sa veste et sa chemise par terre, ne lui laissant plus que son soutien-gorge. Le tissu était d'un blanc immaculé, dont la dentelle transparente ne cachait strictement rien. Ses yeux ne purent que s'attarder sur sa poitrine, caressant du regard cette peau dévoilée. Du bout de sa baguette, il effleura ses seins, suivant les contours de ces petits ronds bruns. La Lionne se tendit de tout son être, mettant en avant son buste dans l'espoir qu'il la touche autrement qu'avec ce morceau de bois impersonnel. Elle voulait ses main, sa bouche. Toutefois, en apercevant son rictus sur ses lèvres, Hermione comprit qu'il avait autre chose en tête. Fichu Serpentard.
Le sorcier laissa glisser sa baguette sur sa peau, passant entre ses deux monts. Malicieusement, il fit disparaitre son soutien-gorge avec un nouveau sortilège. Ses iris se dilatèrent à la vue de ces deux merveilleux globes nus. Ils étaient à portée de main, offerts. Severus sentit son anatomie tressaillir, devenant à l'étroit dans son pantalon. Pas encore. Serrant la mâchoire, il réfréna son envie de la toucher, désireux de la faire languir. Il voulait que sa peau soit exacerbée par ce manque de contact, se faisant sensible au moindre effleurement. Son excitation n'en serait que renforcée, décuplée. Severus parvenait déjà à lire l'impatience dans son regard, quémandant une petite caresse. Pas question, le Serpent resta inflexible. Sa baguette arriva sur le ventre de la jeune femme, tournant autour de son nombril. Il lui lança un sortilège de contraception, avant de la débarrasser du reste de ses vêtements. Elle était nue, libre de toute entrave, alors qu'il avait encore habillé.
Hermione aurait voulu se cacher, s'échapper, mais elle était coincée entre Rogue et le meuble derrière elle. Cette situation était étrange, presque gênante. Pourtant, après quelques secondes à observer son visage, elle sentit ses muscles se détendre sous les traits qu'elle y distingua. De l'admiration, de la curiosité, mais surtout de la convoitise. Ses yeux noirs couraient sur son corps, caressant chacune de ses courbes. En le suivant, la Lionne arrivait presque à sentir sa peau se réchauffer sous son passage. Son observation se fit plus intime quand il s'arrêta au niveau de son entrejambe, captivé par ce qui y était dissimulé. Ses joues devinrent brûlantes, tandis que ses cuisses se serrent instinctivement, à la fois timides d'être la cible de ces deux projecteurs noirs mais également dans le but d'atténuer ce manque croissant qui s'y faisait ressentir. Son petit jeu avait assez duré, Hermione le voulait.
Elle profita donc de son égarement pour attraper sa baguette, avant de la pointer vers lui. Un fin sourire sur les lèvres, la Rouge & Or se contenta de prononcer une seule formule tout en bougeant gracieusement son poignet. Un unique sortilège qui suffit à le défaire de tous ses vêtements, le dénudant entièrement. Elle se mit à mordre sa lèvre en voyant son érection fièrement érigée vers elle. Si elle tendait la main, elle pourrait facilement l'atteindre, effleurant cette peau soyeuse, chaude. Cherchant son approbation, la jeune femme releva la tête vers son visage. Un regard sombre la foudroya, stoppant net son entrain.
- Petite impatiente…, siffla-t-il entre ses dents. Tournez-vous.
Hermione ne chercha pas à discuter à l'écoute de cette voix impérieuse. Elle fit rapidement volte-face, se retrouvant nez à nez avec les livres entreposés sur les nombreuses étagères que comportait le meuble de ce rayon. La sorcière déposa sa baguette sur l'un des rebords, les oreilles aux aguets. Qu'allait-il faire ? Elle ne l'avait que déshabillé, rien de dramatique. Surtout dans leur contexte. Mais la Rouge & Or nota que la prochaine fois, elle s'abstiendrait, le laissant ôter par lui-même ses différentes couches de tissus. Son corps était si tendu, que cela en devenait douloureux. Sa peau guettait son toucher, puisant dans ses dernières ressources de patience. Il devait être en train de la scruter, profitant de sa nudité pour la regarder inlassablement. Pourquoi ne la touchait-il pas ? Elle en mourrait d'envie, depuis le moment où leurs lèvres s'étaient séparées. C'était un besoin incompressible, il lui fallait le moindre petit contact avec ce corps masculin.
S'apprêtant à se plaindre auprès de lui, elle fut devancée par Severus qui détruisit l'espace qui les maintenait jusqu'ici éloignés. Son corps se colla au sien, les faisant gémir tous les deux. Elle put sentir sa chaleur l'envelopper, son torse touchant son dos, tandis que son membre tendu épousa la courbe de ses reins, juste au-dessus de ses fesses. Il était ferme, imposant et tellement prêt ! Sa petite silhouette se frotta contre lui, souhaitant apaiser ce désir qui la dévorait. Mais elle ne fit qu'attiser le sien, lui arrachant un grognement. Où diable étaient ses mains ? Elle avait horriblement besoin de leur habilité pour calmer l'excitation qu'il avait provoquée. Il ne l'avait pas encore touchée qu'elle était déjà trempée, impatiente.
Severus s'en rendit compte, comprenant qu'il devait cesser sa torture aussi bien pour elle, que pour lui. Ne pas la toucher était trop dur, même si cela l'excitait grandement. Le sorcier leva alors une main, touchant tout d'abord sa hanche, ce qui la fit tressaillir. Elle s'aventura directement vers ses petites boucles brunes, ne prenant pas le temps de s'y attarder. Ses doigts écartèrent ses replis, la faisant soupirer d'aise. Ils entrèrent ensuite dans le centre de son univers, caressant légèrement ses parois étroites. Diablement humides. Severus grogna à nouveau en constatant qu'elle était prête à l'accueillir, tandis que son membre se contracta en anticipant l'instant où il y entrerait. Ils avaient suffisamment attendu comme ça. Il retira sa main de son puit secret.
- Mettez vos pieds sur le rebord près du sol et vos mains sur l'étagère au-dessus de votre tête, ordonna-t-il d'une voix éraillée sous le désir qui pulsait en lui.
Hermione fronça les sourcils, pas rassurée pour une mornille.
- Je ne suis…
- Faite-le, la coupa-t-il. Vous n'allez pas tomber, je suis derrière vous.
Le fait qu'il soit justement derrière elle était intrigant, voire même inquiétant. Elle ne pouvait pas voir son visage, son regard ou ses gestes. Hermione devait s'en remettre aux sensations qu'il lui déclenchait. Finissant par lui faire confiance, la sorcière obéit. Ses petites mains attrapèrent l'étagère en bois qui était au-dessus de sa tête, s'y accrochant pour grimper sur ce meuble. Il n'allait pas tomber hein ? Non, probablement pas. Elle était bien plus légère que ce rayon et tous ces livres qu'il contenait. Diantre. Cette position était compliquée. Elle était presque sur la pointe des pieds, ce rebord n'étant pas très large. Quant à ses bras, ils étaient quasiment tendus. Hermione avait davantage l'impression qu'il allait la crucifier plutôt que la prendre dans la bibliothèque. Mais d'un autre côté, la Gryffondor devait avouer que son idée était hautement excitante, attisant non seulement sa curiosité, mais aussi son désir. Jusqu'à présent, son imagination de Serpentard leur avait apporté beaucoup de plaisir.
Lorsqu'il approcha à son tour, elle ne put s'empêcher de gémir en comprenant qu'avec cette hauteur qu'elle venait de prendre, leurs bassins étaient au même niveau. Son gland vint taquiner ses fesses, se perdant un instant contre sa raie, avant qu'il ne le fasse glisser plus bas pour atteindre sa féminité. Severus plaça son érection contre l'entrée de cette dernière, venant se coller contre son dos. Ses mains remontèrent le long de ses flancs, savourant cette peau parfaite. Elles dégagèrent ensuite sa nuque de ses cheveux, les coinçant du côté droit de son cou. Les deux jumelles caressèrent ses bras levés, effleurant à peine son échine. Hermione soupira, souhaitant toujours plus. Cette robustesse qui était entre ses jambes la tentait douloureusement, désireuse de la sentir la prendre entièrement. Mais encore une fois, il semblait s'amuser à la faire languir, testant sa patience. D'autant plus qu'avec cette position, la Lionne ne disposait d'aucune liberté de mouvement si elle souhaitait rester en place. Pestant intérieurement contre les plans de ce Serpent, Hermione essaya tout de même d'accentuer leur contact en ondulant des hanches.
En vain.
Cependant, lorsque les grandes mains de Severus atteignirent les siennes, il les recouvrit, s'accrochant à elle. Placé derrière elle, ce sorcier la dominait, s'accordant à sa délicieuse silhouette. Et parallèlement, il donna un vigoureux coup de reins qui les unit enfin, les faisant crier en cœur. Ils avaient été privé d'une telle sensation depuis si longtemps qu'il se sentit obligé d'attendre quelques secondes, désireux de savourer la sensation de ces muscles qui l'entouraient, l'enserraient dans une fournaise grisante.
- Plus vos jambes seront proches l'une de l'autre, plus cela serré…, expliqua-t-il en soufflant contre son oreille.
De ses genoux, il poussa contre l'intérieur de ses cuisses pour les éloigner.
- …Et plus elles seront écartées, plus cela sera profond…, reprit-il difficilement.
Il se raidit lorsque son membre fut en elle jusqu'à sa garde, serrant sa mâchoire pour s'empêcher de grogner.
- Que préférez-vous Granger ? Demanda-t-il en restant immobile.
- Profond, parvint-elle à souffler.
Hermione remercia tous les Saints quand il bougea enfin, à peine ce mot prononcé. Il la prit avec envie, s'enfonçant en elle aussi vigoureusement qu'elle pouvait le rêver. Merlin cette position était finalement incroyable. Sa chaleur l'englobait, leurs corps étant collés. Ses bras entouraient sa tête tandis que ses doigts s'entremêlaient avec les siens. La Lionne devinait ses muscles saillants derrière elle, glissant contre elle. Il la soutenait, l'aidant à se maintenir debout sur la pointe des pieds. Et à chaque coup qu'il insuffla, Hermione avait la délicieuse impression de décoller, s'envolant vers le paradis. Ses paupières se fermèrent, profitant au mieux des sensations qu'elle ressentit, alors qu'un plaisir grandissant s'emparait d'elle. Leurs gémissements se répercutaient contre les murs, brisant le silence d'ordinaire révérencieux de ces lieux. Severus nicha sa tête au creux de son cou, avant de laisser glisser ses mains contre ses bras. Elles s'en allèrent vers sa poitrine, empoignant ses deux seins simultanément.
Ses doigts pétrirent, ceinturèrent sa chair moelleuse, lui arrachant des cris, l'encourageant davantage. Il poursuivit en cajolant ses aréoles, sa peau se tendant déjà contre ses paumes. Elle s'arqua contre lui, poussant sa poitrine pour accentuer le contact qu'il opérait dessus. Cet homme ne lui laissait aucun répit. Il réussit à attraper ses tétons, tendus et durcis sous la pression qui les habitait. Ses doigts les pincèrent, créant des étincelles qui avivèrent le feu qui brûlait entre ses jambes, alors que ses hanches s'abattaient toujours contre ses fesses avec la même ferveur.
Severus embrassa son cou, goûtant à sa peau. Dès lors qu'il s'agissait de Granger, il devenait insatiable. Le sorcier n'arrivait plus à se maîtriser, perdant un contrôle qu'il s'évertuait à garder avec n'importe quelle autre personne. Comment pourrait-il ? Elle était si…
- …appétissante…, gronda-t-il contre sa peau sous son oreille.
Un rictus s'empara de ses lèvres en l'entendant gémir, son corps s'arquant encore pour qu'il poursuive ses soins. Elle n'était plus qu'une petite chose qui poussait des soupirs, gémissements et cris terriblement érotiques, nourrissant son propre plaisir. Severus grogna en sentant sa moiteur se faire plus étroite, signe précurseur qu'elle avait commencé à monter les marches de cet escalier qui menait au septième ciel. Il serra les dents en s'efforçant de ralentir le rythme de ses poussées.
- Rogue ! Se plaignit-elle en rouvrant les paupières.
- Pas encore…
Ses mains bougèrent paresseusement, tandis que son bassin s'activa plus lentement, les mettant à rude épreuve. Modérer la cadence était une chose qui s'avéra plus compliquée qu'il ne l'avait pensée. Mais sa fierté lui commandait de réussir à les emmener ensemble dans ce monde merveilleux. Alors lorsqu'il commença enfin à sentir son esprit divaguer, le Serpentard reprit rapidement ses mouvements impétueux. L'une de ses mains garda un sein, tandis que celle de droite s'abaissa sur son ventre, puis sur ses boucles brunes. Ses doigts malicieux trouvèrent son petit bourgeon de chair, qu'ils capturèrent sans tarder. Sensible à l'extrême, il n'eut qu'à le faire rouler entre son pouce et son index pour lui arracher un cri rauque encore inégalé. Ravi, il continua, tandis que son intimité se contracta un peu plus, resserrant ce passage qu'il s'efforçait d'emprunter pour son plus grand plaisir. Une sensation familière fit peu à peu surface au plus profond de lui-même, alors que son membre était douloureusement tendu. Comprenant qu'il ne pourrait désormais plus s'arrêter, il ignora ses cuisses qui le tiraillaient, s'engageant dans la dernière ligne droite.
Il posséda chacun de ses points sensibles : son antre ardent, son bourgeon, son sein et son cou. Leur plaisir était incontestable, matérialisé par ces râles qui se mêlèrent, alors que leurs corps souffraient des derniers efforts qu'ils devaient fournir. Severus s'évertua à conserver un rythme effréné, se rendant compte qu'il ne serait plus long à venir, les premiers signes se faisant ressentir. Le sorcier pressa plus vigoureusement son clitoris ainsi que son téton, tout en mordant subitement la peau de son épaule. Sa réaction ne se fit guère attendre : la Lionne rugit une dernière fois, convulsant entre ses bras. Ses mains lâchèrent l'étagère, s'agrippant à ses avant-bras, sa tête partant en arrière pour se caler contre son épaule. S'accrochant à elle, le Serpent fut à son tour frappé par ce tsunami de plaisir qui explosa en lui comme un feu d'artifice, le faisant complètement planer. Il prolongea leur orgasme en bougeant encore faiblement, savourant ces ondes délicieuses qui détendirent chacun de ses muscles, pendant que son membre évacua enfin toute cette pression accumulée.
Ils restèrent un moment enlacés, récupérant lentement de leurs ébats dévastateurs. Severus la garda serrée contre lui, appréciant le contact de son petit corps voluptueux contre le sien. Durant ce court instant, il avait la nette impression qu'elle lui appartenait. Mais il s'agissait d'un autre aspect bien plus supérieur au plan physique, aussi étrange que cela puisse être. Son esprit étant encore embrumé par ce nuage empli de sensualité, le Serpentard mit cette pensée de côté, ne voulant pas y réfléchir dans l'immédiat. Il se retira, avant de l'aider à descendre du rebord de l'étagère. Sa main trouva sa baguette un peu plus loin, avec laquelle il s'empressa de leur lancer un Recurvite. Son regard sombre l'observa silencieusement, alors qu'elle se tournait vers lui, restant adossée contre les étagères. Leurs yeux se croisèrent, s'encrant irréversiblement. Il était inutile de parler, tous deux ressentant la même chose par rapport à ce moment qu'ils venaient de partager. Toutefois, la Gryffondor ne put s'empêcher de faire une remarque.
- Merlin…Je ne verrai plus la Réserve de Poudlard de la même manière…
Remarque qui parvint à faire apparaitre un rictus au coin des lèvres fines de Rogue, mi-fier, mi-amusé. Ce dernier alla chercher son pantalon, l'enfilant sans se préoccuper de sa nudité en-dessous. En mettant sa chemise, il essaya d'ignorer cette envie qui le saisit : qu'elle dorme avec lui cette nuit.
Ridicule ! D'où cela provenait-il ?
Fronçant les sourcils, il lui jeta un coup d'œil, la regardant remettre elle aussi ses vêtements mais d'un coup de baguette magique. La dernière fois qu'ils avaient dormi ensemble, cela avait été plaisant. Oui, mais cela ne rentrait pas dans les règles qu'ils s'étaient fixées. Quoique, ces dernières n'avaient jamais été réellement énoncé ou clairement écrite.
- Je pense que je ferai mieux de rentrer, lui indiqua-t-elle d'une voix posée, sûre.
Bien, voilà qui venait couper court à ses pensées. Le ton si déterminé qu'elle employa le perturba quelques secondes. N'y avait-il que lui qui était en ce moment même tiraillé par l'envie de retarder l'instant où ils se quitteraient ? Envie qui devenait de plus en plus déplacée. Ce n'était pas dans ses habitudes d'avoir ce genre de préoccupations. Conscient qu'elle attendait une réaction de sa part, Severus sortit de ses rêveries, réduisant le reste de ses vêtements pour les fourrer dans sa poche. Pieds nus, il revint vers elle, les pans de sa chemise tombant négligemment sur son pantalon noir.
- Je vous ramène dans le Grand Hall, annonça-t-il platoniquement.
Et sans attendre d'elle une quelconque réponse, le Directeur de Poudlard saisit son bras, la faisant transplaner devant les grandes portes d'entrée en bois massif. Il laissa ses yeux errer sur ce visage qui le ravissait secrètement, mémorisant ses traits. Quand la reverrait-il ? Il ne le savait pas.
- Cette faculté à pouvoir transplaner partout dans Poudlard est très pratique, fit-elle remarquer avec légèreté.
La Lionne ajusta sa cape en velours, ne quittant pas ses iris envoûtantes. Elle avait l'impression de s'enfuir. Hermione dut se faire violence pour refouler l'hypothèse selon laquelle elle pourrait dormir dans ses appartements cette nuit. Il n'accepterait pas…Si ? Elle n'avait pas envie de gâcher ce qu'ils partageaient.
- Peut-être pourriez-vous venir une fois sur le Chemin de Traverse, dans mon nouveau bureau. Après tout, nous sommes en Janvier, vous pouvez bien vous absenter quelques temps désormais…
En s'entendant formuler cette invitation déguisée, Hermione se sentit pathétique. Elle préféra se taire, son regard restant dans le sien.
- Peut-être, se contenta-t-il de répondre.
La jeune femme lui adressa un charmant sourire, avant de tourner les talons après un rapide « Bonne nuit ». Il attendit de voir son profil disparaitre derrière la porte, pour transplaner dans ses appartements. Mais lorsqu'il rejoignit son lit plus tard dans la soirée, le Directeur de Poudlard pesta intérieurement. Le regret l'envahissant lorsqu'il se rendit compte qu'il n'avait plus personne à enlacer, embrasser, toucher. Pour seule compagnie cette nuit, il ne lui restait que le souvenir du corps onctueux de la Rouge & Or pressé contre le sien.
Et alors là, c'est qui l'idiot entre ces deux-là ? Et oui, Hermione. L'andouille ! Enfin, ils le sont tous les deux. Ils pensaient la même chose, voulaient la même chose mais aucun d'eux n'a osé exprimer son envie à haute voix. Frustrant nooon ? :p
Ne vous inquiétez pas, ils vont bien finir un jour par arrêter de tourner autour du pot. Mais quand ? Plus que 3 chapitres héhéhé.
Sinon, j'espère que vous avez apprécié ce chapitre. Je tiens d'ailleurs à remercier Abou51, la styliste du chapitre pour Severus, qui lui a confectionné ce costume égalant la haute couture sorcière (en espérant que c'était conforme à ce que tu imaginais) !
Merci pour vos lectures et reviews, c'est sympa d'être encore là à suivre mon histoire. Je vous souhaite de bonnes vacances, batailles de boules de neige et un excellent réveillon pour une nouvelle année haute en couleurs ! :D
