Attention ! Ceci est un slash. Vous êtes prévenus !
Me revoilà avec le chapitre 25 de Unforgivable Promises. Au programme, un petit combat contre les Mangemorts et une découverte cruciale dans l'énigme de la Marque. Bonne lecture à tous !
RaR :
Petite fée en sucre : Voici la suite que tu attendais avec impatience. Je sais que le début de la traduction est un peu plus hasardeux, c'était la première fois que je me lançais dans une traduction de cette ampleur. Mais lorsque j'aurai fini la traduction, j'essaierai de reprendre au début pour l'améliorer. Mais je suis contente que cela te plaise ! A bientôt !
stormstrooper2 : Je ne pense pas qu'ils quitteront tous les rangs de Voldemort, mais c'est vrai qu'il y a pas mal de défections ! A bientôt !
lulu-sama : C'est ce qu'il y a de plus difficile quand on traduit une histoire de l'anglais au français. J'avais du mal à choisir le moment où chacun passerait au tutoiement. Mais contente que ça passe bien. Voilà la suite de ta bible de chevet ! ^^ A bientôt !
Zeugma : J'espère que tu apprécieras ce nouveau chapitre ! A bientôt !
TeZuKa j : Merci pour votre avis sur le tutoiement. Voilà la suite. Bonne lecture !
shishi-sama : Contente que cette histoire te plaise. Voilà le nouveau chapitre que tu attendais depuis tout à l'heure ! ^^ A bientôt !
Harry tâtonna à la recherche de sa baguette alors que les flammes léchaient la poutre épaisse en bois qui supportaient le petit bout de toit au-dessus d'eux. Le Professeur McGonagall trouva la sienne en premier et étouffa habilement les flammes. En quelques secondes, un deuxième feu démarra, celui-là se répandant jusqu'à la porte par laquelle ils étaient entrés.
« Des Mangemorts, » dit Karkaroff avec peu d'émotion.
Toujours malade d'avoir libéré à la fois Karkaroff et Severus des attaques de Voldemort, Harry se força à se concentrer sur la tâche à accomplir. Il sortit sa baguette et aida le Professeur McGonagall à combattre les flammes.
« Il faut qu'on sorte d'ici. Pouvez-vous faire un Portoloin, Professeur ? »
« Surveillez les flammes, » répondit-elle, ramassant une pierre à proximité. « Portus. » Harry attrapa les mains de Severus et Karkaroff et fit un signe de tête à la femme. Elle posa une main sur le bras d'Harry. Rien ne se passa. « Ça aurait dû s'activer. Cet endroit doit être protégé. »
« Ça ne l'était pas quand nous sommes arrivés, » grogna Karkaroff.
« Puis nous avons combattu, » dit simplement Harry. « Mais nous ne survivrons jamais ici en essayant d'éteindre les feux. »
« Pouvez-vous marcher tous les deux ? » demanda McGonagall aux anciens Mangemorts.
« Je pourrai s'il le faut, » répondit Severus. « Mais je ne suis pas en condition pour distancer qui que ce soit. Harry peut faire léviter Karkaroff pendant que vous les protégez, Minerva. Les barrières ne s'étendent sûrement pas au-delà de quelques centaines de mètres. »
« Et vous laisser ici ? » demanda Harry. « Vous savez que ce n'est pas une option. Je vais sortir et combattre. Ma cape me donne un avantage. Le Professeur McGonagall peut rester et s'assurer qu'ils ne fassent pas brûler la cabane autour de vous. » Harry venait de passer sa cape autour de ses épaules quand son professeur l'arrêta.
« Je ne peux pas vous laisser faire ça, Harry, » dit-elle. « Vous resterez ici. J'essaierai de les emmener ailleurs. »
« Je suis meilleur pour attaquer, » argumenta Harry. « Et ils ne vous suivront jamais de toute façon. Pas s'ils pensent avoir deux traîtres ici. Je suis la seule cible qu'ils préféreront à ces deux-là. » Il regarda Severus, espérant que l'homme verrait que son plan était le seul qui pouvait marcher.
« Autant que je déteste l'admettre, Potter a raison. A moins que le cercle rapproché du Seigneur des Ténèbres ne soit là dehors, il peut s'en sortir. Et son entraînement ne s'est pas concentré sur la défense des autres. »
Ne lui laissant pas la chance de discuter, Harry s'éloigna de McGonagall et revêtit sa cape. « Si j'arrive à les éloigner, j'activerai mon bracelet. Si l'un d'entre eux rentre, Severus peut utiliser son anneau. »
Dehors, rien ne bougeait dans la petite clairière encerclant la cabane. Harry prit soin de courir, essayant de ne pas troubler l'herbe qui poussait en plusieurs parcelles. Quand une boule de feu vola d'un arbre proche pour heurter le bâtiment, il fit confiance aux autres pour gérer le feu et se contenta à la place de se concentrer sur la source du sort.
Là, pensa Harry, distinguant un battement de robes sous les branches d'un sapin. Mais combien ? Silencieusement, Harry encercla sa proie, se méfiant des autres sorciers cachés dans la forêt. Alors qu'il s'approchait, il remarqua une seconde personne accroupie à côté de la première. Les deux faisaient face à la cabane, et les branches du sapin les protégeaient par derrière. Il se glissa plus près, énervé par leurs regards qui le traversaient pour fixer leurs ennemis capturés. Tandis qu'il s'approchait, il fut obligé de mettre son corps entre eux et la cabane. Les branches et les feuilles gardaient le chemin, et un pas d'un côté ou de l'autre les avertirait de sa présence. Une autre boule de feu lancée maintenant le toucherait en plein cœur de sa poitrine.
Souhaitant savoir si ces deux-là étaient les seuls sorciers aux alentours, Harry décida qu'un sort serait trop dangereux, vu qu'il ne pouvait pas le lancer sans exposer au moins la main qui tenait sa baguette. Il opta à la place pour une tactique plus Serpentard. S'arrêtant à plusieurs mètres devant le duo, Harry fit courir ses doigts le long de sa ceinture, cherchant une grande bouteille et sa fiole attachée. La libérant, il déboucha la fiole et but son contenu. Amer, presque immonde, le fluide lui donna la sensation d'étouffer. Il ne perdit pas de temps pour retirer le large couvercle de l'autre bouteille. Le liquide à l'intérieur s'évapora immédiatement tandis qu'Harry sentit le tiraillement rassurant du vent dans son dos. Il ne sentit rien, pas qu'il s'y attende, mais en quelques secondes, les deux sorciers devant lui étaient étendus sur les sol. Harry savait que la potion gazeuse garderait la paire inconsciente pour bien plus d'une heure.
De l'autre côté de la clairière, un bruissement soudain avertit Harry de la présence de plus d'attaquants. Ils devaient avoir vu leurs amis tomber. En amont d'Harry, ils étaient à l'abri de ce stratagème particulier, et Harry savait qu'ils devraient être encore plus sur leurs gardes maintenant.
Apparemment, ils avaient décidé d'attaquer la cabane. Trois silhouettes encapuchonnées entrèrent dans la clairière et commencèrent à lancer des sorts de feu sur la structure. De nouveau, Harry espéra que McGonagall, Severus et Karkaroff pourraient gérer les flammes tandis qu'il faisait le tour du bâtiment pour trouver une meilleure place d'où attaquer. Il courut presque vers un autre groupe qui sortait des bois de l'autre côté de la cabane. Trois ennemis étaient devenus six, et Harry ne pouvait pas faire face à un groupe sans tourner le dos à l'autre.
Une autre potion en main, Harry observa les Mangemorts s'approcher prudemment de la bâtisse. Les flammes étaient toujours sous contrôle, mais Harry savait que les trois à l'intérieur ne seraient pas capables de s'occuper des six ici dehors. Plutôt que de risquer combattre des ennemis sur deux fronts, Harry se positionna pour atteindre les trois plus proches de lui d'une seule manœuvre.
La bouteille de potion de sommeil se brisa sur la tête du premier homme tandis qu'Harry lançait un Expelliarmus sur celui de derrière. La force du sort projeta l'homme directement contre le troisième, comme Harry l'avait prévu. Avec un ennemi qui ronflait bruyamment, Harry jeta une autre potion dans la bataille avant que les deux autres puissent se relever. Elle explosa sur eux, les éclaboussant d'un liquide visqueux gris. Une fois en contact avec l'air, la potion prit vie, se répandant sur les deux hommes et les couvrant d'un gel épais. Collant au possible, elle les cloua au sol et maintint fermement leurs bras et baguettes.
Harry ne perdit pas de temps à observer la potion agir cependant, car ses actions avaient attiré l'attention de l'autre groupe. « Assez, » cria l'un d'entre eux avec une voix qu'Harry ne reconnut pas. « J'entre. L'un d'entre eux est invisible. Trouvez-le. »
Les deux autres commencèrent à lancer des sorts sauvagement en direction d'Harry. Il en esquiva quelques-uns, mais la plupart n'aboutissait pas près de lui. Se cachant derrière un rocher pour masquer sa baguette exposée, Harry jeta un maléfice Explosif à l'un des hommes. Sa cible esquiva et pointa sa baguette en direction d'Harry. Il était cloué au sol, mais le rocher le protègerait pour l'instant. Chercher un nouveau point d'observation était maintenant hors de question de toute façon. Les sorts pleuvaient sur lui trop rapidement pour qu'il essaye de courir, invisible ou non. Sachant qu'ils étaient assez loin pour éviter tout sort, Harry se mit à la recherche d'un nouveau plan.
Juste derrière les hommes, un arbre tombé, divisé en deux par la foudre, était légèrement incliné. Risquant un moment de se mettre debout, la baguette d'Harry sortit de sa cape tandis qu'il appelait, « Accio arbre ! »
Le gros tronc se rua vers lui comme s'il était tiré par une chaîne géante. Les hommes devant Harry furent frappés en faisant demi-tour, et Harry eut un moment de panique quand il se rendit compte que le sort avait trop bien fonctionné. L'arbre majestueux venait en effet vers lui, et à une vitesse trop importante pour être sûr. Se jetant au sol derrière le rocher, Harry se roula en boule et espéra que tout irait pour le mieux.
Si être lacéré par des morceaux de bois alors que l'arbre se fracassait sur la pierre était le mieux, alors Harry obtint ce qu'il avait espéré. Vivant, mais plein d'égratignures et en sang, Harry regarda par-dessus le tronc, se méfiant du dernier sorcier. Rien ne bougeait. Harry revêtit à nouveau sa cape et se glissa par la fenêtre de la cabane.
A l'intérieur, la baguette de McGonagall était pointée sur la porte. A ses pieds, le dernier agresseur était étendu, mort ou inconscient. Harry ne savait pas dire si c'était l'un ou l'autre et découvrit qu'il ne s'en souciait pas particulièrement. Ces hommes étaient venus pour tuer Severus, et aucun sort n'était trop terrible pour eux.
« Je pense qu'on les a tous eus, » dit doucement Harry dans l'encadrement de la porte avant d'entrer et de retirer sa cape. « Ils étaient huit au total. Trois sont endormis, deux sont collés par de la glue suintante, et deux sont soit assommés soit morts. Plus ce qui est arrivé à celui-là. » Harry désigna la masse au centre de la pièce.
« Mort, probablement, » dit McGonagall. « Nous lui avons jeté un sort tous les trois au même moment. Il aurait pu survivre à un ou deux, mais je doute qu'il ait pu encaisser trois maléfices Explosifs en une fois. »
« Vous êtes blessé, » dit Severus à Harry, ses yeux percevant son visage et ses mains ensanglantés.
« Juste des égratignures. J'ai en quelque sorte fait exploser un arbre. J'ai connu pire. » Severus n'avait pas l'air satisfait mais il garda son opinion pour lui pour le moment.
« Dépêchons-nous, alors, » dit le Professeur McGonagall. « D'autres pourraient arriver. »
Severus et Karkaroff se levèrent en tremblant et assurèrent aux deux autres qu'ils pouvaient marcher. Harry prit la tête, invisible, et guetta après les ennuis pendant que McGonagall assurait leurs arrières. Rien ne bougea cependant, et quand McGonagall devina qu'ils étaient allés assez loin pour éviter les barrières, les quatre prirent le Portoloin pour rentrer en sécurité à Poudlard.
Severus s'appuya sur Harry en soutien, ses jambes toujours instables et souffrant de la douleur fantôme que le Seigneur des Ténèbres avait envoyée. Dès que la brûlure de la Marque avait dépassé le seuil d'un appel normal, il avait activé son anneau et assuré à Karkaroff que des renforts allaient arriver. Alors qu'il trébuchait contre le mur, incapable de se tenir debout à cause de la douleur et des vertiges, il s'était demandé à quelle distance se trouvait Harry d'Albus quand il avait reçu le signal. Juste avant de perdre connaissance, il avait su qu'Harry allait arriver. Mais il s'était demandé si le jeune homme allait arriver trop tard.
Granger et Weasley les attendaient dans le bureau d'Albus, et Severus se força à se tenir debout sans aide. Le duo se rua sur Harry, l'anxiété inscrite sur leur visage. « Vous devriez peut-être escorter Mr Potter à l'infirmerie tous les deux. Ses blessures ne sont pas graves, mais il ne faut pas plaisanter avec des morceaux de bois pourri logés dans la peau. »
« Qu'est-ce qui s'est passé, Harry ? » demanda Weasley alors que Granger prenait le bras d'Harry. Harry se tourna et lui jeta un regard suspicieux. Il savait que le jeune sorcier voulait savoir pour la défection de Karkaroff, mais ce que l'homme avait à dire ne pouvait pas attendre, pas plus que les blessures d'Harry. Severus pouvait dire qu'Harry était sur le point de dire quelque chose et il le coupa d'un regard qu'il lui avait adressé d'innombrables fois auparavant. Avec un haussement de sourcils, il fit savoir à Harry que non seulement il savait déjà ce qu'Harry allait dire, mais en plus il avait déjà perdu la bataille. L'air agacé, Harry laissa Granger le conduire hors de la pièce.
« Est-ce que l'un d'entre vous a besoin de soin ? » leur demanda Albus. Albus n'était pas un guérisseur moyen, et Severus avait déjà reçu son aide à de nombreuses occasions après avoir reçu des blessures qu'il ne pouvait pas expliquer à Poppy. Les deux hommes indiquèrent tous les deux qu'ils allaient bien et Severus prit un siège, laissant Karkaroff raconter son histoire.
Des heures plus tard, Severus passa enfin devant le buste de Salazar et entra dans ses appartements. Accrochant sa cape au porte-manteau et notant que l'arche était fermée, il se tourna et dit, « Je suis seul. Tu peux sortir de ta cachette. » C'était un pari sûr que de supposer qu'Harry attendait. Et sinon, la pièce vide se ficherait qu'il se parle à lui-même.
Un bruissement près du canapé révéla Harry. Les longues foulées de Severus l'amenèrent rapidement près du jeune homme. Il prit le visage d'Harry dans sa main et le tourna vers la lumière du feu. Faisant courir son pouce sur la joue lisse d'Harry, il dit, « Pourquoi diable as-tu fait exploser un arbre ? »
« Il a dit quelques méchantes choses à propos des Gryffondor. Fais attention ou tu seras le suivant. »
« Je suis toujours prudent avec toi. La manière que tu as d'agiter ta baguette risque probablement de se terminer avec la perte d'un œil. »
Harry lui sourit et enroula un doigt léger autour de la main rugueuse de Severus. « Tu te sens mieux, alors ? »
« La mort a été imminente, » dit dramatiquement Severus. « Mais la présence du Seigneur des Ténèbres est remplacée par la tienne. Maintenant je n'ai plus qu'à faire face à une aggravation imminente. »
« Flatteur. » Harry se rapprocha et l'étreignit. Il n'avait jamais été pour le contact physique. Ça le mettait généralement mal à l'aise, et il avait cultivé une présence et une réputation pour décourager les autres de le toucher. Harry, bien sûr, ne semblait pas passer plus de quelques secondes dans ses appartements sans l'étreindre, ou s'appuyer contre lui sur le canapé. Quand Severus lui avait demandé s'il devait presque s'asseoir sur lui, Harry avait simplement dit non, il ne devait pas – il le voulait.
Quand il avait demandé pourquoi il le voulait, le jeune homme avait souri et répondu, « Parce que je peux. Et que tu sais comment je bois mon thé. » Severus avait choisi de ne pas argumenter. Il comprenait les deux réponses, après tout. De plus, le contact avec Harry ne le dérangeais pas tant que ça.
« Alors, tu vas me raconter pour Karkaroff ? »
« Il y a peu de choses à dire à ce jour. J'ai passé une grande partie de la journée à m'assurer qu'il était digne de confiance. Albus l'interroge en ce moment à propos des plans actuels du Seigneur des Ténèbres. »
« Ça a pris si longtemps ? Et la Légilimencie et le Veritaserum ? »
« Un sorcier de sa puissance peut résister aux deux pendant un très long moment sans paraître combattre les effets. Mais Albus est satisfait. Et à en juger par ta réaction tout à l'heure, il ne feignait pas la douleur quand le Seigneur des Ténèbres m'a attaqué. »
« Non, je peux garantir qu'il était aussi attaqué. Ce n'était pas aussi fort que pour toi quand je me suis occupé de lui, mais c'est probablement en partie parce que je savais à quoi m'attendre, et en partie parce que j'avais déjà renvoyé ta douleur au Seigneur des Ténèbres. »
« Avec un timing impeccable, je dois ajouter, » ajouta Severus, sentant qu'il devait de quelque manière admettre qu'Harry lui avait encore sauvé la vie.
« Je suis désolé d'avoir mis tant de temps à venir jusqu'à toi. J'ai d'abord dû aller au bureau du Directeur, puis… »
Severus le fit taire avec un bref baiser. « Tu es venu, » dit-il, fixant Harry dans les yeux. « Ce qui est plus que je ne le mérite. »
Harry crocheta son bras autour de son cou et posa la tête sur l'épaule de Severus. « J'ai eu si peur d'arriver en retard. »
Tout comme moi, pensa Severus. Mais ce genre de choses ne devait pas être dit à haute voix. Il avait pensé à beaucoup de choses quand il était étendu sur le sol à attendre après Harry, alors que la douleur augmentait et que la mort se dessinait plus que jamais auparavant. Ses pensées avaient toutes été pour Harry. Il n'y a pas si longtemps, Severus n'aurait eu que les souvenirs de ses péchés pour le tourmenter, même sous la douleur de la Marque.
Le jeune homme s'écarta et lui sourit. « Du thé ? »
Severus sourit et hocha la tête. Il s'installa sur le canapé et regarda Harry bouger dans la cuisine. Il s'était promis, alors que le sauvetage devenait de moins en moins probable, qu'il dirait à Harry ce qu'il était venu à représenter pour lui s'il en avait la chance. Maintenant, en sécurité à Poudlard, la douleur n'étant plus qu'un souvenir, ça semblait mélodramatique. De telles déclarations étaient faites pour de stupides romans, pas pour la réalité, et il avait dédaigné de telles scènes quand il les avait lues. Plus encore, ça paraîtrait moins sincère après qu'Harry lui ait sauvé la vie. De toute façon, Harry était content de simplement passer du temps avec lui. Il l'avait dit plus tôt.
Harry revint peu de temps après avec le thé. Severus repoussa sa sentimentalité, la bannissant comme une réaction à sa fatigue.
« Oh, » dit Harry, s'asseyant à côté de lui, mal à l'aise. « Je sais que tu m'as demandé de ne pas le faire, mais j'ai dit à Ron et Hermione pour nous. Ron savait déjà que j'avais le béguin pour toi. Je n'ai rien d'un acteur, j'imagine. Il a pu voir à quel point j'étais inquiet hier. Je suis désolé de ne pas te l'avoir demandé avant. Et je l'ai dit à Hermione hier soir pendant que tu étais avec le Directeur. »
Il aurait dû être en colère, mais la nouvelle n'était pas totalement inattendue. Personne ne laissait entrer Harry Potter dans sa vie sans recevoir le reste du groupe. « Tu veux dire que tu n'es pas un bon menteur, pas un acteur. Je n'attends pas que tu mentes régulièrement à tes deux meilleurs amis, et je ne serai pas la raison pour laquelle tu commenceras. »
« C'est bon, alors ? »
« Il le faudra bien. »
« Ils ne diront rien tu n'as pas à t'inquiéter. Nous ne nous mentons pas les uns les autres, mais nous mentirons l'un pour l'autre. » Harry sourit.
« Aussi longtemps qu'ils ne croient pas que le révéler est dans ton intérêt, » ajouta Severus. Combien de temps avant que les amis d'Harry décident qu'il serait mieux sans un traître Mangemort trop vieux pour lui ?
Harry ne semblait pas inquiet. « Tu n'as qu'à continuer à être exactement ce dont j'ai besoin, alors. »
Le matin suivant, Harry observa Severus entrer dans la Grande Salle pour le petit-déjeuner sous les grognements calmes du corps étudiant. Une journée entière de cours de Potions annulés avait conduit à un grand nombre de rumeurs. Tout le monde savait qu'il ne manquait jamais un cours, et les théories sur son absence étaient allées d'un horrible accident lors de la préparation d'une potion à une révolte déclarée à l'encontre du Directeur. Harry restait simplement silencieux. Ses camarades de maison savaient que Severus et lui s'entendaient mieux, mais ça leur paraitrait tout de même étrange s'il prenait la défense de l'homme. Pas comme si Harry se souciait des rumeurs de toute façon. Ils les ignoraient toutes, même les plus méchantes, ce n'était que des bavardages insensés. Severus allait bien, et rien d'autre n'avait d'importance.
Hermione arriva tard au repas, le nez plongé dans un livre comme d'habitude. La jeune fille passait presque tout son temps ces derniers temps à essayer de retrouver la trace des quelques derniers sorts qu'Harry avait vus utilisés lors des marquages. Elle n'avait pas fait de recherches la nuit précédente cependant, quand Harry lui avait raconté sa relation naissante avec Severus. Sa réaction avait prouvé que bien qu'elle soit sans aucun doute meilleure que Ron en classe, elle n'était pas aussi observatrice quand ça touchait aux émotions de ses camarades. Pour sa part, elle avertit simplement Harry d'être prudent, étant donné que Severus était bien plus âgé que lui. Harry s'était attendu à plus d'objections, et il suspectait de par son ton qu'Hermione avait voulu en dire plus, mais qu'elle s'était retenue. Quand à savoir si c'était parce qu'Harry venait juste de revenir d'un combat contre les Mangemorts ou pour une autre raison, c'était une bonne question. De toute façon, Harry savait qu'il avait son soutien et sa loyauté.
« Un autre livre de sorts obscurs, Hermione ? » demanda Harry alors qu'elle s'asseyait.
« Hmm ? » Elle leva la tête avec un air confus. « Oh, non. Runes Anciennes. Je n'ai pas eu la chance de relire ce chapitre hier soir, alors je le fais maintenant. »
« Relire ? » demanda Ron, l'air de souffrir de douleur physique. « La moitié du temps, je ne lis pas le chapitre du tout. »
« Oui, tu les lis la moitié du temps, et je les lis deux fois. C'est pourquoi je réussis quatre fois mieux que toi. Ce sont des mathématiques de base. »
Ron avait l'air d'essayer de vérifier si l'arithmétique d'Hermione était exacte. Harry supposa que c'était simplement pour gagner du temps. Alors qu'elle tournait la page, il aperçut une série de runes sur la page.
« C'est quel genre de runes ? » lui demanda Harry. « Elles me semblent familières. »
« Des runes auxiliaires, » expliqua Hermione. « Tu les as probablement déjà vues. »
« A quoi servent-elles ? »
« Contenir l'énergie. Elles sont communes à presque toutes les magies runiques. »
« Alors où les aurais-je vues ? » Harry savait qu'il avait déjà vu ces runes. Elles flottaient à la lisière de sa mémoire.
« N'importe où, » dit Hermione à la frustration d'Harry. « Elles piègent l'énergie et fournissent la puissance pour connecter les runes. Demander où tu peux les avoir vues, c'est comme ramasser une batterie et essayer de se rappeler dans quoi tu as déjà vu une batterie. Ou demander quelles potions nécessitent un chaudron pour les préparer. Gringotts utilise une magie runique pour sa protection. Elles étaient probablement sur la voûte quand tu y es allé avant la première année. Je pense qu'il y en avait sur la porte de la maison de Sirius. Et il y en a à Poudlard, mais beaucoup plus stylisées. »
« Poudlard ? » demanda Ron. « Où ? »
« Partout, » répondit Hermione. « Elles sont juste vraiment, vraiment déguisées et ressemblent à des décorations. Comme les écritures dans les vieux manuscrits illuminés. Moitié lettres et moitié art. La plupart des barrières de l'école sont runiques. C'est mieux pour les sorts permanents. »
« Je suppose que ce n'est pas important, alors, » dit Harry. « Je n'ai jamais su que j'observais des runes tout ce temps. Je suppose que quelques-unes se sont gravées dans ma mémoire. »
Tout de même, la familiarité le travailla tout le temps du petit-déjeuner. Il finit par repousser tout ça de son esprit, refusant de s'étendre là-dessus. Il espérait qu'une fois qu'il aurait oublié les runes, il se rappellerait où il les avait vues.
Au déjeuner, Harry avait perdu cette sensation persistante, bien qu'aucun éclaircissement ne soit survenu. Dans l'après-midi, Severus avait demandé à Harry, Ron et Hermione de rester après le cours de Potions pour leur dire que plusieurs membres de l'Ordre seraient dans le bureau du Directeur ce soir-là pour revenir sur ce que Karkaroff avait raconté à Dumbledore, et pour dire à Harry qu'on avait fourni à Karkaroff un anneau semblable au sien et à celui de Nott. Ils étaient tous impatients de savoir ce que l'homme avait dit, mais comme Severus était toujours ignorant d'une grande partie de l'histoire, ils devraient attendre. Il ne leur dit rien à propos de leur secret maintenant partagé, et Ron et Hermione n'allaient certainement pas aborder le sujet.
Ainsi, Harry suivit ses amis jusqu'à la bibliothèque et se résigna à une soirée de devoirs sans Severus. Luna et Neville étaient déjà là. Harry fut heureux de constater qu'ils passaient beaucoup de temps ensemble depuis que Neville était venu à sa rescousse ce fameux matin au début de l'année. Il faisait sans aucun doute un couple intéressant. Luna était presque aussi intelligente qu'Hermione, et l'assurance de Neville n'avait fait que s'améliorer depuis cet été.
Il ne se passa pas longtemps avant que Nott ne s'approche et leur demande s'ils travaillaient sur leur devoir de Potions. En l'occurrence, ce n'était pas le cas, mais Harry invita le garçon à s'asseoir avec eux malgré tout.
« Comment ça se passe dans les cachots ? » demanda Harry. Bien que le garçon ne se soit pas vraiment confié à eux, il était un peu plus désireux de parler de choses plus personnelles que les devoirs.
« Aussi bien que ce que j'espérais, je suppose. La moitié des Serpentard me déteste pour avoir échappé au Seigneur des Ténèbres, et l'autre moitié a peur que je ne me sois pas échappé du tout. »
« Mais le Professeur Rogue veille sur toi, n'est-ce pas ? » demanda Luna.
« Grand bien me fasse, » répondit Nott avec amertume. Harry tint sa langue.
« Hey Hermione, » dit Ron pour changer de sujet, « des progrès sur les sorts ? »
« Non, » répondit Hermione, clairement contrariée. « Nous sommes à peu près sûrs de savoir quels sont les deux derniers. » Autant que Nott sache, ils avaient obtenu leurs informations sur la Marque de Rogue, pas d'Harry. « Mais il manque toujours quelque chose. Le Professeur Flitwick continue de dire qu'une certaine potion pourraient lier les sorts ensemble pour n'en faire plus qu'un, mais il ne se permettra pas de suggérer que le Professeur Rogue n'a pas connaissance d'une potion. De toute façon, expertise de Rogue ou pas, il a dit que les marquages avaient commencé après que Voldemort ait passé plusieurs heures ou même une journée entière en présence des Mangemorts. Peu importe ce qu'il se passe durant le marquage lui-même, il ne semble pas y avoir de préparation au préalable. Donc tout est dans nos notes quelque part. »
Harry résista à la tentation de fouiller dans les notes à l'instant. Ils n'étaient pas censés les montrer à qui que ce soit, et ne devaient être étudiées que dans la pièce prévue pour les recherches du groupe. Ce n'était pas comme si les notes étaient tellement utiles pour Harry de toute façon. Il n'avait pas l'intelligence d'Hermione pour les recherches. Et la plupart des informations qu'elles contenaient continuaient de réveiller un Harry tremblant tandis qu'il revivait les cérémonies de Nott et des autres.
Soudain, Harry bondit de la table. Ses amis levèrent les yeux avec un air surpris et plusieurs élèves d'autres Maisons le regardèrent avec curiosité.
« Nott, tu peux venir avec moi un moment ? Toi aussi, Hermione. Les autres restent ici. » Nott arborait un air suspicieux, mais il donna son accord. « Prends tes livres, » ajouta Harry à Hermione, puis il les conduit dans le coin de la bibliothèque où se tenait la tapisserie de St George.
« Je réalise que ça risque d'être inconfortable, mais j'ai besoin de voir la Marque des Ténèbres, » dit Harry. Le visage de Nott se figea et Harry leva une main. « Je ne veux pas t'embarrasser, mais c'est important. S'il te plaît. J'aurais bien demandé au Professeur Rogue, mais il n'est pas là. » Nott serra la mâchoire et jeta un coup d'œil à Hermione. « J'ai besoin qu'elle la voit, elle aussi. Je pense savoir ce qui lui manque. Ce qui nous manquait à tous. »
Comme si cela lui demandait un effort physique, Nott releva sa manche et exposa son avant-bras. Harry attrapa un morceau de parchemin et fit signe aux deux autres de s'approcher de la table. Alternant entre la Marque et le parchemin, Harry dessina un dessin tourbillonnant. « Hermione, dis-moi si ça commence à ressembler à l'une de ces runes que tu as étudiées. »
« Ça y ressemble déjà, » répondit-elle. Sortant son livre, elle tourna les pages jusqu'à un des premiers chapitres. « C'est une rune de fondement. Ça s'utilise en premier et fait agir le reste comme un seul. Mon Dieu, Harry. Tu as raison. Si la Marque est une rune, c'est la pièce manquante. Les runes sont le meilleur moyen pour lier et contrôler l'énergie magique. »
« Nous devons parler à Dumbledore, » dit Harry. « Merci, Nott. »
« Si tu peux m'enlever ça, tu n'auras jamais à me remercier pour quoi que ce soit. »
« C'est le plan, » répondit Harry. « Hermione, dis à tout le monde que nous avons trouvé. Je vais chez le Directeur. Il ne nous laissera pas tous monter tant que l'Ordre sera là, donc je reviendrai dès que je pourrai. »
La gargouille se mit de côté et Harry se rua dans les escaliers, incapable d'attendre qu'ils ne montent d'eux-mêmes et le portent jusqu'au bureau. Arrivé en haut, il fit juste preuve d'assez de bonnes manières pour frapper avant d'ouvrir la porte. Dumbledore était assis à son bureau, comme d'habitude. Tonks, Karkaroff et McGonagall étaient assis en face de lui, et plusieurs autres membres de l'Ordre se tenaient contre le mur. Harry distingua Severus dans un coin sombre et ne put s'empêcher d'adresser à l'homme un sourire radieux.
« J'ai trouvé la pièce manquante, » dit-il avant que quiconque ait la chance d'objecter à son intrusion. « Ce n'est pas un sort ou une potion, c'est la Marque. C'est une rune. Lier et contrôler, n'est-ce pas ? »
« Vous en êtes sûr, Monsieur Potter ? » piailla Flitwick, saisissant immédiatement les déclarations incohérentes d'Harry. « Ça fait sens, mais pouvez-vous identifier quelles runes ? »
« Pas toutes, mais ça commence par celle-ci. » Harry avança jusqu'au bureau de Dumbledore et déroula le parchemin. « Tout d'abord… »
« Je pense, » intervint Severus et il attrapa le parchemin sur le bureau, « que cette conversation devrait se faire en privé. »
« N'est-ce pas la façon habituelle de mettre quelqu'un à la porte ? » demanda Tonks avec légèreté. Severus la fixa froidement du regard jusqu'à ce qu'elle commence à se tortiller un peu.
« Ces informations n'ont jamais été librement partagées avec l'Ordre. Nous en connaissons tous les raisons. Aucun de nous ne conserverait nos secrets très longtemps sous le coup d'un interrogatoire du Seigneur des Ténèbres. Albus, pourrais-je parler avec Potter dans l'autre pièce pendant que vous continuez ici ? »
« Bien sûr Severus. Minerva et Filius devraient peut-être se joindre à vous. Ils ont pris part activement à tout ça après tout. » Severus acquiesça et les quatre personnes quittèrent la pièce.
« C'était stupide, » dit Severus à Harry une fois la porte fermée. « Moins il y a de gens au courant du fait que vous puissiez voir à travers les yeux du Seigneur des Ténèbres, mieux c'est. Karkaroff ne sait toujours pas exactement comment vous l'avez sauvé, il est seulement au courant que c'est vous qui l'avez fait. »
« Je suis désolé, monsieur. Vous avez raison. Je suis juste excité. Je pense que nous pouvons enfin résoudre ce problème. »
Avec les deux autres professeurs derrière lui, Severus adressa un sourire doux, bien que bref, à Harry avant de lui tendre le parchemin. « Expliquez. »
« C'est par pure chance que j'ai reconnu une rune provenant d'un des livres d'Hermione. Mais la pure chance est ce pour quoi je suis le meilleur, » ajouta Harry avant que Severus ne puisse intervenir. « Quand le Seigneur des Ténèbres a créé la Marque, il a posé le bout de sa baguette contre la peau et la Marque s'est en quelque sorte répandue à partir de là. Ceci, » Harry désigna le parchemin, « s'est formée dans les deux premières secondes. Hermione dit que c'est une rune de fondement. Après ça, des lignes supplémentaires ont commencé à s'étendre. Je parie que d'autres runes se forment au fur et à mesure, jusqu'à ce que ça finisse par ressembler à la tête de mort à la langue de serpent. »
« Qu'est-ce que ça forme après ça ? » demanda Flitwick, excité.
« Je ne me rappelle pas vraiment, » admit Harry. « Je faisais plus attention à ce qu'il disait. Et c'était plutôt horrible à regarder. Ce n'est pas comme dessiner. La peau brûle. Je pouvais le sentir. » Harry secoua la tête. « En tout cas, je n'en ai pas vraiment souvenir. Je ne me souviens que de ça parce que c'était encore assez simple. Je pense qu'il y en avait une autre, une rune auxiliaire, c'est comme ça qu'Hermione l'a appelée. Pour contenir l'énergie. »
« Oui, oui, ça a du sens, sans aucun doute, » dit Flitwick. « Je ne peux pas croire que je ne l'ai pas vu avant. »
« Je suis d'accord, » dit McGonagall. « Excellent travail, Mr Potter. Cinquante points pour Gryffondor. »
« Où sur la Marque avez-vous vu la rune auxiliaire ? » demanda Severus. « Plus tôt nous décomposerons tout ça, plus tôt nous aurons nos réponses. » Sans hésiter, il exposa son bras et présenta la Marque à Harry.
Harry s'avança pour désigner le dessin du doigt, mais il se rendit rapidement compte que non seulement le contact le ferait entrer dans l'esprit de Severus, mais cela scandaliserait probablement McGonagall de le voir tracer des motifs sur la peau de Severus. Il se mit à la recherche de sa baguette, mais se dit que la mettre en contact avec la Marque pourrait mener à une réaction inattendue. Finalement, Severus fouilla dans sa robe et en sortit un agitateur en verre. Harry capta son regard, amusé, et l'accepta.
« Je suis un Maître des Potions, » précisa Severus à la question informulée.
« Et vous promener avec un agitateur en verre dans les poches le prouve, » murmura Harry en retour. « Est-ce que je perdrais des points si je t'appelais un intello des Potions ? »
« Oui. »
« D'accord, alors. Je ne le ferai pas. » McGonagall et Flitwick se rapprochèrent et Harry interrompit le badinage et se concentra sur la recherche de la rune cachée dans la forme complexe de la Marque.
« Ça en fait deux. Comment retrouver les autres ? » demanda Flitwick.
« Nous devrons connaître l'ordre exact dans lequel ces lignes se sont formées, » dit McGonagall. « Si j'observe la Marque assez longtemps, je suis presque certaine que je trouverai presque toutes les runes. Severus, je suppose que vous ne… »
« Je me souviens seulement de la douleur. Et si vous demandez à Karkaroff ou à Monsieur Nott, je suis certain qu'ils diront la même chose. C'est exactement ce que souhaite le Seigneur des Ténèbres. »
« Alors nous devons découvrir quand il va procéder à un autre marquage, » dit simplement Harry, espérant que sa voix sonnait plus calme que ce qu'il ressentait. « Et je devrais probablement commencer à étudier les runes les plus probables pour que je sache ce que j'observe. »
A suivre
A bientôt pour la suite ! On arrive bientôt à la fin, plus que 6 chapitres.
En attendant, une petite review svp ?
