Obsession Amoureuse ne se termine pas là !

Voici la saison 3 et j'espère sincèrement que cette suite vous plaira !

Résumé:

Après avoir passé un été formidable aux côtés de son tout premier petit ami, Sasuke, plus heureux que jamais, entame sa dernière année au lycée. Tout semble lui sourire? Pas vraiment. S'intégrer à cette nouvelle école lui met la peur au ventre, sans parler de Naruto qui s'éloigne un peu plus de lui. Fréquantant désormais l'Université, Naruto a des occupations différentes que les siennes et Sasuke, aussi réaliste qu'il peut être affecté par ça, plongera de plus en plus dans cette peur de le voir disparaître, continuer sa vie et finir par l'oublier. Leur couple sera-t-il assez soudé pour survivre aux hauts et aux bas du train-train quotidien? Sasuke sera-t-il assez fort pour survivre à tous les imprévus que la vie lui jettera au visage? Sera-t-il capable de survivre à tout ce que lui réservera l'avenir? Sera-t-il capable de survivre... tout simplement ?


Elle s'approcha et je sursautai quand elle passa un bras autour de ma taille. Elle se releva en me tirant et je me vis dans l'obligation de me lever, m'appuyant accidentellement sur ma cheville, ce qui m'arracha un cri de douleur.

- C'est complètement ridicule ! Il ne peut visiblement pas marcher tout seul, vous croyez que cette fille arrivera à le traîner jusqu'au centre de santé du lycée ?

Yuki avait le regard enflammé. Gaï avait dit son dernier mot, il était reparti arbitrer la partie. Tout le monde se dispersa de nouveau dans le gymnase, sur le terrain. Je voyais dans les yeux de Yuki de la fureur. Et je me souvins des mots qu'il m'avait dits: « Vois-tu, Sasuke, c'est que… Moi je suis amoureux de toi. »

Je me sentis rougir, quand il serra les poings et tourna les talons en grognant. Il continua la partie et Sakura me ramena à elle en me tirant vers le côté.

- Viens, le chemin sera long.

- Pourquoi t'as fait ça ? Lâchai-je brusquement.

- Fait quoi ? J'ai dit que je n'avais pas fait exprès.

- Je parle de…

Je m'étranglai. C'était comme si toute la rage et la haine que je ressentais pour elle depuis quatre mois s'était mit en une petite boule – ou plutôt une immense boule – amer de chagrin et de colère, et qui se bloqua dans ma gorge. Son bras autour de ma taille et son odeur m'envahissant me donnaient envie de vomir. Je ne pouvais pas croire que Yuki n'avait pas réussit à convaincre le prof que c'était ridicule qu'elle parvienne à me trainer jusqu'à l'infirmerie.

J'avais envie… Envie de la pousser, de lui cracher dessus, de pleurer. Oui de pleurer…

- Je parle de… me repris-je, tremblant et c'était obligé qu'elle le sente puisque son corps était collé au mien. Pourquoi t'as… Pourquoi tu m'as trahi ? Je croyais que t'étais mon amie.

- Tu t'es trompé.

- Je le sais !

- Sasuke. T'es trop naïf.

Nous arrivâmes aux vestiaires et au lieu de se diriger, comme à chaque fin de cours, aux casiers, nous sortîmes pour atteindre le couloir.

Elle enfonça ses ongles dans mes côtes. Je gémis, retenant pourtant mes larmes en serrant ma mâchoire.

- Je le sais malheureusement, murmurai-je. Je suis stupide… les gens me trompent facilement… J'en suis conscient…

- …

- Mais toi … ?

- …

- Tu n'étais pas comme ça…

- Tu viens de le dire, ricana-t-elle amèrement. Les gens te trompent facilement.

- Pourquoi ? soufflai-je, honteux de verser une larme en ce moment.

- Sasuke, tu n'es pas à la hauteur pour sortir avec quelqu'un comme Naruto.

- Et alors ? M'écriai-je en la repoussant, retombant stupidement par terre à cause de ma cheville.

Ma voix résonnait dans les corridors vides.

- Qu'est-ce que ça peut te faire à toi ? T'es conne ou quoi ? C'est pas ton problème ! Et si peut-être qu'il n'est pas fait pour moi ! Mais je m'en fous parce que je l'aime ! C'est sûrement quelque chose que tu ne connais pas ! L'amour, tu sais pas c'est quoi ! Et ne me touche plus avec tes salles pattes d'hypocrite, COMPRIS ?

Sakura resta muette devant ça. J'avais des larmes de rage sur mes joues. J'étais assis par terre, les genoux remontés et la cheville qui élançait douloureusement, picotant également. J'espérais que personne ne m'ait entendu, dans les classes avoisinantes, ce serait trop embarrassant, et surtout trop beau que Naruto sorte d'une de ces classes et vienne me récupérer. Oui ce serait bien trop beau. J'étais stupide, mais lucide, je savais faire la différence entre les films et la réalité.

Sakura éclata alors de rire et je me renfrognai.

- Quoi ? T'es pas sérieuse, là ? Marmonnai-je.

Ce fut alors que je sentis une présence derrière moi. Des rires étouffés. Je me retournai, du mieux que je pus, avec cette cheville en compote. Je relevai la tête, écarquillant les yeux en voyant ce colosse de presque trente mètres: Ricky.

Il rigolait.

- Bien joué Sakura, lâcha-t-il. Je pensais pas que tu réussirais à le ramener jusqu'ici comme prévu.

- Q-Quoi ?

- En plus, tu lui as déboîté la cheville ? S'étonna-t-il. Wooaaah ! J'admire ton talent Sakura, t'es plus forte que tu n'en as l'air !

- Espèce de gros imbécile, grogna Sakura. Ne me sous estimes pas.

- Ne me touche pas gros porc ! l'avertis-je quand il se pencha vers moi. N-NON !

- Du calme, petit, dit-il en me mettant un coup de pied dans les côtes pour que… je me calme.

Je gémis, le souffle coupé. Puis il me prit par un bras, enroulé autour de mon abdomen. Il me souleva dans les airs et je me débattis, battant des jambes dans le vide.

- Laisse-moi ! Tout de suite ! ARRGH !

Je lui mordis le bras et il ne fit que grogner sans plus. Sakura le guida vers la salle de bain des hommes que je n'avais même pas remarqué.

- On continue à suivre le plan, bébé ? demanda-t-il à Sakura.

Celle-ci ne fit qu'hocher la tête, ennuyée.

- Eh bien oui, soupira-t-elle. Je t'ai dit d'attendre mon feu vert pour le toucher. Je te donne carte blanche. Fais-le souffrir.

Mes yeux s'écarquillèrent, alors que mon ventre était écrasé par son bras. Je ne pouvais pas parler, j'avais le souffle littéralement coupé. Je ne comprenais pas les paroles de Sakura. Elle avait l'air sûr d'elle. J'avais peur, je paniquais, et encore plus quand elle déclara:

- Mais essais d'étouffer ses cris. Je surveillerai ici, moi.

- Parfait. Compris bébé. Mais après on sort ensemble, comme tu m'as promit hein ?

- On verra.

- D'accord m'dame !

Elle croisa les bras et commença sa garde, alors que Ricky m'emmena à l'intérieur de la toilette, il me jeta par terre, sans douceur, et je gémis à cause de ma cheville. Il observa que personne n'était là dans les cabines, avant de s'approcher de moi. Je reculai du mieux que je pouvais, le plus loin aussi, mais lorsque mon dos toucha le mur, je m'arrêtai, tremblant de partout.

- Q-Q-Qu'est-ce que t-t-tu vas me faire ?

- Sakura m'a donné l'ordre de te descendre. Tu l'as entendu toi-même non ?

- Je vais crier ! S-S-Si tu me touches ! E-E-Et on t'entendra !

- Pas si je t'étouffe avec mon t-shirt.

Je voyais le visage de Ricky s'approcher jusqu'à ce que je ne puisse plus reculer plus que ça. Le mur derrière était collé à mon dos, je me sentais étouffé, comme si tout allait se refermer sur moi. Ricky continua d'avancer, son visage menaçant et la lueur malicieuse dans son regard, puis il se pencha et je hurlai.

- Bébé ! Bébé !

- NON ! Va-t-en, ne me touche pas !

Me débattant comme un diable, je finis par réussir à sortir la tête de mes couvertures et j'ouvris des yeux terrorisés, respirant une grande bouffée d'air, tout en poussant de mes deux mains la personne qui venait d'ajouter son poids au mien sur mon lit.

- Oh la, doucement bébé, ricana une voix grave que je reconnus tout de suite et mes yeux papillonnèrent avant que je ne me réveille complètement.

Je vis deux yeux bleus amusés et à la fois inquiets. Naruto, assis sur le bord du lit était penché vers moi, et avec sa main qui caressait lentement mon front, j'arrivai à me calmer. Mon corps tremblait, mon torse était secoué et mon cœur battait la chamade. Naruto attendit quelques minutes avant de m'embrasser sur le front et me dire:

- Dis donc… Tu as fait un cauchemar ?

Je me blottis contre moi-même en essayant de retomber endormi. Mes yeux me piquaient, il était clair que j'avais encore besoin de sommeil, et avec Naruto à mes côtés, j'allais sans doute y parvenir. J'attrapai donc sa main et la serrai contre mon cœur pour être sûr qu'il ne partirait pas. Mais son rire, qui résonna, me fit rouvrir des pupilles troublées.

- Hé, tu m'écoutes là-dedans ? S'amusa-t-il en mettant une pichenette entre mes deux yeux.

- Aye !

- Tu es fatigué ? demanda-t-il plus sérieusement.

- Hn, ronronnai-je.

- Eh bien je suis désolé, mais il faut que tu te lèves.

Je grognai en me retournant, le sommeil encore à mes baskets mais, rien à faire, Naruto attrapa mon menton et me fit tourner la tête.

- Quoi… ? me plaignis-je d'une voix endormie.

- Bébé, tu te lèves, oui ?

J'ouvris plus grands les yeux, et remarquai que le soleil était déjà levé et qu'il brillait dans ma chambre. Naruto, habillé d'une chemise blanche propre et d'un jean bleu classique, était tout simplement trop chique pour que ce soit l'après midi et qu'il soit venu me chercher pour aller jouer au basket. Non… Alors c'était…

- C'est déjà lundi ? dis-je tout bas.

- Ehhh oui!

- Oooooh…

Naruto pouffa avant de retirer la couverture de sur moi. Il se leva debout, et glissa ses deux bras sous mon corps pour me soulever aisément. Je grognai tout en fermant les yeux, mais je dû vite les rouvrir quand il me mit debout et me posa au sol.

Je grimaçai à son sourire fier.

- C'est très amusant…

- Je sais, répondit-il en mettant ses mains sur ses hanches. Je voulais te voir avant de devoir me rendre à l'université.

- Oh…

- Mes cours, le lundi, débutent à 9 heures.

Je cherchai rapidement mon cadran et vis qu'il était 8 heures et cinquante-trois minutes. Je me tournai vers Naruto et, réalisant, me mis à rougir comme un idiot.

- Oh ! Désolé ! Je vais te mettre en retard !

- Ce n'est rien, me rassura-t-il en s'approchant. Tu en vaux la peine et puis, à l'université, ce n'est pas comme au lycée. Les profs n'en feront pas toute une histoire. Nous avons notre liberté, nous sommes adultes. Autrement dit, c'est notre problème et tout le monde s'en balance complètement.

Je m'approchai et acceptai volontiers de me blottir contre le torse de mon homme. Il passa ses bras autour de moi et me serra agréablement contre lui. Sa chaleur me réchauffa même si je n'avais pas froid. J'adorais être dans ses bras, et en passant les miens autour de sa taille, je nichai mon visage dans sa chemise et humai son odeur délicieuse.

- Nee, Sasuke, dit alors Naruto, le menton sur le dessus de ma tête.

- Nhh?

- À quoi rêvais-tu ?

J'eus un hoquet, puis deux, ce cauchemar horrible me remontant à la surface. Je mis mes mains en coupe autour de mon visage, me fondant un peu plus contre lui, comme si je voulais disparaître. Naruto glissa ses grandes mains si rassurantes de haut en bas sur mon dos.

- Eh bien, marmonnai-je en me raclant la gorge. Tu te souviens de Sakura et Ricky ?

- Évidemment.

- Il m'arrive p-parfois de… Faire des cauchemars. De revivre ça. Quand il m'a agressé dans les toilettes de l'école.

Naruto resserra sa prise, tendu soudainement.

- T'inquiète. Personne ne te fera subir ça cette année.

- Comment pourrais-je le savoir ? C'est un nouveau lycée… Peut-être que les gens sont encore plus cinglés !

- Deidara sera avec toi.

- Ouais… Qu'est-ce qu'il pourra faire, grognai-je sarcastiquement.

Naruto attrapa mes épaules et me fit reculer pour plonger dans mes yeux noirs. Son regard bleuté semblait si profond et si infiniment rassurant que je m'y perdis de longues minutes, alors que Naruto leva la main pour longer une mèche qui encadrait mon visage avec ses doigts. Puis, il se pencha et pressa ses lèvres sur mon front.

- Eh bien si quelqu'un te fait quoique ce soit, je traverse la rue et lui botte les fesses. Promis juré.

Je ricanai. C'était vrai que l'université de Naruto était sur la rue en face de mon nouveau lycée. Je n'arrivais toujours pas à y croire, c'était comme un miracle au fond. Ou une coïncidence extrêmement chanceuse. Cela dit, j'étais très nerveux, car aujourd'hui c'était ma rentrée. Bien que Deidara soit avec moi, j'appréhendais beaucoup de choses. Allais-je me faire facilement des nouveaux amis ? Allais-je encore me faire tromper par des filles dans le genre de Sakura Haruno ?

Je secouai la tête. Il fallait que je l'oublie, elle. Elle avait pourri ma vie mais c'était une période révolue. Plus rien n'allait être comme avant désormais, non ? Parce que j'avais Naruto, et Deidara, et Itachi. Même Sasori, était devenu un bon ami. J'avais beaucoup changé en un seul été.

Un petit sourire s'étendit sur mes lèvres. Grâce à Naruto et à son réconfort, au fait que lui croyait en moi plus que n'importe qui dans ce monde, je commençais à voir les bons côtés de la chose. Personne ne m'emmènera de force dans les toilettes pour me ruer de coups. Personne ne me fera de croche pied volontaire dans le cours de sport, personne ne me déboitera la cheville… enfin, j'espérais.

- Alors ? Rassuré, maintenant ?

Prenant mon visage dans ses mains, Naruto me sourit quand j'acquiesçai en hochant de la tête. Je fermai les yeux quand ses lèvres chatouillèrent mes paupières pour descendre jusqu'aux miennes qui n'attendaient plus que ça à présent. Il m'embrassa amoureusement, en guise de bonjour, j'imagine, puis il glissa ses bras autour de moi et me serra une dernière fois avant de devoir reculer.

- Bon, je ne veux pas briser la magie du moment mais il faudrait peut-être que tu te dépêches !

Je lui tirai la langue en gonflant les joues comme un gosse, mais il ne fit que rigoler doucement en me laissant m'habiller. Il ferma la porte en sortant et je me laissai tomber sur mon lit, fixant le plafond longuement avant de me relever et de m'habiller.

Lorsque je descendis, je trouvai une note qui disait que mon frère était déjà parti et qu'il resterait très tard à l'université, que j'allais aussi devoir m'organiser moi-même pour le dîner. À peine commencé, il avait déjà des tonnes de devoirs. Je ne fis que prendre le petit bout de papier pour le fourrer dans ma poche. Ça ne me ferait pas de mal d'être tout seul. Je demanderais à Deidara de me tenir compagnie, au pire.

Souriant, je me dirigeai vers le hall. J'enfilai mes chaussures et ouvris la porte pour faire face à l'automne déjà bien avancée. Habituellement, la rentrée était en septembre, et nous étions en octobre. Pourquoi intégrer l'école aussi tard ? Simple: les derniers détails de mon inscription ici n'avaient pas été réglés. J'allais devoir reprendre un retard d'un peu moins d'un mois, mais ça ne m'inquiétait pas.

C'était… juste… les nouvelles rencontres qui me faisaient peur. Peut-être qu'après mûre réflexion, rien n'avait changé.


- Non mais je rêve ! Grogna Deidara à mes côtés.

Nous étions assis sur une table de pique-nique dehors, dans la cours. J'avais tout de suite accroché à ce décor merveilleux. Le petit coin de ville où se trouvait mon lycée était agréable et très beau. Il y avait, au loin, de grands immeubles et des manufactures, mais il y avait un petit parc tout près, où des arbres jaunes et orangés brillaient de toutes leurs couleurs. L'air y était frais et le vent tout doux caressait mon visage. Mes cheveux, libérés à l'instant et fouettant mes yeux à chaque fois que le vent s'élevait, avaient un peu allongés. Toujours d'un noir profond, ils allaient de pair avec mes yeux, maintenant cachés derrière des montures violettes.

Ma vue s'était un peu dégradée. En fait, ça avait toujours été le cas, mais jamais je n'avais vraiment eut les moyens de payer un examen pour pouvoir me procurer des lunettes. Deidara était venue avec moi choisir les montures, et en rigolant d'une vieille blague, il avait réussit à me faire céder en me montrant une monture couleur violette. J'avais ri. Et j'avais cédé. Au début, je les détestais. J'avais l'air encore plus ringard qu'avant. Mais j'avais appris à les aimer. Un peu plus à chaque fois que Naruto me disait que ça me donnait un petit quelque chose d'adorable. Il me le disait à tous les jours.

Je levai les yeux quand Deidara se remit à grogner contre son téléphone. Je fronçai les sourcils.

- Qui t'a offert ce portable ? Demandai-je.

Assis sur la table, il leva les yeux vers moi alors que ses longues mèches blondes s'envolèrent lorsqu'un coup de vent les poussa. Ses yeux bleus étaient teintés d'une touche de tristesse et de frustration.

- Ne ris pas, marmonna-t-il, mal à l'aise.

- Eh bien dis-moi, l'encourageai-je.

- C'est Sasori, avoua-t-il.

J'eus un petit sursaut, mes sourcils s'élevant et mes yeux s'écarquillant.

- Wow ! M'exclamai-je en souriant.

- Je t'ai dit de ne pas te moquer ! Se renfrogna-t-il.

- Je ne me moque pas. Je trouve ça plutôt… adorable.

- Adorable ? Lâcha-t-il.

- Oui… Ce genre de truc coûte un bras. Pour un étudiant je veux dire. Il doit beaucoup t'aimer.

Deidara rougit tout en laissant tomber sa jambe droite dans le vide, la deuxième toujours appuyée sur le banc où j'étais assis. Il se tortillait, mal à l'aise, tout en continuant d'écrire quelque chose sur le clavier de son portable. Je gardai mes yeux sur lui, plissant les paupières en raison du soleil qui m'aveuglait, bien haut dans le ciel, et que je voyais juste derrière la tête de mon ami, qui était plus haut que moi, étant assis sur la table.

Après un petit silence, durant lequel je buvais tranquillement mon jus, Deidara baissa les bras, tenant son téléphone d'une main alors qu'il posait sa deuxième sur sa joue. Un soupir dépassa la barrière de ses lèvres et je relevai des yeux curieux vers lui.

- Je sais, dit-il. Il est très amoureux de moi.

- Mais et toi ? Tu l'es aussi, non ? Je pensais que vous étiez ensembles.

- On a passé beaucoup de temps ensembles cet été. Mais… Je lui ai dit que j'aimerais qu'on y aille plus doucement. Qu'on soit amis avant de… d-de… D'être officiellement un couple.

Fixant le sol, il releva lentement la tête au fil de ses paroles pour regarder au loin. Je ne dis rien. J'étais plutôt confus. Sasori et Deidara avaient semblés si proches ces derniers mois… Peut-être que j'avais loupé un épisode, ou alors je ne savais pas tout sur eux. Je me contentai donc de baisser la tête et croquer dans le long morceau de carotte.

Deidara sursauta comme moi quand son téléphone émit un petit son strident. Il leva le bras et vérifia de qui venait le message avant de grimacer et de commencer à écrire, la frustration de nouveau présente sur son visage.

- À qui écris-tu ?

- À ce crétin de Yahiko !

Je fronçai les sourcils de nouveau, réellement perdu cette fois.

- Que ce passe-t-il ?

- Je t'ai parlé de mon ex une fois, hein ?

- Euh… Oui, mais…

- Ben, il refuse de me pardonner la fois où je l'ai laissé en plan à l'aéroport ! Non, mais il faut être rancunier quand même. Trois mois se sont écoulés.

Grimaçant de confusion, j'ouvris la bouche mais Deidara, esquissant un grand sourire, me fit signe de me taire et commença de suite à parler:

- Ne t'en fais pas Sasu, dit-il nerveusement. C'est rien, je gère. Et je ne reviendrais surtout pas avec lui.

- Tu aimes Sasori hein ?

Le visage de Deidara se referma soudainement. Il acquiesça rapidement, comme s'il voulait qu'on change de sujet. Je ne comprenais pas. Mais je n'insistais pas et acquiesçai silencieusement, avant de replonger dans mes pensées, croquant dans une nouvelle carotte.

Les minutes s'écoulèrent ainsi jusqu'à ce que la cloche retentisse dans tout le campus du lycée. Deidara termina de rédiger un message avant de fermer son téléphone et le mettre dans la poche de son coupe-vent bleu pâle – non, ici, il n'y a pas d'uniforme. Il sauta par terre alors que je rangeais tout le bazar que j'avais étalé sur la table. Il me serra ensuite dans ses bras quand j'eus à peine terminée. Surpris, je ne dis rien et j'avais les yeux grands ouverts quand il recula.

- E-Euh… C'était pourquoi ?

- Parce que j't'adore ? Sourit-il. C'est vraiment dommage qu'on ne soit pas dans la même classe.

- Ouais, je sais, marmonnai-je en donnant un petit coup de pied dans la terre.

Je me mordis les lèvres et levai des yeux déçus vers mon ami.

- On fera avec, j'imagine.

- Ouais, acquiesça-t-il, finissant de m'étudier de son regard. Enfin bref. Ce soir, ça te dit qu'on aille se promener ?

- Si tu veux, acceptai-je alors que mon sourire s'élargissait.

- Génial… Souffla-t-il avant d'attraper son sac qu'il avait abandonné par terre.

Il me sourit une dernière fois avant de tourner les talons et de rejoindre son premier cours de l'après midi.

Je me tins sur le campus, avec mon sac serré contre mon torse. Je fixais l'édifice qui me servait aujourd'hui d'école.

La peur au ventre, l'estomac noué, je me retrouvais de nouveau seul. Avec un après-midi entier à passer au travers. J'aimerais tant être comme Deidara, si à l'aise et pas constamment pris dans cette handicap sociale que j'avais « développé » après cet incident avec Ricky et patati et patata. Sakura Haruno et son petit ami avait décidément pourri ma vie jusqu'à la moelle…


6 octobre, 14h03

Dans mon super cours de chimie

Il y a une éternité que je n'ai pas écris dans ce journal. J'ai eu beau me dire que j'allais continuer à écrire mes journées, cet été, j'étais si occupé que je l'ai carrément oublié. Mais il est resté dans mon sac, c'est pour cette raison que je continue aujourd'hui. Cours de chimie… Quoi de plus ennuyant ? En plus, je ne pige rien aux sciences et aux formules…

Encore plus décevant… IL me manque. À peine une moitié de journée passée ici dans cette école complètement inconnue, sachant que mon seul ami est dans un autre cours à l'autre bout de l'édifice, et je m'ennuie déjà de Naruto. Du haut de mon cours de français, j'arrive à voir l'université par la fenêtre. Mais ici, on est du côté sud, je ne vois rien par les fenêtres, sinon un tas de branches; ça donne sur le parc.

Le prof n'est pas encore arrivé. Je me demande à quoi il va ressembler… Après tout, avec les profs parfois bizarres et parfois curieux que j'ai eut à mon ancien lycée, c'est toujours normal pour moi d'appréhender ce moment. Et si c'est encore un serpent psychopathe qui, selon les rumeurs, est pédophile, mais qui en plus, garde constamment un œil sur moi ? Rah la la, j'ai vraiment été traumatisé par absolument tout dans cette ancienne école. Il faudrait que je me calme et que je m'y apprivoise déjà. Neuf mois… Ce sera un très long calvaire si je ne m'y habitue pas !

Je fermai mon journal quand la dernière cloche retentit. Les élèves commencèrent à entrer. Je me penchai et cachai mon journal sous mon bureau avant d'attraper mon sac et de l'y ranger. J'étais arrivé en avance, et j'avais entendu longtemps ici, assis au fond, pendant que les autres rigolaient, parlaient et socialisaient dans les corridors.

Je me sentais nauséeux, en ce moment. Tout le monde prenait place, déjà habitué à la routine installée alors que moi, j'arrivais comme ça en plein milieu de l'automne. Mais pour le moment, je passais inaperçu. J'avais l'habitude, mais évidemment, le prof lui, me vit. Quand il entra, il se dirigea directement vers moi. Je me tortillai sur mon siège, mal à l'aise des regards qui suivaient l'homme jusqu'à moi.

- Bonjour, dit-il. Tu dois être le nouveau.

- Oui, répondis-je.

- Rappelle-moi ton nom, s'il te plaît ?

- Sasuke Uchiwa.

- Bien, alors suis-moi.

Il se leva et, le regardant s'éloigner vers le devant de la classe, je ne me fis pas prier et m'empressai de me lever pour le suivre. Je faillis tomber en trébuchant sur le sac d'une fille qui s'était assise devant moi et bafouillai des excuses avant de poursuivre mon chemin. Je sentais au moins trente regards dans mon dos lorsque je me plantai devant le prof, qui fouillait dans un classeur.

Lorsqu'il se tourna enfin vers moi, je déglutis en voyant la pile énorme de papier et de manuel. Je pris quand même le tout dans mes bras et le remerciai faiblement.

- Voilà, les notes de cours que tu as manqué et le manuel d'exercice. Je demanderai à Juugo de t'aider à rattraper ton retard.

- J-Juugo ? répétai-je.

- Oui, ton camarade de classe, m'indiqua le professeur en désignant du menton ma place au fond.

En me retournant, je faillis m'évanouir. Un garçon énorme venait de s'assoir juste à côté de ma place. Il n'était pas gros, mais énorme dans le sens, de… géant ! Il devait faire trois fois ma grandeur – je n'exagérais qu'à peine – et ses épaules larges étaient si imposantes que je devins blanc comme un linge.

- Euh… O.K.

- Tout ira bien ? Me demanda le senseï.

- J-Je crois, oui…

- D'accord. N'hésite pas à venir me trouver après les cours si tu as des difficultés pour quoique ce soit.

M'adressant un sourire on ne peut plus rassurant, le professeur me fit signe de retourner à ma place et je m'exécutai rapidement, alerte cette fois-ci, peu désireux de trébucher avec tous ces bouquins dans les bras. Le professeur se planta ensuite devant la classe et débuta son cours, au moment même où j'atteignis mon pupitre. J'y posai toutes mes choses en essayant de ne pas trembler. C'était plus fort que moi, il me faisait penser à Ricky, ce garçon. Et cette fille, devant, celle qui possédait le sac sur lequel j'avais faillit tomber, avait les cheveux roux… tournant sur le rosée.

Je fermai les yeux, tendu de tout mon corps. Mais au moment où je me dis qu'ils ne me remarqueraient pas où qu'ils ne m'adresseraient pas la parole, la fille se tourna vers moi avec un immense sourire et, un garçon, arrivant de nulle part, laissa tomber son sac par terre en un bruit dérangeant, faisant gronder le professeur.

- Monsieur Hôzuki ! Cria-t-il. Avez-vous un billet signé qui motive votre retard ?

- Ouais, ouais, grogna le jeune homme qui avait d'étranges cheveux blonds.

Cependant, en le regardant de plus près, je vis qu'ils n'étaient pas blonds. Ils étaient trop pâles pour être blonds. Alors…ils étaient blancs ? C'était plutôt bizarre pour un adolescent d'avoir les cheveux de cette couleur, mais son visage avait un teint bronzée sans trop l'être, ce qui lui donnait un air très vivant, malgré la couleur de ses cheveux.

Étourdi, je ramenai mon regard sur la fille qui me scrutait ouvertement avec son grand sourire.

- Alors ? Lança-t-elle. C'est toi le nouveau ? Je m'appelle Karin, enchantée !

- Euh… O-Oui.

- Moi, c'est Juugo, dit le garçon géant à mes côtés. Et toi ?

Je le regardai brièvement avant que l'autre n'attire à son tour mon attention.

- Suigetsu Hôzuki ! S'exclama-t-il en se laissant tomber sur sa chaise près de la fille et tendant sa main vers moi.

Hésitant, je tendis la mienne mais sursautai quand, de nouveau, le professeur gronda en notre direction.

- Laissez-le donc respirer !

- Roh, se plaignit Suigetsu à voix basse en me tournant le dos contre son gré. Si on ne peut plus élargir son réseau social !

- Arrêtez de râler monsieur Hôzuki, nous en avons marre de vous entendre !

Plusieurs rires s'élevèrent dans la classe, mais le dénommé Suigetsu ne semblait pas s'en soucier. Peut-être qu'il en était habitué. À première vue, il donnait l'impression d'être le « farceur » de la classe. Le genre de garçon amusant qui ne veut qu'attirer l'attention.

- Moi je m'appelle Sasuke, murmurai-je rapidement, d'une voix nerveuse et tremblante.

Il se retourna, et me sourit. La jeune fille se tourna aussi, alors que le professeur continuait son cours, ne portant plus attention à nous. Je me sentis étrangement bien, des petits papillons me chatouillant le ventre, un signe plutôt rassurant qui me disait que le trac commençait à s'évaporer. Ces gens avaient l'air adorable. Ils ne me paraissaient pas dangereux.

- Bienvenue dans notre école, Sasuke-Kun, murmura la fille en repoussant ses mèches dans son dos lorsqu'elle se pencha vers moi.

Malgré moi et mes expériences catastrophiques du passé dans le domaine de l'amitié, un sourire s'étendit sur mon visage. Je regardai leurs visages un à un, passant de la fille légèrement maquillée, avec des cheveux roux flamboyants, du garçon aux cheveux blancs qui avaient un sourire malicieux mais sincère, et le blond qui mesurait trente mètres.

Coincées entre mes cuisses, mes mains tremblaient. Mais pas de nervosité, cette fois, juste… de soulagement, j'imagine.