Bonjour tout le monde!

Comme prévu, ce chapitre est un peu triste, donc peut-être préparait les mouchoirs, ça dépend si vous êtes sensible ou non. Mais, je trouve que j'ai été assez « soft », si je puis dire, sur ce chapitre, les prochains montrerons vraiment l'envers du décor.

Plus l'histoire s'allonge, et plus la maladie de Bella prend de l'ampleur, et les effets secondaires aussi.

De plus, comme je l'ai aussi dit précédemment, ce chapitre contient ce que vous attendez toutes depuis le début de cette fiction, j'espère ne pas vous décevoir là-dessus.

Et pour finir, beaucoup ont été surprise du comportement d'Emmett, mais n'oubliez pas qu'il a déjà fait confiance une fois au petit-ami de Bella, Jacob, et qu'il s'est avéré être un vrai c******. De plus, il a peur qu'Edward prenne sa place auprès de Bella et que cette dernière l'oublie. C'est son grand frère, et même dans la vraie vie (Il y en a qui vont se reconnaître) ils sont très protecteur envers leur petite soeur. Donc voilà pour l'explication. Mais pas d'inquiétude, ça ne va pas rester comme ça indéfiniment.

Réponses aux personnes sans compte:

-Felicitie: Heureuse de savoir que ma fin n'est pas trop mauvaise, je n'arrivais pas à en trouver une qui m'allait alors j'ai laissé comme ça. Et je le redis encore, ce chapitre ci sera assez triste car la maladie de Bella reprend ses droits. À bientôt!

-Elo: Je dois avouer que je suis fière de mon Emmett épilé! Je sais pas ou j'ai été chercher ça. Lol. Soulagée que ma fin ne soit pas si nulle que ça. À bientôt!

-Martine16: Oh, il y a de forte chance que ce chapitre te fasse pleurer, moi-même j'ai eu du mal à l'écrire. Je ne sais pas encore quand James va rencontrer Bella, mais vu que ma fiction ne va pas s'éterniser non plus, je dirais dans moins de 10 chapitres. À bientôt!

-Miharu: Non, non tu ne rêves pas, Emmett ne pense qu'à manger! Lol. J'espère que tu as acheté une tonne de mouchoir, comme tu l'as prévus. À bientôt!

-Pipa: Tout le monde trop dur avec Alice? Il y a juste Emmett qui est un peu perturbé par son retour, sinon tout le monde est très heureux. Malheureusement, je ne pouvais pas répondre à ta question qui était: à quand le prochain chapitre?, vu que tu n'as pas de compte FF. À bientôt!

-Laire: Merci beaucoup pour tes compliment, ça me va droit au coeur! Et me dire que j'ai du talent et tout aussi valorisant! À bientôt!

Mille merci à: Camilia13015, belladtwilight, Titie, DavidaCullen, Felicitie, Elo, Choukinette76, Em 81, Aliiice, caropat07, Martine16, chewbacca77, Miharu, Pipa, AnaïsB, Robangel, ousna, Anais88, Grazie, Laire, et Millia Donovan pour vos reviews.

Merci infiniment à: Titie, La Ch'tite Emmerdeuz, Lolooow, ORACSTEPH, , et Miss Delou pour vos mises en alert ou favorite story.

Un ENORME merci à ma bêta, Phika 17, pour sa patience et sa gentillesse! (L)

/!\ Très long chapitre/!\

Disclamer: Tout les personnages appartiennent à SM.

Bonne lecture,
Clairouille59.

Chapitre 25: Effets secondaires

Dimanche 14 décembre 2010

POV Bella

Le retour d'Alice était comme une bouffée d'oxygène dans ma vie, bien que l'amour que j'éprouvais pour Edward s'amplifiait chaque jour que Dieu me donnait à vivre. Est-ce que je pouvais dire que mon temps de vie sur Terre était indéterminé? Je ne saurais le dire, car malgré la joie que j'éprouvais d'être enfin entourée de tout ceux que j'aimais, je ne pouvais mentir sur ma santé. Je supportais de moins en moins mon traitement. J'essayais de cacher mon état de santé, mais mon petit-ami était un futur Médecin, je ne pouvais le duper indéfiniment. Il savait que je n'allais pas bien et avait insisté pour m'accompagner à ma séance de Radiothérapie cet après-midi, enfin, hier après-midi. Le Docteur Marcus Volturi n'avait pas été très étonné de mon état, voyant que le traitement, aussi bien les médicaments et les rayons, ne faisait plus effets sur ma tumeur. Il avait même fait appeler un Médecin dans le service des maladies grave, obligeant Edward à rester dehors, pour m'ausculter. Les deux Médecins en avait conclu que les doses devaient être doublées, dans les deux sens. Alors, les rayons avaient été multipliées par deux, ainsi que mes médicaments, ce qui allait poser un problème vu que mon compte en banque allait bientôt être dans le rouge. Je ne savais plus quoi faire.

Edward avait dormi avec moi, depuis plusieurs jours déjà, restant à mes côtés quand les effets secondaires faisaient des leurs, c'est-à-dire toute la nuit suivant ma séance. Je m'en voulais d'être ainsi, parce que ses examens de noël arrivaient et je l'obligeais à rester avec moi, au lieu de réviser ses cours. Il affirmait que j'étais plus importante, mais je n'étais pas du même avis. Il s'acharnait à me dire qu'il préférait m'avoir que réussir ses examens. Ça avait été notre première dispute de « couple », qui avait duré tout au plus une demi-heure, en sentant un poids s'alourdir contre le matelas car je m'étais endormie par la suite. Pathétique. Finalement, on n'avait plus reparlé de ça, et repris le cours de nos vies, bien que la question était suspendue au dessus de nos têtes. Je ne pouvais pas faire comme si de rien, parce que je savais que je reviendrais à la charge un jour ou l'autre, je ne voulais pas gâcher la vie de quelqu'un que j'aime. Mais j'avais peur. Extrêmement peur. La peur de mourir était humain, bien que d'autres la jetaient à la poubelle comme un simple détritus, moi j'avais trouvé la force et l'envie de continuer à vivre. Je voulais voir Alice mener Jasper comme un petit pantin, Rosalie s'exaspérer devant l'appétit sans fin d'Emmett, Charlie aller à la pêche pendant les beaux jours et vivre avec Edward, l'aimer et avoir une famille avec lui. Pourquoi pas? Mais j'avais peur que mon corps ne suive pas mes envies, qu'il parte d'un côté alors que je voulais aller dans l'autre. Je savais que je pouvais tout perdre d'un jour à l'autre.

-Bella! Est-ce que tu écoutes ce que je te dis? S'exclama Alice, outrée.

-Pardon, excuse-moi, murmurai-je. J'étais ailleurs. Tu disais?

On était dimanche soir, Edward était de garde jusqu'à demain matin et Alice avait absolument voulu passer toute la journée avec moi. Ça ne me dérangeait pas, bien au contraire, mais j'avais les pensées ailleurs.

-Est-ce que par hasard tu pensais à Edward et toi dans des positions compromettantes?

-Quoi? Non! M'écriai-je.

Je fus surprise de ne pas rougir sous cette question. C'est vrai que j'avais les hormones en folie, et ça ne s'était pas calmé depuis que j'avais goûté les lèvres d'Edward. Oh non... Tous mes rêves lui étaient consacrés, constamment, et je ne jouais pas aux cartes avec lui. Mais, Edward n'allait jamais plus loin, jamais, il se retenait toujours lorsque nous nous embrassions, même quand mon corps semblait avoir pris du repos sur ma maladie. Il avait sûrement peur que je ne le supporte pas, qu'un os casse ou encore que j'en ai pas envie. Mais nom de Dieu mes hormones devenaient cinglés, à force d'être frustrée!

-Hum... Dit Alice avec scepticisme. Tu as l'air de dire la vérité. Mais je campe sur mes positions je suis déçue de n'avoir rien vu pour vous.

-Alice, tu ne vas pas recommencer, si? Je te l'ai déjà dit il y a moins d'une heure, c'est venu comme ça, je ne peux pas contrôler ça.

-Tu l'aimes, hein?

Je levais les yeux au ciel. Ça aussi, je lui ai dit il y a une heure! Ou peut-être pas.

-Alice, s'il te plait, soupirai-je.

Elle leva les mains en l'air.

-D'accord, d'accord, je n'irai pas plus loin. Mais dis-moi au moins s'il est bon au lit! On se l'ait toujours dit ça!

-Ne me confond pas avec toi, grognai-je en rougissant.

-Et je te dirais pour Jasper! Oh mon Dieu, si tu savais! Il a des doigts et une...

-STOP! Criai-je en me bouchant les oreilles. Je ne veux rien savoir de ta vie sexuelle avec Jasper.

Elle savait que je n'aimais pas lorsqu'on parlait de ça, mais elle continuait quand même! Vraiment, des fois, je me demandais comment je faisais pour encore la supporter.

-Je suis sûre qu'avec Edward, ça doit être chaud bouillant des fois! S'extasia-t-elle. Je dois avouer qu'il a des fesses superbes, peut-être pas autant que celles de Jazz, mais...

-Alice!

-D'accord, soupira-t-elle. Je me tais. Promis.

-Merci Seigneur, gémis-je.

Alice roula des yeux et j'étais persuadée d'avoir entendu « prude » sortir de sa bouche. Je ne suis pas prude, j'étais juste plus pudique qu'elle ou Emmett! Je ne comptais plus les blagues salaces qu'il sortait en une journée. Charlie c'était toujours demandé d'où il tenait ça. Et puis, je crois que le fait de rester sur ma fin à chaque fois qu'Edward m'embrassait devait me rendre plus froide que jamais. On avait passé toute l'après-midi à parler de tout et de rien, de Jasper, ma mère, Edward, son concours pour le voyage à Paris qu'elle était persuadée de gagner, des nouvelles boutiques qu'elle avait trouvées, à mon plus grand malheur elle avait promis de m'y emmener le plus vite possible pour que je rende folle Edward, des fêtes de noël qu'elle avait hâte de préparer et aussi de ma tumeur. On avait été assez brève là-dessus, parce qu'on en avait déjà parlé quelques jours auparavant et que je ne voulais pas rester sur ce sujet-là bien longtemps. Je savais que Jasper avait dû lui dire, vu qu'ils ne se quittaient presque jamais, que ma maladie prenait de l'ampleur et je connaissais assez bien Alice pour savoir que c'était une pro en ce qui concernait jouer la comédie. Mais ses yeux la trahissaient toujours. Je ne la connaissais pas depuis des années pour rien.

-Regard, on parle encore de ce malade à la télé, m'informa Alice.

Elle prit la télécommande et augmenta le son.

-Ici, Philippe en direct de Congview, où un autre corps a été retrouvé. Les autorités ont confirmé que c'était bien le « Tueur Olympique » qui était à l'origine de ce 14 éme corps de jeunes femmes retrouvées mortes dans l'état de Washington. Alors qu'on croyait que le criminel avait arrêté sa folie, il semblerait qu'il soit de retour de nouveau d'après ce que les policiers nous ont annoncé. Même mode opératoire, même blessure, même victime, rien n'est terminé pour lui. Mais, nous avons eu de nouvelles précisions sur le meurtrier grâce à l'interview du chef Swan, de la police de Forks, premier lieu des meurtres.

Le dénommé Philippe disparut de l'écran pour faire face à mon père, vêtu de son uniforme et un air sérieux au visage. Mon coeur se serra douloureusement.

-Des nouveaux éléments sont arrivés aux cours des derniers jours. Un véhicule, appartenant à la description que nous a donné un témoin, a été retrouvé non loin d'ici. Nos scientifiques ont fouillé le véhicule sans trouver la moindre fibre ou empreintes à l'intérieur, ce qui nous donne à penser qu'elle a été nettoyée avant d'être laissée à l'abandon. Mais, nous pouvons affirmer que le véhicule trouvé est celui de la personne que nous recherchons. De plus, l'homme en question semble avoir changé de cible, au lieu de jeune femme entre 20 et 25 ans, il traque des femmes brunes aux yeux marrons et de race blanche, toujours dans la même tranche d'âge. Ce qui nous mène à croire que le tueur a un but bien précis, qu'il fait tout pour arriver à ses fins. J'utilise se communiqué de presse pour, encore une fois, dire aux jeunes femmes de ne pas sortir seules dans les rues et de faire attention aux hommes à qui elles parlent. Et pour tout ceux qui me regardent, si vous voyez un comportement suspect près d'ici, ou que vous avez des informations susceptibles de nous aider, n'hésitez pas à appeler le numéro qui se trouve en ce moment en bas de votre écran. Merci.

Les journalistes appelèrent mon père à grands cris, posant des questions à tout va et voulant avoir plus d'information que possible. Mais mon père resta stoïque et s'en alla vers ses collègues de travail sans se retourner vers ces vautours. Ça m'aurait étonnée du contraire. Alice baissa le son quand le journaliste reprit la parole pour reprendre les dires de mon père.

-Ça fait froid dans le dos cette affaire, commenta Alice. Je ne sais pas comment fait Charlie pour supporter toute cette pression sur lui.

-Je ne crois pas qu'il y fasse très attention, tu sais, répondis-je. Il veut juste faire son travail, rien de plus.

-Je n'en doute pas, mais 14 femmes assassinées et violées par ce malade, ça doit être dur pour lui, surtout qu'ils n'ont pas grand chose pour régler l'affaire. Je suis encore étonnée qu'il n'y ait pas plus de journaliste à la conférence de presse.

-Il y a eu une avancée, un témoin qui a donné le signalement de la voiture du présumé tueur et, il semble que ce dernier a changé de cible et qu'il préfère les brunes aux yeux marrons et à la peau blanche.

Alice fut parcourue de frissons de la tête aux pieds à côté de moi.

-On dirait qu'ils ont fait ton portrait robot, souffla-t-elle.

Je levai les yeux au ciel.

-Je ne suis pas la seule fille brune avec des yeux marrons et à la peau blanche sur Terre, si?

-Non, mais...

-Et puis, c'est n'importe quoi, grommelai-je. Ce n'est pas moi que le tueur cherche si c'est ce que tu demandes. C'est juste une coïncidence que les victimes me ressemblent un temps soit peu.

-Je ne sais pas, gémit Alice. C'est étrange, j'ai un mauvais pressentiment...

Je soupirai, lassée par ses « mauvais pressentiments ». Je crois qu'un jour, elle va prendre la grosse tête et ouvrir une boutique de voyance. Elle ne pouvait pas se dire que c'était juste une coïncidence, que les victimes sont pareilles que moi, physiquement? Et puis, je n'ai pas d'ennemi connu dans ce bas monde, sauf peut-être Tanya mais j'en avais cure.

-Alice, c'est... bon, d'accord, c'est bizarre, je te l'accorde, rajoutai-je en la voyant prendre la parole, mais aucun homme ne veut pas ma peau, d'accord? Personne ne veut me faire ce que se malade fait à ses pauvres femmes. C'est clair?

Elle tira sur un fil de son pull rose en marmonna un « oui » peu convainquant.

-Tu peux en parler à Jasper si tu veux, continuai-je. C'est un Psychologue, il saura te définir ce que le tueur a dans sa tête.

-Jasper ne travaille pas dans Esprits Criminels! S'exclama-t-elle, stupéfaite.

Je fronçais les sourcils.

-Dans quoi?

Elle me regarda comme si j'avais un troisième œil sur la tête.

-Ça t'arrive de regarder la télé de temps en temps?

-Qu'est-ce que je viens de faire?

Elle balança ma réponse d'un geste de la main, agacée.

-Pas les informations, la T.É.L.É! Tu sais, les télés réalités, les défilés de mode, les séries...

-Tu sais que je n'aime pas ça, je préfère faire autre chose.

-Ouais, comme sauter sur Edward quand il arrive du travail?

Je la fusillai du regard et me levai, exaspérée par son comportement. Elle n'allait pas me lâcher pour ça?

-Je ne saute pas sur Edward quand il rentre de l'hôpital! Cinglai-je. En général, il vient me réveiller parce que je me suis endormie sur le canapé.

Alice se leva à son tour, les mains sur les hanches alors que j'allais prendre un verre d'eau pour prendre mes médicaments. Ma tête commençait à faire des siennes, et mes jambes avaient du mal à soutenir mon poids plume.

-Qu'est-ce que tu es en train de me dire là? S'étonna Alice, à moitié en colère. On dirait que vous êtes juste amis et non un couple.

-Qu'est-ce que tu veux dire?

-As-tu déjà couché avec Edward?

Ma deuxième pilule resta coincée dans ma gorge, manquant de peu de m'étouffer alors que je reprenais une autre gorgée d'eau pour la faire passer. Elle me tuera un jour! Je reposais mon verre brutalement sur le comptoir de la cuisine, sans ressentir le moindre rougissement face à sa question.

-Je ne vois pas en quoi ça te regarde, grognai-je. Et je t'ai dit de me fiche la paix avec ça.

-Tu ne l'as pas fait, dit Alice. Tu n'as pas couché avec Edward!

-Alice...

-Comment se fait-il que tu n'as pas sauté le pas avec lui? Je ne suis sûre qu'il n'attend que ça!

-S'il te plait, Lili...

-J'aurais dû t'emmener dans un magasin de lingerie hier, se lamenta-t-elle. Pourquoi est-ce que je n'ai pas pu prendre mon après-midi, au magasin? Ça t'aurait peut-être...

-Je ne peux pas coucher avec Edward, pour la simple et bonne raison que j'en suis incapable! Criai-je, les larmes aux yeux.

-Q... Quoi?

-Dois-je te rappeler que j'ai une tumeur au cerveau? Mon corps ne m'obéit pas comme je le voudrais, tu comprends? Je ne peux pas faire ce que je veux, quand je veux comme toi, Rosalie ou Emmett! Ça m'est impossible parce que je suis malade.

Alice posa ses mains sur la bouche et cligna des yeux. Pour ma part, je me mis dos à elle pour sécher les larmes traitresses qui s'étaient échappées. Rien n'allait ces derniers temps, je ne pouvais offrir ce que je voulais à Edward, et je ne voulais pas être un poids pour ma famille. Il n'y avait pas un juste milieu.

-Oh, Bella, sanglota Alice, je suis désolée! Je... Je n'ai pas réfléchi à ce que je disais, c'est juste que... que c'est tellement magnifique qu'Edward et toi êtes ensemble que je ne veux que votre bonheur! Et puis, j'ai tendance à oublier que tu... tu es malade parce que tu ne le montres jamais devant nous. J'envie le courage que tu as, Bella, jamais je n'aurais eu le même comportement que toi si cette maladie m'avait été diagnostiquée.

Je me mordis les lèvres pour ne pas flancher de nouveau. Comment pouvais-je avoir une amie pareille? Elle était adorable avec moi, faisant tout pour qu'entre Edward et moi ça marche, et moi, je l'envoyais balader de la pire façon qui soit. Elle m'a trop été enlevée pour que je la rejète une fois de plus.

-Excuse-moi, Alice, murmurai-je. Je ne voulais pas m'énerver, pardonne-moi. C'est juste que... que je suis tout le temps fatiguée et que je... je sens que mon corps ne me suis pas comme je le voudrais. Et puis, crois-moi, ce n'est pas l'envie que me manque de sauter sur Edward.

Alice eut un petit rire mêlé à un sanglot tout près de moi. Je me retournais et elle sauta dans mes bras, nichant sa tête contre mon épaule. Je sentis ses larmes mouiller mon gilet. Je l'enroulais de mes bras, faisant des cercles sur son dos de mes doigts tremblants. Je me détestais de lui faire du mal, je n'aimais pas faire pleurer les gens comme je n'aimais pas pleurer. Montrer ma peine et la faire vivre aux autres était la dernière chose que je souhaitais au monde. Mais je le faisais constamment. Alice resserra son étreinte sur moi, et, pendant un moment, nous restâmes ainsi, pleurant silencieusement.

O*O*O*O

J'avais obligé Alice à rentrer chez elle et profiter de Jasper et ses doigts magiques pour la soirée. Elle avait insisté pour rester, utilisant même l'argument « Edward », mais je crois qu'elle avait oublié à quel point j'étais têtue. Vers 22 heures, j'avais enfin réussi à expulser Alice pour la rendre libre de ses mouvements et aussi, je dois l'avouer, me reposer. Alice était un moulin à parole, et ces dernières semaines sans nous voir avait fait que pendant près de 6 heures, elle avait débité un taux de parole supérieur à la moyenne. Le point positif, c'est que j'allais bien dormir ce soir. Je soupirais en regardant l'appartement désespérément vide de la présence d'Edward. En plusieurs semaines, il m'était devenu indispensable dans ma vie. Pourquoi? Parce que j'étais irrévocablement amoureuse de lui.

Je secouais la tête et me dirigeais vers la salle de bain pour me rafraichir et mettre mon pyjama avant de me glisser dans mon lit pour une nuit bien méritée. Je soulageais ma vessie et me brossais les dents avec une main sur le lavabo de la salle de bain. Je me regardais dans le miroir et je fus quelque peu surprise en voyant mon teint blafard, des cernes sous les yeux et les traits tirés par la fatigue. Qu'est-ce qu'Edward pouvait bien me trouver? Je n'étais pas spécialement jolie comparée à lui, n'importe quelle autre fille était mieux que moi et pouvait largement faire face à la beauté énigmatique de mon amoureux. Mais je savais que si je lui disais ça, il allait s'énerver en disant que je ne me voyais pas comme il me voyait, que j'étais beaucoup plus que jolie et, par dessus tout, j'étais beaucoup trop désirable pour son propre bien. J'aimerais bien voir à quel point j'étais désirable, moi! Je rougis à cette pensée. Comme je l'avais dit à Alice, Edward m'attirait physiquement parlant et je ne donnais pas cher de ma peau le jour où je pourrais sentir à quel point il m'aimait. Bah, ce jour ne risque pas d'arriver s'il continue à m'éviter sur ce terrain-là.

Je m'essuyais la bouche prestement quand je remarquais qu'une balance ressortait d'en-dessous du placard du lavabo. Je ne l'avais jamais remarqué jusqu'à ce soir. Je me mordis la lèvre, hésitante, avant de me baisser pour la mettre au milieu de la salle de bain, comme un objet de grande valeur que tout le monde voulait voir. En l'occurrence, il n'y avait que moi qui la voyait. Je me demandais si Edward l'avait caché volontairement pour pas que je sois déprimée par ce qui allait s'afficher sur cet objet de malheur. De toute façon, je ne pouvais pas me leurrer, je savais que j'avais perdue du poids à cause de mon traitement et le fait que j'avais un appétit de moineau depuis un bon moment. J'enlevais mes chaussettes pour les mettre dans le bac à linge sale, en me rappelant que je devais faire une machine demain matin, et posai un premier pied dessus. Un frisson déferla sur ma peau par la froideur de la balance alors que mes deux pieds étaient positionnés dessus. L'aiguille tourna quelques secondes avant de s'arrêter sur le chiffre 49. Je déglutis quand je fis un rapide calcul dans ma tête. J'avais perdue 5 kilos. Mon cerveau mit un moment avant de comprendre que mon corps me lâchait complètement et que je n'avais plus aucune obéissance sur lui. Si j'avais déjà perdue 5 kilos en moins de deux mois de traitement, qu'est-ce que ça donnera en plusieurs mois? Je refoulais les larmes qui menaçaient de couler de nouveau lorsque mon portable sonna. Mon coeur fit un bond quand un prénom se forma dans ma tête: Edward. Je remis la balance à sa place et courus du mieux que je pus vers ma chambre, où mon portable tremblait sur ma table de chevet en attendant que quelqu'un décroche.

-Allo? Répondis-je, essoufflée.

-Salut, Bella, c'est Leah!

-Oh... Salut, Leah. Comment tu vas?

-C'est moi ou tu sembles déçue de m'avoir au téléphone?

-Excuse-moi, murmurai-je en m'asseyant sur le bord de mon lit, je croyais que c'était quelqu'un d'autre qui m'appelait, vu l'heure.

-Ah oui, je suis désolée de t'appeler aussi tard mais je n'ai pas trouvé un moment à cause du travail et du déménagement.

-Tu déménages?

-Oui! S'extasia-t-elle. Jacob m'a proposé de vivre avec lui, c'est pas génial?

Ma mâchoire se décrocha littéralement alors que ma main libre se crispa sur mon couvre lit mauve. Mon Dieu, Jacob lui avait proposé de vivre avec lui, c'était quoi la prochaine étape? La tromper avec la première blondasse qui passe? Non, je ne pouvais pas lui faire ça en sachant ce qu'il m'avait fait et surtout, ce qu'il était. Je n'étais pas hypocrite.

-Bella? M'appela Leah. Tu es toujours avec moi?

-Quoi? Oh, oui, je suis toujours là. Excuse-moi. Je... Je suis juste étonnée qu'il t'ait proposé de vivre avec lui.

-Ça fait des mois que j'attends qu'il se lâche, j'espère qu'il me demandera de l'épouser un de ces jours. Jacob est tout simplement l'homme parfait!

-NON! Criai-je, sans m'en rendre compte. Non, il... il ne faut pas que tu te maries avec ce... un connard pareil!

-Bella! S'outra mon amie. C'est mon copain que tu viens de traiter de connard, ou je rêve?

MERDE! Je me frappais la tête pour ma stupidité. Mais quelle idiote!

-Non, je... Enfin, je...

-Comment oses-tu insulter Jacob? Tu ne l'as rencontré qu'une fois, tu ne le connais pas! Je t'interdis de...

-Je connais Jacob beaucoup plus que toi, la coupai-je.

Je levai les yeux au ciel, espérant qu'elle ne me prenne pas pour une cinglée qui cherche à le faire rompre avec son merveilleux petit-ami.

-C'est tout ce que tu as trouvé comme argument? Je croyais que tu étais une fille bien Bella, mais en fait, tu es une garce de première! Je pensais que tu allais être heureuse pour moi, mais tu...

-Son père s'appelle Billy, sa mère, Sarah, est morte quand il était petit à cause d'un accident de voiture ce qui a fait que Billy est dans un fauteuil roulant. Il habite dans une réserve Quileute, la Push, prés de Forks. Jacob a deux grandes soeurs, Rebecca et Rachel qui s'est mariée à un Surfeur à Hawaï et qu'il ne voit presque jamais. Il est mécanicien et il a dû te dire que sa première petite-amie était la fille du meilleur ami de son père, Charlie, qu'il a rencontré pendant son adolescence quand elle est venue vivre chez son père à l'âge de treize ans, n'est-ce pas?

Je ne pouvais pas la laisser vivre avec un salaud pareil, alors qu'il était avec elle juste pour le satisfaire sexuellement. Il y avait des gens qui ne méritaient pas d'être un temps soit peu heureux. À l'autre bout du fil, Leah s'était tue, je n'entendais que sa respiration hachurée, entreloupée de marmonnements incompréhensibles.

-C'est impossible... Tu... Tu ne peux pas savoir... tu ne peux pas connaître Jake... Souffla-t-elle.

-C'est mon ancien petit-ami, Leah, avouai-je. Je n'ai rien dit, parce que je ne voulais pas te faire du mal et aussi parce que... parce que je croyais qu'il allait te quitter, alors...

-Quoi? S'égosilla-t-elle. Il t'a dit ça la fois où je suis venue te voir?

-Est-ce que tu sais pourquoi nous nous sommes séparés?

-Il... Il m'a dit qu'il t'avait quitté parce... parce que vous ne vous aimez plus, un accord commun...

Je soupirais, peu étonnée qu'il ait utilisé ce genre d'argument contre moi.

-J'étais à la fac, ma dernière année, racontai-je. Un professeur était absent alors nous sommes sortis plus tôt. Je suis rentrée chez moi, à l'appartement que je partageais avec Jacob, et je l'ai surpris avec une autre fille dans notre lit. Ce n'était pas la première fois d'après ce que j'ai entendu.

-Non! Non, c'est impossible, pas Jacob! Je suis sûre que tu dis ça pour le reprendre car tu... tu l'aimes encore...

-Leah! J''ai tourné la page avec Jacob, depuis plus d'un an et demi. Je suis avec Edward et Jacob ne m'a pas rendu aussi heureuse que lui en l'espace de quelques semaines. Tu comprends ce que je te dis? Je suis amoureuse d'Edward, je l'aime comme je n'ai jamais aimé personne.

-Je ne te crois pas, tu mens!

Sur ce, elle me raccrocha au nez, me laissant seule avec mes remords. Je posais mon portable sur mon lit et m'allongeais dessus, réprimant un gémissement. Jacob était vraiment un pauvre type. Demander à sa petite-amie d'emménager avec lui alors qu'il savait que Leah me connaissait et m'appréciait. Ouais, je parlais au passé car je n'étais pas sûre de la revoir ou l'entendre un de ces jours. Je me glissais dans mes couettes, soupirant de bien-être et de frustration. Leah était une bonne amie, même si je ne la voyais presque pas, elle avait été un soutien sans faille quand je travaillais pour Victoria. Elle me faisait rire et me motivait quand j'avais eu envie de me jeter sous les roues d'une voiture. Le destin était vraiment vache des fois. Je nichais ma tête dans mon oreiller quand mon portable m'annonça que j'avais un nouveau message. Je sautais presque dans mon lit en voyant que c'était Edward.

Bien le bonsoir jolie Demoiselle! Je n'ai pas eu une minute à moi de toute la journée, alors je profite d'une petite pause pour t'envoyer ce message. Je rentrerai demain vers 9 heures, tout au plus, je rapporterai des viennoiseries pour le petit-déjeuner. Sache que tu n'as pas quitté mes pensées de toute la journée, et que j'ai hâte que ma garde finisse pour te retrouver. Je sais que tu n'aimes pas quand je dis ça, mais j'espère que tu vas bien et que tu passeras une bonne nuit. Tu me manques et n'oublie pas que je t'aime.

Je rougis comme une idiote après ma lecture. Dieu du ciel, ce n'était pas permis à un homme d'être aussi gentleman que ça! Aucun homme n'aurait eu une telle attention pour moi, que ce soit mon père ou mon frère. Je me mordis les lèvres en répondant.

Bonsoir Monsieur l'Interne! J'ai passé une journée infernale avec Alice, elle n'a pas arrêté de parler sans me laisser le temps d'en placer une, et puis, elle m'a dit qu'elle m'emmènerait faire les magasins. Tu sais que je déteste ça. Est-ce que tu pourras me sauver la mise pour que j'y échappe? Je n'ai pas pu me reposer aujourd'hui, alors je suis un peu fatiguée ce soir, mais je vais bien, ne t'inquiète pas. Je te souhaite bon courage pour cette nuit blanche, et tu me manques aussi. Je t'aime.

J'appuyais sur envoyer avec toujours les joues rouges. J'avais l'impression d'avoir 14 ans et de laisser un message à mon premier petit-ami. C'était pathétique, je sais. Je reposais mon portable sur la table de chevet, sachant qu'il ne pourra pas me répondre et que la prochaine fois que j'aurais des nouvelles de lui, ça sera demain en le voyant en chair et en os. Je pourrais lui parler de ma conversation téléphonique avec Leah, et de ma perte de poids. De toute façon, je ne pouvais pas lui cacher et il saurait que quelque chose n'allait pas vu que j'étais une piètre menteuse. Je regardais mon réveil, 22h22 avant de fermer les yeux avec un sourire aux lèvres. Dans moins de 11 heures, je verrais Edward.

O*O*O*O

Je fronçais le nez en sentant quelque chose me toucher, puis mes yeux et je tressaillis quand l'objet de mon agacement s'échoua sur ma joue droite. Je gémis en attrapant mollement ce qui me gênait dans mon sommeil. Je n'étais pas du matin, et je ne le serais probablement jamais. (*) Un son mélodieux me vint aux oreilles et avec un effort surhumain, j'ouvris les yeux. Mon coeur rata un battement devant le spectacle qui se déroulait devant moi.

-Edward? Murmurai-je.

-Bien le bonjour ma jolie, sourit-il.

Je clignais des yeux en pensant qu'il allait disparaître d'une seconde à l'autre. Je me frottais les yeux afin de paraître plus réveillée.

-Quelle heure est-il? Marmonnai-je.

Il regarda sa montre sans lâcher ma main dans la sienne.

-Un peu plus de onze heures. Tu as bien dormi?

-Comme un bébé, avouai-je. Tu es rentré depuis longtemps?

-Depuis 9h15 je crois. Je n'ai pas osé te réveiller.

Il entremêla ses doigts avec les miens, embrassant le dos de ma main avec un sourire en coin absolument irrésistible, et il le savait très bien. Je me sentis rougir sous son regard beaucoup trop intense pour ma santé. Surtout avec le rêve que je venais de faire, et ce n'était pas que j'aille cueillir des bananes je ne sais où dans le monde. Oh, Seigneur, fait que je ne viens pas de penser ça! Deux doigts chauds prirent mon menton pour lever ma tête vers Edward, le regard curieux.

-Pourquoi est-ce que tu rougis?

-Pour rien! M'écriai-je en me relevant pour être assise. Tu as ramené de quoi manger j'espère, car je meurs de faim!

-Bella! Rit-il alors que je m'enfuyais le plus vite que mes jambes me le permettaient.

Je m'aidais des murs pour franchir le salon, mais je fus vite rattrapée par un Edward hilare qui enroula ses bras autour de ma taille, possessif. Je poussai un cri alors qu'il me portait comme une jeune mariée vers la cuisine.

-Alors, est-ce que je peux savoir à quoi tu pensais, ou je dois utiliser la manière forte?

-C'est quoi la manière forte? M'enquis-je, troublée.

Une lueur malicieuse traversa ses pupilles émeraudes. En fait, je ne veux pas savoir.

-Crois-moi, tu ne voudrais pas le savoir. Dis-moi à quoi tu pensais?

Je levai les yeux au ciel devant son insistance.

-Où sont les viennoiseries? Demandai-je, pleine d'espoir.

Il se retourna pour prendre un sachet en papier rempli. Mon ventre manifesta son impatience. C'était bien la première fois que j'avais aussi faim. Edward sourit et agita le paquet sous mon nez. J'essayais de l'attraper, mais être assise sur une chaise et que mon tyran fasse un peu prés plus de un mètre quatre-vingt dix n'aidait en rien.

-Je te le donne si tu me dis à quoi tu pensais, dit-il comme chantage.

-Tu oses me priver de nourriture, sous le risque que je m'évanouisse, pour savoir ce que mon cerveau pervers pensait?

-Tu pensais donc à quelque chose de pervers?

Je rougis jusqu'à la racine de mes cheveux.

-Oui... Enfin, non, pas vraiment, murmurai-je, honteusement.

-Je ne savais pas que ma copine avait un esprit aussi... fascinant, sourit-il.

-Fascinant? Répétai-je d'une voix aigüe.

Il contourna le comptoir lestement et laissa tomber le paquet de viennoiseries dessus tout en penchant son visage vers moi. Ma respiration s'emballa déjà, son haleine effleura ma joue alors que sa bouche se posa sur mon oreille gauche, et y déposa un léger baiser.

-Je trouve fascinant l'effet que je te fais, alors que tu n'imagines pas l'effet que tu me fais au quotidien. Innocente petite chose...

Je rougis et mon coeur s'emballa furieusement. J'étais incapable de dire une phrase correcte, j'étais trop subjuguée par sa présence si proche de moi. Je me mordis ma lèvre inférieure alors que son nez frôla le mien.

-Et puis, continua-t-il, si tu crois que tu ne m'attires pas, tu te trompes lourdement.

Je gémis et approchai sa bouche de la mienne en attrapant son cuir chevelu. Ses lèvres esquissèrent un sourire avant de se poser sur les miennes. Mon premier baiser de la journée. Je mouvais mes lèvres contre les siennes essayant de lui montrer qu'il n'était pas le seul à en avoir envie, mais que c'était de sa faute si on était ainsi maintenant. Edward posa une main sur mon dos avant de la glisser doucement vers une de mes fesses. Je gémis dans sa bouche alors qu'il m'en demanda l'accès. Sa langue trouva la mienne et ne la lâcha plus, jouant avec elle de la plus sensuelle des manières. Mes doigts trouvèrent les boutons de sa chemise et déboutonnèrent les deux premiers avec empressement. Pourquoi est-ce qu'on avait pas fait ça plus tôt? Edward grogna quand la pulpe de mes doigts tremblants frôlèrent son torse jusqu'à ce que ma deuxième main, qui était dans ses cheveux, la rejoignit pour faire tomber sans ménagement sa chemise sur le carrelage de la cuisine. Edward quitta ma bouche et planta son regard dans le mien. Mon bas ventre se contracta alors que ses pupilles devinrent noires en me fixant. La seconde d'après, je me retrouvais assise sur le comptoir, lui entre mes jambes, qui reprenait ma bouche pour un baiser envieux. J'entendis un bruit d'objet tombant au sol, mais, à vrai dire, j'avais d'autres préoccupations pour l'instant. Son torse chaud percuta ma poitrine couverte d'un vieux tee-shirt de l'université.

-Je crois qu'on aura pas besoin de ça, dit-il d'une fois rauque en prenant le bas de mon haut.

Timidement, je l'aidais à me l'enlever et je me retrouvais à moitié nue devant lui. Les épaules d'Edward se tendirent alors qu'un grognement naquit au fond de sa gorge. Dieu du Ciel, pourquoi est-ce qu'il fallait qu'il fasse des bruits d'animal féroce? Il trouvait que je n'étais pas assez excitée? Je montrais mon impatience et resserrais mes cuisses sur lui, et je gémis sans aucune honte quand une de ses mains engloba un de mes seins. Il roula mon téton entre son pouce et son index et ce fut ma perte. Je tirais ses cheveux avec toute la force que je possédais et il grogna avant de remplacer ses doigts par sa bouche. J'haletais en cherchant mon souffle, alors que sa langue tourna autour de mon mamelon, envoyant des décharges électriques jusqu'à la pointe de mes pieds. Je fermais les yeux et soupirais d'aise, mon corps bouillonnait de toute part alors que son nez frôla mon téton, après que sa bouche l'eut quitté. Cette dernière continua son chemin vers ma gorge, suçotant le peau tendre de mon cou avec envie, alors que ses doigts cherchèrent l'encolure de mon bas de pyjama, rendant mes hormones folles de joie.

-J'ai tellement envie de toi, murmura-t-il contre le peau de mon cou, suppliant.

Je roulai mon bassin pour montrer mon besoin d'avoir plus, et, là, tout dérapa une fois de plus. Mais du mauvais côté. Ma tête me tourna violemment, mes doigts tremblèrent tout autant et mes yeux avaient du mal à rester ouverts. Je gémis de souffrance quand ma tête se fendit en deux à cause de la douleur. Je lâchais les épaules d'Edward et il se tendit.

-Bella? M'appela-t-il. Bella? Qu'est-ce que tu as?

J'ouvris la bouche pour lui dire quelque chose, mais avant d'émettre le moindre mot, ce fut le trou noir.

O*O*O*O

-Allez, Bella, ouvre les yeux, me supplia un ténor familier.

-Mais qu'est-ce qui s'est passé? S'affola une voix cristalline. Quand je l'ai quitté, hier soir, elle allait bien!

-Ouais, j'aimerais bien savoir ce qui s'est passé, grommela un autre homme.

-Mais tu vas te taire, oui? Le gronda une femme. Laisse-lui le temps de se remettre.

Une douce main caressa mes cheveux, et une odeur merveilleuse titilla mes narines. Je gémis en sentant mon crane faire des siennes.

-Edward?

-Merci Seigneur, souffla-t-il.

Je clignais des yeux en cherchant ses doigts. Il se tenait assis, à ma droite, entoure de mon frère, Alice, Jasper et Rosalie, tout aussi inquiets qu'il en avait l'air.

-Salut, sourit-il tristement. Comment tu te sens?

-J'ai mal à la tête, avouai-je.

-J'y vais! S'exclama Alice.

Elle s'envola littéralement hors de ce qui semblait être la chambre d'Edward. Comment je me suis retrouvée là?

-Tu te souviens de ce qui s'est passé? S'enquit Rosalie.

Je hochai la tête, et je n'eus même pas le courage de rougir. Edward me fit un léger sourire.

-Qu'est-ce que tu as fait pour tomber dans les pommes? Grogna Emmett.

-Quelque chose qui ne te regarde pas, Em, alors la ferme, soupirai-je.

-Même à moitié dans les vapes, elle réussit à te fermer le claper! Rit Jasper.

Rosalie éclata elle aussi de rire alors que Emmett bouda dans son coin. Edward posa sa main sur ma joue et la caressa à l'aide de son pouce. Il détailla la moindre parcelle de mon visage avec anxiété au moment où Alice revenait avec un verre d'eau et mes boîtes de médicaments d'une horrible couleur orange. J'aimais pas cette couleur.

-On pousse ses fesses Dom Juan! Dit-elle d'une voix haut perchée.

Edward se tendit avant de jeter un regard mauvais à Jasper.

-Tu lui as dit? S'outra-t-il.

-Non, pas tout à fait, marmonna Jasper.

-On va te croire, sale traître, renchérit Rosalie. Je suis sûre qu'il ne t'a pas fallu longtemps avant de le dire à Alice, n'est-ce pas?

-20 secondes, confirma Alice en me tendant mes cachets.

-Alice! S'écria Jasper.

Cette dernière haussa les épaules.

-Bah, quoi? Je ne vais pas dire que tu m'as résisté alors que je suis arrivée en...

-On ne veut pas savoir dans quoi tu t'es trimballée pour faire souffrir Jasper, la coupai-je, faiblement.

-Même si on en a une petite idée, s'amusa à répondre mon frère.

Edward me releva pour que je boive mon verre d'eau et m'aida à me tenir assise contre la tête de lit. Je regardais l'heure et j'écarquillai les yeux en voyant qu'il était plus de 17 heures. 17 heures?

-J'ai dormi aussi longtemps, murmurai-je.

-Évanouie serait plus exact, me corrigea gentiment Edward. Je me suis inquiété, alors j'ai appelé mon père et il m'a dit qu'il viendrait te voir après son service. Il était de garde hier aussi, mais finissait plus tard que moi.

-Je ne veux pas déranger ton père pour si peu, marmonnai-je.

-Ce n'est pas négociable, trancha Edward, glacial. Ça aurait pu être pire qu'un simple évanouissement.

Je clignais des yeux, étonnée par son changement de comportement soudain. Je baissais les yeux vers mes doigts, alors que Alice, Jasper, Rosalie et Emmett se disputaient pour savoir ce qu'on allaient manger ce soir.

-Excuse-moi, soupira Edward en nichant son visage dans mon cou. Je suis un peu sur les nerfs, j'ai eu peur que...

-Ce n'est pas grave, je comprends, répondis-je sur le même ton.

Je glissais mes doigts dans ses cheveux et j'eus la satisfaction de le sentir frémir contre moi. J'enfouis mon nez dans ses cheveux de bronze et soupirai d'aise. Enfin chez moi.

-Ça va, on ne vous dérange pas trop? S'enquit Jasper. Sinon, vous nous le dîtes, aucun problème.

Je sentis Edward sourire contre la peau de ma gorge alors que je riais doucement. Emmett se renfrogna un peu, ce qui m'agaça.

-Tu as un problème, Emmett?

-Maintenant que tu le dis, ronchonna-t-il.

Rosalie donna une tape à l'arrière de sa tête.

-Aïe, Rose!

-On en a discuté, tu as même supplié ton père de l'écouter, maintenant, ça suffit! Ordonna-t-elle.

-Il y en a marre! M'écriai-je, faisant sursauter Edward contre moi.

Il recula de moi, me regardant avec appréhension. Je fixai méchamment Emmett.

-Marre que tu critiques tout ce que je fais à longueur de temps, marre que tu traites Edward comme un moins que rien, et marre que tu me prennes pour une gamine alors que je suis une adulte! Je n'ai jamais rien dit sur ta façon de vivre avant que tu ne rencontres Rosalie, jamais, alors je t'interdis de faire pareil avec moi! Je suis avec Edward, que tu le veuilles ou non, et sache que je l'aime, du plus profond de mon coeur. Il me fait sourire et rire, il me rend heureuse et me sentir bien. Je ne pense à rien quand je suis avec lui, hormis l'amour que je lui porte. Alors, je t'interdis de critiquer Edward ou la relation que j'ai avec lui, parce que quand tu te comportes ainsi, on dirait maman.

Emmett se décomposait à chaque mot qui sortait de ma bouche. Mais je crois que la dernière phrase que je lui ai dite le rendit plus blanc que blanc. Rosalie posa ses mains sur sa bouche, imitée par Alice qui écarquillait les yeux, alors que Jasper nous regardait tour à tour et qu'Edward serrait ma main plus fortement qu'il ne l'aurait dû. Il l'avait cherché. Soudain, la sonnette de l'appartement fit sursauter tout le monde, et Rosalie emmena son frère avec elle pour aller ouvrir. Je ne savais pas qu'il fallait deux personnes pour ouvrir une porte.

-Je... Je... Bafouilla Emmett.

Il me jeta un dernier coup d'œil en s'en alla dans le salon, alors que je gémissais à cause de la douleur de mon crâne qui revenait. Alice regarda l'endroit où allait Emmett avant de reporter son attention vers moi.

-Il a juste peur pour toi, Bella, m'informa-t-elle. Il t'aime énormément, tu es sa petite soeur, alors il a toujours peur qu'un homme te fasse du mal. Disons qu'Edward est prévenu comme ça.

-Merci, marmonna l'intéressé en embrassant ma tête qui me faisait souffrir.

Elle lui fit un sourire éblouissant avant de me saluer de la main, et me laissant seuls avec Edward. Ce dernier prit mon visage en coupe pour plonger son regard dans le mien, comme s'il cherchait à savoir ce que je pensais. Ses pouces caressaient mes joues, et je me laissais aller sous ses caresses. La douleur partait presque quand il était près de moi.

-Je suis touché par la façon dont tu me perçois, murmura-t-il.

-Tu en doutais encore?

Il sourit. Et alors qu'il voulait se pencher pour m'embrasser, son père arriva à l'embrasure de la porte de la chambre. Je me raclais la gorge et Edward se releva d'un bond, manquant de peu de tomber. Carlisle eut un sourire moqueur, alors que son fils grommela dans sa barbe.

-Bonjour, Bella, me salua-t-il.

-Bonjour Doc... Enfin, Carlisle, bredouillai-je.

-Tu veux bien nous laisser, Edward? Ça ne prendra pas longtemps, rassure-toi.

Edward soupira mais abdiqua. Il déposa un baiser sur mon front et quitta la chambre, refermant la porte derrière lui. Malgré moi, je sentis un incroyable manque de lui. Je m'appuyais contre la tête de lit, un peu nauséeuse et la tête douloureuse qui tournait. Carlisle posa sa mallette de Médecin sur la table de chevet et sortit un stéthoscope.

-Comment te sens-tu, Bella? Est-ce que tu peux me décrire ce que tu ressens? Me demanda-t-il.

Je jouais avec mes doigts, mal à l'aise, essayant de ne rien faire paraître sur les traits de mon visage.

-J'ai peur parce que je sens que mon corps ne contrôle plus rien, murmurai-je. J'ai dû mal à faire des gestes au quotidien, marcher est un calvaire, je me force à manger, ma tête menace d'exploser d'une seconde à l'autre et la seule chose que je veux, c'est de dormir à longueur de journée.

-Tu prends toujours tes médicaments, n'est-ce pas?

-Toujours.

Il hocha la tête et enroula mon bras du Tensiomètre et mit le métal froid du stéthoscope sur le pli de mon coude.

-J'ai appris que ton traitement a été modifié il y a quelque temps, continua-t-il. Est-ce que tu ressens un changement, même le plus petit?

Je fronçais les sourcils avant de grimacer un peu quand le Tensiomètre gonfla sur mon bras.

-Comme je l'ai dit, j'ai tout le temps envie de dormir et ma tête me fait plus mal.

-Le traitement devait faire effet sur ton type de tumeur, tout Docteur aurait le même constat que moi. Tu ne te ménages pas assez, Bella.

-Comment ça, je ne me ménage pas assez? Répétai-je, troublée. Je ne sors jamais de l'appartement, je ne suis presque jamais seule et on m'interdit de faire la moindre chose.

-Es-tu sûre de ne pas me mentir, pour ce qui est de ne rien faire? Dit-il, un sourcil levé.

Je me sentis rougir. Décidément, je ne serais jamais une bonne menteuse.

-C'est possible que je fasse la lessive, la cuisine, le ménage aussi, parce que votre fils n'est pas très doué pour ça, mais ce n'est pas grand chose...

-Pour ton cas, si, me coupa-t-il. Les personnes qui ont une tumeur ne sont pas condamnées à ne rien faire, évidemment, mais, à ce stade de la maladie, il est fortement recommandé de s'abstenir de faire ce que quelqu'un d'autre pourrait faire à ta place, tu comprends?

Je soupirais, peinée d'être mise sur le banc de touche. Je ne pouvais pas rester à ne rien faire à longueur de journée! Quand mon corps me le permettait, et lorsque je ne me sentais pas la fatigue m'achever à longueur de temps, je voulais sentir les muscles de mon corps bouger, vivre sous ma peau. Mais, même ça, ça m'était impossible.

-Je ne vais pas te dire que je comprends ton désarroi, reprit Carlisle, car ça serait te mentir. Je suis Médecin depuis plus de 25 ans, maintenant, et je peux te dire que ce n'est pas bon d'avoir une vie trop rythmée quand on est atteint d'une maladie aussi grave qu'une tumeur. Pour avoir des chances de guérir, il faut laisser son corps reprendre des forces, et tu ne sembles pas te rendre compte à quel point tu le fais souffrir. Je ne voudrais pas être celui qui dira à ton père, ton frère, ta meilleure amie ou encore moins Edward, que tu es condamnée. Alors, Bella, je t'en supplie, je me met à genoux si ça peut aider, ménage-toi au maximum.

Je clignais des yeux, étonnée et émue par tant de dévotion dans ses paroles. Je ne connaissais pas très bien Carlisle Cullen, et même si je l'avais rencontré assez souvent, nous étions courtois et rions des même blagues. Mais, à vrai dire, j'étais un peu impressionnée par le personnage, presque autant que mon père. Je comprenais pourquoi ils s'entendaient bien, maintenant. De plus, je voyais bien qu'Edward avait hérité de ce trait de caractère, aucun autre homme sur Terre ne pouvait émettre tant de franchise et d'humanité dans de simples paroles..

-Je ferai de mon mieux, répondis-je, honnêtement, je vous le promets.

Il parut soudainement très soulagé par ma réponse. Il continua, ensuite, son examen, écoutant mon coeur, prenant ma température, tâtonnant mon crane fragile et me posant d'autres questions. Je me mordis la lèvre inférieure, mal à l'aise, alors qu'une question trottait dans ma tête. Je n'avais pas encore réussi à rassembler tout mon courage pour la poser à quelqu'un, mais il me semblait que Carlisle était la bonne personne.

-Est-ce que je peux vous poser une question? M'enquis-je.

-Bien sûr, sourit-il alors qu'il rangeait sa mallette. Je t'écoute.

Je rougis avant même d'ouvrir la bouche.

-Je... Je me demandais si... si je... je pouvais... avoir des... des relations sexuelles, bafouillai-je pitoyablement.

Carlisle referma sa mallette doucement, les traits de son visage exprimant de l'étonnement. S'il me dit que je ne peux pas, je me jette par ma fenêtre.

-Oh... Chuchota-t-il. Je ne m'attendais pas à ce genre de question, surtout venant de... ma belle-fille, si tu me permets que je te qualifie ainsi.

Je fis un hochement de tête, raide. Pourquoi est-ce que j'avais ouvert la bouche, moi? Il va me prendre pour une nymphomane.

-Pour répondre à ta question, ce n'est pas défendu d'avoir des rapports sexuels, mais... Edward devra se protéger, si tu ne veux pas tomber enceinte dans ton état.

-Je peux tomber enceinte, même avec ma tumeur?

-Bien sûr, mais ce sera néfaste pour le bébé, m'annonça-t-il, gravement. Il pourrait avoir de gros troubles psychologiques ou moteurs, surtout à cause du traitement et des rayons.

-D'accord, je... Enfin, merci.

-Tout le plaisir était pour moi. Je vais faire rentrer Edward, avant qu'il ne fasse une tranchée au beau milieu du salon.

J'esquissais un faible sourire, timide. Il sortit de la chambre et j'étais persuadée d'avoir entendu un rugissement de l'autre côté de l'appartement. Alors qu'une part de moi était soulagée que mon état ne s'était pas aggravée, et que c'était juste à cause du fait que je ne me ménageais pas assez. Génial. Maintenant, ils vont tous vouloir que je reste allongée dans mon lit pour le restant de mes jours. Qui risque d'arriver beaucoup plus rapidement que prévu. Je secouais la tête, refusant de penser à ça pour le moment, j'étais très fatiguée. Je sursautai quelque peu. La seconde d'après, Edward entra, seul, ce qui me soulagea, et vint à ma rencontre. Il soupira avant de me rejoindre dans son lit, remontant la couverture sur moi. Je gémis de bien-être et posai ma tête contre son torse chaud. Tendrement, ses doigts s'enfouirent dans mes cheveux et commencèrent à masser mon cuir chevelu.

-Tu fais ça pour que je me rendorme, n'est-ce pas? L'accusai-je.

Un petit rire le secoua.

-Je ne crois pas que tu aies besoin de ça pour te rendormir.

-Un point pour toi.

Son autre mains se logea contre ma hanche droite alors que je ronronnais presque de plaisir face à cette caresse plus que bienvenue.

-Je te réveillerais dans 2 heures afin que tu manges, reprit Edward doucement. Je commanderais Chinois, ça te va?

-Oui, c'est parfait. Edward?

-Hum?

Je grimaçais d'inconfort alors que je me relevais sur un coude, et une main sur son ventre. Je plantais mes yeux dans les siens, d'un vert étincelant et tendre.

-Je sais que tu te sens coupable de... de mon état, mais ce n'est en aucun cas ta faute.

-J'ai été trop loin, je n'ai pas pu me contrôler alors que tu...

Je le fis taire en lui pinçant le ventre.

-Pourquoi est-ce que tu t'en veux d'une chose pareille, alors que moi aussi j'ai envie de toi.

Il cligna des yeux, sûrement étonné que je parle ainsi, ce qui n'était pas mon genre. Pas du tout même. Mais lorsque deux personnes ont la même envie, le même désir, je ne vois pas ce qui pourrait empêcher ça. Edward me fit un sourire éblouissant en traçant le contour de mes lèvres.

-J'ai peur de faire mal les choses avec toi, avoua-t-il en perdant son sourire. De te perdre alors que je sais que... que je ne pourrais faire mon chemin seul. J'ai besoin de toi, tu comprends?

J'esquissais un sourire ému. Je posais une main sur sa joue et déposais un baiser sur ses lèvres, le remerciant d'être là, à mes côtés, et de m'aimer avec la même intensité que moi. Je lui murmurais un « Je t'aime » contre sa bouche, avant de me recoucher, et de m'endormir tout contre lui.

Mercredi 17 décembre 2010

POV Edward

-Et n'oublier pas de regardez vos horaires de passage de vos examens sur le tableau, dans le hall! Nous prévint notre professeur.

-Comme si on allait oublier, crétin! Maugréa un de mes camarades de classe.

17h, la fin des cours de Médecine, le dernier qu'on avait avant notre examen trimestriel, vendredi. Je soupirais en imaginant mes deux prochaines soirées à relire mes notes au lieu de profiter de Bella. Quel monde cruel! De plus, ces derniers jours, notre relation avait pris un nouveau tournant, mais ça me mettait mal à l'aise parce que je ne pouvais pas contrôler le désir que j'éprouvais en sa présence. La journée, lorsque j'étais à l'appartement, ça allait, mais la nuit... C'était l'horreur! Je ne supportais pas de dormir sans Bella, déjà que je ne la voyais pas souvent le jour, je trouvais que dormir avec elle était acceptable. Et bien, j'aurais dû y penser à deux fois.

Déjà, c'était bien la première fois que je dormais avec une femme sans avoir couché avec elle, et sachant que le lendemain matin, je lui ouvrirais grand la porte avec un sourire aimable. Si ma mère savait ça, elle me ferait la peau, et ce n'était pas un euphémisme.

Deuxièmement, Bella avait une fâcheuse, si je puis dire, de parler en dormant, ce qui m'empêchait de dormir correctement, mais aussi la curiosité était trop forte pour que je fasse le sourd d'oreille. Donc, je restais une bonne partie de la nuit à l'entendre divaguer.

Et, troisièmement, et pas des moindres, Bella arrivait toujours à se mettre dans une position disons... gênante. Surtout le matin, alors que le fait de dormir avec elle réveillait ma partie inférieure, et que sa cuisse, sa hanche ou je ne sais quelle autre partie de son corps s'appuyait dessus. C'était loin d'être désagréable, mais je ne voulais pas qu'elle me prenne pour un gros pervers qui n'attendait que ça.

Je grognais alors que la chaleur du désir déferla dans mes veines. Ce n'était pas le moment! Je mis mon sac sur une épaule et suivis le flux d'élève qui se dépêchait d'aller voir son heure de passage. J'espérais que mon examen serait le matin, sinon j'allais être intenable pendant toute la journée. On était nombreux à faire Médecine dans l'université, en général, il coupait la section en deux pour plus de facilité.

-Hé, Edward!

Je me retournais pour voir Seth venir vers moi.

-Salut, le saluai-je. Comment ça va?

-J'ai connu mieux, grogna-t-il. Mais tu dois déjà savoir pourquoi.

Je fronçais les sourcils, perdu.

-Devrais-je savoir pourquoi tu tires une tête de six pieds de long?

-Elle ne te l'a pas dit? Moi, j'en mange depuis des jours, j'ai ma tête qui va exploser à force.

-Qui ça, « elle »?

-Ta copine, Bella! S'exaspéra-t-il. Tu n'es pas au courant?

-Au courant de quoi? M'énervai-je.

-Apparemment, tu ne le sais pas.

-Seth!

-D'accord, d'accord, dit-il en levant les mains. Bella a dit à ma soeur, Leah, tu sais, l'ancienne collègue de travail de ta copine, qu'elle était l'ex de Jacob, le petit-ami de ma soeur.

J'écarquillai les yeux, stupéfait. Et ça s'est passé quand, ça?

-Bref, ta copine a dit que Jacob était un salaud et j'en passe des meilleures, et, maintenant, Leah pique sa crise à longueur de temps parce qu'elle dit que c'est une menteuse. Ah, les filles, je vous jure...

-Attends, le coupai-je en m'arrêtant. Pourquoi Leah ne croit pas Bella?

-Et pourquoi devrait-elle la croire? Jacob a juré à ma soeur qu'il ne la connaissait pas, et même si je ne le porte pas dans mon coeur, je crois qu'il dit vrai.

-Et tu crois ce salaud? M'écriai-je, faisant tourner quelques têtes dans le hall. Je l'ai vu, dans mon appartement, qui agressait Bella croyant qu'elle avait encore des sentiments pour lui. J'ai dû le dégager de chez moi à coups de pied au cul et réconforter Bella parce qu'elle était en larmes! Alors, ne me dis pas que Bella ment, parce que, là, on va avoir un problème, Seth!

Il parut étonné par mes propos. Et oui, mon pote, il n'y a pas que toi qui sait des choses. Seth secoua la tête, désorienté.

-C'est impossible, murmura-t-il. Il ne peut pas...

-Menace ce crétin, et tu verras s'il ne dit pas la même version que moi, tranchai-je.

-Oui, oui, bien sûr! Si tu l'as vu, ça change la donne, surtout qu'il est revenu avec un coquard il y a quelque temps...

-Renseigne-toi, alors, au lieu de te mêler de ce que tu ne sais pas.

Sur ce, je le laissais en plan et allais regarder mon heure de passage avant de quitter cet endroit maudit. Je fus assez désagréable avec les étudiants devant le panneau d'affichage, mais pour l'instant, j'avais d'autres préoccupations. Je ressentis un petit soulagement quand je lus que je passais vendredi matin, de 8h à 12h, dans la salle A. mais ce fut de courte durée. Je courus presque jusqu'au parking, m'emmitouflant dans mon manteau alors qu'un vent glacial s'échouait dehors. L'hiver allait être rude cette année. Je trouvai rapidement ma Volvo grise et mis le contact avant d'enclencher le chauffage. Juste quelques minutes. Je sillonnais les routes, découvrant les décorations que les habitants de Seattle avaient accroché sur leur maison, ainsi que dans les rues. Je n'avais toujours pas demandé à Bella si elle voulait aller chez mes parents, accompagnée de Charlie et Emmett, pour Noël. Pour ma part, je ne serais pas là, je n'avais pas réussi à avoir un jour de congé ce jour-là. L'hôpital préférait donner leurs congés aux employés, comme mon père, au lieu de petits stagiaires inutiles. Ça allait être vachement sympa. Au moins, au nouvel an, je serais là, c'est déjà ça. Une ampoule s'alluma au-dessus de ma tête, et je fis un détour en tournant brutalement mon volant. Je reçus plusieurs coups de klaxon, ainsi que des insultes, mais je ne fis pas attention. Les paroles de Seth passaient au-dessus de ma tête maintenant, après tout, je n'étais pas en tort. Ce salaud de Jacob Black. Mes mains se crispèrent de rage sur le volant de ma voiture. Après ce qu'il avait fait à Bella, il pouvait espérer au mieux de se retrouver aux Urgences pour fractures multiples, car Emmett serait sûrement de la partie. Et je ne ferais rien pour l'en empêcher.

Je tournais à droite, trouvant une place non loin de là où je voulais aller. Je regardais ma montre, 17h10. Je sortis de ma voiture, frissonnant à cause du vent et marchai vivement vers la caserne de pompier. Je ne l'avais pas vu depuis dimanche, et pour cause, Bella lui avait dit ses quatre vérités en face et je crois qu'il avait eu du mal à se regarder en face après. J'avais voulu lui parler, mais il était déjà parti. J'espérais qu'il ne voudrait pas me faire la peau lorsqu'il me verrait, parce que, techniquement, je n'avais rien fait à part tomber amoureux de sa soeur. Je savais qu'il demandait des nouvelles de Bella par téléphone, il l'appelait tous les jours, et elle lui répondait comme toute personne civilisée. Elle ne paraissait pas s'en formaliser plus que ça, ni même peinée. Décidément, Bella reste et restera un mystère pou moi. Je fourrais mes mains dans mon manteau avant de franchir le garage où Emmett travaillait. Des camions de pompiers s'y trouvaient, et comme tout ancien petit garçon, je fus fasciné par eux. Qui n'a jamais rêvé de jouer avec un camion grandeur nature?

-Est-ce que je peux vous aider?

Je sursautais et me retournais pour voir un homme qui faisait au moins trois têtes de plus que moi, et deux fois mon poids. Mon égo en prenait un coup.

-Euh... Oui, hum... Est-ce que Emmett Swan est là?

-Et vous êtes? S'enquit Hulk.

-Son beau-frère.

-Et moi qui croyais qu'Emmett tuait tout ce qui osait s'approcher de sa petite soeur chérie.

-Il faut croire que j'ai des arguments plus convaincants que les autres, pour être encore en vie.

Il me fit un sourire narquois, et j'avais la désagréable impression qu'il avait essayé de tenter sa chance avec Bella avant qu'Emmett ne fracasse sa tête contre un de ces monstrueux camions rouges.

-Ça doit être ça, sourit-il. Mais je dois avouer, que sa soeur un est joli petit lot, un cul d'enfer.

Je serrais les poings et carrais la mâchoire.

-Ne parle pas de Bella ainsi! Grognai-je.

Il se rapprocha, et je dus relever la tête pour ne pas le quitter des yeux.

-Sinon quoi, le minus? Tu vas me mettre une raclée?

-C'est possible...

Il rit d'un rire gras, alors que les muscles de mon corps bandèrent sous l'effet de la colère. On ne parlait pas de Bella comme si c'était une trainée qu'on voulait mettre dans son lit! Jamais!

-Laisse-moi rire! Je suis sûr que je t'envoie à l'hôpital en un seul coup.

-Essaye un peu pour voir.

Ses yeux s'allumèrent comme un feu ardent sous mon ton confiant. Je n'étais peut-être pas Mister univers, et mes muscles ne menaçaient pas d'exploser à chaque mouvement que je faisais, mais j'avais de bons réflexes. Merci Seigneur. Je le défiais du regard et, la seconde d'après, je dus me baisser pour éviter son premier coup qui arrivait droit sur ma mâchoire. Il perdit son équilibre sous la force qu'il avait mis, et j'en profitais pour lui donner un coup de pied à l'arrière d'un genou. Ça avait des avantages de faire Médecine. Il cria de douleur et s'écroula par terre, tenant la partie de son corps douloureux.

-Je l'attend toujours, ce fameux coup qui va me mettre K.O, souris-je.

-Attends un peu, mon joli, j'en ai pas fini avec toi.

Il se releva d'un bond, et s'élança pour me frapper de nouveau au visage. Je l'évitais une seconde fois, mais je n'ai pas pu prévoir la suite. Son autre poings s'abattit sur mon estomac, le faisant bouger douloureusement et me coupant la respiration. Je grognai sous l'effet de la douleur alors que l'autre crétin rit.

-Tu en veux encore?

Il me releva en tirant mes cheveux et il lança son poings vers ma joue gauche. Mes dents s'entrechoquèrent les unes aux autres et ma tête bourdonna un instant, avant de sentir le sol venir vers moi. Je toussai et recrachai le sang qui s'était accumulé dans ma bouche. Le salaud!

-Si tes performances pour te battre sont aussi médiocres qu'au lit, la jolie Bella au cul d'enfer doit déjà tirer son coup ailleurs à l'heure qu'il est! Tu crois que j'aurais ma chance avec elle?

Je bougeais ma mâchoire douloureuse avant de relever mon visage vers lui, le regard noirci par la haine.

-Et toi, tu te sens obligé de te battre pour prouver que tu es un homme, un vrai, alors que je suis sûr que tu es impuissant au lit?

Il poussa un cri de rage mais il fut interpelé par une voix forte et autoritaire.

-Qu'est-ce qui se passe, ici?

Le connard devant moi regarda l'homme d'une bonne cinquantaine d'années doté d'un regard froid.

-Chef, ce civil est entré et a commencé à m'insulter, raconta-t-il. Je ne pouvais pas...

-Espèce d'enfoiré, grognai-je en me relevant.

-Qui êtes-vous? Me demanda l'autre homme, apparemment le chef de la caserne.

-Edward Cullen, répondis-je. Je cherche Emmett Swan, mon... beau-frère.

-Chef, il a...

-Je te conseille de la fermer, Astings. Vraiment, ferme-la. Emmett, ramène tes fesses! Cria-t-il.

Je tâtais ma mâchoire de la manche de mon manteau et ne fus pas surpris de voir une grosse trace de sang dessus. Génial, je vais devoir aller chez le teinturier maintenant. Des pas rapides se firent entendre, alors que je remarquais qu'on avait un public autour de nous. Tout ça à cause de se crétin!

-Vous m'avez appelé, Chef? Intervint une voix familière.

-Oui, Swan, il y a...

-Edward? Le coupa Emmett. Mais bordel, qu'est-ce que tu fais ici? Et qu'est-ce qui t'es arrivé?

-Salut, Emmett, grommelai-je en sortant un mouchoir de ma poche pour éponger ma blessure à la mâchoire.

-Vous le connaissez? Demanda son chef, surpris.

-Bien sûr, c'est le petit-ami de ma soeur! C'est toi qui a fait ça, Jeff?

-J'étais bien obligé! Ce malade est arrivé, il a demandé à te parler et a commencé à me frapper.

-Tu n'as pas l'air très amoché, constata Emmett en s'approchant de moi.

-Vous venez de me dire qu'il est arrivé et qu'il vous a frappé, contredit le « chef ».

Emmett me donna une petite tape sur l'épaule en signe de compassion. Trop aimable.

-Euh... Oui, c'est ce que j'ai dit, bafouilla l'autre con. Je...

-Je suis venu voir Emmett Swan, quand ce type a demandé s'il pouvait m'aider, intervins-je. Je lui ai demandé si Emmett était là, et je me suis présenté en étant le beau-frère de ce dernier. Il.. Il a commencé à dire des choses sur ma compagne qui m'ont déplu, et quand j'ai verbalement répliqué, et il a voulu me frapper, comme vous pouvez le voir.

-Tu as quoi? Gronda Emmett, s'approchant de Jeff. TU AS QUOI?

Emmett avait le même physique que l'autre, mais en colère, il faisait bien plus peur que ce bouffon. Ce dernier leva les mains, innocent.

-Écoute, je... je me suis peut-être emporté sur ce type, mais... mais jamais je... je n'insulterai ta soeur!

-Edward ne s'énerve pas sur tout ce qui bouge, sauf quand on insulte Bella, contra Emmett. Alors tu vois, j'ai tendance à le croire plutôt qu'un minable comme toi.

Jeff blanchit prématurément alors qu'Emmett ne le quittait pas des yeux, menaçant.

-Swan, recule, ordonna le chef de la caserne en lui prenant le bras.

-Je te conseille de m'éviter dans l'avenir, le menaça Emmett. Sinon je te jure que je te refais le portrait plutôt deux fois qu'une.

-Emmett, comment...

Il ne vit pas le poings d'Emmett fracasser son crane. Par la force de ce dernier, il tomba sur le sol comme une mouche, alors que deux collègues de travail retinrent le frère de Bella par les deux bras. Il se débattit mais dut s'avouer vaincu au bout de quelques secondes. Je pus remarquer que personne n'alla aider Jeff.

-Prend ta journée, soupira son chef. Et j'espère que demain tu auras l'esprit plus clair.

-Pas tant qu'il sera près de moi.

-Astings, dans mon bureau, maintenant! Tonna-t-il. Va aider ton beau-frère, Swan, je crois qu'il en a besoin.

Il hocha la tête en se libérant de la prise de ses deux amis. Je retirais mon manteau, qui tomba au sol, alors que je sentis du sang couler de mon nez.

-Allez viens, me dit Emmett. Il y a une trousse de secours dans les vestiaires.

J'acquiesçai et le suivis avec soulagement dans les entrailles de la caserne. Je me sentais pas du tout à ma place avec ces bodibuldés du muscle. L'intérieur était désert, et Emmett m'informa qu'il y en avait qui était dans la salle du musculation et d'autres qui jouaient aux cartes dans la salle de repos. Pourquoi n'y avais-je pas pensé? Je m'assis en califourchon sur un des bancs dans les vestiaires qui ressemblaient étrangement à ceux des équipes de Baskets de la N.B.A. C'était peut-être fait exprès en fait. Emmett me rapportant la trousse de secours avec un miroir mural.

-Je crois que tu peux te débrouiller tout seul, grommela-t-il.

-Ouais, merci.

Je sortis des compresses et du désinfectant, après avoir réussi à bloquer mon vulgaire mouchoir sur l'endroit blessé. Je m'aidais du miroir pour visualiser le tout, et je n'étais pas beau à voir.

-Bella va me tuer, gémis-je pour moi-même.

-Il y a de fortes chances, me répondit son frère. Je ne l'ai jamais vu s'attacher autant à un homme, enfin après l'autre connard devrais-je dire.

-Je prends ça comme un compliment.

-C'en est un.

-Et bien... Merci alors.

-Ouais, mais ma menace tient toujours, si...

-... je lui fais le moindre mal tu me passes à tabac, si bien que ma mère me reconnaîtra pas, je sais. J'ai retenu la leçon. Mais ça n'arrivera pas.

-Tu m'en crois pas capable?

-Je ne parle pas de ça, soupirai-je. Mais du tout, que tu n'auras pas besoin de faire ça parce que Bella m'est trop précieuse pour que je gâche ma chance avec elle.

Il se renfrogna alors que je jetais une compresse ensanglantée dans la poubelle près de moi. Je désinfectais rapidement ma pommette rougie en grimaçant. Après quelques minutes de silence religieux, je refermais la trousse de secours en me sentant plus... propre. Je massais mon ventre un peu douloureux et levais mes yeux vers Emmett, appuyé nonchalamment contre un casier, les bras croisés. Il va bien falloir qu'il me croit un jour ou l'autre, non?

-Écoute, Emmett, commençai-je. Je sais que tu as du mal avec la relation que j'ai avec ta soeur...

-C'est le moins qu'on puisse dire, me coupa-t-il.

-... mais, sache que je ne suis pas Jacob, continuai-je. Jamais, au grand jamais j'irai voir ailleurs pour la simple et bonne raison que Bella me suffit amplement. Je n'ai jamais vraiment été avec une fille, si tu te poses la question, parce que je n'en voyais pas l'intérêt et que, pour moi, elles étaient toutes trop... superficielles à mes yeux. Mais, Bella est différente, elle est mon tout, l'unique femme qui... qui rend les pulsations de mon coeur désordonnées, mes mains moites et qui me fait perdre mes mots quand elle est près de moi. Je veux la soutenir dans sa maladie, parce qu'elle doit vivre, elle mérite de vivre et que, si elle n'est plus là, moi je ne serais plus rien... C'est avec elle que je veux me réveiller le matin, je veux la faire rougir, sourire, m'engueuler parce que j'aurais pas mis mes chaussettes au sale, la consoler quand elle aura besoin de moi, me marier, avoir des petites Bella ou des petits moi qui courent partout et vieillir à ses côtés, me plaignant auprès d'elle parce que mes articulations me feront souffrir. Ça parait idiot dit comme ça, mais je suis amoureux de ta soeur, j'aime Bella plus que tout. Je donnerai ma vie pour elle, sans aucune hésitation.

Emmett m'avait écouté sans exprimer la moindre expression sur le visage. Mon coeur battait à mille à l'heure pour savoir s'il allait me foutre son poings dans la tronche, ou s'il allait m'accueillir à bras ouverts. Je préférais la deuxième option. Mais, à mon étonnement, il décroisa les bras et soupira de désolation.

-Je dois avouer que tu ferais tout pour Bella, dit-il. Je ne peux le contester.

-Heureux que tu le remarques enfin.

Il sourit légèrement.

-C'est juste que j'ai peur qu'elle donne son coeur à quelqu'un qui ne le mérite pas, comme pour Black. Tu ne sais pas comment elle était après qu'elle l'ait découvert avec une autre femme dans son lit. Elle n'a rien dit pendant un mois, nous évitant le plus possible avant que Alice et moi découvrons ce qui s'était passé. Je peux te dire qu'il a passé un mauvais quart d'heure. Mais Bella n'était plus elle-même, elle n'a plus voulu avoir quelqu'un dans sa vie et j'avais peur qu'elle ne soit plus heureuse de nouveau. Et puis, tu es arrivé, je ne pouvais faire comme si je ne voyais pas les étoiles que tu avais dans les yeux lorsque tu regardais Bella, je n'étais pas aveugle tu sais. Malheureusement, je n'ai pu faire en sorte que Bella ne fasse attention à toi, car quand tu étais avec elle, elle souriait et riait, chose que je n'avais pas vu depuis des mois. Elle paraissait heureuse, alors j'ai laissé faire, en quelque sorte. Et puis, là, j'ai remarqué qu'elle te regardait de la même façon que toi, et, ensuite, je vous ai vu sur le canapé, en train de vous embrasser... Je crois que je me suis rendu compte que Bella n'était plus une petite fille, mais une femme et ça m'a rendu nostalgique. Triste même, parce que ce ne sera plus moi qu'elle appellera quand elle aura un problème, ou quand elle se sentira seule parce que je dois me faire à l'idée que Bella a trouvé quelqu'un de bien, même s'il ne sait absolument pas se battre.

Je souris pour sa dernière phrase, alors que j'étais plutôt scotché par ses propos. Sa façon de voir Bella, de ressentir tout l'amour fraternel qu'il lui portait était... touchant. C'était comme Jasper pour Rosalie. Il ferait n'importe quoi pour elle, et même si Jazz n'a pas exprimé tant de colère envers Emmett, j'étais persuadé qu'il ressentait la même chose au fond de lui.

-Bon, trêve de pleurnicherie! Dit Emmett en se tapant dans les mains. Pourquoi est-ce que tu es venu me voir? Je suppose que ce n'est pas pour te battre, ou plutôt te faire massacrer par l'autre connard.

-Sache que je me suis défendu! Contrai-je. Je l'ais mit à terre en premier, j'ai de bons réflexes.

-Peut-être, mais moi, je n'ai rien vu.

Je levai les yeux au ciel.

-On arrive dans la période des fêtes, et je n'ai pas encore décoré mon appartement, alors je me demandais si tu pouvais m'aider à transporter un sapin de noël? Je ne suis pas sûr que j'y arrive seul, et mon père et Jasper travaillent.

-Pas de problème, de toute façon, j'ai ma journée.

J'esquissai un sourire, amusé, et sortis de la caserne pour attendre Emmett, le temps qu'il se change pour une tenue de tous les jours. Quelques pompiers me saluèrent chaleureusement et me félicitèrent pour ce que j'avais fait à Jeff. Au début, je ne comprenais pas ce qu'ils me disaient, jusqu'à ce qu'un gars, Jason je crois, m'annonce que ce n'était pas la première fois qu'il cherche à se battre avec n'importe qui et qu'il se comportait comme un porc avec les femmes. Au moins je n'ai pas fait ça pour rien. Génial, je pourrais dire ça à Bella comme argument. Ils me proposèrent même d'aller boire un verre au pub du coin avec eux, pour me remercier, car il y avait de bonnes chances pour que l'autre gigolo se fasse muter dans une autre caserne. Je refusais poliment, prétextant que j'avais des choses à faire, et une femme qui m'attendait.

-Ouais, il vaudrait mieux que tu y ailles. Car si la soeur de Emmett est comme lui, elle te coupera tes bijoux de famille en un rien de temps! Rigola un autre.

J'avais souri avant de prendre congé et d'attendre Emmett près de ma voiture. Alors que je regardais les décorations de la caserne, les lumières clignotantes d'une maison voisine et deux femmes d'un certain âge discutaient non loin de là, je ne remarquais pas tout de suite qu'Emmett était à mes côtés.

-Bon, on y va, Dom Juan? Demanda-t-il.

-Ne m'appelle pas comme ça, grognai-je.

Il partit dans un rire tonitruant avant d'aller vers sa monstrueuse voiture. Pas de doute, il n'y avait que lui qui pouvait avoir une voiture pareille. Je rentrais dans l'habitacle de ma Volvo, soupirant d'aise face à la chaleur régnante et suivis Emmett. Je mis la radio pour me vider la tête, alors que les paroles de Seth et de Jeff me revinrent en tête. Ce n'était pas la même situation, mais ça avait le don de me mettre en colère. Pour dire que je ne l'avais pas dit à Emmett. Là, à coup sûr, il allait envoyer Black six pieds sous terre. Oh et puis, il n'était pas obligé de le savoir, n'est-ce pas? Tout à fait d'accord. Je ralentissais alors qu'on roulait en centre ville. Les rues y étaient encore plus décorées, c'en était presque aveuglant. Les vitrines des magasins brillaient de toutes parts, annonçant des promotions, des prix imbattables et les nouveautés des derniers jours. Je paniquais en pensant que je n'avais toujours pas trouvé de cadeau pour Bella. Je faisais toujours mes courses de noël en avance pour mes parents, grand père ou les deux jumeaux maléfiques, mais, maintenant, j'avais Charlie, Emmett, Alice et Bella en plus. Je trouverais bien quelque chose pour les trois autres, mais pour Bella, c'était notre premier Noël ensemble. Je voulais marquer le coup. Voilà quelque chose à penser demain. Nous traversâmes les rues sans s'arrêter, jusqu'à ce que l'énorme Jeep noire d'Emmett aille se garer près du trottoir. Je trouvais une place non loin de lui, avant de couper le moteur et de descendre de la voiture. Les rues étaient assez animées, sans pour autant être encombrées de personnes excitées face aux fêtes qui approchaient à grand pas.

-Je connais un vendeur de sapin dans le cul de sac, là-bas, me dit Emmett, me faisant légèrement sursauter. J'ai été chercher le mien il y a une semaine, avec Rosalie.

-Tu as réussi à trouver ton bonheur? M'enquis-je, amusé.

Rosalie était une teigne quand il s'agissait de fête, surtout pour ce qui était du sapin. S'il faisait moins de deux mètres cinquante, elle ne le prenait pas. Heureusement que la maison de mes parents avait un haut plafond.

-Je ne lui ai pas laissé le choix, grogna Emmett. Elle voulait en prendre un qui faisait trois fois ma hauteur, et deux fois ma largeur! Comment je l'aurais porté? Et puis, je lui ai montré par A plus B qu'il ne rentrerait pas dans mon salon.

-Ça c'est fini comment?

-Elle m'a plus parlé pendant deux jours. L'horreur.

J'éclatais de rire, et il me regarda, mauvais. Il m'emmena dans une petite ruelle bondée de sapins verts en tout genre, allant d'une taille d'un enfant de 5 ans, à au moins trois mètres. J'écarquillai les yeux à la vue de ce dernier. Il est beaucoup trop grand pour mon appartement. Dommage, Bella aurait adoré. Des cris d'enfant se firent entendre, alors que leur parents les réprimaient pour qu'ils soient plus sage. Un jeune couple amoureux se baladait, main dans la main, en travers les touffes vertes, et j'eus un poids au coeur. Bella aurait aimé le choisir avec moi.

-Pas mal, hein? Se vanta Emmett. Je l'ai trouvé par hasard, il y a plusieurs années.

-Oui, oui, super. Je... En fait, je n'aurais pas besoin de toi, je... Désolé.

Il plissa les yeux en ma direction.

-Je vais chercher Bella pour qu'elle puisse le choisir avec moi, d'accord? Dis-je en faisant le chemin inverse.

-Mais Bella s'en fiche! Dit-il en me poursuivant. Chaque année, je lui en apporte un et elle ne me demande jamais si elle peut venir avec moi.

-Est-ce que tu lui as déjà demandé si elle pouvait venir avec toi?

Il parut penaud avant de hocher négativement la tête. Je posais une main sur son épaule.

-Je te remercie d'avoir frappé l'autre connard pour moi, car je ne faisais vraiment pas le poids, je le reconnais, le remerciai-je. Et merci aussi de m'avoir montré l'endroit rêvé pour acheter un sapin de noël. Mais, je crois que Bella adorerait en choisir un avec moi.

-Mais, elle ne me l'a jamais demandé, répéta-t-il.

Je levai les yeux au ciel.

-Et depuis quand Bella demande quelque chose?

-Dis comme ça...

-Profite de ta journée pour aller chercher Rosalie, souris-je. Elle m'a dit que sa voiture était au garage, et je crois qu'elle te sera reconnaissante de venir la chercher en voiture.

-Ouais, c'est une bonne idée, marmonna-t-il.

-Sache que j'ai toujours de bonnes idées. Salue-la de ma part et encore merci!

-Je le ferais. Et... salue Bella pour moi, veux-tu?

Je hochai la tête et il s'engouffra dans sa voiture avant de partir en trombe. Comme d'habitude. Je le suivis rapidement, et il me klaxonna pour me saluer une dernière fois avant de tourner à gauche, alors que j'allais à droite. Mon coeur battit à un rythme effréné en mon sein, j'étais aussi excité qu'un gosse alors que je n'avais aucune raison pour. Peut-être était-ce le fait que c'était la première fois que j'allais acheter quelque chose avec Bella? C'était plausible. Au moins, Bella sortira un peu, elle ne marcherait pas longtemps. Je tapotais nerveusement mon volant, et me garais négligemment devant l'immeuble. J'espérais que la place serait toujours là quand on reviendra avec le sapin. Je pris mon sac, cherchai mon badge dans ma poche de manteau et appuyai comme un forcené sur le bouton quatre. Je tanguais sur mes deux pieds et volais littéralement quand les portes de l'ascenseur s'ouvrirent sur moi. Derrière la porte, j'entendis le bruit faible de la radio, passant une vielle chanson des années 80, et la douce voix de Bella au travers. J'avançais à l'intérieur de mon appartement, cherchant Bella des yeux.

-Je t'assure que ça va, papa, dit Bella au téléphone, allongée dans le canapé.

-...

-Tu sais bien qu'Emmett extrapole tout ce que je dis, non? Je prends toujours mon traitement, et je vais à mes séances, je te le promets.

-...

J'étais persuadé d'avoir vu Bella lever les yeux au ciel.

-Je sais, je dois me ménager, s'exaspéra-t-elle. J'ai l'impression d'entendre Edward...

Je souris en posant plus brutalement que je ne devrais, mon sac à dos sur le comptoir de la cuisine. Bella sursauta avant de lever la tête vers moi. La seconde d'après, sa bouche s'ouvrit en grand, et je sus que j'allais en prendre pour mon grade. Quelle idée de me battre avec un pompier qui faisait deux fois mon poids. Il l'avait cherché! Vrai.

-Oui, je suis toujours là, bredouilla-t-elle. Je... Je vais te laisser, je dois...

-...

-Oui, il est rentré. D'accord, je lui dirais « Bonjour » de ta part.

-...

-Fais attention à toi, bye.

Elle raccrocha en soupirant de soulagement et se leva pour venir à ma rencontre, mais je lui fis signe de rester où elle était.

-Qu'est-ce qui t'est arrivé au visage? S'inquiéta-t-elle sans même me saluer.

-Bonjour à toi aussi, dis-je en m'asseyant sur la table basse. Comment vas-tu?

-N'essaye pas de répondre à une question par une autre question. Qu'est-ce qui t'est arrivé au visage? Est-ce que tu t'es... battu?

-C'est possible, marmonnai-je.

-Pourquoi diable t'es-tu battu? Et avec qui, d'abord?

Je me levai pour m'asseoir sur le rebord du canapé, à ses côtés. Elle semblait pâle, ses joues étaient plus creusées qu'à l'ordinaire et des cernes se dessinaient sous ses yeux. Mon coeur se contracta à cette pensée. Une de ses mains se glissa dans mes cheveux, là où elle pouvait atteindre, et gratta mon cuir chevelu avec ses ongles. Si j'avais pu, je ronronnerai de plaisir. Elle savait que j'adorais ça.

-Après les cours, j'ai été voir Emmett à sa caserne, l'informai-je. Un gars est arrivé pour savoir qui je cherchais, et quand je lui ai dit que j'étais le beau-frère d'Emmett il a... été surpris.

-Surpris? S'étonna Bella. Comment ça, surpris?

-Il a toujours cru que tu étais trop précieuse aux yeux d'Emmett pour qu'un homme touche à toi, et...

Je serrais les poings de rage.

-Et?

-... et il a dit que tu étais un joli petit lot avec un cul d'enfer. Évidemment, je me suis énervé et il m'a frappé, d'où l'ecchymose sur le visage. Son chef est arrivé, juste avant Emmett qui l'a frappé quand j'ai raconté ce qui s'est passé.

-Edward...

-Ne me dis pas que j'aurais dû laisser couler, car j'en aurais été incapable! Grognai-je. Il parlait de toi comme si tu... tu étais un morceau de viande, une trainée! Tu n'en es pas une, tu es Bella, ma Bella et si j'avais pu, je l'aurais achevé moi-même.

Les ongles de Bella se rétractèrent sur mon crane, et je la regardais enfin. Ses yeux étaient humides de larmes.

-Est-ce que ça va? Tu as mal quelque part? M'affolai-je. Tu veux que je...

Elle me fit taire en posant ses doigts libres sur ma bouche, un sourire aux lèvres.

-Je vais bien, maintenant que tu es là.

J'esquissai un sourire et pris sa main pour embrasser sa paume tendrement, humant l'odeur de sa peau au passage. Ses doigts frôlèrent ma joue.

-Tu m'as manqué, avouai-je.

Elle me fit un sourire éblouissant.

-Tu m'as manqué aussi. Tu veux bien me faire une faveur?

-Tout ce que tu voudras, soupirai-je, vaincu.

-La prochaine fois que tu déclenches une bagarre, même si j'espère que ça n'arrivera plus, évite les coups, au lieu de les prendre.

Je me renfrognais et elle éclata de rire. Je laissais de côté mon air offensé pour me délecter de cette vision. C'était tellement rare qu'elle riait, que chaque moment où elle me faisait cette faveur était une bénédiction. Je traçais le contour de ses lèvres quand elle se calma un peu, et je souris en voyant des rougissements naître sur ses joues. Au moins, elle ne perdait pas cette faculté. Je fis glisser mes doigts jusqu'à celles-ci, savourant la douceur et la chaleur de sa peau. Bella me regarda avec intensité, cherchant ce que j'essayais de lui dire à travers mes gestes. Je me penchai vers elle, poussant son nez contre le mien, la faisant haleter.

-Je me demandais, commençai-je doucement, si tu te sentais capable de marcher un peu et d'affronter le froid, dehors.

Elle ouvrit les yeux, étonnée mais envieuse. Ma première impression était la bonne.

-Où veux-tu m'emmener? S'enquit-elle.

-Pas très loin d'ici. Mais je dois savoir si tu t'en sens capable, et...

-Je vais bien, me coupa-t-elle en se relevant, me faisant reculer.

Je posais une main sur sa gorge, sentant son pouls pulser énergiquement dans ses veines.

-Alors, va mettre quelque chose de chaud, lui conseillai-je.

Un grand sourire s'étala sur son visage, avant qu'elle ne presse sa bouche contre la mienne, avec avidité. Dans un premier abord, je fus surpris, mais, bien vite, je répondis à son baiser. Je bougeai fougueusement mes lèvres contre les siennes, reprenant possession de sa bouche en lui demandant l'accès. Elle gémit et me l'accorda, alors que j'inclinais sa tête pour avoir plus de liberté de mouvement. Ma langue alla à la rencontre de la sienne, dansant avec elle alors que je sentis le coeur de Bella battre de façon déraisonnable en son sein. Je n'en fis pas attention, surtout quand Bella tira sur mes cheveux, me demandant beaucoup plus que je ne devrais. Je grognais contre ses lèvres alors que ma virilité se réveillait peu à peu à cause de cette échange enflammé. Avec un effort surhumain, je me détachais d'elle, le souffle court, le coeur battant et une érection douloureuse. Je jetai un coup d'œil à Bella, pour voir qu'elle était dans le même état que moi. Les cheveux en bataille, les joues rougies, tout comme ses lèvres gonflées par mes baisers et le souffle rare.

-Je me suis emporté, chuchotai-je. Excuse-moi.

-Tu n'as pas à t'excuser, je me suis jetée sur toi la première.

J'émis un petit rire avant de l'aider à se mettre sur pieds. Elle rougit un peu plus en voyant dans quel état j'étais.

-Je... Euh... Désolée, ce n'était pas... mon intention, bredouilla-t-elle.

-Au moins, gémis-je sentant le tissu de mon boxer toucher désagréablement ma virilité douloureuse, tu ne penseras plus que je n'ai pas envie de toi.

Elle écarquilla les yeux, stupéfaite.

-Tu parles en dormant. Maintenant, va t'habiller avant que je ne te saute dessus.

Elle se mordit les lèvres, ce qui n'arrangea rien à mon état actuel, avant de marcher vers sa chambre, se tenant contre le mur. Je jurai entre mes dents et commençais à faire les cent pas, pensant à autre chose que les mains de Bella, la bouche de Bella, la langue de Bella et le corps de Bella. Bien plus facile à dire qu'à faire. Je devais penser à quelque chose d'immonde, qui fera vite descendre la pression accumulée ces dernières minutes. Comme... Comme... Comme le jour où j'ai vu mes parents dans une position assez... osée, il y a quelques années. Rien que d'y penser, j'ai envie de vomir. Ça devait être l'année où je passais mon bac, j'ai voulu demander à ma mère si elle n'avait pas vu mes clefs de voiture, mais ce fut une très mauvaise idée. Évidemment, je n'avais pas réussi à dire le moindre mot et j'avais appelé Jasper pour qu'il vienne me chercher. En y pensant, je ne lui avais jamais dit, mais je ne crois pas que c'était une conversation qu'on pouvait avoir autour d'un verre. Décidément, non.

-On peut y aller! Dit joyeusement la voix de Bella.

Je sursautais avant de soupirer de satisfaction quand je sentis que la partie inférieure de mon anatomie était revenue à la normale. Des fois, j'avais peur qu'elle me prenne pour un gros pervers, mais, ça, c'était avant que je ne l'attende marmonner certaines choses en dormant. Je souris alors que j'allais chercher son manteau dans le couloir, ainsi que ses chaussures et une panoplie de bonnet, gant et écharpe qu'Alice lui avait ramené lundi soir, avec un grand sourire aux lèvres. Bella n'avait pas été très agréable ce soir-là. Heureusement qu'elle ne savait pas qu'Alice avait des sacs remplis de vêtements pour elle, dans le coffre de sa voiture. Je pariais qu'elle les gardait pour noël. Bella mit ses chaussures avant que je ne l'aide à enfiler son manteau. Elle enroula négligemment son écharpe autour du cou, avant que je lui fasse les gros yeux.

-Je ne crois pas que ce soit le moment que tu attrapes froid, tu ne trouves pas?

Elle soupira et me laisse mettre le bonnet sur sa tête. Je souris devant sa moue de petite fille boudeuse. Je ne sais pas si Alice avait fait exprès ou non, ou si Rosalie lui avait dit, mais le bleu nuit était décidément sa couleur.

-Ne fais pas la tête, lui dis-je alors que nous franchissions le hall d'entrée. Ça fait des jours que tu me supplies de sortir.

-J'ai l'air idiote comme ça, bougonna-t-elle. On dirait une petit fille de 5 ans qui va au parc.

Je levai les yeux au ciel et claquai la porte derrière nous. Je la fis se retourner vers moi et collai mon corps contre le sien. Malgré nos gros manteaux, et le vent glacial qui soufflait dehors, je sentis sa chaleur corporelle enflammer mes sens. Serait-il possible que tu te contrôles, lorsque tu es près d'elle, Cullen? Décidément, non.

-Crois-moi, affirmai-je, tu n'as pas l'air d'avoir cinq ans, vêtue ainsi ou non.

J'appuyais mes dires en plongeant mon regard dans le sien, et j'eus la satisfaction de la voir rougir. Elle soupira, vaincue.

-Est-ce que je peux savoir où on va?

Je ris et la fis marcher, lentement, vers ma voiture.

-Pas le moins du monde!

Ce fut à son tour de lever les yeux au ciel. Nous nous engouffrâmes dans l'habitacle, et sentant Bella frissonner, je mis le chauffage. En quelques secondes, je roulais droit vers le centre. À mes côtés, Bella avait collé sa tête contre la vitre de la voiture, regardant les rues que nous parcourions, comme si c'était la première fois qu'elle mettait le nez dehors. J'enclenchais la deuxième et, de ma main droite, touchais du bout des doigts sa joue rouge par l'excitation. Elle sursauta quelque peu avant de se retourner vers moi, alors que je m'arrêtais à un feu rouge.

-Quoi?

-J'ai l'impression que je t'ai séquestrée à l'appartement pendant des mois, dis-je.

-Je vois qu'on a la même physionomie de mon obligation à ne pas sortir.

-Bella, grondai-je.

Elle me fit un sourire innocent avant de me faire signe de regarder devant moi. Le feu était vert. Je redémarrais et roulais plus vite qu'il ne l'était autorisé vers cette fameuse rue. Bella n'avait pas quitté le paysage des yeux, et je me dis qu'on pourrait faire un petit tour peut-être après, si elle n'était pas trop fatiguée.

-Est-ce que ça serait idiot de te demander ce qu'on fait là? Me demanda-t-elle, alors que je me garais sur une bonne place.

-Sors de la voiture et tu verras bien, éludai-je.

Elle obéit et défit sa ceinture avant de sortir de la voiture, se tenant à la portière. Je la suivis rapidement et lui tendis la main. Elle rougit quelque peu et glissa sa main gantée dans la mienne. C'était bien la première fois que je sortais dehors en tenant la main d'une femme.

-Ne t'avais-je déjà pas dit que je n'aimais pas les surprises?

-Ce n'est pas une surprise, répondis-je, amusé.

Elle fronça les sourcils mais me suivit de bonne grâce. Je la retins alors qu'elle menaçait de tomber à cause du trottoir inégal et lui bandai les yeux avec son chapeau quand nous nous trouvâmes à proximité du cul de sac.

-Edward! Je ne vois plus rien! S'écria-t-elle en essayant de me faire enlever mes mains qui retenait son bonnet.

-Justement, c'est le but! Alors, aie confiance et tais-toi.

Elle grogna et se retint à mes bras. Debout, derrière elle, je la guidais à l'aide d'une main posée sur sa hanche. Quand, de nouveau, les cris d'enfants arrivèrent à mes oreilles, et que l'odeur du sapin de noël embauma l'air, je la fis arrêter.

-Ce n'est pas grand chose, lui avouai-je à l'oreille, mais j'ai pensé que tu aimerais venir le choisir avec moi.

-Choisir, quoi?

Je relevais son chapeau et Bella se figea en voyant le spectacle qui se déroulait sous ses yeux. J'embrassais sa tempe et jouais avec son lobe d'oreille avec mon nez.

-Tu m'as emmené choisir un sapin de noël? Demanda-t-elle.

Son ton était surpris, limite amusé. Ça me fit l'effet d'une douche froide. Emmett avait raison alors, Bella s'en fichait de choisir un sapin de noël.

-Oui, je... j'ai cru que ça... te ferait plaisir, murmurai-je en bafouillant. On va rentrer et... Excuse-moi, j'ai cru que ça te ferait plaisir, mais...

-Mais tu vas te taire, oui? S'exclama Bella en se retournant vers moi. Bien sûr que ça me plait, quelle question!

Je clignais des yeux, étonné.

-Tu ne me dis pas ça pour me faire plaisir, n'est-ce pas?

Elle secoua la tête, les yeux brillants de joie. Elle prit mon visage entre ses mains camouflées par ses gants.

-Je suis très touchée que tu me proposes d'aller choisir un sapin de noël avec toi, chuchota-t-elle. On me l'avait encore jamais proposé, alors que j'ai toujours voulu sentir et toucher le sapin que je voudrais avoir dans ma maison.

Je lui fis un sourire en coin avant de déposer un baiser sur ses lèvres refroidies par le vent qui n'en finissait pas. Je butinais sa bouche avant de lui mordiller sa lèvre inférieure. Elle gémit de plaisir. J'embrassais son nez avant qu'une vendeuse d'un certain âge avec un serre-tête avec des bois de cerfs ne vint vers nous.

-Bien le bonsoir les amoureux! Nous salua-t-elle. Quelle sorte de sapin de noël vous ferez plaisir?

-Est-ce qu'on pourrez voir vos plus grands sapins? M'enquis-je.

La vendeuse me sourit et nous accompagna vers ce que nous voulions. Je dus retenir Bella plusieurs fois tellement je craignais qu'elle s'envole à chaque fois qu'elle regardait autour d'elle. Nous trouvâmes notre bonheur un peu plus loin, entre les arbres. Un grand sapin vert, touffu d'aiguilles, qui faisait bien deux mètre cinquante de hauteur. Il prenait énormément de place, mais c'était tout à fait possible de le mettre dans le salon, si on bougeait un peu le piano et qu'on le mettait près des vitres. D'accord tous les deux, j'allais le payer au mari de la vendeuse, sous les froncements de sourcils de Bella. Elle avait toujours autant de problème avec l'argent.

-Je vais demander à mon mari de vous aider à le transporter, nous dit-elle. Marc! On a besoin de toi ici!

-J'arrive, ma chérie! S'écria son mari un peu plus loin.

Sa femme leva les yeux au ciel.

-Trente ans que je suis mariée avec lui, et j'ai toujours l'impression que c'est le premier jour, sourit-elle. Et vous, ça fait combien de temps?

J'écarquillai les yeux sous sa question, alors que je jurais de voir Bella rougir furieusement. Bella et moi, mariés?

-Nous... Nous ne sommes pas mariés, répondis-je, mal à l'aise.

-Oh! Excusez mon audace, mais vous semblez tellement unis que j'ai cru que vous l'étiez. Je crois que je deviens un peu sénile avec l'âge. Ah, voici mon mari, Marc. Tu peux aider ce Monsieur à mettre ce sapin sur son toit de voiture?

-Pas de problème, confirma-t-il.

Je donnais mes clefs à Bella qui me regarda avec curiosité.

-Va ouvrir la voiture, et il doit y avoir de quoi accrocher le sapin sur le toit ,dans le coffre. Fais attention.

-Je suis tout à fait capable de traverser la rue toute seule, gronda-t-elle en s'en allant d'un pas timide.

Je secouais la tête, amusé, en me retournant vers le couple de vendeur. Ils enroulèrent le sapin avec du filet pour le protéger.

-Tu devrais être comme ce jeune homme des fois, dit la femme à son mari. Tu as vu comment il prend soin d'elle? Des fois, j'ai l'impression d'être comme tes chaussettes que tu laisses trainer sous le lit.

-Ne dis pas n'importe quoi, Violette, soupira-t-il. Ils sont jeunes, et puis, la petite à l'air bien pâle comparée à lui.

Je me sentis défaillir.

-Tu ne peux pas arrêter de faire ton commère, hein? Le gronda-t-elle. Certes, elle a l'air un peu pâle et fragile, mais ce n'est pas une raison pour...

-Elle est malade, intervins-je, les faisant sursauter et rougir de honte. Bella a... a une tumeur au cerveau depuis quelques mois. Mais, ça ne change rien au fait que je l'aime.

-Nous sommes désolés! S'excusa la vielle dame, les yeux brillants. On ne voulait pas dire ça, mais Marc a tendance à jouer la commère quand il voit des gens.

-C'est toi qui a commencé avec mes chaussettes!

Je me mis à rire alors qu'un réel poids au coeur se fit sentir. Je saluais Violette et portais le sapin jusqu'à la voiture. Bella attendait patiemment, près de la voiture, jouant avec la corde qui s'était bien trouvée dans le coffre. Je grognai quand le sapin se faufila jusqu'au toit et soupirai après l'avoir solidement attaché avec l'aide de Marc. J'espère qu'il ne va pas trop perdre d'aiguilles pendant le voyage.

-En tout cas, j'espère que nous serons pareil, Bella et moi, quand on aura votre âge, avouai-je à Marc après qu'il eut salué Bella chaleureusement. Passez de bonnes fêtes de fin d'année.

-Merci, vous aussi et... bon courage.

Je lui fis un sourire contrit et me retournai vers Bella qui ne lâchait pas le sapin des yeux.

-Il ne va pas s'envoler tu sais, me moquai-je.

-Je sais, mais je me disais qu'il était bien plus grand que celui que j'avais l'année dernière.

-Tu me vois heureux de l'apprendre. Est-ce que tu veux faire un tour au centre ville? Je n'ai pas fini mes achats de noël, tu pourras m'aider à choisir les cadeaux de ton père, Emmett et Alice, ça te va?

Bella me regarda mal à l'aise avant de baisser les yeux vers ses chaussures. Qu'est-ce que j'avais dit? Je vins à sa rencontre et l'enlaçai.

-Quelque chose ne va pas?

Elle enfouit son visage dans mon manteau, hochant négativement de la tête. Je la connaissais suffisamment pour savoir qu'elle mentait.

-Pourquoi vouloir continuer à mentir alors que tu es lamentable dans cette discipline. Il faudra que tu m'expliques un jour.

Elle agrippa mon manteau comme une bouée en mer. Ne supportant pas son silence, je lui pris son visage d'une main rougie par le froid afin qu'elle me regarde. Ses yeux étaient baignés de larmes, qu'elle gardait enfouies au fond d'elle.

-Bella...

-Je ne peux pas aller au centre ville, dit-elle d'une voix rauque.

-Tu te sens mal, c'est ça? Tu veux rentrer? Je t'ai proposé cette sortie parce que je vois bien que ça fait longtemps que tu n'as pas senti l'air frais.

-Ce n'est pas ça.

-Dis-moi, Bella, s'il te plait, la suppliai-je, refusant de la voir ainsi une minute de plus.

Elle fuit mon regard jusqu'à ce que je la force à la regarder. Là, elle ferma les yeux.

-Je n'ai pas d'argent, je suis dans le rouge depuis plusieurs jours, murmura-t-elle. Ma banque m'a téléphoné hier soir, en me disant que j'étais à découvert, et ils n'ont rien voulu savoir quand je leur ai expliqué la situation. Je n'ai pas de mutuelle, vu que je ne travaille plus et j'ai dépensé tout ce que j'avais sur mon compte épargne dans mes études, et le peu qui restait pour les courses, mes médicaments ou mes séances à l'hôpital.

Une larme coula sur sa joue, et je m'empressai de l'essuyer en posant mes lèvres dessus. Je resserrais un peu plus mes bras autour d'elle, et elle se laissa aller dans mon étreinte. Je caressais ses cheveux à travers son bonnet, embrassant les parties de son visage qui m'étaient accessible. J'avais toujours eu une appréhension sur ça, parce que je savais que Bella épuiserait rapidement son argent avec ses soins médicaux, et tout le reste. Déjà, Charlie avait payé les premiers frais pour sa fille. Mais je n'avais pas vu à quel point c'était critique.

-Pourquoi ne m'as-tu rien dit? Chuchotai-je à son oreille.

-Tu m'offres déjà un toit, à manger et ta personne, renifla-t-elle. Je trouve que ça fait déjà beaucoup.

Je soupirai, exaspéré qu'elle pense que j'étais si matérialiste que ça.

-Ton raisonnement est complètement idiot, grondai-je. Tu sais que je peux t'aider, que nous pouvons t'aider! Ne crois-tu pas que je savais que c'était une question de jour avant que tu sois dans le rouge? Je suis juste peiné que tu ne m'aies rien dit. Tu vas négliger ta santé pour une question d'argent, alors que je peux te payer tes frais médicaux? Des gens n'ont pas cette chance, Bella, d'avoir de la famille qui peuvent les aider financièrement et moralement.

-Je suis désolée! Pleura-t-elle pour de bon.

-Excuse-moi, je me suis emporté, m'excusai-je. Je n'aurais pas dû te crier dessus. C'est juste que je ne veux pas te perdre, tu m'es trop précieuse. Je t'aime, Bella, plus que tout.

Je la berçais contre moi, m'insultant de tous les noms face à mon manque de tact. Mais j'avais tellement peur de la perdre, je ne pouvais pas faire comme si tout allait bien, parce que ça ne l'était pas. Je voyais à quel point elle était fatiguée, qu'elle mangeait peu, que marcher était devenu difficile et je voyais qu'elle souffrait à cause de ses séances à l'hôpital. La seule chose que je savais, c'est que je l'aimais, plus que ma propre vie. Je l'aimais tellement. Je remis son bonnet sur sa tête et séchais les larmes encore présentes sur ses joues de mes lèvres avant de l'embrasser amoureusement. J'essayais de lui montrer à quel point je mourrais s'il lui arrivait quelque chose. Je me refusais de me dire que sa maladie allait l'emporter. Jamais. Bella fourragea dans mes cheveux, comme si sa vie en dépendait, avant que je sente qu'elle tanguait dangereusement sur ses pieds sous le manque d'air. Nos lèvres se frôlèrent, nos souffles se mélangèrent et nos corps s'écrasèrent l'un contre l'autre.

-Je t'aime, chuchota-t-elle, comme un secret, de la même manière que la première fois qu'elle me l'avait dit.

Je souris et l'embrassai une dernière fois, avant de prendre la voiture pour rentrer chez nous. On pouvait encore attendre demain soir pour faire nos achats de noël, je ne travaillais pas et j'aurais déjà passé ma journée à réviser.

O*O*O*O

Après une demi-heure à galérer pour descendre le sapin de la voiture, le faire traverser la porte d'entrée, le fourrer dans l'ascenseur avec moi dedans - Bella ayant prit le premier - me faisant piquer de partout à cause de ses maudites aiguilles et réussissant à le caser juste à l'endroit que Bella lui avait attribué, je crois que je méritais une petite pause avant d'aller nettoyer toutes les aiguilles qu'il avait perdu et le décorer. Allongée sur le canapé, Bella contre moi, j'essayais tant bien que mal de reprendre ma respiration. La prochaine fois, je le fais livrer ou je paye quelqu'un pour le monter.

-Tu ne trouves pas qu'on devrait le décaler un peu à gauche? Chuchota Bella.

Je lui lançais un regard noir alors qu'elle riait de sa bêtise. Ce n'est pas drôle, je suis sûr que ma peau est toute rouge à force d'avoir était écrasé contre ce maudit sapin.

-L'année dernière, continua Bella, c'est Alice qui a décoré mon sapin. Mais, au final, elle a décoré tout mon appartement, jusqu'au toilette je crois.

-On va éviter de l'appeler je crois, m'empressai-je de lui répondre.

-Pauvre Jasper, j'imagine même pas comment doit être son appartement, un vrai magasin de décoration de noël. En parlant de décoration...

-Oh, ne t'inquiète pas, j'ai au moins cinq boîtes qui m'attendent au-dessus dans le cellier. N'oublie pas que ma mère est décoratrice d'intérieur, la rassurai-je à moitié.

Nous passâmes de longues minutes à contempler le sapin vert, nu de toutes boules et guirlandes lumineuses, seulement enlevé de son filet de protection. Il était plus imposant que prévu, j'avais dû changer de place le piano pour l'autre côté du salon,et heureusement qu'il était sur roulettes. Alors que le jour avait laissé place à la nuit, et que les hauts immeubles s'illuminaient dans tout Seattle, nous prîmes notre courage à deux mains pour nous lever et débarrasser le salon. Pendant que Bella ouvrait les boîtes, ou plutôt les cartons, contenant les décorations de noël, je dus faire tout l'étage, l'ascenseur et le hall avec un ramasse-poussière et un sac plastique. Si Jasper voyait ça, j'étais bon pour qu'il m'en parle jusqu'à la fin de mes jours. Avec mon dos qui commençait à me lancer, je rentrais dans mon appartement pour voir Bella qui avait déjà balayé l'appartement de toutes les aiguilles et fouillait les « boîtes magiques » comme les avaient surnommé Rosalie.

-Tu trouves ton bonheur? Demandai-je en enlevant mes chaussures.

-Tu rigoles? Je ne sais plus où mettre de la tête tellement qu'il y en a! S'écria-t-elle, aux Anges.

Je ris un peu sous son empressement.

-Il se fait tard, on devrait manger avant de commencer, tu ne trouves pas?

Elle se mordit les lèvres et acquiesça mollement. Je suis sûr qu'elle préférait louper le dîner et commencer la décoration plutôt que le contraire. Pour ma part, je mourrais de faim, et il fallait bien qu'elle mange si elle ne voulait pas que je lui botte son magnifique fessier. Oh Seigneur, fais que je ne viens pas de penser ça dans l'immédiat! Je deviens de plus en plus pervers, je crois que ce sont mes hormones insatisfaites qui font des leurs à longueur de journée. Merde! Je me maîtrisais pour ne pas claquer ma tête contre la porte du réfrigérateur devant ma perversité. Je secouais la tête et commençais à faire à manger. J'ai vécu seul avant que Bella n'arrive ici. Je regardais Bella de temps en temps, et je me retenais d'éclater de rire à chaque fois que je la voyais s'extasier devant tel ou tel objet de décoration. Après ce qui s'était passé tout à l'heure, je me réjouissais de la voir sourire et simplement oublier ce qui l'entourait. Alors qu'elle semblait faire un tri dans ce qu'elle voulait mettre ou non, je fis cuire deux steaks et fit une salade avec des tomates. Pas très élaboré mais, sincèrement, le plus simple est souvent le meilleur. Je dus porter Bella jusqu'à la cuisine pour qu'elle se décolle du sapin, la mine boudeuse. Et je dus tout autant la forcer à manger quelque chose pour pas qu'elle se sente encore plus mal avec ses médicaments. Du coin de l'œil, je pouvais la voir se dépêcher de manger, et j'étais sûr que c'était pour retourner plus rapidement dans le salon.

-Je vais finir par croire que tu aimes plus ce sapin que moi, soupirai-je.

-Ne dis pas n'importe quoi! Rit-elle après que j'eus tout mis au lave-vaisselle.

-J'ai vu un collègue de travail à la fac aujourd'hui, murmurai-je. Tu sais, le frère de ton amie, Leah?

Elle se figea et détourna le regard.

-Je ne pense pas que ce soit encore mon amie, soupira-t-elle.

-Je sais, Seth m'a raconté. Pourquoi ne m'avoir rien dit? J'aurais pu en parler plus tôt à Seth, pour qu'il informe sa soeur. Maintenant, il croit l'autre connard et te traite de menteuse.

Elle haussa les épaules, indifférente.

-Je lui ai dit que je le connais, raconta-t-elle, je lui ai même expliqué comment nous nous étions séparés, Jacob et moi. Tu sais qu'il a osé dire que c'était d'un accord commun? Peut-être devrais-je lui rappeler qu'il m'a couru à ma poursuite, après que je l'ai vu avec l'autre blondasse décolorée. Je lui ai juste dit ça pour qu'elle ne soit pas aussi malheureuse que moi, parce qu'il n'en vaut pas la peine.

Je lui caressai la joue du bout des doigts.

-Je sais, Bella, je le sais. Elle s'en rendra compte elle-même. C'est triste à dire, mais il faut qu'elle comprenne que Jacob Black est un salaud de première toute seule. Après, elle reviendra te voir. Et puis, il ne sait pas à quel point il a été idiot de faire ça.

Elle esquissa d'un sourire, timide.

-Je ne lui ai pas posé la question, vois-tu? Enfin, passons. Tu viens m'aider, pour le sapin?

Je levai les yeux au ciel et la suivis. J'essayais de ne pas écraser tout ce qu'elle avait déjà déballé sur le sol. Elle avait retiré toutes les couleurs pour garder les objets rouges, argents ou dorés. Il y avait la grande étoile dorée, qu'elle avait posé sur le canapé, attendant d'être mise. Il fallait toujours commencé par l'étoile. Je la pris et la donna à Bella, qui la prit sans comprendre.

-Il faut toujours commencer par ça, expliquai-je en allant prendre un tabouret dans la cuisine. Tu ne faisais jamais ça?

-Si, mais je suis trop petite pour la déposer, et je crois qu'Emmett n'a jamais eu la gentillesse de m'apporter une chaise.

Je souris et l'aidai à monter dessus, la retenant par les jambes. Elle perdit l'équilibre quelques instants avant que je ne réussisse à la stabiliser en l'attrapant par les fesses. Bella me lançant un regard scrutateur.

-C'est pour que tu gardes l'équilibre, souris-je.

Elle leva les yeux au ciel et tendit le bras pour accrocher l'étoile dorée en haut du sapin. Je la vis se mordre la lèvre inférieure, ce qui ne m'aida pas, surtout que j'avais mes mains sur ses fesses, avant de gigoter pour revenir sur la Terre ferme. Je la fis glisser contre moi jusqu'à ce qu'elle reprenne pied. Je l'embrassais doucement, incapable de résister face à ce spectacle de ses dents coinçant sa lèvre et nous commençâmes la décoration du sapin. Les guirlandes lumineuses furent les premières à être posées dessus, avant que Bella ne s'amuse à l'enrouler de guirlandes rouges, faisant tomber toutes les décorations qu'on avait mit sur le sol. J'avais tellement ri de sa maladresse qu'elle en fut vexée, jusqu'à ce qu'elle oublie ce pourquoi elle boudait quand elle accrocha des petits père-noël un peu partout. Les minutes s'écoulèrent, et je vis Bella se fatiguer de plus en plus, se retenant de bâiller et les mains tremblantes. Ce fut le signal d'alarme.

-On devrait arrêter pour ce soir, murmurai-je à son oreille. Sinon, on va s'écrouler tous les deux de fatigue.

Elle hocha la tête en se blottissant contre moi. Je soupirais d'aise et, doucement, je l'emmenais dans la chambre. Elle me guida d'elle-même vers la mienne sans aucune hésitation. Une douce chaleur parcourut mes veines, incendiant mon bas ventre.

-Tu... Tu veux bien que je dorme avec toi, cette nuit? Me demanda Bella, en rougissant.

-Pourquoi est-ce que je ne le voudrais pas?

-Ne répond pas à une question par une autre question, grommela-t-elle.

Je souris et embrassai son lobe d'oreille.

-Je serais très heureux, moi, Edward Anthony Cullen, que Isabella Marie Swan dorme avec moi cette nuit, ça te va, comme ça?

Elle me frappa le bras en me traitant d'idiot. Je me mis à rire.

-Je te laisse la salle de bain en premier, dis-je.

Elle hocha la tête et elle disparut dans le couloir, où j'entendis la porte de la salle de bain claquer. Pas de serrure aujourd'hui? C'était bien la première fois. Je retirais mes chaussettes et m'allongeais sur mon lit, attrapant mon sac à dos avec mes notes. Pour dire que, dans deux jours, j'allais sceller mon destin. Je n'aurais plus que deux ans à faire après ça, et je serais titulaire à l'hôpital, j'aurais des horaires un peu mieux, un salaire plus que convenable et un poste sûr. J'aurais réussi à accéder à mon rêve. Je me demandais comment serait ma vie, dans deux ans. Ça passait tellement vite que j'avais peur de la passer sans toucher le principal: Bella. Comment serait Bella, dans deux ans? Serait-elle guérie de sa tumeur? Vivrait-elle encore avec, mais sans danger pour sa santé? Éditera-t-elle un livre, comme elle le souhaitait depuis des années? Ou travaillera-t-elle dans le domaine littéraire? Je soupirai et ouvris rageusement mon bloc-note, ne sachant pas ce que l'avenir me concoctait. Avant Bella, tout était clair et précis, je travaillais pour avoir mon diplôme de Médecine, point barre. Mais, là, c'était complètement différent. Mais d'une bonne façon. J'aimais le fait que tout était flou, mais d'un certain côté, notamment pour la maladie de Bella, j'appréhendais. Surtout qu'aujourd'hui, je l'avais beaucoup fatiguée, et je n'osai imaginer dans quel état elle serait demain. Je secouais la tête et me plongeais dans la relecture de mes notes.

Je ne fis pas attention aux longues minutes qui passaient, mais quand je remarquais que j'entamais ma dernière feuille de la séquence du trimestre, je sus qu'il y avait un problème. Les feuilles jonchaient le lit, couvrant ma couverture. Je me relevais d'un bond avant de les ramasser grossièrement et de les poser sur la table qui me servait de pose-tout. Aucun bruit ne perturbait l'appartement, et vu l'heure tardive, je n'en fus pas étonné mais je n'étais pas seul dans l'appartement. Où était Bella? J'espérais qu'elle n'était pas repartie dans sa chambre quand elle m'a vu sur le lit avec toutes ces feuilles autour de moi. Elle est bien plus importante que toutes ces feuilles, bon sang! Je parcourus le petit couloir qui menait à sa chambre et je ne la vis nul part. Paniqué, je retournais dans le salon, cherchant si elle n'était pas repartie voir ce fichu sapin et dans la cuisine au cas ou elle aurait une petite faim. Ce qui m'étonnerait fortement, mais bon. Elle ne se trouvait nul part.

-Bella? L'appelai-je, revenant de l'entrée pour voir si la porte était toujours fermée. Bella, tu es là?

J'accourus dans ma chambre, mais toujours rien. Lentement, je tournais la tête vers la dernière pièce que je n'avais pas vérifié. La salle de bain. Elle n'y était pas sortie? Je m'approchais doucement, tournant la poignée, mais la porte était verrouillée. Aucun doute, elle se trouvait là-dedans. Seigneur, Dieu, fait qu'il ne lui ai rien arrivé là-dedans, par pitié.

-Bella, est-ce que tu m'entends? Dis-je.

Rien. Je m'assis tout contre la porte, cherchant un moyen d'entrer sans la fracasser. Quelle idée de ne pas faire des doubles de cette porte!

-S'il te plait, insistai-je, Bella... Est-ce que tu vas bien?

Je collais mon oreille contre la porte, mais il y avait une bonne isolation, alors si elle ne me faisait pas un signe d'elle-même, je serais incapable de savoir si elle allait bien ou non.

-Je te jure que si tu ne me réponds pas, Bella, je défonce cette putain de porte! Criai-je.

Un sanglot traversa la porte, et je poussai un soupir de soulagement en entendant qu'il ne lui était rien arrivé là-dedans.

-Est-ce que tu me laisses entrer? Demandai-je.

-Non! S'écria-t-elle. Non... Jamais, non...

Jamais? Comment ça, jamais?

-J'ai fait quelque chose de mal, c'est pour ça que tu ne veux pas que j'entre?

-Non... Non, tu n'as rien... rien fait, pleura-t-elle. Rien...

-D'accord, abdiquai-je, je n'ai rien fait. Mais, je dois savoir pourquoi tu ne veux pas sortir, Bella. Tu ne veux pas me le dire?

-Je suis horrible! Cria-t-elle. Horrible! Tu ne devrais pas être avec... avec quelqu'un comme moi... Jamais!

J'écarquillai les yeux sous son ton outragé et malheureux. Elle avait l'air de croire à ses propos. Bordel, qu'est-ce qui s'est passé là-dedans?

-Ne dis pas des choses pareilles, voyons! Pourquoi est-ce que je voudrais être avec quelqu'un d'autre alors que c'est avec toi que je veux être?

-Je suis horrible, gémit-elle. Horrible, horrible...

Je tapais ma tête contre la porte, alors que j'entendis Bella pleurer à chaudes larmes sans que je ne puisse rien faire. Soit elle m'ouvre d'elle-même, ce qui risque d'être compliqué vu que c'est la femme la plus têtue que je connaisse, soit je défonce la porte mais il y a des chances pour qu'elle soit très près de celle-ci ou, soit, j'appelle un serrurier, mais vu l'état de Bella, ce n'était pas envisageable. Pourquoi n'avais-je pas demandé un double des clefs? Parce que ce n'est pas toi qui a acheté l'appartement? Bingo! Je me ruais vers ma chambre pour prendre mon portable et cherchais le numéro de la maison de mes parents, rapidement. Décroche, décroche, décroche, décroche...

-Allo? Répondit la voix ensommeillée de mon père.

-J'ai besoin de parler à maman! Maintenant!

-Quoi? Mais de quoi tu parles? Tu sais quelle heure il est? L'heure pendant laquelle des personnes sensées et civilisées dorment. Et je trouve...

-Papa, donne ce putain de téléphone à maman, maintenant, grognai-je.

-Et tu crois que je vais te la donner alors que...

-Carlisle, qui c'est? Marmonna la voix de ma mère.

-C'est Edward, il veut te parler.

Je faisais les cent pas, alors que Bella pleurait de nouveau et répétait qu'elle était horrible. Pourquoi est-ce qu'elle était horrible?

-Mon bébé? Qu'est-ce qui se passe? Tu as un problème?

-Dis-moi, par pitié, que lorsque vous avez acheté mon appartement, le propriétaire avait un double des clefs de la salle de bain.

-La salle de bain? Pourquoi diable tu veux les doubles de la salle de bain?

-Je t'expliquerai plus tard, mais s'il te plait...

-D'accord, euh... je crois que oui, j'ai dû la mettre dans le tiroir du buffet, tu sais, là où tu mets tout et n'importe quoi...

Je soupirais, soulagé, alors que je courais déjà vers le salon.

-Merci, maman, je te ferais une équipe de foot de petits-enfants pour ça!

Je raccrochais et laissais tomber mon portable dans le canapé. J'ouvris le fameux tiroir et fouillai dedans à la recherche de ce fameux double. Une vielle clef ternie grise, unie à une serrure ancienne que je m'étais toujours promis de changer un jour ou l'autre. Je crois que je vais la laisser, maintenant. Je mis presque tout à terre avant de trouver le St Graal. Je poussai un rugissement et manquai de peu de tomber alors que j'allais chercher un couteau dans la cuisine avant de foncer vers la salle de bain. Le coeur battant, je pris mon couteau et le fit glisser dans la grosse serrure, faisant abstraction des pleurs de Bella. J'eus la satisfaction de l'entendre tomber au sol. Je me relevais et insérais cette putain de clef. J'ouvris la porte en trombe et la vision à laquelle je m'attendais se déroula sous mes yeux. C'est pas vrai... Bella était sur le sol, recroquevillée sur elle-même, les genoux remontés sous son menton, se balançant lamentablement. Des traces de larmes se dessinaient sur ses joues plus frêles que d'habitude, sa peau était si blanche qu'elle contrastait à peine avec le carrelage.

-Horrible, je suis horrible, chuchota-t-elle sans cesse. Horrible...

-Bella, murmurai-je, m'approchant d'elle. Bella, c'est moi. Bella?

Elle ne fit pas attention à moi, alors que je m'agenouillais pour me mettre en position assise. Elle était gelée à force d'être restée ainsi. Tu n'es qu'un con, Cullen! Incapable de voir que Bella ne sortait pas de cette putain de salle de bain! Lorsqu'elle s'appuya contre le mur, quelque chose lui échappa des mains. Mon sang se glaça, mon coeur rata un battement et mes yeux me piquèrent sous les larmes brulantes. Oh non, pas ça, non... Bella avait toujours l'habitude de se brosser les cheveux avant d'aller dormir, elle disait que ça évitait que ses cheveux ne soient trop emmêlés. Et, ce soir, elle n'avait pas changé ses habitudes. Sa brosse se tenait là, sur le sol, froide et inanimée, prouvant à quel point ce monde était injuste et merdique. Putain! Mes doigts tremblèrent alors que je la pris dans mes mains. Je ne pouvais faire comme si de rien, la preuve était là, devant moi, sans aucune pitié. Quelques cheveux étaient pris au piège dans ses piques, mais ce qui avait rendu Bella si malade, si dégoûtée c'est qu'une touffe de cheveux, beaucoup plus grosse que la moyenne s'y était accrochée. Bella commençait à perdre ses cheveux. Cette constatation me fit mal, c'était douloureux, mais je ne pouvais imaginer ce que c'était pour Bella. Cette dernière n'avait pas arrêté de se balancer d'avant en arrière, murmurant qu'elle était horrible. Prise de colère, je pris cette brosse à cheveux et la lançai de toutes mes forces contre le mur de la baignoire. Un bruit sourd s'évanouit alors qu'elle retombait au sol, loin de là où Bella se trouvait. Je me retournai vivement vers elle et la pris par ses épaules, voulant qu'elle se réveille.

-Ça ne veut rien dire, Bella! Rien! Tu m'entends? Rien du tout!

Elle releva son visage baigné de larmes vers moi, ses yeux marrons éteints.

-Tu ne comprends pas! Pleura-t-elle tout en criant contre moi. Tu ne sais pas ce que ça fait d'être malade, de ne rien pouvoir faire de son corps! Rien du tout! Je perds du poids, mes capacités motrices et mes cheveux! Qu'est-ce que ça va être, demain? Hein? QU'EST-CE QUE ÇA VA ÊTRE!

Je restai figé par ses propos, ne sachant que faire, ne sachant que dire alors qu'elle souffrait. Je ne savais pas quoi faire, j'étais perdu presque autant qu'elle. Bella avait raison, je ne savais pas ce que ça faisait de perdre le contrôle de soi et de sentir que tout change autour de soi. Je ne savais pas. Je refoulais les larmes qui menaçaient de couler, pas pour un simple égo de mâle, mais parce que je voulais prouver à Bella qu'elle avait tort. Toute personne ayant un traitement lourd en médicaments et ayant besoin de faire des rayons avait les mêmes effets secondaires qu'elle. Il y en avait pour qui c'était trop tard, mais d'autres souffraient avant de vivre pleinement leur vie car ils étaient guéris de leur maladie. Bella devait garder espoir! Je devais lui montrer qu'il y avait toujours des chances de guérison, même quand on baissait les bras. Je lui pris les épaules et la forçai à se lever, avant qu'elle n'attrape un autre virus à cause du froid.

-Il faut que tu te réchauffes, tu es gelée, murmurai-je.

Elle ne bougea pas d'un pouce après que je l'ai mise sur ses pieds. Je me baissais et glissais un bras sous ses genoux et sous ses aisselles. Je me détestais à dire qu'elle ne pesait pas plus qu'un sac moyen. Je nous fis sortir de la salle de bain, éteignis la lumière derrière nous et rentrai dans la chambre chauffée. Bella posa sa tête contre mon torse, ne cessant de répéter à quel point elle était horrible. Je dus me contenir pour ne pas la secouer de toutes mes forces afin qu'elle retrouve la raison. Je l'assis doucement sur le bord du lit et dégageai tendrement ses cheveux pour regarder son visage. Bella gardait la tête baissée, comme si elle avait fait quelque chose d'horrible, alors que tout ce qui lui arrivait n'était en rien de sa faute. Je pris son visage en coupe, séchant ses larmes à l'aide de mes pouces, l'obligeant à écouter ce que j'avais à lui dire.

-Tu es la personne la plus merveilleuse que je n'ai jamais rencontré de toute ma vie. Une femme intelligente, douce, franche, généreuse, aimante, drôle, compatissante et j'en passe. Ta tumeur ne gâche en rien ce que tu es, elle ne pourra enlever la magnifique femme que je tiens entre mes bras. Jamais. La vie t'a joué un mauvais tour, je te l'accorde, mais ce n'est pas une raison pour baisser les bras et te dire que tu ne vaux pas la peine de rester sur cette Terre. Tu es belle, Bella, aussi bien à l'intérieur de toi qu'à l'extérieur, une femme aussi gentille que sexy. Je serais là, à tes côtés, dans le meilleur comme dans le pire, dans n'importe quelle situation. Je veux me réveiller à tes côtés, m'engueuler quand ta tête de mule fera des siennes, entendre ton rire, voir ton sourire sur tes lèvres affreusement tentantes, te prendre dans mes bras quand un de nous deux n'ira pas bien, te demander en mariage dans quelques temps et voir ces magnifiques rougeurs sur tes joues, t'embrasser, faire l'amour aussi sauvagement que passionnément, avoir des petits nous deux gambader partout dans une grande maison au bord de la plage avec un chien pour qui on se sera disputé pour lui donner un prénom. Je t'aime Bella, comme jamais je n'ai aimé quelqu'un avant toi.

Elle ne m'avait pas quitté des yeux pendant mon monologue, pas un seul instant. Ils étaient toujours baignés de larmes, mais elle ne coulaient pas. Elle s'était tue aussi, profondément silencieusement après mes paroles. Plus les secondes passaient, et plus je me sentais ridicule par son manque de réaction.

-Je... Je suis... dé... désolée, bredouilla-t-elle. Je... Je t'aime... aussi...

-C'est tout ce que je voulais entendre, murmurai-je, troublé.

La seconde d'après, je l'embrassais comme si ma vie en dépendait. Les jambes douloureuses par ma position, je pris une cuisse de Bella dans une main et son dos dans l'autre pour la faire reculer jusqu'au centre du lit, en ne brisant pas un instant notre baiser. Quelque chose en moi avait explosé en la voyant ainsi, recroquevillée sur elle-même, les larmes coulant sur ses joues, se fustigeant d'être avec moi. Elle ne pouvait pas dire ça. Je l'aimais elle, son esprit et son corps. Et j'allais lui prouver là, maintenant, tout de suite. J'appuyai mon corps contre le sien, tremblant d'anticipation alors que ma langue joua avec la sienne, rendant le peu de neurones qui me restaient, hors service. Bella haleta complètement, ses mains suspendues dans les airs, ne sachant que faire. Je rompis notre baiser, alors que Bella me regardait avec les yeux légèrement écarquillés par mon initiative. Je n'allais jamais loin avec elle, quand je l'embrassais, c'était avec envie et fougue, mais j'avais toujours en tête la fois où j'avais voulu aller plus loin et qu'elle s'était effondrée dans mes bras. J'accrochais mes yeux dans les siens, voulant savoir si elle le voulait ou si elle s'en sentait capable. Elle touchait du bout des doigts mes lèvres entrouvertes, traçant le contour avec bienveillance.

Bella agrippa mes cheveux à l'arrière de mon crane et plaqua sa bouche contre la mienne. Je soulevais sa cuisse pour me loger entre elles, rendant plus facile l'exploration de sa cavité buccale. Nos langues essayèrent de prendre le dessus sur l'autre, alors que mon bas ventre brûla d'un désir trop longtemps caché. Une de ses mains tira sur le bas de mon pull, demandant silencieusement de le retirer. Je lui obéis en me relevant, quittant sa bouche, et mon tee-shirt le suivit sur le sol. Je me retrouvais de nouveau au dessus d'elle, stoppant tout mouvement. Bella déglutit, regardant mon torse avec tellement d'insistance que j'en rougis légèrement. Sa petite main se posa tout contre ma peau, juste à l'endroit où mon coeur battait à un rythme effréné.

-Il bat si vite, souffla-t-elle, surprise.

Je posais la mienne au-dessus de son sein gauche, là où son coeur pompait son sang à une vitesse vertigineuse.

-Je crois qu'on a quelque chose en commun alors, répondis-je.

Elle émit un petit rire vite éteint quand je repris sa bouche pour un baiser enflammée. Ses lèvres se mouvèrent tout aussi fougueusement que les miennes, ses mains ne quittèrent pas mes cheveux alors que les miennes tremblèrent sous l'excitation. Je ne me rappelais plus la dernière fois qu'une femme avait touché mon corps, mais savoir que c'était celui de Bella sous le mien était presque intolérable à imaginer. Mes doigts attaquèrent la peau de son ventre, remontant doucement, voulant profiter du moment présent et oublier ce qui nous entourait. D'un coup de hanche, je me couchais sur le dos, alors que je l'emmenais dans ma chute, à califourchon sur mes cuisses. Ma respiration était difficile, à l'image de la sienne. Mes mains tenaient fermement ses hanches, comme si j'avais peur qu'elle s'en aille d'une seconde à l'autre, alors que ses yeux, ses magnifiques yeux chocolat brillaient d'une lueur envieuse, noircis par le désir. Je sus que c'était ma perte. Mes mains remontèrent sur ses côtes, soulevant son haut et chaque centimètre gagné rendait mon désir encore plus grand. Plus rien ne comptait hormis elle, Bella, son corps contre le mien, sa chaleur glissant contre la mienne et ses yeux dans les miens. Un éclat illumina ses pupilles et elle m'aida à enlever son haut de pyjama en levant les bras, avant que je ne le jette en travers de la chambre.

Mon bassin de leva de lui-même à la vue de sa poitrine. Elle était parfaite. J'avais déjà eu l'occasion de la voir, quelques jours plus tôt, mais j'étais toujours émerveillé par ça. J'empoignai ses seins délicatement, me délectant de sa peau si chaude et si douce sous la mienne. Bella gémit et rejeta sa tête en arrière, griffant mon torse de ses ongles, me donnant un spectacle que je n'aurais jamais cru possible d'assister. Mes pouces trouvèrent ses tétons durcis par le désir et les roulèrent avec une attention particulière.

-Edward, souffla-t-elle.

Mon égo rougit de satisfaction, et, l'instant d'après, j'attrapais sa nuque pour plaquer ma bouche contre la sienne, sa poitrine s'écrasant contre mon torse. Je mordillais sa lèvre supérieure, poussant un râle de bonheur lorsque son bassin ondula contre le mien, réveillant ma virilité qui était restée sage jusque là. Je savourais ses gémissements contre ma bouche, jouant avec son sein droit en tirant sur son téton avant de basculer de nouveau pour la surplomber. Une partie de mon cerveau, la seule partie encore fonctionnelle me rappela que Bella était fragile, et que je devais garder mon côté homme des cavernes pour une autre fois. Je déglutis et embrassai son menton, sa gorge, ses clavicules et descendis vers sa poitrine toujours exposée. Bella haletait fortement, ses mains griffant mes épaules et mon côté masochiste en était ravi. Je ne savais même pas qu'il existait. Je léchais chaque pointe, les mordillant délicatement alors que je glissais entre ses jambes. De la pulpe de mes doigts, je touchais le grain de peau de son ventre, carrant fermement la mâchoire en voyant les effets de sa maladie. Ses côtes étaient plus visibles, son ventre creusé et sa peau blafarde. J'avais l'impression que j'allais lui faire du mal si je lui montrais l'effet qu'elle me faisait. Lorsque je l'avais rencontré la première fois, sa peau était rose, un physique « normal » et elle savait encore utiliser ses capacités motrices. Mais, maintenant, sa tumeur la rongeait de l'intérieur, petit à petit, l'éloignant de moi. Je voulais me convaincre, je m'obligeais à me convaincre qu'elle allait s'en sortir, qu'on pourra vivre ensemble, se marier, avec des enfants, faire ce que n'importe quel couple de ce pays faisait, mais je ne pouvais renier ce que je voyais sous mes yeux. Je ne pouvais affirmer que Bella survive jusqu'à son prochain anniversaire, et ça me rendait nauséeux. Une petite main sur ma joue me ramena à la réalité, m'obligeant à relever la tête. Bella me regardait, à demi relevée sur un coude, montrant la crevasse de sa gorge et de son sternum.

-S'il te plait, murmura-t-elle. Ne pense pas à ça, pas maintenant.

-J'ai... J'ai peur de te faire du mal, d'aller... trop brutalement, avouai-je dans un souffle. Je ne veux pas que tu souffres.

Elle se mit en position assise, grimaçant sous l'effort. Je me mis à genoux devant elle, réprimant l'envie de détailler son corps faible.

-Tu ne me feras pas de mal, reprit Bella. Je crois même que... que ça sera le contraire.

Je nichais mon visage dans sa main, humant son odeur de fraise et de freesia au passage, alors qu'elle rougissait par ses propos.

-Je te désire. J'ai envie de toi, de ta chaleur, de tes mains sur moi, de ton corps... Je ne suis pas sûre de vouloir passer encore un jour sans goûter à ça.

-Moi aussi, mais...

-Fais-moi l'amour, Edward, m'ordonna-t-elle en prenant mon visage en coupe. Fais-moi l'amour comme si ta vie en dépendait. Montre-moi que tu m'aimes, que tu as envie de moi. Car... Car je ne suis pas sûre que je pourrais encore t'offrir ça... dans quelques semaines...

Comment résister face à une telle supplice? Moi aussi je la désirais, corps et âme. Plus que tout. Je touchais du bout des doigts sa joue, comme si elle allait me dire que tout allait bien se passer et que je n'allais pas la fatiguer ou la blesser par mes gestes. J'embrassai son nez et descendis pour dompter sa bouche. Elle gémit contre celle-ci, envoyant des vagues de chaleur dans tout le corps. Je m'approchai d'elle et la refis s'allonger sur le lit, sa poitrine frôlant mon torse. Ne quittant pas ses lèvres, dont elle m'offrit l'accès pour ma langue désireuse d'en avoir plus, mes doigts traversèrent son ventre pour son bas de pyjama que je trouvais trop encombrant pour la suite. Tout en douceur, je le fis glisser, emmenant son sous-vêtement avec, sur ses fines jambes, caressant sa peau au passage. Bella avait gardé les yeux fermés, mal à l'aise, alors qu'elle s'empourpra de gêne. Mes yeux avides de ses formes scrutèrent le moindre recoin de son corps que je trouvais parfait, même avec son état de santé précaire. J'avais couché avec des femmes, bien évidemment, mais aucune n'égalait Bella en cet instant. Toute en beauté et féminité.

-Tu es magnifique, dis-je avec sincérité.

Pour lui prouver mes dires, je pris sa jambe droite et la relevai pour que ma bouche rencontre la peau de sa cheville et remonte jusqu'à son mollet, l'arrière de son genoux, la peau tendre et chaude de l'intérieur de sa cuisse, où je m'attardais quelques secondes supplémentaires juste pour entendre les gémissements appréciateurs de Bella. Je grognais contre sa peau lorsque l'odeur de son excitation vint à mes narines dilatées. Je glissais contre son corps, qui se arqua lorsque le bout de mes doigts joua avec sa féminité qui n'attendait que ça. Bella ouvrit les yeux en grand, plantant son regard dans le mien, la bouche ouverte d'étonnement. Elle bougeait ses lèvres comme pour me dire quelque chose mais elle poussa un cri quand je taquinais son clitoris gonflé de mon index. Ses ongles trouvèrent mon avant-bras droit et le plantèrent brutalement.

-Pas... Pas... Hum... Comme ça... Oh... Edward, marmonna-t-elle.

Je fronçais les sourcils sans comprendre alors qu'elle courba ses doigts plus fermement sur mon bras. Je quittais sa féminité, anxieux, alors que je sentis ses mains jouer avec la couture de mon jeans.

-Je veux te sentir, expliqua-t-elle en trouvant la boucle de ma ceinture et ma braguette. Toi, et rien d'autre.

Je soufflai lourdement et l'aidai à me débarrasser de mon jeans et mon sous-vêtement. Tout aussi nu qu'elle l'était, je m'installais entre ses jambes, cherchant à tâtons le tiroir de ma table de chevet. J'avais vécu pendant 18 ans sous le toit d'un Médecin, et je m'apprêtais à l'être. J'avais toujours des réflexes, même si mon corps me hurlait de le balancer derrière moi et de profiter du corps de Bella. Cette dernière regarda mon geste avec incompréhension avant de se mordre la lèvre quand je le tins entre mes doigts. J'arrachais l'emballage de mes dents et grognais quand Bella me le prit des mains. Je crus devenir fou alors qu'elle faisait durer le moment. Ses petites mains migrèrent vers mon ventre pour toucher ma virilité plus qu'érigée pour elle. Je serrais les poings contre le matelas alors que ma peau était parcourue de frissons quand sa main s'enroula autour de mon sexe, timidement. Bella se mordit la lèvre inférieure en voyant les bienfaits qu'elle me prodiguait, sans s'en rendre compte. Puis, lentement, elle enroula le préservatif sur mon membre et les traits de son visage s'affaissèrent.

-Tu... Tu veux qu'on... arrête? M'enquis-je, la voyant gênée.

Elle leva ses jambes sur mes hanches, me donnant plus de place pour mon bassin. Instinctivement, une de mes mains attrapa sa cuisse pour la plaquer contre mes reins.

-Ça fait longtemps que... enfin... rougit-elle, que je ne l'ai pas fait. Depuis Jacob il... il n'y a eu personne...

J'esquissais d'un sourire, touché qu'elle m'avoue ça et embrassai du bout des lèvres sa bouche.

-Je serais doux, je te le promets, chuchotai-je près de son oreille.

Humant l'odeur de sa gorge, traçant un sillon de baisers sur sa peau fine où les battements de son coeur se faisaient irréguliers, je me présentais à son entrée, le corps parcouru de frissons intenses. Je posai mon front contre le sien, les yeux plongés dans les siens, et, l'instant d'après, je commençais mon ascension en elle. Je carrais la mâchoire, alors que sa chaleur, son humidité m'accueillirent sans complication, me laissant pantelant de plaisir. Bella écarquillait les yeux, ses mains accrochées à mes épaules, soulevant sa poitrine. Je poussais un peu plus en elle, sa chaleur m'entourant de façon intense et brûlante, prenant soin de regarder la réaction de Bella. Quand je fus entièrement en elle, je poussais un soupir face à cette plénitude jusque là jamais connue. Nos souffles se mélangeaient, erratiques, restant au plus profond d'elle sans bouger. J'embrassais ses paupières, ses pommettes, son nez et sa bouche, le temps qu'elle s'habitue à mon intrusion. Une de ses mains se faufila dans mes cheveux, qui ne devaient pas ressembler à grand chose, en tirant dessus, me faisant gémir de nouveau.

Puis, lentement, son bassin alla à la rencontre du mien, me faisant un peu plus plonger en elle. Je grognais et démarrais un premier mouvement de recule. Fou de désir, je la pénétrais un peu plus vivement que la première fois, la faisant couiner de façon beaucoup trop sensuelle pour ma propre survie. Ma main sur sa cuisse remonta un peu plus son bassin, voulant la sentir tout contre moi, profiter de cet instant unique et indéchiffrable. J'ancrais mon regard dans celui de Bella et lui fis l'amour, comme je ne l'avais jamais fait avec quelqu'un d'autre, parce que Bella était La femme avec qui j'attendais de faire ça, avec qui je me sentais entier, vivant et heureux. Toujours.

Je continuais ma lente danse contre son corps, goûtant le grain humide de la peau entre ses seins et sa chaleur autour de moi. Son souffle devint rauque, tout comme mes grognements de plaisir. Mon nez rencontra un de ses tétons, alors que Bella se cambrait contre moi, et je ne pus résister à la tentation de le prendre en bouche. Ma langue roula autour de lui, faisant naître un cri à Bella, qui griffa mon épaule droite de nouveau. Je le suçais durement, sentant qu'après des mois d'abstinence et le fait d'être en Bella ne m'aidera pas à être endurant cette fois-ci. Mentalement, je me promis de renouveler l'expérience plus d'une fois, prudemment.

-Ed... Edward, bredouilla-t-elle. Plus...

Je grognais contre son téton, le mordillant tout en douceur alors que mes coups de reins se firent plus brutaux, rendant Bella toute molle entre mes bras. Je l'attendais depuis tellement longtemps, que je me refusais de la laisser partir d'une quelconque manière qui soit. Bella était mienne, et le sera toujours. Mes lèvres se baladèrent contre sa gorge, gémissant de plus belle alors que ses parois tremblèrent sous l'effet du plaisir que je lui prodiguais, et l'homme que j'étais en était fier et arrogant. Mes dents s'attaquèrent à l'arrière de son oreille, voulant laisser une trace de notre première fois à deux pendant les prochains jours.

-Bella, gémis-je presque douloureusement.

Le plaisir montait en grade, la chaleur de mes reins s'épanouit dans mon dos et mes jambes, faisant accélérer la cadence de mon bassin malgré moi. Bella remua ses hanches pour claquer contre les miennes, et cette action provoqua une première grande vague de plaisir.

-Ed... Edward, je... plus fort... Je t'en prie...

Je lui obéis, rendant mon coup de butoir plus profond, plus rapide, plus dur et plus délicieux. Je lui avais promis d'être tendre, mais ses réactions, ses gémissements, son corps réceptif au mien était intolérable à supporter. Je resserrais mes mains sur ses hanches, quittant l'endroit caché de sa gorge pour la regarder en pleine extase. Sa bouche entrouverte, ses yeux dont les pupilles étaient noires de plaisir, la transpiration naissant entre nos corps, tout ça rendait Bella plus belle que jamais. Elle méritait qu'on lui fasse l'amour, son corps était fait pour être choyé et aimé.

-C'est si bon, susurrai-je difficilement, ne la quittant pas des yeux. Bella... Tu... es si...

Elle poussa un premier cri, comme surprise, alors que ses parois se refermèrent autour de moi. Je lui donnais des coups de reins plus rudes, voulant faire prolonger ce moment, alors que je sentais mon corps tomber dans le plaisir.

-Oui! Cria de nouveau Bella.

Je grognai et jurai entre mes dents. Bella fut prise de tremblements violents, m'envoyant dans les limbes de la jouissance.

-Nom de...! Bella!

-Edward!

Tout explosa autour de moi, des étoiles apparurent devant mes yeux et tous les muscles de mon corps se tendirent en même temps, alors je jouissais dans le préservatif. Notre orgasme commun se prolongea pendant quelques secondes, faisant frissonner nos corps. Bella enfouit plus profondément sa main dans mes cheveux, alors qu'elle embrassait ma joue tuméfiée délicatement, le souffle court. Je pressais une dernière fois mon corps contre le sien, avant de retirer mon membre de son intimité, gémissant sous la perte de sa chaleur autour de moi. J'enlevai le préservatif et pris un mouchoir pour l'y mettre, n'ayant plus de force pour marcher jusqu'à la salle de bain. Sous moi, Bella peinait à reprendre son souffle. Inquiet, je roulais sur le côté, la libérant de mon entrave. Mes doigts prirent les mèches de cheveux qui obstruaient sa vue, embrassant son épaule pour remonter jusqu'à son oreille.

-Bella? Murmurai-je. Tout va bien?

Un sourire se dessina sur ses lèvres, avant qu'elle ne se tourne vers moi, les joues rougies, les lèvres gonflées et une lueur de plénitude dans ses yeux.

-Je ne me suis jamais sentie aussi bien de toute ma vie, chuchota-t-elle avec un sourire.

Je lui souris et elle s'avança pour se blottir contre moi. Je cherchais la couverture et nous enroulais dedans, ayant senti Bella trembler un peu. Je soupirais d'aise alors que Bella colla son corps contre le mien, posant une main sur mon coeur. J'enroulais un bras autour de sa taille, plongeant mon nez dans ses cheveux en bataille.

-Je t'aime, murmurai-je en embrassant son crâne.

-Pas autant que je t'aime.

Quelques instants après, son souffle s'apaisa et son corps se détendit, endormie. Doucement, je moulais mon corps contre ses formes, voulant profiter encore de ce qui venait de se passer. Alors que le sommeil commençait à m'emporter, j'espérais de tout coeur que mes jours seraient scellés avec les siens, sinon, je n'aurais plus aucune raison de vivre. Je fermais les yeux, priant pour que quelqu'un m'entende, et ne m'enlève pas la femme que j'avais entre mes bras.

*Se ronge les ongles pour avoir vos impressions*

Beaucoup d'appréhension pour ce chapitre, car j'ai essayé de mélanger la douleur de la maladie de Bella, l'amitié d'Alice, l'amour d'Emmett envers sa soeur et pour finir, le désir d'Edward. J'ai un peu peur que ce soit mal placée, mais je trouve que le lemon est parfait par rapport à la peine que Bella qu'éprouve, ainsi que celle d'Edward.

-(*): Petit clin d'œil à toutes celles qui ne sont pas du matin! N'est-ce pas, Maud? ;)

Merci de votre passage et n'hésitez pas à donner votre avis,
Clairouille59.