Bonjour à tous !J'espère que vous allez bien, pour moi, c'est le cas et c'est en partit grâce à vous. Je vous remercie tous pour les adorables reviews que vous m'avez laissés pour le chapitre précédent. J'avais peur de vous avoir perdu après tant de temps sans avoir publié de nouveaux chapitres, mais je suis heureuse, très heureuse, de voir que ce n'est en aucun cas le cas. Donc merci à vous. Sincèrement.
Ensuite, que vous dire ? Et bien tout d'abord, j'espère que vous avez passé un excellent réveillon et un Joyeux Noël, pour moi, il manquait un peu de neige sinon tout aurait été parfait ! Et je ne peux que vous souhaiter à tous un bon réveillon pour ce soir et surtout, une bonne année 2014.
En regardant la date de publication du premier chapitre de cette fic, je me suis rendue compte que cela faisait un an que je l'avais posté. Donc voilà, ma fic à un an et grâce à vous tous, je suis toujours là aujourd'hui à tenter de vous faire rêver un peu plus à chaque chapitre. Donc merci à tous !
J'espère que ce nouveau chapitre vous plaira, il a été plus qu'agréable à écrire et j'attends de vos nouvelles très vite !
Guest : Je pense que tu dois être ForSvjetlana j'ai tord ? J'ai hésité sur le moment avant que tu ne me dise avoir perdu ton mot de passe sur Facebook :) Et bien n'hésite pas à en créer un autre et à me demander en amie, j'en serais heureuse ! Pour ce qui concerne Aragorn et Arwen, c'est un très simple, ils ne sont pas encore ensemble et Aragorn hésite toujours à laisser libre cours à son amour pour Arwen. Je reste dans le livre là :) Je ne change strictement rien. J'espère que tu as comprit, n'hésite pas à me demander d'autres explications si ce n'est pas le cas. Et encore un grand merci pour ton soutien ! A très vite. Bisous !
PS : Si j'ai oublié de répondre à la review de quelqu'un, n'hésitez surtout pas à me le dire ! Bonne lecture !
« Prends des risques et surmonte tes peurs »
Je resserrai mes doigts gantés autour des rênes de ma monture, appuyant mon autre main sur son encolure dans le seul but de la rassurer. Mais je devais avouer que tous mes sens étaient en alerte, cherchant un moindre mouvement suspect. Et je n'étais guère la seule puisque chaque membre de notre escouade se tenait prêt à réagir.
La partie Sud-Ouest de la Forêt Noire n'était pas encore sous l'emprise de mon peuple, mais encore tenue par les orques et autres créatures infâmes du même genre, rendant l'endroit d'autant plus dangereux qu'il s'agissait d'une voie commerciale.
Devant moi Thranduil leva la main et toute la procession s'arrêta. La raison pour laquelle nous étions ici était la même que toutes celles qui nous avaient poussés à attaquer tout endroit comportant des groupes issus du Mordor. Orques, troll, tout y passait.
Et je devais avouer qu'un peu d'ambiance et de combats ne me faisaient guère de mal. Moi qui avait été habituée pendant toute mon enfance et une partie de ma vie d'adulte à combattre et à défendre ma vie, je me sentais un peu vide de ne plus pouvoir tuer quelque chose.
A cet instant précis, quelque chose bondit sur Celeborn en première ligne et ce fut la flèche de Legolas qui le cueillit. Jetant un regard anxieux à l'araignée inerte sur le sol, je déglutis lentement. S'il y avait bien quelque chose qui m'avait toujours fait peur, c'était bien ces créatures aux huit pattes et autant d'yeux.
- Ils nous entourent, lança discrètement Haldir qui se tenait sur ma droite, prêt à défendre ma vie au péril de la sienne. Visiblement, ils sont nombreux.
- Ils ont enfin comprit que pour espérer vaincre il leur fallait s'allier ? Demanda Jorika. Mieux vaut tard que jamais.
Je me retins de lui faire remarquer qu'il aurait été mieux pour nous qu'ils ne le comprennent jamais. Parce que leur alliance était liguée contre nous-mêmes. Et que je n'avais pas pour ambition de mourir aussi tôt. Pas après seulement quelques semaines de mariage.
Un sourire étira mes lèvres malgré la gravité de la situation. Mon mariage était un souvenir qui parvenait à ramener mon sourire qu'importe la situation. Et ma vie de couple était ce dont j'avais toujours rêvé.
Mais je ne gardai pas mon air jovial très longtemps car ce fut le moment où les araignées décidèrent qu'il était bon d'attaquer. Alors se fut la débandade.
Tirant violemment une flèche sur la première qui se retrouva face à moi, je me dépêchai de sauter en bas de mon cheval pour éviter d'être une cible trop facile. Dégainant ma dague, je tranchai net l'une des pattes de la suivante qui poussa un cri difficilement identifiable. De douleur sans doute. Mais je ne m'attardai guère pour savoir de quoi il s'agissait et je bondis à nouveau sur mes pieds pour attaquer la suivante.
Et elles étaient nombreuses. Thranduil nous avait prévenu, nous étions tombés dans leur nid. C'était la seule chose que l'on pouvait faire pour évacuer à jamais les ténèbres de la Forêt Noire et les dernières traces d'un lourd et sombre passé. Et si le Roi, et accessoirement mon beau-père, avait voulu nous empêcher de le suivre, il n'avait pas obtenu gain de cause. Ni Legolas, ni moi ne souhaitions rester en arrière sous prétexte d'être les héritiers d'un royaume.
- Je sais que je ne devrais pas dire cela mais quand même, qu'est-ce que cela m'a manquée ! Me cria Jorika en plantant son épée dans l'un des yeux de son araignée. Je commençais à me demander si je n'allais pas perdre mes capacités de guerrière !
Je souris, constatant qu'encore une fois, elle et moi étions plus que semblables. Qu'importe le temps qui passerait, personne ne pourrait nous empêcher d'avoir grandit ensemble. Et certains secrets resteront tu à jamais. Nous restions les derniers témoins.
- Je dois avouer que j'appréhende un peu l'après-guerre, répondis-je en imitant mon amie. Quand les années auront fait leur oeuvre et que l'on n'aura plus l'occasion de se défendre !
- Haldir a décidé de laisser tomber son immortalité pour moi, lâcha Jorika en plein milieu de la bataille et je haussais un sourcil sans quitter mon adversaire du regard. Et je ne sais pas quoi dire. Qu'est-ce que je suis supposée dire ?
- Rien, répliquais-je. C'est son choix, pas le tien. La seule chose que tu dois faire, c'est être sûre de tes sentiments et de tes choix. Le reste, il est assez grand pour se débrouiller seul et prendre ses propres décisions.
- Je sais bien, clama Jorika. Mais enfin, son immortalité ! C'est comme sacrifier sa vie !
- Comment crois-tu que j'ai fait ? Demandais-je en haussant la voix pour qu'elle puisse m'entendre par dessus les cris stridents de l'araignée de Celeborn. Qu'Arwen a fait ? Ce sont nos choix. J'ai choisi de devenir immortelle en sachant que je risquais de perdre les gens que j'aimais et qui étaient humains, Arwen a choisi l'inverse parce qu'elle aime Aragorn. La vie est faite de choix Jorika, tu le sais mieux que quiconque.
Mon amie hocha la tête avant que je ne donne un violent coup de pied dans l'une des pattes de mon araignée qui s'effondra sur le côté. Jorika s'occupa de la décapiter.
Soufflant distraitement, je me redressai et regardai autour de moi. L'endroit me fit une fois de plus plisser du nez. Toiles d'araignées et cadavres divers et variés, tout y était. Même les orques avaient été vendus. Et si les araignées avaient été du côté du Mordor, c'était en grande partie grâce à cela.
Je clignai des yeux trente seconde en me retrouvant face à une autre araignée, nettement plus petite, cachée dans un coin. Et mon coeur se serra trente secondes en constatant qu'il s'agissait sans doute d'un enfant. Et que sa mère devait se trouver quelque part parmi les cadavres. Sauf que malgré toute ma compassion, cela restait une araignée. Et vu que je ne parvenais pas à lire quoique ce soit dans ses yeux, je levais mon épée.
- Tu fais quoi ? Demanda Elhorir en s'approchant de moi. Tu vas pas tuer un bébé ?
- Et tu veux en faire quoi ? Demandai-je, incrédule. C'est une araignée Elhorir. Qui va atteindre la taille de ces créatures dans quelques mois ! Tu ne vas pas en faire un animal de compagnie. C'est féroce ces choses-là !
Bon, certes, acculée dans son coin, l'araignée paraissait tout à fait inoffensive. Enfin, pour ceux qui en étaient amoureux parce que pour moi, cela restait une araignée ! Et d'ailleurs, pour être franche, je ne lui trouvais rien d'inoffensif. Ces pinces étaient déjà conséquentes, elle avait huit yeux et autant de pattes.
- Mais si tu veux la garder tu la tiens éloignée de moi, repris-je après quelques secondes de silence. Et je te laisse expliquer cela à ton père qui va être ravi, crois-moi !
Aussitôt, les yeux de mon cousin se posèrent sur Elrond qui achevait une autre araignée quelques mètres plus loin. Un sourire ironique dessina mes lèvres quand je vis Elhorir pâlir. Pas sûr que son paternel soit d'accord.
- Très bien, siffla mon cousin en reposant son regard sur moi. Mais c'est toi qui la tue.
- Si tu crois que j'en suis incapable tu te fourvoies, prévins-je en sortant ma dague. Je tue depuis que je suis en âge de tenir une arme.
- Je sais, répondit Elhorir en posant un regard désolé sur moi. Mais au moins, avec toi, elle ne souffrira pas. J'ai comme l'impression que Thranduil et Legolas passent leurs nerfs sur ces insectes.
Je suivis son regard sur mon mari et mon beau-père qui combattaient furieusement et plutôt cruellement. Certaines de ces créatures n'étaient pas entièrement mortes et leurs cris continuaient à se mêler à ceux des autres. Et cette violence me rappelait qu'il leur faudrait bien du temps pour oublier les horreurs qui s'étaient abattues sur leur royaume.
Hochant la tête en direction de mon cousin, je me tournai à nouveau vers l'araignée qui se plaquait contre son arbre. Difficile de savoir si elle comprenait quelque chose. Resserrant mes doigts autour de ma dague, je m'avançais vers elle, fermement décidée à la tuer.
- Ne me tuez pas, implora soudainement une voix et je me figeai net. S'il vous plait. Pas moi.
Je cherchai autour de moi, sans comprendre ce qu'il m'arrivait. Qui me parlait ? Ou plutôt, qui suppliait ?
- C'est moi, répondit la voix. En face de vous. Celle que vous appelez araignée.
Un hoquet me secoua et je plantai mes yeux sur la créature toujours aussi immobile. J'étais en train de dialoguer avec une araignée ! Et dans le langage du Mordor en plus.
- Je sais, murmura la voix. Je ne suis pas du bon côté d'après ce que j'ai pu voir.
Et elle lisait mes pensées ! Aussitôt, je fermai mon esprit violemment, préventive.
- Je ne veux aucun mal à personne, répliqua-t-elle en me voyant lui jeter un regard peu amène. Je ne comprends même pas ce qu'il se passe.
- Qu'est-ce que tu fais ? Me demanda la voix de Elhorir. Alzena ? Dépêche toi avant que Thranduil ne lui mette la main dessus.
- Elle me parle, répondis-je.
- Quoi ?! Souffla Elhorir. Tu rigoles ? L'humour ce n'est pas très elfique tu sais.
- Je ne fais pas d'humour, murmurai-je. Elle me parle. Dans la langue du Mordor.
Mon cousin du percevoir le ton sombre de ma voix puisque le fait que je parle le langage noir rappelait à tous où j'avais grandis.
- Très bien, souffla Elhorir. Je suis désolé.
Je ne sus pas vraiment s'il s'adressa à moi ou à l'araignée, mais cette dernière n'eu pas le temps de hurler quand il la décapita.
- C'est normal que tu es compris ce qu'elle disait, murmura Elhorir quand je levai des yeux assombrit par les démons du passé sur lui. Tu sauras toujours parler le langage du Mordor. Cela ne signifie pas que tu es mauvaise. Gandalf le parle aussi.
Je hochai la tête en souriant légèrement et pivotai sur mes talons pour constater que la bataille s'achevait. Les dernières araignées s'effondraient sous les coups des elfes et je rengainai mon épée. Je savais que ce combat était fini et gagné, mais le suivant serait plus dur.
- Tout le monde va bien ? Demanda Gandalf quand le hurlement de la dernière araignée s'éteignit. Pas de blessés ?
Tout le monde répondit à la négation et je remontais à cheval sans jeter de regard à l'araignée à mes pieds. Et quand Legolas me rejoignit, j'avais réussis à me constituer un nouveau sourire.
*0*0*
La nuit était tombée depuis longtemps sur Dol Goldur, rendant les lieux d'autant plus effrayant. Même ma monture commençait à renâcler. Il ne fallait pas être calé en tactique de combat pour savoir que l'ennemi attendait patiemment dans l'ombre.
Des mouvements attirèrent mon regard vers la droite, mais je ne fis aucun mouvement brusque. La seule chose que je craignais fut le fait que les orques puissent être armés d'arc. Et Legolas qui rapprocha sa monture de la mienne au point que nos genoux se heurtèrent me confirma ma crainte. Nous n'avions aucune chance face à eux.
Je savais que la seule chose qui les retenait de nous attaquer était le fait qu'ils ne pensaient pas avoir été découverts. Une attaque contre nous les auraient révélés au grand jour. Ce qu'ils ne souhaitaient pas. Ils n'étaient pas assez nombreux pour vaincre. Ils nous causeraient de grandes pertes, de douloureuses pertes, mais pas assez pour espérer survivre.
- Ils sont autour de nous, murmura Celeborn en elfique, nous permettant ainsi de conserver nos airs impassibles sans affoler les orques. Il va falloir attaquer stratégiquement.
- Ils ont des arcs, fit remarquer Thranduil, dans la même langue mais avec un accent typiquement hérité de la forêt Noire. Je m'y connais assez pour savoir qu'on risque gros là.
- On le sait, lui répondit Elrond et je vis mon beau-père lui adresser un regard noir.
La relation entre les deux n'était pas vraiment au beau fixe, même s'ils essayaient de faire des efforts en notre compagnie. Mais le ressentiment que Thranduil faisait sentir était flagrant et le poussait parfois à la limite de la dispute. Son caractère glacial, borné et incorrigible n'arrangeait pas les choses.
Quant à Elrond, il n'était pas en reste. A croire qu'il faisait exprès de provoquer Thranduil avec ses phrases pleines de philosophie dans des moments difficiles. Je savais que mon oncle ne cherchait pas les ennuis, mais quelque part, il souffrait sans doute d'un léger sentiment de supériorité.
- Il ne reste que la magie, murmurais-je dans la même langue en intervenant avant que les deux ne s'étripent tout seuls. Gandalf ?
- Ils nous encerclent, fit remarquer ce dernier. A la limite, je peux défendre nos arrières, mais il va falloir affronter ce qu'il y a devant.
- Enlevez-nous des ennuis, clama Thranduil, énervé. Vous êtes magicien ou non ?
Je vis Legolas envoyer un regard emplit d'avertissements à son père et je sentis la colère de ce dernier augmenter. Visiblement, les séquelles de l'invasion de la Forêt Noire étaient encore bien présentes. En attendant, il n'y avait aucune solution pour ce qui se trouvait devant nous.
Mes oreilles elfiques perçurent le bruit des sabots de cheval sur la terre ferme avant même que les orques ne s'agitent à leur tour. Une troupe entière approchait. Et au vu des bruits, des sons et des voix, je pourrais parier qu'il s'agissait d'humains.
- Qu'est-ce que ..., commença Haldir à ma droite.
A cet instant, des cris retentirent et sous mes yeux effarés, je vis les orques sortir de leur cachette en courant. Et leurs regards en arrière ne laissait aucun doute sur le fait qu'il préférait la menace que nous représentions plutôt que celle qui les poursuivait. Tant mieux.
Je plissais les yeux quand Gandalf décida de faire une grillade avec sa magie et je tirais mes premières flèches sur chaque orque que je voyais. Et un grand sourire éclaira mon visage quand je vis apparaître ceux qui nous étaient venus en aide.
Aragorn et Eomer dégageaient toujours la même aura de puissance et les orques poussaient des hurlements horrifiés pour ne pas se retrouver face à eux. Mais en voyant la violence de Thranduil, je ne pu que me dire qu'ils n'imaginaient pas que les elfes étaient capables de la même froideur.
- Cela faisait longtemps, clama Aragorn en se plaçant à mes côtés, permettant à Haldir d'aller prêter main forte à Jorika. Comment vous portez-vous tous les deux ?
- A merveille, lui répondit Legolas en décapitant un orque. Comme tu peux le voir, tout va parfaitement bien.
- Je vois, je vois, lui lança Aragorn.
Un grand sourire dessinait nos lèvres à tous. Ainsi réunit tous ensemble, nous avions l'impression de revenir dans le passé. Quand nous nous battions les uns aux côtés des autres, même quand tout espoir paraissait avoir disparu.
- Le mariage c'est bien ? Demanda Eomer sur le ton de la conversation.
- C'est parfait, clama Legolas tandis que mon pied percutait la tête d'un orque qui alla s'empaler sur l'épée de Elhorir. Vous devriez vous y mettre.
- J'y pense, répondit le cousin de Jorika et je lui jetais un regard surprit avant de continuer à me battre férocement. Mais en ce moment, c'est un peu la cohue dans la Terre du Milieu.
- Mais on règle les problèmes, fis-je remarquer. La preuve, on compte bien les évacuer de la Forêt Noire. Et on y est presque.
Je me jetais sur la croupe de mon cheval pour éviter un coup de poing et je sentis mon estomac se tordre, manquant de me faire vomir. Que ce passait-il ? Je n'étais pas blessée, je n'avais reçus aucun coup au ventre.
- Est-ce que ça va ? Me demanda Legolas, inquiet.
- Oui, je crois, répondis-je en réprimant ma nausée. C'est juste la fatigue, sa va passer.
Il n'y avait pas d'autres explications. Je ne voyais pas ce qui pourrait être la cause d'un tel malaise. Mais en tout cas, il tombait vraiment mal. Je ne pouvais pas me payer le luxe de vomir alors que nous étions la cible d'une attaque.
Grimaçant de douleur, je balançais mon pied dans le ventre d'un orque, avant de l'empaler violemment. Et un de moins. Et toujours cette nausée qui devenait peu à peu incontrôlable.
- Tu es blafarde, fit remarquer Aragorn quand il releva les yeux sur mon visage quelques instants plus tard.
- Ce n'est rien, répondis-je en tentant de paraître convaincante.
- Les elfes ne souffrent d'aucune maladie Alzena, annonça mon ami. Tu le sais autant que moi. Tu es blessée !
- Mais non, fis-je. J'ai juste été frappée, et la douleur va passer.
Aragorn voulu répondre, mais l'on fut séparés par un troll qui fonçait sur Thranduil et Celeborn. Laissant à ces derniers le soin de se défendre, je bondis en avant sur l'orque se trouvant à mes côtés.
Des hurlements retentissaient de partout, ainsi que des exclamations en langage elfique ou humain. C'était presque comme se retrouver propulsé des semaines auparavant, quand nous étions tous devant les portes noires, à provoquer une guerre que nous savions ne pas pouvoir gagner. Sans Frodon et Sam, nous serions aujourd'hui tous morts.
Même Gimli qui se battait aux côtés de Legolas semblait avoir oublié les liens négatifs qui avaient unis nos deux peuples au cours de ces derniers siècles. Il se battait férocement, continuant son jeu de compter ses victimes avec mon mari, mais il n'y avait plus cette trace d'animosité qu'il y avait eu au départ.
La lune était parvenue à son sommet quand les combats cessèrent et que le dernier ennemi s'effondra à terre sous l'épée de Celeborn. Le silence retomba aussi aisément qu'il avait disparu quelques heures auparavant. Et mes yeux dérivèrent sur tous les cadavres qui nous entouraient tandis que certains elfes s'efforçaient déjà de faire brûler les corps. Plus vite ce souvenir disparaitrait, plus vite serait la reconstruction d'un avenir.
- Est-ce que ça va mieux ? Me demanda Jorika à voix basse en me rejoignant.
Je hochais la tête, sincèrement. La douleur avait véritablement disparu, seule restait cette envie de vomir. Moins forte cependant, ce qui me permettait de me concentrer sur ce qui m'entourait.
Je rengainai mon épée et attrapai les rênes de mon cheval pour le conduire à l'écart, vers la forteresse où j'avais vu le jour. Je savais que des souvenirs restaient à comprendre, à voir, à analyser. Seulement, j'avais peur de ce que cela me permettrait d'apercevoir.
Jorika et Tauriel me suivirent dans les escaliers détruits menant aux hauteurs de l'ancien palais. Même si plus aucune menace ne pesait dessus, elle gardait sa majestueuse froideur. Son calme trop glacial. Les ruines rappelaient une grandeur passée.
Mes doigts caressèrent les pierres autour de moi, cherchant quelque chose qui me permettrait de faire une connexion avec ce que je souhaitais voir. Je remerciais les dons hérités de mon père.
Les doigts de ma soeur se glissèrent dans les miens et je sentis notre magie devenir plus puissante. Pendant un bref instant, je remerciai les Valars pour le fait que notre père ne nous avaient pas eu en même temps sous sa coupe. Aucun doute que notre puissance réunit aurait fait des ravages.
Mais mes remerciements s'arrêtèrent net quand je me sentis propulsée en avant. Aucun doute, j'avais trouvé la connexion qu'il me fallait. Sans nul doute grâce à Tauriel. Qui se trouvait d'ailleurs à mes côtés, ses doigts toujours entre les miens. Elle m'adressa un regard inquiet et je lui répondis par un hochement de tête qui se voulu rassurant.
Mais en vérité, je ne comprenais pas où nous étions. Visiblement, la forteresse n'était plus là puisque nous étions dans une pièce ressemblant fortement à la salle de trône de Minas Tirith. Où une foule incroyable se massait.
- Où sommes nous ? Demanda Tauriel tandis que j'examinais les lieux.
Il y avait des délégations de plusieurs espèces. Nains, elfes, humains, voire même des créatures aujourd'hui disparu suite aux attaques harcelantes des forces du Mordor.
Je reconnus sans mal Elrond, son frère Elros et sa soeur Eldarwen ainsi que leurs parents, Eärendil et Elwing. Puis quelques mètres plus loin se tenaient Thranduil et son père Oropher. Il me fut aisément facile de savoir qui se trouvait entre les délégations de la Forêt Noire et de Fondcombe : celle de la Lothlorien.
Mes yeux détaillèrent avec application le visage plus jeune de mes grands parents, Galadriel et Celeborn. Leurs regards paraissaient moins assombrit qu'à mon époque, leur beauté éclipsait celles de ceux qui les entouraient. Et à leurs côtés, se tenaient Celebrian et notre mère, Elowna.
On m'avait à plusieurs reprises dit que cette dernière et sa soeur se ressemblaient énormément en étant jeunes. Et les dires étaient vrais. Leurs ressemblances étaient plus que flagrante. Car si les cheveux de ma mère étaient roux et ceux de ma tante bruns, il ne faisait aucun doute quand au fait qu'elles étaient soeurs. Tout en elles l'évoquaient.
Même taille, mêmes yeux, même posture et élégance. Même regard et même sourire. Leur ressemblance allait jusqu'à posséder des vêtements semblables. Il était impossible de déterminer qui était l'ainée, et qui était la benjamine. Jusqu'à ce que Celebrian effectue un geste protecteur envers sa soeur quand un des nobles qui les entouraient lança à cette dernière un regard lubrique. C'était elle l'ainée.
- C'est notre famille, murmura Tauriel en parvenant aux mêmes constatations. Où est notre père ?
Mon regard effectua un tour de salle, repérant des personnes dont j'avais seulement entendu parler, avant que mes yeux ne tombent sur la famille royale du Gondor.
Mes grands-parents paternels n'avaient pas la même élégance gracieuse que Galadriel et Celeborn, mais tout en eux clamait leur rang. Elendil était le roi que l'on m'avait toujours décrit. Grand, imposant, un visage sévère mais qui savait sourire, des yeux d'un gris incroyable et des cheveux d'un brun dont avait hérité Aragorn, notre cousin éloigné.
A ses côtés, sa femme était tout aussi radieuse dans sa robe fluide mais magnifique. Ses yeux bleus scrutaient la foule avec application, son visage doux était dessiné d'un sourire et ses longues boucles auburn cascadaient dans son dos. Et lorsque son regard tomba sur les quatre hommes qui se tenaient à ses côtés, je les reconnus sans peine.
Isildur et Anarion ressemblaient à ce que toutes les sculptures avaient représentées d'eux. Grand, bien bâtit et droit, ils se tenaient immobiles aux côtés de leurs parents. Quant aux deux autres, je les reconnus instantanément : Adunakhor et Khamul. Notre père et celui de Jorika.
Un léger sourire dessina mes lèvres. Depuis toujours, nous savions que nous avions un lien de parenté Jorika et moi. Nos pères s'entendaient bien dans la limite du possible, mais chacun vouait une haine inconsidérable à la fille de l'autre. Une relation ambigüe emplit de non-dit. A présent, je savais pourquoi.
- Bienvenue bienvenue, clama mon grand-père au bout d'un long moment.
Reconcentrant mon regard sur mes parents, je ne vis rien qui pouvait évoquer une quelconque relation entre les deux. En revanche, les doigts enlacés de Celebrian et Elrond ainsi que la posture défensive et protectrice de Thranduil vis à vis d'Eldarwen me fit comprendre que eux quatre étaient déjà en couple.
- C'est le père de Jorika, souffla Tauriel qui avait un train de retard.
- Oui, répondis-je.
- Mais nous sommes cousines alors, murmura ma soeur.
La consanguinité et les liens familiaux étaient très étroits à l'époque, lui expliquais-je en me rappelant des paroles de ma mère. Cela ne m'étonne pas. Les maisons royales n'étaient déjà pas nombreuses à l'époque.
Et ben maintenant ce n'est guère mieux, souffla Tauriel.
Elle avait raison. Fondcombe et le Gondor seraient sans doute liés par le mariage de Aragorn et Arwen, la Lothlorien et la Forêt Noire par le mien. Cela ne laissait pas grand champ de libre.
J'eu un déclic en voyant le regard de mon père tomber sur ma mère, debout et immobile à côté de sa soeur et de son futur beau-frère. Visiblement, Elowna n'aimait guère les grands rassemblements et ses yeux étaient rivés au-dehors, à travers les grandes fenêtres de la salle.
Nous étions le jour de la rencontre de nos parents visiblement. Le jour où tout avait commencé, ou presque. Me mettant sur la pointe des pieds, je ne distinguais aucun anneau au doigt de mon père ou de mon oncle. L'un comme l'autre n'étaient pas encore tombé du mauvais côté.
Le Gondor avait durement été frappé par leur trahison. Premiers héritiers sur la liste de succession, le trône était revenu à Isildur qui avait finit par succomber à son tour, avant d'être tué. Seul Anarion avait remonté l'honneur de notre famille. Avant de mourir à son tour cruellement à Barad-dûr. Famille maudite.
- Viens, murmurai-je à ma soeur en écoutant à peine le discours du roi du Gondor.
Je ne perçus que les mots « royaume des nains », « Erebor » et « destruction » ainsi que « Smaug ». J'en déduisis que cette époque se plaçait plusieurs années avant la quête qui avait poussé les nains jusqu'à la Forêt Noire, épisode que Thranduil n'avait toujours pas digéré.
En nous rapprochant de ma mère, je vis cette dernière relever les yeux et son regard croisa enfin celui de mon père. Immédiatement, je la vis rougir légèrement avant de détourner le regard. Et avant que je ne puisse dire quoi que ce soit, le décor changea.
Légèrement décontenancée, je fus rapidement capable d'identifier les lieux. Toujours Minas Tirith, à la différence près qu'il faisait à présent nuit et que le groupe d'amis de ma mère était réunit avec cette dernière dans les jardins du palais. Et mon père se trouvait avec eux.
- ... une raison, disait Eldarwen, allongée contre Thranduil. Ce n'est pas à nous de décider !
- Peut-être, acquiesça ma mère assise à côté d'eux. Mais je te signale que nous sommes les héritiers malgré tout.
- Votre amie a raison, répondit mon père et tous les regards se tournèrent vers lui tandis que ma mère osait à peine le regarder pour le remercier.
Je vis les sourires mutins qu'échangèrent Eldarwen et Celebrian et quelques instants plus tard, Thranduil et Elrond étaient entrainés à l'écart sans savoir pourquoi.
Je comprenais à présent mieux la culpabilité qu'avaient ressentit ma tante et ma belle-mère lorsque les évènements avaient basculés du mauvais côté et que Elowna avait été contrainte de suivre son mari en Mordor. C'était elles qui les avaient poussés dans les bras l'un de l'autre.
Tauriel m'attira à l'écart quand la conversation de nos parents commença à devenir sérieuse. Ni l'une, ni l'autre ne souhaitions assister à ce qui ne regardait que les deux concernés. Mais on échangea un léger sourire en les voyant s'embrasser.
Mais avant que Tauriel n'ait pu dire quoi que ce soit, elle poussa une exclamation de surprise quand le décor bascula, devenant nettement plus sombre cette fois-ci. Et il n'était pas possible de se leurrer. Nous n'étions plus à Minas Tirith, mais près de ses frontières. Ou pas loin. Dans la taverne où ma mère avait mit au monde ma soeur.
Les doigts de cette dernière tremblèrent dans ma main et je la regardais. Visiblement, elle appréhendait ce moment où elle comprendrait enfin ce qui s'était passé cette nuit-là. Elle avait peur de voir le seul moment où elle avait vu notre mère. Avant d'être à jamais séparée d'elle.
Je ne savais pas véritablement comment il fallait agir, mais j'avais vu mes amis réagir ainsi alors je la serrais doucement dans mes bras. Quand elle entoura ma taille de ses bras, je compris que pour une fois, j'avais bien agit comme une soeur ainée.
- C'est une fille madame, clama le barman tandis qu'une serveuse tendait le paquet de linge à ma mère qui était épuisée.
Mes yeux tombèrent sur moi-même, des dizaines d'années auparavant. Sans surprise, je vis que le Mordor avait déjà marqué son empreinte sur moi.
J'étais grande pour mon jeune âge, et jolie aussi. Une beauté elfique mêlée au charme humain, j'avais tout pour moi. En revanche, elle était gâchée par la froideur qui régnait dans mes yeux d'enfant, par la tenue de combat que je portais et par la posture défensive que j'avais. Ainsi que par la dague que mes doigts serraient.
Comme pour ma naissance, des hurlements de Nazguls retentissaient au loin et je vis ma mère se lever immédiatement, malgré sa visible fatigue et douleur. Elle se tourna vers un cavalier que je n'avais pas remarqué. Un elfe !
Ce dernier était en tenue de combat et il prit délicatement ma soeur dans ses bras avant de se tourner vers moi. Mais mon moi d'époque ne semblait pas de cet avis. Je me souvins alors qu'en tant qu'enfant, j'aimais encore profondément mon père. Voilà pourquoi j'avais effacé ce souvenir de mes pensées. Trop jeune pour m'en souvenir, trop plongée dans les ténèbres pour l'accepter.
Ma mère tenta de me convaincre mais les hurlements se firent beaucoup plus proches. Elle n'avait plus le temps de m'expliquer. Pas une seule fois elle ne me présenta ma soeur, raison pour laquelle il avait été si facile d'oublier ce détail.
- Prenez Tauriel, ordonna-t-elle à l'elfe. Emmenez aussi Alzena, vite !
Elle l'accompagna au-dehors, malgré sa démarche douloureuse et les larmes qui cascadaient sur ses joues. Mais les hurlements des Nazguls étaient bien trop proches pour qu'elle s'accorde un instant de répit. L'elfe monta en selle, portant délicatement, mais fermement, Tauriel entre ses bras. Tout comme moi à ma naissance, elle ne pleurait pas, mais son regard était nettement plus inquiet.
- Alzena vient ma chérie, appela ma mère et au moment où mon moi passé voulu avancer, une main gantée s'abattit sur son épaule.
- Tu croyais vraiment pouvoir m'échapper ? Demanda mon père d'une voix suintante.
Immédiatement, l'elfe qui avait remonté sa capuche talonna sa monture qui partit au galop, s'effaçant dans la nuit, nous abandonnant à notre sort.
- Poursuivez le, ordonna mon père aux ombres derrière lui.
Pour la première fois, je vis l'incompréhension briller dans mes yeux d'enfant. Levant ces derniers sur mon père, je lui adressais un regard incompréhensif. Mais mon père se contenta de me soulever du sol pour me porter, empêchant ainsi ma mère de m'approcher.
- On rentre, ordonna-t-il d'une voix que j'avais appris à craindre. Maintenant. Où est notre autre enfant ?
- Je l'ai perdu, clama Elowna d'une voix coléreuse qu'elle s'efforçait de rendre désespérée comme le serait toute mère ayant perdu son enfant. A cause de toi. Et je veux épargner à Alzena le même chemin que sa soeur.
- Sa soeur, ironisa mon père. Comment sais-tu qu'il s'agissait d'une fille ?
Le silence de ma mère fut éloquent mais elle releva le menton, fière et défiante. Ses yeux restant rivés sur moi.
- Nous ne l'avons pas eu, siffla un Nazgul dans le noir langage. Il nous a échappés.
- Avait-il un enfant dans ces bras ? Répondit froidement mon père.
- Nous n'avons rien vu, confirma l'autre. Mais il faisait noir. C'est donc possible.
Un cri de rage nous accompagna quand Tauriel et moi-même reprirent pied dans la réalité. A nos côtés, Jorika examinait les lieux. Visiblement, elle avait rapidement comprit ce qui nous arrivait. Et vu que nous étions seules avec elle, elle n'avait pas jugé utile de prévenir les autres qui continuaient de faire brûler les corps en bas.
- C'était injuste, murmura Tauriel en me lâchant pour s'asseoir sur un rocher.
- Rien n'était juste en Mordor, répondit Jorika en relevant les yeux du cailloux qu'elle avait trouvé. Tu as eu la chance d'échapper à cela, soit en heureuse.
Je tournais les talons, m'éloignant un peu de ma soeur et de ma meilleure amie. Ce que j'avais vu tournait en boucle dans ma tête, me rappelant que mon passé n'avait pas été des plus heureux.
J'en étais toujours à constater cela quand mon ventre se tordit à nouveau par une forte nausée. Bien plus forte que la précédente et qui me plia en deux. Tombant à genoux, j'eus à peine le temps de me pencher, avant de vomir sur le sol.
Des doigts glacés prit la place des miens pour retenir mes cheveux et je m'appuyais sur les rochers qui m'entouraient, continuant de renvoyer tout ce que j'avais pu manger dernièrement. Ce qui m'épuisa considérablement.
Un dernier haut de coeur me secoua avant que ma nausée ne disparaisse aussi vite qu'elle était apparu, me laissant dans un sentiment de forte fatigue et de léger vertiges. Les elfes n'étaient pas malades bon sang !
- Qu'est-ce que m'arrive ? Demandai-je en me redressant prudemment, soutenue par Legolas qui avait visiblement monté en courant tous les escaliers de la forteresse en m'entendant vomir.
- Tu as mangé quoi dernièrement ? Demanda Jorika en me tendant une gourde.
- Rien de spécial, lui répondis-je en me rinçant la bouche avant de boire un coup. Je n'ai rien mangé de différent que vous. Et pas plus que d'habitude.
- La fatigue sans doute, murmura Legolas en me soutenant pour descendre les escaliers. On rentre, tu vas te reposer.
Je hochais la tête et le retour jusqu'au palais se fit dans un état semi-comateux. Même les exclamations de joie des habitants quand ils nous virent rentrer ne me réveilla pas. Je sentais la présence de Legolas dans mon dos, moi qui avait exigé de monter seule en selle pour ne pas inquiéter les habitants.
Je gagnai immédiatement mes appartements une fois que j'eu posé le pied sur terre et me dépêchais de prendre un bain et d'enfiler une robe de nuit avant de gagner mon lit. Trop épuisée, j'entendis à peine Legolas entrer quelques instants plus tard et me rejoindre après s'être à son tour changé.
*0*0*
Le lendemain matin, je fus directement emmenée à l'infirmerie après avoir vomir toute une bonne partie de la nuit, empêchant mon mari de dormir. Malgré mes demandes, il avait refusé de me laisser vomir seule dans les toilettes pour qu'il puisse se reposer. Voilà pourquoi je me tenais à présent allongée sur un lit de l'infirmerie, épuisée tandis que Legolas avait été obligé de gagner le conseil de son Père pour discuter des évènements de la veille. Après avoir fait jurer aux soignantes de le prévenir dès qu'elles auraient fait leur diagnostic.
Quand le rideau coulissa à nouveau, je me redressais et me figeai. Moi qui m'attendait à voir apparaître la soignante avec une mine triste et désespérée pour m'annoncer une mauvaise nouvelle, j'eu le droit au plus grand sourire qu'il soit possible de faire.
- Vous feriez mieux de rester assise, me prévint-elle en s'asseyant à mes côtés.
- Que se passe-t-il ? Demandai-je, inquiète malgré son ton et son visage rassurant. Pourquoi je n'arrête pas de vomir ?
- Vous êtes enceinte ma dame, m'expliqua l'infirmière et le soulagement déferla dans mes veines avant que je me fige de stupeur.
J'étais enceinte ? Enceinte de Legolas ? J'attendais un enfant ? Moi ? Comment était-ce possible ? Enfin, je savais comment on faisait des enfants mais aussi rapidement ?
- Vous êtes enceinte de trois semaines Majesté, m'expliqua l'autre en souriant devant mon air hébété. Cela doit dater de votre mariage. Félicitations !
- Merci, répondis-je à moitié assommée.
- Je vous laisse prévenir votre mari, m'annonça-t-elle en se levant. Je pense que c'est à vous de lui annoncer la bonne nouvelle.
Elle m'indiqua que je pouvais sortir, tout en me prescrivant des plantes médicinales pour éviter les nausées et vertiges, puis elle disparu pour s'occuper de quelqu'un d'autre.
Restée seule avec mes pensées, je posai inconsciemment mes mains sur mon ventre encore plat. J'étais enceinte ? Sérieusement ?
Pendant un instant, la panique me gagna. Je n'avais personne pour en parler, pour m'expliquer comment cela se passait. Et encore pire, je n'avais pas reçu une éducation digne, je ne savais élever un enfant, et je ne savais pas exprimer mes sentiments. Cet enfant manquerait à coup sûr d'amour, de tendresse. Et de la part d'un parent, c'était atroce.
Le souffle me manqua pendant de longues minutes et je sortis précipitamment de l'infirmerie, gagnant rapidement les jardins sans même prévenir ma garde. Je voulais être seule, pas entourée de personnes qui poseraient des questions et qui feraient circuler des rumeurs.
Le calme et le souffle du vent sur mon visage me calma peu à peu et je m'assis sur un banc à l'écart. Ma peur était toujours là, bien présente dans mon coeur, mais je parvenais à résonner, à me calmer.
Contrairement à ce que j'avais cru, je n'étais pas seule. Galadriel était là, elle avait vécu la même chose. Elle saurait m'expliquer, me guider. Et j'étais capable d'aimer des gens, je le faisais avec chacune des personnes qui m'entouraient. Mais les exprimer...
Plusieurs minutes s'écoulèrent ainsi et je sursautais quand l'horloge sonna, me signifiant que cela faisait une heure et demi que je me tenais immobile dans les jardins. Et que la réunion de Legolas avait touché à sa fin depuis un long moment.
Bondissant sur mes pieds, je gagnais rapidement le palais, non surprise de voir les gardes soupirer de soulagement en me voyant. Aucun doute que mon mari avait mit tout le palais en émoi.
- Alzena ! S'exclama-t-il quand je rentrais dans notre chambre. Bon sang tu es là ! Mais où étais-tu ? Je t'ai cherché partout et les soignantes refusent de me dire quoi que ce soit. Dis moi que tu vas bien par pitié.
Il me secouait doucement, mais assez pour que ma nausée se rappelle à moi. Posant doucement mes deux mains sur son torse, je le forçais à reculer, un doux sourire sur mes lèvres.
Malgré la peur qui me broyait le coeur, je savais que je ne serais pas seule, alors je pris une grande inspiration avant de lâcher doucement ce que j'avais à dire.
- Je vais très bien Legolas, répondis-je et il ouvrit immédiatement la bouche.
- Mais alors pourquoi étais-tu si mal hier soir ? Demanda-t-il, inquiet.
- Laisse-moi finir, ordonnai-je dans un rire. Je vais très bien Legolas, et plus que très bien malgré l'immense peur que j'ai en ce moment.
- Peur ! S'exclama mon mari mais mon regard le fit taire.
- Je suis enceinte Legolas, lâchai-je et aussitôt, cela lui coupa la parole.
Son silence m'inquiéta un peu mais je n'eus même pas le temps de me demander s'il accepterait cet enfant que je me retrouvais dans ces bras, enlacée avec douceur, mais fermeté.
- Mais c'est génial, clama-t-il tandis que je sentis une part de mon inquiétude disparaître. C'est génial Alzena, on va être parents. Tous les deux.
Il m'embrassa passionnément sur les lèvres et je répondis à son baiser, oubliant quelques instants ma peur. Mais celle-ci revint au galop quand il recula. Et il le perçut.
- Tu feras une excellente mère Alzena, murmura-t-il en me forçant à le regarder. Je le sais parce que tu fais une parfaite épouse alors que tu me jurais le contraire. Et aussi parce que tu aimes les enfants, et que je sais que tu es capable de la plus belle forme d'amour. Ne crains pas cela Alzena, tout ira bien. Et tu ne seras pas seule, crois-moi !
Son ton était si sûr que je souris et que Legolas me serra à nouveau dans ses bras. Heureuse de ne plus sentir cette peur sourde et d'être enfin contente de porter un enfant, je fermai les yeux, un grand sourire aux lèvres. Il avait raison, je parviendrais à être une mère digne de ce nom.
Donnez-moi vite vos avis, j'espère vraiment que ce chapitre vous a plu !
Que pensez-vous de la grossesse d'Alzena ? Je voulais patienter quelques chapitres avant de mettre cela en scène, mais je me suis rendue compte que ma fic touche, doucement mais sûrement, à sa fin et que j'aurais fait des chapitres remplit de plein de bla-bla inutiles qui vous auraient déçu. Je pense avoir réussis à bien amener le sujet et j'attend avec impatience vos commentaires.
Je vous souhaite à tous une excellente soirée et surtout : Bonne année 2014. Bisous !
PS : Encore un grand merci à ma bêta Gaga-Ella, qui fait un travail énorme et qui n'hésite pas à me donner son avis sur mes chapitres. Je te remercie mille fois si tu me lis et je te souhaite une bonne année ! Bisous !
