Catégorie: Tokio Hotel

Paring : Bill/Tom.

Genre: Friend-ship, romance, humour, univers alternatif

Rating : M.

Résumé: « Bill, un jeune homme comme tant d'autres, se retrouve propulsé au coeur de Malmedy, le lycée "riche" du quartier. Il fait la connaissance de son colocataire, Tom, avec qui les débuts sont plutôt difficile. A force d'effort, les deux garçons finissent par trouver une certaine stabilité, mais tout se bouscule lorsque Tom devient un peu trop curieux. Bill s'enfuit sans un mot tandis que Tom décide de le suivre. Les deux colocataires se réconcilient finalement, pour le plus grand soulagement de leurs amis respectifs. Mais tout le monde n'apprécie pas cette étrange amitié qui semble se renforcer de jour en jour entre Bill et Tom. Tout se complique quand Tom sans que la situation lui échappe chaque jour un peu plus, jusqu'à ce que, profitant de l'ébriété de Bill, ils passent la nuit ensemble. Perdu et totalement déboussolé, Tom s'enfuit sans rien dire à personne, provoquant de nombreux doutes et suscitant diverses questions où chacun se remet en cause. Georg et Gustav finissent par avoir le fin mot de cette histoire, mais les problèmes ne font que commencer pour le guitariste qui s'est enfin avoué ses sentiments pour son colocataire. Sans nouvelle de son ami, Bill s'inquiète puis finit par lui en vouloir pour ce long silence inexpliqué. Ne voulant pas perdre son ami, Tom lui présente finalement ses excuses le soir de Noël mais refuse toujours de lui avouer ses sentiments. A leur retour à Malmedy, Bill offre un chaton à son colocataire, scellant par la même occasion une nouvelle promesse. Une autre fête est organisée et Les 2G comptent bien établir un rapprochement entre leurs deux amis. Mais tout est loin de se dérouler comme prévu et Bill commence a avoir des flash de sa nuit passée avec Tom. »

Mise en garde : En plus d'être centrée sur un couple gay, cette fic est basée sur une relation entre deux frères. Donc homophobe, puriste, ou chieur : casse-toi !

Disclaimer : Je flingue Mr et Mme Kaulitz, j'envoie David Jost et Universal en enfers et je m'approprie le groupe u_u

Note de l'auteur : Pour ceux qui sont en vacances, je viens vous apporter un peu d'occupation u_u J'avoue, j'ai peur que vous ne finissiez par vous ennuyer XD Et pour ceux qui, comme moi, doivent encore endurer les vieux débris de la fac, j'vous apporte un peu de réconfort u_u Bref XD


Deux frères, deux mondes

Chapitre 24 : Entre doutes et soupçons

Sans aucune hésitation, Georg et Gustav se rendirent dans la chambre de Tom, certains d'y trouver leurs deux amis. L'appréhension finit tout de même par les gagner lorsque la dernière dispute des deux colocataires leur revint à l'esprit. Cette fois, ils avaient cru que le guitariste ne s'en remettrait pas. Lorsqu'il avait finit par leur raconter les raisons de cet accrochage, les deux G réalisèrent seulement que leurs projets ne seraient peut-être pas si facile à réaliser. Si Bill se mettait dans de tels états pour un simple baiser, ils n'osaient imaginer ce qui se passerait s'il apprenait le reste de cette histoire.

Comme d'habitude, ils pénétrèrent dans la pièce sombre et commencèrent par ouvrir les volets, provoquant deux grognements de mécontentement. Les deux musiciens ne purent retenir un sourire lorsqu'ils virent l'androgyne tenter de se fondre dans son voisin de lit pour se cacher de la lumière du jour. Le blond décida de prendre les choses en mains, peu désireux de vivre un énième matin catastrophe où tous s'engageaient dans une lutte contre la montre.

- Debout les marmottes ! Pas question d'arriver encore en retard ! On s'est fait assez remarquer depuis la rentrée !

Bill se décolle de son ami à contre cœur et s'assit sur le matelas, frottant ses yeux endormis. Il ne se rendit pas dans la salle de bain, encore trop fatigué pour envisager un si gros effort pour le moment. Il voyait déjà cette journée traîner en longueur mais il ne regrettait pas sa soirée pour autant. Tom et lui avaient passé une partie de la nuit à se câliner, souhaitant tous les deux retrouver leur bien être et leur complicité. Ils ne laisseraient pas une broutille remettre en cause leur amitié. Peu enclin à coopérer aux exigences de Gustav, Bill se laissa basculer en arrière puis revint se blottir contre son colocataire, fermant les yeux. Il posa ses mains froides sur les hanches du musicien, le faisant réagir aussitôt :

- Frgrbdro.
- C'est ça, on lui dira.

Il n'avait strictement rien comprit mais ne s'en soucia pas. Il s'apprêtait à rejoindre Morphée lorsque son oreiller improvisé le bouscula :

- Putain Honey, t'as les mains gelées !

Ouvrant les paupières, le brun haussa un sourcil. C'était bien la première fois que Tom rechignait à avoir un contact avec lui. Un sourire espiègle pris place sur son visage. Il se rapprocha du guitariste, les mains en avant. Le musicien réagit au quart de tour :

- Ne t'approche pas de moi ! Ou garde tes mains dans tes poches !

Mais Bill ne l'écouta pas et fit mine de lui sauter dessus. Voulant fuir l'attaque, son vis-à-vis recula un peu plus, mais ne rencontra que le vide. Il tomba lourdement sur le sol, poussant une série de jurons. Lorsqu'il remonta sur le lit, il se retrouva face à un androgyne écroulé de rire, une main posée sur le ventre. Il lui balança un oreiller pour montrer sa désapprobation, mais le brun ne s'arrêta pas pour autant. Tom s'assit en tailleur, croisa alors les bras et adopta un air boudeur. Son interlocuteur tenta de se calmer, mordant l'intérieur de ses joues. Mais le musicien ne décolérait visiblement pas.

- Tommy ?

- ...

- Tu boudes ?

- ...

Bill ne s'en offusqua pas. Il savait parfaitement ce qu'il devait faire pour que son colocataire retrouve sa bonne humeur. Affichant un sourire que les deux spectateurs involontaires de cette scène qualifiaient de tendre, il s'avança vers son ami et pris place sur lui, entoura sa taille de ses jambes. Il le prit finalement dans ses bras pour leur traditionnel câlin du matin. Peu à peu, il sentit Tom se détendre contre lui. Il savait déjà qu'il avait gagné. Tout doucement, il se détacha légèrement de leur étreinte et vint déposer un baiser sur la joue du musicien. Ce dernier finit par abandonner et lui rendit son sourire. Conscient qu'il profitait de la situation, il annonça :

- Je ne te l'ai pas déjà dit ? Maintenant il me faut deux bisous pour pardonner.

L'androgyne laissa échapper un rire. Néanmoins, il se pencha à nouveau, faisant entrer leur front en contact. S'il hésitait, Bill n'en montra rien. Fermant les yeux, il posa ses lèvres sur celles de son vis-à-vis. Il s'attarda plus longtemps que d'habitude, ce que ne manqua pas de remarquer Tom. Les cheveux bruns lui chatouillèrent le visage. Il se surprit à gémir de frustration lorsque les lèvres sucrées quittèrent les siennes.

Georg et Gustav finirent par rappeler leur présence, les joues légèrement rouges. Ils n'avaient absolument pas prévu de jouer les voyeurs, mais ils ne seraient pas parvenu à s'éclipser sans bruit, donc sans interrompre le moment de tendresse qu'avaient engagé leurs deux amis. Afin de dissiper leur gêne et leurs rougeurs, ils avaient traîné les deux fainéants hors de leur chambre, les pressant de se préparer en vitesse.

Bill était désormais devant le miroir de la salle de bain, une brosse à la main. Il hésitait encore sur la coiffure qu'il aborderait aujourd'hui. Un énième appel de son ami batteur le fit soupirer. Il n'avait visiblement pas le temps de vider sa bombe de laque ce matin. Deux mains frôlèrent ses hanches avant de se rejoindre et de se poser sur son ventre. L'androgyne n'eut pas besoin de regarder le reflet du miroir pour reconnaître le nouvel arrivant. Ce dernier repoussa quelques mèches de cheveux bruns avant d'enfouir son visage dans le cou de son colocataire. Il inspira profondément, le faisant frissonner, semblant s'enivrer de son odeur. Bill se recula légèrement, de façon à être encore mieux calé contre ce torse offert. Gustav allait probablement hurler devant ce temps perdu mais l'androgyne ne se détacha pas pour autant. Il admirait leur reflet dans la glace lorsqu'un détail l'intrigua. Il s'écarta légèrement du guitariste et fit glisser ses doigts sur la vitre froide.

- Honey ? Quelque chose ne va pas ?
- Tu ne trouves pas ... qu'on se ressemble ?

Tom se colla contre son ami et observa à son tour leur reflet. Il n'y avait jamais prêté attention jusqu'à maintenant, mais il devait bien reconnaître que l'androgyne avait raison. Les mêmes yeux, le même nez, la même forme de visage, ... Il en venait à se demander comment il avait pu ne pas remarquer ce détail avant.

- Tu as raison.
- C'est ... étrange.
- Peut-être pas. Il paraît qu'on a tous un double quelque part.
- Tu crois à ce genre chose ?
- Je ne sais pas. Mais sur les milliards d'habitants qui peuplent cette planète, il serait logique que certains soient plus ou moins pareils.
- A ce point ?
- Est-ce que c'est si important ?

Bill observa de nouveau leur reflet avant de répondre. Finalement, Tom n'avait peut-être pas tort. Qu'est-ce que cela pouvait bien faire qu'ils se ressemblent ? Il lui adressa un sourire puis se sépara de lui et finit par quitter la salle de bain. S'il en jugeait par les cris que poussait Gustav, il devait avoir atteint son seuil limite de patience.

- B & T -

Pour une fois, les quatre amis pouvaient donc marcher tranquillement dans les couloirs du lycée. Bill et Tom ouvraient la marche, se chamaillant comme deux gamins. Les deux autres musiciens ne leur accordaient pas énormément d'attention et avaient renoncer à connaître la raison de leur nouvelle chicane. Ne regardant pas devant lui, le batteur bouscula quelqu'un sans le vouloir. Lorsqu'il voulu connaître l'identité de la personne qu'il avait percuté, il tomba sur le visage de l'androgyne, visiblement contrarié.

- Qu'est-ce qu'il y a ?
- J'crois bien que j'ai oublié ma disserte de philo.

Ne se souciant pas de gêner le flot d'étudiants circulant dans ce couloir, Bill commença à fouiller dans son sac. Il confia ses livres à son colocataire sans lui demander son avis, prenant bien soin de regarder partout. Lorsque son sac se retrouva complètement vide, il dû se rendre à l'évidence. Il avait bel et bien oublié son devoir.

- Et merde !
- Zen, Honey. Le prof est presque toujours en retard, si tu cours tu peux atteindre l'appart et revenir avant qu'il ne soit là.
- J'vais devoir battre un record de vitesse, là.
- C'est pas vraiment comme si tu avais le choix. Je t'ai vu plancher comme un malade sur ce truc, va pas tout foutre en l'air. Au pire, t'arrives en retard.

Bill poussa un soupir, désespéré par la distance qu'il allait devoir couvrir en si peu de temps. Il laissa ses affaires à Tom et commença à rebrousser chemin. Voguant entre les élèves, il traversa tout le couloir, descendit les deux étages jusqu'à arriver dans la cour centrale. Il traversa celle-ci à toute allure jusqu'à atteindre le bâtiment consacré aux appartements. Sentant un point de côté se profiler, il se mit à regretter toutes les séances d'éducation physique qu'il avait pu sécher depuis le début de l'année. Il n'avait jamais été un grand sportif, ce n'était un secret pour personne. Cependant il commençait à entrevoir l'utilité de ces cours si futiles à première vue. Lorsqu'il arriva enfin devant sa porte d'entrée, il s'appuya contre un mur, cherchant désespérément à reprendre son souffle. Mais la voix de Tom résonna dans sa tête pour lui rappeler qu'il n'avait pas le temps de se reposer. D'un geste de la main, il chassa cette pensée et poussa un grognement. Voilà que son ami s'infiltrait dans son esprit sans son accord.

Il traversa le salon à grandes enjambées avant d'arriver enfin dans sa chambre. Sans être trop brusque, il chassa Mika qui avait trouvé refuge sur son bureau, et surtout sur ses devoirs. Il éparpilla ses feuilles un peu partout autour de lui avant de mettre enfin la main sur l'objet de sa convoitise. Il laissa échapper une exclamation de triomphe puis refit le chemin en sens inverse. Arrivant au deuxième étage, il dû se retenir à la rambarde pour ne pas se laisser tomber dans les escaliers. Essayant de retrouver une respiration normale, il lança une série de jurons.

- Quel est l'abruti qui a collé autant d'étages à ce putain de lycée ?!?

Il se redressa finalement, le souffle toujours un peu court. Il plaça son devoir à l'intérieur de la doublure de sa veste pour éviter de la perdre. Il remis de l'ordre dans ses cheveux et s'engagea dans le couloir, la démarche lourde. Un sourire vint sur ses lèvres lorsqu'il aperçut son colocataire au bout du corridor. Il se tenait légèrement en retrait par rapport au reste de leur classe mais ne semblait pas encore l'avoir vu. Bill remercia silencieusement leur professeur de philosophie dont la ponctualité arrangeait plus d'un élève. L'androgyne ne prêtait pas intérêt aux conversations des adolescents présents tout autour de lui, mais un simple prénom attira son attention.

- Personne ne comprend l'attitude de Tom. Ça commence à devenir louche, tout ça.

Il tourna la tête dans la direction d'où provenait les voix. Trois filles s'étaient rassemblées et semblaient avoir lancé un débat plus qu'animé. Juchées sur des talons aiguilles, les trois commères ne semblaient pas très stable. Cela ne les empêchait pas de faire de grands gestes pour appuyer leur théorie. Le brun les observa un peu mieux et ne pu retenir une grimace, ce demandant si cet excès de maquillage et de connerie apparente pouvaient réellement plaire à quelqu'un. Est-ce que Tom sortait avec ce genre de filles, avant ?

Bill n'avait pas l'intention d'être indiscret, mais il était curieux de savoir ce que le reste de leur école pouvait bien penser de son colocataire en ce moment. Lui-même avait remarqué certains changements, mais il n'aurait jamais imaginé que cela puisse alimenter les potins. Il se rapprocha discrètement des trois filles et se mêla à la classe de Terminal qui attendait elle aussi son professeur.

- Il n'a plus couché avec aucune fille depuis des mois.
- Tu es sûre ? Pourtant Laura m'a assuré qu'elle avait bien passé la nuit avec Trümper.
- Ce cagot ?!? Nan mais tu plaisantes ! Tom ne coucherait jamais avec ça !

L'androgyne leva les yeux au ciel, faussement désespéré. Il savait très bien qu'il n'avait aucun intérêt à écouter cette conversation qui ne volait pas très haut, mais si les autres commençaient à se poser des questions sur l'attitude de Tom, il valait peut-être mieux que le principal concerné soit au courant. La discussion se poursuivit, et avec elle des théories plus ou moins douteuse. Il faillit révéler sa présence par un grand éclat de rire lorsque l'une des trois commères émis l'hypothèse d'une relation sérieuse entre Tom et une mystérieuse inconnue. Si son ami voyait quelqu'un en cachette, il l'aurait su depuis longtemps. Et puis, ce n'était pas comme si Tom était capable d'aimer. Il le lui avait démontré plus d'une fois. Tom prenait mais ne rendait jamais.

Le brun perdit rapidement son sourire lorsqu'Axel fit son apparition. Visiblement, il avait lui aussi suivit la conversation des trois adolescentes. Il s'interposa entre elles, un air suffisant collé au visage. Il se pencha légèrement en avant à la manière d'un conspirateur. Instinctivement, les trois filles l'imitèrent. Il s'agissait probablement d'une tentative de rendre cette discussion plus ou moins secrète mais Axel ne pris pas la peine de parler à voix basse, révélant indirectement qu'il avait bien l'intention que toutes les personnes présente aux alentour puisse l'entendre.

- Vous voulez que je vous dise ce qui est vraiment arrivé à notre cher Trümper ?

Les filles se rapprochèrent encore un peu plus de lui, avides de connaître un nouveau scoop. Dans son coin, Bill fronça les sourcils, soucieux. Si Axel s'en mêlait, cela ne pouvait que dégénérer.

- Tom n'a pas touché une fille depuis près de trois mois. Si on y regarde bien, il a arrêter de coucher à droite à gauche depuis l'arrivée du punk.
- Le « punk » ? Tu veux dire Bill Harkins ?
- Exactement. Vous ne trouvez pas ça bizarre, vous ? Au début, ils se frappent dessus toutes les deux minutes, et puis du jour au lendemain, plus rien.
- Qu'est-ce que tu veux insinuer ?

Le ton était dur, méfiant. La tournure de cette révélation ne plaisait apparemment pas à la blonde. Et à Bill non plus. Ce n'était pas la première fois que ce genre d'insinuation parvenait à ses oreilles. Il avait l'habitude qu'on lance diverses rumeurs à son sujet, mais dans cette histoire, Tom n'avait rien demandé.

- Je veux dire que Trümper se fait monter par le punk.

Trois cris d'horreur lui répondirent. Les filles commencèrent à avancer leurs arguments allant contre cette hypothèse mais rien n'enlevait le sourire qu'affichait Axel. Il avait lâché sa bombe et les réactions des trois greluches ne faisait qu'attirer l'attention sur eux, à son plus grand bonheur. De son côté, Bill serrait les poings et tentait de calmer sa colère. Il savait qu'il n'avait pas à intervenir, mais il commençait à perdre le contrôle lui-même.

- Tu dis n'importe quoi ! Je refuse de croire que Tom ne soit qu'une vulgaire tante ! Est-ce que tu as seulement la moindre preuve de ce que tu avances ?

Axel passa sa langue sur ses lèvres, faisant mine de réfléchir. Mais Bill le connaissait suffisamment maintenant pour savoir qu'il avait déjà tout prévu. Son court silence n'était là que pour renforcer la tension que sa révélation avait entraîné.

- Libre à toi de ne pas me croire. Mais il n'y a pas que ça qui a changé.
- Qu'est-ce que tu vas nous sortir, cette fois ?
-Tout le monde connait son penchant pour la drogue. Il n'en a jamais parlé ouvertement, mais c'était devenu un secret de polichinel.
- Et alors ?
- Trümper ne se drogue plus.
- Pardon ?!?

L'étonnement de l'adolescente surprenait Bill. Était-ce une mauvaise chose que Tom est cessé de jouer avec sa santé ? Il y avait visiblement encore des choses qu'il n'avait pas saisi dans le fonctionnement de ce lycée. À croire qu'il n'avait vraiment rien en commun avec ces gens-là.

- Mais Tom et la drogue c'est ... c'est comme ... c'est comme Tom et le sexe ! C'est indissociable !
- Il faut croire que non.
- Trümper ne couche plus et ne se drogue plus. Et ça, je peux le certifier, c'est moi qui lui fournissait une partie de sa came.

Axel continuait son analyse de la situation, les trois commères suspendues à ses lèvres. Mais Bill, lui, avait cessé d'écouter, bloquant sur les derniers mots. Il avait passé des semaines à supporter Tom et ses sautes d'humeur dû à la drogue. Il ne comptait plus le nombre d'insultes que cela avait entraîné, ainsi que le nombre de bagarres. Il avait passé des heures à chercher le moindre sachet de poudre blanche caché dans leur appartement. Et pendant tout ce temps, Axel fournissait à Tom le moyen de se tuer à petit feu.

Ses poings se fermèrent d'eux-mêmes. Sa respiration s'accéléra tandis qu'il sentait ses ongles rentrer dans la chaires de ses paumes. Le reste du monde semblait avoir disparu. À ses yeux, il n'existait plus qu'Axel. Axel et son sourire suffisant. Axel et sa volonté de nuire encore et toujours aux autres. Axel et sa foutu héroïne. Il ne lui fallut pas plus de trois secondes pour rejoindre cet être exécrable qu'il haïssait probablement plus que tout. Il l'attrapa par le col de sa veste et, ne se décontenançant pas face à leur différence évidente de carrure, le frappa violemment au visage. Le châtain chancela sous le coup. Il se reprit rapidement et identifia son adversaire, peu surpris de se retrouver face à Bill Harkins. Il ne pensait pas que sa réaction serait si rapide. Il le frappa à son tour, les entraînant tous les deux dans un combat où chacun rendait coup pour coup. Les cris des trois filles finirent par attirer l'attention des autres étudiants, et bientôt un cercle se forma autour des deux adversaires, chacun encourageant son favori.

L'androgyne ne ressentait presque pas la douleur infligée par les poings d'Axel, aveuglé par sa rage. Il avait l'impression de ne plus contrôler ses actes, comme si son propre corps voulait faire payer à son adversaire chaque dispute qu'il avait eut avec Tom à cause de la drogue, chaque larme verser par le musicien, chaque dose que cet enfoiré avait pu vendre à son colocataire. Malgré sa force physique apparente, Axel commençait à plier sous la force et l'intensité des coups. Encore quelques micro-minutes, et il perdrait. Il le sentait.

Bill ne voyait pas les gens autour de lui. Il n'entendait pas non plus les encouragements qui lui étaient adressés. Il restait concentré sur ce visage qu'il rêvait de voir disparaître. Et puis Axel tomba à terre. L'androgyne l'attrapa violemment par les cheveux et s'apprêtait à lui donner le coup de grâce. Le poing levé, il allait le frapper une dernière fois lorsqu'une main entoura son poignet, le bloquant dans son geste. Son regard ombrageux chercha l'opportun et tomba finalement sur deux prunelles noisettes partagées entre fierté et détresse. Tom. Une partie de sa colère s'envola, inquiet à l'idée d'avoir fait quelque chose qui aurait pu froisser son ami. Il savait qu'il n'aurait pas dû intervenir dans cette histoire, mais il avait perdu son sang-froid. Une autre main glissa le long de son bras gauche. Des doigts tentèrent de décrisper les siens, l'incitant à libérer son adversaire.

- Lâche-le.
- Non.

Se rappelant qui il tenait à sa merci, Bill sentit son corps se tendre à nouveau, prêt pour un nouvel affrontement. Mais les mains de Tom ne le lâchaient pas. Il tenta de se dégager de son emprise, sans grande violence, mais son ami était aussi buté que lui.

- Lâche-le.
- Non.
-Pourquoi ?
- C'était lui ton fournisseur, n'est-ce pas ?

Les yeux du musicien s'ouvrirent plus grand, ne s'attendant pas du tout à ça. Une douce chaleur s'empara de son estomac tandis qu'une dizaine de scénarios se profilaient déjà dans son esprit. Il savait que ce n'était vraiment pas le moment de penser à ça, mais son cœur était resté bloqué sur le fait que Bill se battait pour lui.

- Oui, c'était lui. Mais il ne l'est plus. Tu le sais.
- C'est à cause de lui, tout ce qui nous est arrivé. Nos prises de tête, nos engueulades, ... Tout ça c'est de sa faute. A lui et sa putain de came !

Tom se mordit la lèvre, hésitant sur la marche à suivre. Il comprenait les raisons qui avaient poussé son ami à entamer un combat en plein couloir, mais il n'était pas sûr que ce soit l'endroit idéal pour parler de tout ça. Et pourtant, lui-même n'arrivait pas à détourner les yeux ni à relâcher sa prise sur les poignets de l'androgyne.

- Et ... C'est une mauvaise chose ?

Le brun fronça les sourcils, ne voyant pas où le guitariste voulait en venir.

- Comment ça ?
- Réfléchis. Sans cette drogue, tu n'aurais jamais cherché à me sauver. Donc on peut dire qu'on n'aurait jamais appris à se connaître.

Les yeux de l'androgyne se voilèrent légèrement tandis qu'il baissait la tête.

- C'est vraiment ce que tu penses ? Qu'on s'apprécie juste parce que j'ai fourré mon nez dans tes affaires ? Tu crois vraiment que sans tout ça, je n'aurai pas cherché à savoir qui tu es ?
- ... Non.

Les yeux toujours posés sur le sol, Bill relâcha finalement son adversaire, restant emprisonné des mains de Tom. Ce dernier poussa un soupir de soulagement, voyant déjà la fin de cette altercation se profiler. Il remonta ses mains le long des bras de l'androgyne avant de s'arrêter sur ses épaules. Il cherchait son regard, mais son ami s'obstinait à garder la tête basse, comme pris en faute. Il secoua légèrement la tête de gauche à droite faussement désespéré par le comportement enfantin de son vis-à-vis. Un sourire naquit sur ses lèvres avant qu'il ne prenne son Honey dans ses bras. Peu lui importait que son geste alimente encore plus les ragots ou que leur proximité dérange. Bill avait répondu à son étreinte, c'était tout ce qui lui importait.

- Mais qu'est-ce qui se passe ici ?

Comme il fallait s'en douter, un professeur avait finit par arriver, intrigué par l'attroupement d'élèves qui s'était formé en plein milieu du couloir. Les lycéens regagnaient leur classe respective, commentant avidement ce qu'ils venaient de voir. Tom profita du désordre pour entraîner son colocataire vers leur salle de cours, voulant lui éviter les ennuis que cette bagarre pourrait lui causer. Simples spectateurs, Georg et Gustav se demandaient quand est-ce que toute cette histoire prendrait fin. Plus les jours passaient et plus le comportement de leurs amis devenait ambigüe. Le nombre de rumeurs ne cessaient de croitre et rien ne leur assurait qu'elles conduiraient Bill sur le bon chemin. Comment être sûr qu'il ne s'éloignerait pas du guitariste par simple contradiction ? Ou pire encore, par peur. La seule certitude qu'avait Gustav, c'était que dans les deux cas, Tom serait le grand perdant.

- B & T -

Bill porta une main à son arcade sourcilière gauche, cherchant son pansement à tâtons. Suite à sa bagarre avec Axel, il n'était pas allé voir l'infirmière, Tom n'ayant pas voulu prendre le risque que leur altercation ne se poursuive entre les quatre murs blancs de l'infirmerie. Mais une fois le cours de philosophie terminé, le musicien l'avait entraîné jusqu'à leur appartement, séchant délibérément celui de mathématiques. L'androgyne n'allait pas s'en plaindre, mais son colocataire le couvait beaucoup trop à son goût. Il avait déjà connu bien pire qu'une arcade ouverte, des ecchymoses au visage et un poignet droit légèrement foulé.

- Arrête de le tripoter, tu vas finir par le décoller.

Le brun lui tira la langue pour toute réponse et se leva, quittant la chaleur de ces bras autour de son corps. Il se rendit à la cuisine, attrapa le premier paquet de céréales qui lui tomba sous la main et retourna dans le salon. Il revint repris sa place entre les bras de son colocataire et commença à manger négligemment ses boules de maïs soufflé. Il reporta ses yeux sur l'écran, sans vraiment trop y croire. Cette émission n'arriverait visiblement pas à le captiver. Il en allait de même pour son coussin improvisé si l'on en jugeait par son nombre de bâillements par minutes.

- Au fait Darling.
- Hm ?
- Je vais ressortir avec Sam.

Le musicien faillit sursauter à cette nouvelle mais se retint de justesse. Il ne comprenait pas cette soudaine envie mais n'était pas vraiment certain de vouloir en connaître la raison. Il préféra jouer la carte de l'indifférence :

- Ah oui ?
- Oui. Je crois ... que je devrai lui redonner une chance.

Tom serra les poings, priant pour que son colocataire ne détourne pas ses yeux de l'écran. Il n'était pas sûr de pouvoir expliquer de façon rationnel son aversion pour cette fille.

- Pourquoi tu ferais ça ? Elle t'a quand même trompé.
- Je sais mais ... ça m'emmerde d'être célibataire.
- Alors tu te rabats sur le premier lot de consolation qui passe ?
- C'est pas sympa pour elle.
- Je ne me rappelle pas que tu l'ais été lorsque tu nous parlais d'elle, ces derniers temps.

Bill ne trouva rien à redire. Tous deux savaient que Tom avait raison. Le guitariste commença à pianoter nerveusement avec ses doigts sur l'accoudoir. Il se retrouvait bloqué. S'il rappelait à l'androgyne l'état dans lequel il l'avait trouvé lorsqu'il avait appris les infidélités de Sam, il prenait le risque de lui remémorer aussi malencontreusement le reste de cette soirée. Et ça, il n'en était pas question. Pas après le discours que Bill lui avait tenu sur ses craintes de l'amour. Il préférait encore se contenter de son amitié plutôt que de ne plus avoir de lien avec lui.

Il maudit silencieusement son manque de courage, mais il savait pertinemment que cela ne changerait rien. Sa bonne humeur s'envola d'un coup. Il aurait beau faire n'importe quoi, Bill ne s'ouvrirait jamais à l'amour. Cette constatation le brisa un peu plus. Il se demanda l'espace d'un instant comment son Honey pouvait faire pour ne pas entendre les pleurs de son âme.

Son cœur se serra un peu plus lorsqu'il entendit le rire de Bill à ses oreilles. L'émission qu'ils regardaient devaient valoir quelque chose, finalement. Mais il n'avait plus envie de s'y intéresser. Il retint une larme, songeant que décidément, la vie était bien cruelle avec lui. Le matin même, elle lui redonnait espoir, et seulement quelques heures plus tard, elle lui reprenait, tout l'entraînant un peu plus dans son désespoir.

- B & T -

La nuit commençait à tomber, ce qui arrangeait bien ses affaires. Il ignorait ce qui se passerait si quelqu'un le reconnaissait, mais il pouvait déjà prédire l'interrogatoire dont il ferait l'objet. Il avait relever la capuche de son pull sur sa tête, cachant le plus possible son visage. Il avait pris soin de se changer après les cours, et était parti le plus discrètement possible. Il avait mis du temps à se décider, mais cela lui apparaissait de plus en plus comme une bonne chose. Il n'arriverait à rien par lui-même, par manque de temps et de moyen, et il doutait fortement que sa mère lui apporte une quelconque aide dans cette histoire. Encore faudrait-il qu'elle admette la réalité ...

Il sortie un plan de la ville de sa poche et le déplia encore une fois. Il n'était jamais venu dans cette partie de la ville, celle-ci n'ayant aucun attrait pour un adolescent de dix-sept ans. Aucune boutique de vêtements, aucun cinéma. Seulement des restaurant hors de prix et des tours plus hautes les unes que les autres, renfermant des centaines de bureaux. Il vérifia les coordonnées qu'il avait pris soin de noter et fut rassurer de voir qu'il avait finalement réussi à trouver la Grausberger strasse. Il remonta la rue puis s'arrêta finalement devant le numéro 221B. L'immeuble en face de lui ressemblait à tous les autres alentours. Il grimpa les trois marches menant à la porte d'entrée et hésita. La main sur la poignée, il n'était plus très sûr de lui. Sa volonté et sa détermination étaient parti en fumée, encore une fois. Et Bill n'était pas là pour l'encourager et le menacer de le frapper si jamais il ne se décidait pas. Il n'aurait peut-être pas dû insister pour y aller seul. Il inspira profondément puis franchit enfin le seuil du bâtiment. Hors de question qu'il renonce maintenant. Il referma la cloison de bois derrière lui. Il découvrit enfin son visage et laissa s'échapper ses dreads. Il était désormais face à un long couloir uniforme dont seules quelques portes closes brisaient la continuité. Il avança, lisant les noms inscrit sur les diverses portes. Il commençait à croire que ses informations étaient inexactes lorsqu'il le vit enfin :

Lothar Müller
Détective privé

Le musicien laissa échapper un soupire de soulagement. Il frappa à la porte et entra lorsque le propriétaire lui en donna l'autorisation. Tom s'attendait à trouver une pièce soigneusement rangée, dont chaque affaire élucidée et en cours se retrouverait triée et classée dans des classeurs sur des étagère. Au lieu de ça, des feuilles reposaient négligemment ça et là. Une paire de jumelles était accroché au porte-manteau, des tasses de café sales s'empilaient sur le bureau, entre plusieurs livres ouverts et divers journaux. Sur l'un d'eux, une boule de poiles brune était enroulée sur elle-même et ronronnait joyeusement. Le sol était jonché de papiers froissés. Seuls les trois diplômes accrochés au murs semblaient avoir échappé à l'ouragan qui était passé ici. On était bien loin des clichés diffusés dans les site-come sur les détectives privés.

- Bonjour ! Je peux faire quelque chose pour toi ?

Le guitariste sursauta et se retourna brusquement, une main posée sur son cœur. L'inconnu lui avait fichu la trouille de sa vie. Il ne l'avait pas entendu arriver. S'il s'agissait du détective, il venait de prouver sa capacité de discrétion. Lorsqu'il eut retrouvé une respiration normale, il demanda :

- Vous êtes Lothar Müller ?
- Lui-même. Qu'est-ce que je peux faire pour toi, gamin ?

Le nez de Tom se retroussa sous la contrariété. L'homme qu'il avait en face de lui ne devait pas avoir plus de vingt-cinq ans. Était-ce suffisant pour le traiter de « gamin » ? Il décida de ne pas répliquer et s'installa sur la chaise que le blond lui présentait. Le détective s'empara de la pile de documents qui monopolisait son propre siège et tourna sur lui-même, cherchant où déposer son fardeau. Il soupira puis les posa simplement sur le sol. Un peu plus ou un peu moins ...

Le détective pu enfin s'assoir. Il posa les pieds sur son bureau et poussa un soupir d'aise. Il croisa ses mains sous son menton, les coudes sur les accoudoirs, avant de commencer à fixer son hypothétique nouveau client. Qu'est-ce qu'un gosse même pas sortit du lycée pouvait bien lui vouloir ?

- Alors, qu'attends-tu de moi ?
- Je voudrai que vous retrouviez mon frère.


J'espère ne pas vous avoir déçue en décidant de mener mon histoire de cette façon. Bill aurait pu se souvenir maintenant, mais sa réaction n'aurait pas été positive. Et puis ce n'est pas comme ça que je vois le moment de la grande révélation :)

J'voulais juste aussi signaler à Draya Felton que je n'ai pas pu répondre à sa review T.T J'ai recommencé trois fois mais à chaque fois le site m'envoie chier et m'efface tout é.è