Hello !
Toujours merci à tous mes revieweurs (euses), vous survivez avec Athéna ?
Une conjonction maléfique se produit.
Bonne lecture !
Titre: Le pique-nique de la mort
Couple: Milo x Camus
Disclaimer: Tout à M.Kurumada, Shueisha, Toei. Bof !
Le pique-nique de la mort
Après des heures de lèche-vitrine, durant lesquelles Saori dépensa vingt fois le SMIC, et où Seiya portait de plus en plus de paquets, le déesse de la sagesse décida de pique-niquer " comme le premier venu " à la plage.
- Oh oui Saori, approuva un Pégase affamé, rouge et suant. Mais cherchons une plage reculée ! C'est mieux d'être dans un coin discret…
Cette allusion lourdaude à de possibles baisers électrisa une Athéna officiellement casée. Elle posa sa tête légère sur l'épaule du chevalier de bronze, décidée à le suivre jusqu'au bout du monde – en tout cas quelques kilomètres.
Pour leur plus grand bonheur, des passants leur indiquèrent un endroit à l'écart, petite plage peu touristique, qui pourrait convenir au projet des adolescents japonais.
Pour le plus grand malheur d'un autre couple, ils se dirigèrent vers cet endroit propice, après que Seiya se fut récolté un sac supplémentaire rempli de tous les accessoires indispensables à un pique-nique version " Saori Kido /Athéna ".
Camus du Verseau avait passé de longues minutes fatigantes à courser Milo du Scorpion, excellent nageur et vif comme un furet bourré de caféine.
Tout cela en prenant garde à de pas sortir le bas de son corps heureusement camouflé par la mer.
Il n'arriva à rien, sinon à faire hurler davantage le Grec de rire.
Choisissant une deuxième tactique, Camus porta alors la main à son front, endossant sans effort l'allure d'un homme torturé par une atroce souffrance.
Il poussa même le vice jusqu'à vaciller quelque peu.
Milo se retourna sur ce spectacle, qui fit battre aussitôt d'inquiétude son petit cœur amoureux.
- Chouchou ? cria le huitième Chevalier d'or en se rapprochant.
- Je crois que j'ai une insolation, marmonna traîtreusement le Verseau, qui guettait sous ses mèches bleu-vert dégoulinantes le scorpion en train d'être ferré par son hameçon perfide.
Milo gardait en effet un très mauvais souvenir de l'évanouissement de son amour sous le soleil brûlant de l'autoroute.
Il se précipita donc aux côtés d'un Camus qui avait raté sa vocation de comédien.
Arrivé à cinquante centimètres de lui, le Scorpion se mit à claquer des dents.
Baissant les yeux, il remarqua que l'eau gelait autour de lui, l'emprisonnant dans une petite gangue de glace.
Arborant un de ses rares sourires " dévoilant toutes ses dents blanches ", le Verseau se saisit d'un mouvement vif de son précieux maillot de bain, qu'il enfila discrètement sous le nez coulant de son naïf petit ami.
Un Milo à la peau virant au bleu fut libéré, la mer emportant une vague d'eau glacée en direction de baigneuses, qui refoulèrent vers le sable en piaillant " qu'il y avait des courants froids dans le coin ! ".
- Bien joué, chéri, admit sportivement le Grec en saisissant la main de son amant. Mais tu devrais faire attention tu sais…
- Attention à quoi ? s'intrigua Camus qui savourait sa victoire avec sa fierté native.
- A force de faire preuve de tant de ruse et de subtilité, nos pairs ne se poseront bientôt plus la question de savoir lequel de nous deux tient le rôle de la femme ! débita venimeusement le Scorpion.
Un cri de rage lui répondit.
- Je ne me laisse dominer par personne ! siffla le Français vexé. Pas même par toi.
- Je sais, je sais, ricana Milo, mais eux ne le savent pas ! Quoiqu'au lit, hum…
- Je te hais, Milo du Scorpion, souffla Camus avec un regard qui disait tout le contraire.
A l'hôtel " LE PETIT PRINCE ", les quatre Chevaliers de Bronze/Divins tenaient Table Ronde, ou plus précisément " conseil de guerre par terre dans la chambre d'Ikki et Shun ".
Un motif vital de la réunion était à l'ordre du jour : éviter le plus et le plus longtemps possible leur chère déesse Athéna.
Entraîné pour l'action, la baston et les " je tue d'abord et je pose les questions ensuite ", Ikki ne trouvait pas d'autre solution que de simuler un énième enlèvement de Saori, et de la garder quinze jours prisonnière, laissant pousser ses cheveux à l'ombre d'une cave comme on y ferait pousser des endives.
Il n'y aurait qu'à mettre le crime sur le dos du premier Dieu venu.
Hyoga penchait plutôt pour un cercueil de glace, dans lequel on laisserait mariner artistiquement Athéna un couple de semaines pour qu'elle en ressorte plus sage.
Cela fit hurler de rire les autres, jugeant – même le compatissant Shun – que des milliers d'années ne suffiraient pas à rendre sensée la divinité.
Ikki accusa en outre le Russe ne n'avoir aucune idée personnelle et de copier bassement celles de son maître.
Shiryu envisageait de retourner précocement au Sanctuaire, et de laisser Seiya se débrouiller avec la créature qu'il aimait tant.
Cette solution privait quand même les bronzes de vacances qu'ils estimaient bien gagnées à la sueur de leur front et au sang de leurs veines.
Ce fut le timide Shun qui émit l'idée la plus raisonnable et douce, bien que limitée dans le temps.
- Passons l'après-midi à la plage la moins connue de Sainte-Maxime !
- Comment ? interrogea Ikki avec la voix maternelle réservée à son seul petit frère.
- Athéna a été élevée dans le luxe. Elle va faire du shopping et parader sur la plage privée et chic de son hôtel quatre étoiles. Logiquement nous l'éviterons dans un endroit plus quelconque et isolé.
- Shun, tu es le cerveau de la Chevalerie, proféra admirativement le Phénix.
- Merci mon frère, rougit modestement Andromède.
A la réception de l'hôtel, on indiqua - avec une amabilité proportionnelle à la satisfaction d'avoir perdu la clientèle de Monsieur Seiya - une plage modeste aux adolescents chargés d'affaires de baignade.
Le groupe soulagé se dirigea paisiblement vers un endroit qui verrait une affluence inattendue en ce radieux jour estival.
Les deux maudits revinrent finalement ruisselants à leur pin parasol, et Camus se laissa tomber sur sa serviette en grimaçant.
Le sel marin piquait cruellement sa blessure rouverte.
Athéna ne s'était décidément pas beaucoup fatiguée, et avait bâclé le travail avec son sens du devoir ordinaire.
- Camus ! Tu saignes à nouveau ! s'affola un Milo bourrelé de remords.
- Ce n'est pas grave, assura le Verseau qui appartenait à cette catégorie de gens qui sont méticuleux à soigner leurs proches mais qui négligent leur propre santé.
- Et on a rien pour te désinfecter ! Tu n'as pas pris ta pharmacie…
- L'eau de mer guérit tout, affirma Camus.
- Je vais te soigner un peu avec mon cosmos, offrit le Scorpion.
- Surtout pas ! s'effraya le Français. Athéna va nous repérer si elle nous cherche.
Mettons à la décharge de la déesse que, sa main fine dans celle moite de Pégase, elle ne songeait plus du tout à espionner ses Chevaliers dorés.
Milo sacrifia alors dans un incommensurable élan d'amour le caleçon gris précité, le déchirant pour enrouler l'avant-bras de son compagnon d'un pansement original.
Son cœur froid touché par les attentions maladroites de Milo, Camus se retint de lui demander si ce sous-vêtement qui semblait avoir traîné des jours dans le sac de plage était propre.
A la place, il se fendit d'un deuxième sourire montrant ses dents – un record pour une seule journée – et fourra sa tête au creux de l'épaule de son infirmier bénévole.
- Tu es gentil Milo, souffla-t-il.
- C'est bien le moins alors que c'est ma faute ! gémit un Scorpion qui avait l'impression depuis le début de leurs vacances de voir le Verseau fondre comme la banquise sous les trous de la couche d'ozone.
Il avait eu raison d'être patient. Camus deviendrait presque sociable à long terme.
En tout cas, le bandage tenait.
- Ce n'est pas trop serré chouchou ?
- Non, c'est très bien.
- J'ai faim ! se plaignit alors le Grec. Tu sais quoi ? Je vais chercher un pique-nique.
- Bonne idée, agréa le Verseau.
Milo parti de l'argent plein les poches de son short, le onzième chevalier saisit sa biographie de Napoléon et se plongea dans cette saine lecture.
Un petit quart d'heure plus tard, le Chevalier du Scorpion revint chargé d'un gros sac, et étala des denrées alléchantes sur un drap de bains reconverti en nappe.
- Miam, miam, se pourlécha à l'avance Milo.
Ils en étaient à leur deuxième sandwich au poulet mayonnaise quand un " Ouh, ouh ! " retentissant leur fit redresser la tête.
Milo recracha une bouchée de poulet sur le sable, tandis que figé d'horreur, Camus en laissa tomber carrément son repas.
Athéna en personne s'avançait de façon menaçante, son enfantin visage radieux comme si elle retrouvait ses meilleurs amis au monde – c'était peut-être le cas pour elle, remarquez.
Seiya trottait sur ses talons, l'air ravi.
Tétanisés, les deux chevaliers étirèrent un sourire faux et complètement hypocrite.
- Je vois que vous avez eu la même idée que nous ! dit la réincarnation.
- Je… euh… oui, Déesse Athéna, grinça Camus.
- C'est vraiment un drôle de hasard, s'amusa Saori.
- C'est celaaaaaa, oui, marmonna le Verseau dans une autre obscure référence cinématographique, culturellement connue de lui seul.
- Pouvons-nous nous joindre à vous ? demanda alors courtoisement la déesse.
Comment refuser à celle qui restait leur divinité toute puissante, vénérée et crainte ?
Les deux hommes hochèrent donc en chœur la tête, leurs tripes leur enjoignant a contrario de fuir le plus loin possible.
Seiya se démena avec une célérité inhabituelle, étalant sur une vraie nappe en lin des sets de table garnis de dentelle, des assiettes en porcelaine, des couverts, et deux verres à pied que l'œil aigu du Verseau reconnurent fabriqués en cristal de Baccarat.
Il ajouta deux coussins en tissu coquettement fleuri, et disposa avec plus de goût que l'on aurait pu attendre de sa part un assortiment de sushis admirablement agréables à la vue mais onéreux, assortis de saké et de vin français.
La lecture discrète de l'étiquette fit s'étrangler Camus, féru d'œnologie et connaissant assez bien les prix de telles cuvées.
Un immense et délicat carton à pâtisserie fut placé dans l'ombre de la pinède, ne révélant pas encore son secret.
- Nous sommes tombés sur un " Take Away " japonais, puis sur une ravissante boutique avec tout pour la maison, et ensuite sur un fabuleux marchand de vins, informa Saori en s'asseyant gracieusement en face de Camus.
Le couple se doutait bien que tout ce coûteux bazar ne provenait pas de chez " Leclerc " mais se tut avec prudence.
- Tu oublie la pâtisserie, Saori, la meilleure de l'endroit ! compléta Pégase vautré en vis-à-vis de Milo.
- C'est vrai, Seiya. Nous avons eu de la chance de trouver tout ça.
De l'argent surtout.
Saori entama proprement un sushi, et sourit aux autres.
- Servez-vous, mes chers Chevaliers d'or, si vous le désirez.
Les deux européens n'y tenaient pas plus que ça, surtout Milo révulsé devant le poisson cru, pour les raisons que l'on sait.
Camus loucha par contre en direction du vin, ce qui fit s'empresser la déesse à lui en verser une bonne rasade dans son gobelet en plastique.
- Donne-moi ton avis, Camus du Verseau, je sais que tu es un connaisseur.
Le Français loua la cuvée avec des mots savants, Saori lui donna la réplique dans le même langage, élevant ainsi la conversation à un niveau inatteignable pour leurs petits amis, qui pour tuer le temps entre deux bouchées se mirent à causer vaguement de football.
Seiya et Milo étaient sans le savoir unis dans une pareille déception : chacun espérait rester seul avec sa moitié respective, et pas subir un pique-nique transformé en réunion mondaine.
Mais Saori était une déesse fort moderne.
Elle le prouva en embrassant audacieusement Seiya au vu et su des golds.
Camus en fit choir à nouveau le reste de son sandwich.
Milo ouvrit un large bec, et laissa lui aussi tomber sa proie, en l'occurrence une rondelle de chips poivre et sel.
- Mais… croassa-t-il.
- Depuis quand ? renchérit le Verseau.
Rose de plaisir, Saori redressa le buste, contente d'avoir produit son petit effet.
- Depuis hier. Shion et Dohko n'ont pas trouvé de règle pour m'en empêcher.
Les chevaliers du Verseau et du Scorpion songèrent incontinent que c'était une chose fort dommageable pour l'avenir du Sanctuaire.
La demi-heure suivante ne fut qu'une longue torture, les adolescents nouvellement promus couple s'essayant sans complexes à des petits jeux divers, dont celui d'arracher un morceau de nourriture à la bouche de l'autre.
Les deux chevaliers échangèrent un discret regard dégoûté, et Milo fit semblant de vomir, faisant ainsi échapper un " hppppp " des lèvres agitées de spasmes du Verseau.
Cela rappelait à Camus l'habitude qu'il avait jeune enfant, de dresser son chien à saisir le biscuit placé entre ses dents, jeu qui avait été stoppé par la découverte de sa gouvernante, qui avait cinglé froidement que " les chiens sont sales, Monsieur Camus, et que je ne vous y reprenne plus n'est-ce pas ? Sinon j'en aviserai vos parents ! ".
Comparé à un coup de langue de son cher épagneul breton, un échange de salive avec Athéna lui semblait pourtant bien plus ignoble.
Mais c'était là, il est vrai, uniquement le problème du Chevalier Pégase.
Ikki s'élança sur le sable, en une longue foulée enthousiaste qu'il regretterait dans moins de dix secondes.
La plage était petite, et le Phénix, sa trajectoire audacieuse ne pouvant plus être modifiée, tomba droit dans l'image du catalogue " Maisons et Jardins " recréée par Saori à l'ombre des pins parasols.
Statufié par une telle malchance, l'asocial bronze poussa la longue clameur funèbre du phénix agonisant, que la divine réincarnation prit pour un cri de joie.
Shun rentra dans le dos de son aîné, clamant un " Pardon mon frère ! " que le Phénix accorda sans hésiter. Ce n'était pas la faute d'Andromède si Saori était une cruche collante, snob et incompétente.
Hyoga verdit en apercevant Athéna, mais sourit en voyant son mentor en maillot de bain, et s'affala entre Milo et Camus, dégageant une bouffée de cosmos froid.
Shiryu, philosophiquement résigné à un destin cruel inscrit dans les étoiles, rampa discrètement derrière le trio " amant/maître/disciple " et se cacha d'emblée derrière une encyclopédie universelle conséquente.
- Au moins il y aura assez de gâteau pour tout le monde ! pépia une Athéna ravie de voir reconstituée sa cour de protecteurs.
Les quatre derniers chevaliers étaient piégés à leur tour…
