Guhmio : je crois qu'il est pas trop comme ça, en vrai. Haha. Mais bon. :D Merci beaucoup pour ta review !

Note : Comment je faisais pour update tous les jours ? What the hell, past me ?

Merci pour vos reviews, vous êtes cools ;; Je ne vais pas faire l'erreur de donner une date de sortie pour la suite, mais je me remets dans le bain donc ça devrait aller, je crois. :D


Lundi

Mon père a appelé. Non ; mon père a appelé ma sœur.

Je savais qu'il avait son numéro. Il ne me l'a jamais caché. Mais je n'aurais jamais cru qu'il finirait par l'utiliser ; il a le mien, après tout, il a même le fixe, alors quel intérêt ?

Question purement rhétorique.

Il ne voulait pas que je décroche à sa place, c'est tout. Il ne voulait peut-être pas me parler.

Quoi qu'il en soit, ma sœur et lui ont discuté si longtemps que j'ai cru qu'elle ne viendrait pas manger. Elle a fini par raccrocher une bonne heure après le début de l'appel.

« Ton père veut nous voir », a-t-elle dit, et sa voix ne reflétait aucune émotion particulière, ni colère ni anxiété, ni même un soupçon de résignation. Elle s'est assise et s'est mise à manger. J'ai cru qu'elle ne parlerait plus, mais elle a ajouté : « Il a déjà parlé à Yū. Il veut nous voir tous ensemble.

— Pourquoi ?

— Je suppose qu'il veut discuter.

— Et Yū a accepté ?

— Il est comme il est, mais il sait qu'il ne peut pas le balayer d'un revers de la main. Comme il refuse de le voir ici, il organisera ça chez lui. Samedi. Tu es d'accord ? »

C'est bien la première fois qu'on me demande mon avis.

La deuxième, en fait.

J'ai accepté. Je n'ai rien d'autre à faire.

Mardi

Onaga m'a invité chez lui, dimanche, pour Halloween. Il organise quelque chose avec des élèves de sa classe et quelques membres du club. Je n'irai sans doute pas. Je n'ai jamais su comment faire la fête.

J'ai cherché Bokuto-san et les autres, après les cours, mais je ne les ai pas trouvés. Je me demande si je les reverrai.

Mercredi

Je l'ai revu. Bokuto-san.

Kenma était là aussi, quelque part à l'arrière, occupé à jouer avec son téléphone portable. Kuroo se moquait de lui, je crois, comme à son habitude. Ça aurait peut-être dû me rendre triste. Ça m'a rendu heureux.

Soulagé, plutôt.

Bokuto-san me cherchait des yeux ; il a accouru vers moi dès que je suis entré dans son champ de vision. (Il était dans le mien depuis plus longtemps que ça.)

Je ne savais pas trop comment réagir, alors je n'ai rien fait. J'avais mal au ventre. J'avais peur qu'il m'en veuille.

Il ne m'en voulait pas.

Il m'a dit qu'il prévoyait une soirée film, pour Halloween, et qu'il aurait aimé que je vienne aussi. Ça m'a fait plaisir. Ça m'a un peu effrayé.

Alors j'ai décliné en prétextant une fête chez Onaga. Bokuto-san n'a pas vraiment semblé déçu. Il s'attendait à cette réponse ; Kuroo devait l'avoir prévenu.

Il m'a souri, avant de partir, et j'ai eu l'impression de ne plus l'avoir vu depuis des années.

Jeudi

Ma sœur a encore passé sa soirée au téléphone, avec Yū, cette fois. Elle n'avait pas l'air inquiète. Juste fatiguée.

Je peux comprendre. J'aimerais dormir jusqu'à lundi prochain. Je n'ai pas envie de savoir ce que le week-end me réserve. Ce que la vie me réserve. J'ai besoin de rêver encore un peu. De dormir un peu plus longtemps.

Vendredi

Aujourd'hui, je me suis perdu.

J'étais à l'entraînement, puis dans les vestiaires, puis j'étais au fond d'un konbini, devant un rayon rempli de confiseries, l'esprit ailleurs — je ne sais pas exactement où.

Quelqu'un m'a demandé si j'allais bien. J'ai hoché la tête sans trop y réfléchir. J'ai attrapé le paquet le plus proche de moi, puis je suis passé à la caisse, et je crois avoir pensé : « Je veux rentrer chez moi ».

Ma sœur a remarqué le paquet sur la table en revenant des cours. Elle m'a demandé si je les avais achetés. J'ai acquiescé. Elle a dit : « Maman m'en achetait toujours, quand j'étais petite. C'était mes préférés. »

C'était les miens aussi.

J'ai enfermé la boîte dans une armoire, loin des regards indiscrets. Je ne veux plus jamais la revoir.

Samedi

Je pars dans moins d'une heure. Comme ma sœur n'aime pas conduire, nous irons là-bas en train. J'aime bien voyager en train. Regarder le paysage. Ça apaiserait n'importe quelle tempête. Ça apaise la mienne.

Je ne suis pas sûr de prendre le journal avec moi. Je pourrais peut-être le remplir en rentrant. Il y a bien une heure de trajet.

Samedi

Je n'ai pas très envie de le revoir. Pas comme ça. Il a une idée en tête. Il va tout faire foirer.

Il va tout faire foirer.

Le train arrive à destination dans dix minutes. J'ai mal au ventre.

Samedi

J'ai été stupide.

Je ne sais pas quoi faire.

Elle est restée là-bas.

Je veux rentrer chez moi (je ne sais plus tout à fait où aller).

Dimanche

J'ai erré longtemps. J'ai froid aux mains. Je ne sais pas quoi faire. Je ne peux pas rentrer à l'appartement.

Je me suis arrêté dans un petit café, ce matin, mais je n'ai pas beaucoup d'argent avec moi.

Ma sœur va me tuer. Yū aussi, probablement.

J'ai envie de dormir. Il faut que je parte d'ici.

Le ciel est gris, désormais. Il va pleuvoir.

J'aurais besoin qu'il me guide. Qu'il m'envoie un ange à nouveau.

Dimanche

Je l'ai enfin trouvé.