On accueille Tillie 231 parmi nos nouveaux lecteurs.
Tillie 231: désolé si tu n'aimes pas Loki ou Jaime. Cependant nos personnages principaux restent Bilbo, Thorin et Smaug.
Chapitre 25
Famille, Famille
Bombur ne voulait pas se fatiguer à crier après tout le monde dans la maison. Aussi envoya-t-il un SMS groupé:
- C'est prêt. A table. - B
Aussitôt des bruits de pas résonnèrent dans toute la maison pour se rassembler dans la salle à manger. Bofur entra dans la cuisine pour venir chercher le pain et les boissons.
"Tout le monde est là ?" demanda le cuisinier en déballant le pain.
"Manque encore Béa, Lucas, le détective et Molly Hooper. Eve et John sont passés tout à l'heure. Un peu trop proches pour le goût de Peter et Fred. Combien tu paries que le repas va finir en champ de bataille ?" plaisanta le soldat
"Le premier qui utilise ma nourriture comme munition, je sers aux autres ses tripes." prévint calmement "son frère".
Bofur ne put s'empêcher de rire. Quand il était question de nourriture, Bombur restait Bombur.
"Ouvre-moi la porte. On va passer à table et tant pis pour les retardataires. Ils mangeront froids."
Bofur exécuta les ordres de son frère.
Dans la salle à manger, il semblait y avoir une discussion houleuse en cours. Il était vraiment temps de passer à table avant que les esprits ne s'échauffent. Quand Bombur entra, Eve était furibonde. Debout, près de l'entrée, elle était le centre d'attention de tout le monde. Elle affrontait ses "frères", le regard brûlant et déterminé. Ses cheveux échevelés lui donnaient un air farouche. Elle se tenait devant John Corcoran, prête à le défendre comme une louve défendrait ses petits.
"...tard pour jouer aux grands frères protecteurs. j'ai vingt-trois ans et je sais prendre soin de moi."
"Dwalin ! Ça ne te gêne pas de dévoyer une jeune fille ?" protesta Peter en s'adressant au vétéran en espérant faire appel à son bon sens.
"Peter ! Ca se passe entre vous et moi ! Ne parle pas comme si je n'étais pas là! Vous pourrez dire ce que vous voulez, rien ne me ferra renoncer à lui. Je ne vous demande pas votre bénédiction. Je souhaite seulement que vous acceptiez le fait qu'il fasse partie de ma vie."
Eve se tut et regarda longuement John qui n'osait rien dire. Si sa présence gênait Peter et Fred, s'ils devaient se fâcher avec leur "soeur", il s'en voudrait. Et puis, il était bien plus vieux qu'elle. Eve n'y pensait pas assez. Lui, il se devait d'être raisonnable pour deux, quand bien même la jeune femme lui était chère.
Eve comprit le cheminement de ses pensées. Elle ne pouvait pas laisser tout s'écrouler au moment où le bonheur était enfin à portée de main.
"Je suis déjà mort loin de lui. je l'ai déjà perdu une fois. Je l'ai pleuré pendant des années dans cette vie comme dans l'ancienne. Ne m'obligez pas à devoir choisir. Pas maintenant que je vois enfin le bout du tunnel."
Un calme subi s'abattit sur le groupe. Tout le monde, des Watson, Mitchell, Harry...jusqu'à Jaime, attendait le dénouement de cette crise.
"Tu es sûre de toi ?" demanda Fred d'une voix calme, posée comme sil n'y avait jamais eu de dispute.
Eve choisit de s'adresser à John.
"Ça n'a jamais été que toi. Ça ne sera jamais que toi." déclara-t-elle posément, toute trace de colère envolée.
Son silence attendait une réponse. John n'était pas un homme démonstratif mais il devait faire quelque chose pour ne pas briser la jeune femme. il leva la main et caressa sa joue. Il se rapprocha d'elle. Eve posa son front contre son épaule. Il embrassa son crâne avant d'entourer ses épaules de son bras. Le visage d'Eve en partie visible sembla se détendre totalement. Pour Fred, c'était suffisant. Et Peter dût se rendre à l'évidence.
"Tu es prêt à faire face, John ? Eve va changer beaucoup de choses dans ta vie. Ce n'est plus le Ori que tu as pu connaître. Tu auras de nouvelles responsabilités."
Eve et John, ainsi que les autres nains présents, comprirent ce qui venait de commencer par cette simple phrase. L'interrogatoire d'un prétendant par la famille marquait, chez les nains, le début des fiançailles. John s'inquièta de la réaction d'Eve. Et si ce n'était pas ce qu'elle voulait ? Il ne pouvait s'empêcher d'avoir peur...
Mais lorsqu'il sentit le bras d'Eve s'enrouler autour de sa taille, cette peur s'allégea. Ori l'avait attendu pendant des années, littéralement des siècles. Eve était son évidence.
"Quelles qu'elles soient, je les accepte ?"
"Tu t'engages sans vouloir en savoir plus ?" s'étonna Fred
"Je pense que cela ne regarde que nous deux. Nous apprendrons à nous connaître à nouveau."
Et dans son regard, il y avait une promesse tacite qui réchauffa la jeune femme.
Le calme dans la salle à manger était presque assourdissant.
Mary fut la première à réagir. Elle aussi connaissait les costumes des nains, quand bien même Thandruil avait méprisé le peuple khazad. Aujourd'hui, Eve était une amie qui venait de se fiancer. Il était normal qu'elle se réjouisse pour elle et qu'elle lui présente ses félicitations. Elle la prit dans ses bras.
"Tu vois, finalement, ça a marché. Je suis contente pour toi." lui chuchota-t-elle en l'embrassant.
A partir de ce moment, tout le monde sembla se réveiller et voulut féliciter ou charrier le couple, heureux qu'ils étaient de cette bonne nouvelle. Après tout, pour deux d'entre eux, leurs femmes étaient au loin et ils n'avaient pas forcément d'autres sujets de réjouissances.
"Je dois avoir une bouteille de champagne en réserve." annonça Bombur
"Gardons la pour plus tard, quand on aura eu Moriarty." déclara Dwalin sans lâcher Eve. Cette dernière partageait son avis. Elle n'aimait pas être au centre de l'attention, maintenant que l'adrénaline de la discussion avec ses frères était retombée.
"Sortez cette bouteille, Fiin." ordonna Jaime "Nous n'avons pas grand chose à fêter en ce moment."
"Béatrice sera contente de savoir que vous considérez son anniversaire comme pas grand chose." rappela Loki avec un sourire moqueur.
"Pourquoi parle-t-on de mon anniversaire ?" demanda justement la jeune femme qui venait de rentrer avec Lucas.
"On a juste des fiançailles à fêter." apprit Jaime
Lucas se prit les pieds dans le tapis et se rattrapa in extrémis au porte-manteau tandis que Béatrice blanchit. Pour se donner contenance, elle alla aider son compagnon.
"Tu n'aurais quand même pas pris le risque d'informer les autres sans connaître ma réponse ?" chuchota-t-elle avec un regard que Thorin avait appris à craindre.
"Tu m'excuseras de tenir un minimum à la vie. Je sors avec une folle furieuse qui peut à tout moment griller ma couverture auprès d'un réseau terroriste si je la contrarie. Alors non, je ne me serais pas vanté de notre futur mariage sans t'avoir même demandé si tu voulais un minimum devenir ma femme."répliqua-t-il amusé
"Tu as oublié de dire que la folle furieuse est aussi la déesse du sexe et de la débauche." ajouta Béatrice en embrassant l'arrête de sa mâchoire.
"Dis donc, vous deux, c'est quoi ces messes basses ?" demanda Jaime
Béatrice se redressa avec un sourire innocent qui ressemblait un peu trop à celui de Loki. Elle se rapprocha de Jaime tranquillement et l'embrassa sur la joue.
"Je rappelais juste à Lucas la raclée que je lui ai mise aujourd'hui. Tu parlais de fiançailles..." rappela-t-elle pour éloigner son ex d'un sujet qu'elle préférait taire.
"Eve et John sautent le pas." déclara-t-il
"Non ? Eh bien, Eve ne perd pas de temps. Elle a rondement mené son affaire!" s'étonna-t-elle
Lucas dut se retenir de rire. Béatrice était toujours à l'aise et savait mener son monde par le bout du nez. Il la regarda se précipiter sur son amie pour lui adresser des félicitations mêlant distinction et chaleur, typiques d'un parfait hobbit.
John remarqua le sourire tendre que son ancien monarque arborait sans s'en rendre compte. Il laissa sa fiancée en compagnies de ses amies. Sans cesser de discuter, Eve lui lança un regard interrogateur auquel il répondit par un léger haussement d'épaules et en hochant la tête en direction de Lucas. Eve le comprit et hocha la tête. Comment une jeune femme comme elle pouvait-elle le comprendre aussi vite et aussi bien ? Ils communiquaient déjà comme si cela faisait des années qu'ils vivaient ensemble. Il relâcha le petit corps chaud et rejoignit son chef pour le questionner. mais ce fut Lucas qui lui coupa l'herbe sous le pied.
" Alors, c'est terminé les soirées pub-rugby?" se moqua-t-il gentiment "Tu t'es laissé mettre le grappin dessus ?"
"Tu peux parler! Pas très discret, ton petit sourire. De même que votre tête à tous les deux, tu sais cette tête qui dit "je viens de prendre un pied d'enfer en baisant avec ma copine". Ça sera bientôt votre tour. Et puis, ça fait bien assez longtemps que vous attendez." jugea Dwalin en pensant aux années que les deux jeunes gens avaient perdu autrefois. Lucas risquait à nouveau de laisser sa peau dans cette mission. Quant à Béatrice, cette dernière n'avait pas non plus le sens des responsabilités quand il s'agissait de sa sécurité.
Lucas tenait sa langue. Tant que Béatrice ne lui demanderait pas de rendre public leur décision, il ne dirait rien. De plus, ils n'allaient pas voler la vedette à l'heureux couple. C'était un peu surprenant de la part de John de s'engager aussi rapidement, lui qui avait toujours une attitude méfiante. Il n'avait jamais évoqué le petit scribe. Lucas pensait qu'il serait resté célibataire. John était un endurci qui vivait seul depuis longtemps, s'étant toujours consacré à sa carrière. Il ne lui avait jamais connu de femme.
"On verra d'abord comment ça se passe pour vous. Si ça s'avère être un champ de bataille, on fera marche arrière." plaisanta Lucas en tapant l'épaule de son ami et en le ramenant vers le groupe.
Aussitôt Harry et Mitchell les harponnèrent.
"Comment tu peux me trahir comme ça, Johnny ?" se plaignit Harry en prenant une mimique de diva "D'abord Mitchell, puis toi. Bientôt, Lucas va y passer. Même le lézard semble bien parti pour avoir un fil à la patte ! C'est un complot ma parole !"
Béatrice, qui était curieuse, s'accrocha au cou de Harry pour le taquiner.
"Serais-tu jaloux, mon petit Fili ?" se moqua-t-elle
"Ah non ! Ne m'approche pas! Tu vas me contaminer!" protesta-t-il faussement
Mais le jeune homme se joignit aux rires que provoqua sa réponse. c'était un moment simple, un moment heureux pour eux qui vivaient la peur au ventre et l'adrénaline courant dans leurs veines à longueur de journée.
Ils perçurent rapidement le bruit d'une voiture qui entrait assez vite dans la cour. personne ne venait et ne devait venir les voir. Avant que les réflexes de chacun ne prennent le dessus, Béatrice rassura tout le monde:
"C'est Sherlock et Molly. je reconnaîtrais le bruit des pneus de la voiture de Molly entre tous."
"Comment tu sais ça ?" s'étonna Lucas
"Non! Surtout ne l'entraîne pas sur ce terrain, Lucas ! Tu n'as pas fini d'entendre ses explications sur les frottements des pneus sur le vol ou comment le bruit des suspensions te permettait de reconnaître la voiture de Molly." se moqua gentiment John
"Mauvais joueur va! Il n'y a que Molly qui possède un modèle Toyota avec suspension hydraulique, donc oui, forcément c'était facile de savoir que c'était eux, non pas à cause du bruit, mais simplement parce que, si tu avais regardé dans la cour, tu aurais vu qu'il manquait une voiture et par simple déduction, tu aurais remarqué que c'est celle de Molly."
"Tu pouvais aussi respirer pendant ton explication, tu sais. Tu es sûre de n'être que la cousine de Sherlock et pas sa jumelle ?"
"Je suis blonde! Et fière de l'être!"
"Je me disais bien qu'il te manquait des neurones."
"Chéri, sous-entendrais-tu que nous autres, blondes, sommes des idiotes ?" susurra Mary avec un regard étincelant de malice.
John battit prudemment en retraite.
"Je serais le roi des crétins si je disais cela. Après tout, je suis châtain blond." se rattrapa-t-il
"Tu es un blond qui ne s'assume pas !" se moqua Béatrice
"Je suis un châtain qui se souvient très bien de tes points faibles, Béa. Si tu ne veux pas que je raconte à tout le monde l'épisode de la sauce tomate, réfléchis et choisis avec précaution les cibles de tes blagues."
"Ok! je me couche!"déclara-t-elle précipitamment.
La porte d'entrée claqua, sauvant la journaliste de questions embarrassantes. Son cousin, par contre...
Mais lorsque Sherlock et Molly rentrèrent, tout le monde remarqua ce qui avait changé chez Sherlock. Figés, ils n'eurent sur le moment aucune réaction, mis à part Loki.
"Loin de moi de vouloir offenser vos représentants médicaux, mais ceci est un cas pour moi. Vous permettez que je vous examine ?" demanda-t-il au détective
"Ce ne serait pas de refus." soupira de soulagement le détective.
Sherlock s'assit sur une chaise. Molly resta à ses côtés, une main dans la sienne tandis que Loki auscultait la réincarnation du dragon, lui faisant tourner la tête, suivre du regard son doigt, tirer la langue. Quand il fit rouler les muscles de Sherlock, ce dernier poussa un grognement de douleur qui fit reculer tout le monde. Le détective refoula dans une pièce reculée de son palais mental la peine que cela lui causa. Mais Molly était restée là, à côté de lui, surprise mais pas effrayée.
"Vous avez eu de la chance." déclara Loki "C'est une puissante émotion refoulée qui a provoqué le début de la transformation. je ne sais pas comment vous avez pu l'arrêter, mais c'était tout juste. La prochaine fois, ne refoulez rien. Et s'il doit y avoir transformation, ne la repoussez pas car plus vous retarderez le changement, plus il sera douloureux. N'oubliez pas que vous pourrez redevenir humain."
"On ne pourra plus l'éviter, alors ?"
"Non. Je pense même que vous attendez depuis trop longtemps." répondit Loki
Béatrice se rapprocha de son cousin. Lucas resta silencieux, même si son instinct le poussait à protéger la jeune femme en l'éloignant de la source de danger que représentait désormais le détective.
La journaliste vint s'asseoir auprès de Sherlock, son cousin, non, son frère. Smaug et elle avaient longtemps été deux contre le reste du monde. Sherlock ne montra aucune émotion quand elle posa sa tête sur son épaule.
"Je te couvre." se contenta-t-elle de lui dire.
Et elle regardait Jaime avec un air de défi. Ce dernier leva les yeux au ciel.
"Je comprends mieux maintenant pourquoi Fury et Stark n'ont pas insisté quand tu as dis non."
"Détrompe-toi: ils ont insisté. Alors, j'ai sorti mes dossiers."
Jaime resta silencieux un moment.
"Tu te feras tuer un jour." lui répondit-il
"Sauf si je continues d'assurer mes arrières, comme je l'ai toujours fait." répliqua-t-elle avec assurance "Alors ?"
Jaime soupira en levant les yeux au ciel.
"Depuis le temps, tu dois avoir accumuler tellement de choses contre moi..."
"Je ne suis pas obligée de les utiliser, Jaime."
Il y eut un moment de silence.
"Ce qui se passe en Écosse restera en Écosse." promit-il
Mais ce n'était pas suffisant pour Béatrice.
"je sais comment fonctionne le gouvernement britannique. Je sais, nous savons tous ce qu'ils ont fait à Alan Turing."
"Sa condamnation..."
"Je ne parle pas seulement de cela, Jaime. Ils ont mis fin au programme en interdisant aux membres de l'équipe d'avoir le moindre contact. J'espère pour vous que ce n'est pas dans leurs intentions. Dans le cas contraire, vous n'aurez comme autre solution de nous interner ou de nous abattre, car nous ne vous laisserons pas nous séparer." déclara-t-elle froidement.
"C'est une menace ?" s'enquit calmement Jaime
Béatrice regarda chacun d'entre eux. Lucas la rejoignit et posa sa main sur son épaule.
"C'est une promesse." assura-t-il
Jaime sentit rapidement les regards de chacun se poser sur lui, silencieux mais porteurs du même serment.
"Nous sommes liés à travers les âges. Si même la mort n'a pu nous séparer, ce ne sont pas les hommes qui y parviendront." répliqua Mitchell "Ne pariez pas contre nous, sinon nous allons vraiment vous rendre la vie impossible." "De plus," ajouta Harry "Sauron n'est pas le seul danger qui ait pu se réincarner."
Jaime les regarda tous en haussant un sourcil. Béatrice se leva.
"Protège, Sherlock. Et nous répondrons présents quand vous aurez besoin de nous. menac le moindre d'entre nous, et nous règlerons nos comptes sans aucun égard pour ce monde." prévint-elle
Son regard était glacial. Jamais elle n'avait ainsi regardé son ancien amant. Il ne laissait aucun doute sur le fait qu'elle n'hésiterait pas à mettre en application ses menaces.
"J'ai déjà connu deux guerres, Jaime. Et j'ai appris qu'on n'était jamais aussi noir ou aussi blanc qu'on voulait bien le faire croire. Tu n'es pas pieds et poings liés. Regarde Mycroft: il nous a toujours protégés. Alors, je te le demande: que vas-tu faire ? Trahir ton équipe au profit de puissants qui auront tôt fait de te reléguer dans quelques coins obscures pour s'attribuer tes mérites ou rester notre ami et notre allié ?"
Elle n'en ajouta pas plus mais sa main chercha celle de Lucas. L'agent ne la laissa pas longtemps dans l'attente. leurs doigts se mêlèrent. Ils avaient trop longtemps soufferts chacun de leur côté, seuls, pour laisser quiconque leur voler leur seconde chance.
Jaime le vit. Lorsque Mycroft Holmes l'avait contacté pour mener à bien cette mission, il n'avait pas compris pourquoi il avait été choisi lui plutôt qu'un autre. Maintenant, il savait. La loyauté et le secret. Deux choses qu'il avait appris à respecter à tout prix, à placer au-dessus du reste. La loyauté, il l'avait apprise au prix fort, quand son frère avait été accusé à tort de trahison par l'armée. Tyrion avait été trahi par la femme qu'il aimait. Jaime lui avait évité la prison mais Tyrion avait été détruit par la trahison de Shae. Jaime ne souhaitait cela à personne. Quant aux secrets, il était dans l'armée. Et surtout, il avait gardé pendant plus d'un an le silence sur sa relation avec Arya Stark afin de la protéger. Encore maintenant, seul leur entourage proche était au courant que ces deux-là, si opposés, formaient un couple depuis plus de quatre ans.
Incroyablement calme, malgré l'ambiance tendue de la pièce, Jaime s'assit dans un fauteuil avec nonchalance.
"Franchement Béa, tu ne crois pas que j'ai déjà pris toutes ces informations en compte ? Les gouvernements peuvent aller se faire foutre. Si l'on veut le respect d'un militaire, et qui plus est d'un Lannister, il faut être un homme, ou une femme, à poigne. Pour faire simple, la majorité des personnes que je respecte sont dans cette pièce. Vous avez le vrai pouvoir. C'est donc avec vous que je me tiendrai."
Béatrice lui offrit un sourire moqueur avant de se tourner vers Sherlock.
"Molly va pouvoir se rincer l'oeil. On va dehors. Tu vas nous montrer un peu de quoi tu es capable, mon lézard." le taquina-t-elle pour le soutenir.
"North, si vous me traitez encore de limace, je fais rôtir vos testicules." prévint Sherlock
Mais sa voix avait perdu de sa superbe. Il était essoufflé. De nouveau, il luttait pour conserver le contrôle de son corps. le détective se releva à l'aide de Greg et de John qui l'aidèrent à marcher jusqu'à l'entrée.
"Loki ?"
Le dieu de la malice se tourna vers son amie. Béatrice avait un visage livide et la peur aux yeux.
"Va-t-il souffrir ?" demanda-t-elle
Loki n'avait jamais vu la peur dans le regard de Béatrice. Et ce n'était pas quelque chose qu'il aurait voulu voir.
"Je ne suis pas un changeur de peau, je ne pourrais pas te répondre. c'était un dragon, Béa. Passer d'un corps humain, sans pouvoir, à celui d'un grand vers ne se fera pas sans douleur."
"Mais...pourquoi maintenant ? Pourquoi ne parvient-il pas à contenir ses pouvoirs ?"
"Il peut y avoir deux raisons: une simple réaction physiologique, comme le désir, qui entraînerait toute une série de perturbations d'autant plus si Sherlock n'est pas habitué à ce genre de réaction. Ou la présence de Sauron dans les parages. C'est un humain mais il dégage... une trace puissante de ce qu'il était."
"S'il s'agissait de Sauron ? Tu crois qu'il pourrait soumettre Sherlock ?" s'inquiéta aussitôt la jeune femme.
"Sherlock est fort. Il a son palais mental pour lutter. Ses souvenirs sont son armure, Béatrice. Pour soumettre quelqu'un mentalement parlant, il faut que cette personne soit fragilisée, en proie au tourment. Ce n'est pas son cas."
"Sauron aussi est fort, Loki. Il a brisé des hommes plus puissants que Sherlock."
"Ces hommes étaient seuls et cupides. Et Sherlock n'est pas un homme ordinaire. il n'est pas seul comme j'ai pu l'être. Il n'est pas seul." répéta-t-il en posant ses mains sur ses bras.
"Il n'est pas seul." répéta Béatrice.
"Vous êtes une famille, forte et unie, bruyante mais aimante." ajouta le dieu de la malice
Béatrice mit ses mains sur les siennes.
"Nous sommes une famille." répéta-t-elle en le regardant dans les yeux.
Loki sourit en l'embrassant sur le front. Il regarda ensuite Lucas tandis que Béatrice l'étreignait contre elle. Dans ses yeux, il y avait une promesse de vengeance, s'il venait à faire souffrir Bilbo.
Il m'aura fallu un après-midi pour terminer ce chapitre et toute la nuit pour poster ce nouveau chapitre, mais je l'ai fait. Un avis ?
