Disclaimer : les persos ne sont pas à moi et je ne me fais pas d'argent avec cette fic
Nda : Cette fic avait été écrite en réponse à un défi de Kokoroyume, il y a de cela un petit moment, bien avant la sortie du dernier tome. Elle suit donc l'avant dernier tome d'Harry Potter.
Nda 2 : Un énorme merci aux personnes auxquelles je n'ai malheureusement pas eu le temps de répondre personnellement, je le ferai sans tarder !! Merci merci merci et plein de bisous pour vos gentilles reviews !!
Chapitre
XXV
L'AUBE DE LA GUERRE
« N.D.A. : Dans ce
chapitre, et les suivants concernant Sev et Harry, vous aurez le
point de vue des deux protagonistes en même temps. Comme ils
sont liés à présent, je me suis dit que ça
pourrait être sympa de continuer sur ce ton là.
»
Severus et Harry écoutaient fébrilement
ce qui se passaient de l'autre côté de la porte. Des
bruits de pas se rapprochaient. Ils se précipitèrent
dans la chambre de Severus et se jetèrent dans la cheminée.
-
Salle commune griffondor !
Pas de bruit ici. Severus avait ceint
autour de sa taille une bourse assez grande pour y glisser la Boule
du Sphinx.
- J'y vais, chuchota Harry, attends-moi ici !
Il
fila vers les dortoirs. Fouilla dans sa malle. Merde, où était
passée cette fichue cape ? Sa cicatrice le brûla un bref
instant. Il avait senti la colère de Voldemort cette nuit.
Pour lui avoir pris définitivement Severus. Il était
devenu fou de rage.
Il farfouilla un moment, puis se rappela que
Ron la lui avait demandé la veille. Elle devait être
dans sa chambre ! Un froissement le fit bondir, baguette à la
main. Il se tourna, haletant. Rien. Son imagination ?
Encore le
même bruit. Le cœur battant, Harry s'approcha d'un des
lits. La couverture bougea. Il pointa sa baguette vers le dessous du
lit. Un faible croassement le fit se figer sur place. Un croassement…
?
- Trevor… ?
Il vit le crapaud s'extirper avec difficulté
de l'amas de draps.
- Mon pauvre, Neville doit être si
inquiet !
Il prit l'animal dans ses bras, et partit rejoindre
Severus à toute allure.
- Elle est dans la chambre de Ron.
- Allons-y ensemble, et après on file immédiatement.
Il a une cheminée au moins ? Demanda le professeur.
- Oui,
oui.
Ils avancèrent jusque la porte. Pas de bruits.
Severus l'entrouvrit légèrement, risquant un œil au
dehors. Il fit signe à Harry de le suivre. Ils se faufilèrent
dans le couloir. Des éclats de voix parvinrent à eux,
et ils hâtèrent le pas. La chambre de Ron ne se trouvait
pas loin. Mais il n'y avait qu'une issue. S'ils y croisaient un
détraqueur ou un mangemort, ils étaient cuits. Trevor
tremblait dans les bras du griffondor. Il caressa sa peau rugueuse
pour le calmer un peu.
Ils passèrent devant la salle
de bain des préfets, et débouchèrent dans le
couloir des chambres réservées à ces derniers.
Des talons claquèrent derrière eux.
- Alors comme
ça, on se laisse prendre dans les filets de Potter junior ?
Susurra une voix mielleuse.
Severus se retourna d'un bond.
-
Lucius…
Ce dernier lui fit un sourire amer.
- Et oui… Je
suis celui qui doit te faire payer… Ainsi en a décidé
le Seigneur des Ténèbres. Il est tellement furieux, tu
ne peux imaginer… Regarde ça, j'ai fait les frais de sa
colère cette nuit, après que les détraqueurs
m'aient emmené à lui.
Ignorant Harry, Malefoy
déboutonna doucement sa robe, puis souleva sa chemise en
grimaçant. Son ventre et son torse, lacérés,
n'étaient plus qu'un amas sanguinolent.
Severus fit un
pas vers lui, hésitant.
- Je vais te guérir, tu ne
peux pas rester comme ça.
Harry se raidit. Que racontait-il
? Guérir cet enfoiré ? Il était devenu fou ?
-
Severus, on n'a pas le temps ! Ils vont arriver ! Qu'est-ce qui
te prend ?
- Sev, il a tué Narcissa, et Draco est
probablement mort. Il ne me reste rien. Je sais qu'il m'achèvera
quand je t'aurais éliminé. Belatrix est morte, elle
aussi. Je l'ai étranglée de mes propres mains.
-
Qu'est-ce que tu racontes ? Tu es… tu es…
Un sourire
inquiétant s'afficha sur le visage émacié de
Malefoy Senior.
- Tu trouves que j'ai l'air fou ? J'ai vu
mon visage dans un miroir. Je te l'accorde, j'ai une petite mine.
Mais avoir passé autant de mois à Azkaban, ça ne
rajeunit pas un homme, Sev… Une petite chose, c'est Bellatrix qui
a poussé Narcissa à faire le serment inviolable. Elle
portait de tels soupçons sur toi… Qu'elle a convaincu ma
pauvre femme de faire ceci pour que tu protèges Draco. Bien
sûr, elle n'a jamais rien eu à faire de son neveu. Il
n'y avait que toi. Elle était jalouse de toi cette folle,
jalouse au point de blesser mon fils. Elle a eu ce qu'elle voulait
finalement. J'ai su ce qui s'était passé cette
nuit. Je l'ai vu jubiler alors que notre maître hurlait de
rage contre toi… Alors, quand elle est venue me voir pour afficher
son triomphe, je l'ai étranglée, à mains nues.
Je ne la supportais plus, Severus.
Harry se rapprocha de Severus,
posant une main sur son bras, la baguette pointée sur
Malefoy.
- Je vais vous faire payer. À cause de vous, Draco
a souffert énormément. Physiquement et moralement. Les
gens comme vous ne devraient pas avoir d'enfant ! Vous l'avez
offert en pâture à ce monstre ! Vous êtes ignoble
!
- Potter, ta grandeur d'âme t'honore ! Mais tu
devrais savoir que tout n'est pas blanc ou noir dans la vie ! C'est
bon pour les gosses ! Draco est comme moi. Il a voulu profiter des
opportunités au bon moment. Mais ça n'a pas joué
en sa faveur ! Tout simplement. S'il n'avait vraiment pas voulu
de la Marque des Ténèbres, il aurait pu s'enfuir à
tout moment. Or, il ne l'a pas fait.
- Il n'a pas eu le choix,
cracha Harry avec mépris.
Lucius regarda Severus fixement,
puis ses yeux de glace se reposèrent sur Harry.
- Si.
Chacun a le choix Potter. Chaque personne qui compose ce monde a le
choix.
Il fut coupé par une quinte de toux qui le fit se
plier en deux. Du sang s'écrasa en gerbe sur le sol. Severus
se précipita sur le blond, l'aidant à se redresser.
Harry lui jeta un regard indigné.
- N'oublie pas qu'il
a eu une vie avant toi Potter ! Jeta Malefoy avec difficulté.
Il pointa faiblement sa baguette sur Severus.
- Je n'en ai
plus pour longtemps, tu sais ? J'aurais voulu lui obéir
jusqu'à la fin, même après tout le mal qu'il
m'a fait. Tu comprends, Severus ?
Le regard d'ébène
s'assombrit plus encore.
- Plus maintenant. Non, je ne le
voudrais plus.
Un sourire fatigué détendit un peu
les traits du mangemort.
- Tu mens, je le sais. Qui d'autre que
lui peut nous faire ressentir un tel panel d'émotions ?
Depuis notre première rencontre, je l'ai aimé
totalement. Entièrement. Toi aussi, tu l'aimes toujours
n'est-ce pas ? Qui pourrait ne plus rien ressentir pour lui ?
-
Tu te trompes. Il a réussi à me faire oublier jusqu'à
la racine de ce mot. Amour. Foutaises. Je ne ressens plus rien de ce
genre depuis des années. Depuis plus de vingt ans, j'ai
oublié toutes ces impressions ridicules et inutiles. Alors,
comment peux-tu croire que je pourrais encore avoir envie d'être
auprès de Lui ? Tu me déçois Lucius. Je pensais
que tu me connaissais mieux que ça.
Le cœur d'Harry se
serra. Les paroles de Dumbledore lui traversèrent l'esprit.
« Tout le monde a le droit d'aimer et d'être aimé,
Harry. »
L'ex-espion avait pointé sa baguette
sur la poitrine de Lucius, l'air indifférent. Ce dernier
semblait le supplier du regard. Il avait lâché sa
baguette, et soupira :
- Sev… Tu as toujours été…
cruel…
- Adava Kedavra.
- Non !! Balbutia Harry.
Severus
lâcha le corps sans vie.
- Tu aurais préféré
qu'il nous tue ?
- Mais, il ne l'aurait pas fait, tu as bien
vu dans quel état il était !
Trevor lança un
croassement indigné. Harry le serrait un peu trop fort, choqué
par ce à quoi il venait d'assister.
Severus s'approcha
de lui, l'air indifférent.
- Bon, on ne va pas y passer
la journée. Lucius s'est mis en travers de notre route. Il
était nuisible. Je m'en suis débarrassé. Point
barre. Viens maintenant.
Il prit Harry par la main et l'entraîna
dans la chambre du rouquin. La cape était sur le lit, bien en
évidence. Une chance que personne ne l'ait récupérée
avant eux.
Le griffondor la prit d'une main tremblante. Il
était bouleversé. Il savait à quel point Malefoy
et Severus avaient été proches. Le voir tuer si
froidement son ancien meilleur ami avait été très
rude. Qui savait jusqu'où l'homme pouvait aller ?
La
porte s'ouvrit brusquement. Severus se précipita devant
Harry, le repoussant vers la cheminée.
Un détraqueur.
L'être s'approcha d'eux à toute vitesse, et
Severus brandit sa baguette.
- Expelliarmus !
La créature
battit légèrement en retraite, mais se redressa
rapidement. Harry ne comprit pas le sort suivant, mais le détraqueur
sembla se glacer sur place.
- Allez, vite !! Il n'entendra pas
notre destination, vas-y !
Ils foncèrent, et se
retrouvèrent dans le salon des Blacks. Le cœur d'Harry
battait à tout rompre. Trevor lui échappa des mains, et
sautilla jusqu'à la porte ouverte.
- Trevor !!
Neville
apparut, le crapaud dans les mains. Il écarquilla les yeux
devant Harry.
- Hey, ça va ? On dirait que tu as vu un
fantôme ?
- Je… ça va, oui, ça va.
Severus
sortit de la pièce, les laissant ensemble. Il monta dans la
chambre du jeune homme, déposa son précieux butin dans
un coffre ensorcelé, et s'assit sur un fauteuil. Non, tuer
Lucius ne lui avait fait ni chaud ni froid. De toute façon, il
allait mourir. Il avait simplement abrégé ses
souffrances. C'était quand même gentil de sa part !
Même si Harry avait tout vu de sa vie, il ne pouvait pas
comprendre. Le sort des gens ne l'affectait en aucune manière.
Seul lui importait Dumbledore. Lui arracher la vie avait été
la pire des expériences. Maintenant, il pourrait tuer
froidement n'importe qui d'autre, cela ne changerait rien.
Harry
était le seul, finalement, qui l'obnubilait maintenant. Il
le protégerait à tout prix. Parce qu'il lui
appartenait. Et parce qu'il avait réussi à lui rendre
certaines émotions au fil des années. La colère,
l'ironie, l'inquiétude… Cet enfant lui en avait fait
voir de toutes les couleurs, et grâce à lui, il avait de
nouveau ressentit ces émotions enfouies au plus profond de
lui. Et maintenant… Il ne savait pas ce qu'il éprouvait
exactement. Cela l'embarrassait. Savoir qu'il venait de
traumatiser le jeune homme le rendait furieux contre lui-même.
Deux
fois.
Harry
l'avait vu tuer deux fois.
Il s'enfonça dans le
fauteuil. Avant, cela ne lui aurait fait ni chaud ni froid.
Maintenant, ces sentiments qui l'oppressaient commençaient à
le rendre fou.
Non, il n'était pas… Impossible,
insensé… Le griffondor l'attirait c'était tout.
Il devait le protéger. Tuer pour lui. Rien de plus. Il ne se
rappelait même plus les sentiments qu'il avait eu pour Lily.
Si sentiments il y avait eu. Réellement. Après tout,
les émois d'adolescents n'étaient que pure
stupidité.
Il en était là de ces
réflexions lorsque la porte s'ouvrit brutalement. Harry, les
yeux rougis, claqua la porte derrière lui. Il resta debout
face à Severus, l'esprit brumeux.
- Qu'y a-t-il ?
-
Je ne veux plus que tu fasses ça. Ce genre de chose… C'était
ignoble.
- C'est un ordre ?
Harry se mordit la lèvre.
Il baissa le visage, confus.
- Oui. Tu ne dois plus tuer personne.
Sauf… sauf en cas d'urgence. Pour protéger quelqu'un par
exemple, et parce que tu ne peux vraiment pas faire autrement.
Il
détestait la simple idée de lui dire ce genre de chose
pour qu'il n'ait plus à le faire.
- Bien. Je ferais
tout ce que tu me diras.
Il se leva du fauteuil et accula Harry
contre le lit. Il prit son menton entre deux doigts, et approcha son
visage, un sourire malsain aux lèvres.
- Tout. Si tu veux
que je t'aime, je le ferais aussi. Tout ce que tu m'ordonneras.
Les yeux verts semblaient prêts à déborder.
Harry voulut se détacher de lui, sans succès. Severus
avait attrapé ses bras, et le maintenait serré contre
lui.
- Demande-moi Harry. Tu sais bien que je ne mens pas.
-
Lâche-moi ! Laisse-moi tranquille, pourquoi tu me dis ça
?
La bouche de Severus se perdit dans le cou du jeune homme. Il
sentait la peur et la confusion se mêler en lui et cela
l'excitait. Il n'était pas serpentard pour rien.
-
Harry… Je ferais n'importe quoi… Je ne pourrais jamais t'aimer
réellement, tu sais très bien pourquoi. Mais si tu me
l'ordonnes…
Des larmes glissèrent sur les joues du
jeune homme.
- S'il te plaît…
La bouche de Severus
se rapprocha de son oreille, en caressa doucement le lobe. Harry
sentit des milliers de frissons lui vriller la nuque.
- Qui
pourrait résister à tes larmes… ?
Le sorcier se
recula, le dévisageant presque avec dévotion.
- Tu
es magnifique Harry. Tellement pur… C'en est indécent…
N'aie pas peur, je ne pourrais pas te faire de mal… Jamais… Tu
es mon Seigneur.
Le griffondor sentait son cœur saigner. Comment
pouvait-il être aussi ignoble avec lui ?
- Je te hais…
souffla-t-il à contrecœur.
- Comment pourrait-il en être
autrement ? Soupira le maître des potions contre sa
bouche.
Harry ferma les yeux. Non, il ne supporterait pas ça.
Il ne pouvait pas. Ses mains se crispèrent sur les épaules
de l'ex-mangemort.
Une main agrippa sa nuque.
- Laisse-toi
faire. Tu te sentiras bien mieux après. N'oublie pas que
nous partons ce soir.
Severus avait une envie folle de lui. Il
fallait qu'ils se perdent complètement là-dedans.
Pour ne penser qu'à eux. Avant la confrontation. Harry
devait comprendre ça. Le jeune homme tremblait entre ses
bras.
Il avait envie qu'Harry le déteste. Il le fallait.
Si par malheur le jeune homme s'attachait plus fort à lui,
il ne pourrait pas se laisser aveugler dans la bataille. Sa mort ne
devait pas être un traumatisme de plus pour lui.
Il ne se
faisait pas de soucis pour le cas inverse. Si Harry mourait avant
lui, il se contenterait de le suivre dans les limbes. La mort du
jeune homme signifiait la sienne. Inéluctablement. Mais cela
ne le dérangeait pas.
Des sanglots l'arrachèrent à
ses pensées. Harry avait caché son visage dans ses
mains et pleurait doucement. Il le fit basculer sur le lit et le
força à rester dans ses bras. Il ressentait sa
tristesse comme si c'était la sienne. C'était
étrange. Il n'avait pas eu ce genre de sentiments depuis
longtemps. Cette douleur liée à autre chose que du
chagrin.
- Pourquoi pleures-tu ?
Harry secoua la tête,
et passa les bras autour de sa taille.
- Je… je ne veux pas que
tu meurs. Je ne veux pas que tu aies pitié de moi. Je te
déteste Severus, si tu savais… Tu n'as pas le droit d'être
aussi fataliste. Je me fous bien de ce qui a pu se passer avant.
Il
leva un visage aux lèvres tremblantes.
- Je ne veux que
toi. Et pas parce que je te l'ordonnerais, parce que tu le voudras.
Si… Si on s'en sort, et que tu ne ressens rien pour moi, je
sortirais de ta vie.
- C'est impossible. De toute façon,
nous sommes liés ; jusqu'à ce que tu trouves un moyen
de m'enlever ça, murmura-t-il en lui montrant sa marque.
-
Tu ne voudras plus l'enlever après.
- L'optimisme
gryffondorien est toujours de mise, on dirait. Ce n'est pas à
cause de toi, tout ça… ça vient de moi. Mets-toi ça
dans le crâne. Tout ne tourne pas autour de ta personne.
Un
petit sourire lui répondit.
- Je sais Professeur, je sais.
On frappa à la porte. Harry se releva aussitôt,
et alla ouvrir. Remus le regardait avec inquiétude. Il jeta un
coup d'œil désapprobateur à Severus qui passa devant
lui, un sourire ironique plaqué sur le visage.
- Alors, le
loup, toujours à fouiner dans les affaires des autres ?
-
Severus… Minerva m'a expliqué, pour le lien. Je veux
m'assurer que tout se passera bien avec Harry. Je connais ton
comportement envers lui. Tu n'as jamais été très…
-
Très quoi ? Tu viens protéger le pauvre petit Harry,
comme l'aurait voulu ton chien adoré ?
Remus soupira et
fixa bravement le professeur de potions.
- Très amical…
Et je te prierais de ne pas parler de Sirius comme tu le fais. Il
n'est plus là pour te titiller, alors tu devrais oublier…
-
Oublier ? Le coupa Severus, l'air furieux, mais oui j'ai oublié.
J'ai bien plus important à penser qu'à la troupe
d'idiots qui n'avait rien d'autre à fiche de ses
journées que de me faire ch…
- Severus ! Gronda Harry.
Le serpentard changea immédiatement d'expression. Il se
mordit les lèvres et baissa la tête.
- Excuse-moi. Je
vais descendre, rejoins-moi dès que tu peux.
Et il partit
sous l'air ébahi de Remus.
Ce dernier regarda Harry comme
s'il était Merlin en personne.
- Et bien ça…
Jamais je n'aurais pensé le voir s'excuser un jour ! Que
lui as-tu fait pour qu'il agisse comme ça ? Et… Et
arrête-moi si je me trompe, il t'a tutoyé ?
Harry
devint écarlate.
- Ben… Oui. C'est normal, non, quand
on combat ensemble ?
- Mouais… Le ton était
suspicieux.
Harry se dit que bien assez de gens étaient au
courant de qui s'était réellement passé pour
en parler encore. Il n'allait pas dévoiler ça à
tout le monde quand même !
- Bon, je voulais te dire qu'on
allait tous se réunir ce soir. Les jumeaux veulent partir
affronter Tu-Sais-Qui dès que possible, et les autres
piétinent de rage. Impossible de leur faire comprendre à
quel point c'est dangereux.
- Ne t'en fais pas… Ça
va aller.
- Tu dis ça avec tellement de conviction…
J'aimerais te croire Harry, mais j'ai peur. J'ai décidé
de ne plus prendre de potion Tue-Loup, parce que si jamais… si
jamais je me trouvais de nouveau confronté à Greyback,
je veux être d'une force égale à la sienne. Il
a fait tellement de mal…
- Remus, la voix d'Harry se cassa,
toi aussi, tu penses que c'est pour bientôt… ?
Le lycan
prit le jeune homme dans ses bras.
- Oui. Et je ne sais pas
pourquoi mais je sens que tu es prêt à faire aller les
choses plus vite que prévu. Ne dis rien, je te connais, c'est
toi qui avait l'air le plus calme et le plus passif tout à
l'heure. Venant de toi, je sais que ça cache quelque chose.
Je ne t'empêcherais pas de faire ce que tu veux. Mais sois
prudent. Tu es la famille qui me reste Harry. Tu es vraiment comme
mon neveu. Je ne veux que rien de mal ne t'arrive. Pas parce que
Sirius me l'a demandé mais bien parce que je te suis très
attaché. Ne fais rien d'inconsidéré…
-
Severus est avec moi dans ce combat. Je ne peux espérer
meilleur allié. Tu sais à quel point il est puissant.
Il me protégera au péril de sa vie, comme il l'a
toujours fait.
Remus le regarda d'un air surpris.
- Ton
opinion à son sujet a bien changé. Mais Albus lui
faisait entièrement confiance. J'ai eu du mal à
accepter les nouvelles de la Gazette cet été, mais si
toi tu lui as pardonné pour tout, je peux le faire. Egalement
par respect pour Albus.
Harry se détacha de lui et le
regarda avec tristesse.
- Si tout avait été plus
clair, plus simple dès le départ, j'aurais perdu
beaucoup moins de temps tu sais. Arthur et Molly seraient avec nous à
l'heure actuelle. Enfin… je ne sais pas, je ne sais plus quoi
penser. Tout ce que je sais, c'est que je veux arrêter ce fou
avant qu'il n'aille encore plus loin. Je me suis bien entraîné,
ces derniers mois. Et Albus m'avait bien aidé l'année
dernière. Je veux lui faire honneur. Sans lui, je n'en
serais pas là aujourd'hui. Je te demanderai une chose, s'il
te plaît. Veille bien sur mes camarades. Il faut les empêcher
de participer à cette guerre. À notre âge, on ne
devrait pas combattre. Jette-leur des sorts s'il le faut.
- Je
crains que Ron et Hermione ne soient assez tenaces… Encore plus que
la fille Parkinson, qui ne quitte pas ton amie d'une semelle, c'est
dire… Mais ne t'en fais, nous veillerons sur eux.
Harry
sourit. Il sortit de la chambre, accompagné de Remus. Ils
descendirent quatre à quatre les escaliers, se faisant
insulter copieusement au passage par le tableau de la mère de
Sirius, et se rendirent dans la cuisine.
- Gyyaaah !! Tu
vas arrêter ça oui ? Hurlait Pansy en courant autour de
la table.
Pattenrond la suivait en courant, miaulant comme un
fou. Draco se tenait les côtes, les larmes aux yeux, et tous
les autres affichaient des mines hilares. Seule Hermione regardaient
la scène d'un air consterné. Elle attrapa son chat au
passage, qui voulut donner un dernier petit coup de patte à la
brune. Elle sauta sur une chaise, se cachant les yeux en tremblant.
-
Allons, ce n'est qu'un chat, lui dit gentiment Neville.
- Elle
a raison, dit Luna, les chats ont mauvaise réputation, il
paraît que des démons sont enfermé en eux. Des
démons qui peuvent vous obliger à manger vos
chaussettes par exemple, ou à vous enduire de miel.
-
Waouh, répondit Zabini d'un ton moqueur, ça doit être
trop dangereux ! Pansy, à ta place, je filerais ailleurs pour
me cacher jusqu'aux restants de mes jours.
- Dis donc toi, je ne
te permets pas de te moquer de Luna comme ça, se fâcha
Neville.
- T'as un problème Longdubat ?
Hermione
s'interposa entre eux.
- Bon, personne ne commence à se
disputer, compris ? On a assez de problèmes comme ça
sans en rajouter !
- Aïe !! Hurla le serpentard.
Pansy
venait de lui donner un gros coup sur la tête.
- Hermione a
raison, Blaise, excuse-toi tout de suite !!
- Mais… Aouch !!
T'es folle, continua le garçon en se massant la joue qu'elle
venait de tirer. Bon, désolé, j'aurais un meilleur
comportement à l'avenir.
Ron éclata de rire. Harry
sentit toute la tension accumulée se libérer dans ce
rire énorme. Les larmes venaient aux yeux du rouquin.
-
Pansy sait y faire on dirait ! Sauf avec les petits minous !
Elle
rougit fortement.
- Bah, c'est pas de ma faute… Un chat m'a
attaquée quand j'étais petite, et j'en ai une peur
bleue maintenant. Désolée, Hermione… J'ai pourtant
essayé de changer d'avis sur ces bestioles, mais…
Et là
où Hermione aurait du éclater en faisant valoir tous
les bons côtés de son compagnon à poils, comme
elle l'avait déjà précédemment fait
avec Ron, elle se contenta d'un petit :
- Bah, c'est pas si
grave, tu sais, je ferais attention à Pattenrond pour qu'il
ne t'embête pas.
- Ben vraiment ! Lâcha Ron,
étonné.
- Quoi, donc, Ronald ? Susurra la jeune
femme, le flagellant du regard.
Le roux haussa les épaules,
une étincelle amusée aux coins des yeux, puis se tourna
vers Harry.
- Bon… Je pense qu'on va aller dans la salle de
réunion, non ?
Tonks avait prit un gros chaudron, et
commença à le remplir d'eau.
- Oui, filez tous, je
vais préparer le repas avec Sev et Remus. Euh, le professeur
Rogue, pardon… ! Finit-elle d'un air penaud, sous le sourcil
arqué du professeur de potions.
Tous les jeunes se
précipitèrent hors de la salle. Fleur, Bill et Charlie
restèrent avec eux.
Severus se rapprocha de la table,
et attrapa quelques pommes de terre qu'il entreprit d'éplucher
en magie. Minerva arriva dans la cuisine et se planta devant lui.
-
Vous êtes retournés à Poudlard, et avec Potter
!! Je vous croyais plus responsable que ça !
Allons bon,
il n'avait pas besoin qu'on lui fasse la morale en prime.
-
Oui. Nous devions récupérer une chose importante. C'est
fait. Lucius Malefoy avait été libéré
d'Azkaban, et je l'ai tué, car il s'était mis en
travers de notre route.
- Severus…
- Allons, nous sommes
revenus entiers, c'est ce qui compte. Si c'est possible,
j'aimerai vous parler maintenant.
- Bien sûr.
Il se
tourna vers les autres.
- Nous n'en aurons pas pour
longtemps.
Fleur lui sourit :
- Ne vous en faites pas
Professeur, nous sommes assez pour préparer le repas, prenez
votre temps.
Ils partirent dans le salon. Severus jeta un sort de
silence sur la pièce.
- Ecoutez, nous allons partir ce
soir, lui et moi.
- Attendez, le coupa la directrice, c'est de
la folie !
- La prophétie ne nous laisse pas le choix. Il
doit l'affronter seul à seul. Que nous ayons une armée
avec nous n'y changera rien, vous le savez. Harry ne voulait en
parler à personne, mais j'estime que vous avez le droit
d'être au courant. Personne ne nous empêchera de
partir. Nous n'avons attendu que trop longtemps. Harry est prêt.
Moi aussi. Mais j'ai quand même quelque chose pour vous.
Il
lui tendit un plan.
- Je n'ai pas réussi à
désensorceler complètement cette chose, mais j'ai pu
détourner un peu sa magie. Si jamais il m'arrivait quoi que
ce soit, le plan apparaîtra, au moins en partie. Je n'ai pas
eu le temps de vérifier. C'est tout ce que j'ai pu faire.
Sa magie est tellement puissante…
- C'est déjà
énorme Severus. Merci. Sachez en tout cas que nous accourrons
au moindre problème. Faites vraiment attention à vous
s'il vous plaît…
- Notre plan nécessite une
discrétion absolue, soyez sûre que nous aurions emmené
chacun des membres de l'Ordre avec nous sinon.
Elle hocha la
tête en soupirant.
- Vous changez, cher collègue,
énormément. Cela n'a jamais été votre
genre de foncer tête baissée.
Elle se surprit à
admirer le sourire sincère qui éclairait le visage
strict.
- Harry m'a insufflé une seconde jeunesse…
Mais gardez ça pour vous.
Et il la salua avant de
partir.
Le repas se passa bien, tous voulant se vider un peu
l'esprit. L'appréhension les rongeait et ils voulaient
s'en débarrasser.
Après le repas, Harry monta
dans sa chambre, suivit de Severus. Ils se regardèrent
longuement, puis Harry prit sa cape d'invisibilité, et posa
sur la table de chevet la pierre qu'Hermione lui avait offerte. Il
avait peur que la lueur ne les fasse repérer.
Ils
s'avancèrent vers la cheminée, main dans la main.
«
Godric's Hollow ».
À suivre……………………………..
