-Kepner avait donc raison, dit Alex sarcastique. On finit tous par se retrouver dans cette église.
-je suppose que c'est là où on va quand on est perdu. Il s'installa à côté d'elle et la regarda mais elle l'ignora. Il remarqua qu'elle avait les mains jointes.
-pour qui pries-tu? Pour ton frère? Jo soupira et secoua la tête.
-je te le répète, Nolan n'était pas mon frère.
-pourtant c'est comme ça que... Elle le coupa.
-ouais c'est comme ça que je l'ai désigné. Pourtant... Elle ne finit pas sa phrase.
-mon frère a essayé de tuer ma sœur... Alex ne savait pas au juste pourquoi il avait dit ça, peut-être pour se sentir plus proche d'elle.
-ton frère est schizophrène... Et puis Nolan n'a pas vraiment essayé de me tuer... Disons plutôt qu'il n'a pas réussi à tirer. Jo continuait de regarder droit devant elle.
-pourquoi Jo? Celle-ci soupira en comprenant qu'il ne cherchait pas la raison qui avait poussé Nolan à pointer une arme sur elle mais plutôt pourquoi elle n'avait jamais rien dit.
-parce que tout ce qui s'est passé après ce jour là... Un immense gâchis. J'avais trouvé mon équilibre avec lui, avec mon frérot... Ça se finit jamais très bien. Elle essuya une larme qui coulait le long de sa joue. Jamais.
-c'est faux, il ne faut pas être défaitiste, il faut...
-je priais pour toi... Il la fixa sans comprendre. Tiens. Elle lui rendit froidement la bague et continua. Je priais pour que tu sois heureux, que tu trouves ce que tu cherches. Alex secoua la tête. Après-demain, j'irai travailler à l'hôpital Saint Joseph pour je ne sais pas combien de temps. Ça nous fera du bien à tous les deux de s'éloigner un peu... Quand j'aurai le temps et le courage, j'irai prendre le reste de mes affaires au loft et... Je ne payerai plus le loyer. Fais en ce que tu veux. Elle le regarda froidement et dit sans émotion. C'est fini. Nous deux c'est officiellement fini. Définitivement. Il la fixait sans comprendre et sans réagir. Jo détourne les yeux et voulut partir mais il lui attrapa le bras et la força à se rasseoir.
-alors c'est ça? J'ai toujours tout fait pour toi Jo... cracha-t-il. J'ai fait en sorte que tu ailles bien, j'ai pris soin de toi... Tu sais? Au début j'avais peur de te brusquer, je voulais que tu te sentes à l'aise avec moi... Je te désirais plus que tout mais je voulais être sûre que toi aussi tu en avais envie parce que...parce que je pensais que tu en valais la peine. Jo continuait de regarder dans le vide alors il la força à se retourner. J'ai fait des efforts pour toi, pour que ça marche... J'ai supporté tes silences, tes mensonges,... Parce que je t'aimais. Je t'ai laissé le bénéfice du doute encore et encore, en espérant qu'enfin tu serais honnête et que tu me dirais pourquoi. Tu t'es enfuie...pendant trois mois. Puis tu es revenue et tu t'es confié à eux. Regarde moi Jo! s'énerva Alex en la voyant tourner la tête. J'ai accepté... J'ai attendu... J'ai mis de côté ma mauvaise humeur et ma propre souffrance... Parce que Jo je souffre aussi, tout ne tourne pas autour de toi! J'ai persévéré car je sais au fond de moi que je suis le seul à pouvoir te rendre heureuse... Et faire en sorte que tu redeviennes toi. Jo ne put s'empêcher de ricaner.
-redevenir moi? Ce moi n'existe même pas... Je n'existe pas. Il la regarda si méchamment qu'elle crut l'espace d'un instant qu'il allait la frapper.
-bordel Joséphine! Te rends-tu compte à quel point tu es ingrate? Même pas capable d'avancer. Il se leva et fit quelques pas avant de se retourner une dernière fois. Je ne te courrai plus après, promis. Je te laisserai t'enfoncer sans bouger. Si tu préfères être malheureuse et te complaire dans ta propre médiocrité c'est ton problème après tout. Il partit la laissa définitivement seule. Elle se sentait étrangement bien. Si même dans les pires périodes de ma vie je me sentais moins nulle que maintenant c'est parce que personne n'avait à en pâtir... comprit-elle. Se faire mal à soi-même, s'enfermer dans une monotonie atroce et insensée,... c'est toujours mieux que de devoir essayer de ne faire souffrir personne. Elle se tourna vers une statue représentant la sainte vierge.
-la vie craint vraiment. Elle soupira en se levant. Maintenant elle savait ce qu'elle allait faire. Elle allait guérir, elle se le promit. Je resterai le plus longtemps possible à Saint Joseph et je me soignerai. Elle se laissait trois mois pour y arriver. Jusqu'à mon anniversaire. Ensuite quand elle se rendrait à New-York et reprendrait contact avec Lionel. Ça sera vraiment horrible... C'était pourtant ce qu'elle devait faire et tant pis pour l'explosion nucléaire, tant pis pour la peur. C'est ce que je dois faire. Redevenir moi. Elle verrait ce qu'il adviendra. Lionel la détruirait sans doute, la tuerait peut-être mais elle se devait de le faire. Je ne peux pas éternellement fuir. Si ça s'arrangeait bien, ce qui lui semblait peu probable elle reviendrait peut-être à Seattle et laisserait le scandal éclater. Je ne reprendrais pas le nom de Julia Whittaker, ça pas question mais je les laisserais être au courant. À quoi bon? Elle savait qu'elle parviendrait à surmonter les ragots, les bruits de couloir, les regards en coin,... elle savait qu'elle y arriverait car elle était plus forte que ça. Je suis plus forte que ça. J'irai à New-York, je donnerai rendez-vous à Lionel pour qu'on divorce et si ça ce passe mal... Ça se passera d'office mal... Je porterai plainte et je me battrai. Elle était prête à livrer cette énième bataille. Elle la savait perdue d'avance, que pouvait elle faire contre quelqu'un d'aussi influent que lui? Elle finirait probablement en prison ou à la morgue mais elle s'en fichait. Elle devait rétablir son honneur, l'honneur de Julia exactement comme elle l'avait fait pour Nolan une semaine plus tôt. Quoi qu'il en soit elle allait se soigner. Il était hors de question qu'elle s'évanouisse à nouveau. Elle avait un plan. Elle avait un but. Tout lui semblait bien plus facile à présent. Elle se rendit à son casier et prépara ses affaires. Elle voulut rentrer à la maison quand une voix l'interpella.
-tu t'enfuis encore? Elle se retourna et fit un grand sourire à Andrew.
-je rentre chez nous, chez moi. C'était la première fois qu'elle appelait la maison d'Arizona chez moi. Andrew ne savait pas si c'était une bonne ou une mauvaise chose.
-ça va?
-je me sens tellement bien, sourit-elle. Je ne me suis pas sentie aussi libre depuis longtemps... Ouais, je me sens terriblement bien, comme libérer d'un poids. Jo fixa Andrew pour constater qu'il regardait par dessus son épaule. Elle se tourna pour voir le dos d'Alex. Pour le coup, elle se sentit mal. Merde...
-je t'accompagne, j'ai finit ma journée. Ils ne parlèrent pas dans la voiture. Andrew ne sachant pas trop quoi dire pour la réconforter, il voyait bien qu'elle culpabilisait d'avoir été involontairement méchante avec Alex.
-tu veux quelque chose? lui demanda-t-il en entrant dans la maison.
-un Whisky.
-t'es sûre que c'est une bonne idée? Elle rit.
-je vais faire le repas... Enfin essayer. Tu veux quelque chose en particulier? Ce fut au tour d'Andrew de rire.
-je vais commander chinois. Ça te convient? Elle hocha la tête. Installe toi je vais nous chercher à boire. Elle s'attendait à ce qu'il ramène de l'eau mais elle le vit apparaître avec deux bières. C'est mieux que le whisky. Il les décapsula et passa un coup de fil au restaurant chinois le plus proche. Quand Arizona rentra chez elle avec Sofia elle les trouva sur le canapé à moitié soules en train de rire à gorge déployée devant un dessin animé. Elle remarqua les cadavres de bouteilles de bières et les restes du restaurant chinois sur la table basse.
-vous pouvez m'expliquer ce qui se passe? Jo la regarda en riant.
-c'est le roi lion, dit elle en désignant la télévision.
-on va ranger tout ça, continua Andrew en se levant mais Arizona l'arrêta en ayant peur qu'il ne tombe.
-je vais le faire. Elle prit le plus de bouteille qu'elle put et laissa Sofia prendre les autres. Punaise... Elle emmena sa fille dans la cuisine pour mettre les vidanges dans le casier désormais à moitié vide.
-ils ont quoi Andrew et Jo? demanda Sofia.
-ils ont sûrement passé une dure journée, ma chérie. La fillette hocha la tête.
-je peux regarder le roi lion avec eux?
-bien sûr mais d'abord je vais... Elle ne savait même pas ce qu'elle comptait faire. Vas les rejoindre, je vais nous faire à manger. Sofia courut les retrouver et Arizona entendit encore quelques rires. Ça la détendit et elle cuisina ce qu'elle trouva. Dix minutes plus tard elle amena deux assiettes dans le salon. Je suppose que vous deux vous avez déjà mangé? dit-elle en désignant les déchets.
-j'ai tout mangé, dit fièrement Jo. Arizona applaudit ironiquement avant de se souvenir que pour Jo finir un plat ses dernières semaines relevait du miracle.
-c'est bien. Elle s'assit et regarda le roi lion avec eux. Elle constata qu'Andrew et Jo n'étaient pas si ivres qu'elle l'avait d'abord cru. La vérité était que l'effet de l'alcool ne se ressentait pas encore de trop. Surtout chez Jo. Le film finit, elle alla coucher sa fille puis revient dans le salon. Vous pouvez m'expliquer ce qu'il se passe maintenant? Ils haussèrent tous les deux les épaules.
-que veux-tu savoir? demanda Jo.
-déjà ce qu'il se passe ici? C'est pas comme ça que tu règleras tes problèmes, dit-elle en regardant tristement Jo.
-je vais bien.
-hier... commença Arizona mais Andrew l'interrompit en voyant Jo se cabrer silencieusement.
-c'est la vérité Arizona! Jo va bien! Ce qui s'est passé hier n'est pas important,...
-alors c'est pour ça que vous vous êtes soulés? Andrew et Jo se regardèrent en haussant les épaules une nouvelle fois.
-il faut bien fêter l'anniversaire de Joséphine Alice Wilson, rit Jo bêtement. Ce n'était pas réellement la bonne date. En réalité elle était partie le 22 et s'était rendue au commissariat de police seulement le 28. Peu lui importait, c'était à ce moment-là que Joséphine était née. C'est à ce moment là qu'elle avait commencé à vivre.
-je pensais que tu étais née en octobre... dit Arizona surprise avant de finalement comprendre qu'elle parlait de son identité et non d'elle-même.
-ouais mais pas... Elle ne termina pas sa phrase.
-tu as trop bu Jo... lui dit doucement Andrew en lui intimant de se taire.
-qu'est-ce que ça change au juste? Arizona sait... Andrew la regarda et vit que celle-ci hochait la tête.
-elle m'en a parlé quand on était dans le Michigan...
-de toute façon c'est fichu, continua Jo qui décidément perdait toute inhibition. Tout le monde finira par savoir...
-tu ne vas pas aller à New-York? demanda brusquement Andrew avant de se tourner vers Arizona qui secouait la tête lui signifiant qu'elle n'était pas au courant de cette histoire là.
-nan... mentit Jo. C'est juste que... Webber sait. Vous savez... Tout le monde finira par savoir.
-depuis quand? la questionna Arizona.
-depuis le début, rit Jo. Il savait depuis le début mais il m'a quand même prise dans le programme.
-il sait qui tu es?
-nan Andrew... Ça personne sait... Même pas vous. Il se garda bien de la contredire. Il se sentait coupable d'avoir fouillé dans sa vie. Vous pourriez facilement trouver mais... C'est pas grave. Andrew se sentit encore plus mal. Arizona le remarqua et l'interrogea du regard. Il hocha tristement la tête.
-longue vie à Joséphine Wilson! dit Arizona en souriant à ses deux colocataires.
-ouais... Longue vie à la meilleure personne que je n'ai jamais été.
-tu n'étais pas une mauvaise personne avant Jo... dit doucement Andrew.
-je préfère quand même Jo parce qu'avant c'était pas terrible. Andrew hocha la tête et fit signe à Arizona qu'elle pouvait aller dormir, qu'il prendrait soin d'elle. Elle comprit qu'il la protégeait. Il ne veut pas qu'elle regrette d'en avoir trop dit à cause de l'alcool. Arizona était bien placée pour comprendre, elle-même parlait trop lorsqu'elle buvait.
-je vais me coucher, bonne nuit vous deux.
-ça fait donc six ans que tu l'as quitté... fit Andrew calmement quand ils furent seuls.
-avant avant hier exactement ça faisait six ans. Elle hochait tristement la tête. Six ans... Le nombre d'années que j'ai vécu avec lui. Tu sais au début il était doux et gentil avec moi. Il la prit dans ses bras. J'ai passé deux ans merveilleux avec lui.
-chuuut Jo, c'est bon. Tout va bien. Il pensa qu'elle allait se mettre à pleurer mais ce ne fut pas le cas elle se contenta de fermer les yeux et de se laisser bercer.
-j'ai mis quatre ans à partir... Je n'ai même jamais essayé de lui rendre ses coups. Jo s'écarta de lui et continua en colère. Moi qui me targuais de ne pas me laisser faire, de cogner plus fort que la vie ne me cognait, de... Callie dirait d'agir comme un bulldozer.
-tu ne dois pas t'en vouloir Jo... Tu es partie. Tu t'es sauvée toi-même. C'est seulement ça que tu dois retenir. Jo hocha tristement la tête.
-j'avais reçu une bourse d'Harvard début mai... J'avais caché la lettre, rit-elle. Je me demandais chaque jour ce que j'étais censée en faire... Lionel ne m'aurait jamais laissée y aller et... J'en avais vraiment envie. Elle baissa les yeux. Un mardi, le 22 je suis rentrée en retard à la maison et il m'attendait... Il détestait m'attendre... Elle ferma les yeux et laissa tout remonter une fois encore. Il m'a frappé si fort dans le ventre que je me suis mise à cracher du sang... Il riait et moi je m'étouffais avec mon propre sang... Elle secoua la tête et Andrew l'attira contre lui. Quand il a vu que j'arrivais plus ou moins à respirer il m'a attrapée et m'a plaquée contre le mur... Je sais qu'à un moment donné je lui ai craché dessus. Elle rit. Je ne peux pas te dire si je l'ai fait exprès ou non mais en tout cas ça l'a mis en colère un peu plus... Elle sentit quelques larmes couler qu'Andrew essuya en silence. Celui-ci pensa qu'elle ne continuerait pas mais pourtant elle le fit. Elle avait vraiment besoin de relâcher la pression. Et puis elle savait qu'il lui restait moins de quatre mois avant de le revoir. Andrew pourra témoigner s'il me tue... Elle essaya de se convaincre que Lionel n'en serait pas capable. Pourtant... Ma tête a dû se cogner assez durement sur le mur car j'ai perdu connaissance. Quand je me suis réveillée mon omoplate et mes côtés me faisaient atrocement mal mais le pire... Le pire c'était de le sentir...de le sentir en moi. Andrew ne put retenir ses larmes en entendant sa voix se casser si douloureusement. J'ai attendu qu'il ait fini et qu'il me lâche. Je crois que je suis tombée violemment à terre ou peut-être que ce n'était qu'une impression... En tout cas j'ai vraiment cru que j'allais mourir... Elle fit une petite pause avant de poursuivre. Certains jours avaient été plus... C'était pas la plus mauvaise nuit, parfois c'était plus horrible mais...ce mardi là quelque chose en moi s'est brisé... J'ai attendu qu'il aille se coucher et me dise bonne nuit... Ouais la politesse avant tout, ironisa Jo. Mon short était couvert de sang et tu vois je l'aimais beaucoup ce short... C'est peut-être stupide mais c'est ça qui m'a rendu le plus triste. Le reste... On s'habitue à tout... J'ai changé de culotte et j'ai mis une serviette hygiénique en espérant que ça serait suffisant. Je suis restée longtemps assise au milieu du salon sans bouger. J'ai finalement été chercher un pantalon et en le prenant j'ai fait tomber la lettre d'Harvard. Elle se redressa dans le canapé. Je l'ai prise et je suis partie... Rien n'était réfléchi. J'ai juste...piqué les clefs de sa voiture, quelques dollars et je me suis cassée de là. J'ai roulé toute la nuit beaucoup trop vite et sans ceinture... Je crois que je cherchais à me cracher... Ouais c'est sans doute ce que je voulais mais je suppose que quand c'est pas ton heure c'est pas ton heure? Andrew ne répondit pas. Je me suis finalement garée dans un lieu bizarre. Le genre d'endroit où personne n'aimerait se retrouver seule la nuit... J'ai garé sa Porsche à 400 000$ et j'y ai mis le feu... C'est pas comme si c'était la première fois que je faisais ça... Je me suis sentie bien, pas autant que quand j'ai jeté ma bague dans l'Hudson mais presque... Elle sourit bêtement. Je me suis débarrassée de tout ce qui pouvait me relier à lui... Enfin... Elle ne souriait plus du tout et semblait être songeuse. Soudain elle se leva lentement.
-Jo? lui demanda Andrew.
-je reviens. Elle marcha précautionneusement vers l'entrée en s'aidant de ses bras pour garder l'équilibre. Elle revient quelques dizaines de secondes plus tard avec son trousseau de clefs. Elle en retira une.
-la clef du loft? la questionna-t-il.
-nan... C'est celle là, fit elle en caressant tristement une clef toujours accrochée.
-donc...? Elle ouvre quoi?
-son appartement... Notre appartement à New-York. Elle lui donna la clef, ne supportant plus la toucher.
-pourquoi? Pourquoi l'as tu gardée? Elle mit du temps à répondre, cherchant ses mots.
-je suppose que je voulais garder la possibilité de retrouver ma vie d'avant... Celle avant Joséphine Wilson. Si jamais... Elle rit tristement. Si jamais ma nouvelle vie ne me convenait pas... Ouais. Elle détourna la tête, honteuse. Au cas où me faire battre serait plus rassurant.
-parce que c'était ce que tu connaissais, Jo... tenta de la rassurer Andrew. C'est jamais facile de tout quitter pour commencer une nouvelle vie et de changer toutes ses habitudes... Même si celles-ci sont horribles.
-ouais... Elle continuait de frotter la clef du loft sans regarder son colocataire. Alex m'a demandé plusieurs fois à quoi elle servait. J'ai toujours éludé la question. Andrew hocha la tête.
-tu devras un jour t'en débarrasser.
-j'aurais dû le faire depuis longtemps déjà. Elle soupira. Ça fait longtemps que le fait de me faire frapper tous les jours ne m'attire plus. J'aurais vraiment dû le faire quand je me suis enfuie. Andrew osa lui demander comment elle avait été jusqu'à Boston. En stop... C'est génial.
-mais...
-c'est facile d'éveiller la pitié des gens quand on a la tête que j'avais... Le premier type m'a emmenée aux urgences.
-tu aurais pu mal tomber.
-qu'est-ce que je risquais au fond? Andrew opina. Je ne me suis jamais retournée et j'ai avancé coûte que coûte... Je me sentais enfin à peu près bien...
-et Karev t'a demandé en mariage... Jo passa la main sur son visage.
-je lui ai dit que c'était fini entre nous deux... Je dois avoir dit le mot définitivement.
-c'est vraiment ce que tu veux? Il la força à le regarder. Il s'en veut beaucoup tu sais... Il a mal.
-j'en ai conscience Andrew...
-tu ne crois pas qu'il mériterait de savoir la vérité? Il voyait bien qu'elle tentait de fuir. Ce sera dure pour toi je sais mais... Tu n'as rien fait de mal, Jo. Julia n'a rien fait de mal. Elle le regarda surprise. Comment sait-il mon vrai prénom? Andrew soupira. J'aurais dû me taire... Alex comprendra.
-il finira pas savoir. Tout le monde finira par savoir.
-Jo...
-j'ai pas envie Andrew! Je ne veux pas redevenir celle que j'étais avant... J'ai tout fait foirer. Alex est mieux sans moi et je suis mieux sans lui. C'est tout. Andrew la regarda puis détourna les yeux.
-t'es sûre? Vraiment? demande-t-il une nouvelle fois. Elle acquiesça.
-je ne veux plus jamais revivre ça.
-Karev n'est pas comme ton mari abusif!
-qu'est-ce tu en sais? Qu'est-ce qui me dit qu'il ne va pas lui aussi se mettre à me frapper? Hein?
-au premier coup, tu te casses.
-c'est ce que j'ai fait. Il secoua la tête et soupira.
-il ne l'a pas fait exprès...
-il t'a frappé toi.
-il pensait te protéger. Jo soupira.
-et je suis censée lui dire que Lionel existe? Meilleure idée du monde pour le coup.
-il sera probablement en colère et voudra certainement le tuer mais si tu lui expliques... Il est intelligent. Impulsif mais intelligent, il peut t'aider.
-quand je suis rentrée à Seattle... Lors de notre première discussion il m'a plaquée contre le mur... Exactement comme Lionel l'a fait... Quand il est venu manger à la maison... Elle ravala un sanglot. Il me tenait et je lui disais de me lâcher mais il ne m'écoutait pas... Je n'ai pas envie de revivre ça... Je ne peux pas Andrew. Je ne peux pas... Elle ne put retenir ses larmes et il l'attira une nouvelle fois contre lui. Je l'aime... J'aime tellement Alex mais j'aimais aussi Lionel et ça n'a servi à rien. Il la berça longuement et elle finit par s'endormir, épuisée d'avoir tant pleurer.
