Bonjour (bonsoir) à toutes et à tous. Voici l'avant dernier chapitre de cette histoire. Je vous souhaite une bonne lecture.
Chapitre 25 : Explications et départ.
Le lendemain, le temps se prêtait à la promenade et au pique-nique. Diego parvint à convaincre son père que mis à part manger, il se reposerait. Il appuya son argumentation sur le fait qu'il voulait aussi faire découvrir à Isabella et au petit Diego un petit coin de paradis. Apprenant que Bernardo serait aussi avec eux, Don Alejandro finit par accepter, sans ressentir d'arrière pensée quelconque par rapport à la veille. Bernardo se chargea de préparer la voiture tandis qu'un panier d'encas était préparé sous les conseils culinaires d'Isabella. Enfin, une fois que tout fut prêt, Diego fit signe à Bernardo d'y aller.
— Où nous emmenez-vous Diego ?
— C'est un secret Isabella. C'est pour moi un endroit tranquille et sauvage. Un petit coin de paradis en somme.
— Vous faites dans le romantisme, je n'aurai pas cru venant d'un homme comme vous.
— J'ai plusieurs facettes à mon actif, ironisa Diego.
— Je m'en suis rendu compte señor Zorro, rétorque-t-elle souriante.
Bernardo se retourna vivement incrédule. Diego haussa les épaules nonchalant et lui fit signe de continuer.
— Vous n'échangez plus que par signe avec Bernardo, pourquoi donc ?
— Ho… Il a quelques problèmes depuis que nous avons quitté l'Espagne. Je pense qu'il n'a pas supporté le voyage en bateau.
— C'est curieux. Pourtant il a bien entendu ce que je viens de dire sur votre identité.
— Ha. Il a quelques fois des retours d'audition mais cela ne dure pas.
— En somme il entend quand ça l'arrange, ironisa Isabella.
Bernardo resta à regarder la route mais souriait. Isabella était très perspicace. Pas étonnant alors qu'elle ait deviné l'identité d'El Zorro. Il entendit Diego l'appeler plus d'une fois mais ne se retourna que lorsqu'il lui « frappa » le dos pour l'interpeler sachant que Diego voulait alors prouver ses dires. Diego lui fit signe d'accélérer les chevaux. Inquiet pour son ami, Bernardo lui indiqua son dos en grimaçant, Diego lui fit comprendre qu'il pouvait supporter d'autres secousses. Obtempérant, Bernardo lui obéit sous le regard amusé d'Isabella. Le trajet fut plaisant et lorsqu'ils arrivèrent.
— Diego, c'est magnifique.
— Je savais que cela vous plairait, l'invita-t-il à descendre tandis que Bernardo récupérait le panier de provisions.
Ils s'installèrent alors et Diego respectant sa parole, lui narra ses démêlés avec Monastorio jusqu'à la venue du vice-roi. Cependant Isabella savait qu'il y avait plus et insista pour entendre la suite. Ce voulant gentleman et pour Isabella et vis-à-vis de Monastorio, Diego la lui raconta sans trop rentrer dans le détail.
— Zorro m'a l'air d'aimer jouer des tours. Ce n'est pas étonnant que l'oncle Enrique lui en tienne rigueur.
— Zorro n'a fait que rendre la monnaie de sa pièce à votre oncle, et beaucoup plus gentiment qu'il ne l'aurait fait lui-même.
— Vous le décrivez comme… comme… un monstre, osa-t-elle dire.
— N'exagérez pas Isabella.
— Pourquoi ne pas avoir agi ouvertement, en tant que citoyen Diego ?
— Par prudence… J'aurai fini en prison dès mon arrivée si je m'étais révolté publiquement.
— Vous plaisantez ?
— Non pas du tout… Mais je le crois sincère quant à décider de prendre ses responsabilités vis-à-vis de la justice.
— Zorro devrait prendre exemple. Nargua-t-elle.
— Excepté que Zorro n'est devenu hors la loi au regard du gouverneur que par le biais d'une lettre écrite par votre oncle. Il n'a pas mentionné que Zorro combattait l'injustice et les abus de pouvoirs dont il était l'auteur.
— Cette fois c'est vous qui exagérez Diego.
— Sans vouloir vous froisser Isabella, je n'exagère pas… Ce qui est avéré est que son comportement vis-à-vis de moi, en tant que Diego De la Vega, a changé du tout au tout à votre arrivée, comme si vous retrouver était un soulagement… Y-a-t-il quelque secret que je puis partager avec vous à ce propos ?
— Un secret ? Non pas spécialement. Par contre, je me dois de vous révéler quelques anecdotes familiales.
— Je ne voudrais pas paraître indiscret.
— Ne vous inquiétez pas Diego, il n'y a rien d'indiscret.
— Je vous écoute.
— Tout a commencé il y a fort longtemps. Je devais avoir, voyons… Cinq ans lorsque j'ai rencontré l'oncle Enrique pour la première fois. Je dois admettre qu'à l'époque il me faisait peur. Lorsque je l'ai vu, je suis partie me cacher dans le jardin à toute allure.
Diego sourit au commentaire.
— Que s'est-il passé par la suite ?
— En courant, j'ai fini par tomber au fond d'un trou où je suis restée un bon moment avant que l'on ne me retrouve. C'est d'ailleurs l'oncle Enrique qui m'a fait sortir. Le pauvre s'est alors cassé le poignet en me remontant. Depuis ce jour, l'oncle Enrique est devenu mon 'héros'.
— Cela ne m'étonne pas de vous Isabella. Dit-il entre deux rires.
— Par la suite, à chaque fois que l'oncle Enrique venait à la maison j'étais toujours à ses côtés, à l'écoute de ses victoires contre les troupes napoléoniennes. Je venais d'avoir 12 ans la dernière fois que je l'ai vu. Alors dans l'armée il a été muté plus d'une fois et mis à part quelques courriers réguliers je n'avais aucune nouvelle. Puis il y a cette histoire avec El Diablo qui a fait qu'il a dû quitter l'Espagne pour ce nouveau monde et là les courriers se sont faits plus rare. Pendant toutes ces années, dès que j'avais un souci quelconque, il était la première personne à qui je m'adressai. Je l'ai toujours considéré plus comme un grand-frère que comme mon oncle. Mais ça, il ne le sait pas.
— Vous avez un grand respect pour lui.
— Tout comme il me respecte, et je dois admettre que j'ai aussi beaucoup d'affection pour lui.
— Je comprends mieux… Le temps se couvre, il faudrait songer à rentrer. Dit Diego pensif observant l'horizon.
— Ce pique-nique fut des plus intéressants à tout point de vue.
Diego se releva et aida Isabella à faire de même, puis Bernardo vint les aider à ranger les affaires et ils repartirent à l'hacienda. A peine arrivés et à l'abri que la pluie se mit à tomber avec une intensité modérée.
— Et bien, nous l'avons échappés belle, soupire Isabella.
— En effet, rétorque Diego examinant le ciel. L'averse ne devrait pas durer.
— Qu'est ce qui te fait dire ça fils ? Interrogea son père sortant de la bibliothèque.
— La couleur des nuages, et une intuition, expliqua Diego amusé par la moue d'Isabella devant sa réponse.
— Comment s'est déroulée votre sortie ?
— Oh, tout allait bien jusqu'à l'arrivée des nuages et du vent.
— Diego, merci encore pour cette charmante surprise.
— Je vous en prie, dit-il s'inclinant poliment et lui faisant un baisemain.
— Si vous voulez bien m'excuser señores je vais préparer mes affaires.
— Oh… Vous repartez déjà ?
— L'affaire avec El Diablo est terminée, je ne voudrais pas abuser de votre hospitalité.
— Mais vous n'abusez pas señora, affirma Don Alejandro.
— Je ne peux que donner raison à mon père renchérit Diego.
— Gracias señores, rougit-elle avant de se retirer, laissant père et fils ensemble.
— C'est une grande dame.
— En effet padre, le petit Diego a de la chance de l'avoir.
— Et elle a beaucoup de chance de te connaître.
— Voyons père, n'exagérons rien. Sourit Diego avant de faire signe à Bernardo.
Ce dernier sortit de la pièce et revint cinq minutes après avec un plateau garni d'une bouteille de vin et accompagnée de quelques verres. Il le remercia d'un signe de tête et Don Alejandro imita son fils.
— Tu as vraiment un don avec Bernardo pour te faire comprendre, le taquina Don Alejandro.
— Vous savez père, j'ai eu le temps de m'exercer. Cela n'a pas toujours été le cas.
— J'ai bien du mal à te croire fils.
— C'est pourtant la vérité père, rigola Diego faisant à son tour rire Don Alejandro.
Bernardo se mit à sourire en les observant tant le tableau était chaleureux.
Le lendemain matin.
— Isabella vous êtes sûre de ne pas vouloir rester plus longtemps ?
— Oui Diego. L'oncle Enrique va avoir besoin de mon soutien.
Diego se retourna, s'assurant que son père n'était pas à proximité.
— Qu'avez-vous Diego ? Demanda Isabella face à son comportement.
— J'ai dans l'idée que le gouverneur va recevoir un messager intéressant.
— Diego ! Vous n'oseriez-pas ?
— Moi ? Non Isabella, ne vous en faites pas, sourit-il narquois.
— Vous, vous avez une idée derrière la tête n'est-ce pas ?
— Que nenni Isabella.
— Finalement je vais peut être restée, tenta-t-elle.
— Vous aurais-je fait changer d'avis, ironisa Diego. Dans ce cas vous êtes la bienvenue.
— Diego… Vous le faites exprès.
— Je suis démasqué !
— Démasqué ? Interrogea Don Alejandro le faisant sursauter.
— Oui père. J'ai taquiné Isabella afin qu'elle change d'avis. Elle m'a démasqué dans mon jeu.
— Oh ! 'Et moi qui ai cru que…'
— Diego, Don Alejandro, je vous remercie pour votre accueil si charmant. Crescencia a été adorable elle aussi. Je ne sais ce que je serais advenue sans vous. Je suis navrée de vous avoir apportée tant d'ennuis.
— Ne vous en faites pas Dona Isabella, nous avons traversé des épreuves plus délicates, soutint Don Alejandro.
— Si un jour le cœur vous dit de revenir, vous serez toujours la bienvenue, ainsi que Diego, appuya Diego lui faisant un baisemain.
— Gracias… Adiós, dit-elle montant en voiture.
— Vaya con Dios, dirent père et fils tandis que la voiture s'éloigna.
