Coucou!!!
Alors, ce chapitre n'est pas très long mais j'espère tout de même qu'il vous plaira.
Je vous souhaite une bonne lecture et vous remercie pour vos reviews.
Bises
Chapitre 25 : Vénus sortie des eaux
Les mains croisées derrière son dos, Snape explorait son nouveau refuge. On lui avait procuré une chambre. Il la trouvait sinistre avec ses parois rocheuses et sa taille étroite. Elle lui rappelait un peu trop l'ambiance qui règnait dans ses sombres cachots de Poudlard. Lupin lui avait brièvement expliqué que toutes les chambres étaient construites de façon similaire. Mais Snape avait fini par s'habituer aux larges espaces. Que ce soit à son manoir ou au quartier général des mangemorts, il avait toujours eu le droit à une chambre spacieuse. Dans celle ci, il se sentait claustrophobique.
Alors, dès son réveil, il fit une rapide toilette et était sorti visiter les grottes. En connaisseur, il parvenait à apprécier les travaux magiques qui avaient permis de rendre cet endroit habitable pour des centaines ou des milliers de personnes. C'était vraiment très impressionnant. On ne lui avait pas encore donné le mot de passe pour entrer dans la partie réservée à l'Ordre du Phénix, aussi se contenta t'il de se promener vers les sources.
L'heure était extremement matinale. Cinq heures tout au plus. Il n'avait jamais été un gros dormeur. Il s'était habitué à ses six heures de sommeil par nuit. A cette heure de la matinée prônait un magnifique silence aux sources. Il y avait plusieurs petits lacs, séparés par d'énormes blocs de pierres. Snape supposa que chaque lac devait avoir une utilité particulière. Des petits ponts avaient été ménagés et sans un bruit il avançait, écoutant avec révérence la mélodie des gouttes d'eau qui glissaient le long des parois avant d'embrasser musicalement les étendues limpides et cristallines. Les reflets de l'eau se miroitaient sur les roches. C'est apaisant et hypnotizant.
Mais ce calme fut interrompu par un bruit d'éclaboussures. Snape fronça les sourcils et s'avança furtivement vers le lieu d'où le bruit était venu.
Hermione n'avait pas réussi à discuter avec Snape ne serait ce qu'une seule fois depuis qu'il avait rejoint l'Ordre du Phénix la veille. Aussitôt, les familles des rescapés s'étaient jetées sur lui, à l'affut de nouvelles et d'espérances. Puis c'est le Conseil qui lui avait mis le grappin dessus jusqu'à la fin de la soirée. Finalement Rémus l'avait accompagné à sa chambre et l'ancien mangemort s'y était enfermé. La jeune femme imaginait qu'après de tels évènements il était en quête d'un peu de solitude et de paix pour réfléchir à sa nouvelle situation. Aussi, l'avait elle laissé tranquille. Mais le savoir si près et si accessible l'avait tourmenté toute la nuit. Elle n'était pas parvenue à s'endormir.
D'habitude, le dimanche matin, elle partait nager avec Ginny dans les sources réservées à cet usage. Elles y allaient très tôt pour avoir un peu d'intimité et elles papotaient en laissant leur corps presque nus glisser dans l'eau froide. Ce matin là, après une horrible nuit d'insomnie, Hermione décida d'aller aux sources. Elle était fatiguée mais trop tourmentée pour parvenir à dormir. Elle en avait les larmes aux yeux. Elle voulait dormir, elle en avait besoin et elle refusait obstinément de prendre une de ces cochonneries de potion anti rêves. Elle se dit qu'un peu d'exercice serait l'idéal, qu'après quelques brasses, elle tomberait de fatigue. Elle fourra sa baguette dans sa poche et jeta un regard à l'horloge en forme d'hibou accrochée au mur. Quatre heures. Elle soupira d'exaspération et sortit en claquant la porte derrière elle.
Les grottes étaient étrangement vides. Elle se rendit aux sources, à la fois lasse et énervée. Elle ne fit même pas attention à la beauté et à la magie de l'endroit où elle se trouvait. Elle ne connaissait que trop ces lieux et on finit toujours par ne plus accorder d'attention à ce qu'on a constamment sous les yeux. Elle déboutonna sa cape, la plia et la posa sur un rocher. Puis elle passa son débardeur blanc par dessus sa tête et fit glisser son pantalon de pyjama le long de ses jambes. Elle fit de même avec sa culotte et posa le tout avec sa cape. Elle décida de ne pas mettre son maillot de bain. Après tout, il n'y avait jamais personne aux sources à cette heure là. Elle sortit sa baguette de sa cape et lança un sort de réchauffement sur son corps avant de glisser dans le bassin.
Lorsqu'enfin sa peau entra en contact avec l'eau, elle soupira de satisfaction.
Tandis qu'il luttait contre la somnolence, Charlie Weasley sentait une vieille angoisse l'assaillir à nouveau.
Maintenant que le loup avait été introduit dans la bergerie, il se sentait plus menacé que jamais. Une femme sait reconnaître une rivale, il en va de même pour les hommes. D'instinct, Charlie savait qu'il se passait quelque chose entre Hermione et Snape. Il le savait mais il n'arrivait pas à l'accepter. Il considérait toujours la jeune femme comme sienne même si elle avait rompu. Il n'avait pas désépéré à l'idée de la reconquérir un jour. Le seul espoir qu'il lui restait désormais c'était que les sentiments d'Hermione ne soient pas réciproques, que l'ancien mangemort ne veuille pas d'elle. Mais quelque part, le rouquin se doutait que ce n'était qu'une chimère.
Il s'adossa contre la porte en soupirant, puis sursauta lorsqu'il sentit un choc de l'autre côté accompagné d'un grognement animal.
- Du calme, Rémus! gronda t'il en amplifiant son sort de bouclier.
Il regarda sa montre et tapa du pied. Bill était un satané lève-tard et il était tout simplement incapable d'être ponctuel. En effet celui ci arriva un quart d'heure plus tard.
- Tu fais chier, Bill! Il est quatre heures du matin! Tu devais être là à trois heures et demi!
- Oui, je sais... soupira son frère en frottant ses yeux rouges et fatigués.
Charlie regarda Bill, hésitant entre lui faire vainement une leçon de morale et aller se coucher le plus vite possible. Il opta pour la deuxième solution.
- Il a été insupporable cette nuit. Il a fait un boucan effroyable. Je n'aurais pas aimé être dans la même pièce que lui.
- Bah maintenant que Snape est avec nous, il pourra peut être lui préparer la potion Tue Loup.
Charlie lança un regard noir au mur qui lui faisait face.
- Je ne lui fais pas confiance, grogna t'il.
- Oh! Arrêtes! soupira Bill en s'étirant. Tu dis ça à cause de ce qu'il y a entre lui et...
Il finit sa phrase en se mordant la lèvre inférieure, maudissant son manque de sommeil qui lui avait fais commettre une telle bourde.
- Il n'y a rien entre Hermione et ce rat! déclara Charlie d'un ton menaçant. Rien du tout!
- Sois lucide, mon vieux! lui Bill qui décida d'affronter l'aveuglement stupide et borné de son frère. Elle tient à lui, c'est évident. Et lui aussi. C'est pas un gars loquace et il ne montre pas ses sentiments mais la première et la seule personne qu'il a regardée lors du verdict du Conseil, c'est elle.
- Et alors?
- Charlie, c'est évident, non? Il tient à elle. Il a sacrifié son rôle d'espion et a risqué sa vie pour la sauver.
- Normal, c'est également ce que j'aurais fais.
- Oui mais tu n'as pas les responsabilités de Snape et ces sacrifices qu'il a fais pour elle, il ne les a pas fais pour Dumbledore.
Charlie resta silencieux un instant puis haussa les épaules en signe de défaite. Bill lui donna une tape fraternelle sur l'arrière du crâne et lui sourit.
- Ne t'inquiètes pas, frangin. Tout se passera bien.
Son frère soupira et après un "bon courage" lancé à Bill, il s'éloigna dans les couloirs humides et obscurs des grottes. Depuis une heure du matin, il montait la garde devant la cellule où Rémus était enfermé en cette nuit de pleine lune. Il était las.
En revenant de Roumanie, quatre ans auparavant, il n'aurait jamais cru qu'il pourrait tomber amoureux et encore moins de la copine de son petit frère décédé. Il avait entretenu des relations plus ou moins sérieuses mais il n'avait jamais éprouvé de sentiments aussi fort que ceux qu'il ressentait pour Hermione. Elle était la femme de sa vie et malheureusement elle ne semblait pas lui être destinée.
S'appuyant au mur, il gravit les marches de pierres en prenant garde de ne pas glisser. Puis il ouvrit le passage séparant la grotte principale à celle réservée à l'Ordre du Phénix et entra. Il ne s'étonna pas de voir le hall totalement désert et le traversa d'un air absent. Mais il s'arrêta brutalement de marcher lorsqu'il vit quelque chose bouger à sa droite. Sa main se crispa sur sa baguette et doucement il la sortit de sa poche tandis qu'il se tournait vers l'endroit d'où venait le mouvement.
C'était soit Hermione soit une hallucination. Dans tous les cas, c'était une vision magnifique.
Elle se dirigeait vers les sources, de son pas ferme. La douce lumière bleuté de cette nuit de pleine lune passait à travers les quelques fenêtres magiques et éclairait sa chevelure bouclée. Ses hanches en se balançant, l'invitaient à la suivre. Le coeur vibrant de désir, Charlie la dévora des yeux tant qu'elle resta dans son champ de vision mais lorsqu'elle entama sa descente des escaliers et qu'elle disparut, il la suivit.
Snape fut stupéfié par la vision qui s'offrait à lui. Il s'était attendu à découvrir un petit animal ou au pire un promeneur matinal, mais certainement pas une représentation charnelle d'une Vénus anadyomène. Même le tableau de Titien n'était pas à la hauteur de ce qu'il avait face à lui. Une superbe personnification de la féminité.
Jamais l'aspect mythologique de son prénom ne l'avait frappé auparavant mais là, face à elle, il ne pouvait que s'incliner devant le fait que tout était divin en elle. Cette femme avait quelque chose de fondamentalement magique en elle.
Cela s'appelait la grâce.
Hermione... Hermione...
Belle tentatrice...
Elle était apparue, surgissant des eaux. Dans le plus simple appareil comme une déesse grecque.
Elle ne l'avait pas encore vu, toute occupée qu'elle était à ses ablutions.
Il retint son souffle lorsque ses mains glissèrent lentement de ses cheveux à ses seins, fermes et lourds, puis à son ventre, doux et plat, et enfin à ses hanches, larges et appétissantes.
Non, elle n'était pas une incarnation de Vénus, mais plutôt une d'Eve. La tentatrice...
Tout son corps de femme l'appelait à la rejoindre. Ses courbes délicieuses n'étaient faites que pour les caresses, pour la volupté.
Tentatrice... Cruelle, délicieuse, puissante tentatrice.
Ce corps si féminin était la pomme de l'Arbre de la Connaissance. Une belle pomme interdite que Snape avait terriblement envie de croquer.
Il s'avança sans même sans rendre compte, attiré par le reflet de l'eau sur cette peau qu'il devinait douce et chaude.
Le bruit de ses bottes sur la pierre alertèrent la jolie naïade. Elle se redressa et cacha vivement son sexe et ses seins de ses petites mains.
Ils se regardèrent.
Puis, doucement, elle baissa la main qui masquait sa poitrine et la lui tendit. Belle sirène tentant de le séduire et de le noyer. Malgré sa phobie de l'eau, Snape se sentait prêt à la laisser le couler dans les flots si cela pouvait lui permettre de la toucher, ne serait que quelques secondes.
Quelques mètres les séparaient. Une dizaine tout au plus. Il avança, hypnotisé par son regard brûlant, par ses seins mouillés, par ses hanches tentatrices. Il avança encore. Et encore. Il s'approcha peu à peu de cette petite main. Il tendit son bras, mais à peine touchait il le bout de ses doigts qu'un choc brutal le poussa contre une paroi de pierre.
Sa tête tournait à cause de la violence du coup. Il entendait Hermione crier. Il sentait un corps contre le sien, un souffle chaud sur son visage. Il ouvrit les yeux et croisa le regard furieux de Charlie Weasley.
- Enfoiré! grogna le rouquin en lui donnant un coup de poing dans le ventre. Je t'interdis de la toucher, je t'interdis de la regarder, je t'interdis de la désirer! Tu m'entends? Je te l'interdis!
- Miss Granger n'est la propriété de personne Mr Weasley, répondit Snape en tentant de le repousser.
- Charlie, lâches le tout de suite! hurlait Hermione derrière eux.
- C'est un problème à règler entre hommes! grogna t'il en cognant son adversaire à nouveau. Et habilles toi!
Hermione sursauta en reprenant conscience de sa nudité et courut enfiler sa robe sans même remettre son pyjama, puis elle attrapa sa baguette et envoya son patronus à Harry. Elle ne savait pas si elle saurait gérer cette situation toute seule. Elle entendit un bruit sourd et un gémissement de douleur. Elle se retourna et vit Charlie se tenir le front tandis que Snape l'aggripait par le col de sa robe.
- Severus, laisse le! Arrêtes! ordonna t'elle.
Mais aucun des deux hommes ne semblaient l'entendre. Charlie donna un coup de pied dans le genoux de Snape et celui le lâcha. Le rouquin en profita pour lui donner un nouveau coup de poing dans le ventre, mais Snape fut plus rapide, intercepta sa main, et lui donna un crochet du droit dans la mâchoire. Le blessé tomba, tête la première contre les pierres. Hermione hurla. Cependant le rouquin parvint à se redresser un peu et massa sa mâchoire douloureuse. Il ouvrit la bouche et en sortit un bout de dent cassé.
- Arrêtons là cette puérilité Mr Weasley, lui dit calmement Snape. Je crois qu'il serait plus raisonnable de notre part de discuter de notre problème que de nous battre.
Il lui tendit sa main pour l'aider à se relever. Charlie la regarda un instant, l'attrapa puis tira dessus de toutes ses forces pour faire basculer Snape dans le bassin. Il réussit et l'ancien mangemort fut projeté dans l'eau. A peine s'était il remis debout, humilié et en colère, que Charlie lui sautait dessus et le faisait chavirer à nouveau dans les flots.
Le corps de Snape se raidit dès que sa tête fut entièrement immergé. Il n'avait pas peur de la mort, il n'avait pas peur de l'obscurité, il n'était pas un lâche. Mais Merlin! L'eau le paralysait de peur. Il sentait les mains de Charlie le maintenir sous la surface. La panique gonflait en lui. Puissante, brisant toute sa bravoure, tous ses raisonnements, envahissant son esprit et son corps. Il ne bougeait plus.
- Mon Dieu! Charlie, arrêtes! Tu vas le tuer! Arrêtes!
Mais le rouquin gardait ses mains sur les épaules de Snape. Aveuglé par la jalousie, il n'entendait qu'à peine son ex fiancée.
Au dernier moment il la vit sortir sa baguette. Plus prompt qu'elle, il attrapa la sienne et lui envoya un Stupéfix. Elle resta figée par le sort, à le regarder assassiner son amant.
Ne supportant pas de croiser le regard à la fois accusateur et implorant d'Hermione, il reporta son attention sur sa victime.
Snape ne se débattait même pas. Peut être était il déjà mort.
Un Expelliarmus le toucha et Charlie fut projeté contre une paroi de pierre.
Snape était au bord de l'inconscience lorsqu'enfin la pression qui le gardait sous l'eau disparut. Il se redressa immédiatemment, cherchant désespérémment à respirer, à s'arracher des tentacules des flots. Des mains l'attrapèrent par les épaules et lui tapèrent dans le dos pendant qu'il reprenait son souffle. Il entendait des voix autour de lui, mais il ne parvenait pas à se concentrer sur ce qu'ils disaient.
Puis une voix, inquiète et tendre résonna à son oreille.
- Severus, tu vas bien?
Il tourna la tête et rencontra les yeux d'Hermione qui caressait sa nuque.
- J'ai eu si peur, soupira t'elle les larmes aux yeux. Heureusement que Harry est arrivé car Charlie m'a lancé un Stupéfix tandis qu'il essayait de te noyer. Je ne sais pas ce qu'il lui a pris. C'est quelqu'un de très gentil normalement. Je ne l'avais jamais vu aussi violent. Oh Merlin! J'ai eu si peur! Et toi qui ne te défendais même pas! Qu'est ce qui se passait? Pourquoi tu ne bougeais....
Mais elle n'eut pas le temps de finir sa phrase que les lèvres de Snape se posait sur les siennes pour un chaste baiser.
- On discutera ensemble plus tard, dit il d'une voix essouflée. Peut être que tu devrais clarifier les choses avec lui d'abord.
- Oui tu as raison, répondit Hermione en lui souriant, les joues rouges.
- Viens me voir ce soir. On a beaucoup de choses à se dire.
- D'accord.
La jeune femme se leva et se dirigea vers Harry qui tenait Charlie par le col et qui lui faisait la morale.
- Bon sang! Mais qu'est ce qui t'est passé par la tête? Tu es malade ou quoi? Tu étais à deux doigt de le tuer! Si je ne t'avais pas désarmé, il serait mort! Et tu as lancé un sort à Hermione! Comment as tu osé?
- Harry, intervint la jeune femme.
- Quoi? grogna le Survivant en colère.
- Laisse moi faire, occupe toi de Mr Snape, plutôt. Raccompagne le à sa chambre s'il te plait et procure lui une potion anti douleur.
Harry soupira, apparemment mécontent d'obéir à sa demande mais il relâcha Charlie et se dirigea vers Snape qu'il aida à sortir du bassin. Quant à Hermione, elle se tourna vers son ex fiancé et l'attrapa par l'oreille droite.
- Tous les deux, on va discuter un peu, lui dit elle d'un ton menaçant.
- Tenez, dit froidement Harry en lui tendant une fiole de potion anti douleur.
- Merci, répondit Snape en attrapant la fiole sans le regarder.
Il but le contenu et sentit la potion faire effet quasi instantanément. Puis il soupira. Potter n'était pas sorti de sa chambre.
- Vous pouvez disposer.
- Je n'ai pas envie de disposer. J'ai quelques questions à vous poser en fait.
- N'avez vous pas assisté à mon interrogatoire?
- Si, mais...
- Vous aviez l'occasion de me poser toutes les questions que vous vouliez sans que je puisse vous mentir. Si vous n'avez pas profité de cette occasion, vous ne devez vous en prendre qu'à votre incommensurable imbécilité. Sur ce, je vous souhaite une désagréable journée.
Il marcha jusqu'à la porte qu'il ouvrit en grand. Harry lui lança un regard noir mais n'insista pas. Au seuil de la porte, il se retourna pour lui faire face.
- Je suis au courant pour vous et Hermione.
- Grand bien vous en fasse! soupira Snape en lui claquant la porte au nez.
Il fit une grimace de douleur lorsqu'elle appliqua le baume cicatrisant sur sa mâchoire.
- Tu as fais une connerie alors assumes la et arrêtes de chouiner, grogna t'elle en appuyant vicieusement là où il avait mal.
- Je t'ai déjà dit que j'étais désolé.
- Tu peux l'être.
Lorsqu'elle eut fini de le soigner, elle pointa une chaise du doigt et il alla s'y asseoir silencieusement. Elle sortit une bouilloire, deux tasses et une boîte de thé. Elle fit apparaître un feu dans sa cheminée et fit léviter la bouilloire au dessus. Puis elle prit place en face de Charlie, en attendant que l'eau soit chaude.
- Alors? demanda t'elle froidement. Qu'est ce qui t'a pris tout à l'heure?
- Ce qui m'a pris? répéta Charlie, sentant la colère remonter en lui. Oh je ne sais pas. Peut être que j'ai été légèrement contrarié de voir un sale type mater mon ex fiancée complètement nue. Ou alors que j'ai été un peu énervé de voir ladite ex fiancée inviter ce connard à la rejoindre dans l'eau! A ton avis, Hermione, qu'est ce qui a bien pu me pousser à tabasser Snape tout à l'heure?
- Ma relation avec Severus Snape ne te concerne absolument pas! Et puis qu'est ce que tu faisais dans la grotte à cette heure ci?
Charlie gigota dans son fauteuil et murmura quelque chose qu'elle n'entendit pas.
- Pardon?
- Je t'ai vue te rendre aux sources et je t'ai suivie, répéta t'il un soupçon plus haut.
- Pff... alors tu étais là depuis le début! Tu peux bien parler sur Severus Snape! Toi, tu me regardais me baigner depuis une heure quand il est arrivé! Tu n'es qu'un voyeur!
- Ce n'est pas vrai! répliqua Charlie, les épaules basses. C'est juste que tu me manques et ... je ne sais pas... quand je t'ai vue marcher... je n'ai pas réfléchis. J'avais juste envie de te regarder.
Hermione soupira et se leva pour retirer la bouilloire et servir le thé. Elle ouvrit une boîte de biscuits au chocolat et en grignota un, les yeux dans le vide.
- Tu sais, Charlie, j'ai essayé d'être patiente avec toi. De ne pas être brutale. J'ai peut être fais une erreur.
- Qu'est ce que tu veux dire? demanda le rouquin en attrapant un biscuit sur la table basse.
- Je suis amoureuse de Severus Snape, dit elle simplement.
Et là, Charlie tenta de se lever de son fauteuil, de fuir cette réalité qu'elle lui jetait violemment à la figure. Il ne voulait pas savoir, il voulait vivre avec ses illusions.
- Assis toi! ordonna Hermione.
- Non, je ne veux rien entendre de plus!
- Pour un ancien Gryffondord, je trouve que tu te conduis comme un lâche! lui lança t'elle. Un jour ou l'autre tu seras confronté à la vérité, au fait que lui et moi nous nous aimons. Alors agis comme un homme et écoute ce que j'ai à te dire. Après cela, tu pourras enfin faire le deuil de notre relation et envisager une nouvelle histoire avec une autre femme. Mais tant que tu t'entêtera à croire que tu pourras un jour me reconquérir, tu n'avanceras à rien. Alors assis toi, maintenant!
Sans un mot, il repris place dans le fauteuil et regarda droit devant lui, ne parvenant pas à croiser son regard. Il se sentait faible tout à coup. Minable.
- J'ai commencé à me lier d'amitié avec lui quelques temps après être entrée à son service. Au début nos relations étaient plutôt conflictuelles mais avec le temps j'ai appris à le connaître et nous avons décidé de faire une trêve. Je ne vais pas te raconter les détails mais je me suis rendue compte de mon attachement pour lui lorsqu'il a ramené une femme au manoir. Je suis devenue jalouse. Il n'y a rien eu de plus qu'un rapide baiser volé à un moment désespéré. Puis je l'ai cru mort lors de l'attaque du manoir par Ross, Malcolm et Simon. Maintenant je suppose que tu comprends pourquoi j'étais si triste et pourquoi j'ai rompu avec toi. Au lieu de me rendre directement en France, j'ai été à un endroit où... et bien qui était rempli de souvenirs. C'est là que je l'ai retrouvé. Vivant. Je suis restée avec lui jusqu'à ce qu'il reprenne des forces puis nos rôles respectifs dans cette guerre nous ont obligés à nous séparer. Je me suis rendue à Paris et là tu connais la suite.
- A Paris, tu avais l'air triste, commenta pensivement Charlie.
- Je sais, soupira Hermione. Disons que ma séparation avec Severus ne s'est pas passée dans d'excellentes conditions...
Le rouquin prit sa tête entre ses mains. Il sentit Hermione lui caresser l'épaule.
- Tu sais, on peut rester quand même amis.
- Ce n'est pas pareil, soupira t'il.
- C'est tout ce que j'ai à t'offrir.
Charlie prit sa main et la garda entre les siennes. Il avait le choix. Soit il persistait à la poursuivre et perdait à la fois son amour et son amitié, soit il acceptait son offre et refoulait ses sentiments. Il hésita quelques secondes puis la regarda, les larmes aux yeux, un sourire mélancolique aux lèvres.
- De toute façon je crois que nous avons toujours été plus des amis que des amants.
- Je le crois aussi, dit elle avec un sourire tendre.
Elle respira profondément, lissa sa robe, passa sa main moite dans ses cheveux indomptables et enfin frappa à la porte. Quelques secondes passèrent puis elle s'ouvrit, laissant apparaître le visage pâle de Severus Snape...
