Résumé : Près de trois ans après la dernière Guerre Sainte, les Chevaliers d'Or, Spectres, Marinas et Guerriers d'Odin reviennent à la vie. Mais qu'est-ce que ça cache ? De plus, les cinq chevaliers de bronze semblent avoir mûri et bien changé durant ces années… Entre surprise de taille (et pas toujours agréable), romance, plus ou moins facile, et action, tous vont devoir réapprendre à vivre, et à vivre sans guerre, ni combats…
Disclaimers : Les personnages appartiennent à Masami Kurumada.
Genres : Action-aventure / Romance / Yaoi
Rating : +18ans
(Première publication : 06/08/2017)
Note de l'auteur
Bonjour/Bonsoir à toutes et à tous !
La suite des aventures de nos bishonen est enfin arrivée ! (Pour ceux qui ne parlent pas un mot de japonais, ça veut dire « jolis, mignons, canons garçons » ^^) J'espère que vous les apprécierez toujours autant et que la suite vous enchantera ! Sans plus attendre, je vous laisse à votre lecture !
/ ! \ Ce chapitre n'a pas été bêta-lu et corrigé ! Je m'excuse pour les fautes que vous pourriez trouver !
Bonne lecture !
/ ! \ ANNONCE / ! \
Nearkadia ne me donnant plus de nouvelles, je recherche un ou une autre bêta ! Au moins le temps que j'en sache plus sur sa situation. Il suffit de m'envoyer un MP si vous êtes intéressé(e). Et, sachant que j'ai plusieurs projets sur One Piece, j'espère que travailler sur ce fandom ne vous dérangera pas. Merci de votre attention !
Cohabitation
4 février
Deux jours s'étaient écoulés et personne n'était mort. C'était une victoire. Surtout en tenant compte du lourd passif entre les différentes factions présentes au Sanctuaire. On pouvait même dire que les choses se passaient miraculeusement bien.
Malgré la tension qui habitait certains anciens adversaires lorsqu'ils se trouvaient en présence de l'autre, il n'y avait jamais eu de débordements. Ils avaient même fait l'effort de se montrer courtois, bien que le cœur n'y était pas vraiment. Pas encore, du moins.
Le seul réel problème était l'attitude des Marinas envers Saga. Lui et Kanon n'avaient toujours pas pu s'expliquer, le Dragon des Mers ignorant royalement son aîné. De ce fait, les Généraux et Thétis suivaient son exemple, en soutient muet pour leur grand frère. Et bien que cela ne gêne pas véritablement la paix, la tension et la colère accumulées étaient dangereuses. Elles pourraient se révéler problématique sur le long terme. Or, si Saga tentait d'arranger sa relation avec son cadet, ce n'était pas le cas pour ce dernier, qui ne faisait absolument aucun effort.
Kanon en avait tout simplement assez. Il était las. Las de tout cela.
Il avait toujours été celui qui pardonnait, qui encaissait, qui souffrait. Il avait toujours tout passé à Saga, peu importait la gravité de ses actes ou le mordant de ses paroles. Il avait toujours tout fait pour conserver un semblant d'amour fraternel entre eux. Au point de ce faire parjure, traître, esclave. Il avait fait absolument tout et n'importe quoi pour Saga.
Cela n'était pas réciproque. Cela n'avait jamais été réciproque.
Kanon savait que le seul à blâmer était Christiannos. Cependant, il ne pouvait s'empêcher d'en vouloir à Saga. Saga qui était très doué pour le blesser, même quand il ne voulait que son bonheur. Kanon savait que son frère l'aimait, bien qu'il ne sache pas le prouver.
C'était tout ce que Kanon demandait. Une preuve. Une toute petite preuve que son frère l'aimait autant que lui l'aimait. Alors pour une fois, ce sera à Saga de venir à lui. Ce sera à Saga de se battre bec et ongles pour lui, au lieu de partir déprimer dans sa chambre et commencer une grève de la fin. Ce sera à Saga de l'aimer.
Et s'il en était incapable...
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- Je ne sais pas si j'en serais capable...
Ces mots se perdirent dans le calme de la plage déserte, comme aspirés par les vagues et engloutis par les profondeurs mystérieuses de l'océan. Ces mêmes profondeurs qui lui avaient volé son frère...
Non, se corrigea Saga, pas volé. Kanon avait tout simplement préféré ces dernières à lui. À Athéna, au Sanctuaire et à leurs frères d'armes. Mais surtout à lui.
Assis sur un des nombreux rochers parsemant le sable, le Gémeaux savait qu'il dramatisait. Son cadet lui avait plus d'une fois expliqué les raisons de son départ, de son incapacité à rester dans ce lieu cauchemardesque pour lui et son ressentiment pour la divinité guerrière aussi puissant qu'au premier jour. Quand bien même, Saga ne comprenait pas. Il en était incapable.
Un sourire empli de dérision s'invita sur ses lèvres. Encore une chose qu'il ne pouvait faire pour son petit frère. Serait-il jamais capable d'accomplir quoi que ce soit de bien pour lui, de lui montrer que même s'il ne comprenait pas toujours ses choix, au moins les respectait-il ?
Un rire sans joie effraya une pauvre mouette. Qui essayait-il de convaincre ? Depuis toujours, Saga avait condamné chaque décision qu'avait pu faire son cadet. Il s'était insurgé lorsque Kanon insultait Christiannos dans leur enfance (alors que ce n'était qu'un monstre tordu), l'avait haï lorsqu'il avait tué leur maître (pour apprendre que c'était en fait lui, le meurtrier), l'avait condamné à une mort longue et douloureuse lorsqu'il avait voulu tué Athéna (bien qu'il ait eu raison, la punition avait certainement été exagérée et cruelle) et lui avait craché les pires injures en apprenant qu'il choisissait d'être un Marinas plutôt que Chevalier (tout en sachant qu'il n'aurait été que remplaçant et donc à peine reconnu par ses pairs).
Avait-il une seule fois fait quelque chose de bien pour son cadet ?
Non. Jamais.
Alors que Kanon avait déjà prouvé être capable du pire comme du meilleur pour son lui.
Saga se prit la tête entre les mains, submergé par la culpabilité et le désespoir. Quel genre de frère était-il, lui qui faisait continuellement souffrir son jumeaux ? Quel genre d'homme était-il pour s'acharner sur la personne qui lui était la plus précieuse ? Pourquoi ne pouvait-il pas s'excuser ?
Ce n'était pourtant pas l'envie qui lui manquait. Mais Saga ne savait pas s'excuser. Son maître y avait veillé en lui enfonçant dans le crâne qu'un « être d'une telle perfection ne devait jamais s'excuser. C'était forcément les autres qui étaient en tord ». Il ignorait comment se faire pardonner. Son suicide face à Athéna était la seule chose qui lui avait semblé acceptable, à l'époque. Il doutait que cela soit approprié dans le cas présent.
Peut-être que la solution était de s'éloigner de lui... Saga en souffrirait, mais au moins était-il sûr de ne plus faire de mal à Kanon. Celui-ci pourrait alors profiter de la vie sans plus avoir à se soucier d'être à nouveau comparé à son frère trop parfait. Après tout ce temps passé dans l'ombre, peut-être était-il temps que le Gémeaux lui cède sa place dans la lumière, pendant qu'il irait rejoindre les ténèbres. Cela ne serait qu'un juste retour des choses...
Une présence attira soudain son attention. Saga releva la tête, surprit. Il s'était tellement plongé dans ses pensées qu'il ne l'avait pas senti arriver. Il se figea en voyant de qui il s'agissait.
Thétis de la Sirène marine le toisait avec froideur. Cela n'étonna pas le grec, qui s'habituait de plus en plus à l'hostilité adressée par les Marinas. Non pas qu'il pouvait leur en vouloir. Il était évident que ceux-ci se souciaient profondément de son frère. C'était l'une des rares choses positives que Saga trouvait dans toute cette situation.
Il la salua par pure politesse, ne s'attendant pas à une réponse. A sa plus grande surprise, la jeune femme lui renvoya sa salutation, après plusieurs secondes de silence pesant et visiblement à contrecœur. Elle enchaîna ensuite sans le moindre complexe :
- Vous avez la tête d'un cadavre de noyé après six semaines de trempette.
Si le Chevalier ne réagit pas à la comparaison peu flatteuse, le vouvoiement la chagrina. Il était le seul que les Marinas refusaient de tutoyer. Saga savait parfaitement qu'ils s'employaient simplement à créer une distance aussi physique qu'oral. Pour lui signifier combien le mépris ressentis par les serviteurs du Dieu marin était puissant.
- Arrêter de faire cette tête de chien battu ! réprimanda sèchement la blonde. Kanon n'a jamais fait ce genre d'expression !
- Je ne suis pas Kanon...
- Ça, merci, je l'avais remarqué ! Mais c'est dérangeant de voir un visage presque identique au sien avec ce genre de mimique !
Saga retint un soupir. Si cela continuait, il allait égaler le record de son frère et déclencher une deuxième guerre à lui tout seul. Tout cela à cause de quelques paroles malheureuses prononcées sous le coup de la colère, de l'incompréhension et de bien d'autres émotions.
Thétis finit par détourner son regard vers la mer et l'interrogea platement :
- Et sinon, qu'est-ce qui vous tourmente autant ?
- En quoi ça vous intéresse ? fit-il avec surprise.
- En rien. Mais comme je l'ai dis, je n'aime pas voir ce genre d'expression sur le visage de Kanon. Or, comme il semble que vous ne semblez pas près d'arrêter, je me suis dis que le meilleur moyen de les faire disparaître était de s'attaquer à la racine du problème.
Saga eut un pauvre sourire, qu'il cacha très vite lorsque les yeux de la Courantine se posèrent sur lui. Il baissa la tête, laissant ses longues mèches masquer partiellement son visage.
Que pouvait-il lui dire ? Bien que faisant partie de l'équation, la blonde ne pouvait résoudre son problème. Le seul qui le pouvait était Kanon. Seulement après pourrait-il tenter d'arranger la situation avec les Marinas. La Sirène ne pouvait rien faire pour lui.
Sauf, peut-être, répondre à une question...
-... Est-ce qu'il est heureux ? s'enquit Saga dans un murmure.
- Pardon ?
-... Kanon. Est-ce qu'il est vraiment heureux maintenant ? Loin de m- du Sanctuaire ?
Le Gémeau attendait sa sentence, résigné. Thétis le considéra plus en détails. Elle n'avait pas manquait le lapsus du grec, ni ses poings resserrés sur ses genoux. Il semblait évident que le bien-être de son frère lui tenait à cœur. Peut-être que le frère de Kanon n'était pas aussi infréquentable qu'elle se l'était imaginé.
-... Oui. Il nous a avoué de lui-même qu'il n'avait jamais été aussi heureux qu'avec nous.
Saga sentit son cœur se brisait. Alors c'était bien vrai, son petit frère était réellement mieux sans lui, après tout…
- Pourtant, on peut tous voir qu'il manque une chose pour que son bonheur soit complet.
Le Gémeaux releva si vite la tête qu'il manqua de se faire le coup du lapin. Thétis le fixait avec une expression indéchiffrable. Elle lui tourna le dos et, s'éloignant, ajouta :
- Moi qui pensais que les Chevaliers ne baissaient jamais les bras, il semblerait que vous soyez l'exception qui confirme la règle. Peut-être que si vous arrêtiez de jouer les reines de drame et ressortiez votre esprit combatif, vous ne ressembleriez pas à une telle lavette.
Saga fut sonné par ses paroles. Tellement qu'il ne chercha pas à la rattraper.
Une reine de drame ? C'était donc à cela qu'il ressemblait ? Un personne qui ne savait que pleurer sur son sort sans chercher à l'arranger ?
Le souvenir de son enfermement dans sa chambre suite au départ de son frère lui revint en mémoire. Immédiatement, la consternation le saisi. Qu'était-il devenu ? Où était passé l'admirable Chevalier que l'on disait l'égal d'un Dieu ? Même s'il n'avait pas été exempt de tout défaut, au moins était-il encore à même d'affronter ses problèmes au lieu de les fuir ou de faire l'autruche.
Une détermination nouvelle s'empara du Gémeaux. Elle éclipsa toutes ses émotions négatives qui tourbillonnaient en lui.
Non. Saga refusait de continuer ainsi. Comme un enfant pourri-gâté à qui on aurait refusé un bonbon. Non. Il était temps qu'il se réveille, qu'il enlève ses œillères et qu'il reprenne sa vie en main. Pour changer. Il était temps qu'il se secoue et qu'il se donne les moyens d'atteindre ses objectifs, plutôt que de rester passif et d'attendre que tout lui soit dû.
Il allait se battre. Il allait se battre, affronter tous les obstacles qui se mettraient sur sa route. Il allait se battre et il allait gagner. Pour Kanon. Et pour lui.
Pour une fois, ce sera à lui de prouver son amour à son frère.
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Milo pesta tout en descendant l'escalier zodiacal. Tous ses plans pour la journée étaient fichus. Lui qui avait compté pouvoir passer une journée tranquille avec Camus, c'était raté. Au lieu de cela, il s'était vu littéralement virer du Onzième Temple par son compagnon.
La raison ? Camus voulait rattraper le temps perdu avec ses disciples. Et rien qu'avec ses disciples. Donc, lorsque Isaak, Cristal et Hyôga avaient débarqué, c'était tout naturellement que le Verseau l'avait mis à la porte sans aucune considération pour sa part. Si les deux Chevaliers l'avaient regardé avec compassion (quoique avec un peu d'amusement mêlé), le Kraken, en revanche, ne s'était pas retenu de rire face à sa situation, le sale gosse.
Résultat, Milo se retrouvait abandonné et il n'était même pas dix heures. La vie était mal faite.
Cependant, le Scorpion devait admettre que sa relation avec le Verseau avait bien progressé, par rapport au cœur brisé qu'il avait l'habitude d'avoir. La promesse de Camus juste avant de le sortir de son Temple, qu'il lui réservé sa soirée, en était la preuve. Le français avait eu un adorable - de son point de vue - petit rougissement sur ses pommettes qui avait complètement fait craqué le grec. S'il n'avait pas su que Camus l'aurait surgelé pour cela, Milo l'aurait embrassé.
Ce n'était pas la première fois que Camus lui témoignait son affection. Mais ces marques étaient encore si rares sue Milo avait appris à les savourait. Il fallait dire qu'ils étaient parti d'une relation totalement et exclusivement platonique. Cela avait été difficile pour le Scorpion de se restreindre, mais il avait été tellement content de pouvoir enfin, enfin être avec l'homme de sa vie qu'il aurait pu soulever des montagnes.
Puis, petit à petit, Camus s'était mis à le toucher. Un frôlement de main par-ci, un léger contact du genoux par-là. Lentement, le magicien de l'eau et de la glace avait commencé à réduire la distance entre eux, se rapprochant autant physiquement que sentimentalement. Tout cela en seulement deux semaines. Cela promettait pour la suite.
Milo avait l'impression d'être sur un petit nuage tant il était extatique. Enfin, cela aurait été le cas s'il ne s'était pas fait renvoyé comme un malpropre.
- On dirait que quelqu'un est de mauvaise humeur !
Sorti de ses pensées, Milo s'aperçut qu'il avait atteint le Dixième Temple. En face, Shura et DeathMask s'apprêtaient visiblement à monter.
Contrairement à la plupart des habitants du Sanctuaire, le Scorpion avait toujours eu une bonne relation avec eux. Ayant formé le quatuor d'assassins, avec Aphrodite, ils avaient parfois été obligé de se côtoyer, notamment pour certaines missions.
(Milo n'avait d'ailleurs toujours pas digéré l'intervention du Poisson dans son combat sur l'île d'Andromède. Il n'admettait pas que « s'ennuyer » était une excuse valable pour tuer Albior de Céphée alors qu'il l'affrontait.)
Le grec leur ressemblait bien plus que beaucoup de personne ne le pensait. S'il n'était pas aussi cruel que le Cancer ou le Poisson, le Capricorne et lui avaient indubitablement un côté sadique qui leur interdisait de jeter la pierre aux deux premiers.
- Salut. Vous allez voir Aphrodite ?
- Ouaip. Il nous a invité à déjeuner puis à une partie de thé, ricana DeathMask, amusé par les lubies de son amant. Et toi ? T'es pas avec Camus ?
- Il fait une réunion maître-élève où je ne suis pas convié, ronchonna Milo.
- Désolé pour toi, compatit Shura. Pourquoi tu ne viendrais pas avec nous, dans ce cas ? Je suis sûr que ça ne dérangera pas Aphro.
- Ce sera le contraire, tu veux dire, fit le Cancer. Il sera carrément fou de joie vu que ça fait un baille qu'on s'est pas retrouvé tous les quatre.
- C'est d'accord, accepta le Scorpion. J'ai rien de mieux à faire, de toute façon...
Son expulsion lui restait vraiment en travers de la gorge... Mais il décida que puisque Camus allait s'amuser durant toute la journée, lui aussi en avait le droit. Avec les trois pires crapules du Sanctuaire (oui, Shura en était une, même s'il le camouflait parfaitement bien avec sa soif de justice). D'ailleurs, il était curieux d'entendre les derniers potins qu'Aphrodite ne manquerait pas de leur annoncer. Surtout maintenant qu'il y avait les délégations de présentes.
Sur ses pensées, le grec effectua un demi-tour quasi-militaire et repartit à l'assaut de l'escalier zodiacal. En chemin, il en profita pour discutailler avec ses amis, heureux de les retrouver après avoir passé la plupart de son temps libre avec son compagnon.
Ils arrivèrent au Temple des Poissons au bout de quelques minutes. Sans prendre la peine de s'annoncer, ils entrèrent, sachant que le suédois les attendait dans son jardin. Une fois là-bas, ils le repérèrent facilement.
Aphrodite virevoltait autour d'une table de jardin en fredonnant gaiement. Il s'affairait à la dresser, ajoutant là une rose, redressant une serviette, alignant les sucres... jusqu'à ce qu'il les remarque.
- Tient, Milo ? Je ne savais pas que tu te joindrais à nous.
- Son iceberg l'a viré pour faire une réunion polaire, se moqua DeathMask, s'attirant le courroux du Scorpion.
- N'appelle pas Camus un iceberg !
- Il a raison, Deathy, le réprimanda le Poisson. Appeler Camus un iceberg serait de très mauvais goût ! (Milo crut avoir gagné un allié, mais déchanta très vite) C'est un mot beaucoup trop barbare pour devenir un doux et affectueux petit surnom. « Mon glaçon » sonne beaucoup mieux ! Oh, mieux ! « Mon flocon de neige » !
-... Tu te rends compte de ce qu'il pourrait m'arriver si j'appelais Camus « mon flocon de neige » ?
- Il te transformerait sûrement en bonhomme de neige ou statue de glace. Mais que serait l'amour sans un peu de danger ! Mais quel mauvais hôte je fais, asseyez-vous donc ! Le thé est presque prêt.
-... Aphro, tu sais qu'en général, les parties de thé se font dans l'après-midi, après avoir déjeuné ?
- Oui, et alors ?
-... Non rien, abandonna Shura.
- Bien ! Mettez-vous à l'aise, je reviens !
Aphrodite disparut dans sa Maison, laissant ses trois amis s'installer. Il revint rapidement avec une théière d'où s'échappait de chauds volutes de vapeur. Il fit le tour de la table, remplissant chaque tasses, et s'assit à son tours.
Le fumée s'échappant du thé ne trompait pas : il était parfumé à la rose. Ce n'était pas étonnant, on parlait du Chevalier qui avait su faire des ses fleurs inoffensives de redoutables et mortelles armes. Mais si celui-ci appréciait sa boisson nature, ce n'était pas le cas des trois autres. DeathMask la saturait de sucre, Milo de lait et Shura se contentait d'un petit nuage de crème avec un demi-sucre. Cela avait d'ailleurs été un long débat entre eux que de savoir quelle était la meilleure façons de boire un thé.
(Ce qui, après coup, n'avait pas manqué de mortifier le Cancer. Il s'était plain pendant des heures que le côté fille du Poisson déteignait sur lui et que si quiconque venait à apprendre la teneur de leur conversation, sa réputation serait fichue.)
- Alors Aphro, quels sont les nouvelles ? s'enquit Milo tout en sirotant sa boisson. Je dois avouer que j'étais tellement concentré sur Camus que je n'ai pas suivi les derniers potins.
- Comme si on n'avait pas remarqué…
Le cancer grimaça en recevant un coup de coude de la part du Scorpion. Le Poisson réfléchit un instant avant qu'un sourire malicieux ne se dessine sur son visage.
- Vous saviez que Shun est amoureux ?
- Sérieusement ? s'exclama Shura.
- Oui. Il me l'a dit il y a quelques jours, lorsque je l'ai interrogé. En même temps, j'étais sûr qu'il y avait anguille sous roche. Son attitude était beaucoup trop bizarre pour être honnête.
- Ce sont toujours ceux qui ont l'air le plus innocent qui cache leur jeu, déclara DeathMask avec une moue amusée.
- Et donc ? Qui est l'heureux élu de notre chère Andromède ? voulu savoir Milo, curieux.
- Secret défense.
-...
-... Hein ?!
- Tu vas quand même pas nous laisser poireauter comme ça ! Aphro ! geint le Cancer.
- T'en as trop dis ou pas assez ! renchérit Shura.
- Désolé les garçons, ma bouche restera scellée sur ce point, trancha fermement le suédois. J'ai promis à Shun que je ne dirais rien à ce sujet, donc je me tairais. Pour l'instant.
Les trois d'origine méditerranéenne se mirent presque à bouder. C'était bien le Poisson d'annoncer une nouvelle incroyable puis de les laisser sur leur faim. Il adorait se faire désirer. D'un autre côté, ils savaient que si Aphrodite en parlait malgré son serment, c'était que la situation n'évoluait pas de la manière dont il le voudrait. Autrement dis, l'adonis n'allait pas tarder à fourrer son grain de sel dans l'affaire. Lorsque cela arrivera, nul doute qu'il leur dira tout.
La discussion reprit, plus calme. Ils échangèrent surtout sur les récents événements et sur leur ressenti concernant leurs invités. Ils avaient la même rancœur contre Rhadamanthe, qui les avait traité comme de véritables déchets lors de la guerre. Mais justement, cela avait été la guerre. Eux-mêmes étaient assez mal placés pour lui jeter la pierre, vu comment ils traitaient leurs vict- leurs adversaires.
L'heure du déjeuner arrivait à grand pas, lorsque Aphrodite s'attaqua au Capricorne.
- Au fait, Shura, ça avance comme tu veux avec ton petit agneau ?
-... Pardon ? Je ne vois pas de quoi tu me parles.
- Mais siii ! De toi. Et de Mü. Qui vous voyez trois à quatre fois par semaine...
- QUOI ?! s'exclama DeathMask, manquant de tomber de sa chaise.
- T'es avec MÜ ?! s'égosilla Milo, les yeux écarquillés.
- NON ! Bien sûr que non ! Nous sommes simplement amis ! se défendit l'espagnol.
- C'est ça, oui, se moqua Aphrodite dans sa tasse.
- C'est la vérité !
- Vous êtes effectivement ami, agréa facilement le suédois ; trop facilement. Mais mon petit doigt me dit que cela changera dans un proche futur.
- Tu prends tes rêves pour la réalité, Aphro.
- Ose me dire que notre cher réparateur d'Armure te laisse indifférent.
-... J'avoue qu'il est plutôt plaisant à regarder, mais c'est tout. Je n'ai aucun sentiment pour lui autre que de l'amitié et de la fraternité.
-... Je ne t'imaginais pas aussi fleur bleue, Shura, fit le Cancer avec surprise, tandis que le suédois le fixé, bouche bée.
- Que-
- Oh mon Dieu ! Shura a été corrompus par les sentimentalistes extrémistes ! Il est devenu convaincu qu'aucune relation n'est possible sans un amour pur, sincère et véritable ! Deathy, console-moi !
L'espagnol observa, éberlué, son ami faire semblant de pleurer dans les bras de son amant.
-... D'accord. Il se passe quoi, là ?
- Ce que veux dire Aphro, c'est qu'il est rare que l'amour soit présent au commencement d'une relation, expliqua patiemment Milo, d'un air professoral qui rappelait Camus. La plupart du temps, tout commence avec une simple attirance, physique ou intellectuelle. Tomber amoureux au premier regard et extrêmement rare, et cela n'est généralement valable que pour un des deux. L'amour est un sentiment qui se construit grâce à une relation, pas l'inverse.
- Ah ! Maintenant c'est Milo qui se prend pour un poète ! Deathy, nos amis ont basculé du côté lumineux de la force ! Qu'est-ce qu'on va deveniiir !
Ils écoutèrent le suédois pleurnicher sur leur hypothétique ralliement aux puissances de la lumière. Leur ami pouvait faire de ces scènes, parfois...
- Nan mais sérieusement, Shura, pense-y, fit le Cancer avec un rare sérieux. Ça en vaut peut-être la peine et si ça ne marche, ben tant pis. C'est que c'était pas le bon, c'est tout.
Le Capricorne ne trouva rien à répliquer. Ce n'était pas souvent que DeathMask donnait des conseils, mais lorsqu'il le faisait, ils étaient généralement bons.
Shura eut soudain accès à des possibilités auxquelles il n'aurait même pas pensé. Cela pourrait être intéressant de les considérer. Il s'entendait vraiment bien avec Mü. Il y avait peut-être une chance pour que cela devienne plus que de l'amitié ou de la fraternité, qui savait ?
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- Je n'aurais jamais cru rencontrer une personne au génie comparable au mien, je dois dire. Et certainement pas dans ces conditions.
- Je sais, j'en suis tout aussi surpris. D'un autre côté, je ne peux que m'en réjouir.
Eaque et Albérich échangèrent un sourire de connivence. Ils s'étaient - enfin - rencontré et ils ne leur avaient suffit que de quelques minutes de conversation pour se jauger et s'apprécier.
Les collègues du Garuda avaient pourtant tout fait pour retarder cette inévitable échéance. Ils avaient tenu bon pendant trois jours, avant que le népalais ne leur glisse entre les doigts. Celui-ci trouvait la réaction des deux autres Juges aussi amusante qu'agaçante. Il voulait simplement discuter avec quelqu'un d'aussi génial que lui, pas comploter pour détruire l'univers. Bien qu'il serait intéressant de les laisser croire le contraire...
Heureusement pour lui, Albérich avait été facile à trouver. Comme Eaque le pensait, il s'était installé à la bibliothèque, sans doute attiré par la perspective d'en découvrir plus sur le Sanctuaire et les Chevaliers.
Le jeune n'avait pas été surpris de le voir arriver. Il avait même déploré l'ingérence des Spectres dans leurs affaires, avouant indirectement que lui aussi avait attendu cette rencontre. Cela avait donc été tout naturellement que Eaque s'était assis face à lui et que Albérich avait mis de côté le livre qu'il lisait auparavant pour commencer à converser.
Ils s'étaient compris dès le premier mot. Leur manière de pensée, de réfléchir était pratiquement identique. Chacun arrivait à lire entre les lignes de l'autre. Bien sûr, ils s'étaient testés au départ, cherchant les limites, les obstacles rencontrés par « l'adversaire ». Ils avaient été surpris de constater qu'elles étaient similaires aux leurs, mais également ravi.
C'en était suivi des jeux d'esprit, des débats simples et même, quelques conspirations, afin d'être sûr de comprendre l'intellect de l'autre.
Le résultat avait été à la hauteur de leur espérance.
Excités par cette découverte, ils avaient voulu en apprendre plus sur la personne derrière ce cerveaux exceptionnel. Tout restant suffisamment vague pour ne rien dévoiler de secret-défense, Eaque avait parlé de son travail aux Enfers, des autres Spectres et même de sa - future - relation avec Kagaho. Albérich avait rebondi sur ce propos pour deviser sur Bud, son propre compagnon, avant d'élargir aux autres Guerriers et sur Asgard. Il avait pris cinq bonnes minutes pour ce moquer de l'aristocratie de son pays, rapidement soutenu par le Garuda.
Ils passaient un merveilleux moment. Honnêtement. Une nouvelle fois, ils s'étonnaient que la communication soit aussi facile entre eux. Certes, ils n'avaient pas de passif direct entre eux, mais Odin avait toujours soutenu Athéna et lui avait quelque fois prêté main forte au fils des siècles. Cela faisait d'eux -jusqu'à présent - des ennemis. Pourtant, on aurait pu croire que c'était le contraire.
Était-ce si facile que cela d'enterrer la haché de guerre ? Avaient-ils toujours, inconsciemment, recherché la paix entre les différentes divinités pour arriver à mettre derrière eux des décennies d'enseignements et de haines ?
Quelque soient les réponses, ils ne pouvaient que se réjouir de la tournure qu'avaient pris les événements.
Un bruit, indiquant l'arrivée de quelqu'un, détourna les deux génie de leur conversation pour en voir l'auteur. C'était le tristement célèbre Kanon du Dragon des Mers, qui marchait d'un pas lourds à travers les allées. Son visage sombre montrait qu'il n'était pas venu dans ce temple de la connaissance pour s'instruire.
Percevant qu'il était observé, le grec se tourna vers eux, un instant surpris, avant de croiser leur regard curieux.
- Désolé si je vous dérange, je vais aller ailleurs, dit-il en faisant demi-tour.
- Tu ne nous déranges pas, assura immédiatement Albérich, l'arrêtant. Mais puis-je te demander ce qui t'amènes ici ? Tu ne sembles pas être d'humeur à lire...
- Je me cache de mon frère.
Le ton mi-colérique, mi-las du Général laissait à penser que l'histoire entourant les jumeaux n'était pas prête d'être terminée.
Ni Eaque, ni Albérich ne firent de commentaire. Ils lui proposèrent plutôt de se joindre à eux, ce que le grec, après un coup d'œil vers le roux, accepta.
Le Guerrier comprenait sa surprise. Ses collègues n'avaient jamais caché le ressentiment qu'ils avaient envers l'investigateur de la guerre entre Athéna et Hilda, même s'ils ne l'avaient jamais laissé s'exprimer. Albérich trouvait cela stupide. Surtout maintenant que tous les tords avaient été redressés et que le Marinas avait expié ses fautes. A la place, il lui portait plutôt de l'admiration. C'était, après tout, l'homme qui avait réussi à manipuler un Dieu, exploit unique dans toute l'histoire connue.
Le roux l'interrogea d'ailleurs sur le sujet, intéressant instantanément le népalais et détournant efficacement le trentenaire de ses pensées moroses. C'était le début d'une belle amitié, qui n'allait pas manquer de faire blanchir plus d'un cheveux dans les prochaines semaines.
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Pandore reprit un cookies. Elle croqua une petite bouchée, attentive à ne pas mettre de miettes sur sa robe. La jeune fille ne le lassait pas du goût nouveau qu'avaient ces petites pâtisseries. Elle qui ne connaissait que les gâteaux secs, parfait pour tremper dans une boisson chaude mais horrible à manger seuls, elle jouissait de cette découverte. Ils croquaient sous la dent puis fondaient dans la bouche en distillant leur goût riche et unique. De véritables petites merveilles.
- Souhaitez-vous que je vous laisse en tête à tête avec ses quelques cookies ? s'enquit poliment Shion amusé.
- Je serais presque tenter de vous répondre oui. Malheureusement, se serait contraire à la raison de votre invitation, je me dois donc obliger de décliner votre alléchante proposition.
Ils échangèrent un sourire, légèrement mal-à-l'aise. Shion avait toujours en tête les deux siècles de préparation pour affronter Hadès, et Pandore avait encore quelques ressentiments pour les « Ors renégats », qui l'avait bernée comme un débutante. Mais tous deux ne dirigeaient pas les troupes de leur divinité respective pour rien, et savaient à quel moment la raison devait l'emporter sur les sentiments.
Le Grand Pope avait justement voulu profiter de cette fonction qu'ils partageaient comme d'un point de départ pour une future amitié. Il avait donc invité l'Intendante à venir discuter cordialement avec lui dans son « bureau extérieur » (qui avait été mis en place par Hyôga car le pauvre étouffait à l'intérieur).
Pandore avait accepté, consciente de devoir elle aussi faire des efforts. Cela avait était avec surprise qu'elle avait découvert, à l'arrière du Treizième Temple, un espace couvert par une grande toile pour amener de l'ombre et possédant une vue époustouflante sur les douze Maison du Zodiaque.
- Il est dommage que je ne puisse installer cela aux Enfers, se désola l'allemande. Cela doit être très agréable de travailler ici.
- En effet. Bien que le matin, cela soit un peu bruyant avec l'entraînement des apprentis.
Un moment de flottement s'installa, que Pandore déguisa en grignotant un autre cookies. Elle lança un nouveau sujet.
- J'ai appris que Hyôga était officiellement devenu le future Pope ?
- Oui. J'aurais été fou de ne pas le lui proposer après le travail et la gestion incroyable qu'il accompli durant les deux dernières années. Il a accepté, à ma plus grande joie. Bien que cela a été un peu compliqué au départ...
- Hyôga ne m'a pourtant pas semblé être une personne causant des problèmes, remarqua Pandore.
- Ce n'était lui, c'était Ikki. Comme Hyôga a mis quelques temps à s'habituer à charge de travail et qu'avant ça, son état général n'était pas glorieux, Ikki m'a mis en garde de ne pas le surmener.
- Il vous a mis en garde ? s'étonna la jeune fille. Ce genre de comportement envers un supérieur n'aurait jamais été toléré avec moi.
- Je comprends. D'ordinaire, moi non plus je ne l'aurais pas accepté. Mais j'admets me montrer un peu plus... indulgent avec ces cinq garçons.
- Je me vois mal vous jeter la pierre pour cela, ils sont vraiment quelque chose. Mais cela n'est-il pas préjudiciable de montrer ouvertement votre préférence pour eux ?
- Cela aurait pu l'être, avoua Shion, mais heureusement, une grande majorité des habitants du Sanctuaire partage mon avis. Et ce n'est pas non plus comme si j'obéissais à chacun de leur caprice. Je leur laisse simplement un peu plus de liberté. Et comme ils n'en abusent jamais, personne ne trouve ày redire.
Pandore acquiesça avec un air songeur. Intrigué, Shion lui demanda le fond de ses pensées.
- Comment dire... Il me semble, et arrêtez-moi si je me trompe, que votre indulgence et celle des autres est en partie induite par de la culpabilité.
-... Je ne peux parler au nom de mes camarades, mais... En ce qui me concerne, c'est exact. Je m'en veux énormément pour toutes les terribles épreuves que ces jeunes gens ont dû affronter sans que cela soit à eux de le faire. Ils ont déjà beaucoup trop vécu pour leur âge et assumer trop de responsabilités. Cela aurait dû être à nous, Chevaliers d'Or, d'affronter les menaces et protéger Athéna. Au lieu de ça, ils ont été presque jetés face aux différents dangers, sans aucune préparation.
- Peut-être bien. Mais vous ne devez pas oublier qu'ils s'en sont toujours sortis vivants.
- Ils ont effectivement accompli bien des miracles. Le plus impressionnant étant certainement d'avoir réussi à détruire le corps d'Hadès.
Shion ne se rendit pas immédiatement compte de la teneur de ses paroles. Il était bien trop perdu dans ses pensées.
Lorsqu'il réalisa, il se tourna vers son interlocutrice, catastrophé. Celle-ci le regardait fixement, les lèvres pincées, une sombre aura autour d'elle. Elle ne répliqua rien et prit plutôt une gorgée de son thé glacé. Elle ne voulait pas envenimer la situation.
L'ancien Bélier voulut se gifler. Quel monumentale erreur que de mentionner cet événement. Lui qui avait pourtant répéter à tous ses Chevaliers d'éviter les sujets fâcheux, voilà que c'était lui qui mettait les pieds dans le plat. Il n'avait aucune excuse.
L'ambiance, redevint tendue, elle qui commençait juste à s'égailler. C'était la preuve que même si tout allait pour le mieux, rien n'était encore gagné.
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L'après-midi était bien entamé lorsque Hadès décida d'aller se promener. Il était las de passer ses journées enfermé dans sa suite, ou d'observer les Dieux jumeaux jouer aux échecs. Encore que... Hypnos sortait de plus en plus souvent... Dans tous les cas, aujourd'hui, il voulait prendre l'air et profiter du soleil. De plus, il n'avait jamais eu l'occasion de visiter le Sanctuaire de sa nièce. c'était le moment idéal.
Les Temples zodiacaux l'intéressaient particulièrement. Ils avaient été construit de manière si biscornue, que l'olympien peinait à trouver la logique qui se cachait derrière. Peut-être y avait-il un rapport avec la position des constellations ?
L'autre chose qui n'avait pas manqué de le surprendre, était l'ambiance générale du domaine. Hadès s'était attendu à quelque chose de moins... austère. Il savait que les Chevaliers subissaient un entraînement spartiate dans un environnement difficile, mais il n'aurait jamais imaginé que le Sanctuaire était presque littéralement un bout de rocher au milieu de la mer. Il s'était attendu à un cadre de vie beaucoup plus gaie et verdoyant. A la place, il avait pratiquement l'impression de retrouver ses Enfers. En plus chaud et lumineux, mais quand même.
Ce n'était pourtant pas l'envie qui lui manquait d'embellir son royaume. Ses Fairies en étaient la plus belle preuve, amenant un peu de couleur dans ce monde si noir. Malheureusement, le monde des morts n'était absolument pas adapté pour accueillir du vivant, surtout le végétal. De plus, ce serait contre le principe même des Enfers que de devenir plus accueillant, puisque des âmes y souffraient durant de longues décennies. Ce serait rendre leur tourmente plus douce que d'installer des embellissements dans le paysage.
Toujours était-il que le Dieu des morts se retrouvait un peu déçu. Il s'était attendu à mieux. D'un autre côté, les habitants de l'île étaient sans doute plus préoccupés par les guerres que par planter des arbres. Mais quand même, il y avait eu entre deux et trois siècles entre chaque conflit. Sûrement que cela avait dû leur laisser suffisamment de temps pour faire pousser quelque chose, dans le but de se nourrir à défaut d'embellir.
Hadès finit par laisser ces fâcheuses pensées de côté, souhaitant profiter de sa journée. Il pourrait toujours y réfléchir plus tard.
Descendant l'escalier zodiacal, la sombre divinité observait les différents styles architecturaux de chaque Temple. Il admettait qu'à ce niveau, il y avait très peu à redire. Les Maisons étaient personnalisées tout en étant assorties avec brio, grâce au mélange de la culture grecque avec d'autres. Cela, c'était vraiment intéressant.
Alors qu'il se dirigeait vers le sixième palier, il capta soudain une étrange aura. Surpris et légèrement méfiant, Hadès toucha délicatement l'énergie déployée à l'aide d'un filament de son Cosmos. Le résultat renforça sa surprise. L'esprit à l'origine de ce déploiement était aussi calme que la surface d'un lac tranquille, aussi doux qu'une brise tiède et aussi apaisant que le parfum d'une fleur.
Le personne était en pleine méditation. Et elle avait atteint un stade spirituel si élevé que son entourage direct bénéficiait également des effets de son exercice. C'était tout bonnement spectaculaire. Même les dieux parvenaient difficilement à s'élever jusqu'à ce niveau d'illumination. Qu'un être humain en soit capable était vraiment extraordinaire.
Ce fut remplis de curiosité que l'olympien poursuivit sa route, voulant à tout parler à cette personne. Il avait déjà une idée sur son identité. En effet, sa destination et les rumeurs qui circulait sur Shaka de la Vierge, « l'homme le plus proche de Dieu », ne laissait pas le doute subsister longtemps.
Se hâtant, le Dieu des Enfers arriva au Sixième Temple. Dès l'instant où il posa un pied en son sein, Hadès sentit distinctement l'aura refluer. La personne quittait son état méditatif. Il ne fut donc pas surpris lorsqu' une minute seulement après, l'indien apparut.
- Seigneur Hadès, que puis-je pour vous ?
C'était l'une des choses qu'il appréciait sur le jeune homme : il utilisait un titre pour s'adresser à lui. Les Chevaliers en faisant autant pour s'adresser à leur anciens adversaires n'étaient vraiment pas nombreux. Pourtant, et bien que la Vierge fasse partie de ceux qui avaient le plus de raisons de lui en vouloir, elle s'adressait toujours à lui avec ce petit sourire serein. Comme si pour cet homme, toutes ses guerres n'avaient été qu'un long et chaotique rêve. C'était aussi étrange que plaisant.
- J'étais simplement curieux de savoir quelle était la personne qui dégageait une si stupéfiante énergie, répondit Hadès en retournant le sourire.
- Je suis désolé si ma méditation a interrompu votre promenade.
- Du tout. Mais dis-moi, comment as-tu réussi à atteindre un niveau spirituel aussi élevé ? J'avoue que c'est la première fois que je rencontre un humain avec un tel maîtrise de son esprit.
- Cela m'a pris du temps pour arriver à ce résultat. Mais je médite tous les jours depuis mes cinq ans et j'ai pu toucher l'illumination à l'aube de mes dix-huit ans.
- Si jeune... murmura pensivement la divinité. Je n'aurais jamais cru rencontrer un humain comme toi. Mais j'espère que question ne t'indispose pas ?
- Au contraire, Seigneur Hadès. Je suis heureux de pouvoir partager avec quelqu'un sur ce sujet. La plupart de mes compagnons d'arme n'ont aucune attirance pour l'art de l'esprit. C'est un changement agréable. Mais peut-être souhaiteriez-vous continuer cette conversation dans mes quartiers ?
- Ce serait avec plaisir.
Hadès suivit la Vierge dans les méandres de son Temple. Cependant, à sa grande surprise, ce ne fut pas vers son appartement que le blond le conduisit, mais vers une grande double porte, finement gravée de motif bouddhiste. L'olympien fut un instant décontenancé. Puis les battants s'ouvrirent.
Le jardin était magnifique. La petite prairie d'herbe et de fleurs resplendissaient de couleurs, toutes plus vives les unes que les autres. Le vent les faisait doucement onduler, donnant l'impression au spectateur d'assister à une danse secrète et mystique. Des insectes ailés virevoltaient en une farandole de forme et de teinte, exécutant une chorégraphie maîtriser à la perfection, tel des danseurs de ballets. Mais le clou du spectacle était encore les arbres jumeaux qui se tenaient un peu plus loin, décor enraciné profondément dans la sérénité de l'endroit, et dont les pétales se mélangeaient silencieusement aux autres artistes, apportant une touche de féerie à l'image.
- J'étais certain que mon jardin allait vous plaire, s'amusa Shaka.
Hadès ne put qu'acquiescer, totalement subjugué. Il pensa distraitement que c'était exactement à cela qu'il s'était attendu, comme environnement, du domaine de sa nièce.
- Cet endroit est stupéfiant, déclara la divinité, une fois remise du choc. J'ignorais qu'il existait un autre jardin que celui attenant au Temple des Poissons.
- Celui-ci est connu simplement parce que les Chevaliers d'Or des Poissons sont réputés pour leur roses mortelles. Or, en ce qui concerne celui-ci, il n'existait pas avant. C'est moi qui l'ait entièrement créé.
-... Tu es plein de surprise, Chevalier.
- Merci.
La conversation se poursuivit à l'ombre des Sals jumeaux. Ils passèrent tous deux un excellent moment, qui promettait d'être répété dans un futur proche.
Et voilà, j'espère que ça vous a plu !
Que pensez-vous des déboires intérieurs de Saga ? Heureusement que Thétis est là pour lui remettre les idées en place.
Quand à la réunion des « assassins » du Sanctuaire, je sens que ça va devenir un de mes groupes de personnages préférés :). Particulièrement Aphrodite. J'adore son exubérance ^w^ !
Puis nous avons Shion qui fait une grosse boulette. Heureusement que Pandore est un tempérament calme autrement, vive l'incident diplomatique. Je voulais surtout montrer qu'il y avait encore des efforts à faire pour que tout soit oublié.
Enfin, nous avons un petit moment entre Shaka et Hadès, où se dernier continue à découvrir l'humanité et ses trésors.
Je vous remercie d'avoir lu et vous donne rendez-vous début Décembre pour le prochain chapitre « ».
Gros bisous, Goul !
PS : Votre cadeau de Noël est d'ores et déjà écris ! Ce sera un petit OS qui n'aura aucun lien avec cette histoire, mais j'espère que ça ne vous empêchera pas de l'apprécier. Pour plus de renseignements, demandez à Mary Chou, qui me l'a commandé ^^ ;)
