Titre

: Ni personne d'autre

Disclamer : Rien à moi, tout à JKR

Paring : HP/DM

Rating : M

Note : Bonjour tout le monde! Voilà un nouveau chapitre moité-passé, moité-présent! J'espère qu'il vous plaira! Merci à Querty pour sa merveilleuse (si si!) correction!

Bonne lecture!


Chapitre 25:

Je ne pense que personne ne s'est vraiment intéressé au fond des toilettes mais en fait, c'est vachement beau quand on y pense. Cette forme ovale faite pour accueillir confortablement notre postérieur, et le doux clapotis de l'eau, hum... un délice, et puis ce fumet alléchant qui monte vers mon nez penché par-dessus la cuvette. Quel bonheur ! Et je vais ponctuer mes observations par un peu de vomi... Je me vidai l'estomac comme pratiquement tous les matins depuis une semaine. Quelle plaie ! Je me relevai, à genoux face au « trôôôôône » à attendre une autre secousse de mon estomac. Mais quand rien ne vint, je tirai la chasse d'eau puis me lavai le visage et les dents.

Je ne pourrai pas survivre six mois de plus à ce rythme... C'est vrai, quoi ! Je ne peux pas me lever tous les matins, avant que mon réveil sonne - c'est pour dire - pour aller vomir mon dîner de la veille ! Un léger coup à la porte m'indiqua que Théo voulait me parler. Il était le seul à frapper doucement aux portes, mes autres compagnons de chambre auraient tambouriné à cette porte jusqu'à ce que j'ouvre. Je me recoiffai, fis la tête la plus ordinaire possible et sortis pour me retrouver nez à nez avec mon meilleur ami. Il était complètement décoiffé et avait les yeux gonflés mais comme toujours, il s'inquiétait pour moi. Zabini derrière lui, tirait une de ces tronches, le pauvre, je ne voudrais pas être à sa place... bien que je ne pense pas que quelqu'un voudrait être à la mienne. Avec un alien dans le bide.

Je partis m'habiller en vitesse, essayant de cacher mon ventre arrondi aux yeux de mes compagnons de chambre. Pour éviter de prendre trop rapidement du poids et éveiller les soupçons, je ne mangeais pas beaucoup. Mais je ne perdais pas spécialement du poids pour autant mais bon, je limitais les dégâts. Bien que je savais que forcément, je finirai aussi gros qu'une vache échouée sur la plage. Bon, maintenant, il est question de savoir ce que la vache faisait sur la plage ? Bah, je pense que même les animaux de la ferme veulent des vacances... Après avoir abandonné l'idée d'attacher mon bouton de mon pantalon, je le cachai avec ma chemise que jamais auparavant je n'aurais laissé hors de mon pantalon. Bon, il est vrai que par le passé, je ne n'aurais pas laissé quelqu'un m'engrosser, mais bon... on ne décide pas toujours de tout dans la vie.

Théo revint dans la chambre après avoir fait une toilette rapide. Il était coiffé et un peu plus réveillé. Il s'habilla en me lançant des regards en coin absolument pas discrets. Une chaussette, une œillade. Son pantalon, un regard. Une manche de sa chemise, un long regard. Bordel, il pourrait pas arrêter, je vais finir par tout lui raconter... Mais pour le moment, je ne sais pas comment le faire. Et puis, je n'ai pas encore décidé de comment je lui cacherai l'identité du père. Il est, bien sûr, hors de question que je le lui dise, jamais plus je ne prononcerai son nom. Il restera un inconnu jusqu'à mon lit de mort, où éventuellement, je dirai le nom au fœtus. S'il est encore avec moi, bien évidemment... Ce qui m'étonnerait, je n'ai pas ce qu'on appelle la fibre paternelle... Je n'ai jamais voulu d'un gosse, surtout pas un que j'aurais porté... Ah, j'ai encore du temps avant de prendre une décision...

- Tu es prêt, Théo ? demandai-je après un énième regard venant de mon comparse.

- Oui... Je suis prêt...

- Me dis pas que tu reprends ton ancienne vitesse de diction ? Je pensais que tu en étais débarrassé ?

- Tu me... préoccupes... J'ai du mal... à me... concentrer.

- Bah fais-le !

Raaah, Merlin ! Je suis agressif maintenant... Mais cela n'eut pas l'air d'atteindre Théo qui continua à se perdre dans ses pensées. Il se leva et mit sa robe de sorcier, prit son sac et me fit un petit sourire pour me dire qu'il était prêt. Théo est un gars en or, le cœur sur la main. Alors il m'arrive souvent de me demander pourquoi il est à Serpentard ? Il est trop gentil... Probablement que les enfants de Mangemorts ne peuvent pas être ailleurs qu'ici... C'est assez dur comme façon de penser, car il est sûr que dans une autre maison, des gens se seraient occupés un peu mieux de lui. Et me voilà devenu sentimental... C'est pas vrai... Foutues hormones !

En cours de potion, je fis mon possible pour ignorer le trio d'or pas loin de moi. Je ne devais pas regarder Har... Potter. Je ne devais pas le regarder. Je n'étais pas assez fort pour le regarder sans me mettre à pleurer lamentablement. Je restai concentré sur le cours, même si je mourrais de faim... Je n'avais pas réussi à garder dans mon ventre ce que j'avais mangé ce matin. Maudites nausées ! Je vous hais ! En plus, j'ai vraiment faim ! Théo me donna un coup de coude pour me ramener sur terre où il n'y avait rien à manger...

- Suis un peu le cours ! Ce n'est pas parce que tu es son filleul qu'il ne va pas te punir.

- J'ai plus de force. J'ai trop faim.

- Alors lis les instructions, je fais le reste. Par contre, je ne connais pas la différence entre ces deux plantes à l'étape 5 et 6. Tu peux aller les chercher ?

Je lus les noms des plantes. En effet, elles étaient très similaires, autant visuellement qu'olfactivement. Une chance que je sache les différencier. Je me levai pour aller prendre les ingrédients qui nous manquait. J'ignorai remarquablement Granger qui était elle aussi venue chercher des ingrédients. Elle essaya même pas de me parler, je ne sais pas ce que Potter a pu raconter mais je resterai aussi muet qu'une tombe. Pour moi, ils étaient tous morts.

Malheureusement, quand Théo rajoute la plante manquante au breuvage, une sale odeur monta de notre chaudron. Ok, c'était normal mais je m'attendais pas au haut-le-cœur qui me prit. Je plaquai ma main sur ma bouche et fermai les yeux afin de me concentrer pour ne pas vomir. Théo s'approcha de moi et posa sa main sur mon bras, soucieux.

- Draco...

Je vais vomir ! Je le repoussai et m'enfuis dans les couloirs pour me précipiter vers les toilettes les plus proches. Je n'eus pas le temps de les atteindre, malheureusement. Je vomis le peu qu'il me restait dans le couloir, sur un mur. Mince, ça fait mal !

- Dray...

Théo m'avait suivi. Avec le professeur Rogue. Celui-ci pointa sa baguette sur le mur et fit disparaître mon petit accident. Théo m'aidait à me relever.

- Tu es si pâle... Tu es sûr de ne pas vouloir aller à l'infirmerie ?

- Oui, oui t'en fais pas...

- C'est cela, oui... répliqua Rogue, dans toute sa splendeur. Monsieur Nott, veillez à ce que Monsieur Malfoy soit soigné à l'infirmerie. Et je vérifierai. Alors obéissez, Monsieur Malfoy.

- Oui, monsieur, répondit Théo, m'obligeant à marcher avec lui vers l'infirmerie.

Danger ! Il ne faut pas que j'y aille ! L'infirmière pourrait deviner ce qui m'arrive. Je suis mineur, elle irait tout raconter à mon père. J'ai encore besoin de temps pour finir de mettre en place mon plan. Elle ne doit pas tout faire foirer. Bon, j'improviserai. Je sais parfaitement improviser. Après tout, je suis un assez bon acteur ! Je vais simplement dire que j'ai mangé un truc pas frais et puis ça passera. Elle me filera une potion pour les maux de ventre, si ça se trouve, ça calmera mes nausées et puis basta !

Bon allez, courage Draco ! Tu as survécu à bien pire... Oh oui, à bien pire... Potter...

- Théo, attends ! S'il-te-plaît, quoi que je dise, tu es d'accord avec moi. Ok ?

- Pourquoi ?

- Je t'expliquerai en détail ce soir. Mais pitié, c'est important !

- D'accord...

On entra dans l'infirmerie et Mme Pomfresh nous accueillit avec son éternelle fougue. En voyant mon teint un peu verdâtre, elle m'installa dans un lit. Elle voulait que je m'allonge mais il n'en était pas question. Allongé, mon ventre semblait plus gros qu'il ne l'était et franchement, la position assise me soulageait beaucoup. Elle jeta un coup d'œil à Théo, probablement dans l'espoir de lui faire comprendre qu'il devait partir mais Théo fit comme s'il n'avait pas compris et pris un siège à côté de moi.

- Bon, qu'est-ce qui vous amène, Monsieur Malfoy ? demanda-t-elle, les poings sur les hanches.

- Et bien, le professeur Rogue a jugé qu'il était mieux que je vienne vous voir.

- Et pourquoi ?

- J'ai vomi... mais ce n'est pas grave, je me sentais pas bien déjà hier. J'ai dû manger un truc qui est pas passé.

- Hum... Je vais vous examiner. Allongez-vous je vous pris.

- Non, c'est bon, ça ira Madame. Je me sens beaucoup mieux maintenant. Le professeur Rogue s'est inquiété pour rien. Je n'ai plus mal nulle part.

- C'est à moi d'en juger.

A mon humble avis, si je lui arrache les yeux, il se pourrait qu'elle le prenne mal...

- Et c'est moi qui décide. Je me sens bien.

- C'est vrai qu'il se sentait pas bien hier... fit Théo, calmement, puis il se tourna vers moi. Je pense que tu n'aurais pas dû reprendre deux fois de la glace, plus les chocolats que nous avons mangé dans la chambre... ça devait être un peu trop pour toi. Même moi je ne me sentais pas très bien après.

- Les chocolats seraient la cause ? demanda l'infirmière.

- Probablement. Mais comme je n'ai pas mangé de glace, après une bonne nuit, c'est passé tout seul.

- Mais maintenant je me sens vraiment mieux, martelai-je.

- Bon, très bien. Jetez-moi donc ces chocolats et vous Monsieur Malfoy, si vous avez de nouveau des douleurs, vous revenez me voir avant de retapisser les murs, c'est bien clair ?

- Oui, Madame.

Je descendis du lit et partis en compagnie de Théo. La cloche sonna, nous indiquant la fin du cours de potion. Mais nous devions aller reprendre nos affaires, alors nous sommes partis en direction des cachots. Je rassurai Rogue sur mes maux de ventres en lui disant que c'était un simple problème de chocolats.

- Bon, tu me diras tout quand ? attaqua Théo, dès que nous sommes sortis de la salle.

- Ce soir, après les cours. Au fait, merci beaucoup pour ton aide.

- Je suis ton ami mais tu as intérêt à tout me dire, sinon je te ferai parler !

Quand il veut, il peut faire peur. Je lui souris pour faire passer la potion mais il resta simplement à me regarder méchamment. A mon avis, je devais l'inquiéter. Alors quand le soir arriva, et qu'on fut seuls dans notre chambre, j'inspirai longuement pour me ressaisir et l'emmenai dans la salle de bain, pour que personne d'autre ne puisse voir ce que je comptais montrer. Une fois dedans, Théo partit s'asseoir sur le rebord de la baignoire pendant que je fermais la porte.

- Bon, que se passe-t-il ?

Je pris mon courage à deux mains, chose très compliquée pour moi, et me retournai vers lui. Sans lui laisser le temps de réfléchir, et surtout pour ne pas me dégonfler, je défis ma robe de sorcier et retirai ma cravate et ma chemise. Une fois torse nu, Théo loucha sur mon ventre, ses yeux agrandis. Il passa de mon ventre à mon visage et de mon visage à mon ventre.

- Je suis enceint, Théo...

- Mais comment ? Tu es... Enfin...

- Ne panique pas ! Je suis un homme, enfin techniquement parlant je suis un homme. Je suis un Sibyllin, un hermaphrodite.

- Hermaphrodite...

- J'ai des organes sexuelles féminins et masculins. Sauf que le masculin ne fonctionne pas. Enfin, bref, je suis à la fois une fille et un garçon. Et je suis enceint...

- J'ai du mal à y croire... Je peux toucher ?

Personne n'avait jamais touché mon ventre d'hermaphrodite enceint. Mais si c'était Théo, je le voulais bien. Je m'approchai de lui et il posa doucement ses mains sur mon ventre, les yeux fixés sur mon nombril. Il me regarda, un peu choqué.

- Incroyable.

Je m'assis à côté de lui sur la baignoire.

- C'est pour ça que tu as des nausées ?

- Oui, la plaie des personnes enceintes. Je sais que c'est étrange. J'en ai particulièrement honte, tu sais ? J'ai appris ce que j'étais quand j'avais quatorze ans et j'ai tout fait pour essayer de l'oublier. Je voulais être normal, comme tout le monde. Et tu vois, j'ai la capacité incroyable d'oublier les choses qui me gênent, alors j'ai fait comme si j'étais normal.

- Ça s'appelle du déni...

- Voilà, j'étais en plein déni ! Et maintenant, je suis dans la merde. Si mon père l'apprend, il va me tuer. Et probablement m'ouvrir le bide pour aller prendre le fœtus. Pas que ça me gênerait, mais j'ai un peu peur qu'il ne m'endorme pas.

- Tu veux avorter ?

- J'ai essayé mais il est trop tard. Il semblerait que je sois enceint de trois mois.

- Et... qui est le père ?

- Personne. Je l'ai fait seul.

- C'est à cause de ce « personne » que tu es si malheureux ?

- Malheureux ? Qui est malheureux ? m'exclamai-je, en ricanant.

- Tu sais, je t'entends pleurer la nuit...

Quand la nuit vient, et que je me retrouve seul dans le noir, je ne suis plus obligé de faire comme si tout allait bien. Je n'ai plus à faire semblant de ne pas avoir le cœur en morceaux. Je n'ai plus à faire semblant de sourire, ni d'écouter les cours. Je n'ai même plus à faire semblant d'être encore en vie... Parce que, dans le noir, dans mon lit, je me sens mort. Je peux enfin arrêter de sourire, je peux enfin être muet et sourd. Et je peux pleurer.

- Désolé, si tu ne veux pas me le dire je comprends, continua Théo. Mais s'il-te-plaît, ne pleure pas, Draco.

Pleurer ? Je touchai mes joues pour en effet me rendre compte que je pleurais. Théo se leva, prit ma robe de sorcier pour me la mettre sur les épaules puis m'étreignit dans ses bras. J'essuyai mes larmes et restai dans les bras de mon meilleur ami. J'avais tellement de chance de l'avoir.

- Qu'est-ce que tu vas faire ? continua-t-il.

- Je vais m'enfuir. Pendant les vacances de Noël. Je vais passer du côté Moldu et disparaître jusqu'à la naissance. Il ne faut pas que mon père me retrouve, sinon je suis un type mort.

- Ok, tu as raison. Je vais t'aider.

- J'ai très peur, Théo.

- Moi aussi... j'ai peur pour toi. Mais tu n'as pas d'autre choix ?

- Non... rien...

- Alors je t'aiderai du mieux que je pourrai. Pour commencer, il faut te trouver un endroit où tu iras. Le mieux c'est que tu quittes Londres, tu devrais aller dans la campagne. Tu y seras en sécurité. Et surtout ne pas utiliser ta baguette. Tu as toujours la Trace. Et aussi...

Théo se leva, continuant à énumérer les points importants. Je restai assis et pris enfin conscience de ce que j'allais faire. Je n'avais pas pensé à la moitié de tous les détails que listait mon ami. Je n'étais vraiment pas doué. Ou peut-être beaucoup trop impliqué.

- Draco, tu m'écoutes ? s'exclama Théo.

- Merci. Merci Théo...

Et la semaine qui suivit, j'avais disparu...

oO-Oo

Il doit être dans les escaliers. Je dois être naturel. Je suis naturel. Je n'ai rien à cacher et surtout rien à dire ! Je lui ouvrirai et serai à la fois calme et distant. Je regardai une dernière fois mon salon que je venais de ranger. Bon, il n'était pas impressionnant mais il était parfait pour Gaby et moi. On était que deux, donc pas besoin de plus. On frappa à ma porte. C'était lui ! Je soufflai pour me donner du courage et lissai mes cheveux une dernière fois en partant ouvrir la porte. Et il était là. Dans un grand manteau noir, les joues rougies par le froid de Janvier. Il avait dans les mains un cadeau pour mon... pour notre fils. Il faut vraiment que je me mette en tête que Gaby n'est plus seulement à moi.

Je me décalai pour le laisser entrer. Il passa à côté de moi, près de moi, si près que je sentis son parfum qui me donna envie de le prendre dans mes bras et de le garder rien que pour moi. Mais il n'était plus à moi. Je fermai la porte et le suivis dans le salon. C'était vraiment trop bizarre de voir Potter dans mon salon, je voulais pas le penser mais il faisait un peu tache... Un peu trop bien habillé comparé à moi et mon jean déchiré au genou droit. C'est peut-être moi qui faisait tache après tout...

- Bonjour, tu vas bien ? demandai-je pour briser la glace, il était aussi gêné que moi.

- Euh oui, oui je vais bien. Je suis un peu nerveux.

- Bah pourquoi ? Gaby ne t'as pas oublié, tu sais. L'autre jour, il m'a dit qu'il voulait devenir un héros comme toi pour me sauver si j'étais en danger, alors tu vois bien ! Tu es son modèle ! Passe-moi ton manteau.

Il retira son manteau et je fis un grand effort pour ne pas baver devant la paire de fesse la plus extra que le monde ait porté. Il semblait s'être raffermi depuis notre adolescence. Sûrement son entraînement d'Auror. Il paraît que la formation est assez éprouvante physiquement et qu'ils doivent rester au top tout au long de leur carrière active. J'imagine un peu les abdos qu'il doit avoir... Non, Draco, tu n'imagines pas ça, dis donc ! Tiens, tu ne penses à rien. Je partis mettre sa veste sur le porte-manteau en essayant de rester naturel, comme si sa présence ne me faisait pas bouillonner.

- J'ai pris un cadeau pour Gaby. Ce sont des légos.

- Cool... Mais tu n'es pas obligé de venir avec des jouets à chaque fois tu sais. Il va finir pourri-gâté à ce rythme. Je voudrais éviter qu'il devienne comme moi, rajoutai-je en ricanant.

- C'est vrai que tu étais pas mal dans ton genre, petite peste !

- Non mais je ne te permets pas ! J'étais très bien ! Enfin, bref, je vais chercher Gaby. Il est dans sa chambre en train de jouer avec le cadeau de son grand-père Severus.

Pour Noël, mon très cher Parrain avait acheté, entre autre, une petite radio pour Gabriel. De tous les jouets, cette radio est ce qu'il aime le plus ! Alors depuis qu'il l'a, il se promène dans l'appartement la musique à fond et des fois il vient à côté de moi et me montre comment faire pour changer de station de radio, comment monter le son... Enfin bref... un gosse bien chiant avec un jouet qui fait du bruit ! Merci papi !

Il était sur son lit, sur le ventre, les pieds en l'air, et changeait de station de radio pour tomber sur celle pour les enfants. Il se mit à chantonner « Au clair de la Lune », en rythme et en se trompant sur la prononciation de certains mots. Je ne savais plus quoi faire pour palier à son petit problème de diction. Et pourtant, je parle bien moi ! Ça doit venir du côté Potter de ses gènes ! Gabriel me remarqua et je fis un sourire et je sentis qu'il allait partir dans un grand discours sur sa radio. Je me dépêchai de lui couper la parole.

- Gaby, viens avec moi dans le salon.

Mon fils se leva, posa respectueusement sa radio sur son lit et me suivit dans le salon. Il se stoppa quand il vit Potter qui l'attendait au centre de la pièce, l'air un peu gauche. Un grand sourire fleurit sur le visage joufflu de mon fils mais il resta à sa place et finalement me regarda. Il me demandait la permission.

- Tu peux y aller, Gaby.

Dans un cri, Gabriel se jeta comme un boulet de canon dans un grand rire. Potter souleva son enfant et le serra fort contre lui. Gabriel mit ses bras autour de son cou. Je regardai, en retrait, cette belle image. Potter était visiblement ému de retrouver son enfant et Gaby était heureux de revoir Potter, même s'il ne comprenait pas ce que tout cela signifiait. Mais je me rendis compte qu'il aimait beaucoup Potter et qu'il n'aurait probablement aucun mal à accepter que celui-ci soit son père. Il est venu le temps pour moi de partager mon fils... Finalement, Gaby retira son nez du cou de Potter mais resta fermement accroché à lui.

- Papa ! Tu as vu comment Harry est grand ? Je vois le monde encore mieux !

- Et oui, Potter est plus grand que moi. Mais tu sais que je reste le meilleur !

- Bah non ! Harry il a sauvé le monde !

- Je t'ai mis au monde ! Et je t'ai acheté des Kinder Surprise.

- Désolé Harry, mais papa est beaucoup plus meilleur que toi !

- Oh vraiment ? Je t'ai aussi acheté un cadeau.

- Une épée ?

- Non, je t'ai déjà dit que c'est moi qui gardai l'épée. Mais je t'ai acheté des Playmobiles !

Gabriel secoua ses jambes pour que Potter le pose par terre. Potter comprit au bout d'un moment, et finalement, posa le gamin. Il fallait en effet comprendre un peu la marmaille pour s'en occuper mais je suis persuadé qu'il prendra le coche rapidement. On se le dispute déjà à coup de cadeaux ! Gabriel s'émerveilla devant les légos et promis de me construire une grande maison pour que je puisse avoir ma salle de bains à moi. Il connait vraiment mon côté narcissique. Il prit la main de son père et l'emmena dans sa chambre pour jouer.

Je me retrouvai donc dans mon salon, seul, alors que mon ex-petit-ami dont je suis encore fou amoureux joue avec mon gamin. Je vais faire quoi ? Je ne peux pas les espionner, ça ne se fait pas. J'ai déjà rangé tout mon appartement. Je n'ai manifestement plus rien à faire. Je peux faire le goûter ! Une bonne idée, ça ! Je pris un livre de cuisine qu'on m'avait donné, dedans il y avait une très bonne recette de crêpes ! J'allumai aussi la télé pour avoir un fond sonore. Je haïssais le silence. Je sortis donc un grand saladier pour faire ma pâte à crêpes. Je versai la farine, le sucre et le lait, séparai les blancs des jaunes et pris mon fouet pour bien mélanger. A la télé, une émission attira mon attention. J'étais tellement captivé que je touillai ma préparation pendant bien un quart d'heure.

Ce fut Potter qui me ramena à la réalité. Je sursautai en couinant, le faisant exploser de rire. Merlin, que j'aimais son rire. Je l'avais presque oublié.

- Tu m'as fais peur ! Abruti ! Y'a pas idée d'apparaître comme... comme un fantôme !

- Désolé. Mais c'était beaucoup trop tentant de le faire ! Et puis je crois que ce que tu voulais préparer est bien mélangé.

- Qu'est-ce que tu en sais ? Les crêpes pour qu'elles soient bonnes, il faut qu'elles soient sans grumeaux !

- C'est le cas, je te rassure !

- Tais-toi donc ! Assis-toi.

Je pris les blancs des œufs et un batteur électrique pour les faire monter en neige. Potter, assis sur une chaise à la table où je mangeais avec mon fils, me regardait faire avec un sourire tendre. Il ne devait pas avoir de regard tendre envers moi...

- Tu ne joues plus avec Gaby ?

- Non, il m'a mis dehors. Il veut me faire un dessin et je ne dois pas regarder.

- Ah oui... fais gaffe, il va probablement te dessiner et tu vas te retrouver avec des cheveux d'une couleur improbable. Un jour, il m'a fait un caca nerveux parce qu'il ne pouvait pas faire les cheveux de Severus en vert. Ah, je l'aurais tué ce jour-là...

- Les cheveux de Rogue en vert ? Original... Mais qu'importe, tout ce qui vient de Gaby me plaira.

- Oui, je me disais la même chose mais au bout de la centième caricature de toi-même qu'il te fait, tu satures ! Je n'ai même plus de place sur mon frigo !

Potter jeta un œil audit frigo et opina devant la tonne de dessins du gamin qu'il y avait d'accrochés avec les magnets obtenus dans les paquets de yaourts. Ô diable, les magnets ! Je hais les magnets mais Gaby les adore. Surtout ceux en forme de lettre pour écrire tous les mots qu'il connaît et moi je dois rester à côté de lui et faire semblant de le trouver passionnant. Pourquoi une telle hypocrisie ? Si Théo m'avait fait la même chose, j'aurais explosé de rire et lui aurais envoyé un dictionnaire sur le nez ! Mais non, avec les enfants, il faut être patient et attendre qu'ils deviennent grands, qu'ils nous fassent leur crise d'adolescence, et enfin s'en débarrasser !

- Tu es de nouveau parti ? me demanda Potter, ce qui effectivement me ramena sur Terre.

Je remarquai que mes œufs étaient en neige. Je les incorporai délicatement à ma préparation. Il fallait meubler un peu le silence.

- Alors, qu'est-ce que tu deviens ? Mis à part que tu es Auror.

- Oh, et bien, je prépare le concours pour être inspecteur.

- Inspecteur ? Il est pas dur ce concours ?

- Si, il n'y a que trente places. Et puis la formation dure un an, mais j'en ai un peu marre de faire la police, je veux enquêter. Ça fait un an que je me prépare pour le concours.

- Tu le passes quand ?

- C'est en mai. Début mai. Ça me fait penser que quand j'en ai parlé avec mon supérieur, il m'a dit que je n'avais pas besoin de le faire, qu'il pouvait me pistonner. Ce qui ne me sert à rien, vu que je peux demander moi-même au Premier Ministre de me donner une place. Mais je préfère réussir par mes propres moyens.

- Je vois. Et merci de me faire piger que tu as de l'influence auprès de notre « dirigeant chéri ».

- Ce n'est pas pour ça que j'ai dit tout ça. « Dirigeant chéri »? Tu ne l'aimes pas beaucoup...

- C'est lui qui ma sucré mon héritage. Ok, mon père n'est pas mort, mais même ce que ma mère ma légué n'est pas à moi. Il pourrit à Gringott et mes biens immobiliers pourrissent avec sur pied. Alors j'ai une petite dent contre lui.

Finalement, je vais faire des gaufres ! La pâte à crêpes devrait suffire... Je sortis mon appareil à gaufres que je branchai.

- Je comprends. Il a une politique un peu floue pour moi. Et j'essaie de toute façon de ne pas m'en mêler. J'ai déjà fait ma part pour toute une vie !

- Oui, c'est sûr. Mais j'ai bien hâte que les nouvelles élections aient lieu pour que je puisse voter pour un autre que lui. Tu te présentes ? demandai-je, en riant.

- Pourquoi, tu voterais pour moi ?

- Jamais de la vie ! Je te jetterais de pierres !

- Aoutch ! Tu es dur.

- C'est ta nouvelle coupe, elle m'assassine les yeux.

- Tu n'aimes pas ? Tout le monde m'a dit que ça m'allait bien.

- C'était des ennemis ou des amis ?

- Très drôle.

- Je préférais avant. Ça te donnait un air de sale gosse avec tes lunettes rondes. Et puis ta dégaine, tu était si mal habillé... Pour le coup, je préfère comme tu es fringué maintenant.

- Je te plais encore ?

- Pas avec ta gueule de premier de la classe ! répliquai-je en riant.

Je n'avais pas remarqué qu'il était devenu sérieux. Je mis en route ma première gaufre, la plus difficile, et ne prêtai pas attention à lui quand il se leva. Ce fut seulement quand il se rapprocha de moi que je fis attention à lui. Il était trop proche de moi. Il était plus grand que moi. Il sentait bon. Je me tournai vers lui pour ne pas perdre face à lui, comme toujours. Il toucha mon visage du bout de son doigt, doucement. Je lui attrapai sa main et l'arrêtai.

- Que fais-tu ?

- Tu me manques. J'ai l'impression d'être incomplet sans toi. C'est Ginny et Hermione qui m'ont incité à changer. Et j'ai accepté parce que je suis devenu quelqu'un d'autre. J'ai enfilé la peau du pauvre type qui t'a largué. Mais j'ai de nombreuses fois voulu redevenir celui que j'étais. Avec mes lunettes.

- Potter, qu'est-ce que j'ai dit dans le parc ?

- Appelle-moi Harry, s'il-te-plaît, Draco.

- Tu n'es plus mon Harry. Tu es simplement Potter à présent. Et la seule raison pour laquelle j'accepte de te voir, c'est pour notre fils. Mais je ne suis pas un briseur de mariage. Et même si c'était pour me protéger, je ne peux pas te pardonner aussi facilement ce que tu m'as fait. La douleur était réelle...

- J'ai finiiiiiiiii! hurla Gabriel en déboulant dans le salon. Hmmm... ça sent bon !

Potter et moi nous sommes écartés rapidement l'un de l'autre. Il fit comme si le dessin du petit était génial et moi je sortis ma gaufre de l'appareil. Gabriel s'assit sur sa chaise haute et attendit patiemment en piaillant avec Potter que son goûter soit prêt. La journée finit ainsi, nous trois, ensemble, comme une famille. Le tableau était bien beau. Avec moi dans le rôle de la potiche... Ouais, oublions un peu la chose. A la fin de sa visite, au pas de la porte, Potter avait du mal à partir et moi je me retenais de le garder près de moi pour toujours.

Je l'aimais.

Quand il partit, je remarquai sur son cou une chaîne. Une chaîne que je connaissais parce que c'est pour lui que je l'avais faite faire, avec un médaillon où les initiales de nos prénoms s'entremêlaient.


A suivre...


A la semaine prochaine! :)