Chapitre 25 : Le tueur de vampires
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Hermione banda ses muscles et sauta du toit. Elle dérapa et chuta. Peut-être trois côtes cassées. Le sort fusa, lui faisant exploser le bras. La nausée qui la tordait déjà s'accentua, et elle se retint de vomir. La neige sous la jeune femme se teintait dangereusement de rouge.
Merde
Il la saisit par le col, sa main refermée sur sa gorge, un sourire sadique aux lèvres.
« Saloperie de vampire, cracha-t-il, j'aurai ta peau ! »
La sorcière avait été trop confiante. Une mission de la Communauté pour mettre fin aux réunions de Magie Noire en Norvège, quelque chose comme le Clan des Dragons Sombres. Un traquenard. L'information était erronée. Le Ministère de la Magie n'acceptait pas que la Communauté ait tant d'influence, et que ses rangs comptent vampires, loup-garou et autres demi-géants, et avait envoyé une troupe de tueurs de vampires, sortis tout droit d'Azkaban.
Sans compter que l'ancienne Griffondor n'avait pas revu Lucius depuis trois mois, lui-même parti châtier un des leurs qui avait failli au Serment, brisé le Code d'Honneur, et devait par là même mourir de la main d'un Maître. Hermione s'affaiblissait à vue d'œil, elle aurait dû refuser cette mission. Sur ses cinq adversaires, elle était venue à bout des quatre premiers, et le dernier la tenait à sa merci.
Il la projeta au loin. Elle atterrit sur le dos, dans la neige. Le choc lui déplaça trois vertèbres. Elle n'avait plus la force de se relever. La lune brillait au-dessus d'elle, fin croissant argenté. D'un coup de pied, il l'envoya rouler à quelques mètres avec un rire cruel.
Pantin désarticulé, marionnette dans les mains du sort…
« C'est tout ? hurla l'homme, tu es pitoyable ! »
Il lui cracha au visage, elle ne s'essuya même pas. Les tueurs de vampires étaient des sorciers formés spécialement pour mettre à mal les sens des vampires. Ils avaient été créés à l'origine par un vampire n'acceptant pas sa condition et bien décidé à éradiquer les siens. De haute stature, ils échappaient au sixième sens du vampire et, comme irradiant d'une lueur intérieure, inhibaient leurs facultés. C'étaient les ennemis les plus redoutables des maîtres de la nuit. Fort heureusement, ce gène était désormais très rare. Mais il avait fallu que la sorcière tombe sur cette machine à tuer.
Sa vue se brouillait, ses oreilles bourdonnaient, ses mains engourdies et son odorat gelé la paralysaient. Un Détraqueur pour vampires…
Il approchait ses yeux fous de son visage, écrasant au passage son bras droit brisé. Elle ne put réprimer un cri.
« Toi et tous ceux de ton espèce, susurra-t-il, je vous anéantirai… Un par un je vous dévorerai… »
Il déchira son habit d'un coup de couteau. Elle le regarda plonger sa main dans sa poitrine béante, en arracher son cœur encore palpitant et le porter à ses lèvres.
Elle hurla.
Sa main gauche la brûla.
Intolérable…
L'illusion se déchira. Sa bouche sans lèvre plaquée sur la sienne, il aspirait son âme.
Prenez garde, à présent votre main seule a plus de pouvoir que tout votre être. Elle recèle des pouvoirs qui ne doivent être utilisés qu'en situation extrême, lorsque rien d'autre n'est plus possible.
Hermione ne sentait plus son esprit. Cette phrase, s'imposant à elle. Qui l'avait prononcée déjà ? Qui était-elle ? Depuis quand avait-elle une main, des pouvoirs ? Que…
Tuer ou mourir !
L'instinct. La brûlure s'intensifia. Son gant noir brûla, libérant sa main glacée, marquée du sceau des Maîtres.
Et si… ?
Les doigts de la jeune vampire se refermèrent sur la gorge de son agresseur. Ce fut comme si toutes ses ressources, ses ultimes forces, glissaient dans sa paume.
Sa dernière carte.
Une explosion de lumière. Le tueur sur elle vola en éclat, se désagrégea en hurlant. En quelques secondes à peine, il ne restait plus rien de lui. Pas même une cendre, un grain de poussière. De quoi faire blêmir Lavoisiser.
A genoux, Hermione laissa ses larmes couler, vomissant son horreur alors que son gant se resynthétisait à ses côtés. Elle l'enfila en pleurant, contemplant la neige écarlate qui contrastait avec ces flocons immaculés tombant du ciel, puis murmura entre ses lèvres déchirées le nom du lieu de sa réminiscence.
« Au Manoir… »
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Il tranplana peu de temps après elle, de la panique dans les yeux. Leur lien le lui avait avoué : elle était en danger. Il l'avait sentie utiliser l'interdit.
Couverte de sang, Hermione se jeta dans ses bras, laissant les sanglots secouer son être, blottie dans les bras de Lucius.
Ses plaies se refermèrent, ses os se ressoudèrent et, lentement, le sommeil la gagna. Il laissa sa magie irradier les veines de son amante.
L'abolition de leurs barrières magiques, qui permettait la libre circulation de la magie entre eux, les avait rendus quasiment invincibles ensembles. En effet, lorsqu'ils combattaient tous les deux, ils étaient les détenteurs d'une force immense. Cependant, lorsqu'ils restaient trop longtemps éloignés l'un de l'autre, ils s'affaiblissaient dangereusement. Chaque retrouvaille leur permettait de se remettre de leurs séparations, mais, malgré le fait qu'ils se régénèrent rapidement, tels des Alichinos (1) retrouvant leur maître, le danger restait.
Maintenant qu'elle avait dépassé sa dernière limite en faisant l'usage du pouvoir des Maîtres, Malfoy savait qu'ils ne devraient plus rester aussi longtemps éloignés et blessés.
Il la souleva dans ses bras et s'allongea à ses côtés dans leur grand lit aux draps sombres, tout contre elle.
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(1) à lire, le magnifique Alichino de Kouyu Shurei
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BW & l'AD
