Fuyuki417 : Héhé, on verra ^^
Cherry : Nope, j'ai pas honte, et non, c'est pas le genre de Tobirama de se suicider ^^ Pour la description, essaye de relire les premiers chapitres ? Je l'ai plus vraiment en tete la ^^
Ichigo : Oui, ca faisait longtemps ^^ Ah, oui, le début est assez ... étoffé mais poser les bases d'un univers original n'est pas simple ^^ Mais c'est vrai que c'était un peu lent mais j'ai pas forcément le courage de le réécrire ^^ Tobirama et Madara ne sont pas gâtés, mais bon ^^ La fic n'est pas terminée encore !
Lili37 : Haha, ne t'en fais pas ! Le dénouement approche ... (Ou peut être devrais-tu commencer à t'en faire ?)
Cette fois, Midori n'avait pas rêvé. Sa nuit lui avait semblé durer une éternité, et pour cause, quand elle ouvrit les yeux, l'horloge indiqua qu'il était déjà tard dans la matinée mais alors qu'elle pensait être seule, que Madara était déjà parti se préparer pour ce qui allait suivre, celui ci la tenait sans ses bras.
Cela faisait des heures qu'il s'était réveillé. Pire, il avait à peine fermé l'oeil, comme avant chaque bataille et avait réfléchi à ce qu'il devait faire. Devait-il faire ses adieux à Midori ? Le comprendrait-elle ? Elle refuserait certainement de le laisser partir, s'il le faisait mais s'il partait, sans se retourner, elle en souffrirait. Il avait pensé à chaque possibilité mais à la fin, Midori finissait toujours pas en pâtir. Puis, il avait commencé à penser qu'il n'aurait peut être pas dû s'investir autant avec elle. Ne pas la faire tomber amoureuse de lui, ne pas la laisser s'accrocher de cette façon mais repousser ses pulsions, tout ce qu'il était n'aurait jamais été possible.
Quand il l'avait vue, au Château, qu'elle était venue le chercher, sa raison s'était envolée. Il avait attendu ce moment toute sa vie, celui où la femme qui rendait tout ça possible viendrait enfin le délivrer et sachant même ce qui allait arriver, se retenir de la posséder, de la clamer comme sienne avait été chimérique.
Midori lui appartenait, depuis le jour de sa naissance.
Le silence, autour d'eux, annonçait la tempête qui arrivait. Midori, désespérément accrochée au regard de Madara, y cherchant le moindre indice à propos de la guerre, ne savait pas quoi dire. Elle espérait seulement qu'il allait accepter qu'elle lui murmure ces trois mots qu'elle retenait depuis tout ce temps, qu'il l'écouterait. Ça n'était pas grave, s'il n'y répondait pas, mais elle mourait d'envie de les lui dire.
Mais Madara, après l'avoir embrassée sur le front, se leva lentement, s'étira et enfila l'uniforme Senju. À l'instar de celui des Uchiha, l'emblème du clan était brodé dans leur dos et même si Madara avait honte de combattre au nom des Senju, et porter leur marque de cette façon, la symbolique était importante. Il se désolidarisait de son clan, les reniait en tant que chef de clan et il espérait que son héritier, fille ou garçon, ça n'était pas important, le reconstruirait sans haine, sans rancoeurs. Seulement avec l'amour que Midori lui apprendrait à ressentir et à embrasser.
Dans son dos, pendant qu'il nouait ses chaussures, Midori se redressa, un drap cachant sa pudeur pour fouiller dans son armoire, en sortir la veste. Celle de Madara, celle que Tobi lui avait confiée, quand elle avait pris la fuite et, avec douceur, elle la plaça sur les épaules de son amant.
Madara la regarda faire, sans comprendre. Il savait que Midori adorait la porter, même si elle était trop grande, il savait qu'elle la rassurait, lui donnait confiance en elle mais la jeune femme, avant qu'il ne puisse parler, lui adressa un sourire :
- C'est la tienne, et elle te protégera.
- Je ne veux pas l'abîmer et je te l'ai donnée.
- Elle me gênerait. C'est un vêtement de guerrier, pas de soigneur.
D'une main douce, Midori ajusta le col du manteau, en passant les cheveux de l'homme au dessus du cuir et Madara l'embrassa sur le front. Cette veste avait signifié beaucoup, pour lui, parce rare étaient les élus amenés à la porter et que Midori la lui rende était important, dans un sens. Elle montrait ainsi comment elle le voyait vraiment et il n'était pas qu'un amant, à ses yeux. Il était aussi un guerrier.
Il la regarda ensuite s'habiller, enfiler la blouse d'infirmière qui allait protéger ses vêtements, l'élastique qu'elle avait l'habitude de porter sur son ventre pour aider son maintien, le ruban qui retiendrait ses cheveux en arrière et ensemble, ils rejoignirent le rez de chaussée déjà désert et mangèrent sans appétit. Hashirama avait profité des premiers rayons de soleil pour barricader sa maison, comme avait déjà fait tout Konoha nord. L'électricité avait été coupée, le gaz et l'eau aussi, le frigo était vide à l'exception des repas pour les derniers habitants de la maison et quand ils sortirent de la maison, Madara condamna la porte à l'aide de plusieurs planches avant de conduire Midori jusqu'au Quartier Général de l'armée Senju, construit à l'arrière de la ville, sur les terrains d'entrainement.
Celui ci était composé de bâtiments temporaires. La station de radio, qui permettrait la communication entre les différentes escouades y était hébergée, mais surtout l'endroit où Midori allait travailler, l'infirmerie principale.
L'armée au complet était déjà présente. Des groupes s'étaient formés pour recevoir des derniers conseils ou juste se détendre avant le premier assaut et Midori retrouva rapidement son père qui, comme Shisui, avaient été affectés avec des civils. Avec douceur, elle les prit dans ses bras, en se retenant de pleurer et entra ensuite dans l'infirmerie, pour s'assurer de son affectation, prendre possession des lieux avant que le cauchemar ne commence.
- Midori !
La voix familière d'Hashirama la fit sursauter et Midori se tourna vivement vers lui, forçant un sourire en le voyant avec son armure sur le dos.
- J'ai dosé un petit calmant pour t'aider à souffler, j'aimerais que tu le prennes tout de suite.
Hashirama lui tendit un cachet et Midori l'avala avec un gobelet d'eau avant de sourire.
- Jiraya n'est pas là alors …?
- J'ai bien peur qu'il n'ait pas répondu à l'appel, murmura le Senju, gêné. Mais tu sais, il a pris sa retraite depuis des années déjà, ça ne m'étonne pas.
Déçue, même si elle s'était attendue à cette réponse, Midori acquiesça et ensemble, ils quittèrent le bâtiment. Hashirama devait se préparer pour son discours et sans attendre, Midori rejoignit Madara en espérant qu'il aurait au moins un regard rassurant vers elle.
Proche de son fils, celui ci vérifiait le contenu de ses poches. Ses ailes repliées dans son dos, il impressionnait toutes les personnes aux alentours et Midori força un sourire quand il releva les yeux vers elle mais se détourna en le voyant lui indiquer de ne pas s'approcher, alors, elle se ravisa, s'arrêta là, au milieu de ces inconnus qui connaissaient tous son nom et caressa lentement son ventre, la tête basse pour, quelques secondes plus tard, se retrouver dans les bras de Tobirama qui la serra contre lui.
- J-je sais que tu me détestes, murmura-t-elle. Je sais que ..
- Je ne t'ai jamais détestée. Je hais Madara et ce qu'il t'a fait mais pas toi.
- Mais je ..
- L'heure n'est plus aux regrets, sourit-il. Et quand nous aurons gagné la guerre, nous parlerons de tout ça, à tête reposée.
Les larmes aux yeux, la jeune femme acquiesça doucement et Tobirama l'embrassa sur la tempe avant de lui sourire et de s'éloigner.
Le silence se fit quand Hashirama monta sur l'estrade pour faire son discours de motivation mais Midori n'écoutait pas. Au milieu de cette foule, elle se sentait horriblement seule. Son père, accompagné d'Usui et de Shisui se tenaient non loin, prêts à se mettre en route, ses amis s'étaient répartis dans leurs escouades, Madara, avec fierté, avait pris place à côté d'Hashirama. Alors, en espérant qu'on ne la remarquerait pas, la jeune femme s'éclipsa pour rejoindre la salle de soin à laquelle elle serait affectée. Le coeur lourd, Midori se laissa tomber dans un fauteuil confortable, sûrement placé là pour elle et attendit.
Ils y étaient enfin. Le jour où la guerre allait reprendre, alors qu'elle avait espéré éloigner ce moment et ne jamais le vivre. Elle leur avait donné trois ans et pourtant, seuls quelques mois s'étaient écoulés, depuis son escapade pour aller chercher Madara. Pourquoi Hashirama n'avait-il pas voulu attendre plus longtemps ? Les Uchiha n'avaient pas accès à la Machine, au Château, Madara avait pris ses précautions, à ce niveau mais ils s'étaient organisés, aussi. Loin de leur image de clan dégénéré, ils possédaient à présent une armée et Midori doutait.
Les larmes aux yeux, la jeune femme tentait de se calmer, en se demandant pourquoi le cachet qu'Hashirama lui avait donné ne faisait pas plus effet et sursauta en entendant quelqu'un entrer dans la pièce.
- Midori ! Appela Tobi en s'approchant. Pourquoi tu es là, toute seule .. ?
- J-je ne .. peux pas.
- Viens avec moi …
Ne souhaitant pas qu'on la voit comme ça, Midori secoua la tête mais Tobi la tira par la main en lui montrant qu'il ne la lâcherait pas alors, sachant qu'elle n'avait pas le choix, elle se laissa faire, jusqu'à retourner à l'extérieur du bâtiment, et voir Madara, qui parlait avec Hashirama non loin, lui jeter un coup d'oeil.
Sans un mot de plus, Tobi s'écarta et Madara approcha à son tour, posa une main sur sa joue.
- J'ai un cadeau, pour toi, dit-il à voix basse.
Surprise, la jeune femme releva les yeux vers lui, et Madara glissa une ceinture autour de sa taille pour y accrocher un sabre de grande qualité.
- Je l'ai fait faire pour toi, sourit Madara en serrant la boucle. Il est parfaitement à ta taille.
- Madara …
- Et .. J'ai autre chose.
Avec douceur, l'Uchiha rapprocha la jeune femme de lui, une main allant caresser sa tête, sa nuque. Son autre main descendit jusqu'à sa taille pour la tenir là, contre son torse et il l'embrassa.
C'était de loin le geste le plus intime qu'ils avaient eu en public et même si Midori en oublia tout ce qui les entourait, et ce qui allait se passer, ce baiser laissa un goût amer sur ses lèvres. Pas parce qu'elle se sentait nauséeuse mais parce qu'elle savait exactement ce qu'il signifiait. C'était un baiser d'adieu. Madara l'embrassait en sachant qu'il pouvait ne pas revenir et Midori, consciente qu'il lui disait, sans mots, que ses sentiments étaient partagés, prolongea l'instant le plus longtemps possible avant d'enfin le laisser s'écarter.
La lueur incertaine dans le regard de Madara fut comme un coup de poignard et la jeune femme sut qu'elle devait être forte. Lui, le grand Madara Uchiha, celui qu'elle avait toujours considéré comme la personne la plus puissante dans ce monde, doutait de sa survie et ça la tuait mais elle devait lui montrer qu'elle avait confiance en lui, qu'il serait attendu. Alors, elle murmura la seule phrase possible, dans un instant pareil :
- Je t'aime …
La gorge nouée, Madara eut un sourire en coin, détourna le regard.
- Je t'avais demandé de ne jamais le dire.
- Je m'en fous. Et … tu as un enfant à naitre, qui aura besoin de son père. Ne l'abandonne pas.
- Je ferais de mon mieux, Midori. Je te le promets.
En entendant un sifflet résonner autour d'eux, Madara embrassa à nouveau la jeune femme, d'une façon plus brouillonne, plus pressée, en caressant son ventre avant de s'envoler, faire signe à son escouade et ils s'élevèrent, jusqu'à disparaître au dessus des nuages.
Ne pouvant plus retenir ses larmes, Midori observa un instant le ciel en espérant peut être le revoir une dernière fois, avant de se détourner, forcer un sourire en voyant Hashirama la regarder avec attention et elle accepta volontiers qu'il la serre contre lui avant de le laisser partir, lui aussi.
Craignant de la voir craquer dès le premier jour, Tobi vint prendre son amie par la main, l'embrassa sur la tempe et l'entraina à l'intérieur de l'hôpital pour qu'elle puisse s'asseoir, souffler, boire un peu.
- Papa fera attention, dit-il avec douceur.
- J-je sais …
Avec un sourire triste, Tobi la prit dans ses bras pour la rassurer, en espérant qu'elle saurait mettre tout ça de côté quand le moment viendrait et ils rejoignirent ensuite la salle principale, où les lits de récupération étaient déjà prêts et tout l'équipe était au complet.
La plupart des soigneurs semblaient plutôt jeunes mais Midori était rassurée de savoir que leur chef et le répartiteur avaient de l'expérience sur le champ de bataille et dans les soins. Des vieux de la vieille, comme avait un jour plaisanté Hashirama et la jeune femme s'était tout de suite intégrée au groupe, malgré son état.
Et puis, être avec Tobi l'avait toujours rassurée. Depuis le jour de leur rencontre, quand ils avaient été mis dans la même chambre, il avait toujours été présent pour elle, à sa façon, toujours à lui remonter le moral quand elle en avait besoin, à la soutenir et à nouveau, il était là et Midori ne savait pas ce qu'elle aurait fait sans lui.
Ainsi, quand il attendait avec elle, la jeune femme se sentait mieux. Il avait raison, après tout, Madara était un guerrier exceptionnel, qui avait toujours été craint et se battre était dans sa nature. Il ne se laisserait certainement pas tuer, quand il savait qu'elle l'attendrait, et qu'un bébé allait naitre de leur union.
Les images de leur nuit torride lui revint en mémoire et Midori se sentit rougir en voyant le regard amusé de Tobi sur elle. Elle espérait de tout son coeur qu'il n'ait pas deviné le contenu de ses pensées et laissa l'homme la ramener ensuite vers leur pièce et prit place sur son fauteuil en soupirant longuement.
- Combien de temps allons-nous attendre ? Demanda la jeune femme.
Concerné, Tobi se posta devant la fenêtre qui donnait vers la ville, les bras croisés. Il ne voulait pas inquiéter la jeune femme, mais son père lui avait fait promettre de ne jamais lui mentir, et il ne comptait pas le décevoir, même s'il savait que Madara ne reviendrait pas du champ de bataille.
Le premier assaut sera le plus meurtrier, affirma-t-il. Il y aura peu de survivants parmi les blessés mais je suppose que les premiers arriveront ce soir. Les équipes de soin mobiles les achemineront ici.
Les lèvres pincées, Midori tenta de ne pas imaginer ce qu'elle allait devoir affronter et le signal se fit enfin entendre autour d'eux.
La sirène, celle qui avait retenti quand elle avait traversé la Séparation, qu'elle avait quitté son clan pour sauver sa peau. Celle qui indiquait que la Séparation, pas le bouclier crée par la Machine mais bien la Séparation physique entre les deux Konohas, cet ouvrage de métal forgé datant d'une autre époque, avait été franchie. Dans un sens ou dans l'autre, ils ne pouvaient le savoir mais la Machine avait été éteinte, dans tous les cas et leur protection ultime était à présent abaissée et les combats allaient commencer.
Le son répétitif et strident de l'alarme venait envahir son esprit alors que Midori tentait de penser à autre chose, jusqu'à sentir la distraction parfaite. Au creux de ses entrailles, deux petits bouts choisirent cet instant pour se manifester, gigoter sans raison et elle posa les mains sur son ventre pour tenter de les rassurant, souriant en leur murmurant de rester calmes, qu'elle avait besoin de toutes ses forces.
Le contraste entre le silence ambiant et la sirène qui résonnait dans tout le pays était poignant mais personne, dans l'infirmerie, n'osait dire un mot. C'était comme si le temps s'était suspendu, autour d'eux et chacun savait que le moment que tout le monde avait attendu, ou redoutait, était enfin arrivé. Il était difficile, pour eux, de savoir à quoi s'attendre. Personne ne savait quand les premiers blessés seraient acheminés, mais ils devaient se tenir prêts et Midori, qui pourtant avait reçu la formation de base d'infirmière, ne se sentait plus capable de faire tout ça.
Mais quand elle croisait le regard de Tobi, qu'il lui souriait de cet air caractéristique, qu'il caressait son épaule pour la rassurer, elle sentait ses angoisses s'estomper.
Le point qui la décevait le plus était bien de savoir que Jiraya n'allait pas venir. Pendant tout ce temps qu'elle avait vécu chez lui, il avait toujours fait passer l'honneur et le devoir avant tout le reste, en lui racontant ses années à combattre. Il n'avait cessé de lui répéter que se battre sans cause à défendre n'était qu'une hérésie et qu'il ne lui apprenait tout ça pas pour qu'elle soit crainte ou qu'elle aille à la guerre pour se venger, mais bien pour qu'elle puisse protéger les personnes qui lui étaient chères. Sa famille, ses amis, l'homme dont elle était amoureuse et même si aujourd'hui, elle se retrouvait à l'arrière, prête à accueillir les blessés, Midori savait.
Quoiqu'en dise les autres, quoiqu'elle en pense, si elle n'avait pas été enceinte, elle aurait préféré avoir un rôle plus important. Peut être pas combattre en première ligne mais faire partie d'une escouade d'attaque furtives, d'espionnage ou de sabotage. Mito, par exemple, était douée pour infiltrer les rangs ennemis, poser des explosifs et peut être Midori aurait-elle apprécié ce genre de rôle, elle aussi ? Après tout, la femme d'Hashirama aurait dû faire partie des soigneurs, à l'origine, avant qu'elle n'aille chercher Madara mais grâce aux mois qui avaient passé, les affectations avaient changées. Mito, Mei, Kushina seraient à l'avant, au combat.
Mais en sentant ses jumeaux bouger légèrement dans son ventre, Midori savait qu'elle n'avait eu d'autre choix. Et que rester avec Tobi lui convenait amplement. Elle aurait seulement préféré que son mentor soit présent, lui aussi, qu'il la soutienne, d'une façon ou d'une autre.
Après de longs minutes, quelqu'un eut enfin la bonne idée de couper la sirène et Midori souffla de soulagement. Au moins, pensait-elle, elle pourrait se concentrer sur ce qui allait se passer et une des infirmières entra dans leur pièce, le visage fermé.
- Le docteur veut tous nous réunir, dit-elle.
Et, sans plus d'explication, elle partit alors Tobi et Midori se levèrent, en échangeant un regard et retournèrent auprès des autres où leur chef d'escouade annonça, après s'être assuré que toute son équipe était là :
- Nous venons de recevoir un appel. Les premiers blessés vont être acheminés. N'oubliez pas la signalisation et tenez vous prêts.
La même détermination dans le regard, tous les groupes acquiescèrent et rejoignirent l'espace qui leur était attribué. D'une main moite, Midori alluma la lampe au dessus de la porte, verte pour indiquer que la pièce était inoccupée et après avoir ajusté sa blouse, elle se lava les mains avec soin avant d'attendre, droite comme un piquet, face à Tobi.
Celui ci avait préparé la table d'auscultation et ne semblait plus aussi sûr de lui qu'avant. Une lueur incertaine brillait dans son regard ébène mais surtout, il réalisait, lui aussi, qu'il ne pouvait plus faire demi tour. La guerre était là, aussi sanglante et destructrice qu'il l'avait lu, dans tous les livres qu'il avait ouverts et des vies seraient sous sa responsabilité. Des vies qu'il allait devoir sauver, sans jamais hésiter.
Voir Tobi douter était à la fois effrayant et rassurant. Midori avait la soudaine impression de ne plus être seule à paniquer de cette façon et pour les rassurer tous les deux, la jeune femme s'approcha de lui, glissa un baiser au coin de ses lèves, dans une caresse douce, souvenir de leur nuit d'amour, quelques années plus tôt et elle lui adressa un sourire :
- Tout ira bien, Tobi.
Prenant sur lui, le jeune homme acquiesça doucement en souriant mais en essayant de ne pas imaginer ce que Madara aurait dit à propos de ce geste et ils entendirent les portes de l'infirmerie s'ouvrir et bientôt, un homme entra dans la pièce, en supportant un autre.
Midori aurait pensé qu'elle devrait s'occuper de blessures superficielles mais l'homme installé sur leur table d'auscultation avait une plaie béante dans le torse et elle frémit en comprenant qu'une griffe d'Uchiha l'avait provoquée. Elle se souvenait parfaitement de sa rencontre avec Tobirama, quand il lui avait prouvé à quel point les griffes attachées aux ailes des Uchiha étaient redoutables et elle en avait eu l'exemple quand elle était allée chercher Madara. Mais elle ne s'était pas attendue à voir ça. Les chairs de l'homme étaient à vif, son sang coulait abondamment, s'imprégnait dans son uniforme et il tremblait, choqué, en plus de gémir de douleur.
Inconsciemment, la promesse qu'elle avait faite à Madara lui revint en mémoire.
Elle lui avait promis qu'elle ne mettrait jamais les pieds sur le champ de bataille, pour ne pas transmettre, à cause de la mémoire génétique des Senju, ces images aux bébés mais soigner des blessés n'était-ce pas pire encore ?
- Midori !
La voix de Tobi la fit brusquement sortir de ses pensées et la jeune femme secoua la tête en remarquant que celui ci avait déjà commencé les soins. L'uniforme de l'homme avait été écarté de la plaie, que Tobi avait badigeonnée d'antiseptique pour s'assurer qu'une infection n'aurait pas lieu et ses mains s'activaient déjà à soigner le blessé.
Mais le regard de son ami était concerné, et il se demandait si elle allait réellement supporter tout ça.
- Midori, je peux compter sur toi ? Demanda-t-il froidement.
Le coeur battait fort dans sa poitrine, parce qu'elle n'avait pas réalisé que le temps avait passé autour d'elle, mais le regard de Midori changea lentement. Passant de la peur à une certaine détermination, elle hocha doucement la tête, remonta ses mains et s'approcha de la table en demandant :
- Qu'est ce que je dois faire .. ?
- Assure toi qu'il ne perde pas connaissance. Parle lui.
Avec un souffle tremblant, la jeune femme croisa le regard du blessé, qui gémissait sous le traitement de Tobi et posa une main douce sur sa joue, pour qu'il tourne doucement la tête vers lui, qu'il ne fasse plus attention à ce que l'autre était en train de faire.
- Comment vous appelez-vous ? Demanda-t-elle d'une voix douce.
- G-Gosuke ..
Avec un sourire tendre, Midori approcha le tabouret à roulettes de la table d'examen pour s'y asseoir, en prenant la main de son patient.
- Enchanté de vous connaître. Je suis …
- M-Midori .. Uchiha. T-tout le monde le sait …
Un rougissement colora les joues de Midori qui détourna un instant les yeux.
- Je ne pensais pas que mon nom aussi était connu.
- H-Hashirama l'a .. souvent répété.
- A la radio ? Oui, je suis sûre qu'il en a fait des tonnes !
Avec un léger sourire, l'homme acquiesça et Midori se racla la gorge.
- Est-ce que vous avez de la famille .. ?
- Mon fils est … trop jeune pour combattre. Il est allé dans les Centres de Protection.
- Il doit être fier d'avoir un père comme vous. Le mien est là, quelque part ...
Gosuke sursauta en sentant Tobi extraire un morceau de griffe de son torse et Midori se redressa pour le tenir contre la table, éviter qu'il ne bouge de trop et empire sa blessure.
- Midori, appela Tobi en reprenant les soins. Il a besoin d'une transfusion. Groupe A positif.
Avec un léger sourire, pour ne pas inquiéter leur patient, Midori se leva, fouilla rapidement dans le réfrigérateur de la pièce pour en sortir une poche de sang, qu'elle accrocha au dessus du lit avant de désinfecter le coude de Gosuke, le piquer, fixer le tube sur son bras, sans jamais lâcher l'homme des yeux.
Mais celui ci était rassuré. Voir une femme comme elle, une légende, garder tout son calme pendant qu'elle s'occupait de lui était quelque chose d'exceptionnel, dont peu de personne pourrait se venter d'avoir vu et une fois la perfusion en place, Midori reprit sa main dans la sienne, la caressa lentement du pouce.
- Où est-ce que j'en étais .. ? Ah oui, mon père. Vous le connaissez, peut être, c'est un ancien Uchiha. Kagami Uchiha.
- De nom, seulement, répondit faiblement Gosuke avec un sourire désolé.
- Ma mère s'appelait Hazuki et …
- Vous en êtes où ici ? Demanda une voix.
Surprise, Midori releva les yeux vers la porte, où le médecin principal se tenait, observant d'un oeil critique la blessure de leur patient mais sans même détourner les yeux de son travail, Tobi répondit :
- Bientôt terminé. La blessure est presque refermée.
- État .. ?
- Je ne .. commença Tobi, incertain.
- État ? Peut-il retourner au combat, une fois soigné, oui ou non ?
À ces mots, Midori et Tobi échangèrent un regard et Tobi soupira.
- Non. Nous l'avons transfusé, il va avoir besoin d'un temps de repos.
- Bien, dépêchez vous un peu. Les autres équipes sont déjà à leur deuxième patient.
Tobi hocha la tête en amplifiant l'efficacité de ses soins mais Midori ne le prenait pas aussi bien. Cette intervention l'avait ramenée à la réalité et elle sentait à présent la pression de tous les blessés en attente de soin reposer sur ses épaules. C'était terrible, comme situation, étant donné qu'elle était déjà effrayée à l'idée de faire une erreur, de voir un homme s'éteindre devant elle parce qu'elle n'aurait pas eu le bon réflexe mais que pouvait-elle bien faire de plus ? Elle n'était que l'assistante de Tobi.
Mais Tobi, lui, gardait la tête froide et à peine la blessure fut-elle totalement refermée que Midori sut ce qu'elle avait à faire. Avec précaution, elle plaça la poche de sang sur un pied monté sur roulettes, aida Gosuke à s'installer dans un fauteuil roulant et sortit de la chambre pour le mener, en silence, jusqu'aux dortoirs de rétablissement.
Marcher dans le couloir principal de l'hôpital était comme assister, au ralenti, à une explosion. Les gens se pressaient autour d'elle, courant d'une chambre à l'autre pour chercher du matériel, venir en aide à une autre équipe, tenter de venir en aide aux blessés les plus graves mais elle n'avait pas l'impression que ça la touchait.
Elle n'avait même pas l'impression d'être là, avec eux.
En douceur, Midori s'assura que Gosuke était confortablement installé dans son lit de camp, vérifié le débit de la poche de sang et sourit quand celui ci le remercia, en disant qu'il était content d'être tombé sur elle alors la jeune femme s'inclina et retourna en direction de la fourmilière qu'était à présent l'infirmerie.
Mais, du coin de l'oeil, elle aperçut son chef d'escouade et s'approcha de lui, les sourcils froncés.
- Nous faisons ce que nous pouvons ! S'exclama-t-elle.
Après tout, Tobi et elle n'étaient que l'équipe supplémentaire. Ils n'avaient pas reçu la même formation, ils n'avaient pas d'expérience et Hashirama leur avait assuré que tant qu'ils faisaient tout ce qu'ils pouvaient, tout irait très bien, mais à priori, ça n'était pas l'opinion de cet homme là.
- Écoute, gamine, grogna-t-il en lui agrippant le col. Je me fous que toi et ton copain soyez dans les petits papiers d'Hashirama ! Vous êtes ici pour sauver un maximum de vies, pas pour faire la conversation aux blessés, alors tu te dépêches de retourner à ton poste !
Effrayée, mais ne manquant pas de courage, Midori laissa ses ailes apparaître dans son dos, menaçante et l'homme recula d'un pas, mais ne changea pas d'expression.
- J'ai certainement tué plus d'Uchiha que tu ne peux imaginer, siffla-t-il, les mâchoires serrées. Ne crois pas m'impressionner. Retourne à ta mission ! Des gens meurent pendant que ton égo rage !
Sur ce point, il avait raison, elle devait bien le reconnaître et elle ne voulait en aucun cas avoir la mort de guerriers sur la conscience parce qu'elle n'avait pas aimé le ton qu'avait employé ce mec sur elle, alors elle tourna les talons, d'un coup d'ailes, ce qui le déstabilisa légèrement.
Était-ce seulement possible de les utiliser dans un espace aussi réduit ?
De retour près de Tobi, Midori adressa quand même un léger sourire à leur nouveau patient, qui ne présentait qu'un bras cassé, donc facile à réparer mais elle se présenta quand même et lui demanda son prénom, tout en nettoyant le sang qu'avait laissé Gosuke sur la table d'auscultation.
Les patients s'enchainaient à un rythme rapide, à présent. Tobi avait pris de l'assurance, celle dont il avait manqué face à son premier vrai soin et Midori s'assurait qu'il ait toujours à portée de main ce dont il allait avoir besoin. Ils n'avaient plus besoin de parler. Un regard échangé suffisait généralement à ce qu'ils se comprennent et Midori s'assurait toujours de distraire leur patient, en lui parlant avec douceur, en caressant ses bras, en essayant toujours de détourner son attention des soins que Tobi exécutait avec beaucoup d'application.
Mais Midori et Tobi étaient dans le même état. Leur blouse était imprégnée de sang et ils avaient hâte d'en changer et de pouvoir aérer la pièce mais la pluie qui tombait fort, dehors, les en empêchait pour l'instant. La fatigue commençait aussi à se faire sentir, pour tous les soigneurs de l'hôpital. Une pause serait la bienvenue et le médecin en chef, dont Midori apprit le nom quand un des patients le reconnut, à savoir Chiryoshi, vint les informer que les combats initiaux avaient été stoppés, que la phase d'observation venait de commencer.
Midori savait ce que ça voulait dire. Chaque camp avait perdu une partie importante de ses combattants. À présent, chaque homme comptait et la stratégie serait alors de porter un coup rapide mais efficace à l'autre camp, pour leur faire perdre un maximum de combattants, tout en sacrifiant le moins d'hommes possible.
Madara lui avait parlé de tout ça pendant des heures. Son expérience et ses années de lecture, quand il s'était enfermé avec la machine, lui avait permis d'étudier chaque configuration, chaque mouvement possible, tout en gardant toujours un coup d'avance sur l'adversaire, et ça faisait de lui un stratège hors paire. Une fois, au diner, Hashirama avait même avoué qu'ils n'auraient eu aucune chance sans la présence de l'Uchiha. Et, plus encore, Madara était le seul à pouvoir lire dans l'esprit d'Izuna, à être capable de prédire ce que celui ci était capable de faire de ses hommes, comment il pourrait les ne l'avait pas cru, sur le moment et avait passé des heures à parler avec Madara, en lui demandant ce que le Senju avait voulu dire mais l'Uchiha avait esquivé ses questions avant de lui avouer qu'Hashirama se reposait trop sur les pouvoirs des sharingans, qu'il devrait apprendre, ou réapprendre les anciennes méthodes de combat. Que même les sharingans avaient été incapables de prédire sa grossesse et qu'ils n'étaient pas toujours fiables.
À part quand il s'agissait de sa mort, avait pensé Madara mais pour chasser cette idée de son esprit, il avait secoué la tête et avait embrassé Midori.
La nuit était tombée depuis quelques heures quand Tobi et Midori purent enfin se débarrasser de leur blouse pour rejoindre le groupe, qui s'était réuni dans la salle de détente. Ils étaient les derniers à venir, parce que leur patient leur avait donné du fil à retordre et tous étaient déjà propres et repus mais à peine Tobi fut installé que Chiryoshi lui fit signe de monter, ainsi qu'à Midori.
- Prenez une douche chaude et reposez-vous au calme. Vous l'avez mérité.
Les joues rouges de recevoir un compliment, quoiqu'indirect, ils prirent tous deux la direction de l'étage, échangèrent un regard en passant devant une des salles de bain et y entrèrent ensemble, sans pudeur. Midori fut la première sous la douche, prit appui d'un bras contre un des murs en laissant l'eau rosâtre couleur le long de sa peau, lavant enfin tout ce sang et, une main sur son ventre, elle laissa échapper une ou deux larmes de soulagement.
La pression retombait, à présent et tous les sentiments que Midori avaient ignorés pendant leur course contre la mort revenaient en force, mais en sentant la main douce de son ami caresser son dos, lui masser les reins, Midori se redressa en reniflant et lui adressa un sourire tendre. Sans un mot, Tobi lui lava les cheveux avec douceur, lui donna sa main volontiers pour qu'elle puisse se laver sans avoir peur de tomber et attendit qu'elle sorte de la douche pour se purifier à son tour.
Enroulée dans une grande serviette, Midori mit quelques secondes à remettre ses idées en place, et elle se sécha en douceur pour revêtir l'un des uniformes présents dans la grande armoire proche de la porte. Avec attention, elle remit sa ceinture autour de son ventre, son sabre à sa taille et attendit que Tobi en ait terminé, soit habillé pour lui prendre la main et se laisser mener vers l'un des dortoirs du personnel.
Et, confortablement installée entre ses jambes, reposant contre son torse, Midori se laissa somnoler, laissant sa fatigue emporter avec elle tous les souvenirs de cette journée. Pour quelques heures, au moins.
