Salut ! Et voilà, comme le titre le laisse présager, la deuxième année d'Harry à Poudlard commence ! Ce chapitre m'a donné certainement le plus de mal (deux semaines par intermittence...), mais j'en suis assez satisfait.
Je glisserai quelques infos à l'intérieur du chapitre qui se révéleront prémonitoires quant au futur d'Harry et des autres personnages.
J'ai encore une fois dû oublier pas mal de fautes dans ce chapitre, mais pour mon excuse, je rappellerai que j'ai eu du mal à l'écrire ^^.Sur ce, bonne lecture !

La fin des vacances était finalement arrivée et signifiait pour Harry le commencement d'une deuxième année qu'il espérait plus enrichissante que la précédente. Marchant tranquillement sur le quai de la gare en compagnie du reste de la famille tout en suivant son elfe de maison qui faisait de son mieux pour pousser son chariot à bagages, il repensait une fois de plus aux derniers évènements ayant eu lieu dans sa famille, en particulier depuis l'éclosion de l'œuf. A sa plus grande joie, le Balrog était selon les divers manuels qu'il avait pu lire, une créature extrêmement puissante pouvant atteindre une fois adulte une dizaine de mètres de haut, et presque autant de longueur. Sa capacité à contrôler le feu et à le modeler pour en faire des armes était également très intéressante, de même que les jets de lave en fusion qu'il pouvait projeter sur ses ennemis par sa gueule lorsqu'il se sentait menacé, sans oublier bien évidemment son poids de plusieurs tonnes lui permettant d'écraser comme des vulgaires insectes les gêneurs. Oui, son Balrog était un être absolument parfait, sauf un petit détail : il ne lui obéissait pas.

Sa joie fut par conséquent de courte durée, surtout lorsqu'il découvrit que le monstre considérait Bellatrix comme sa nouvelle mère car ayant été la première personne qu'il vit en naissant. Sa fidélité n'était attribuée de ce fait uniquement qu'à elle et à personne d'autre. Il ne laissait d'ailleurs personne s'approcher de lui si la mère d'Harry n'était pas dans les parages, et essayait même de se cacher timidement derrière elle comme un enfant apeuré, et n'acceptait sa nourriture uniquement que de sa part, bien que de toute façon, elle soit la seule à savoir utiliser le maléfice du Feudeymon qui était la seule source de nourriture qu'il acceptait.

Comme un problème n'arrivait jamais seul, tout le monde put remarquer la vitesse à laquelle le Balrog grandissait. En moins d'une semaine, il avait presque doublé en de volume et de taille, pour déjà dépasser d'une demi-tête Harry, et commençait déjà à utiliser le feu émanant de lui pour intimider ses « ennemis ». Le garder dans le manoir risquait de devenir trop dangereux pour la famille, d'autant plus que la créature avait déjà tenté une fois de sortir de son cachot. Il fut ce jour là arrêté in extremis, mais avait au passage tué deux prisonniers moldus en les carbonisant littéralement sur place. L'odeur de chair brulée avait empesté le sous-sol pendant des semaines après ça.

« - Nous ne pouvons pas le garder, avait décrété ce jour là Rodolphus après avoir fait disparaitre les cadavres fumant des victimes du Balrog. Cette créature va devenir de plus en plus dangereuse avec le temps.

- Mais papa, peut être que si on lui aménage un cachot plus vaste, il pourrait s'acclimater à son nouvel environnement…

- C'est non, Henry, répliqua fermement son père. Je ne tiens pas à voir le manoir se transformer en un champ de ruines. Et puis, ta mère est enceinte, et je ne souhaite pas mettre la vie du bébé en danger, sans compter celle de ta mère, de Cassandre, ou même la tienne. Est-ce que c'est compris ? »

Harry lui-même dut avouer qu'avec le temps, le Balrog aurait un jour ou l'autre attenté à leur vie, et imaginer un seul instant cette créature s'en prendre à ce qu'il chérissait le plus fit considérablement refroidir son envie de garder ce monstre sous le toit du manoir. Maintenant, restait à savoir où installer le Balrog pour qu'il ne fasse pas de dégât et surtout qu'il n'agresse personne. La solution fut presque aussitôt trouvé par Bellatrix : à Gringotts. Après tout, cette créature légendaire vivait autrefois à plusieurs kilomètres sous la surface et plus particulièrement à proximité du centre de la Terre. Plus l'on s'en rapprochait, et plus elle appréciait cela. Le tunnel servant à entreposer toute la fortune des Lestrange ainsi que leurs nombreuses voutes se trouvait lui-même très en profondeur. Leur petit monstre pourrait ainsi servir à garder leur richesse bien à l'abri et à éloigner les possibles pilleurs, sans compter qu'il serait à son aise dans cet environnement plus hostile.

Mais surtout, les parents d'Harry avaient vu en lui une très bonne protection pour un mystérieux objet entreposé dans l'une des voutes, un objet dont il n'était lui-même pas au courant jusqu'à présent. Pour assigner une créature mythique comme la leur, le dit-objet devait avoir une valeur inestimable… Restait tout simplement à contacter la banque afin de leur faire part de ce petit problème et de trouver une solution à l'amiable pour qu'ils acceptent de garder le Balrog entre leurs murs. Mieux valait d'ailleurs ne pas ébruiter la dernière acquisition des Lestrange et faire cela le plus discrètement possible, aussi la discrétion était de rigueur, et une lettre envoyée directement à leur gobelin personnel fut rapidement écrite et transmise. Rodolphus n'était pas particulièrement friand des accords avec ces créatures dont il avait autant d'estime que pour un elfe de maison et intérieurement, il espérait que leur monstre tuerait quelques uns de ces nuisibles. Mais si les gobelins lui permettaient de se débarrasser au plus vite de cette chose, alors il consentirait à quelques sacrifices.

L'affaire fut rapidement bouclée, non sans que les gobelins n'en profitent pour exiger certaines choses en retour, comme entrainer eux-mêmes le Balrog et se voir permis de l'utiliser pour protéger non seulement les voutes des Black et Lestrange, mais également une partie des autres tunnels de la banque. Les dragons n'étaient semble t-il pas suffisamment compétent pour ce genre de choses. Pour ne pas ébruiter leur arrangement, le transfert du Balrog vers Gringotts se fit de nuit, bien à l'abri des regards indiscrets. Par chance, les gobelins disposaient d'une cage indestructible forgée par leurs ancêtres ; Les armes et autres outils crées par les gobelins avaient comme principal atout d'être dotés de pouvoirs magiques. Le déplacement du Balrog se fit sans heurt, bien qu'en voyant autant de gens dans sa cellule, le monstre avait prit peur et avait tenté d'attaquer les gobelins présents.

« Dommage », avait marmonné ce soir là Rodolphus d'un air contrarié.

Ils n'entendirent depuis plus aucune nouvelle de leur ancienne créature, seules quelques très brèves missives les informant que tout s'était bien déroulé et que leur possession se plaisait apparemment dans son nouvel environnement. La vie reprit son cours, agrémenté de temps à autre de quelques petits incidents courant chez eux, en particulier les mauvais tours que jouait Cassandre à son frère alors que celui-ci était occupé le plus clair de son temps à étudier ou à faire ses devoirs scolaires. Sa sœur semblait avoir eut dans l'idée de l'agacer le plus possible avant qu'ils ne soient de nouveau séparés par la rentrée scolaire. Et dire qu'elle allait intégrer l'an prochain Poudlard… Cela n'annonçait rien de bon pour Harry. Tous les deux d'ailleurs se chamaillaient une nouvelle fois sur le quai de la gare King Cross pour une raison futile, et ce, sous les yeux blasés du reste de la famille et des Malefoy qui avaient depuis longtemps arrêté d'essayer de faire s'entendre ces deux là.

- … Puisque je te dis que tu ne peux pas monter dans le train ! De toute manière tu n'as même pas encore ta propre baguette, comment veux-tu lui lancer des sorts ?

- Donne-moi la tienne dans ce cas ! Puisque tu n'es pas capable de faire ce que je te demande, je m'occuperai d'elle personnellement !

- Pour que tu te retrouves avec le service des usages abusifs de la magie à tes trousses ? Et moi par la même occasion pour te l'avoir prêté ? Ça tu peux toujours courir ma chère Cassandre…

- Pfeuh, qui m'a collé un frère aussi lâche ? Que serait la vie si personne ne prenait des risques ? Le ministère ne pourrait même pas savoir que c'est moi qui ait utilisé ta baguette de toute manière, il y a trop de sorcier ici !

Leur joute verbale continua tout le long du quai, et sans qu'ils ne remarquent tous les deux qu'ils se trouvaient déjà à proximité du train et que les autres familles autour d'eux souhaitaient déjà une bonne année scolaire à leurs enfants tout en leur donnant quelques derniers conseils sur leur comportement au château.

- Drago, mon chéri, tu ferais mieux de te dépêcher de trouver un compartiment avant que le train ne soit remplit. Merlin, tu pourrais même te retrouver dans celui d'un Sang-De-Bourbe si tu ne cherches pas immédiatement.

- Aucun risque, mère, lui assura son fils. Nos amis nous ont sans doute déjà gardé une place pour que l'on soit tous ensemble.

Juste à côté d'eux, la même scène d'adieu se déroulait, sauf que Bellatrix se montrait particulièrement tendue et nerveuse, et ne cessait de poser des questions à son fils sur le contenu de sa valise comme pour chercher le moindre prétexte pour retourner au manoir chercher un quelconque objet manquant et retarder ainsi son départ.

- Tu as pris ton miroir à double sens ?

- Oui Maman.

- Et tu n'as pas oublié tes manuels scolaires ni tes fournitures ?

- Je n'ai rien oublié, j'ai déjà vérifié quatre fois pour être sûr.

- Tu n'as pas omis de prendre ton manteau d'hiver ? Et quelques écharpes supplémentaires ?

- Je n'ai rien oublié, maman, soupira t-il avec agacement.

- Ton père t'a donné assez d'argent pour tenir jusqu'aux prochaines vacances ?

- Bella, Je lui ai même donné plus qu'il ne faut. Il ne peut même pas encore aller à pré-au-lard pour le dépenser…

- Je m'en moque, répliqua sa femme, on n'est jamais trop prudent.

- Maman, papa m'a donné plus de deux cent gallions. Tu crois vraiment que je vais dépenser ça en seulement quatre mois ? Il n'y a pour ainsi dire rien à acheter à Poudlard de toute façon !

Harry eut beau assurer à sa mère que tout était en règle et qu'il ne manquait absolument de rien, rien n'y faisait. Peut être était-ce dû aux hormones ou au bébé, mais Bellatrix étaient encore plus collante que d'habitude, et ne semblait pas vouloir abandonner aussi rapidement son fils ainé. Elle voulut même vider sa malle pour recompter à nouveau le nombre de caleçon qu'il avait emporté avec lui ainsi que ses shampoings, avant que Rodolphus, anticipant les regards curieux, ne lui demande poliment mais fermement de se tenir tranquille. Constatant qu'elle n'avait plus rien pour retarder le départ d'Harry, sa mère s'avoua vaincu, mais ne laissa passer l'occasion d'utiliser sa dernière carte : l'étreinte à lui broyer les os. Son fils ne dit rien, sachant que toutes les mères faisaient ce genre de scène lorsque l'un de leurs enfants partait loin d'elles, mais au bout de deux minutes, il commença à trouver le temps assez long pour un simple câlin d'adieu.

- Heu maman, je crois qu'il est temps de me relâcher…, marmonna t-il nerveusement en lançant des regards désespérés vers son père.

- Encore un peu… Juste un tout petit moment…

Finalement, Rodolphus prit pitié de son fils et décida de mettre un terme à cela en posant une main sur l'épaule de sa femme pour la faire relâcher Harry. Leur fils d'ailleurs réprima le soupir de soulagement qui le tiraillait, surtout que faire cela devant Bellatrix aurait été impoli et déplacé. Ce fut ensuite au tour de son père de le serrer légèrement contre lui, mais bien moins longtemps que sa femme.

- Travaille bien à l'école, Henry. Rends-nous fiers de toi et fais honneur aux familles de tes ancêtres.

- Je ne pas te dire que je ferai de mon mieux car je sais que faire de son mieux n'est pas suffisant pour toi. Alors je peux t'assurer que mon titre de meilleur élève sera conservé.

Rodolphus sourit légèrement tout en ébouriffant au passage les cheveux d'Harry, chose qu'il détestait. Heureusement qu'ils étaient devenus courts, autrement il n'aurait pas supporté longtemps cela. Vint ensuite tour à tour son oncle et sa tante, puis Cassandre, qui en profita au passage pour lui pincer fortement le dos en guise de cadeau d'adieu.

- à bientôt toi, lança t-il tendrement en embrassant le ventre arrondi de Bellatrix. Reste encore un peu au chaud le temps que je revienne pendant les vacances d'hiver, je ne voudrais pas rater le moment ou tu arriveras.

L'instant d'après, il fut une nouvelle fois serré par sa mère qui ne se décidait vraiment pas à l'abandonner. Merlin, ses hormones commençaient vraiment à être pénibles. Arraché finalement de son étreinte par l'aide inespéré de Rodolphus, Harry put enfin se diriger vers le train en compagnie de Drago qui ne perdit pas une seconde pour se payer sa tête et le traiter moqueusement de « fils à maman ».

- En route pour l'école des fous, soupira son cousin tandis qu'ils se dirigeaient tous les deux vers l'une des portes des wagons.

- L'école du vieux fou, tu veux dire, le corrigea Harry. Merlin, je me demande encore ce qu'il va nous inventer cette année.

Après un dernier salut de la main en direction de leur famille respective, les deux cousins pénétrèrent à l'intérieur du train et recherchèrent aussitôt leurs amis. Contrairement à l'an passé cependant, leur destination était déjà toute tracée, et ils n'eurent pas à attendre longtemps avant de les rejoindre. D'un commun accord, tous s'étaient donnés rendez-vous dans le même wagon que l'année dernière, au fond du train et par conséquent à l'abri des oreilles indiscrètes. Un joyeux tintamarre de cliquetis métalliques et d'exclamations de surprise les accueillirent lorsqu'ils ouvrirent la porte. Presque tout le monde était déjà là, sauf Pansy et Théodore qui se faisaient encore désirer. Harry remarqua, alors qu'il regardait à l'intérieur du compartiment, que pour la première fois depuis deux mois maintenant, toute la bande était réunie, et cette pensée lui arracha un sourire bien malgré lui. Revoir ses camarades était un baume bien agréable pour affronter une nouvelle année scolaire.

- Salut tout le monde, lança t-il gaiement en entrant dans le compartiment avant d'être rapidement pris dans une étreinte par Tracey.

- Henry ! s'exclama t-elle avec exubérance. Si tu savais comme tu m'as manqué ! Je me languissais de toi durant toutes ces vacances ! Tu aurais pu m'écrire un peu plus souvent quand même !

Par-dessus son épaule, Tracey en profita pour narguer Daphné en esquissant un sourire carnassier tout en lui tirant ouvertement la langue, sans qu'Harry de son côté ne remarque son petit manège. Tour à tour, le reste des amis d'Harry furent salués, entre les embrassades et les poignées de main qui se voulaient viriles. Daphné entre autre mit presque autant de temps à relâcher Harry que Tracey dans une attitude possessive à la limite de la paranoïa. Lorsqu'il arriva à Crabbe et Goyle, Harry réprima un frisson en remarquant les légères traces encore visibles sur leur peau causées par les maléfices de Voldemort pour leur échec d'il y a tout de même plus d'un mois. Il eut presque pitié d'eux, mais plus pour leur bêtise naturelle que pour la punition qu'ils avaient subie. Trop concentré sur le souvenir de la quantité de sang qu'ils avaient perdu, Harry ne remarqua que tardivement l'étrange gant recouvert de plusieurs couches de métal que portait Blaise et se coupa la main dessus.

- Aoutch ! Blaise, bon sang ! Je commence à en avoir plein le dos de tes blagues ! siffla t-il méchamment tandis que Daphné s'affairait déjà à soigner sa blessure non sans lancer au passage un regard noir au concerné.

- Houla, doucement Henry ! Ce n'était pas une blague ! Ceci est ma dernière acquisition !

Le sifflement caractéristique du train se fit entendre, annonçant le départ imminent du Poudlard Express vers l'école de magie. Tous s'agglutinèrent à la fenêtre pour saluer une dernière fois leurs parents, avant que la distance ne soit trop importante pour ne plus les discerner à travers la foule.

- Et nous voilà en route pour une nouvelle année dans cette chère école de magie, déclara d'un air blasé Drago comme si cela l'ennuyait déjà.

- Je me demande bien où peuvent se trouver Pansy et Théo… Vous ne les avez pas vus ?

- Bonne question, Henry. Théodore m'a envoyé un hibou hier pour me dire qu'il serait probablement en retard aujourd'hui, mais qu'il serait quand même là. Pour Pansy, hé bien, ce serait plutôt Millicent qui devrait répondre à cette question.

- Comme si je savais tous ce qu'elle faisait, répliqua leur amie en foudroyant au passage Blaise du regard. Je ne suis pas collée toute la journée à elle, tout le monde à droit à un minimum de tranquillité. Et puis elle est tellement bizarre depuis cette mission que nous a confiée le seigneur des…

- Tais-toi donc Milli ! la coupa brusquement Harry en plaquant sa main sur sa bouche. Assurdiato ! ajouta t-il en visant la porte du compartiment avec sa baguette.

- Oups, marmonna t-elle honteusement une fois sa bouche libérée. J'avais oublié…

- Erreur de débutante, le seigneur des ténèbres serait fâché d'apprendre cela. Donc tu disais que Pansy était différente ? Comment ça ?

- Hé bien, depuis cette mission que l'on a accomplie pour le seigneur des ténèbres, elle est plus distante, un peu rêveuse ou mélancolique, je ne saurais dire… Je crois que tuer ces moldus l'a plus atteinte que je ne l'aurais crû.

- ça peut se comprendre, intervint Tracey, moi aussi ça m'a fait tout drôle d'ôter la vie à quelqu'un. C'est comme si je venais de franchir une étape importante dans ma vie, comme si je ne pouvais plus retourner en arrière, dit-elle sous les hochements approbateurs des autres.

Harry pouvait aisément comprendre ce qu'elle ressentait, lui-même ayant passé par là il y a de cela plus de huit mois maintenant. Tous devaient à présent faire plus ou moins le deuil de cette journée et surmonter leurs nouvelles appréhensions.

- Comment se sont déroulées vos missions à vous ? demanda précipitamment Harry en cherchant à savoir à quel degré ils se sentaient touchés par leurs assassinats.

Durant plusieurs minutes, chacun raconta en détail comment s'était déroulée la mission sur laquelle ils avaient été envoyés. Les autres furent particulièrement jaloux d'entendre que Daphné, Drago et Harry avaient effectué la leur en compagnie de Voldemort lui-même. Ce fut néanmoins assez amusant de découvrir ce qu'ils avaient fait ce jour là. Ainsi, Blaise et Théodore furent envoyés au cœur de Londres assassiner le chef d'une organisation refusant de se joindre à la cause du seigneur des ténèbres, Pansy et Millicent se contentèrent d'un meurtre de masse dans un village moldu, et Tracey, accompagné de son père pour l'occasion, fut simplement chargé d'éliminer un auror à la retraite, une taupe s'étant infiltré dans les rangs de Voldemort et rapportant à l'occasion des détails sur ses futurs plans. Le mage noir aurait pu s'en charger lui-même, mais il avait trouvé là un excellent moyen pour Tracey de lui montrer ce qui arrivait à ceux qui le trahissait ou se jouait de lui. Quant à Crabbe et Goyle, les autres se mirent silencieusement d'accord pour ne pas mentionner le fiasco qu'ils avaient causé, ni ce qui leur était arrivé par la suite. Mieux valait ne pas ressasser les mauvais souvenirs.

- Bon alors dis-moi, Blaise, Qu'est-ce que c'est que ce gant ? demanda subitement Harry une fois que chacun eut raconté ce qu'il avait fait durant sa mission.

- ça, Henry, c'est un souvenir que j'ai ramené de mes vacances au Japon. Une pièce unique que vous ne verrez peut être qu'une fois dans votre vie.

- Tu parles, ce n'est qu'un vulgaire gant de pacotille, une babiole que tu as ramené de vacances après qu'un vendeur remarquant le pigeon que tu étais te l'a proposé, le railla narquoisement Drago.

Blaise, loin d'être offensé par sa remarque, se permit même de lui sourire avant d'orienter la paume de sa main au dessus de la tête du cousin d'Harry. Les autres réprimèrent une exclamation, alors qu'Harry lui, ne comprenait pas leur réaction. Le gant n'avait après tout rien de particulier hormis cette petite pointe sortant du centre de sa paume. Cependant Les impressions étaient parfois trompeuses, et il le découvrit rapidement. Un bruit métallique comme il avait pu l'entendre avant d'entrer dans le compartiment tout à l'heure lui vrilla les tympans, et à peine une seconde plus tard, un petit poignard sortit de sa main et vint se planter juste au dessus de la tête de Drago. Au bout de celui-ci se tenait une longue chaine le reliant au gant. L'intérêt qu'il portait à la dernière acquisition de Blaise s'en trouva décuplé, d'autant plus qu'une personne ne connaissant pas cette arme avait de fortes chances d'y rester. L'effet de surprise était total, et même lui s'y serait laissé prendre.

- T-tu as failli me tuer ! balbutia d'effroi Drago en tremblant comme une feuille. Tu es complètement cinglé !

- Oh allons Drago, comment peux-tu imaginer un seul instant que je voudrais te faire du mal ? Tu me fais de la peine tu sais ?

- Comment diable as-tu pu te procurer ça ? le questionna Harry en s'extasiant toujours sur l'arme de Blaise. Merlin, je veux la même !

- Il y a un petit village sorcier à proximité d'Osaka où on peut se procurer une multitude d'armes de ce type. Des lames fixées sur les avant-bras qui s'allongent et se rétractent à volonté, des éventails extrêmement tranchants, des chapeaux qui découperaient n'importe quoi en les lançant comme des frisbees, des dagues paralysantes, des lances aiguisées sur toute la longueur, des gants qui décuplent la force… C'était incroyable ! Le petit ami actuel de ma mère pour bien se faire voir d'elle, m'a offert ça en croyant l'impressionner. S'il savait… Maman n'en a bien évidemment qu'après son argent, mais bon au moins ça me fait un petit souvenir bien sympa de ce voyage en Asie. D'ailleurs regarde…

D'un simple geste de son index, le poignard, planté dans le mur, revint comme un éclair à l'intérieur du gant, de même que la chaine les reliant.

- Il n'y aurait pas le sortilège du puits sans fond par hasard sur ton machin ? le questionna Daphné en regardant elle aussi fixement la main métallique de Blaise.

- Evidemment, ou crois-tu que tout ceci irait autrement ? Je n'ai pas encore testé la longueur de la chaine, mais je pense qu'elle doit aller assez loin.

- Prie pour que Dumbledore ne tombe pas là dessus, l'informa Tracey. Je n'ose même pas imaginer ce qui pourrait t'arriver si tu te ramenais avec une arme comme ça à Poudlard. D'ailleurs, pourquoi tu l'as prise avec toi ?

- Pour vous la montrer tout simplement, déclara Blaise comme si c'était une évidence. Et puis, sait-on jamais, peut être que j'en aurais besoin à l'avenir. Weasley pourrait faire encore des siennes cette année.

- Ah oui c'est vrai… Il va faire son retour parmi nous celui-là…, soupira Tracey. Espérons que ces quelques mois d'exclusion lui ont permis d'avoir l'esprit plus clair.

- Ce serait dommage, au contraire. Comment nous amuserions-nous sinon ? Mis à part lui, on ne peut pas dire que les autres élèves soient vraiment divertissants.

La remarque d'Harry donna une tout autre image à Ronald Weasley, le faisant ainsi passer aux yeux des autres du boulet inutile de Gryffondor au bouffon amusant la galerie. Il fallait admettre qu'aucun autre élève n'égalait son niveau : Aucune personne saine d'esprit en effet ne pouvait atteindre les sommets de la bêtise comme lui. Dans un sens, Harry avait peut être raison, Ron était indispensable… pour passer le temps.

- Cependant, il faudra qu'il se tienne sur ses gardes parce que si jamais l'envie lui prenait de refaire la même chose que l'an passé à ton sujet, je crois que je me montrerais encore moins gentille avec lui, l'informa Daphné en fronçant les sourcils à ce souvenir.

- Oh crois-moi, je suis persuadé que tout ce qui a pu lui arriver à lui et à sa famille depuis ce jour-là lui a donné largement le temps pour méditer là dessus. Je ne serais pas étonné de le voir même raser les murs du château pour se faire tout petit.

Leur conversation fut coupée par l'ouverture de la porte du compartiment, laissant ainsi apparaitre… Hermione. Merlin, aucun d'eux n'avait pensé un seul instant à elle. Pourtant il y avait de quoi. Le compartiment était on ne peut plus calme, or Hermione était un vrai moulin à paroles. Son absence aurait pourtant dû les alerter.

- Je savais bien que je vous trouverai ici ! lança t-elle joyeusement, apparemment ravie de les revoir.

En deux mois, sa peau avait pris une couleur bronzée qui aurait presque pu rivaliser avec la peau de Blaise. Elle avait d'ailleurs gagné quelques centimètres, mais peut être était-ce dû à son éternelle touffe de cheveux qui semblait avoir encore pris du volume durant l'été. Tout le monde avait à divers degrés légèrement grandi, mais avec ses cheveux emmêlés et touffus, Hermione semblait avoir pris au moins dix centimètres. S'avançant dans le compartiment non sans se départir de son sourire, elle commença aussitôt à déblatérer sur les vacances qu'elle avait passées, tout en essayant de placer sa valise dans le filet à bagages fixé au mur. Crabbe et Goyle auraient pu l'aider, mais aucun des deux ne fit le moindre geste pour venir à son secours, ce que de toute façon aurait fait également Harry et les autres.

- J'espère que vous avez passé d'aussi bonnes vacances que moi en tout cas ! dit-elle en commençant à saluer les uns et les autres en leur baisant la joue à tour de rôle. J'ai regretté de ne pas avoir de vos nouvelles, mais après tout, vous deviez sans doute vous trouvez aux quatre coins du globe, pendant que moi je bronzais tranquillement sur les plages espagnoles ! D'ailleurs vous n'avez pas pris beaucoup de couleurs dites-moi, vous êtes allés au pôle nord ou quoi ?

- Nous ne nous abaissons pas à bronzer au soleil, l'informa dédaigneusement Daphné tout en essuyant sa joue là ou Hermione l'avait embrassé. Faire brunir notre peau est vraiment répugnant et dégradant, nous laissons ça aux classes moyennes et aux prolétaires. Nous préférons garder notre teint de porcelaine en toute circonstance, cela nous permet de nous distinguer du reste de la population.

- Moi de toute manière, je n'en ai pas besoin, ajouta nonchalamment Blaise alors que les autres commençaient déjà à rire de bon cœur.

Hermione se joignit à eux, comprenant pour une fois l'une des allusions de Blaise, avant de s'asseoir juste en face d'Harry, encore une fois. Cette fille avait l'étrange caractéristique de toujours vouloir se mettre face à lui, comme pour l'analyser sous toutes ses coutures… ou pour peut être avoir à l'œil celui qui la battait dans toutes les matières, comme le pensa moqueusement Harry. Daphné, qui était assise juste à côté de lui et qui pouvait voir elle aussi le petit manège d'Hermione entreprit aussitôt d'enrouler son bras autour du sien comme pour lui dire silencieusement : Ne mets pas tes sales mains sur lui !

- Vas-tu continuer encore longtemps à me regarder comme ça, Granger ? s'agaça aussitôt Harry sans la quitter des yeux.

- Oh euh… Excuse-moi, c'est juste que… Hé bien, je suis juste ravie de tous vous revoir ! Vous m'avez vraiment manqué !

Harry put clairement sentir à ses paroles qu'elle était vraiment sincère. Soit cette fille était complètement sadomaso et aimait les remarques désobligeantes et cinglantes qu'Harry et sa bande lui lançaient continuellement, soit elle n'avait strictement rien compris et persistait à croire qu'eux aussi l'appréciaient. Néanmoins, Harry fut quand même touché de voir qu'il comptait pour elle, même si l'affection qu'elle éprouvait pour eux était bien la dernière chose qu'il espérait.

- Inutile de me regarder comme ça alors, on croirait presque que tu vas me sauter dessus, dit-il froidement.

- Tu imagines, Daph' ? Granger mettant le grappin sur Henry avant toi ! la taquina en chuchotant Tracey avant de se prendre un coup de poing dans l'épaule de sa part.

- Comment avance la grossesse de ta mère, Henry ? s'enquit Hermione avec intérêt. La dernière fois que je l'ai vu, elle semblait déjà bien en avance. L'échéance arrive bientôt, non ? Les femmes dans le monde des sorciers accouchent dans des hôpitaux moldus ?

Sans se douter qu'elle venait de dire là une énorme bêtise, Hermione ne put que constater l'éclat de rire général qui résonnait dans le compartiment. Pourtant selon elle, il n'y avait rien de drôle, et elle avait bien du mal à imaginer les sorcières accoucher d'une autre façon, hormis chez elle.

- Ma tante dans… dans un hôpital moldu !? hoqueta Drago entre deux éclats de rire. Merlin, c'est bien la chose la plus drôle que tu ais jamais dites Granger !

- Elle risquerait de tuer tout le monde ! ajouta Harry sans cesser de rigoler.

- La médecine moldue est très avancée, vous savez, les informa Hermione d'un air contrarié. Comment faites-vous pour vous soigner si vous n'y allez pas ?

- Nous avons notre propre hôpital, Granger. Ste Mangouste, pour être précis, même si il ne traite que des pathologies causée la plupart du temps par la magie. Mère n'irait de toute façon jamais là-bas, donner naissance à un enfant se fait à la maison auprès des siens. Un médicomage et une sage-femme viendront simplement au manoir pour l'accompagner pendant son travail.

- Pourquoi est-ce que ça ne m'étonne même pas ? soupira t-elle de dépit. Je n'aurais même pas dû poser cette question.

- Non tu n'aurais pas dû, mais vois le bon côté des choses : tu en apprends chaque jour un peu plus sur notre monde ! Au moins, tu…

Blaise fut coupé dans son élan par l'ouverture à nouveau de la porte. S'attendant à voir apparaitre les deux absents, ils en furent pour leur frais. Ce n'était que la vendeuse du train, tirant comme toujours son chariot à bonbon. Néanmoins la déception fut rapidement éclipsée par les pintes de jus de citrouilles fraiches tenant en équilibre précaire sur le chariot. La journée était vraiment très chaude et leurs gorges assoiffées criaient grâce. Aussi poussèrent-ils joyeusement un cri de joie avant de se jeter littéralement sur la gentille vieille dame et ses boissons. Dans un autre compartiment à seulement quelques emplacements de là, deux jeunes filles discutaient tranquillement, du moins l'une essayait de faire parler l'autre, sans résultat pour l'instant.

Liliane, puisqu'il s'agissait d'elle, préférait observer distraitement le paysage défilant depuis la fenêtre qu'écouter les éternelles anecdotes de Ginny tout en caressant Bugs, son lapin blanc qu'elle avait finalement pu acquérir après de nombreuses supplications. Ce serait mentir que de dire qu'elle n'en avait rien à faire, mais apprendre de la bouche de sa meilleure amie les derniers potins concernant les stars de la musique dont elle était pourtant elle-même fan était bien loin de ses préoccupations. La révélation qu'elle avait apprise durant le mois de Juillet était tellement plus importante que tout ça, et surtout concernait quelque chose, ou plutôt quelqu'un qu'elle n'avait pas eu la chance de connaitre mais qu'elle avait toujours aimé, malgré elle. Entendre dire de la part du gobelin chargé de leur fortune qu'Harry était vivant avait été un véritable choc pour elle, mais aussi pour le reste de sa famille, en particulier pour Lily qui s'était évanouie en apprenant la nouvelle. Il lui fallut de longues minutes pour se remettre, et encore davantage pour accepter l'annonce de Gripsec que son fils vivait quelque part depuis onze ans maintenant, loin d'eux.

L'espace d'un instant, Liliane avait bien cru que la nouvelle allait rendre complètement folle sa mère quand elle la vit s'effondrer de nouveaux en pleurant à chaudes larmes. Ne pas avoir été présente pour voir grandir son fils et le voir devenir un jeune adolescent avait été un coup dur pour elle, peut être même s'était elle sentie comme étant une mauvaise mère pour avoir aussi rapidement pensé qu'il était mort, mais comment pouvait-on la blâmer pour ça de toute façon ? Elle n'y était pour rien après tout, Voldemort avait lui-même enlevé Harry et les chances pour qu'il le laisse en vie étaient tellement minces que tout le monde s'était accordé à dire qu'il valait mieux le considérer comme mort.

- … Et alors à ce moment là, il se tourne vers moi, et tu devineras jamais ce qu'il fait ?! Il me fait un clin d'œil ! Merlin, heureusement que maman était venue avec moi à ce concert, autrement j'aurais été piétiné par toutes les autres groupies ! Ensuite j'ai…

Ginny ne semblait même pas se rendre compte qu'elle parlait à un mur, à une coquille vide. Liliane était bien trop plongée dans ses pensées pour faire attention à ce qu'elle racontait. D'ailleurs seule l'étrange impression qu'Harry pouvait actuellement se trouver dans ce train sous une autre identité se faisait omniprésente en elle. Tout l'été, Sa mère, Sirius et même elle s'étaient demandés ce qui avait bien pu arriver à son frère, et comment il avait bien pu survivre tout ce temps. Voldemort n'était pas un tendre, il était inutile de le nier, et encore moins une garde d'enfant.

La première idée fut qu'il abandonne sans doute Harry au fin fond d'un bois ou dans un autre endroit désert de ce type, attendant qu'il meure de faim, de froid, ou même qu'il finisse dévoré par une bête sauvage. Rien que cette idée la faisait frissonner de dégout. Par chance toutefois, Harry avait peut être été recueilli par un quelconque individu et placé dans un orphelinat ou même tout simplement adopté par son où ses sauveurs.

En tout cas il était vivant, et c'était le principal. Mais même avec cela, la lettre de Poudlard lui étant destinée et devant normalement le repérer malgré son changement de nom et prénom n'avait jamais atteint son but, ce qui ne laissait que deux hypothèses : Soit Harry vivait à l'étranger, soit… son changement d'identité était complet, ce qui impliquait par conséquent une adoption par le sang. Un procédé très rare et considéré comme de la magie noire, mais pas impossible. Mais qui serait assez fou pour faire ça à un enfant ? Quelqu'un qui souhaitait le faire disparaitre, et mis à part les mangemorts, personne n'aurait dans l'idée d'effectuer une pratique pareille. Rien que l'idée qu'Harry soit devenu fils d'un mangemort les dégouta presque autant que celle où il était dévoré par une bête sauvage. Mais bien que plausible, cette possibilité les avait laissé perplexe : Voldemort en avait après Harry après tout. Jamais il n'aurait pris le risque de le laisser en vie, et ses serviteurs n'auraient jamais voulu élever un enfant issu d'une famille de traitres à leur sang comme l'étaient les Potter, à moins d'être désespéré. Aussi cette possibilité fut également écartée, mais de gros doutes subsistaient quand même.

- … à ce moment là, Ron pique une nouvelle fois sa crise, et se met presque à pleurnicher pour que l'on rentre à la maison ! C'est vraiment dommage que tu n'ais pas pu venir, tu as raté le moment où il s'emmêle les pieds et tombe sur un groupe de filles en voulant s'en aller ! Elles l'ont pris pour un pervers et l'ont roué de coup ! C'était vraiment inoubliable !

Sans se soucier des élucubrations de Ginny, Liliane poursuivit sa théorie sur le sort actuel de son frère. Elle eut néanmoins beau se creuser les méninges, aucune idée réjouissante ne lui venait en tête. Torturé dans les cachots de Voldemort ; Retenu captif et asservi pour répondre au moindre désir du seigneur des ténèbres ; Rendu fou par un quelconque sortilège ; amnésique et ne sachant rien de son ancienne vie… les hypothèses ne manquaient pas, et rares étaient celles aboutissant à une fin heureuse.

Ces propositions avaient d'ailleurs eu comme fâcheuse conséquence de mettre en colère Lily qui n'acceptait pas que l'on puisse penser des choses pareilles concernant son petit garçon. Quelque soit l'état dans lequel il se trouvait actuellement, elle espérait le revoir un jour sain et sauf, et si possible, avec toutes ses facultés physiques et mentales. Pour éviter que cette découverte atteigne des oreilles indiscrètes, tous les trois s'étaient mis d'accord pour n'en parler à personne, pas même à Dumbledore. Le vieil homme serait capable d'alerter la presse pour demander à quiconque ayant des renseignements sur Harry pouvant lui permettre de l'approcher d'en informer les médias, et ce, sans se soucier de la sécurité du frère de Liliane. Voldemort découvrant que dumbledore est au courant qu'Harry était toujours vivant signait peut être la mort instantanée du garçon. Trois personnes étaient au courant de ce lourd secret, trois personnes qui pour rien au monde, n'en parleraient à d'autres, pas même à Remus Lupin qui était pourtant le parrain de Liliane.

- Bon Liliane, je commence à en avoir assez ! pesta soudainement Ginny en haussant le ton. Depuis tout à l'heure tu regardes cette stupide fenêtre sans écouter un seul mot de ce que je raconte ! Qu'est-ce que tu as aujourd'hui ? Tu es bizarre…

- Ce n'est rien, la rassura t-elle mollement en essayant de paraitre elle-même enjouée. Je réfléchissais simplement à quelque chose qui me turlupine depuis le début des vacances.

- Ah oui !? Et qu'est-ce que c'est ? s'enquit Ginny en se penchant sur son siège pour l'observer de plus près. Un garçon peut être ?

- Qu-quoi !? Non mais tu es folle ! J'ai autre à faire que d'aller courir après les garçons ! En plus à part Neville et tes frères, je n'en connais aucun autre !

- Si ce n'est pas un garçon, alors c'est peut être… Poudlard ? supposa son amie.

- Oh heu… Oui, c'est ça, Poudlard ! acquiesça aussitôt Liliane en trouvant se prétexte pour détourner la conversation. J'ai tellement hâte d'y aller mais en même temps, j'appréhende les cours que l'on aura.

- Oh allez, toi au moins tu as Sirius et ta mère pour te donner quelques tuyaux concernant les thèmes que l'on aura cette année ! Moi mes parents ne veulent jamais rien me dire, et ne parlons pas de mes frères… En tout cas, je ne risque pas d'avoir de l'aide de Ron, cet imbécile a eu des notes désastreuses à ses examens, et ce n'est pas faute de sa part d'avoir essayé de tricher ! Maman l'a consigné dans sa chambre pendant presque tout l'été pour qu'il révise sérieusement ses leçons.

- En parlant de lui, j'ai remarqué qu'il n'était pas là sur le quai de la gare. Il est malade ?

- Tu t'inquiètes pour lui ? lui demanda moqueusement Ginny avant d'éclater de rire devant la mine furieuse de Liliane. Merlin, tu devrais voir ta tête ! Si ça peut te rassurer, oui il est malade, mais non ce n'est pas trop grave. Si tu veux mon avis, il joue la comédie d'ailleurs, je l'ai vu hier soir aller tranquillement dans la cuisine s'empiffrer dans la réserve…

Son amie soupira de dépit en écoutant une nouvelle fois à quel point Ronald Weasley était un idiot fini et un goinfre par-dessus le marché. Ce garçon n'avait vraiment rien pour plaire.

- … Et ce matin maman a constaté qu'il manquait plusieurs tranches de lard et s'est mise à accuser Fred et George de les avoir mangé. J'ai eu beau lui dire que j'avais vu Ron descendre les escaliers cette nuit et forcer la porte du garde-manger, elle ne m'a pas cru une seule seconde !

- Ton frère est décidemment bizarre quand même. Simuler une maladie pour rater la reprise des cours, je ne vois pas vraiment l'intérêt. Peut être qu'il a peur de se retrouver à nouveau face aux Serpentards…

- Il faudra que je pense à remercier ce Lestrange, Ron ne m'a pas ennuyé une seule fois cet été grâce à lui. Il était trop occupé à maugréer continuellement sur ce Henry et sa bande pour s'intéresser à nous.

- Maman m'a parlé d'eux à plusieurs reprises, ajouta Liliane en se remémorant leurs multiples conversations. Apparemment ce seraient tous de brillants élèves, du moins la plupart d'entre eux, sauf dans sa matière. Lestrange en particulier lui manque continuellement de respect, que ce soit en cours ou dans les couloirs. Elle ne l'aime pas beaucoup à cause de ça. Lui et ses amis ont des idées très extrémistes et radicales concernant les moldus et les nés-moldu, un peu comme leurs parents en fait. Pourtant ils se baladeraient dans le château avec une fille de cette condition. Ils sont bizarres…

- Tant que je ne suis pas une de leurs cibles, moi ça me va, lui répondit Ginny en croisant les bras derrière sa tête tout en s'affalant sur son siège. Et puis, personne ne peut être aussi bizarre que Luna !

- Ginny ! C'est de notre amie que tu parles !

- Ne t'en fais pas Liliane, je ne suis pas vexée.

Tournant la tête vers l'entrée, Liliane remarqua la présence juste dans l'entrée de son autre meilleure amie, Luna Lovegood. Luna était une jeune fille aux longs cheveux blond sales et emmêlés lui descendant jusqu'à la taille, des sourcils très clairs et des yeux protubérants qui lui donnaient sans cesse l'air surpris. Son apparence physique aurait pu être considérée comme normale si elle ne portait pas en guise de boucles d'oreilles des radis et un collier fait en bouchon de bièraubeurre. N'importe qui ne la connaissant pas pourrait très bien la cataloguer comme folle, et au fond d'elle-même, Liliane devait avouer que son amie était par moment… étonnante. Mais en la connaissant un peu mieux, on pouvait aisément se rendre compte que Luna était une fille comme les autres, avec ses qualités et défauts, même si ses défauts étaient particulièrement dérangeant.

Outre le fait de voir des créatures imaginaires, leur amie avait également la fâcheuse tendance à dire des vérités gênantes que l'on ne dirait jamais en public, et surtout à savoir ce à quoi pouvait penser une personne sans même la questionner auparavant, un peu comme un sixième sens. Luna était par conséquent une personne un peu à part, plongée dans son propre monde et continuellement la tête ailleurs, mais Liliane et Ginny l'appréciaient comme elle était.

- Ah Luna ! Je me demandais quand tu allais faire ton apparition ! lança joyeusement Liliane en se levant pour la saluer.

- Je suis désolée si je vous ai inquiété, mais les joncheruines m'ont indiqué le mauvais chemin pour me conduire jusqu'à vous deux, déclara t-elle le plus sérieusement du monde. Je ne sais pas ce qu'ils ont en ce moment, mais ils ont tendance à perdre leur sens de l'orientation et à conduire les gens dans la mauvaise direction. D'ailleurs je ne sais pas ce qu'ils ont eu en arrivant ici, mais ils ont été comme effrayés par le dernier compartiment…

- ça, avec le boucan qu'ils font à l'intérieur, ça ne m'étonne même pas, affirma Ginny en la saluant à son tour. Je ne sais pas ce qu'ils trafiquent, mais j'ai pu entendre un bruit suspect tout l'heure, comme un coup dans le mur, enfin bon… Comment vas-tu, Luna ?

- On ne peut mieux, je suis juste triste de devoir abandonner ma plantation de radis maintenant, ils n'ont même pas encore eu le temps de mûrir complètement, dit-elle en pointant du doigt les légumes qu'elle avait accroché à ses oreilles.

- Ton père pourra s'en occuper pendant ton absence, lui assura Liliane avant de se rasseoir sur son siège.

- J'espère, mais son travail lui prend beaucoup de temps et… Ooooh, quelle adorable chouette !

Tenant d'une main un exemplaire du chicaneur, le journal de son père, Luna pointait de l'autre la cage dans laquelle un très beau Harfang aussi blanc que la neige somnolait paisiblement. Hedwige, puisqu'il s'agissait de lui, était la dernière acquisition de Liliane pour fêter son intégration à Poudlard. Un cadeau financé par Remus, son parrain, qu'elle ne voyait malheureusement que très rarement. Infiltrer les différents groupes de loup-garou d'Europe était une mission bien délicate l'éloignant durant de longues périodes de ses amis, mais si cela permettait de collecter quelques informations sur Voldemort et ses fidèles, c'était un sacrifice qui pourrait à l'avenir avoir d'excellentes retombées pour eux.

- C'est mon cadeau pour me féliciter pour mon entrée à Poudlard. Je ne vous en ai pas parlé parce que je savais que Ginny allait vouloir lui donner un nom ridicule, comme d'habitude…

La concernée souffla de frustration en croisant les bras, maugréant sur Liliane et son incapacité à reconnaitre les noms d'animaux « cools ». Liliane et elle n'avaient pas vraiment le même point de vue sur ce sujet, surtout depuis le jour où Ginny avait décidé de nommer le lapin de son amie « Bugs », ce qui n'avait il fallait l'avouer rien d'original. Luna de son côté s'était déjà avancée vers la cage et passait ses doigts à travers les barreaux afin de caresser le beau plumage de la chouette.

- J'aimerais bien avoir un hibou moi aussi, mais les seuls que l'on a servent à envoyer la dernière édition du chicaneur à nos lecteurs, déclara t-elle distraitement.

- Je pourrais te prêter Hedwige si tu veux, lui proposa gentiment son amie.

- C'est vraiment gentil de ta part, Liliane. Ça me rappelle que dans certaines civilisations anciennes, lorsque quelqu'un nous offre quelque chose, il faut lui donner autre chose en retour. Papa a fait un très long article sur ça l'autre jour…

Luna entreprit dès lors de fouiller dans sa malle à la recherche de quelque chose à offrir à Liliane, tandis que cette dernière ne cessait de lui assurer qu'elle ne voulait rien. Peine perdue. Luna lui tendit quelques instants plus tard un autre radis pou, apparemment, qu'elle se l'accroche également à l'oreille.

- C'est Heu… très gentil de ta part, Luna, marmonna t-elle en regardant le petit légume dans le creux de sa main.

- Je sais que ça ne te plait pas, tu peux me le dire tu sais ? Je ne serai pas contrariée, assura son amie sans montrer le moindre signe de tristesse.

- Oh si ! Ça me touche vraiment, je t'assure ! Regarde, je vais la mettre maintenant, dit-elle en se promettant intérieurement de l'enlever dès que l'occasion se présentera.

Une fois fait, elle se sentit aussitôt ridicule, et le fou rire de Ginny lui assura qu'elle devait vraiment l'être.

- Vous êtes complètement barjots ! s'esclaffa t-elle joyeusement, bientôt rejointe par ses deux camarades.

Leur bonne humeur fut contagieuse, et surtout très longue, et sans même le remarquer, la cérémonie de répartition avait finalement lieu. Tandis que Liliane et les deux autres attendaient patiemment que celle-ci ne débute, il en était de même pour la bande Serpentard en herbe, complète pour l'occasion. Théodore et Pansy avaient finalement fait leur apparition dans le Poudlard Express, peu de temps après le passage de la femme au chariot de friandises.

Tous les deux avaient été retardés par Dean Thomas et Seamus Finnigan qui faisaient tout comme Ron leur retour à Poudlard. Pansy s'était longuement moquée d'eux, en particulier sur leur désormais réputation de voyous aux yeux du monde magique, tandis que Théodore était resté parfaitement silencieux, n'étant là en vérité que pour servir de protection en cas d'attaque de la part des Gryffondors. Une fois ses piques cinglantes lancées, Pansy était partie joyeusement à la recherche de leurs amis, laissant derrière elle et Théodore deux garçons passablement irrités, irritation qui ne semblait pas être partie depuis lors si l'on en jugeait par les mines sombres qu'ils affichaient. La grande salle quant à elle n'avait pas changé durant ces deux mois de vacances : Toujours les mêmes chandelles flottant au plafond ; Toujours les mêmes vasques accrochées aux murs ; Les mêmes tables en bois et leurs chaises grinçantes ; Les mêmes étudiants répartis entre les quatre maisons de Poudlard… Le temps semblait s'être arrêté depuis la fin du mois de Juin, Harry avait l'impression d'avoir quitté le château la veille.

La seule différence notable pour l'instant était l'apparition d'un nouvel homme à la table des professeurs, un type aux cheveux blonds impeccablement coiffés portant des robes encore plus extravagantes que le directeur et arborant continuellement un rictus qui se voulait séduisant. Ce bellâtre donnait plus l'impression d'être un mannequin de magasine qu'un professeur, et il ne faisait aucun doute dans son esprit que cet idiot devait certainement être le nouveau professeur de Défense Contre les Forces du Mal.

- Weasley n'est pas là.

La remarque de Pansy eut au moins le don de lui faire détacher ses yeux de cet homme, et tournant sa tête vers la table des Gryffondors, il remarqua également l'absence de l'indésirable lion.

- En effet, dit Théodore en regardant en même temps que les autres la table du camp adverse. Finnigan et Thomas avaient raison finalement. Peut être que ses parents l'ont inscrit dans une autre école de bien moindre renommée.

- Oooh, pourquoi doit-on sans arrêt parler de cet idiot ? soupira Drago en levant les yeux au plafond. Arrêtez donc de vouloir gâcher ma soirée avec des conversations aussi insignifiantes…

- Vous connaissez le type qui est assis à côté du professeur Potter ? leur demanda Millicent pour dévier la conversation sur un autre sujet.

Chacun entreprit de regarder sous tous les détails l'inconnu au sourire éclatant, sans laisser de côté le moindre détail pouvant les aider dans la recherche de l'identité du nouveau professeur. Harry pensait l'avoir déjà vu, mais l'impression qui ressortait de lui le confortait dans la pensée que connaitre un homme de cet acabit ne lui était d'aucune utilité, sauf à vouloir s'afficher avec un idiot.

- C'est Gilderoy Lockhart, les informa tout à coup Hermione.

Tous les autres la regardèrent avec étonnement, peu habitués à ce qu'elle sache quelque chose qu'ils ne savaient pas. Ce fut d'ailleurs ce qu'elle remarqua également puisqu'elle esquissa même un léger sourire de contentement.

- Pour l'amour du ciel, ne me dites pas que vous n'avez pas ouvert vos manuels de Défense Contre les Forces du Mal !? Tous ont été écrits et publiés par lui ! Gilderoy Lockhart, ordre de merlin, troisième classe, membre honoraire de la ligue contre les forces du mal et cinq fois lauréat du sourire…

Elle se tut finalement en rougissant comme une tomate trop mure, sans dévoiler dans quelle catégorie le sourire de Lockhart avait pu être nominé.

- Lockhart… Oh ça y est, je vois qui c'est ! Mère lit quelques uns de ces livres quand elle n'a rien d'autre à faire. D'après elle, ses histoires sont distrayantes, mais tirées par les cheveux.

- Excuse-moi, mais vaincre un loup garou en lui faisant une clef de bras, ce n'est pas à la portée de tout le monde, répliqua Hermione à l'encontre de Drago qui ne cessait de lui sourire narquoisement en la prenant pour une idiote. Cet homme est incroyable ! Il est parvenu à attraper une goule avec une passoire à thé…

- Pardon ? Je ne suis pas certaine d'avoir bien compris la bêtise que tu viens de dire…, lui lança Daphné en réprimant un fou rire alors que d'autres notamment Harry n'avaient pas pu y résister.

Cependant ils ne purent plus longtemps se moquer d'Hermione car les portes de la Grande Salle s'ouvrirent brusquement, laissant entrer le professeur Mcgonagall avec à sa suite une petite foule de première année. Un étrange sentiment traversa Harry sur le moment en regardant attentivement les nouvelles têtes qui parcourront à présent les couloirs du château. L'an passé à la même date, lui-même se trouvait à leur place en compagnie de ses amis, en bon petit nouveau qu'il était. Mais maintenant, il n'était plus un première année et ne serait plus considéré comme faisant partie des plus jeunes de Poudlard.

Cette analyse lui arracha un sourire, tandis qu'il scrutait les nouveaux élèves avec attention en imaginant déjà les petites blagues qu'il pourrait leur faire subir pour les intimider. Certains lui étaient vaguement familiers car étant des enfants de mangemorts, quand la plupart ne lui disaient absolument rien. Comme l'an passé, le choixpeau entonna une chanson destinée à vanter les mérites des quatre maisons et leur passé commun, puis vint enfin la répartition. Les noms des élèves se succédaient au fur et à mesure que le temps passait, entrecoupé de temps à autre par les grognements de certains élèves affamés.

- Lovegood, Luna ! scanda à haute voix le professeur Mcgonagall.

L'amie de Ginny et Liliane s'avança d'un pas presque dansant vers le tabouret sous les regards étonnés du reste des étudiants. Il n'était en effet pas commun de voir une fille avec des radis en guise de boucles d'oreilles et un collier constitué de bouchons de bouteilles près de soi.

- Merlin, qu'est-ce que c'est que ce look complètement ridicule ! On n'a pas idée de se montrer en public vêtue de la sorte ! Pouffa Pansy en compagnie d'une partie des Serpentards.

- Cette fille a peut-être un problème psychologique, déclara pensivement Blaise tout en essayant lui aussi de ne pas ricaner.

- Serdaigle !

L'annonce du choixpeau magique fit aussitôt applaudir les élèves de cette maison, même si il fallait le reconnaitre, certains d'entre eux étaient trop occupés à s'interroger sur son étrange apparence plutôt que de se joindre au reste de leur table. Quelques autres noms furent appelés, notamment une certaine « Elisabeth Macnair », fille du mangemort du même nom qu'Harry avait déjà eu l'occasion de rencontrer et qui fut bien évidemment envoyée à Serpentard. Sa cousine éloignée devait être également là.

- Potter, Liliane !

Le nom appelé fit aussitôt tilt dans sa tête, et c'est avec curiosité qu'il regarda s'avancer la fille soit disant unique du professeur Potter. En regardant d'ailleurs Lily Potter, Harry eut l'étrange vision d'une femme qui semblait avoir brusquement vieilli. Les poches sous ses yeux témoignaient des nuits blanches qu'elle avait dû passer, et sa peau déjà d'ordinaire plutôt pâle était presque aussi blanche que de la craie. Quelque chose avait dû lui arriver durant les vacances d'été, et certainement pas quelque chose de bien, si l'on en jugeait par l'air malheureux qu'elle essayait tant bien que mal de cacher. Seule la vision de sa fille assise sur le tabouret semblait lui redonner le sourire, de même que ce que cria quelques instants plus tard le choixpeau :

- Gryffondor !

Heureuse d'être placée dans la même maison que ses parents, mais tout en cachant le mieux possible sa joie, Liliane alla s'installer tranquillement à la table qui sera la sienne pendant sept ans, indifférente aux quolibets lancés par les Serpentards sur notamment le probable favoritisme de sa mère envers elle durant les cours.

- Rosier, Elladora !

La dénommée Elladora, une jeune fille aux longs cheveux noirs et au regard aussi froid que celui de sa grande tante Druella s'avança vers le tabouret d'un pas impérieux. Le tri de leur cousine coupa Harry et Drago dans ce qu'ils faisaient pour s'intéresser à la suite des évènements. Allait-elle être mis dans la même maison qu'eux, ou pour la première fois depuis des siècles, un Rosier irait dans une autre maison et briserait la tradition ? Sans le savoir, Harry avait au passage raté de peu le regard de sa véritable mère sur lui. Dans l'esprit de Lily, la possibilité que son fils se cache sous les traits d'un étudiant de Serpentard n'était pas totalement exclue, bien que terrible à imaginer. Parmi ces enfants froids et hautains, son petit garçon se trouvait peut être là, tout aussi sombre que les autres. Si elle savait… la vérité était pourtant si proche, de même que son sentiment d'être terriblement proche de lui et pourtant tellement distante. Son enquête démarrera dès le début des cours, et elle s'est jurée intérieurement de tirer au clair cette affaire.

- Serpentard !

Comme Harry s'y attendait, Elladora fut placée parmi eux, et le sourire qu'elle arborait signifiait clairement qu'elle-même n'était pas surprise par ce résultat. Bientôt, la file des nouveaux étudiants se vida et ne resta finalement que Ginny Weasley qui, tout comme ses frères, fut envoyée à Gryffondor. Elle partit rejoindre d'un pas bondissant Liliane à leur table et fut congratulée au passage par ses frères jumeaux qui voyaient là l'occasion de gentiment la mettre dans l'embarras devant le reste de l'école. Pendant que le professeur Mcgonagall emportait le tabouret et le choixpeau magique, Dumbledore se leva de son siège pour son habituel discours de début d'année. Intérieurement, Harry espéra que celui-ci serait moins idiot que celui de l'année passé, et que les « Bizarre, grasdouble et pinçon » avaient été proscris. Le directeur lui, balaya la salle des yeux en souriant paisiblement à la foule d'élèves se présentant à lui. Voir tous ces visages semblait lui donner du baume au cœur.

- Bonsoir et bienvenue à tous et à toutes pour une nouvelle année à Poudlard. Avant de commencer à tous nous jeter sur les bonnes choses qui jailliront d'ici quelques minutes des plats, je tenais tout d'abord à vous faire part d'une importante annonce. Étant donné que le pauvre professeur Quirrell n'a toujours pas été retrouvé, je me suis donc vu dans l'obligation de trouver un nouveau professeur pour le remplacer. J'ajoute tout d'abord que les recherches continuent au sein de la forêt interdite, et vous conseille par conséquent d'éviter de vous y aventurer pour ne pas être suspecté par les aurors présents là-bas d'être de potentiels suspects. Je tenais donc à vous présenter notre nouveau professeur de Défense Contre les Forces du Mal, Gilderoy Lockhart !

Un concert d'applaudissements accompagna ses paroles, en particulier comme Harry le remarqua de la part d'une large majorité des filles de Poudlard. Par chance, les filles de Serpentards ne s'arrêtaient pas simplement au physique contrairement au reste de la population féminine, et pas une seule n'accueillit chaleureusement leur nouveau professeur. De toute manière, il était d'usage chez les serpents de ne pas souhaiter la bienvenue aux personnes intégrant le corps professoral. Aussi voir et surtout entendre Hermione applaudir joyeusement avec les autres eut le don d'en agacer plus d'un. Même les première année ne s'étaient pas abaissés à cela.

- J'avais dans l'idée de vous énumérer la longue liste des objets interdits par notre concierge Argus Rusard, mais je doute que vous soyez réceptifs à cela. Par conséquent, je vous propose donc de manger tout d'abord le succulent repas concocté dans nos cuisines ! Je vous souhaite un bon…

BAM.

Un bruit indescriptible se fit entendre, provenant de l'extérieur du château. Le son ne ressemblait pas à un sortilège envoyé sur les murs de l'école, mais plutôt à un objet lourd les ayant percuté de plein fouet. Harry ne parvenait pas à mettre une image au bruit causé, mais pour n'importe quel né-moldu présent dans le château, le son entendu ressemblait étrangement à… de la tôle froissée.

- Restez calmes ! les prévint Dumbledore tandis qu'il se précipitait déjà vers la sortie de la salle, baguette en main et quelques professeurs sur les talons. Restez-ici et surtout ne faites rien d'insensé !

Juste avant de disparaitre dans le hall d'entrée, il claqua deux fois des mains, faisant ainsi apparaitre les victuailles tant espérés par certains étudiants. Si les ¾ des étudiants préféraient cependant commenter cet étrange incident, d'autres comme Harry se contentèrent de manger tranquillement tout en se désintéressant totalement de ce qui pouvait bien se passer à l'extérieur du château. Aucune attaque de Voldemort n'était prévue aujourd'hui. Par conséquent, qu'importe ce qui avait bien pu arriver dehors, rien ne pouvait être pire que ça. Ô comme il se trompait.

Chapitre fini ! Bon vous devinerez surement de quoi il est question concernant ce bruit de tôle froissée... surtout si vous connaissez par coeur le deuxième tome !
Maintenant pour plus d'informations concernant certains passages du chapitre :
- l'objet mystérieux que le Balrog gardera sera bien évidemment l'horcruxe que possèdent les Lestrange. Par contre, je ne suis pas sur de faire apparaître les sept dans la fiction, d'ailleurs celui d'Harry n'existe déjà pas...
- Le gant métallique de Blaise est inspiré d'un jeu que j'ai adoré plus jeune : Mortal Kombat (pour ceux qui ne connaissent pas, c'est un jeu de combat très sanglant). Son arme d'ailleurs est une copie de celle que possède le personnage "scorpion" (mon favori). Chacun des camarades d'Harry aura une arme de ce type qu'ils apprendront à manier et à utiliser pendant leurs missions (j'en ai déjà mentionné quelques unes d'ailleurs).
- Pour ceux que ça intéresse, la remarque de Daphné concernant le bronzage se réfère à la noblesse et bourgeoisie du XIXème siècle qui privilégiaient les ombrelles et les vêtements longs pour ne pas bronzer, et ressembler ainsi à des paysans (vive la mentalité).
- Pour finir, Elladora Rosier et Elisabeth Macnair seront bien évidemment les ennemis de Liliane, Ginny et Luna. Autant leur mettre des rivales pour pimenter un peu l'histoire !
Je posterai le prochain chapitre la semaine prochaine (en même temps que mon autre histoire), d'ici là, bonne semaine à vous !À bientôt !