Disclaimer : Tous les personnages appartiennent à la BBC, j'ai fait de mon mieux pour ne pas les abîmer mais j'ai pas vraiment réussi. Seule l'histoire est de moi. L'univers appartient tout entier à la série Merlin.
Bêta reader : Loonicrone … Merci à elle ;)
Je remercie Evig Morder, Bernie Calling et Angelyoru pour leur gentil commentaire.
Bonne lecture, et n'hésitez pas à commenter ! Ça fait toujours plaisir ! ;)
Le cristal magique - Partie 4
Après ses achats au marché, Audrey avait ramené son panier lourdement chargé, et s'était empressée, de garnir les magnifiques vases que possédait sa maîtresse. Elle les arrangea avec talent afin d'obtenir des bouquets non seulement odorant mais harmonieux et colorés.
La jeune fille ramassa ensuite le linge à apporter à la buanderie, remettant en ordre l'ensemble de la pièce, replaçant les ornements qu'elle avait proposé à Morgane ce matin lors de sa coiffure dans leur coffret. Avisant le coffret sur le lit, elle le dépoussiéra correctement avec un chiffon, le mettant bien en évidence sur la grande table, puis prit le pli comportant le nom de Merlin, perplexe et le glissa dans sa poche pour lui remettre quand elle le croiserait.
La jeune fille au turban vert attrapa la panière de linge, et sortit, refermant soigneusement la porte. Elle avait tout juste le temps de déposer le linge sale, revenir déposer le linge propre récupéré à la lingerie, puis d'aller chercher le repas de sa maîtresse.
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Avec l'efficacité redoutable dont Merlin avait fait preuve, Arthur avait rejoint son père avant l'heure, lui permettant de quitter son poste, et délivrant Morgane de ses obligations, bien qu'elle resta quelques instants pour discuter avec lui.
- En avance ? Je suis impressionnée, le taquina-t-elle.
- Merlin s'est pris pour une tornade pour une fois. Je ne sais pas ce qu'il a en ce moment, mais il deviendrait presque un bon serviteur... s'amusa Arthur, avant de soupirer légèrement.
- Ça n'a pas l'air de te plaire, fit la pupille d'Uther, remarquant son soupir.
- Disons qu'il est moins marrant comme ça... Tu sais ce qui le perturbe ? tenta le prince, sachant que sa sœur de cœur avait souvent une bonne intuition pour ce genre de chose.
Morgane se troubla, se décomposant légèrement, avant de se reprendre, en secouant la tête. Arthur fronça les sourcils. Ça c'était étrange, vraiment. La jeune femme n'hésitait jamais à lui dire franchement ce qu'elle pensait … enfin sauf quand elle faisait des bêtises … pourquoi Morgane était-elle mal à l'aise avec le fait que Merlin soit perturbé ?
- Non, je ne sais pas, mais je ne l'ai pas beaucoup croisé ces derniers temps. D'ailleurs il ne devrait pas être là ? Interrogea la brune en éludant la question.
- Il est parti aux cuisines reporter mon plateau et manger par la même occasion. Je me suis dit qu'il n'y aurait pas trop de monde qui arriverait maintenant, justifia Arthur.
- C'est sûr. Je vais y aller, Audrey ne va pas tarder à m'apporter mon dîner. Tu as des consignes pour l'intendance ou tu me laisses carte blanche ? demanda Morgane.
- Carte blanche, bien sûr. Par contre, pourrais-tu veiller à ce que Siôr ne change pas l'attribution des chambres ?
Le visage de Morgane prit une expression ironique, il n'y avait pas moyen de faire entendre raison à l'intendant pour ce genre de chose et elle sourit avant de laisser échapper un léger rire avant d'abandonner Arthur qui secoua la tête, amusé par l'attitude de la brune. Néanmoins il était clair qu'elle n'avait pas répondu à la question. Par contre pas moyen de comprendre. Peut-être lui en voulait-elle encore pour l'empoisonnement ? Bah peu importe … ça finirait bien par se régler tout seul.
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Les cuisines dégageaient des odeurs sublimes, qui firent oublier presque instantanément à Merlin ses noires pensées. Malheureusement ce festin n'était pas pour lui, et déposant le plateau pour que les plongeurs puissent faire leur boulot, il se dirigea vers l'armoire de victuailles réservées aux serviteurs et en sortit un morceau de pain, qu'il se mit à manger lentement.
Le serviteur se rendit compte qu'il était observé par la cuisinière, alors il engloutit le reste du morceau avant de se diriger hâtivement vers la sortie, voulant échapper à son regard noir.
- Merlin ! le héla Berthe, reviens.
- Je me suis pas approché de la nourriture, se défendit automatiquement le jeune homme.
- Tu es amusant toi. Tu ne manges pas chez Gaius, aujourd'hui ? reprit la cuisinière.
- Non, pas le temps, je dois aller aider Arthur à accueillir les invités pour la mêlée, expliqua le sorcier.
- Et tu ne vas manger qu'un morceau de pain ?
- Euh... lui confirma le jeune homme.
- Tiens, mange ça, tu me diras ce que tu en penses, c'est une nouvelle recette pour le banquet de demain soir, proposa Berthe en lui tendant une assiette remplie de viande qui avait manifestement été marinée avant d'être cuite lentement avec des légumes printaniers. Assied-toi.
Merlin lui obéit et commença à manger, très content d'être dans les bonnes grâces de la cuisinière pour une fois.
- Alors, c'est bon ?
- Mmhh... délicieux, répondit le jeune homme entre deux bouchées.
- Bien.
Elle le laissa manger tandis qu'elle allait donner d'autres ordres à ses assistants. Quelques minutes plus tard, une jeune fille dont le turban menaçait de glisser de sa tête surgit dans la pièce, essoufflée.
- Audrey, tu viens chercher le repas de Dame Morgane ?
Elle hocha la tête vivement, cherchant à reprendre son souffle, tandis que Berthe sortait l'assiette du four, pour la déposer sur le plateau déjà préparé. C'est à ce moment que Merlin finit sa dernière bouchée et se leva pour courir à son poste, se faisant arrêter par Audrey.
- Merlin, justement, tiens, fit-elle en sortant le pli de sa poche.
Le brun prit le pli, fronçant les sourcils, surpris de recevoir une missive de sa part, mais c'était bien son nom qui était écrit sur le parchemin. Il retourna l'enveloppe plusieurs fois, avant de relever la tête pour voir sortir Audrey avec son plateau lourdement chargé, l'empêchant de poser la question qui lui brûlait les lèvres... pourquoi ?
- Merlin ? demanda Berthe en haussant les sourcils.
- Oui ? se réveilla le jeune homme.
- Tu ne devais rejoindre le prince ?
Ses yeux s'écarquillèrent, et elle le vit se raidit avant d'empocher le pli et de courir comme un dératé vers la sortie. La vielle femme secoua la tête amusée, ce garçon était vraiment déstabilisant dans ses réactions, et s'il n'avait pas eu la mauvaise habitude de vouloir de temps à autres lui chaparder de la nourriture, elle l'aurait volontiers pris sous son aile.
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Lorsqu'il arriva sur le parvis aux cotés, deux chevaliers étaient déjà en train de franchir les dernières portes menant à la cour principale. Arthur lui lança un regard noir, et Merlin fit un léger sourire d'excuse.
- Tu as failli être en retard ! grinça des dents le prince.
- J'ai été retenu à la cuisine ... et je ne suis pas en retard, murmura le brun.
- On en reparlera plus tard, fit le blond, les yeux rétrécis par sa mauvaise humeur.
Son visage changea du tout au tout en reconnaissant un des chevaliers, il se détendit et s'ouvrit en un large sourire.
- Messire Oswald ! Je ne pensais pas que vous auriez le courage de venir ! plaisanta le blond en lui tendant les mains pour l'accueillir.
- Moi, perdre une occasion de vous faire tomber à la renverse ! taquina Oswald, ou du moins Dagrr, comprenant vite que les deux hommes devaient bien s'entendre... et de surcroît c'était vrai, Dagrr allait adorer le renverser par terre pour ensuite lui enfoncer son épée dans la gorge.
- Vous n'y êtes encore jamais parvenu, répondit du tac au tac Arthur, tandis que derrière lui Merlin levait le yeux au ciel... que de bêtises.
- Cette fois, ça sera différent, répondit le brigand sous son aspect de chevalier, sûr de lui.
Arthur le prit pour de l'humour, inconscient de ne pas parler à son vieil ami Oswald et se mit à rire. Puis il aperçut le compagnon de son ami, et lui serra également la main.
- Messire Ethan, se présenta l'ami de Dagrr, en essayant de maintenir un visage sérieux, propre à celui qui ne connaît pas son interlocuteur, et tout à fait différent de l'amusement grandissant qui montait en lui.
- Je vous présente mon serviteur, Merlin. Il aime travailler dur alors s'il vous faut que ce soit, appelez-le, sourit Arthur en jetant un regard narquois à Merlin qui perdit son sourire.
- Vous pouvez me croire, je le ferai, répondit Oswald, dont le possesseur avait reconnu l'avorton qui accompagnait le blond lorsqu'il s'était permis de l'humilier. En voilà un qui était déjà à sa merci.
Merlin se raidit devant le sourire carnassier qu'avait pris le chevalier, conscient que cela n'allait pas être amusant pour lui.
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Morgane poussa la porte de ses appartements avec joie et s'effondra dans le premier fauteuil qu'elle vit, retirant ses chaussures d'un coup de pied. Rester debout pendant des heures était vraiment fatigant, et ses pieds la faisaient atrocement souffrir.
Reposant la tête sur le dossier du fauteuil, elle ferma les yeux, appréciant le calme de sa chambre. Soudain son nez se mit à frétiller en réalisant les bonnes odeurs de fleurs qui se dégageaient des nombreux bouquets que sa bonne avait déposé dans la pièce.
La pupille d'Uther rouvrit les yeux et sourit en regardant les bouquets délicats qu'avait composé la jeune fille avec autant de talent qu'une maîtresse de maison aguerrie. Audrey avait parfaitement réalisé ce qu'elle désirait.
Elle se leva en faisant une petite grimace en posant ses pieds sur le sol, allant jusqu' au bouquet sur la table pour en humer le parfum. C'est alors qu'elle vit son coffret juste à côté. La jeune femme fronça les sourcils, perplexe. Elle ne l'avait pas mise là cette boîte ! Sur le lit... avec la lettre.
Ses yeux s'arrondirent. La lettre ! Où était-elle ? La sorcière ouvrit le coffret, et sortit tous ce qui s'y trouvait avant de se rendre à l'évidence. Elle n'y était pas. Paniquant, elle courut vers son lit, et se mit à le défaire, voulant la retrouver. Morgane se mit ensuite à quatre pattes pour vérifier en dessous du meuble et c'est ainsi que la trouva Audrey, qui ouvrit des yeux de merlan frit devant une telle pagaille alors qu'elle avait fini de ranger juste avant son départ.
La servante posa le lourd plateau sur la table, avant d'interrompre la recherche de sa maîtresse.
- Ma Dame ? Puis-je vous aider ?
- Audrey ! Est-ce que tu aurais vu une lettre ? Je pense que je l'avais laissée sur le lit...
- La lettre pour Merlin ? s'enquit la jeune fille, oui je l'ai trouvée, je le lui ai apportée, ne comprenant pas pourquoi Morgane s'affolait pour cette lettre. Elle avait exécuté l'ordre sous-entendu.
La brune se releva sur ses genoux, regardant avec des yeux remplis de panique...
- Tu n'as pas fait ça ? se décomposa la sorcière après quelques instants.
- Si … vous l'aviez laissée en évidence pour que j'aille lui porter ? N'est-ce pas ? répondit confuse la protégée de Léon.
- Non ! Non non non non non ! cria la pupille du roi, complètement paniquée.
- Euh ... vous voulez que j'aille lui demander de ma la rendre ? tenta la servante, complètement perdue face à la situation.
Morgane se laissa retomber sur ses chevilles, en secouant la tête, au bord des larmes.
- Ma Dame ? demanda Audrey en se rapprochant et se baissant pour poser une main sur son épaule. Je vais aller chercher Dame Guenièvre, ça va aller.
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Pendant ce temps, Guenièvre était remontée au château pour rejoindre sir Monmouth à la bibliothèque. Sa récente nomination en tant que Dame de compagnie avait fait d'elle une noble, d'une toute petite noblesse, certes, mais elle avait une position et le titre de Dame de compagnie, elle se devait donc de connaître les armoiries et les généalogies de chaque famille noble, alliée de Camelot.
Heureusement grâce à son ancien poste auprès de Morgane, elle en connaissait beaucoup, et arrivait plus à moins à faire les distinctions entre les différents types de noblesse. Néanmoins, si c'était suffisant pour mener sa barque dans la vie de tous les jours, cela ne serait pas suffisant pour le genre de soirée comme celles de cette semaine, où presque toutes les familles étaient représentées.
Alors, elle avait été voir Geoffrey de Monmouth pour lui demander si elle pouvait compulser les registres. Le bibliothécaire avait été agréablement surpris et lui avait donné libre accès à son antre. Il avait même fouillé pour retrouver l'historique de la cité et la passionnante, selon lui évidemment, évolution des alliances de Camelot.
La métisse avait été très touchée par le geste, et profitait de chaque occasion pour venir s'instruire, appréciant la chance qui lui était offerte. Lorsque Gaius était venu parler d'Audrey et de son désir de lire des ouvrages d'Histoire, Guenièvre avait vu une lueur de surprise et de joie à l'idée de partager sa passion avec quelqu'un, même roturier. Elle en avait été heureuse pour la jeune fille.
Et vu l'heure tardive à laquelle Geoffrey abandonnait son poste, trop pris par ses ouvrages, la servante pouvait passer après le coucher de Morgane sans problème pour choisir les livres qui l'intéressaient.
Lorsque le tocsin sonna les douze coups annonçant la mi-journée, Gwen abandonna son étude et alla remettre les livres en place, avant de prendre congé auprès du bibliothécaire qui se rendit à peine compte de son départ, trop concentré sur l'étude des nouveaux parchemins qu'Uther venait d'acquérir.
En redescendant aux niveaux inférieurs pour rejoindre la bonne aile, elle remarqua Arthur en train d'accueillir les chevaliers venus pour la mêlée et la métisse ne put s'empêcher de sourire devant son implication. Il prenait plus d'assurance dans les affaires du royaume. Cela lui faisait plaisir de le voir rayonner lorsqu'il s'en donnait la peine.
Bien sûr, elle était morte de peur à l'idée que d'ici quelques jours, il ne soit dans l'arène. Même s'il était un combattant hors du commun et que les épées étaient émoussées, cela restait on ne peut plus dangereux de combattre avec ces lourdes armes.
La métisse arrivait sur le palier sur lequel débouchaient les escaliers menant aux appartements de Morgane lorsqu'Audrey déboula et eut l'air soulagée de la trouver.
- Oh je suis tellement contente de vous trouver, j'ai euh ... fait une bêtise, je crois. Il y avait une lettre sur le lit, alors j'ai pensé que je devais la remettre à Merlin, parce que son nom était écrit dessus, mais ... Dame Morgane semble complètement paniquée depuis que je lui ai dit, et je ne sais pas quoi faire... déclara la jeune fille à une vitesse prodigieuse mais néanmoins intelligible pour l'ancienne servante.
Gwen fronça les sourcils puis se dirigea vers les escaliers, les montant quatre à quatre suivie de la bonne.
Au moment de rentrer, la métisse se tourna vers Audrey.
- Tu lui as remis il y a longtemps ? I'interrogea Gwen, se disant qu'il y avait peut-être moyen de régler cette histoire sans trop de problème. Qu'est-ce que Morgane avait bien pu écrire ?
- Non, juste avant de monter le plateau de Dame Morgane, répondit hâtivement la fille au turban vert, se rendant comte progressivement qu'elle avait fait une énorme bêtise sans réussir à comprendre pourquoi.
- Bien, alors il n'a peut-être pas eu le temps de la lire. Va à sa recherche et demande lui de te rendre le pli, que tu t'es trompée, ordonna la métisse.
- Mais je ne sais pas où il est !? s'inquiéta Audrey.
- Demande au prince Arthur, il saura sûrement !
Et sur cet ordre, Gwen entra doucement dans la pièce en ouvrant lentement la porte tandis que la servante se tordait les mains, hésitant puis elle redescendit les escaliers pour trouver le prince Arthur qui accueillait trois chevaliers, avant de demander à un serviteur de les conduire dans leur chambre.
Lorsqu'il se retrouva seul, elle s'avança pour lui parler, mais sa voix se trouva bloquée, n'osant pas lui adresser la parole. Heureusement pour elle, Arthur se tourna dans sa direction, avant de froncer les sourcils, surpris de la voir là, la bouche ouverte et clignant des yeux devant lui, comme si elle essayait de lui parler sans y arriver.
- Oui ? Y a-t-il un problème ?
- Je... jjj... je ch... cherch... cherche Merlin, bredouilla la jeune fille.
- Merlin, s'étonna le prince, surpris. Puis il répondit presque par boutade, en souriant. En général quand on ne le trouve pas, c'est qu'il est à la taverne !
La jeune fille ouvrit grand les yeux, presque honteuse d'apprendre que son collègue se rendait à la taverne pendant ses heures de travail. Ce fut presque de la surprise qui se dessina sur le visage du prince, lorsqu'il la vit rejoindre la cour du château pour ensuite courir vers les portes. Elle ne l'avait quand même pas crue ?
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Après ce qui lui semblait être un cuisant échec, Léon n'avait pas voulu remonter sur le terrain d'entraînement, d'autant qu'il s'inquiétait de savoir où Audrey avait pu passer. Il avait tourné en rond dans le marché jusqu'à ce que sonne la mi-journée, sachant que la jeune fille devait forcément être revenue au château.
Soupirant, le chevalier regarda les marchands remballer leurs produits, assis sur un tonneau, se sentant terriblement stupide, ce qui ne lui arrivait pas souvent, il devait bien le reconnaître. Faire son devoir de chevalier, siéger à la table du conseil, c'était là où il excellait ! Parler à une fille, ce qui semblait être quelque chose de parfaitement réalisable pour la plupart des gens semblait être de sa portée. Ou alors c'était la poisse, parce que franchement, toute cette situation était cocasse.
Léon soupira encore une fois, se disant que s'entraîner ne serait pas plus mal pour se vider la tête, lorsqu'il la vit franchir les portes, manifestement à la recherche de quelque chose. Si ça, c'était pas le signe que la chance tournait ! L'homme sauta sur ses pieds et courut dans sa direction.
-Oh ! Sir Léon ! fit-elle en le reconnaissait, et légèrement reconnaissante, ne sachant pas vraiment où se trouvait la taverne.
- Audrey ! l'appela-t-il en même temps.
- Je suis contente de vous trouver, je cherche la taverne !
- La taverne ? répéta Léon, plus que surpris.
- Le prince Arthur m'a dit que Merlin était à la taverne, et je dois le trouver ! J'avoue que je trouve absolument inconvenant qu'il y soit alors qu'il devrait être au travail, est- ce que c'est courant ?
Léon resta bouche bée quelques secondes avant de se reprendre. Merlin avait dû faire ou dire quelque chose qui semble-t-il justifiait qu'Arthur lui renvoie la moquerie
- Je crois... qu'il s'agit d'une blague. Merlin ne va jamais à la taverne. Par contre Arthur aime beaucoup rire à ses dépens.
- Oh ! fit la jeune fille, en accusant le coup.
- Disons qu'ils ont une étrange dynamique. Ils passent leur temps à se moquer l'un de l'autre.
- Où est-ce que je vais le trouver alors ?
- Chez Gaius quand il aura terminé sa journée, ce qui veut dire que tu as du temps, parce que justement j'aurais aimé te parler.
- Mais ... c'est urgent, je dois le trouver maintenant !
- Si Arthur est en mode j'ennuie mon serviteur, il sera trop occupé pour que tu puisses le déranger.
- Oh non, non non … Dame Guenièvre a été très claire, si j'agis suffisamment rapidement je pourrais réparer ma bêtise.
- Bêtise ? s'étonna le chevalier.
- J'ai donné une missive que je ne devais pas remettre, rougit la jeune fille.
Sir Léon resta silencieux, un peu surpris. Ce n'était pas très clair. Mais évidemment ce n'était pas son chant de compétence.
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Les portes d'une suite d'invités s'ouvrirent pour laisser entrer un Merlin essoufflé qui tirait bon gré mal gré une énorme malle, pour entendre un hurlement après lui.
- MERLIN ! hurla Dagrr, qui s'amusait beaucoup à faire tourner en bourrique le serviteur.
- Me voilà, répondit le jeune homme avant de déposer la malle au milieu de la pièce
- Pourquoi as-tu mis si longtemps ? se plaignit Dagrr sous son déguisement.
- Eh bien. Elle pèse une tonne et... cet escalier, cette volée de marches, tenta subtilement de rouspéter Merlin, intérieurement outré par la façon dont il était traité.
- C'est très aimable à toi, se moqua sarcastiquement le dénommé Ethan.
Merlin reprit un peu son souffle, se pencha pour saluer les deux hommes et se tourna pour aller vers la porte.
- Mais tu ne peux pas la laisser là, l'arrêta Sir Oswald, le faisant se retourner, défait.
- Je ne peux pas ? Reprit Merlin, stupéfait.
- Elle est dans le passage, expliqua le chevalier à la barbe.
- D'accord, vous la voulez ou ? Demanda le jeune homme, pressé d'en finir.
- Hum... Tout au fond, près du lit, proposa l'homme assis nonchalamment, tandis que son compagnon étendait les jambes, presque dans le passage.
Merlin commença à pousser la malle jusque vers l'endroit désigné
- Oh euh non.. non. De l'autre côté, reprit alors Oswald.
- À cet endroit-là elle va me gêner pour passer, riposta Ethan.
- Où la voulez-vous ? Soupira Merlin.
- Au-dessus de l'armoire, suggéra alors Dagrr, qui s'amusait grandement.
- Au... dessus ?! S'offusqua presque le serviteur. Jamais il n'arriverait à la soulever.
- Tu as raison Oswald, c'est tout à fait sa place, confirma Ethan, percevant le manque d'enthousiasme du gamin.
Le sorcier retint un juron dans sa barbe, et attrapa la malle par les deux cotés, tirant dessus, avant de pousser sur ses avant-bras pour la soulever au-dessus de sa tête. Péniblement, il parvint à garder son équilibre, décevant les deux hommes, et forçant Dagrr à se lever, prenant l'épée d'Oswald pour tirer sur le crochet ouvrant la malle qui se déversa sur Merlin.
- Vraiment, quelle maladresse ! Il va falloir tout ramasser avant de recommencer ! critiqua Oswald.
Le sorcier le regarda, empli de colère, et se retint de faire crépiter sa magie pour lui donner une bonne leçon, se contentant de faire un sourire forcé en directions des deux hommes visiblement très amusés et de se mettre au boulot.
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Sir Léon l'avait aidée à chercher le valet d'Arthur sans succès pendant une bonne partie de l'après-midi, passant régulièrement chez Gaius qui n'avait pas pu les aider davantage, alors Audrey avait profité de son départ pour sa patrouille pour suivre la première idée que lui avait été soufflée : la taverne. Ça faisait cinq minutes qu'elle attendait assise devant l'établissement, rassemblant son courage pour entrer dans le lieu mal famé.
La jeune femme se leva et se dirigea vers 'Le soleil Levant', reprenant de l'assurance, sachant qu'elle avait une mission à accomplir. Elle entra avec force dans la pièce, sans se soucier du regard surpris des gens qui fréquentaient le lieu. Audrey se mit à passer entre les tables, cherchant Merlin, finissant par atteindre le bar, où le jeune homme qui l'avait abordé le matin, l'enlaça par derrière, manifestement enivré.
- Oh ma jolie princesse ! Audrey, hein, c'est ça ? Regardez ! C'est ma princesse ! se mit à hurler Gauvain.
- Tu le connais ? demanda le patron.
- Je l'ai croisé ce matin au marché, c'est tout.
- C'est ma prinnnncessssssssssssssse ! chantonna Gauvain.
- Il prétend qu'il a sauvé le prince et qu'il connaît Merlin, soupira le patron, et maintenant je découvre qu'il n'a rien pour payer, alors si tu pouvais me ramener Merlin, ça m'arrangerait.
- Je venais le chercher ici ! s'étonna la servante de Morgane.
- Merlin vient jamais ou quasi ici, je le connais parce qu'il accompagne souvent Gaius quand il vient faire sa tournée. À cette heure, il doit être chez lui.
- Merci, je vais le prévenir... enfin si ... commença à dire Audrey en essayant de se dégager de l'emprise de Gauvain.
Le patron fit signe à d'autres clients qui vinrent aider la jeune fille à se dégager, provoquant la frustration du duelliste.
- Mais euh, ma princessssssssssssssse !
- Dépêche-toi, surtout ! implora le tavernier.
Audrey hocha la tête puis courut vers la sortie, pour retrouver Merlin.
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Déjà attablé, inconscient qu'il était la cible de nombreuses personnes, le serviteur du prince sifflait littéralement sa soupe sous les yeux ébahis de son mentor.
- Il est très difficile de dire si tu es en train de manger ou d'inhaler cette soupe se moqua Gaius.
- Je n'ai rien mangé de la journée, Messire Oswald m'a fait marcher à la baguette se plaignit le jeune homme.
- C'est donc là que tu étais… Comment est-il ? Interrogea le médecin.
- Épouvantable ! Il me traite comme un chien !
- Ça ne ressemble pas au jeune homme que j'ai connu. Il m'a toujours fait l'impression de quelqu'un de gentil et attentionné, explicita le vieil homme.
- Alors il a beaucoup changé, fit Merlin incrédule.
- Tu dois te souvenir que tous les maîtres ne sont pas aussi bons avec les serviteurs qu'Arthur.
Le serviteur fut tellement choqué qu'il en recracha sa soupe au visage du médecin. Ses yeux s'écarquillèrent devant la soupe qui glissait sur la peau ridée du vieil homme, clairement dégoûté.
- Merci Merlin !
- Désolé, grimaça le jeune homme.
On frappa alors à la porte, puis le visage de la jeune bonne de Morgane fit son apparition.
- Merlin je crois que tu devrais venir avec moi, sourit-elle timidement en finissant par une grimace inquiète.
Le jeune homme se leva et la rejoignit dans le couloir et la suivit.
- Que se passe-t-il ?
- Il y a un homme à la taverne qui dit avoir sauvé Arthur et te connaître.
- Gauvain ?
- Peut-être, il ne m'a pas dit son nom. J'étais allé te chercher à la taverne parce que c'est ce que m'avait dit le prince.
- Quoi ? s'offusqua le jeune homme. Mais je suis pas un soûlard ! Tu me cherchais ? répondit-il ensuite.
- Je ... oui, confirma la jeune femme, un peu mal à l'aise à l'idée de lui redemander la lettre. Est-ce qu'il l'avait lue ?
- Pourquoi ? demanda-t-il surpris.
- Euh … rougit la jeune femme, gênée.
- Écoute, retourne auprès de Morgane, je vais m'occuper de Gauvain, si tu te souviens de ce que tu voulais, je suis chez Gaius et normalement demain, je suis au service de Sir Oswald, la cinquième chambre dans l'aile Est, tu vois ?
- Merci … fit la jeune femme, se tordant toujours les mains cherchant comment lui demander poliment de lui rendre la lettre.
- Ne t'inquiètes pas, tout ira bien, sourit-t-il en s'élançant vers les escaliers.
La jeune fille le regarda partir un léger sourire sur les lèvres, Merlin était toujours très gentil avec tout le monde, même elle, et c'était agréable d'être vue comme une personne.
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La nuit était tout à fait tombée maintenant, et lorsqu'il franchit la porte de la taverne, Merlin soupira presque en voyant tous les verres vides jonchés dans la pièce et le regard morose du tavernier.
- Tu as bu tout ça ?! soupira presque Merlin en découvrant la note que lui présenta ce dernier.
- Grâce à mes nouveaux amis ! répondit joyeusement Gauvain.
- OUAIS ! s'enthousiasma la foule.
- Il affirme qu'il n'a pas d'argent. Alors on dirait que c'est toi qui vas devoir payer ! conclut l'aubergiste.
- Je n'en ai pas les moyens! lâcha outré le jeune serviteur.
- Alors t'as intérêt à trouver quelqu'un qui les a !
- Le prince se porte garant, finit par répondre le valet, se rappelant qu'Arthur lui avait donné carte blanche en ce qui concernait Gauvain.
Et c'est péniblement qu'il entreprit la remontée vers les appartements de Gaius avec le poids mort que représentait Gauvain, qu'il dut assommer un peu avec sa magie pour le faire taire, sachant qu'il était trop soûl pour s'en rendre compte, ne retirant le sort qu'une fois arrivé dans sa petite chambre et l'avoir jeté dans son lit, lui permettant de rouvrir la bouche.
- Merlin, tu es le meilleur ami que j'ai jamais eu !
- Apparemment tu as vidé pas mal de chopes ! se moqua le serviteur.
- J'ai hâte de voir la tête d'Arthur quand il verra cette facture, s'amusa le jeune homme
- Je vois. Qu'est-ce que tu as contre les nobles ? s'intéressa Merlin.
- Oh rien .. Mon père était chevalier dans l'armée de Carléon il est mort à la bataille en laissant ma mère seule. Quand elle a demandé de l'aide au roi, il l'a renvoyée, avoua le jeune étranger, la voix rauque d'un regret caché.
- Tu n'as pas connu ton père ? comprit le sorcier.
- Que par des histoires qu'on m'a raconté... regretta Gauvain.
- Je sais ce que tu ressens... Je ne connais mon père que depuis très récemment.
- Pourquoi ? demanda Gauvain, dessoûlé.
- Il avait été banni de la cité, résuma Merlin.
- Qu'est-ce qu'il avait fait ? Questionna le guerrier.
- Rien du tout . Il .. servait le roi, reconnut enfin le sorcier.
- Et il s'est retourné contre lui ? ... Hum, ça ne me surprend nullement, conclut Gauvain.
- Arthur n'est pas comme ça, se justifia le serviteur.
- Peut-être, mais ces gens-là ne valent pas qu'on meurt pour eux ! lança le soûlard en s'endormant, laissant Merlin en pleine réflexion.
Après tout il devait bien reconnaître qu'il n'avait toujours pas osé dire à Arthur ou à Morgane ce qu'il était. Un sorcier, quelqu'un ayant des pouvoirs magiques et pas juste son idiot de serviteur. Ça lui faisait penser à Will, même s'il savait qu'Arthur n'était pas vraiment prêt à l'entendre et que la situation somme toute ne s'y prêtait pas encore.
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À suivre...
Voilà, j'espère que ça vous a plu. Vous êtes libres de commenter ou pas. Cela dit, ça me ferait plaisir.
À la semaine prochaine.
