Loralie : merci, voici donc la suite

taz : pour les posts, je ne suis pas régulier (cf. plus bas)

choupette : réponse en dessous

poupouille : pareil...

Bon, pour faire un petit point sur les publications, disons que je viens en l'espace de quinze jours d'avoir un magnifique petit bout qui me prends beaucoup de temps, en plus de pratiquement changer de métier. Bref, il me faut encore trouver un nouvel équilibre à tout cela. Et si la traduction est finie, la correction est loin d'être terminée.. Du coup, cette fois-ci, je ne vais pas découper le chapitre, comme je n'ai pas trop le temps de faire plusieurs petites publications.

Bonne lecture à toutes et à tous.

smndi

La génération perdue

(1975-1982)

Chapitre six

Cataclysme

Samedi 12 Décembre 1976

Remus Lupin se redit pour la dixième fois de ne pas tordre sa robe entre ses doigts comme un première année terrifié. Il se tenait droit, regardant le professeur Dumbledore et Madame Pomfresh dans les yeux, tour à tour. Être pris à parti était désagréable et inconfortable, mais ce serait bien pire s'il disait quoique ce soit impliquant ses amis. Quand le directeur avait demandé à lui parler après le déjeuner, Remus avait craint le pire. Ce qui lui tombait dessus n'en était pas loin.

Madame Pomfresh avait l'air particulièrement hostile. « Je ne peux pas croire que je t'ai fait confiance, que je t'ai traité comme un adulte. Et voilà comment tu te comportes ! Une irresponsabilité grossière ! » Sa voix s'éleva comme elle parlait. Elle était très proche de hurler.

Remus déglutit. « Oui madame. » dit-il penaudement. Il regarda le directeur, qui apparaissait très sévère. Le sorcier était silencieux, appuyé contre le mur du bureau de l'infirmière, regardant les bras croisés.

« Je ne peux pas croire que je suis venue ici au coucher du soleil et que j'ai appris de Miss Evans que vous étiez à son chevet simplement quelques minutes avant ! Comme vous avez montré que vous n'êtes pas capable de faire une chose aussi simple que de garder le cours du temps les nuits de pleine lune, je recommencerai à t'escorter jusqu'au saule en personne, comme je faisais quand tu étais en première et en deuxième année. Si tu te comportes comme un grand bébé, tu dois être traité comme tel. Nous irons aussi bien avant le coucher du soleil, même si tu manques ton dernier cours en hiver, afin que tu n'aies pas à errer dans le château, prêt à te transformer à n'importe quel moment… »

« Oui madame. » Sa réponse était presque inaudible.

« Je veux dire, » continua-t-elle à râler, « pense aux personnes que tu aurais pu blesser ! Miss Evans pour commencer… » La lèvre de Remus trembla à l'effort qu'il faisait pour essayer de ne pas pleurer, comme il avait déjà blessé Lily. « … et je comprends que tes amis t'ont aidé à descendre au saule à temps. Et si tu avais attaqué l'un d'eux ? Comment te sentirais-tu alors ? Est-ce une manière de leur rendre leur amitié ? Bien que, pourquoi ils sont restés tes amis après avoir découvert que tu es… »

« Cela suffit Poppy. » dit le professeur Dumbledore, se redressant soudain, sa voix très ferme. Son regard sévère était maintenant fixé sur elle. Remus Lupin avait été à l'infirmerie assez souvent pour savoir que Madame Pomfresh n'était pas un membre de l'équipe de Poudlard qui craignait de dire ce qu'elle pensait au directeur. Il l'avait entendue ne pas être d'accord avec lui de nombreuses fois, tandis que Dumbledore répondait toujours de manière très mesurée, qu'il cède à ses vœux où qu'il la fasse gentiment taire.

« Excusez-nous s'il-vous-plaît, Poppy. Je vais ramener Remus à la tour Griffondor. Cet après-midi, à trois heures trente, il vous retrouvera dans le hall d'entrée et vous l'escorterez jusqu'au saule. Comme c'est samedi, nous n'aurons pas non plus à nous inquiéter des cours manqués. Cela devrait être assez tôt avec le peu de jour que nous avons en ce moment. D'accord ? »

Elle acquiesça, à contre cœur, comme si elle pensait que la seule chose sensée à faire était de renvoyer Remus de Poudlard en le prenant par l'oreille (ou de trouver l'objet en argent le plus proche et de le libérer de sa misère). Ils quittèrent le bureau, le bras du directeur sur son épaule. Quand ils furent dans le couloir en dehors de l'aile de l'hôpital, Dumbledore fit un pas en arrière et le regarda attentivement, mais en ayant l'air plus gentil qu'il ne l'avait été pendant que Madame Pomfresh lui parlait. « Quand est-ce que tes amis ont découvert ? » demanda-t-il doucement.

« Je leur ai dit. Il y a des années. Je… Je suis très agité avant la pleine lune. La veille. Ils ont remarqué. Je… J'ai dû leur dire. Nous vivons tous ensemble. Comment pouvais-je leur cacher cela ? Et disparaître trois nuits par mois devenait de plus en plus dur à expliquer. Je veux dire, ils commençaient à se demander comment je pouvais avoir besoin d'être dans l'aile de l'hôpital trois nuits d'affilée, vous voyez ? Ils ne sont pas stupides. Et… Et ce sont les meilleurs amis que l'ont pourrait jamais avoir. Pas une seule fois…. »

Spontanément, des larmes coulèrent lentement de ses yeux, et il passa sa manche en travers de son visage avec impatience. Dumbledore lui fit un signe de la tête. « Ce sont de bons garçons. James et Sirius sont des chenapans, bien sûr, » dit-il, ses yeux brillant, et Remus sentit un sourire apparaître au coin de ses lèvres à cela, en dépit de lui-même, commençant à se sentir mieux. « Mais ce sont de bons garçons, cela ne fait aucun doute. Ils ne tourneraient jamais le dos à un ami. »

« Je sais cela, sir. Je sais à quel point j'ai de la chance. » répondit-il doucement.

« J'étais inquiet pour Pettigrew pendant un moment. » admit-il.

« Oh, Peter ne dirait rien de moi à personne non plus. » dit rapidement Remus. Il se souvenait comment, juste la veille, Peter avait été celui qui avait oeuvré le plus fort pour le faire sortir discrètement de l'infirmerie, tandis que Sirius lançait un flot continu de paroles à double sens et de remarques sarcastiques. Il avait eu plus d'une occasion pour avoir de la gratitude pour le pragmatisme de Peter au fil des ans.

« Je ne veux pas dire cela. J'étais inquiet de ce qu'il ait des amis comme toi, quand vous étiez en première année. Sa mère m'avait dit à quel point il s'était reclus depuis qu'elle s'était remariée, après la mort de son père. J'étais soulagé de voir que ces peurs n'étaient pas fondées. »

« Bien, c'est largement du à James, sir, pour dire la vérité. » admit Remus, comme il avait aussi été coupable, parfois, de vouloir exclure Peter. « Il ne laisserait personne derrière lui. »

Dumbledore eut un sourire entendu et acquiesça. « Je pensais que c'était le cas, mais je ne voulais pas le dire. » Remus suspectait qu'il marquait possiblement des points (bien que ce ne soient pas de vrais points de maison) pour être honnête en sous-entendant que parfois il ne voulait pas inclure Peter, mais c'était dur à dire avec Dumbledore parfois. Même quand on pensait que l'on voyait dans ces yeux bleus clairs et que l'on voyait jusqu'à son âme, il réussissait quand même à être indéchiffrable d'une manière ou d'une autre.

Quand ils atteignirent finalement la tour Griffondor, Dumbledore se tourna vers lui. « Je ne pensais pas faire une erreur en te prenant comme élève à Poudlard il y a cinq ans, et je ne pense toujours pas que c'était une erreur. » Puis sa voix devint basse et terrifiante, très brièvement, comme il dit « Ne me fait pas changer d'idée. »

Rémus déglutit encore, acquiesçant. « Oui, sir. » dit-il doucement. Le sourire de Dumbledore s'étala à nouveau sur son visage.

« Bien, bien. Madame Pomfresh t'attendra dans le hall d'entrée à trois heures trente. Seul. »

Remus s'arrêta net, ayant été sur le point de donner le mot de passe à la grosse dame. « Seul ? »

« Oui. Madame Pomfresh est la seule escorte que tu auras. » Remus regarda Dumbledore dans les yeux. Que savait-il ?

« Oui. Bien sûr. Oui, sir. »

Quand il fut finalement dans la salle commune, James et Sirius lui tombèrent dessus, le tapant dans le dos. Peter se retint, souriant timidement, et Remus, se sentant coupable, alla jusqu'à lui pour lui serrer la main, lui souriant chaudement. Ses copains. Il pensait vraiment ce qu'il avait dit à Dumbledore. Les meilleurs amis que l'on pourrait jamais avoir. C'était vrai. Qui aurait jamais pu avoir d'aussi bons amis ?

Puis il vit Lily assise de l'autre côté de la pièce avec Cecilia, son pied posé en l'air sur un pouf. Elle avait été libérée de l'infirmerie tôt ce matin, peu de temps après le petit déjeuner. Sa jambe était guérie, bien qu'elle ne puisse pas trop forcer dessus tout de suite, du moins, pour les vingt-quatre prochaines heures. Il avait une grande envie de traverser la pièce à grands pas pour la prendre dans ses bras, pour lui dire qu'il l'aimait, comme il l'avait fait dans l'infirmerie. Mais il savait maintenant qu'il ne devait pas. Il ne devait même plus la laisser être une « amie » pour lui les veilles de pleine lune. Plus jamais. Il ne pouvait toujours pas croire qu'il lui avait cassé la jambe. Il devait arrêter, il le savait. Il était simplement trop dangereux. Il avait de la chance de ne pas lui avoir brisé le cou.

Il tourna le dos à Lily et expliqua à ses amis que Pomfresh allait l'escorter jusqu'au saule. Sirius haussa les épaules et ricana. « C'est bon. La chose est… que nous y serons déjà. C'est presque trop facile. Si tu pars à trois heures et demie, nous partirons à trois heures. Nous utiliserons la cape d'invisibilité pour que personne ne nous remarque. »

« Bien… Les gens vont sans doute s'apercevoir que les branches du saule vont s'arrêter trois fois… »

« Non, il s'arrêtera juste deux fois. » dit doucement Peter, ses yeux mi-clos comme il réfléchissait. « James et moi pouvons passer en premier. Nous pouvons tous les deux passer sous la cape, mais trois, ce serait pousser. Puis James pourra revenir chercher Sirius. Et nous pourrons tous les trois t'attendre dans la cabane hurlante. Pomfresh ne fera pas tout le chemin, tu as dit qu'elle ne le faisait jamais quand tu étais plus jeune. Et c'est le week-end, alors nous n'allons pas manquer les cours. »

James acquiesça. « Peter a raison. Il n'y a aucune raison pour que nous ne soyons pas avec toi ce soir comme d'habitude. »

Remus se sentit à nouveau au bord des larmes, mais il réussit cette fois à les étouffer. « D'accord. » Chuchota-t-il. « Mais… »

« Nous nous arrêterons d'abord aux cuisines. » lui assura Sirius. « Je ferai en sorte que les elfes nous supplient pratiquement de prendre des poulets fraîchement tués et du bœuf. Nous ferons une vraie fête ce soir ! »

« Et… » dit James, haussant ses sourcils.

« Et un peu de maïs pour toi, bien sûr. » dit Sirius, roulant des yeux. Il souhaitait souvent que James ait une forma d'animagus qui soit carnivore, comme lui et Peter, mais il ne critiquait pas souvent cela, comme ses bois avaient prouvé être des armes efficaces à plus d'une occasion. Cela avait été étrange de manger de la viande crue la première fois qu'il avait essayé, sous sa forme d'animagus, mais il y était maintenant habitué et c'était quelque chose qui semblait étrangement séparé de son existence humaine. Parfois, il oubliait qu'il avait erré la nuit ou passé du temps dans la cabane hurlante avec ses amis sous la forme d'un chien. Il se souvenait souvent être avec eux sous forme humaine, même s'il savait que ce n'était pas vrai. Mais il n'imaginait jamais qu'il était humain quand il mangeait de la viande crue et tant que chien. A la place, il imaginait ces fois là qu'il était un chien, et

que le rêve était d'avoir été humain.

Les quatre amis ne remarquèrent jamais la façon dont les garçons de deuxième année, de l'autre côté de la pièce, regardaient leurs moindres mouvements, et écoutaient attentivement tous les mots qu'ils pouvaient saisir…

Dimanche 13 Décembre 1976

Le hurlement d'un loup transperça la nuit, faisant s'asseoir Bill dans son lit.

« Il est l'heure ! » lui siffla Alex Wood peu après.

« Es-tu sûr de cela ? » chuchota Orville Simpson dans le noir.

« Oui. C'est minuit passé, assez tard pour que personne ne nous demande pourquoi nous sommes dans le dortoir des garçons de sixième année. Y compris les sixième année comme ils ne sont pas là de toutes façons. »

« Tu es sûr ? » demanda Peregrin Booth maintenant, à la place d'Orville.

« Oui. » dit Alex avec ferveur. « Et quand ils rentreront le matin, nous y serons, dans leurs lits. Nous les montrerons du doigt, et nous dirons 'Nous savons ce que vous êtes ! Et ils devront l'admettre ! »

Il y eut un silence. Puis soudain, la voix aiguë de Rembert Leonard dit doucement « Pourquoi ? »

« Pourquoi ? » reprit Alex avec mépris et impatience. « Pourquoi quoi ? »

« Pourquoi est-ce qu'ils auront à l'admettre ? Pourquoi est-ce qu'ils ne le nieraient pas simplement ? »

« Parce que nous allons les prendre sur le fait, voilà pourquoi, idiot ! Arrête de poser des questions stupides ! » Mais en secret, Bill pensait que Leonard avait raison. Qu'est-ce qui allait les empêcher de mentir ? Ils étaient juste un groupe de deuxième année après tout. Ils n'étaient même pas assez âgés pour aller aux week-end à Pré-au-Lard si jamais des élèves pouvaient y aller encore.

Ils se faufilèrent dans le dortoir des sixième année, ouvrant la porte avec précaution.

« Lumos. » dit doucement Bill, éclairant sa baguette puis la tenant en l'air pour voir toute la pièce.

« Heu, » dit Booth en hésitant. « Y a-t-il une raison pour que nous n'allumions pas simplement les bougies ? »

« Idiot ! » renifla Alex. « Et s'ils lèvent les yeux et voient de la lumière à la fenêtre ? Ils sauront que quelqu'un est ici ! »

Bill lui fronça les sourcils à la lueur de la baguette. « Ils saurons que nous sommes ici quand ils nous trouveront dans leurs lits le matin aussi. »

« Oh, d'accord… » Concéda Alex. Bill pointa sa baguette vers les appliques entourant la porte. Il pouvait clairement en voir la forme à la faveur de la lumière de la lune qui filtrait par les fenêtres. Deux chandelles ne dispensaient pas beaucoup de lumière à la pièce, mais c'était assez pour qu'ils n'aient plus besoin de la lumière de la baguette. « Et… » dit Alex, parcourant la pièce du regard avec un rictus sur le visage maintenant, « nous pourrons fouiller un peu avant de nous coucher. » Il regarda avec envie les malles placées au pied de chaque lit.

Booth hésita. « Je ne sais pas. Attendre ici pour leur parler est une chose. Ils ne vont vraiment pas aimer si nous fouillons dans leurs affaires. Ils sont en sixième année ! Pense à ce qu'ils pourraient nous faire… »

Orville pouffa. « Ouais, seulement c'est les filles de sixième année que je n'aimerais pas mettre en colère. Evans en particulier. Avez vous entendu ces histoires sur Sirius Black après qu'il ait essayé de l'embrasser ? » Bill vit Alex regarder Orville étrangement pendant un moment, puis se détourner, rougissant pour quelque raison. Bill pensa alors à quelque chose.

« Bien, les garçons de sixième année sont dehors cette nuit, n'est-ce pas ? » leur rappela Bill. « Sous la pleine lune. Il ne faut pas exactement les prendre à la légère. Nous ne prenons pas le risque de toucher à leurs affaires, vous m'entendez ? »

Il regarda sévèrement les autres garçons. Alex s'était comporté comme celui qui était le meneur, mais Bill s'en moquait. Si Alex n'était pas responsable, Bill n'allait pas le suivre. Il se souvint de la carte qu'il savait que les garçons avaient. Il souhaita savoir s'ils l'avait avec eux. Si c'était le cas, et s'ils l'utilisaient, il était simplement possible qu'ils sachent que les deuxième année étaient dans leur chambre. Bill espérait sincèrement, comme ils n'étaient probablement pas en état de consulter des cartes, que leur présence ne serait pas détectée jusqu'au matin.

Alex s'avança jusqu'à Bill. « Oh, nous ne touchons rien, comme ça ? » dit-il, défiant Bill, qui tenait encore sa baguette. Bill lui en mit le bout sous le menton d'Alex et le foudroya du regard.

« Exactement, à moins que tu veuilles ressembler à quelqu'un ayant subi une expérimentation de sort. » dit Bill, essayant de garder sa voix égale. Les deux amis se fixèrent un moment, ne clignant pas des yeux, et les autres garçons retinrent leur souffle, attendant. Finalement, Alex Wood recula face à Bill, frottant son menton.

« D'accord, d'accord. Tu as tué tout le fun. »

Bill grimpa sur le lit de James Potter, bien qu'il ne le sache pas, et Orville et Booth prirent chacun un lit. Cela laissa Rembert Leonard et Alex Wood debout, hésitant et fixant le dernier lit. Ils plongèrent dessus en même temps, Leonard gagnant d'un cheveu. Cependant, cela ne venait pas plus tôt d'arriver qu'Alex prenait les cheveux de l'autre garçon dans sa main, essayant de le tirer en dehors du matelas. « Oh, toi, non ! C'est mon lit…' Ils luttèrent, Leonard ayant passé ses bras autour d'un des support du baldaquin, s'y tenant comme si sa vie en dépendait, ses yeux jaillissant presque de sa tête comme Alex lui tirait les cheveux encore plus fort.

« Arrêtez ça ! » leur cria Bill, ressortant à nouveau sa baguette. « Assez ! » Les deux garçons se séparèrent et se tinrent à côté du lit, haletant, les bras le long du corps.

Orville haussa les épaules, s'asseyant dans le lit qu'il avait clamé. « Cela ne me dérange pas de partager. Tu peux venir, Alex. Il est assez grand… »

Alex Wood eut l'air tenté un moment, mais, comme s'il s'en souvenait, il recula, horrifié. « Tu es fou ? Que penses-tu que je sois ? » ses yeux étaient très ronds, et sa voix pleine de dérision.

« Que veux-tu dire par cela ? » dit Orville, fronçant les sourcils. « Que penses-tu que je sois ? J'essaye juste de mettre un terme à une bataille et de dormir une partie de la nuit. Quelque chose qui ne va pas avec cela ? »

« Bien, je ne partage de lit avec personne. » sa voix trembla. « Tu peux le partager avec Booth. » dit-il montrant Leonard de la tête. Le visage de l'autre garçon s'assombrit, et il mit son nez pointu très près de celui d'Alex.

« Oh, alors, c'est bon pour moi et Perry… »

La voix exaspérée de Booth jaillit. « Oh, pour l'amour du ciel, Bert. Laisse tomber et laisse à Wood son précieux lit. Je ne sais pas ce qui le panique autant. Même si l'un d'entre nous aime les garçons, il aurait de la chance si l'un de nous le touchait avec un manche à balai de dix pieds. Tu peux garder le lit pour toi seul, Wood, et branle-toi toute la nuit en pensant à Mary Ann Boxwood si tu veux. Ferme simplement les rideaux et utilise un sort de silence s'il-te-plaît. Ne nous dérange pas tous avec ton bruit, pour une fois. »

Bill était surpris. C'était très osé de la part de Booth. Il y avait plus d'énervement dans sa voix que d'habitude. Alex lui avait fait passer de très mauvais moments dernièrement. Il avait distinctement l'air de quelqu'un qui en avait assez et n'allait pas en supporter davantage. Bill commençait à avoir l'impression que Alex devrait faire très très attention avec Booth dans le futur. Comme dans les cinq prochaines minutes.

Alex, cependant, triomphait pour avoir gagné le lit, et il grimpa dedans, tirant les couvertures jusqu'au menton. Il avait de toute évidence décidé d'ignorer les remarques de Booth au sujet de Mary Ann Boxwood. Les cinq garçons s'installèrent et laissèrent le sommeil s'emparer d'eux, tandis que les loups hurlaient dans la forêt et que la lune traversait le ciel…

« Bon sang ! »

Bill secoua la tête et essaya d'ouvrir ses yeux. Il vit que la porte de la pièce était ouverte et que les quatre sixième année se tenaient juste dans l'ouverture, ayant l'air à la fois étonnés et indignés. Il n'en était pas sûr, mais cela devait être la voix de Sirius Black qui avait lancé l'exclamation. Bill était confus. Pourquoi est-ce que les sixième année débarquaient dans leur dortoir ?

Oh, exact, pensa-t-il. Nous sommes dans leur dortoir.

Maintenant, c'était Peter Pettigrew, qui entre tous, avançait vers eux sa baguette sortie. Bill se sentit soudain éveillé en voyant cela, et il descendit du lit et se tint face aux garçons plus âgés, se tenant aussi droit et grand que possible (il devait bien faire cinq ou six pouces de plus que Pettigrew), et tirant sa propre baguette.

« Juste un instant ! » dit-il à haute voix, content que sa voix ne craque pas. (Il espérait vraiment que sa voix allait bientôt finir de muer.) « Nous sommes ceux qui devrions vous dire 'Bon sang ! ». Après tout, vous avez été dehors toute la nuit. Une nuit de pleine lune. Une nuit qui était aussi pleine de hurlements de loups. »

Les quatre sixième année se figèrent tous et se regardèrent les uns les autres, et Bill sentit son cœur bondir en lui. Ils savent que nous savons ! exulta-t-il. Nous avions raison ! Alex et Orville, et les autres descendirent de leurs lits et allèrent se mettre avec Bill, présentant un front uni.

D'une voix tremblotante, Pettigrew leva les yeux vers Bill et dit « Je ne vois pas de quoi vous voulez parler. »

Bill le regarda, voyant la peur dans ses yeux. « Oh, je pense que si. Vous voyez, nous avons trouvé ce que vous êtes. »

James le regardait, incertain. « Heu… De qui parles-tu exactement par 'vous' ? » Bill le trouvait très sur la défensive. Il fronça les sourcils.

« Que crois-tu ? Vous tous. Nous savons ce que vous êtes. »

James regarda le grand garçon devant lui, se demandant si ce serait mieux de prétendre qu'ils étaient tous des loups garous, comme les deuxième année semblaient le croire, ou de tout nier en bloc, plutôt que d'admettre que Remus était le loup-garou. James déglutit. «Ah bon, vraiment ? D'accord alors. Que sommes-nous ? » Il eut des problèmes à sortir ces mots.

Sirius lui donna un tape du revers de la main sur le bras, et James la lui rendit aussi tôt. « Que diable… » commença à siffler Sirius.

« La ferme » le fit taire James, jetant un bref coup d'œil à Remus. Il n'osait pas faire plus que cela, comme il avait peur que la condition de Remus ne leur saute aux yeux. Remus avait eu une nuit très dure et était un peu tremblant sur ses pieds. Il était si fatigué qu'il semblait juste vouloir dormir au lieu d'aller voir Madame Pomfresh pour qu'elle soigne ses blessures. James se tourna à nouveau vers Bill. « D'accord. Dis-nous, si vous avez tout découvert. »

Alex ricana et cracha le morceau, n'attendant pas Bill. « Vous tous êtes des chasseurs de loups-garous ! Tous les mois, vous descendez dans la forêt, ou attendez sous le saule cogneur et puis sortez. Nous vous avons vu prendre la viande crue pour les appâts. Bien que je suppose que vous vous utilisez vous-même pour appâts aussi. Sacrément risqué, mais je suppose que c'est fait comme cela. » Alex sourit, très fier de lui-même. C'était lui qui avait trouvé cette idée. Après qu'il l'ait proposée, seul Bill y trouvait à redire, et même lui abdiqua finalement et décida que cela avait plus de sens que sa proposition (que les quatre garçons étaient eux-mêmes des loups-garous). Après tout, les loups garous étaient des créatures maléfiques. Dumbledore n'en aurait pas laissé un rentrer à l'école, sûrement ? Et encore moins quatre ?

Peter s'effondra sur une malle et soupira. « Sacré flic. » Il regarda les autres garçons du coin de l'œil.

Sirius fronça les sourcils. « Que diable… » dit-il encore, s'avançant vers Peter, qui leva sa main.

« Ils nous ont eu, Sirius. Nous ne pouvons plus le nier. » Il se tourna vers les jeunes garçons et soupira encore de lassitude. « Oui, nous sommes des chasseurs de loup-garou. Vous voyez… mon papa a été tué par un loup-garou. Mon beau-père est un chasseur de loup-garou. Ma maman l'a contacté pour trouver celui qui avait tué mon papa, et c'est ainsi qu'ils se sont rencontrés. C'est un moldu en réalité, mais il y a des moldus qui connaissent les créatures comme les loups-garous et les vampires. Ils ne parlent pas beaucoup de ces sortes de choses aux autres moldus. Si l'un d'eux essayait de parler de cela, il serait enfermé dans un asile en un clin d'œil. »

James scruta les visages des deuxième année. Est-ce qu'ils mordaient à l'hameçon. Il les désigna de la tête en regardant Sirius, et Sirius s'avança maintenant, commençant à les régaler avec leurs exploits de chasseurs de loups-garous. James savait que Sirius avait assez de talent pour inventer des douzaines de mensonges convaincants pour les distraire pendant qu'il faisait ce qu'il voulait faire. Il se tenait derrière Remus, tandis que Sirius continuait encore et encore, cherchant dans ses poches. Tout ce qu'il avait était quelques os de poulet qu'il avait récupérés dans la cabane hurlante, pour les utiliser en classe de potions. Il métamorphosa rapidement l'un des os en une longue épée argentée, et l'autre en fourreau. Il sortit de derrière Remus et approcha Alex Wood. Tirant l'épée, il la tint, pointe en haut. Les jeunes garçons déglutirent en la voyant.

« C'est ce que nous utilisons, vous voyez. » dit-il d'une voix inquiétante. « Cela fait proprement son œuvre. Et puis… plus de loup garou. » il sentit plus qu'il ne vit Remus frissonner derrière lui. « Cependant… Si jamais vous soufflez un mot de ceci… »

Wood déglutit, et il vit que Booth, Leonard et Simpson avaient aussi l'air pétrifiés. Weasley, d'un autre côté, regardait James avec des yeux acérés. Il ne semblait pas convaincu.

« Pas de soucis ! » cria Booth comme les quatre autres garçons fonçaient vers la porte. « Nous ne dirons rien. »

Ils étaient partis, se bousculant pour sortir du dortoir. Bill resta, regarda attentivement l'épée de James. Il mit sa main dans sa poche, enroulant ses doigts autour de sa baguette. James le regardait, hésitant. Il pouvait voir le doute inscrit dans ses yeux.

« Je ne suis pas comme eux. » dit-il doucement, les regardant tour à tour dans les yeux, et puis atterrissant sur Remus Lupin, qui, il venait de le remarquer, avait l'air de s'être battu contre le Poudlard Express et d'avoir perdu. Ses yeux revinrent sur James Potter. « Je ne pense pas que vous êtes des chasseurs de loup garou. Et je ne crois pas que c'est une épée d'argent. » il sortit rapidement sa baguette de sa poche et la pointa vers l'arme dans la main de James. « Finite incantatem ! »

Immédiatement, James ne tenait plus que deux os de poulet, à la place du sabre scintillant que les autres deuxième année avaient vu. Il grimaça, lâchant les os et regardant Weasley, qui été bien trop intelligent pour son propre bien. « Si tu ne penses pas que nous sommes des chasseurs de loup garou, que penses-tu que nous sommes ? » lui demanda maintenant. Bill regarda à nouveau Remus et relâcha sa prise sur sa baguette. Remus avait l'air plus mal, si c'était possible, et Bill déglutit. Il savait maintenant. La différence entre Remus Lupin et les autres était très évidente. Il regarda encore James.

« Je pense que vous êtes de bons amis, » dit-il doucement. « De très bons amis. »

Rien d'autre ne fut dit. Ils lui firent un signe de la tête. Une compréhension mutuelle et muette étaient née dans l'instant. Remus s'effondra sur le sol, et James et Sirius se précipitèrent sur lui, le relevant et, titubant avec lui vers l'un des lits, ils le soulevèrent sur le matelas et tirèrent les couvertures sur lui. Pendant qu'ils faisaient cela, Bill alla vers la porte. Sa main était sur la poignée quand Sirius paniqua et dit soudain « Weasley ! Les autres… Je veux dire, tu vas leur dire… ? »

« Ne t'inquiète pas. Je leur dirai de ne pas répéter alentour que vous êtes des chasseurs de loup garou. » dit-il avec un sourire en coin. Sirius lui sourit aussi et acquiesça.

« Bien, bien. Je vérifiais. »

Quand il fut parti, James dit à Sirius. « Il est bien ce Weasley. »

Sirius acquiesça, avant de s'effondre dans son propre lit. Peter regarda James aller au lit aussi, pensant à cet échange. Il n'avait pas confiance dans les deuxième année… Aucun d'eux, y compris Bill Weasley. Peu lui importait aussi comment Weasley s'était rapidement et facilement insinué dans les bonnes grâces de James et Sirius. Ils étaient ses amis, même si c'était en partie parce que James avait insisté pour ne pas l'exclure. Bien, Mr Weasley, pensa-t-il comme il grimpait lui-même dans son lit. Nous verrons bien comment ils t'aimeront quand tu t'avèreras être un rat encore plus que moi…

Vendredi 19 Mars 1977

Bill revenait à la tour Griffondor quelque peu tard, après avoir perdu le cours du temps en travaillant dans la bibliothèque. Il passait un moment terrible pour écrire un devoir pour Binns, en histoire de la magie. C'était sensé être un essai de trois pieds et demi, et il venait seulement de finir vingt-trois pouces. Madame Pince l'avait finalement mis dehors et il était à mi-chemin dans le couloir du troisième étage quand, devant lui, Miss Teigne était apparue à un angle et avait commencé à s'avancer vers lui avec cette démarche féline, lente et délibérée. Son cœur dans sa gorge, Bill se glissa dans une salle de classe vide pour éviter de croiser Rusard et d'avoir une retenue (La rencontre juste avant Noël en première année était encore très fraîche dans son esprit). Il attendit que le bruit de pas de Rusard disparaisse, son cœur dans sa gorge. Comme il passait, il l'entendit parler à son chat.

« Qu'y a-t-il ma petite ? Y a-t-il quelqu'un dans le couloir qui ne devrait pas y être ? »

Bill pensa qu'il pourrait bien être le premier garçon de treize ans à mourir d'une attaque cardiaque. Ne rentre pas ici, pensa-t-il, désespéré. Ne rentre pas ici, ne rentre pas ici…

Mais le bruit de pas passa devant la pièce où il se cachait, le faisant pousser un énorme soupir de soulagement. Après un moment, cela sembla très silencieux dans le couloir, et Bill espérait que Rusard était parti.

Il était parti, mais d'autres personnes, qui devaient avoir été la raison originelle pour laquelle Rusard pensait qu'il y avait quelqu'un, étaient sorties de leur cachette, et se tenaient maintenant autour de la statue d'une sorcière bossue et borgne. Bill entrouvrit seulement la porte, assez pour voir qui se tenait là, regardant furtivement alentour.

C'étaient Black, Potter, Pettigrew et Lupin. Bill grimaça. J'aurais dû savoir, pensa-t-il, souhaitant être en sixième année, simplement parce que les quatre semblaient être dans tous les coups. Il se souvint leur avoir fait face dans le dortoir. Il avait été terrifié d'abord, et maintenant il souhaitait plutôt que ses amis soient plus comme les quatre autres garçons. Qu'allaient-ils faire maintenant ? se demanda-t-il. La pleine lune avait été il y a presque deux semaines. Il les avait regardé depuis une fenêtre de la tour Griffondor, à chaque pleine lune des trois derniers mois, se faufilant jusqu'au saule avant que Madame Pomfresh n'arrive, escortant Lupin, un froncement désapprobateur sur son visage. Il savait ce qu'ils faisaient, mais pas comment ils le faisaient. C'était évident qu'ils n'étaient pas tout les quatre des loups-garous. Il remarquait maintenant à quel point Lupin, avant la pleine lune, devenait plus hirsute et agité. D'une manière ou d'une autre, ils avaient trouvé un moyen d'être avec lui. Ils n'étaient inquiets de rien, semblait-il, sinon d'être découverts. Ils n'avaient clairement pas peur de leur ami, mais se faisaient du souci pour lui.

Par la fente entre la porte et son cadre, il regarda, fasciné, comme James se tenait derrière la statue et touchait de sa baguette la bosse de la sorcière en disant « Dissendium ». La statue s'ouvrit, créant un passage assez grand pour que tous les garçons puissent y passer, ce qu'ils firent. D'abord Remus et Peter, puis Sirius et James. Quand tous les quatre eurent disparu, la bosse se referma lentement. Bill était figé d'étonnement, et puis il fut content de cela, parce que deux personnes auxquelles il ne s'était pas du tout attendu arrivèrent au détour du couloir, et c'étaient des Serpentards par-dessus le marché.

« Je te dis qu'ils sont passés par là ! » dit sèchement Rogue à l'autre garçon, qui le regardait avec dégoût, ses yeux mi-clos. Bill pensa qu'il devait s'agir du préfet de sixième année de Serpentard.

« Oui, comme tu l'as dit de nombreuses fois… »

« Regarde ! » disait maintenant Rogue, voyant la bosse de la sorcière encore légèrement ouverte. Comme il s'en approchait, la bosse acheva de se refermer. Quand il l'atteignit, la statue semblait à nouveau complètement en pierre, et Rogue passa ses doigts dessus avec frénésie, tapant le nez et l'œil au cas où ce seraient des boutons qui ouvriraient une chambre secrète. Le préfet le regarda taper et explorer la sorcière, ses lèvres se tordant d'amusement.

« Est-ce que vous aimeriez être seuls tous les deux ? Si j'avais su que tu prévoyais de m'amener à ton rendez-vous, Rogue, j'aurais moi-même pris de la compagnie. » dit-il d'une voix traînante au grand jeune homme au nez crochu.

Rogue se retourna vers lui. « On dirait pourtant que tu as tes deux mains avec toi, Iggy. » répondit insidieusement Rogue, faisant s'enfler le préfet comme une grenouille taureau. Bill vacilla. Les Serpentards ne se donnèrent aucun coup. Rogue se retourna vers la statue.

« Ils l'utilisent pour sortir du château, j'en suis sûr. » siffla-t-il à Karkaroff, qui se tenait les bras croisés, regardant Rogue avec scepticisme.

Plus bas dans le tunnel, Remus Lupin s'arrêta et mit sa main sur le bras le plus proche et le serra. Il s'avéra qu'il appartenait à Sirius.

« Ouch ! » Qu'essayes-tu de me faire Remus ? »

« Tu ne les entends pas ? » demanda-t-il, relâchant sa prise. Puis il réalisa que bien sûr, ils ne pouvaient pas entendre les voix.

« Entendre qui ? » demanda nerveusement James.

Remus soupira, sentant encore le joug de ses sens accrus, même quand il n'était pas un loup. « Des voix, en haut dans le couloir. L'une d'elle a dit Iggy. »

« Qui ? » demanda James, mystifié.

« J'ai entendu des gens appeler Karkaroff comme cela. »

Sirius jura. « Brillant. Sacrément Brillant. Que diable allons-nous faire maintenant ? »

« Passe moi la carte » dit soudain Peter. Sans un mot, Sirius la lui tendit. « Est-ce que quelqu'un aurait l'idée brillante de m'éclairer ? » demanda-t-il, irrité. James alluma immédiatement sa baguette et la tint au-dessus du parchemin tandis que Peter l'activait. Lentement, les lignes familières se répandirent sur le parchemin, dessinant la carte du château de Poudlard. Peter amena le parchemin sous la baguette de James jusqu'à ce que la lumière soit directement au-dessus de leur position. Puis il virent que dans le couloir au-dessus d'eux se trouvaient deux points nommés Severus Rogue et Igor Karkaroff.

« Rogue. » siffla avec venin Sirius. « J'aurais dû le savoir. »

« Expédition de pêche. » dit James, remarquant qu'il n'avait rien de moins pris avec lui qu'un préfet. « Il essaye de nous attraper. » Rogue avait été très ennuyant depuis le début février, tournant autour d'eux, et dans le couloir en dehors de Griffondor quand c'était la pleine lune. Passer ces nuits avec Remus avait commencé à ressembler à du travail plus qu'à autre chose, parce qu'ils devaient travailler très dur pour éviter Rogue, et ils piaffaient d'impatience de voir autre chose que l'intérieur du château ou de la cabane hurlante. Finalement, ils avaient décidé de sortir et de s'amuser un peu un soir qui avait été choisi exprès parce qu'il n'y avait pas la pleine lune, afin que Remus puisse s'amuser aussi.

« Qu'allons-nous faire maintenant ? » demanda Remus, faisant écho aux mots précédents de Sirius. Ce fut Sirius qui lui répondit.

« Ce que nous allions faire. Aller chez Honeydukes, maintenant qu'ils sont fermés pour la nuit, allumer le feu afin de pouvoir aller au Chaudron Baveur, qui sera tellement peuplé comme ce soir c'est vendredi que personne ne nous remarquera en train d'aller du côté moldu de Londres, où nous passerons la nuit en ville, comme prévu. Je n'ai pas fait tout ce parcours du combattant pour prendre cette poudre de cheminette dans le bureau de MacGonagall pour rien. J'ai dû lui faire penser que je ne savais pas qu'elle se tenait là quand Aurélia et moi avons commencé à flirter, et puis après, j'ai dû prétendre que j'étais en colère à cause de la retenue, et j'ai dû espérer que la diversion de Peter la tiendrait assez longtemps en dehors de son bureau pour que je puisse piquer assez de poudre pour que nous puissions tous les quatre faire l'aller-retour à Londres. Aurélia m'en veut maintenant, aussi, parce que MacGonagall l'a envoyée à Chourave, et Chourave lui a aussi donné une retenue, pour 'avoir créé un spectacle public'. Après tout cela, nous y allons définitivement. Regardez-les, » dit-il montrant le parchemin « ils sont encore à côté de la statue. Ils n'ont aucune idée de comment elle fonctionne… Nous n'avons pas à nous inquiéter d'eux. Ils sont trop incompétents pour être une menace. » dit-il avec autorité.

Peter loucha sur la carte, remarquant un autre point à côté de Rogue et Karkaroff, et en plus du point mobile qui était Rusard, maintenant dans le hall d'entrée. Ce point était près de la porte d'une salle de classe qui était très proche de la sorcière bossue.

« Là, tenez, » dit-il doucement. « voici quelqu'un qui n'est pas aussi incompétent que nos amis Serpentards… »

Il tint la carte de façon à ce que les autres garçons puissent voir ce qu'il avait vu. « Weasley ! » cracha Sirius avec véhémence. « Pour quoi est-il là ? Vous ne… Vous ne pensez pas qu'il nous a vu descendre, n'est-ce pas ? » demanda-t-il à personne en particulier.

« Si. » répondit Peter en regardant Sirius dans les yeux. De quel côté serait-il, de celui de son copain ou de celui de ce stupide petit deuxième année ?

James jeta un coup d'œil à la carte. « Mais regardez… Il ne sort pas de sa cachette et ne dit pas aux Serpentards ce qu'ils ont besoin de savoir ? S'il rôdait en essayant de nous les lâcher dessus, ne serait-il pas à présent sorti de la salle de classe et ne leur aurait-il pas dit comment ouvrir la sorcière ? Il se cache d'eux aussi. Il s'inquiète juste d'être pris. »

Peter regarda les points. « Peut-être. Ou peut-être pas. S'il leur dit, c'est Karkaroff qui en aura le crédit comme il est préfet. Je parie que Weasley aimerait être celui qui nous met au sol. »

James fronça les sourcils dans la faible lumière. « Cela ne ressemble pas vraiment à Weasley. Je ne pense pas qu'il… »

« Est-ce que tu le connais si bien ? » demanda Sirius, faisant ricaner Peter. Il n'avait pas eu à le faire lui-même. « Qu'est-ce qui te fait penser qu'il ne vendrait pas sa grand-mère si cela pouvait lui rapporter des points ? »

« Il n'a rien dit à personne sur Remus, n'est-ce pas ? Et s'il a des points en jetant en pâture d'autres Griffondors, il nous fera aussi perdre des points de maison. Cela n'a aucun sens. » raisonna James.

Remus roula les yeux. Il avait écouté Rogue et Karkaroff au-dessus d'eux d'une oreille. « Écoutez, ils ne savent pas ce qu'ils font. Allons-y simplement. Est-ce qu'il y a une raison pour que nous restions là toute la nuit à discuter de cela ? Au moins, si quelqu'un nous attrape, nous pourrons dire que nous aurons passé de bons moments ce soir, exact ? »

Sirius lui donna une tape dans le dos. « C'est dans l'esprit, Remus. Je dis nous allons à Londres, nous trouvons un chauffeur de taxi qui peut nous amener directement à l'endroit le plus proche où des poules dansent avec le moins de plumes possible dessus… »

James roula les yeux et commença à avancer dans le passage vers Honeydukes, tandis que les autres suivaient. « Flûte, Sirius, tu ne vas pas être satisfait avant d'être entouré de filles nues, n'est-ce pas ? » Il pensa à Bonnie, qui, quand ils étaient seuls ensemble, n'enlevait jamais vraiment tous ses habits. Et elle serait probablement furieuse si elle savait ce qu'il faisait… Il secoua la tête pour la faire sortir de ses idées, continuant à avancer.

Sirius avançait d'un pas tranquille, ricanant. « Pourquoi devrais-je l'être ? » il rit fort et puis ses amis rirent finalement avec lui. « Oh, oui, vous vous plaindriez tous amèrement si vous étiez entourés de filles nues… »

Remus se sentit rougir, pensant à Lily. Elle n'avait pas été avec lui depuis décembre. Il s'en était assuré. Il avait réussi à se cacher très efficacement tous les mois qui avaient suivi, afin de ne jamais être près d'elle les nuits de pleine lune. Il avait eu la carte avec lui, et une fois ou deux, il avait vu son point près de celui de Severus Rogue, puis se rapprochant de plus en plus, lui donnant l'impression que sa gorge était très étroite…

Ils continuèrent à aller vers Honeydukes, vers leur liberté temporaire, tandis que, dans le château, Bill Weasley retenait son souffle et attendait que les Serpentards partent.

Severus Rogue continua à tester la statue pendant un moment, mais il abandonna finalement. Que vais-je dire à Lily ? se demanda-t-il.

Sa relation avec Lily était très confuse. Il n'était pas de connaissance commune qu'ils se voyaient. Ils ne se comportaient certainement pas comme un couple en public. Mais quand il était seul avec Lily… Il avait toujours pensé qu'elle était belle, et il avait découvert qu'elle était encore plus belle quand elle était remplie de passion, s'y abandonnant. Malheureusement, elle ne s'y était pas encore complètement abandonnée, et cela l'avait frustré de plus en plus, bien qu'il ne lui ait jamais mis la pression. Après qu'elle se soit éloignée de lui, haletant un petit peu et disant « Je pense que nous devrions arrêter, Severus, » il avait immédiatement acquiescé et accédé à ses vœux. C'était après une de ces fois, il y a presque trois mois, qu'elle avait dit « Je souhaiterais juste savoir où ils vont quand ils rôdent la nuit… » Ils s'étaient tous deux tus pendant un moment, elle avait sa tête appuyée sur son torse comme elle passait paresseusement son doigt sur son sternum, sa main se glissant dans sa chemise déboutonnée.

« Qui ? » lui avait-il demandé. Elle lui avait expliqué qu'elle parlait de ses soi-disant amis, ceux qui l'excluaient et rôdaient sans elle.

« Si tu entends ou tu vois quelque chose, tu me le diras, d'accord ? » lui avait-elle demandé avec anxiété.

Il avait immédiatement approuvé, et depuis, il dédiait beaucoup de temps à savoir où Potter, Black, Pettigrew et Lupin étaient quand ils n'étaient pas en classe. Il avait le sentiment d'être passé très près cette nuit, mais la statue de la sorcière n'abandonnait pas son secret, et Karkaroff commençait à vouloir rentrer à la maison Serpentard, alors Rogue fut forcé de suivre. Avant de tourner au coin du couloir, il regarda en arrière la figure de pierre.

Je découvrirai ce qu'ils font, même si cela doit me tuer.

Samedi 20 Mars 1977

Ils étaient de retour dans leur dortoir. Il était cinq heure du matin, et ils étaient tous épuisés. Cela avait été une sacrée nuit. Ils étaient allés dans des pubs, ils étaient un peu éméchés, ils avaient vu beaucoup de chairs exposées, et Sirius avait été pratiquement mis KO par un homme qui était le maquereau d'une prostituée que Sirius n'avait pas identifié comme telle. Peter était allongé dans son lit, fixant le baldaquin, pensant à son plan. C'était parfait. Et puis nous allons voir ce que pensent les autres de Bill Weasley, pensa-t-il…

C'était presque trop facile. Il traîna pendant que James, Sirius et Remus allaient déjeuner, passant un long moment sous la douche. Quand il fut habillé et assez certain que les dortoirs étaient vides, il se faufila dans la chambre des deuxième année, et fouilla jusqu'à ce qu'il trouve la malle de Bill Weasley. Il localisa quelques vieux parchemins qu'il avait écrit pour des classes variées, se décidant finalement pour un devoir de potions et un examen de métamorphoses qui dataient de plusieurs mois, et les fourra dans sa poche. Il retourna dans son dortoir et les confina dans sa propre malle avant de descendre déjeuner.

Plus tard dans la journée, James et Sirius étaient descendus au terrain de Quidditch avec leurs balais, et Remus faisait la sieste dans le dortoir tandis que Peter entra furtivement et récupéra les parchemins dans sa malle. Après que la porte soit refermée, Remus leva les yeux, surpris. Pourquoi est-ce que Peter marchait sur la pointe des pieds ? Mais ensuite, il se retourna, pensant que son ami voulait simplement ne pas le réveiller…

Peter trouva un coin tranquille de la bibliothèque et sortit un stylet, repassant l'écriture sur le devoir de métamorphose avec afin qu'il y ait une ferme impression des mots dans le parchemin, même après qu'il ait fait disparaître l'encre avec sa baguette. Il prit un soin particulier à repasser le nom de Bill Weasley. Une fois le parchemin propre, il sortit l'autre devoir et copia soigneusement l'écriture de Bill Weasley, mais les mots n'étaient pas ceux de Bill, et il ne les verrait pas avant le professeur MacGonagall…

Vendredi 16 Juin 1977

Le soleil descendait sur le domaine de Poudlard, dorant l'herbe et les arbres, envoyant des rayons de lumières constellés de poussière à travers les fenêtres du château, et raillant les élèves avec sa promesse. Finalement, les examens étaient finis, et les troisième année et plus avaient un week-end à Pré-au-Lard qui leur tardait. Le directeur l'avait annoncé la semaine précédente. Personne n'avait quitté le domaine du château depuis Pâques, mais maintenant, la dépression qui s'était installée comme un gros nuage noir sur le château, due à des mois de privation, s'était immédiatement envolée. Tout le monde marchait dans le château à pas légers, même les première et deuxième année, qui seraient les maîtres de la place pendant que les élèves plus âgés seraient au village.

Au moins, la plupart des première et deuxième année étaient réjouis par cette annonce (comme elle rendait moins probable que la politique d'interdiction des week-end à Pré-au-Lard soit permanente). Les cinq garçons de deuxième année, en particulier, se prélassaient dans la salle commune de Griffondor, grommelant entre eux. Regarder l'excitation des élèves plus âgés était pratiquement insupportable, et le château ne leur avait jamais paru plus semblable à une prison.

« C'est tout simplement injuste. » grommela Orville Simpson. « Tout le monde devrait pouvoir y aller. Nous avons tous été enfermé. » Il battait un jeu de carte de manière répétée, les cascades de cartes ponctuant ses mots. Alex Wood le regardait attentivement.

Peregrin Booth soupira. « Oui. Je ne peux pas croire que nous ne puissions pas y aller avant l'an prochain. Si seulement il y avait un moyen de se glisser en dehors du château sans que personne ne le sache… »

Bill vit que Alex avait soudain ouvert de grands yeux. « Bill ! » dit-il abruptement maintenant. « Orville ! J'ai besoin de vous parler ! »

Orville haussa les épaules. « Alors parle. »

Alex regarda Booth et Leonard. « Pas ici. » dit-il à dessein, ne voulant clairement pas inclure les autres garçons. Il se leva et commença à aller vers le trou du portrait, Orville derrière lui. Bill suivit, regardant un instant par-dessus son épaule, voyant l'expression blessée sur le visage des autres garçons. Quand ils furent dans le couloir, Bill fronça les sourcils à Alex.

« Je pense que tu as été impoli, Alex. Traiter Booth et Leonard de la sorte… » dit-il à son ami dès que le portrait se referma. Alex grimaça.

« Oh, allez Bill. Tu veux toujours les inclure. T'as peur que ton papa et ta maman pensent qu'ils ne t'ont pas appris la bonne étiquette. ? »

Bill rosit. « Non. Je pense juste à quel point j'aimerais être exclu, ce qui est pas du tout. Où est la mal ? »

« Voici le mal, » lui siffla Alex. « Leonard est un petit rat, et Booth apprend à en être un. Je parie que c'est l'un d'eux qui a donné à MacGonagall cette lettre sur les sixième année et t'a piégé pour cela. Comme ce serait facile pour l'un d'eux de mettre la main sur quelques uns de tes vieux parchemins ! »

Bill se renfrogna. Il était encore persona non grata auprès des sixième année en particulier à cause de cet incident. Tout le monde pensait qu'il avait donné James et Sirius. Il ne savait pas qui avait vraiment envoyé le parchemin à MacGonagall (qui avait pu déterminer que c'était Bill après avoir regardé l'écriture qui avait précédemment été pressée à la surface), et pourquoi ils n'avaient pas su que Peter et Remus étaient aussi en dehors du château cette nuit-là. Il savait juste que tous les élèves plus âgés pensaient qu'il était un rat maintenant, et il évitait la salle commune depuis lors.

Quand MacGonagall l'avait appelé dans son bureau et lui avait parlé de la lettre anonyme, qui avait son écriture et était écrite sur un de ses anciens devoirs de métamorphose, elle avait pensé qu'il était simplement modeste quand il avait nié en avoir connaissance. Sirius et James se tenaient juste là, Sirius le foudroyant du regard pendant tout le temps, James ayant simplement l'air chagriné. Elle lui avait dit de ne pas s'inquiéter de représailles de la part d'élèves plus âgés. Elle veillerait à ce qu'il ne lui arrive rien. Être traité comme un bébé ayant besoin de protection, spécialement quand il n'avait rien fait, l'avait fait se sentir encore plus mal.

Comme il quittait le bureau de MacGonagall, James lui avait doucement glissé « Je pensais que tu avais dit que tu ne faisais pas cette sorte de chose. » Bill avait senti son estomac tomber dans ses talons. James Potter était la dernière personne à laquelle il aurait essayé de causer des problèmes, et maintenant, le pauvre Potter avait une semaine de retenue et il pensait que c'était la faute de Bill.

« Si Booth et Leonard découvrent que nous prévoyons de filer à Pré-au-Lard demain, » continua Alex, « Ils courront chez MacGonagall plus vite que… »

« Nous prévoyons de partir à Pré-au-Lard demain ? » couina Orville. « Depuis quand ? Nous allons être expulsés ! »

« Nous ne serons pas expulsés ! Nous ne serons même pas pris ! Nous utiliserons ce passage secret que Bill a vu les sixième année prendre ! C'est à l'épreuve des balles ! »

Bill n'en était pas aussi sûr. « Je ne vous ai pas montré cela pour que nous… »

« Mais c'est parfait ! » insista Alex.

« Nous ne savons même pas où il mène ! » dit Bill avec colère.

Alex commença à marcher dans le couloir. « Bien ! Pas de meilleur moment que maintenant pour le découvrir ! Nous ferons nos devoirs d'abord, bien sûr. Un entraînement. Ensuite nous serons prêts pour demain ! »

« Pourquoi ne pouvons-nous simplement pas aller à Pré-au-Lard ce soir ? » demanda Orville, accélérant la foulée pour se tenir à hauteur d'Alex, qui roulait les yeux.

« Parce que l'on nous verrait comme le nez au milieu du visage ! Demain tout le village grouillera d'élèves. Personne ne nous remarquera. »

Bill était réticent. « J'ai été à Pré-au-Lard, et ce n'est pas si génial… »

Alex se tourna et le foudroya du regard. « Moi aussi j'ai été à Pré-au-Lard, Bill. Ce n'est pas la question. La question est de sortir de ce foutu château. »

Les trois se regardèrent les uns les autres pendant un moment de tension, puis les garçons continuèrent à descendre le couloir. Ils descendirent, tournèrent et retournèrent jusqu'à ce qu'ils soient à mi-chemin du couloir du troisième étage, s'arrêtant derrière la statue de la sorcière bossue.

« Vérifiez les salles de classe. » Dit Alex à Bill et Orville. Ils acquiescèrent et commencèrent silencieusement à regarder dans les salles variées alignées dans le couloir. Ils n'y trouvèrent personne. Tous les trois se tenaient autour de la statue, leurs baguettes sorties. Bill toucha la bosse et dit d'une voix rauque « Dissendium. »

La sorcière s'ouvrit, et le passage fut révélé. Alex passa en premier, suivi d'Orville. Bill allait rentrer quand Rembert Leonard et Peregrin Booth apparurent soudain au coin, en courant.

« Vous voilà ! » cria Booth à bout de souffle. « Ne partez pas sans nous ! »

Bill fronça les sourcils. « Comment avez-vous… »

« Pas maintenant ! Nous devons disparaître avant que quelqu'un n'arrive ! » haleta Booth, tenant un point de côté. Il passa devant Bill et se glissa dans le passage, suivi de Leonard. Bill grimaça, sachant qu'il allait inévitablement y avoir une dispute quand Wood les verrait. Assez sûrement, il entendit un rugissement outragé venant de dessous. Soupirant, il se glissa derrière eux, se retrouvant dans un endroit poussiéreux et sombre, seulement éclairé par un pinceau de lumière provenant des torches dans le couloir au-dessus. Les autres garçons ne se tenaient pas dans la lumière. Il pouvait entendre des grognements venir de l'obscurité. Comme la bosse de la sorcière se refermait, cette lueur disparut, et Bill sortit sa baguette en disant « Lumos. »

Il vit immédiatement dans la faible lueur que ses amis étaient engagés dans un combat, les quatre n'étant qu'une masse de bras et de jambes. Alex avait bloqué la tête de Booth, et Leonard était assis sur Orville tandis que Orville essayait de frappe Booth avec les jambes.

« Arrêtez ça ! » rugit Bill de sa nouvelle voix grave. L'écho dans le tunnel y ajouta une note d'autorité. Ils s'assirent tous, le regardant penaudement. « Maintenant que nous sommes tous là, nous devons tous nous soucier d'être pris. Allumons nos baguettes et essayons de découvrir où mène ce tunnel sans plus nous battre, compris ? »

Alex se leva en traînant des pieds. « J'essayais juste de faire à dire à Booth lequel des deux avait dénoncé Black et Potter, et avait fait en sorte qu'on dise que c'était toi qui l'avait fait. »

« Nous n'avons pas fait cela ! » cria immédiatement Leonard.

« Chut ! » dit rapidement Bill. « Pas si fort ! » Il scruta Booth et Leonard. « Si l'un de vous a fait cela et que j'en trouve la preuve, vous allez être très désolé. » dit-il doucement. « D'ici là, maintenant que vous êtes ici, vous aurez autant de problèmes que nous si nous nous faisons prendre, alors faites attention et ne dites pas un mot de ce que nous faisons si vous savez ce qui est bon pour vous. »

Ils acquiescèrent vigoureusement. Les autres allumèrent leur baguette et ils marchèrent tous très longtemps, parfois descendant, parfois montant, et faisant de nombreux tours et détours. Quand ils montèrent des escaliers poussiéreux et découvrirent qu'ils étaient dans les fondation d'Honeydukes, ils ne purent croire leur chance.

« Tout ce que nous avons à faire est d'attendre que les autres élèves aient quitté le château demain, puis descendre par là et arriver chez Honeydukes. C'est comme un rêve qui devient réalité. » dit Alex avec excitation comme ils revenaient par le passage secret. Cette nuit, Bill put à peine dormir, pensant à ce qu'ils allaient faire le lendemain.

Cependant, il ne pouvait pas s'empêcher de penser qu'il aurait échangé une centaine de sorties à Pré-au-Lard pour laver son nom et pour que les sixième année lui fassent à nouveau confiance.

Samedi 17 Juin 1977

Lily roula dans son sommeil, tendant le bras, mais le trouvant vide quand elle ouvrit les yeux. Elle soupira. Elle avait été avec Remus encore, il y a juste deux semaines. Elle avait eu une conversation avec lui il y a quelques mois de cela, lui expliquant qu'elle était avec Severus, mais que leur relation n'était pas encore physique, et qu'elle voulait être une 'amie' pour Remus à l'occasion, quand il avait besoin d'aide. Juste une amie. Elle avait dit qu'elle savait qu'il ne voulait pas la blesser quand il lui avait cassé la jambe. Cependant, si sa relation avec Severus prenait une nature plus physique, elle devrait arrêter de l'aider de cette façon. Il avait accepté cela, souhaitant avoir été plus vigilant pour l'éviter, mais au fil des mois, il avait baissé sa garde, et elle l'avait surpris dans le couloir en dehors du donjon de potions. Ils n'avaient pas été ensemble depuis décembre, et bien qu'il soit fou de désir pour elle, il avait réussi à faire très attention, et ce jour là elle n'avait pas été blessée.

Elle s'était séparée de lui rapidement après cela, s'enfuyant de la pièce du donjon où ils étaient allés. Pleurant comme elle remontait les escaliers, ses pas l'avaient menée jusqu'à une salle de bain de fille inutilisée, où elle avait eu le sentiment en continu que quelqu'un la regardait. Frissonnant, elle était revenue à la tour Griffondor, se rappelant que Remus était son ami, et qu'il ne penserait jamais rien de plus qu'elle, peu importe ce qu'elle pensait avoir rêvé quand elle était dans l'infirmerie avec une jambe cassée…

Bien, pensa-t-elle, aujourd'hui, c'est sortie à Pré-au-Lard. La première depuis quelques temps. Le directeur a accepté à contrecœur. Il y avait eu une baisse dans l'activité Mangemort, et le ministère l'avait assuré qu'il y aurait de nombreux aurors à Pré-au-Lard, et que les élèves seraient parfaitement en sécurité. Lily espérait qu'il en serait ainsi, mais la sécurité n'était pas vraiment son premier souci. Elle allait à Pré-au-Lard avec Severus. Un rendez-vous, en quelque sorte. Mais ils allaient faire attention de ne pas se toucher, même de se tenir les mains, en public, par égard aux sentiments rampants anti-Serpentard à Griffondor dernièrement, et au sentiment anti-Griffondor à Serpentard. Elle soupira profondément. La vie aurait été bien plus facile si Remus et elle…

Arrête ça, se dit-elle sévèrement. Un autre soupir. Oh, bien. Elle devait arrêter de rêver et commencer à vivre. Aujourd'hui, elle allait à Pré-au-Lard avec Severus. C'était un grand pas. Elle se força à se lever et s'habilla avant de décider de rester au château parce qu'elle n'aurait pas le courage. Ca ira bien, se dit-elle. Tout ira bien.

Après le petit déjeuner, les troisième année et au-dessus commencèrent à quitter le château. Elle marchait à environ un pied de Severus sur le chemin de Pré-au-Lard. Ils étaient entourés et bousculés par tant d'autres personnes que c'était probablement peu clair qu'ils étaient en fait ensemble. Quand elle se tourna un petit peu, elle vit derrière elle dans la foule James Potter, marchant avec son bras autour des épaules de Bonnie Manetti, qui avait son bras passé autour de la taille de James, et Lily sentit un pic de jalousie qu'ils puissent faire cela, comme il n'y avait pas de guerre rampante entre Griffondor et Pouffsouffle. Puis elle remarqua Remus avançant avec Peter et Sirius (qui avait plein d'opportunités pour être avec des filles au château, et qui ne voulait pas d'une fille avec lui pour 'ruiner' sa sortie à Pré-au-Lard). Remus semblait très pâle dans le soleil de Juin, sa mèche grise semblant presque blanche. Elle croisa brièvement son regard et se tourna à nouveau vers l'avant. Je ne penserai pas à Remus, pensa-t-elle avec force. Je ne penserai pas à Remus…

Les gens du village étaient ravis de revoir les élèves. Traditionnellement, ils comptaient sur eux pour qu'ils sortent régulièrement du château et dépensent leur argent au village, mais avec le moratoire sur les week-end à Pré-au-Lard, tout les commerçants du village souffraient. Bientôt Lily se retrouva à rire au côté de Severus comme ils regardaient un spectacle de marionnettes terrible (les marionnettes étaient enchantées) devant la boutique de farces et attrapes Zonko. Et elle prit un grand plaisir en choisissant les bonbons qu'elle savait qu'il aimait chez Honeydukes. La journée se déroulait encore mieux que ce qu'elle pensait. Quand il tendit soudain le bras, brisant les règles qu'ils s'étaient fixés pour la journée, et qu'il prit la main de Lily dans la sienne comme ils quittaient Honeyduke, au vu et au su de Sirius, Peter, Remus, James et Bonnie, qui approchaient de la boutique, le cœur de Lily cœur chavira, et elle lui pressa la main, défiant quiconque objecterait de faire quelque chose. Les yeux de Sirius se rétrécirent comme ils passaient. Elle le défia du regard. Puis elle vit Remus à côté de lui, l'air plutôt désespéré, et elle déglutit, essayant de ne pas penser à cela, se tournant et descendant la High Street avec la main de Severus dans la sienne.

Ils n'avaient pas fait plus de cinquante pieds quand le monde soudain explosa.

Lily et Severus furent projetés au sol. Il la couvrit de son corps comme les débris leur pleuvaient dessus, mais Lily essayait de se dégager de sous lui. Autour d'eux, le reste des gens dans la rue était aussi au sol, l'air secoué et confus.

« Que se passe-t-il ? » demanda-t-elle en tremblant, enlevant la poussière de plâtre de ses cheveux noirs. Il regarda alentour, hagard.

« Je ne sais pas. » Il regarda dans la direction d'où ils venaient. Elle se tourna aussi, voyant des flammes jaillir de la confiserie.

« Oh non » haleta-t-elle. « Remus… James… Bonnie… Sirius… »

Avant qu'il ne puisse l'empêcher, elle descendait la route en courant, relevant à deux mains sa robe. Il courut derrière elle, et ils arrivèrent à la boutique en flammes juste à temps pour voir James Potter, couvert de poussière de plâtre, saignant et avec une manche déchirée qui révélait une brûlure vicieuse sur son bras gauche, portant Bonnie Manetti en dehors du bâtiment en flamme, puis s'effondrant sur la route avec elle. Lily tomba à genoux à côté de Bonnie et commença à lui crier « Bonnie ! Bonnie, tu peux m'entendre ? »

Elle essaya de prendre son pouls, mais son poignet ne bougeait pas du tout, et la chair de Bonnie avait l'air étrange au toucher. Elle amena sa main au cou de Bonnie pour essayer de lui prendre le pouls là, mais elle y trouva un gros morceau de bois qui avait été projeté droit en travers de son cou, la tuant probablement instantanément. Lily ravala un sanglot et leva les yeux vers James, qui avait de toute évidence réalisé avant elle que c'était désespéré. Son visage poussiéreux était rayé par les larmes, ses yeux bleus liquides derrière ses lunettes. Lily ne pouvait pas empêcher les larmes de couler le long de ses propres joues.

« Oh, James ! Je suis si… si… »

Il acquiesça, berçant Bonnie contre lui. Elle se souvint de la nuit où ses parents étaient morts. C'était simplement injuste, pensa-t-elle, qu'il perde tant de proches si jeune…

Elle tendit le bras vers Severus, derrière elle, pour un réconfort, mais il n'était pas là. Elle leva les yeux et vit qu'il courrait vers Honeyduke. « Non ! » cria-t-elle. « Severus ! »

Mais il avait disparu dans la fumée. Elle commença à se lever, mais James prit son poignet. « Non, Lily ! C'est trop dangereux ! »

« C'est pourquoi je dois y aller ! Il… »

« Lily ! » cria-t-il encore, la regardant, désespéré, les larmes coulant sur son visage. « Je… Je ne pourrais pas le supporter si… si… »

Brusquement, elle le tira contre elle et le tint pendant qu'il pleurait, incapable de retenir les larmes de couler de ses propres yeux. Il ne veut pas me perdre aussi. Après une minute elle se sépara de lui et regarda en direction des flammes.

« Est-ce que… Est-ce qu'ils sont tous… ? » sa voix tremblait. Elle ne pouvait pas le dire. Elle se demanda si elle reverrait jamais Remus. Ou Sirius. Ou Peter. Ou Severus.

James frissonna en regardant. « Je… Je ne sais pas. » chuchota-t-il. Puis ils purent voir une silhouette émerger de la fumée, et c'était Remus. Lily ne put pas en supporter davantage. Elle se redressa et courut vers lui. Il portait trois personnes d'une manière ou d'une autre. Une fois qu'il fut sorti du bâtiment en flamme, il s'effondra et les laissa tomber au sol. Il avait Sirius, Peter, et un petit garçon au visage roussi et au nez pointu. Elle jeta ses bras autour de Remus et l'embrassa sur la bouche sans réfléchir, puis elle tomba sur Sirius et Peter, les prenant aussi dans ses bras, pleurant hystériquement, se sentant complètement irrationnelle.

« Vous allez bien ! Vous allez bien ! » s'étrangla-t-elle, ne parlant à aucun et à tous à la fois. Les trois garçons les plus âgés la regardèrent, leur visage noirci et perlant de sueur, leur robes brûlées et fumantes. Remus était à bout de souffle.

« Je dois y retourner. » réussit-il finalement à dire.

« Moi aussi. » intervint Sirius. Il ne semblait pas apprécier avoir été sorti du bâtiment par Rémus

Elle prit leurs bras comme ils se levaient pour retourner sur les lieux de l'explosion. « Pourquoi ? N'en avez-vous pas fait assez ? »

Remus secoua la tête. « Il y a d'autres deuxième année là-bas. Ils mourront si personne n'y va. »

Il dégagea son bras d'elle et les deux revinrent en courant vers les flammes avant qu'elle ne puisse réaliser. Elle se retourna et fixa le garçon sur le sol devant elle.

« Tu es un deuxième année ! » dit-elle surprise. Le garçon maigre leva ses yeux marrons coupables vers elle. « Comment t'appelles-tu ? » demanda-t-elle. « Qui sont les autres ? »

Mais maintenant, le garçon fixait le feu, pleurant convulsivement, incapable de parler. Elle le tint contre elle, se sentant soudain maternelle, pleurant avec lui. Peter tremblait, mais il sortit sa baguette et répara une coupure que le garçon avait sur le bras, essayant de se rendre utile.

« Tu es Leonard, n'est-ce pas ? » dit-elle doucement au garçon pendant qu'il guérissait sa plaie. Le garçon acquiesça, pleurant encore.

« Est-ce que vous êtes venus tous les cinq ? » chuchota Lily, espérant contre tout espoir que quelqu'un était resté en arrière au château. Quand le garçon acquiesça encore, elle croisa le regard de Peter, y trouvant la même peur qu'elle ressentait. Partis. Tous partis…

Les aurors arrivèrent finalement en courant. Ils encerclèrent le bâtiment encore en feu, envoyant de l'eau grâce à leurs baguettes pour éteindre les flammes, les figeant simplement en arcs brillants rouges et oranges, teintés de bleu. Lily vit l'une d'eux, une jeune femme au visage gentil et aux cheveux châtains, s'agenouiller à côté de James, lui parlant doucement, le convaincant finalement de lâcher le corps de Bonnie et de laisser un autre auror l'examiner. Puis ils invoquèrent une civière et la posèrent dessus, et le corps de la jeune fille de dix-sept ans sembla soudain très petit. Le corps, pensa Lily. Elle n'est même plus une personne, maintenant, c'est un corps…

Elle se tourna sans but, comme les aurors étaient sur le site de la boutique. Finalement, elle vit une grande silhouette sombre émerger de la fumée, marchant sous un arc de flamme gelée, suivie par deux garçons titubant, s'appuyant l'un contre, chacun leur bras passé autour des épaules de l'autre. Severus portait un garçon dans ses bras. Tous les deux avaient le visage noir de suie. De loin, malgré la suie, elle reconnu une mèche des cheveux blonds de Peregrin Booth, et elle courut à leur rencontre et celle des deux autres garçons, qui, elle le voyait maintenant, étaient Weasley et Wood. C'était presque impossible de dire que Weasley était roux tellement il avait de cendres sur lui. Severus s'effondra sur le sol.

« Un… n'a pas… » haleta-t-il.

« Tu as respiré trop de fumée, Severus ! » Elle le tapa dans le dos et écarta ses cheveux de son visage, soucieuse. Il secoua la tête.

« J'irai bien. » chuchota-t-il. « Simpson… »

Elle leva les yeux et Sirius émergeait des décombres d'Honeyduke, portant Simpson. Remus le suivait, supportant ce qui ressemblait à trois adultes, qui, elle fut contente de le voir, bougeaient tous. Sirius déposa Simpson à côté de Booth, et sa tête roula de façon peu naturelle. Un filet de sang courait sur son visage. Lily commença à aller vers lui, mais Severus lui prit le poignet dans sa main, le tenant si fermement qu'il faisait mal. Elle le vit échanger un regard très grave avec Sirius, et elle sut que, pour la première fois depuis qu'ils se connaissaient, ils étaient d'accord sur quelque chose. Aucun d'eux ne voulait qu'elle s'approche de Simpson. Elle regarda le garçon immobile, un sentiment de malaise grandissant en elle.

« Il est… »

« Lily, » dit doucement Severus, sans lâche son poignet. « Il n'y a pas de doute. »

« Mais comment pouvez-vous en être si sûr ? »

Sirius déglutit « La nuque. » chuchota-t-il, en faisant un effort. Elle remarqua qu'il avait l'air un peu vert. Soudain, il se remit debout et s'éloigna d'eux en titubant. Il ne put pas faire plus de dix pieds avant de commencer à vomir sur les pavés, et Lily regarda Severus, comprenant finalement ce que Sirius avait voulu dire. Elle réalisa que sa nuque avait été brisée par l'explosion…

Elle vit que Severus avait aussi l'air assez vert, et son estomac bougea étrangement en elle. Puis les aurors apparurent soudain à leurs côtés et les aidèrent à se lever. Tout d'un coup, les sixième année n'étaient plus des adultes s'occupant d'enfants plus jeunes. Ils étaient eux-mêmes à nouveau des enfants, dégagés du passage, couvés et regardés pour leurs blessures.

Ils furent tous ramenés au château en ambulance, qu'ils soient blessés ou non. Le professeur Dumbledore regarda les civières rentrer, l'air très vieux. Madame Pomfresh obtint de l'aide d'un médisorcier et transforma la grande salle en centre de triage. Tout le monde était profondément secoué , regardant les autres avec des grands yeux abasourdis. Tout le monde savait qu'il était très improbable qu'un autre week-end à Pré-au-Lard soit prévu avant très longtemps.

En dépit des efforts pour contenir le chaos dans le château, personne ne semblait être responsable soudain. Les élèves se promenaient dans les couloirs, se rendant visite les uns aux autres, et les professeurs aussi. C'était le chaos, et cela ne diminua pas avant onze heures du soir, quand tout le monde fut finalement forcé de rentrer dans sa maison, et, idéalement, dans son dortoir.

Remus, cependant, était agité. Il était resté assis dans la salle commune de Griffondor avec James et Lily. James était dans un fauteuil près du feu, regardant dans le vide, son bras bandé. Lily était assise sur le sol devant lui, ses jambes ramenées contre sa poitrine comme elle regardait les flammes. Sirius et Peter étaient allés au lit, et les deuxième année survivant étaient aussi montés. Quand il se leva pour partir, personne ne l'arrêta.

Il n'était pas sûr de l'endroit où il allait. Peut-être à l'infirmerie pour voir comment allaient les blessés. Peut-être aller parler à Dumbledore ou au professeur MacGonagall. Mais quand il referma le portrait derrière lui, ses oreilles se dressèrent. Il pouvait entendre pleurer quelqu'un, quelqu'un qui n'était pas dans la tour Griffondor. Il savait que la plupart des gens n'auraient sans doute pas pu l'entendre, mais son ouïe sensible de loup garou le conduisit sans erreur à l'origine du son. Il dut monter une volée de marches et descendre un long couloir avant d'arriver à une salle de classe fermée, et puis il put sentir la personne qui pleurait, il put sentir l'odeur de suie et de cendre. Et il sut que c'était quelqu'un qui avait été à Honeyduke. Il ouvrit la porte et parla dans la pièce obscure.

« Qui est là ? »

Il y avait le silence, en quelque sorte. Le garçon arrêta de sangloter et sembla retenir son souffle, espérant Remus partirait, probablement. Remus sortit sa baguette et l'alluma. La levant, il vit un garçon au visage jeune et parcouru par les larmes, aux grands yeux injectés de sang et au nez rouge à force de pleurer.

« Oh, c'est toi, Wood. » dit-il, pointant sa baguette vers des chandelles sur le mur, qui revinrent à la vie. Le garçon était assis dans un coin, se tenant les genoux contre la poitrine, mais maintenant, il se leva, essuyant son visage du revers de sa manche. « Je pensais que tu étais dans le dortoir. »

Il secoua la tête, son menton tremblant. « Je… Je ne peux pas y aller. » gémit-il.

« Pourquoi donc ? »

« Parce que… Parce que tout est de ma faute ! »

Remus s'avança jusqu'à lui et prit le garçon contre lui, comme il commençait à nouveau à pleurer. Wood hésita d'abord, puis jeta ses bras autour du sixième année, et ils se balancèrent d'avant en arrière, comme Remus avait mal au cœur, se demandant ce qu'il aurait fait si à treize ans, il s'était senti responsable de la mort de quelqu'un d'autre. J'aurais pu être responsable de la mort de quelqu'un de nombreuses fois…

« Chut, chut.. » siffla-t-il au garçon, essayant de le calmer. « Ce n'était pas ta faute. Même si vous n'étiez pas sensés être là, tu n'as pas fait exploser la confiserie… »

La tête du garçon était juste sous le menton de Remus. Son visage était encore aussi glabre que celui d'une fille, et, en hésitant, Remus commença à peigner les cheveux en désordre du garçon d'une main, essayant d'avoir une influence calmante. Cependant, il ne pouvait pas s'empêcher de remarquer qu'au milieu du chaos et de la peur, c'était très réconfortant de tenir le corps d'une autre personne contre soi, de sentir un autre cœur battre contre le sien…

Simultanément, les deux garçons s'écartèrent l'un de l'autre, horrifiés. Remus déglutit et sentit une bouffée de chaleur s'élever de son cou, tandis que Wood était rouge comme une betterave, essayant de cacher ce que Remus avait déjà senti quand le garçon s'était pressé contre lui. Foutu animal, pensa Rémus de lui-même, luttant pour cacher la même réaction au garçon qu'il avait eu. C'est encore un enfant, et il est en deuil…

« C'est… Ca va Wood. » dit Remus d'une voix tremblante, même s'il n'en était pas lui-même convaincu. Wood secoua sa tête, se mordant la lèvre.

« Non. Non ça ne va pas. Je… Je ne suis pas bien. Et… Et maintenant, Orville est mort, à cause de moi. »

« Parce que c'était ton idée d'aller à Pré-au-Lard ? »

« Ca et… Et le fait que… »

Remus fronça les sourcils. « Quoi ? »

Wood se mordait encore la lèvre. « Bien… J'ai gardé ton secret. Tu sais, que tu es un chasseur de loup garou. » Remus essaya de ne pas rire. Clairement, Weasley n'avait pas dit à ses amis la vérité. « Alors… Alors tu me promets de garder mon secret ? »

Remus acquiesça, ennuyé avec lui-même de ressentir un autre pointe de désir pour le garçon. Quelque chose dans le partage des confidences était terriblement stimulant…

« Bien, je… Orville… Je veux dire, il ne savait pas. J'ai fait croire aux autres garçons que Mary Ann Boxwood me plaisait. Tout ce que j'avais à faire était de le nier au moins une fois par jour. Mais… Mais en fait c'était Orville. J'étais complètement fou de lui. » finit-il d'une traite.

Remus digéra cela et puis acquiesça lentement. « Je vois. » dit-il simplement, n'osant rien ajouter à cela.

« Vraiment ? » dit maintenant Wood. « Il a été tué à cause de moi. Parce que je… Je le voulais. Ce qui n'est pas naturel, alors… »

Remus fronça les sourcils et s'avança vers lui. « Ne sois pas idiot ! Ton ami n'est pas mort perce que tu es tombé amoureux de lui. C'est de la superstition, des bêtises. Et… Et plein de gens dans le monde ont des sentiments comme les tiens. Je veux dire, des hommes qui tombent amoureux d'autres hommes… » dit-il maladroitement. « Un homme qui tombe amoureux d'un autre ne cause pas la mort de ce dernier. »

« Mais il ne serait même pas allé à Pré-au-Lard si ça n'avait pas été moi ! Je… Je voulais qu'il passe un bon moment. » dit-il la voix pleine de larmes. « Je voulais juste… juste qu'il me regarde une fois avec… Avec cette manière qu'il a de sourire… Qu'il avait de sourire… Quand… Quand il est vraiment content… »

Il s'effondra encore et Remus lui prit encore dans ses bras, essayant d'ignorer le fait que c'était physiquement stimulant pour tous les deux. Le garçon pleurait dans sa robe, et Remus le berçait d'avant en arrière, espérant que Wood arrêterait de se haïr et de se blâmer, et réaliserait qu'il était parfaitement normal. Pourquoi est-ce que je n'arrive pas à penser cela de moi ? se demanda-t-il. Je suis un tel hypocrite…

« Tu voulais rendre ton ami heureux. » lui chuchota Rémus, et il l'embrassa tendrement sur le front. « Tu te souciais de lui et tu voulais le rendre heureux. Il était au mauvais endroit au mauvais moment, et aucun de vous n'aurait pu prévoir cela. » Sa voix était très douce.

Puis il réalisa que les garçons avaient probablement pris le passage de chez Honeyduke pour se rendre au village, comme il se rappela que Bill Weasley le connaissait. Remus avait été confus sur pourquoi la lettre à MacGonagall avait simplement dit que Sirius et James avaient quitté le château. Il n'y avait aucune mention du passage secret, et aucune mention de lui ou de Peter. (Quand elle avait appelé James et Sirius à son bureau, et qu'ils avaient encore des serviettes en papier d'un pub moldu dans les poches et cinq livres de monnaie moldue, cela avait été assez incriminant). Maintenant il savait. Weasley n'avait pas parlé du tunnel afin que MacGonagall ne le trouve pas et ne le bloque pas. Il avait voulu l'utiliser à son compte à un moment ou un autre…

Les doigts de Wood se cramponnaient à sa robe. Remus lui caressa les cheveux et le tint étroitement, sa propre culpabilité commençant à devenir écrasante, tandis que le garçon sanglotait sur lui et répétait comme un mantra les mêmes mots :

« Cela aurait dû être moi… Cela aurait dû être moi… »

Lily et James étaient encore assis devant le feu dans la salle commune. Elle ne savait pas où allait Rémus, mais elle avait le fort sentiment que c'était James qui avait besoin d'elle maintenant. Plus tôt, avant que Peter et Sirius ne montent, Lily les avait chacun accosté, leur donnant tour à tour une ferme accolade et un bisou sur la joue. Ils l'avaient tous les deux regardé avec envie, mais elle n'avait pas remarqué cela. Elle regardait vers la cheminée, vers James.

« Je vais aller lui parler. » chuchota-t-elle aux autres. « J'ai peur de ce qu'il pourrait faire… »

Sirius la tira vers lui pour une autre accolade et l'embrassa sur le front. « Prends bien soin de lui, Lily. » Elle le regarda avec gratitude, ayant d'une manière ou d'une autre le sentiment qu'il mûrissait, un peu. Peter semblait un peu agité, mais il suivit Sirius dans les escaliers. Après que Rémus ait quitté la salle commune, elle alla dans le fauteuil où il s'était tenu. L'air énervé, James se leva et commença à faire les cent pas devant le feu. Elle le regarda aller et venir, puis elle dit finalement « Tu ne dois pas te blâmer, James. Je t'ai entendu dire encore et encore 'C'est ma faute'. Ca ne l'est pas. Tu ne peux pas continuer à te torturer de la sorte… Tu retomberas amoureux un jour… »

Il continua de faire les cent pas sur le tapis, le feu éclairait le dessous de son nez, et se reflétait dans ses lunettes, masquant ses yeux. Il se frotta sa barbe naissante sur les joues et se tordit tour à tour les mains.

« Oh, Lily, tu ne comprends pas…. » James enleva ses lunettes et passa sa main sur son visage. Elle le regarda. Il avait l'air très différent sans ses lunettes. Ses yeux semblaient si vulnérables, sans défense. Il les remit avant qu'elle ne puisse en penser autre chose. « Tu vois,.. Je… J'allais rompre avec Bonnie aujourd'hui. Ce… Ca ne marchait simplement pas… »

Lily se couvrit la bouche, de surprise. « Oh ! Je n'en avais aucune idée. Je pensais que vous deux étiez…heu, étiez… »

« Que nous couchions ensemble ? Oui. Une grosse erreur. Cela lui a fait penser… cela lui a fait penser que nous étions d'une manière ou d'une autre incapables de rompre. Comme si cela signifiait que nous allions rester ensemble pour le restant de nos vies. Je voulais aller lentement, je le voulais vraiment. Je n'ai pas encore complètement saisi comment c'est arrivé… »

Lily rosit un peu. « Bien. Tu sais comment c'est. Parfois… ces choses… arrivent, tout simplement. » sa voix était très douce. James remarqua qu'elle avait pris des couleurs.

« Exact. » Il s'éclaircit la gorge. « En tous cas… nous avons eu une dispute la nuit dernière. Nous nous sommes arrêtés à deux doigts de la rupture. Après cela, je souhaiterais avoir rompu avec elle au lieu d'être simplement parti en colère. Ensuite, elle ne serait pas allée chez Honeyduke… Elle pensait probablement que je me calmerais et que je retrouverais mes esprits, et que nous serions à nouveau d'aplomb, tu vois ? »

« Si ma question ne te dérange pas… Pourquoi vous disputiez-vous ? »

Il soupira et baissa les yeux vers ses mains. « Quelque chose de stupide. Parce que cela n'allait pas arriver. Je savais que cela n'arriverait pas. Depuis la deuxième fois où… où nous avons couché ensemble, elle parlait comme si elle était déjà mariée à moi. Ou fiancée au moins. Elle disait tout le temps, quand nous aurons notre chez nous, ou je m'assurerai que tu n'oublieras jamais de te raser quand tu te réveilleras à mon côté tous les matins, tu devras te raser avant de pouvoir m'embrasser. Cela me tapait sur les nerfs. Je veux dire, je suis seulement en sixième année ! Et si je dois jamais me décider à épouser quelqu'un, j'aimerais le lui demander moi-même. Puis, la nuit dernière, elle a juste… Je ne sais pas. Elle m'a poussé à bout. Je me suis débrouillé pour ne pas perdre mon calme, mais je n'ai pas pu m'arrêter… »

Lily se leva et alla vers lui, le prenant gentiment par la main et le conduisant à une chaise, le faisant s'asseoir. Elle s'assit sur le sol, à ses pieds, sa main encore dans la sienne, sa joue sur le coussin à côté de sa jambe. « C'est bon James. Quand tu es prêt. » chuchota-t-elle, voyant encore l'angoisse et la culpabilité fraîches sur son visage.

Il déglutit et acquiesça, baissant les yeux vers elle, regardant la manière dont les flammes dessinaient ses traits, la façon dont ses yeux verts brillaient doucement, la lumière se réfléchissant dedans. Il pouvait le dire à Lily, il le savait. Elle comprendrait.

« Nous nous disputions sur le nom de mon père. » dit-il finalement, après l'avoir regardée pendant un moment. Lily avait remarqué qu'il faisait cela et avait décidé de ne rien dire. Elle se trouvait à le fixer aussi, et était content qu'il soit préoccupé et semble ne pas regarder cela.

« Le nom de ton père ? »

« Bien, tu vois, elle le faisait encore. Elle parlait de nous, mariés et tout. Elle disait que quand nous aurions des enfants, si nous avions un garçon, nous devrions l'appeler Henry, comme mon père, et si nous avions une fille, ce devrait être Elspeth, comme maman. »

« Je vois.. » dit lentement Lily, des lignes verticales apparaissant entre ses sourcils malgré ses meilleurs efforts pour ne pas révéler sa confusion sur pourquoi cela avait mis James en colère, autre que le fait que Bonnie était encore présomptueuse.

« Non, probablement pas. Je… J'ai simplement complètement perdu le contrôle. J'ai commencé à lui crier dessus. 'Je n'aurais pas de fils qui s'appelle Henry ! Si je décide d'appeler mon fils d'après mon père, il se nommera Harry ! C'est comme cela que mon père s'appelait ! Son foutu nom était Harry !' »

Sa voix s'éleva, hystérique, et les larmes commencèrent à couler sur son visage comme il se souvenait à nouveau des funérailles de son père, des crétins qui ne le connaissaient même pas et disaient à quel point Henry comptait pour eux…

Il sentit la main de Lily sur son genou, le tapotant avec compassion. Il lutta pour ne pas lui mettre la main sur la tête et lui caresser ses beaux cheveux, pour écarter quelques mèches de son front. A la place, il mit sa main sur celle de Lily. « Et maman… Papa ne m'appelait jamais 'Elspeth'. Il mettait toujours sa main sous son menton, » inconsciemment, James mit sa main sous le menton de Lily, dont la lèvre trembla quand elle sentit ses doigts caresser sa mâchoire, « et il la regardait simplement et lui disait, 'Ma Rose…' Papa disait tout le temps qu'il y avait des roses dans le visage de maman… »

James tenait encore son menton dans sa main, et Lily le regarda avec des yeux humides. Son cœur battait douloureusement dans sa poitrine. « Alors, » chuchota-t-elle, « si tu avais une fille, tu l'appellerais Rose ? »

Il ne répondit pas, mais la regarda, son cœur battant dans ses oreilles, sa peau si douce entre ses doigts. Il était une personne vraiment terrible. Ce qu'il voulait le plus au monde en ce moment était se pencher et embrasser Lily Evans, soulever son menton avec ses doigts et brosser ses lèvres contre les siennes, de sentir sa bouche s'ouvrir lentement sous la sienne…

Bonnie était morte. Sa petite amie venait juste de mourir, et là, il désirait une autre fille, une des ses meilleures amies, et la fille qu'aimait l'un de ses meilleurs amis. Il se souvint de Rémus au chevet de Lily, lui disant à quel point il l'aimait. Il sut que c'était ce pourquoi elle lui avait demandé s'il avait parlé pendant qu'elle dormait. Une partie de sa tête avait entendu Rémus. Elle ne doit pas croire que c'est vraiment arrivé, pensa-t-il, si elle voit vraiment Rogue.

« Possible. » chuchota-t-il. « Je… Je ne veux pas spécialement y penser à seize ans cependant. » ajouta-t-il. Ils se turent à nouveau, se regardant dans les yeux, sa main encore sous le menton de Lily qui le regardait encore, essayant de comprendre comment elle se sentait.

« Tu sais, » dit-elle doucement après un moment, « il n'y a aucune raison de ne pas simplement appeler un garçon Harry. »

Son ton la surprit. « Dis ça à Bonnie… » commença-t-il à dire, puis il mit sa main devant la bouche, horrifié. « Je veux dire… Je lui ai dit cela, et elle s'est disputée avec moi à ce sujet. Elle disait qu'on ne pouvait pas nommer simplement un garçon Harry. Ce n'était pas un nom propre, c'était un surnom. C'était comme cela que l'on appelait les personnes dont le vrai nom était Henry ou Harold, ou Harrison… Elle maintenait qu'on ne pouvait pas appeler quelqu'un Harry. Et je maintenais que je m'en moquais, que je n'appellerais jamais un de mes fils Henry pour que les gens ne l'appellent pas par son vrai nom pendant toute sa vie. Et c'était tellement stupide pour moi que je parle de cela avec elle, alors que je ne voulais même pas penser à des enfants, spécialement avec elle, alors que je voulais juste lui dire, Écoute, Bonnie, je pense que cela ne marche pas… A la place, je parlais juste comme si je croyais aussi que nous allions nous marier et avoir des enfants… »

Lily lui sourit gravement. « Elle a touché une corde sensible, c'est tout. C'est le nom de tes parents. Tu ne vas pas le prendre à la légère. Écoute, James, simplement parce que tu as eu une dispute avant qu'elle ne meure… Ce n'est pas comme si tu l'avais tuée après tout. Bonnie était au mauvais endroit au mauvais moment. Je doute que tu te sois senti moins coupable si tu avais rompu avec elle la nuit dernière. Tu te sentirais sans doute encore plus mal maintenant. Tu ne peux pas te blâmer. »

Elle se mit debout et puis se pencha pour lui embrasser le front. Il souhaita avoir le courage de lever son visage et de capturer ses lèvres avec les siennes. Un frisson le parcourut. Les lèvres de Lily s'attardaient sur sa peau. Elle se redressa finalement, son visage dans l'ombre. Elle lui tendit la main et il la prit, se levant en hésitant. Elle le conduisit jusqu'à l'escalier en colimaçon qui montait jusqu'au dortoir des filles, et il s'arrêta, surpris.

« Lily.. Que.. »

« Je ne vais pas te laisser passer la nuit seul, James Potter. Un point c'est tout. »

Il se cramponna à sa main. Que voulait-elle dire ? se demanda-t-il. Mais il la suivit dans les escaliers, ne se faisant pas confiance pour parler, au cas où un cri étranglé ne soit tout ce qui sorte de sa bouche. Quand ils atteignirent le dortoir des filles de sixième année, elle tourna la poignée avec précaution, lentement, se faufilant dans la pièce après s'être tourné vers lui et avoir mis son doigt devant sa bouche. Dans la lumière des torches du pallier, James pouvait voir que les rideaux d'un rouge profond étaient tirés autour de tous les lits de la pièce sauf un, près de la fenêtre. Lily lui fit signe de refermer la porte, et quand il le fit, la lumière des torches disparut et la pièce fut plongée dans le noir. Puis il sentit encore sa main, le guidant au quatrième lit. Il entendit les ressorts grincer comme elle montait sur le matelas. Il la suivit. Il y eut un bruit de frottement de tissus, et il réalisa qu'elle tirait les rideaux autour du lit afin qu'ils soient cachés le matin.

Son cœur semblait vouloir partir sans lui tellement il battait vite. Puis il la sentit s'installer sur le matelas à côté de lui dans le noir, sur le dessus des couvertures. C'état tellement étrange de faire cela, de partager un lit avec quelqu'un d'autre, en particulier Lily (Lui et Bonnie n'avaient jamais osé essayer de passer la nuit ensemble). Il trouva qu'elle lui avait laissé plein de place, et qu'elle était allongée à côté de lui, complètement habillée, sa robe par-dessus ses habits moldus, comme lui. Il s'allongea sur son côté, seulement pour découvrir qu'il avait ses cheveux dans la figure. Il lui chuchota « Je peux bouger tes cheveux ? » Il réalisa qu'elle devait lui avoir tourné le dos. Elle murmura un vague assentiment, de toute évidence fatiguée et dans un demi-sommeil. Il prit timidement ses cheveux dans ses mains, les enroulant en une queue de cheval et les posant doucement sur l'épaule de Lily. Après avoir fait cela, il posa sa main sur son épaule, puis la fit descendre le long de son dos, puis la passa autour de sa taille, sous son bras. Il se rapprocha d'elle, prenant sa forme, et elle installa son dos contre lui comme si c'était la chose la plus naturelle au monde.

James tenait Lily contre lui, et son cœur le faisait souffrir. Il venait juste de perdre sa petite amie. Il avait porté son corps sans vie dans ses bras. En public, il était obligé d'en porter le deuil pendant un délai respectable, en dépit du fait qu'il avait été au bord de la rupture avec elle. C'était comme si elle avait trouvé un autre moyen de continuer à le faire sien. Et il était désolé qu'elle soit morte. Il avait vraiment pensé que c'était une fille super. Il pensait simplement qu'ils n'étaient pas faits l'un pour l'autre. Et il l'aurait pleurée de tout son cœur, il aurait volontiers joué la mascarade du petit ami endeuillé, jouant son rôle, faisant ce que tout la monde attendait de lui, si ce n'était un petit détail qui lui rendait ce rôle bien plus difficile et détestable qu'il ne l'aurait jamais été autrement :

James Potter était amoureux de Lily Evans.