Chapitre 5
Le soleil pointa à travers les rideaux, réchauffant sa nuque qui dépassait des couvertures. Il se retourna dans le lit qu'il partageait avec Ruki; et son visage attérit près de celui du chanteur, son bras entourant la taille de celui-ci. Il resta encore endormi un moment, profitant de la douce chaleur du souffle de Ruki contre ses lèvre. La porte s'ouvrit, le réveillant tout à fait, et se tourna vers l'intrus, qui affichait un air étonné. Kai les regardait comme si un alien était passé en le saluant comme un ami de toujours. Uruha répliqua par un regard interrogateur, forçant le leader, qui, jusque-là, ouvrait et fermait la bouche comme un poisson rouge, à parler.
"Je... Vous... Enfin... Je voulais pas vous déranger."
Et sur ces mots, il partit en fermant la porte préciptemment. Le guitariste cligna des yeux, se demandant ce qu'il se passait, et regarda la position dans laquelle il était. Réalisant, il se recula vivement, arrachant un gémissement au chanteur blond qui s'enroula dans les draps. Après un soupir, Uruha s'évertua à le réveiller. Mauvaise idée, certes. Mais toujours meilleure que de le laisser encore dormir, vu l'heure. Il secoua lentement le chanteur, arrachant un gromellement à celui-ci, rit un peu, et prit sa guitare accoustique, pour commencer à jouer sur le lit. Ruki dut l'entendre, car il soupira d'aise, et sourit. Il s'assit tranquillement dans le lit, se frotta les yeux, et les ouvrit enfin, sous le regard attendri d'Uruha qui jouait toujours. Il termina son morceau, et reposa l'instrument pour aller s'habiller devant un sourire béat du chanteur encore à peine réveillé. Puis, il retourna s'asseoir sur le lit, et passa sa main devant le visage de Ruki.
"Hey...
Réveilles-toi. On est pressés, Ru-chan..."
"Je peux avoir un
câlin ?"
"Hein ?!"
"Fais-moi un câlin
!"
Un peu surpris, le guitariste obéit tout de même, et prit son ami dans ses bras pour lui faire un câlin. Il soupira faiblement : il ne fallait pas qu'il se laisse aller, sinon... Il n'eut pas le temps de penser plus loin que des lèvres rondes et douces se posèrent sur son front. Il regarda celui qui était dans ses bras d'un air interrogateur, et eut pour toute réponse une sourire gêné. Oh qu'il était mignon... Presque enfantin avec cet air gêné. Vraiment adorable. Il sourit à son tour, et le serra contre lui un peu plus fort. Il lui caressa lentement le dos, et enfin, y donna une petite tape amicale.
"Allez hop, debout," ordonna Uruha d'une voix douce. "On va louper l'avion, sinon !"
Le petit blond hocha lentement la tête, se leva, et s'habilla à son tour, puis il embarqua sa valise et sa guitare. Uruha fit de même, ferma la porte de la chambre à clef, et alla rendre cette dernière, avant de rejoindre le reste du groupe. Il eut un petit sourire en voyant que Reita avait passé sen bras autour de l'épaule d'Aoi, et que le guitariste avait le sien autour de la taille du bassiste. Lui s'approcha de Ruki, et croisa les bras au-dessus de la tête du petit chanteur pour pouvoir s'y appuyer. Il adressa un sourire à son homologue, et ébouriffa les cheveux de Ruki.
"C'est mignon," dit-il à Aoi, "vous feriez un joli couple !"
Aussitôt, les joues du guitariste et du bassiste se mirent à rougir, et ils se détachèrent l'un de l'autre, provoquant un éclat de titre dans le reste du groupe. Tous deux n'osaient pas se regarder, et Aoi s'éclaircit la gorge, prétextant qu'ils devaient se dépécher pour doubler les autres. Encore une fois, ils se dirigèrent vers l'aéroport, prenant l'avion pour quitter l'Allemagne. La prochaine destination était la France, le pays dans lequel Reita rêvait de jouer... En plus, l'anniversaire de Kai approchait. Uruha espérait de tout coeu que le cadeau qu'il lui avait préparé lui plairait. Enfin, il... Ils, plutôt. Sur cette pensée, il entra dans le véhicule, s'installant contre le hublot. Ses yeux se perdirent dans le vide, jusqu'à ce que la touffe blonde et bientôt rousse du chanteur nevienne lui cacher la vue. Il tourna son regard vers le propriétaire de ladite touffe, et eut un sourire attendri devant l'air impatient et curieux de son voisin, qui posa ses coudes sur les genoux du guitariste, à défaut de s'y asseoir.
"Ruki..." gémit
Uruha. "Mes cuisses... J'ai besoin de ne pas avoir de bleus..."
"Ah... !" le
chanteur sembla surpris. "Excuse-moi..."
Il se releva calmement, l'air un peu honteux. Trop mignon, aux yeux du guitariste. Celui-ci lui adressa un sourire, et s'apprêta à ouvrir la bouche; mais on leur présentait les éternelles règles de sécurité. Il ferma les yeux dans un soupir, se calant dans son siège, un bras entourant l'épaule d'un Ruki toujours avide de voir le paysage. Il le sentit s'appuyer contre son bras, avant de s'endormir paisiblement.
"Uruha. Uruha !"
Quelqu'un le secouait vivement. Quel impudent osait le sortir de son si beau rêve ? Il entrouvrit les yeux, décidé à se venger sur celui qui le réveillait. Ses paupières se soulevèrent lentement, et son regard se posa sur... Le visage de Ruki ? Agréable vision au réveil... Son envie de massacrer le bourreau de son rêve le quitta, et il se releva sur son siège, s'informant de la situation... Avant de sentir que l'avion se préparait à aterrir.Ses mains sur glissèrent sur sa ceinture et la rattachèrent. Il soupira, et fut surpris de sentir un poids sur son épaule. La tête du chanteur. Décidemment, il était bien affectueux avec lui, depuis le matin ! Avec un sourire, le guitariste y glissa une main, caressant la crinière blonde de son ami. Peut-être était-il jaloux de l'affection qu'Aoi recevait de Reita ? Uruha savait parfaitement que son meilleur ami avait un faible pour le second guitariste - et qu'il allait se faire tuer pour la remarque qu'il avait fait un peu plus tôt - et était plutôt heureux de voir qu'il s'était rapproché de l'objet de ses rêves. Mais lui...? Lui, il se contentait de servir de peluche vivant au chanteur, en attendant qu'il se retrouve une nouvelle petite-amie. Il obtenait un peu d'affection de sa part, et ça lui suffisait. Il n'y avait pas la même sensualité que pour les deux autres, mais ça lui allait. De toute façon, il y avait une chose qui le préoccupait : avec qui Kai pouvait bien sortir ? Les autres n'avaient pas eu l'air de s'en rendre compte, mais lui avait surpris une conversation téléphonique du batteur, découvrant par la même occasion que leur leader avait un, oui oui, un petit-ami... Ça l'étonnait un peu; il l'aurait plutôt vu avec une fille... Maintenant il n'aspirait qu'à une chose : découvrir l'identité du mystérieux amant de Kai. Ce dernier, en revanche, n'avait jamais su que le guitariste l'avait entendu, et heureusement, d'ailleurs : Uruha n'avait pas vraiment envie de se retrouver sous menace Kaiesque.
"Regarde !" lança la voix excitée de Ruki. "C'est Paris !"
Uruha pencha la tête vers le hublot, regardant la ville où ils allaient passer deux jours. Avec déance de dédicace... Il ourit, attendit l'aterrissage, et discuta avec les autres membres du groupe. Récupération de bagages, voiture, hôtel, et répartiion dans les chambres. Deux par chambre pour faire moins cher. Les même répartitions que les autres jours, par habitude. Son lit était à côté de la fenêtre.. Il y jeta un coup d'oeil, observant Paris. C'était très peuplé; on aurait dit que la ville était en effervescence. Uruha se retourna vers le chanteur, un sourire aux lèvres, impatient de visiter; mais on frappa à la porte. Il alla ouvrir, soupira d'exaspération, un air étonné sur le visage lorsqu'il reconnut leur manager. Celui-ci leur annonça qu'ils auraient droit à un photoshoot. Quelques minutes seulement plus tard, tous les deux étaient prêts, à attendre avec Kai leur second guitariste et leur bassiste.
"Je commence à
me poser des questions sur ce que font Aoi et Reita..." murmura
lassivement Uruha.
"Ne dis pas un mot de
plus," rétorqua le leader. "Je ne veux même
pas savoir."
"Moi je sais ce
qu'ils font," indiqua Ruki. Automatiquement, les deux autres
tournèrent la tête vers lui. "Ils sont là."
Effectivement, les deux musiciens venaient d'arriver, un sourire gêné sur les lèvres. Enfin prêts, tous se dirigèrent vers le véhicule qui leur avait été attribué. Le guitariste blond s'affala à côté de la fenêtre, jetant un regard surpris au chanteur qui s'était laissé tomber sur ses genoux. Avec un sourire protecteur, il enserra sa taille de ses bras, le rapprochant ainsi un peu de lui. Il observa le regard du plus petit se perdre dans le vide, souriant en voyant ces yeux émerveillés.
"Uru, regarde !" murmura Ruki en inquant les vitrines. "C'est magnifique..."
Magnifique, oui. Aoi devait sûrement, de son côté, arborer le même air émerveillé, lui qui adorait le shopping ! Il se prépara mentalement à supporter les suppliques de son homologue brun quant à l'occupation de leur prochain temps libre. Un soupir lui échappa, et son regard parcourut le vague, ses pensées glissant sur le corps confortablement installé sur ses genoux, ses mains caressant distraitement le ventre de Ruki, alors que a voiture parcourait Paris, se retrouvait coincée dans les embouteillages, prenait un raccourci, et arrivait finalement à destination. Le chauffeur se ara dans un parking souterrain, et invita les cinq musiciens à sortir. Uruha adressa un sourire au chanteur, profitant encore un instant de son expression enfantine : bientôt, le visage de Ruki changerait du tout au tout, et l'enfant se transformerait en chanteur de Visual Kei aux allures 'rebelles'. Le photographe repéra la voiture dans le parking, et mena le groupe jusqu'aux rues qu'il avait choisi. Ruki, tout d'abord. Sa seule présence était impressionant; le photographe lui-même en fut stupéfait, et en oublia d'abord de prendre les photos. Mais "maman" Kai veillait au grain, et lui rappela qu'il n'était pas là pour fantasmer sur leur chanteur - qui, d'ailleurs, semblait être exaspéré de devoir attendre. On n'entendit pas le guitariste blond de tout le début de la séance : sa gorge était bloquée, son regard fixé sur le sujet du shot, retraçant chaque seconde les courbes du corps de son ami, moulées par sa tenue noir... Un véritable délice. Et ses lèvres... A peine entrouvertes, la cerise sur le gâteau.
Ce fut la voix du photographe qui le ramena à la réalité. C'était à son tour de se noyer dans l'objectif de l'appareil photo, et il s'installa jouant de sa sensualité, posa contre un mur, sachant parfaitement quelle pose prendre pour faire fondre n'importe qui.
