J'expliquais aussi bien que je pus ma requête, l'agent de tourisme s'évertuait à y répondre.
- oui, c'est bien cela, un guide avec toutes les références.
Je l'entendais soufflais. Cette demande ne devait pas être une exception pourtant.
- je vous l'envoi aux états unies ?
- oui, à l'adresse que je vous ai donné, merci.
Je raccrochais, mon cœur s'emballa.
Jacob n'était pas rentré de la soirée, je passais la nuit en compagnie d'Internet. Je trouvais exactement ce que je cherchais, mais malheureusement cela était très onéreux.
- où vas-tu ? m'interrogea Renée depuis la cuisine.
- En ville j'ai quelque chose à faire.
Je rougissais comme une pivoine, il m'était impossible de cacher quoique ce soit à qui que ce soit, encore moins à elle.
Heureusement pour moi, elle était de dos, se posant un masque de beauté à la mangue sur le visage.
- j'aurais besoin de la voiture à 13h, j'ai un rendez vous chez l'esthéticienne, pour une épilation
- je ne veux pas en savoir plus.
Je pris les clés et me précipitais vers la Ford avant qu'elle n'ait le temps de me rattraper.
La banque de la rue centrale était vide, j'avançais vers le guichet, expliquais ma demande à l'agent en face de moi.
- tout votre livret ? répéta t elle pour être sure d'avoir bien compris.
Je hochais la tête mal à l'aise.
Ce plan n'était en rien raisonnable, ni même logique. Je ne savais pas ce que j'allais trouver, comment j'allais l'annoncer à Renée, ou même à Jacob. Cependant, une force me guidait dans cette direction. Il le fallait.
Elle compta les billets devant moi.
- voilà 1800$.
Elle me sourit.
- laissez-moi deviner, première voiture ?
- non... un voyage.
A l'aéroport je n'eus pas cette chance, la file d'attente allait me couter 2 heures de mon temps. J'en profitais pour lire les guides touristiques. Et comme un signe du destin, le panneau des embarcations indiqua « Forks ».
Je pris mon billet.
Je devais être complètement folle de ne prendre qu'un aller. Il n'y avait aucune assurance que je trouve ce que je cherchais, et si l'argent venait à manquer je ne pourrais pas retourner ici.
J'angoissais alors que je rentrais chez moi.
- Jacob et Jessica sont dehors sur la terrasse, me fit ma mère, je t'ai laissé l'argent pour commander le déjeuner, je reviens vers 16h.
- Amuses toi bien.
Elle m'embrassa rapidement et partit heureuse.
Je n'étais pas encore dehors que j'entendais le bruit de leurs bouches et même des mains de Jacob caressant l'étoffe de la chemise de Jessica.
J'inspirais longuement et les rejoignis.
- salut Bella.
Il se leva, il était évident qu'en cet instant il devait être l'homme le plus heureux du monde. Un tel regard, j'y lisais la passion, l'amour, le désir, le bien-être.
- salut, ça vous dis un déjeuner chinois ?
Question banale, mais je ne voulais pas aborder le sujet de leur relation, elle m'était déjà assez insupportable à vivre.
Etre seule passe encore, être seule et voir un couple heureux et se bécoter c'était un supplice que j'aurais aimé éviter.
A 15 heures, Jessica repartit chez elle.
- a ce soir dit elle à Jacob, avant de l'embrasser langoureusement.
Jacob me rejoignit dans le salon, souffla pour évacuer.
- elle est géniale, il s'affala à mes cotés.
- Oui, vous êtes adorable tous les deux.
« J'ai juste envie de mourir quand je vous vois, mais ça reste supportable si j'arrive à faire ce que je désire. »
Je me mordais la lèvre, je devais lui en parler, il serait contre.
- je pense partir un peu cet été.
Je tâtais le terrain, déjà ses yeux se firent inquisiteurs.
- où ça ?
- je ne sais pas encore mentis-je.
Très mal, car il le comprit.
- où ça ? répéta t il de façon plus péremptoire cette fois ci.
Son portable se mit à vibrer. Jessica lui demandait de la rejoindre. Il partit en me faisant promettre de tout lui expliquer plus tard.
Je montais dans ma chambre peu après son départ. Si je devais faire mes valises, il fallait que je prenne un minimum, surtout si je devais marcher. Il y avait les souvenirs qu'il ne fallait absolument pas que j'oublie.
Dans un grand sac de randonné, cadeau des Newton à la fin de mon service chez eux, je mettais Jasper, une photo de Charlie à la pêche, Renée et Phil et une de Renée avec ses extensions quand elle se faisait appeler Britney Spearstin dans les soirées Karaoké. Cette photo me servirait en cas de coup dur, qu'une basse de morale se ferait trop forte.
Au final, je ne comptais que 3 jeans, et une dizaine de t-shirt, sans oublier les indispensables, sous-vêtements, hygiène... Le sac pesait lourd, mais c'était l'essentiel.
J'étais prête à partir.
