Oui, je sais…je suis en retard…mais bonne nouvelle : je suis bientôt en congés ! Et j'espère en profiter un peu pour avancer dans cette fic (et peut-être même la terminer ?).

Merci pour vos avis et commentaires.

Je vous laisse lire et surtout, n'oubliez pas vos reviews !


Chapitre 24: « L'amour, la mort, peut-être…Mais suspendre le temps pour un mot »(Innamoramento / Mylène Farmer)

(EPOV)

Je filais au travers des arbres, sautant parfois de branche en branche, copiant celle qui était devenue ma cible. Elle tentait de me semer au beau milieu de la forêt, au beau milieu de MA forêt, mais je la connaissais bien trop par cœur pour me laisser surprendre par un arbre, une branche ou une paroi de roches brutes.
Mon alliée essayait bien de suivre notre rythme effréné mais nous étions beaucoup trop rapides pour elle. Mais j'entendais sa course à quelques centaines de mètres derrière moi, me suivant, avide de vengeance. Je pouvais suivre au travers de flash fugaces parmi ses pensées les combats qui se déroulaient sur le terrain de baseball et devais me concentrer sur mon objectif pour ne pas rebrousser chemin et rejoindre ma famille pour combattre, et probablement mourir à ses côtés. Ils n'étaient pas en difficulté pour le moment mais le futur était pour nous si sombre…
Pour tenir mon objectif, je pouvais compter sur la colère de la jeune louve et ses idées si « jouissives » de démembrement de notre ennemie commune.

-Tu peux toujours fuir, je ne te lâcherai pas ! grondai-je à la vampire rousse qui n'avait guère que cent mètres de plus que moi.

Je me rapprochai de seconde en seconde et après un très bref calcul, un sourire naquit sur mes lèvres. Nous allions nous affronter dans un lieu qui ne lui laisserait aucune fuite possible si ce n'était de gravir la paroi rocheuse qui s'élevait, totalement à pic.

Après quelques secondes, les arbres se raréfièrent et l'immense masse rocailleuse apparut. Victoria s'était immobilisée, à demi tournée vers la forêt, guettant mon arrivée, tout en observant la surface verticale qui s'étalait devant elle, bloquant sa fuite. Dans son esprit, plus une seule pensée de ma belle, ni de James. Juste des scénarios de fuite tous plus improbables les uns que les autres.

Lorsque je mis le pied dans cette petite zone dégagée, elle bondit sur l'un des rochers qui semblait apposé contre la falaise et m'observa du haut de son ridicule promontoire. La fuite. Elle ne cherchait que la fuite. Sa capacité à déguerpir ne semblait pas vouloir s'avouer vaincue. Mais lorsque la louve qui m'accompagnait entra dans notre « zone de jeu », Victoria sembla choquée. Je n'eus qu'un léger signe du menton à faire pour que Leah se place sur ma gauche, bloquant ainsi à Victoria le seul point de sortie vers le reste de la forêt. Je fis quelques pas vers elle, les mains légèrement entrouvertes, prêt à parer une attaque, et pris le temps de l'observer.

Sa tignasse orange avait des reflets plus violents que dans mon souvenir, telle une flamme. La soif noircissait ses yeux et ses lèvres étaient pincées en une ligne mince. Son attitude avait quelque chose de félin, lionne guettant le moment de bondir sur son adversaire car elle se sentait plus que menacée. Je n'avais nullement besoin de mon don pour deviner ses pensées. Son visage parlait parfaitement. La tension qui émanait d'elle était presque palpable. Je sentais le désir, la passion dévorante dont elle était prisonnière. Comme si j'étais soudain capable de déchiffrer ses émotions, comme Jasper. Elle était enfin tout près de ce qu'elle désirait, du but de son existence depuis maintenant plus de deux années : ma mort et accessoirement celle de Bella. Son esprit analysait la moindre chose, tentant de trouver un solution de repli et lorsque Victoria se mit à réfléchir plus intensément sur l'idée de tuer Leah pour reprendre sa course dans les arbres, je ne pus que gronder.

-Je ne te laisserai pas faire. C'est fini pour toi. Tu vas mourir ici et maintenant, Victoria. Tu ne nous auras plus avec ton talent pour la fuite. sifflai-je entre mes dents, la faisant légèrement écarquiller les yeux à la révélation de son pouvoir.
-Il sait ? comment peut-il savoir ? se questionna-t-elle en observant Leah qui venait de faire un pas avant de revenir sur moi.
-Parce que c'est cela, ton talent, hein ? repris-je en faisant un nouveau pas dans sa direction. C'est la raison pour laquelle James te gardait à ses côtés. Pratique, quand on joue avec la mort, une partenaire dotée d'un instinct infaillible quand il s'agit de s'éclipser. Il n'aurait pas dû te laisser. Tes dons lui auraient été très utiles, lorsque nous l'avons attrapé, à Phoenix.

Un grognement me répondit. Sur ma gauche, la louve s'impatientait, attendant le combat tout en m'encourageant mentalement.

- Malheureusement, tu ne représentais guère plus, à ses yeux. Quelle bêtise de gaspiller autant d'énergie à venger un homme qui avait moins d'affection pour toi qu'un chasseur pour sa monture. Tu n'as jamais été qu'un objet utile. Tu ne me tromperas pas là-dessus. Révélai-je en tapotant ma tempe.

Il n'en fallut pas plus pour que sa colère n'explose. Ses iris se vidèrent de leur doute, de leur égarement, de toute réflexion. Leah se tendit, prête à bondir, son esprit criant vengeance pour Sam et Jacob. Le corps de Victoria se mit à trembler sous l'effet de la tension. Ses doigts pareils à des griffes prirent leur position d'attaque, tout comme moi.

Et je perçus le déclic dans ses pensées. Poussant un cri étranglé, Victoria bondit de son rocher tout en exécutant une feinte latérale. Je ne m'y laissai pas prendre, et la coupai dans son mouvement en l'envoyant voler dans les airs. Leah anticipa et courut dans cette direction afin de lui couper toute possibilité de regagner la forêt. Victoria atterrit au sol et se propulsa de nouveau vers moi. Les coups fusaient mais je pouvais aisément les parer puisque je devinais ses intentions au moment même où l'idée naissait dans son esprit. Des bruits de cassures, des craquements rebondissaient sur la falaise quand l'un de nous commettait une erreur alors que Leah grondait fortement, se déplaçant tout autour de nous, créant inlassablement un barrage entre Victoria et la forêt. Furieuse à cette constatation, elle grimaça et se ramassa sur elle-même, lionne encore une fois, qui avança délibérément vers moi. Victoria n'était pas un nouveau-né sans expérience, guidé par son seul instinct. Elle était dangereuse et si elle avait dû affronter un autre de notre groupe, celui-ci aurait pu y laisser la vie. J'adoptai la même position qu'elle, lion affrontant la lionne. Ce que Bella appelait notre « danse », lorsque nous nous entrainions sous le couvert de Jasper, s'accéléra et notre duel semblait ressembler au travers des yeux de Leah à un ensemble de mouvements fluides et flous d'une chorégraphie très perfectionnée.

Mais soudainement, des images choquantes envahirent mon esprit tandis que Victoria affichait un sourire plutôt confiant. Je compris alors qu'elle m'envoyait ses souvenirs pour me déstabiliser. Mais je réussissais plutôt bien à faire abstraction de ces images…jusqu'au moment où apparut le visage tuméfié de ma belle, des larmes coulant inlassablement sur ses joues creusées, m'appelant à l'aide dans ses murmures, alors qu'elle se tenait tapie dans un coin d'un taudis, la tête relevée malgré elle par la main brutale de Laurent, ses yeux exorbités devant l'un des sous-fifres de Victoria mettant à mort un enfant de quelques années. Je ne pus retenir un cri de colère et flanchai un dixième de seconde, totalement décontenancé. Victoria en profita alors pour me décocher un puissant coup de pied dans le ventre, me faisant reculer de plusieurs mètres, plié en deux sous la force qu'elle y avait mis. Leah se précipita alors sur elle et tout se passa en moins d'une seconde, ne me laissant pas le temps d'intervenir…

Devant mes yeux et alors que je hurlai à Leah de ne pas y aller, se passa ce qui venait de lui traverser l'esprit : la vampire abattit un coup de poing massif dans le torse de la louve qui décolla de trois mètres du sol avant de percuter la falaise devant nous avec une puissance qui sembla ébranler toute la montagne. J'entendis l'air quitter ses poumons et ses os craquer tandis qu'un faible gémissement lui échappa. Puis Victoria, alors que je me relevai pour bondir sur elle, me devança d'un quart de seconde et sauta jusqu'à mon alliée pour lui écraser du pied la colonne vertébrale. J'arrivai à cet instant précis où la lueur de vie quitta les pupilles sombres de Leah, recueillant par mon don les dernières images qui étaient apparues dans son esprit. Des souvenirs fugaces d'une plage battue par les vagues brutales d'une tempête. Des images floues d'un groupe – les Quileutes – se racontant des choses autour d'un feu de camp. Des instants de bonheur auprès de Sam puis leur douloureuse rupture forcée. Et enfin le visage de Seth et d'une femme brune…sa mère surement. Puis tout s'éteignit. Enragé, j'attrapai Victoria et, en un seul geste, le ballet s'acheva. Ma bouche frôla son cou et dans un seul mouvement, la chevelure rousse se détacha brusquement du reste du corps de Victoria, tomba à terre et rebondit une fois avant de rouler vers les bois. Le tronc n'eut pas le temps de toucher l'herbe que je me précipitai au chevet de Leah, la prenant tout contre moi-même si son cœur était désormais immobile. Et alors que je reposai sa tête contre mon torse dans un geste de réconfort purement humain mais ô combien présent en moi depuis qu'Isabella m'était revenue, un hurlement de loup déchira le silence lourd qui régnait dans la région. Seth…un frisson parcourut mon échine. Pas à cause du froid ou de l'humidité ambiante. Non. A cause de la terreur qui s'était emparée de moi…Car si Seth était là…Bella l'était également…

(CPOV)

-Aro n'est pas loin. Me dit Garett alors que nous nous retrouvions dos à dos, combattant les nouveaux-nés qui arrivaient face à nous.
-Je sais, Garett. As-tu pu voir l'escorte d'Aro ? demandai-je afin de me faire une meilleure idée de ce que nous allions devoir affronter.
-La garde rapprochée d'Aro et une vingtaine de capes grises. C'est jouable, Carlisle. Tu as de très bons combattants de ton côté… Commenta Garett en me montrant d'un vague geste de la main les tas de membres arrachés entassés ça et là, attendant le bucher final.
-Non, Garett. Le coupai-je. Mon but n'est pas de provoquer une guerre avec les Volturi. Si nous sommes là, c'est pour Isabella.
-Aro sera sourd à tes arguments, tu le sais très bien mon ami. Rétorqua-t-il

Cela, j'en étais pleinement conscient. Nous pourrions toujours exposer nos arguments, s'il avait l'envie de nous faire disparaitre, il serait totalement hermétique et trouverait immanquablement un chef d'accusation qui le forcerait à prononcer la sentence convoitée.

-Notre dernière fille a bien trop souffert. Elle a risqué sa vie pour nous prévenir de l'arrivée de cette armée de nouveau-nés…
-elle est en sécurité en ce moment ? questionna-t-il
-Oui…loin d'ici. lui confirmai-je avec un pincement au cœur.
-Alors notre dernier combat n'aura pas été vain.

J'espérais vraiment que nous pourrions tous nous retrouver après cela. Reprendre une vie « normale ». Offrir à Bella la vie de famille dont elle rêvait… Mais, il fallait admettre que la fin ne serait probablement pas celle que j'avais imaginée.

Un cri retentit derrière moi, Je vis du coin de l'œil Emmett et Kate s'élancer vers le fond du terrain. Garett les suivit. Au bout du terrain, le clan irlandais était aux prises avec de nombreux nouveau-nés, Quil avec eux. Mais alors qu'Emmett attrapait par le dos le premier vampire qui lui tomba sous la main pour le dégager vers l'arrière, un craquement lugubre résonna, suivi d'un hurlement que je reconnus : celui de Siobbhan. Garett et Kate travaillèrent ensemble, l'un étêtant ceux que l'autre « électrocutait » tandis que mon fils et le loup faisaient équipe. En moins de cinq secondes, le groupe de nouveau-nés avait disparu, laissant apparaitre le corps sans vie de Liam, Siobbhan agenouillée à ses côtés.

Notre premier mort… Je le connaissais depuis si longtemps…

Mais je n'avais pas le temps de m'appesantir, les combats continuant tout autour de moi. Je pris néanmoins une seconde pour faire un bref tour d'horizon de la situation.

Jasper et Peter se trouvaient face à Maria, totalement pris dans leur combat tandis que Charlotte veillait sur la scène à quelques dizaines de mètres, tout en se battant à quelques mètres de Paul.

Esmé, debout au milieu du terrain, Eléazar et Benjamin non loin d'elle, m'adressa un petit sourire qui ne montait pas jusqu'à ses yeux. Juste un petit signe de soutien et de réconfort qui me fit lui répondre de la même manière. Je lui adressai en plus un clin d'œil et me dirigeai vers les Irlandais. Maggie leva un regard empli de chagrin.

-Je suis désolé, Maggie…commençai-je mais le bruit d'une course venant de l'est me coupa. Les voilà. murmurai-je pour moi.

Quelques loups se trouvant non loin de moi, je les enjoignis de quitter les lieux et de n'y revenir sous aucun prétexte.

Moins il y aurait de loups, mieux cela serait pour nous tous.

Les jeunes loups s'observèrent un quart de seconde, reposèrent de nouveau le regard sur moi et finirent par abdiquer en se dirigeant vers la forêt. Je me retournai alors, guettant l'arrivée de nos dirigeants tout en avançant pour rejoindre Esmé, debout au milieu de la clairière.

Mais je ne pus faire un pas de plus, mon corps refusant d'obéir. Je ne pouvais qu'observer la scène, totalement figé, comme tous mes compagnons…Ainsi, Alec était parmi eux…

Des gémissements d'impuissance à faire le moindre mouvement se faisaient entendre ça et là. J'aurais voulu rassurer mes compagnons, leur expliquer que tout cela était dû aux Volturi qui arrivaient même si bon nombre d'entre nous devaient avoir compris à cet instant. Mais je ne pouvais que regarder la scène devant moi. Regarder Alice debout à quelques mètres sur ma gauche, tenant la main de Rosalie. Remarquer que Garett s'était placé légèrement devant Kate, comme un compagnon défendant son âme-sœur. Détailler les loups figés dans mon champ de vision afin de repérer leurs éventuelles blessures. Et surtout regarder mon Esmé, toujours au beau milieu de ce terrain, toujours aussi belle qu'à notre toute première rencontre voilà un siècle.

Un mouvement bref me sortit de ma contemplation. A quelques mètres sur ma droite, un loup venait de bondir du couvert des arbres…et ce loup, c'était…Seth ! Il eut à peine le temps de toucher l'herbe qu'il se trouva figé lui aussi et il poussa un geignement à cette sensation.

Et une peur viscérale me prit le corps. Pas celle de me retrouver devant les Volturi avec la possibilité d'être jugé coupable et donc d'être mis à mort…Non. Si Seth était apparu, cela voulait dire que Bella était seule et probablement tout près d'ici…

Puis soudain, une masse sombre surgit de la forêt. Un groupe s'avançait vers nous à vitesse humaine, tous vêtus de longs manteaux gris qui bougeaient au gré de leurs mouvements. Je les connaissais tous…ou presque…en première ligne, les gardes « royaux », Alec, Jane, Demetri et Félix, suivis de près par d'autres gardes, pour certains plus âgés que d'autres puisque j'avais rencontré certains d'entre eux lors de mon séjour à Volterra… Puis vint Renata, la garde personnelle d'Aro, marchant deux pas devant son roi qui fermait la marche au côté de…Sulpicia. Il était très rare de le voir avec son épouse aussi loin de leur forteresse italienne.

Le groupe d'une trentaine de vampires, comme l'avait signalé Garett, avança en silence jusqu'au centre du terrain, se stoppant tous en même temps. Aro fit un pas en avant, immédiatement imité par Renata, fidèle comme son ombre. Il observa totalement la scène, un sourire sur les lèvres. Puis son regard pourpre croisa le mien et ses lèvres s'étirèrent, laissant apercevoir ses dents.

- Carlisle ! Mon très cher ami ! lança-t-il, mondain comme il savait si bien le faire. Me voilà de voyage dans tes terres et que vois-je ? Tu as osé lever une armée autour de toi, allant à l'encontre de nos règles.

J'aurais aimé pouvoir lui répondre mais Alec n'avait toujours pas relâché son emprise sur nous, me laissant à penser qu'Aro allait simuler une parodie de procès au cours duquel nous n'aurions mot.

Mais contrairement à ce que pensais, Aro leva un doigt et je me retrouvai libre de mes mouvements. Malheureusement, j'étais le seul à l'être.

-Alors Carlisle, qu'as-tu à répondre pour justifier tes actes ignobles ?
-Il te suffirait de me toucher pour découvrir que telle n'a jamais été mon intention.
-En quoi tes intentions comptent-elles, Carlisle, au regard de ce que tu as fait ?

Une ombre de tristesse traversa les traits de l'ancien. Je ne sus déterminer si c'était sincère ou non. Aro avait toujours été un très bon interprète.

-Je ne suis pas coupable du crime pour lequel vous semblez vouloir me punir. Si j'ai demandé l'assistance aujourd'hui de certains de mes amis, c'est uniquement pour défendre ma famille devant une vampire qui a lancé son armée contre nous.

J'espérais vainement que cela suffirait. Qu'Aro, me connaissant bien, s'en contenterait et ne chercherait pas à comprendre plus la situation. Mais je me berçais d'illusions.

-Et pourquoi cette femelle souhaite-t-elle la disparition de ton clan ? lança le roi.

Nous y étions. Si je parlais de l'envie de vengeance de Victoria, j'allais devoir revenir sur James et donc sur la vie de Bella parmi nous.

Il ne me restait plus qu'à espérer que notre vieille amitié jouerait en ma faveur et que tout cet « entretien » laisserait le temps à Edward de retrouver Bella et de fuir avec elle, au cas où…

-Approche donc Carlisle, que nous puissions discuter les yeux dans les yeux et non au beau milieu de ce…champ de bataille. Clama-t-il en lançant un regard circulaire avant de reposer ses yeux sur moi.

J'hésitai quelques secondes, sachant pertinemment qu'Aro prendrait ma main pour lire mon esprit et y trouverait alors tout, signant notre mort à tous.

-Hé bien Carlisle ! s'exclama-t-il. Je t'ai connu bien plus enclin à te trouver près de moi voilà quelques années. Mais peut-être manques-tu d'un peu de motivation pour venir rencontrer ton ami et roi ? lança-t-il, un sourire victorieux sur les lèvres.

Je compris ce qu'il avait en tête lorsque je le vis faire un pas, suivi de son groupe, son regard fixant…Esmée. Esmée ! Je voulus m'élancer à leur rencontre, aller la rejoindre mais je me retrouvai de nouveau paralysé.

La ligne se dirigeait à vitesse humaine vers le centre de la clairière, là où se trouvait mon aimée, Eléazar non loin d'elle mais immobilisé tout comme moi. Impuissant, je ne pouvais qu'hurler mentalement, espérant peut-être voir surgir Edward des bois, lancé telle une balle pour sauver ma moitié, n'ayant pas été touché par le pouvoir d'Alec grâce à je ne sais quel miracle. Mais ce fut une toute autre apparition qui se fit…une intervention emplie d'amour…mais qui scellait notre perte…

De là où était apparu Seth, une humaine fit son entrée, courant à toutes jambes en hurlant « maman »…Bella courait vers sa mère, traversant le terrain sans un regard sur nous tous, sans aucun recul de peur alors que ses pieds frôlaient des cadavres, sans aucune terreur alors qu'elle savait pertinemment ce que représentaient ces vampires qui avançaient vers nous.

-Maman ! cria-t-elle une nouvelle fois, Non ! Laissez-là ! ordonna-t-elle, à l'attention des Italiens qui venaient de stopper leur marche, surement surpris par cette humaine qui osait les interrompre.

Le corps fragile de ma dernière fille heurta celui d'Esmée puis se plaça aussitôt devant la vampire, le bras droit s'enroulant autour de la taille de celle qu'elle voulait défendre, comme elle avait pu nous voir faire, Edward, Jasper, Emmett ou moi lorsque nous voulions protéger les femmes de notre famille.

(BPOV)

Je savais ce que représentaient ces vampires, ces Italiens. Mais je ne pouvais les laisser approcher ainsi de ma mère alors que Carlisle, que j'avais aperçu au fond de la clairière à plusieurs dizaines de mètres sur ma gauche, était lui aussi paralysé.

Je n'écoutais plus que mon cœur et m'élançai vers Esmée, me fichant du sort qui allait m'être réservée. J'allais mourir ici. J'en étais sure désormais. Je n'avais plus peur de la mort depuis ma captivité auprès de Victoria. Les Parques me rattrapaient, implacables…en même temps je leur avais suffisamment fait faux bond : le van de Tyler, les rues sombres de Port Angelès, mon entrée dans le monde des vampires avec Edward, James puis Victoria… Alors, si je devais effectivement mourir aujourd'hui, je préférais le faire en essayant de protéger ma famille et mes amis plutôt qu'en me cachant. Je n'osai lâcher du regard le vampire drapé dans un manteau sombre bordé de rouge.

Il me fixait de ses yeux carmin, un étrange sourire sur les lèvres.

-Ainsi, voici la fameuse Isabella ! lança-t-il en insistant sur mon prénom, faisant rouler les deux dernières syllabes.

Comment me connaissait-il ?

-Etrange petite humaine…poursuivit-il. Comment peux-tu te mouvoir ainsi alors que notre très cher Alec retient prisonnier ceux qui sont ici rassemblés pour te protéger ? se questionna-t-il en se tournant légèrement vers un vampire aux allures de pré-adolescent.

L'adolescent grogna légèrement lorsque son roi l'apostropha et je compris que quelque chose n'allait pas.

-Jane ? dit subitement Aro

Une petite blonde, elle aussi transformée très jeune, se planta aux côtés de son roi avant de se tourner vers moi.

-Voudrais-tu faire connaissance avec cette charmante demoiselle ? demanda Aro, ordonnant plus qu'il ne proposait.

Mais alors que la vampire acquiesçait, un cri résonna. Une voix reconnaissable entre mille pour moi. Celle qui faisait battre mon cœur. Edward.

-Voilà un nouvel invité ! Comme j'aime cette journée ! s'esclaffa Aro en se frottant les mains, tourné vers la lisière ouest.

Un fracas se fit entendre et une forme fit son apparition. Mais elle se figea très rapidement, provoquant les ricanements du roi. Je devinai la silhouette d'Edward et mon cœur se mit à battre plus fort. Qu'allait-il nous arriver ? Que pouvais-je faire, moi pauvre humaine, pour libérer les autres ?

-Bien. Jane, reprenons, je te prie. demanda l'Italien en se tournant de nouveau vers moi.

Je la vis se concentrer, dardant son regard sur moi. Par réflexe, je me tendis, attendant une douleur qui ne venait pas. Autour de moi, de faibles grognements –ou était-ce des gémissements ? – se firent entendre.

Jane plissa les yeux, laissant échapper un grognement beaucoup plus audible que son acolyte et je me décontractai légèrement. Contre mon bras, le froid émanant d'Esmée me rassura.

-Fabuleux ! commenta Aro tandis que Jane reculait, le visage fermé, comme vexée.

Qu'avait-elle voulu me faire ?

-Libérez-les, s'il vous plait. Je ferais tout ce que vous souhaiterez. Ils ne sont ici que par ma faute. murmurai-je, tentant le tout pour le tout.

Le vieux roi ricana durant quelques secondes encore avant de se calmer.

-Surprenante Isabella ! Une humaine faisant tout pour protéger des vampires… Alec, libère donc nos amis. Nous devons discuter. ordonna-t-il.