Nous y voilà !

Précédemment, après un rapprochement (tout léger) entre Harry et Draco, il a surtout été question de régler les problèmes familiaux des Malfoy.

Dans ce chapitre, on plonge dans le monde de Harry, et on démarre une partie plus douce de l'histoire... Qui devrait répondre à certaines de vos envies, à défaut de répondre à vos questions.

Dernièrement, je lis Tales of the Special Branch, une fiction publiée sur AO3, très longue, très belle, écrite en anglais. Je suis assez difficile, j'aime les choses bien écrites, bien pensées, même si je n'ai rien contre des choses un peu "bateau", même si à priori, on peut écrire une histoire qui n'est pas originale tout en étant belle et agréable à lire... Bref, quelles sont vos lectures coup de cœur actuellement ? Vos DRARRY, vos romans qui accompagnent vos jours et vos nuits, les œuvres dont vous avez du mal à fermer les pages pour vous laisser emporter par le sommeil ?

Le chapitre 26 est prêt également, je le publierai dès que le 27 sera là (tout bientôt, à priori).

Bonne lecture, et merci, merci mille fois pour vos mots.

W.S.

Edit 04/11 : grâce à l'attention d'une lectrice, il s'avère qu'une erreur de date s'est glissée et que l'histoire est passée vendredi à lundi puis à vendredi de nouveau... Après correction de cette erreur, je vous invite à relire la fiction à partir du chapitre 22 pour plus de clarté. Mes excuses pour cette inattention de ma part, et tous mes remerciements pour l'attention de cette lectrice chevronnée. Pour me faire pardonner, je publie aujourd'hui-même le chapitre 26.


Lundi 15 novembre.

Le reste du weekend se déroule dans une brume épaisse et collante que dissout la réalité glaciale du lundi matin. Pour une fois, il ne peut pas, mais l'humidité traverse sans mal les couches de vêtements que porte Harry.

Dès lors qu'il met les pieds à l'école, Harry comprend que quelque chose ne va pas. Ce n'est pas une grande trouvaille, pas alors qu'Albus Dumbledore l'attend dans sa classe. Le vieil homme observe les peintures accrochées au mur, les exposés que Harry a gardé des années précédentes et qu'il remplacera dès que ses élèves de cette année en auront réalisés également.

Sur la table de l'enseignant trône son énorme tasse de café, pleine d'un liquide brûlant et fumant, à côté de laquelle se trouve la tasse de thé tout aussi grande du directeur de l'école.

Le vieil homme se tourne vers Harry, et pose sur lui un sourire léger qui ne dit rien qui vaille ; c'est le même que celui qu'il adressait à Harry, alors gamin, quand il le réprimandait pour les nombreuses bêtises qu'il faisait alors.

— Albus, dit prudemment Harry en déposant son sac sur une table.

— Bonjour, Harry.

Sa longue barbe blanche, ses cheveux qui tombent sur ses épaules amaigries par les années, les lunettes en demi-lunes posées sur son nez tranchent sévèrement avec l'ambiance générale de cette classe qui respire la jeunesse et l'innocence, l'enfance et les tubes de colle mal bouchés.

— Harry, dit Dumbledore, j'aurais préféré que cette semaine débute autrement pour toi, mais cette visite, crois-le de la part d'un vieil homme qui te connait depuis toujours, est amicale.

Harry fronce les sourcils, et passe une main dans ses cheveux, déjà mal coiffés. Cela ne ressemble pas à son vieux mentor que de faire des mystères ainsi, de tourner autour du pot comme on le ferait avant une rupture que l'on imagine douloureuse, bruyante et pathétique.

— Je suis venu te faire un petit rappel des règles de cette école, commence Albus, les bras dans le dos.

L'enseignant sait exactement ce qu'il s'apprête à dire. Mais il garde le silence, parce que c'est inutile que de parlementer.

— Cette école est privée depuis des siècles. Ce n'est pas juste un établissement, c'est une institution, du moins est-ce ce que le conseil d'administration aime à penser. Avec cette école viennent des règles, parmi lesquelles certaines n'ont jamais changé, tandis que d'autres ont évolué. L'une de ces règles concerne les relations entre les enseignants et les parents d'élève.

— Professeur…

— Laisse-moi terminer, Harry. Cette règle est très précise : il est formellement interdit pour un enseignant d'avoir une relation autre que professionnelle avec un parent d'élève. Boire de l'alcool dans le bureau du directeur avec un parent d'élève n'est pas professionnel. Déjeuner chez un parent d'élève en présence ou non de l'enfant, un samedi matin, n'est pas professionnel. Accepter de ramener chez soi un enfant malade parce que son père ne peut pas être à l'heure, n'est pas professionnel.

— Comment…

— Harry, peu importe comment je suis au courant. Je suis au courant parce que d'autres personnes le savent aussi, ce qui signifie que le reste du conseil d'administration pourrait l'apprendre. Je te laisse imaginer les conséquences.

— Il n'y a rien dans ma relation avec Draco Malfoy…

— Peu importe. Cette relation existe, peu importe en quoi elle consiste exactement. À partir du moment où des parents pourraient se mettre en tête que tu fréquentes cet homme, la vérité n'a plus d'importance, lui explique patiemment le directeur.

Dans le ton du vieil homme, une pointe de sagesse, celle d'un homme qui en a trop vu, qui sait trop de choses, et qui, peut-être, regrette certaines vérités qu'il sait universelles. Harry retient son souffle de sortir bruyamment de sa poitrine. Ce que dit Dumbledore est ridicule, et l'injustice de ses propos le touche de plein fouet. C'est disproportionné, Harry le sait ; aucun de ses amis ne trouverait à le défendre ou à prétendre qu'il n'a pas été prévenu.

— Je ne comprends pas.

— Il n'y a pas besoin de comprendre, ni d'être d'accord, Harry. C'est un règlement, comme celui que tu t'amusais tant à enfreindre avec Ron et Hermione lorsque vous étiez enfants, et il n'a pas besoin d'être juste, ni logique pour exister. Il se suffit à lui-même parce que les personnes qui nous permettent d'exister l'ont décidé, et que de leur insatisfaction découlerait forcément des conséquences que ni toi, ni moi, et surtout aucun de nos élèves, ne veut connaître.

Harry reste silencieux, mais la colère brille dans ses yeux verts. Des conséquences regrettables ? Sa relation avec Malfoy n'est jamais qu'un œuf loin d'être éclos, et dont il n'est pas certain qu'il brise sa coquille un jour.

— Que se passera-t-il si j'enfreins la règle ? demande-t-il presque malgré lui.

— Ce n'est pas la bonne question, Harry, ce n'est pas la bonne question… souffle Dumbledore avant de prendre congé.

L'accueil que Harry accorde à ses élèves ce matin-là est d'abord lointain. Ses explications manquent de clarté, et ses élèves, dont il a pourtant parfois l'impression qu'ils ne remarqueraient pas une forêt à leurs pieds, ne manquent pas de le remarquer, et cela se manifeste dans leur comportement, dans leur travail. Ils sont dissipés, peu attentifs, profitent un peu trop du manque de concentration de leur enseignant. Les sourcils froncés de Rose, l'air absent de Scorpius, à peu près remis de ses maux de vendredi, les boutades hésitantes de Jaime, rien ne le sort de son apathie.

Tout son esprit est concentré sur les mots de Dumbledore, sur le sentiment de malaise qui s'est emparé de lui alors que le vieil homme lui faisait la leçon. Il ne lui en veut pas, quoi que l'enfant en lui regrette qu'il n'ait pas été l'allié qu'il a toujours été, lorsqu'il dépassait les bornes, lorsqu'il testait les limites.

Sauf qu'il n'est plus un enfant.

Les enfants en face de lui, eux, ont besoin que l'on s'occupe d'eux, que l'on prenne le temps de mieux les comprendre, qu'on les découvre, qu'on leur apprenne à connaître, qu'on les encourage à être curieux.

C'est après la première récréation que Harry se reprend. Scorpius est sorti prendre l'air, mais il est resté sur un banc, ses mèches blondes soulevées par le vent, pendant que les enfants autour courraient, criaient, chahutaient, tout en gardant avec lui une distance raisonnable et habituelle. Son rhume semble s'être atténué. C'est devenu, déjà, quelque chose de normal pour eux, une vérité qui ne les étonne plus. Il semblerait même qu'ils ne lui tiennent plus rigueur d'être si différent, si lointain.

Il est là, le drame.

La cloche sonne, les enfants reviennent vers la classe en marchant. Harry le leur a appris. Qu'ils soient à quelques mètres de la classe ou à l'autre bout de la cour, ils doivent revenir en marchant. Eviter de tomber, de revenir en classe le cœur battant, les jours rouges, les oreilles sifflant le vent qu'ils ont courageusement traversé, pour au contraire arriver sereins, tranquilles, heureux d'avoir vu leur moment de récréation prendre fin en douceur. Bien sûr, toutes les classes sont déjà rentrées que celle de Harry est encore dehors, tournant le dos à un moment de joie pour aller à la rencontrer d'un autre, différent, qui, s'il ne les rendra pas heureux maintenant, les rendra heureux plus tard.

C'est l'heure de la dictée.

Petit, Harry détestait cet exercice, qu'il jugeait sans intérêt, sans vraie portée pédagogique. Ecouter des phrases dont on n'a pas le temps de comprendre le sens, écrire sans vraiment avoir le temps de réfléchir, et prétendre que des apprentissages encore tout récents sont déjà des automatismes… Harry n'y a jamais cru, alors il a choisi de travailler la dictée différemment, en la calant sur un rythme qui n'est pas le sien.

Les enfants le savent, parce que même si l'emploi du temps n'est pas gravé dans le marbre, le lundi matin donne souvent lieu à une dictée…

— Assieds-toi, Jaime, et sors ton cahier, s'il te plait.

Jaime est cet enfant qui n'est jamais prêt pour rien, mais c'est ce qui le rend attachant, ce léger décalage entre le reste du monde et lui-même, le fait que ça ne le perturbe pas tant que cela, que cela le satisfasse ou du moins ne le freine pas dans ses apprentissages. Il lui faut un peu plus de temps pour comprendre, un peu plus de temps pour être prêt avant et après une activité…

Harry ferme les rideaux qui donnent sur la cour, privant la salle de lumière.

Il allume ensuite une lampe de bureau à l'arrière de la classe, et une autre sur son bureau, ce qui crée une atmosphère intimiste, tranquille, qui gomme les arêtes tranchantes et parfois trop sérieuses de l'école, les consignes, l'odeur de la colle, le bruit des feuilles de papier que l'on tourne, des trousses dans lesquelles on fouille à la recherche du crayon perdu.

Immédiatement, les enfants se détendent ; certains croisent leurs pieds sous leurs fesses, sur la chaise, d'autres cachent leur visage entre leurs bras croisés, d'autres encore appuient leur menton sur leurs mains, chacun amène un peu de son intimité dans cette classe, et Harry peut presque les imaginer dans leur salon, concentrés devant un film Disney ou à écouter une histoire que raconte leurs parents.

— Aujourd'hui, nous allons travailler le Conte des Trois Frères. Est-ce que quelqu'un le connait ? demande Harry tout en fermant les rideaux sur la cour, privant la salle de lumière.

Pas vraiment de réaction. Ca n'est pas important, parce que les enfants ont, en un peu plus de deux mois, pris l'habitude de ce moment où Harry leur raconte des histoires qu'ils redécouvrent à cette occasion.

— C'est l'histoire de trois frères, qui vivaient dans un monde où existait la magie… Ces trois frères voyageaient, et atteignirent une rivière qu'une personne sans pouvoir magique aurait dû traverser à la nage. Mais ces frères-là avaient une baguette magique, aussi lancèrent-ils un sortilège et firent apparaître un pont. Ils pensèrent qu'ils pourraient traverser, mais une silhouette mystérieuse apparût et les empêcha de traverser. Il s'agissait de l'esprit de la rivière, furieux qu'ils ne soient pas tombés à l'eau. Elle n'en montra rien, et fit semblant d'être admirative des trois fières pour leur ruse… Elle leur annonça que chacun d'entre eux aurait droit à une récompense…

Harry module sa voix de façon à pouvoir raconter l'histoire avec le plus d'exactitude possible. La fin de la première partie arrive bien trop vite pour les élèves, mais il laisse la pénombre dans la pièce quelques instants supplémentaires, pendant lesquels il énonce les consignes.

— Comme d'habitude, je vais vous demander de résumer ce que vous avez compris de la première partie de cette histoire. Je vais aussi vous demander d'imaginer ce que les trois frères vont demander à l'esprit de la rivière. La semaine prochaine, nous reprendrons l'histoire et nous verrons si certains d'entre vous ont deviné la suite de l'histoire.

Il observe les enfants sortir doucement de leur torpeur. Les crayons trainent bientôt sur le papier de leur cahier. Les yeux s'égarent parfois vers le plafond, vers le sol ou sur la copie du voisin, mais un claquement de langue de Harry ramène les regards fuyants vers la copie en face d'eux. L'enseignant ne prend pas la peine de marcher entre les rangées d'élèves, c'est inutile selon lui. C'est aux élèves d'apprendre à ne compter que sur eux-mêmes.

Rose est studieuse. Elle écrit certains mots sur sa feuille de brouillon, comme pour vérifier l'orthographe, pour essayer des phrases, pour s'assurer que tout est aussi précis qu'elle le souhaite. Scorpius, une fois de plus, a réussi à commencer à écrire en vert, tandis que Jaime raie des phrases entières sur son cahier, comme si son stylo allait plus vite que son esprit, que les mots étaient mus d'une vie propre sur laquelle il n'a aucune prise.

Comme souvent, les souvenirs d'école de Harry se mêlent à ces scènes du quotidien qu'il offre à ses propres élèves. Il se revoit, tout jeune, haut comme trois pommes, les cheveux ébouriffés, les genoux cagneux et souvent écorchés, à tenter tant bien que mal de réussir ses exercices de mathématiques ou de sciences là où la littérature le fait vibrer, à découvrir les notes souvent sévères sur ses copies, les grands traits rouges en travers des feuilles rendues avec un dédain aussitôt oublié.

Il se souvient des regards en biais d'Hermione, déjà la meilleure élève de sa classe, il entend Ron se tortiller sur sa chaise, incapable de rester immobile. Harry retient un sourire attendri ; cette école les a vus grandir, construire leur amitié, et bien des années après cela, chaque recoin de cet endroit continue à porter leurs souvenirs communs.

Les avertissements de Dumbledore lui reviennent à l'esprit.

Harry n'a jamais aimé les règles, les limites, les frontières. L'idée de se voir interdire quelque chose, surtout lorsqu'il considère que cela n'a aucune légitimité, lui a toujours été insupportable. C'est dans sa nature, dans son ADN ; si Hermione aime tout particulièrement suivre les règles et jouer avec elles, danser sur les interdits et s'en amuser, Harry n'a que faire de la nuance.

Pour autant, pendant ses années de scolarité, puis lorsqu'il a intégré l'école en tant qu'enseignant, Dumbledore s'est toujours montré compréhensif avec Harry, a toujours pardonné ses débordements, comme de petites concessions qu'il ne pouvait que faire à un enfant devenu adulte qu'il n'a pas vu grandir, qu'il a toujours eu envie de protéger, presque inexplicablement. Le voir changer de posture a quelque chose d'inquiétant, parce que pour la première fois, Harry a la sensation que même lui ne peut rien faire pour l'aider.

Dumbledore est un homme qui impose le respect, qui impressionne. Grand, avec sa barbe blanche, ses longs cheveux, ses lunettes en demi-lune, il a quelque chose de Merlin, le mage indissociable de Arthur. Bienveillant et toujours protecteur à l'égard des élèves et de ses enseignants, il a pourtant quelque chose de dangereux, une étincelle inquiétante. C'est un homme puissant, bien que l'origine et le cercle d'action de la puissance en question soient nimbés d'un mystère que Harry n'est jamais parvenu à percer.

Depuis des années, c'est lui qui fait la pluie et le beau temps de Poudlard, et jamais il n'a fait peser la menace du conseil d'administration. Les riches parents des élèves issus de familles londoniennes prestigieuses se bornent à alimenter les finances l'école de dons généreux, et tant que leurs rejetons parviennent à avoir des notes suffisantes pour pouvoir intégrer les classements d'entrées dans les universités les plus prestigieuses, tout le monde est satisfait.

Comme souvent, à la fin de la journée, Luna rejoint Harry.

C'est au premier des deux qui a terminé de préparer sa classe pour le lendemain de rejoindre l'autre ; ensuite, direction leur bar préférés, où les rejoindront Ron, Hermione, Neville, et peut-être Ginny.

La jeune femme est habillée d'un jean dont les déchirures ont été refermées avec des tissus aux couleurs vives. Ici et là, des patchs aux motifs psychédéliques ont été cousus au tissu bleu clair. Ses chaussures, des Doc Martens montantes jaunes, détonnent avec l'allure générale des enfants de l'école. Si de ce côté de la cour il n'y a pas encore d'uniforme, les collégiens et les lycéens, eux, n'ont guère le choix que d'arborer les couleurs de l'école. Au milieu de ces élèves, Luna aurait l'air plus dépaysée encore.

À ses oreilles pendent une nouvelle fois des boucles étonnantes, du moins de l'avis de Harry ; cette fois, il ne s'agit « que » de plumes multicolores et de longueurs différentes. Son écharpe, indispensable vu la température extérieure, les cache en partie.

— Je prendrais bien un thé avant de partir. Qu'en dis-tu, Harry ?

— Je suis pour… mais pas de mélange d'herbes médicinales, cette fois-ci… demande-t-il avec un sourire en coin.

Luna lui adresse un sourire, doux, comme à son habitude, et sort de la pièce. Elle revient quelques minutes plus tard, avec deux tasses remplies à ras bord d'un thé fumant. Elle dépose devant Harry un earl grey, tandis qu'elle se réserve une boisson bien plus parfumée, presque épicée. Après avoir tiré devant le bureau l'une des chaises réservées aux élèves, sur laquelle elle s'installe, elle avale une gorgée du liquide brûlant.

— Les secrets ne sont profitables à personne, Harry.

Le jeune homme lève la tête des cahiers qu'il corrige.

— Pardon ?

— Je sais que tu crois que Dumbledore peut être dupé. Mais tu te trompes.

— De quoi parles-tu, Luna ?

— De ta relation avec Draco Malfoy. Tout le monde est au courant. À des niveaux différents, mais ce qu'il se passe dans la vie d'un homme comme lui cause rarement l'indifférence autour de lui. Surtout quand les gens qui financent cette école sont du même milieu social.

Harry pose le feutre violet avec lequel il effectue ses corrections.

— Dumbledore m'a déjà tenu un discours similaire… Vous vous êtes synchronisés ?

Luna lui adresse un sourire attristé.

— Ne sois pas cynique… Tu sais que c'est uniquement pour ton bien, ce que je te dis.

— Je sais surtout que cette histoire prend une ampleur qu'elle ne mérite pas.

— Je suis d'accord avec toi. Tout le monde devrait pouvoir fréquenter qui il veut.

— Tu n'as pas compris. Je ne le fréquente pas, il ne me fréquente pas, j'ai l'impression que tout le monde crie au loup pour un foutu chaton, s'exclame Harry.

— Et bien au moins, tu es prévenu, n'est-ce pas ?

Harry ne dit rien. Il n'y a rien à ajouter, de toute façon. Rien qui mérite qu'on n'en dise plus. L'alcool aura tôt fait de noyer toutes les leçons qu'on tente de lui enfoncer dans le crâne.