NdA : Hey hey ! Vous ne l'espériez plus ! Hey hey ! Surpriiiise ! ... Pardon. Du. Retard. Je devrais changer mon pseudo pour ça tiens. PardonDuRetard, au lieu de LaFolleDeService... PDR au lieu de LFDS... Mouais... Nan...

Bref ! Merci à tous pour votre patience (je vous admire vous savez ?) et pour vos reviews, même celles auxquelles je n'aurai pas répondu ! Et merci pour les ajouts en alertes ou en favori, ça me fait toujours plaisir, et à chaque fois je culpabilise quand j'en vois dans ma boîte mail alors que ça fait des lustres que je n'ai rien posté... Désolée...

Quant à tous ceux à qui j'avais annoncé le chapitre il y a deux semaines… Il était chez ma correctrice, puis… ben… étant en plein déménagement, j'ai juste complètement oublié. Remerciez donc Machin-Chouette qui me l'a rappelé !

Et maintenant : chapitre ! Un peu plus long que d'habitude, peut-être un peu plus lent... A vous de me le dire ! (Hm... odeur de barbecue... J'ai faim ! Ou alors le voisin brûle ?)

Et NON ! Je n'abandonnerai pas cette fic ! Enfin... je crois... =P

Edit : désolée pour les premiers lecteurs de ce chapitre, les lignes séparant les points de vue ne s'étaient pas mise... Erreur réparée...

Chapitre 25 : Juillet 2004

Il fallut un certain temps avant que l'Auror Potter reprenne pied à la réalité. Il sursauta lorsqu'un second jeune homme l'effleura sans même le remarquer. Connaissant à présent son nom, il l'observa attentivement. Il ressemblait à James, certes, mais son expression était tellement différente... La hauteur de ses pommettes... Son absence de sourire... La forme de sa mâchoire. Ses yeux verts ! Puis ces cernes...Et tant de petites, voire grosses différences qui faisaient qu'on ne le confondrait jamais avec James. Car même s'il y avait des ressemblances, il n'était pas le sosie de son père. Le seul vrai point commun, celui qui rappelait à tous qu'il y avait un lien de parenté et qui pourrait les faire confondre de loin, était les cheveux : courts, noirs, en bataille... Ce Harry portait ce que James avait fièrement appelé la coupe Potter lorsqu'il avait remarqué que son père et son grand père avaient la même. Il avait alors décidé que lui aussi, et qu'il ferait tout pour que sa descendance perdure la tradition. Visiblement, il avait réussi...

Lorsque le jeune homme passa à côté de Dan Sanders, Edward ne put s'empêcher de les comparer. Les cheveux longs changeaient complètement l'aspect de son visage, vu de loin. Et de près... les expressions du visage étaient si différentes ! Était-ce vraiment la même personne ?

C'est alors qu'il remarqua quelque chose de surprenant : Harry était plus grand que Dan, même s'il devait rester plus petit que James. Sa carrure était plus large aussi, il semblait moins chétif... Non pas que Sanders semble faible ou petit, au contraire ! Il se dégageait de cet homme une prestance, une puissance, ou quoi que ce soit d'autre, que peu de personnes pouvaient se vanter d'avoir.

Mais c'était seulement aujourd'hui, en le comparant avec... lui-même, qu'Edward remarquait que le physique du voyageur temporel n'avait, en lui-même, absolument rien ni d'effrayant, ni d'intimidant. Un être humain, somme toute.

- C'est impossible, murmura alors l'objet de ses pensées en tournant autour de son double.


Je n'ai pas pu changer autant de physique. Je n'étais pas comme ça. Ça ne peut pas... Je n'ai rien changé de majeur dans le passé. La cicatrice est là, donc mes parents sont bien morts. Donc ce Harry-ci aurait dû aller chez les Dursley. Pourquoi cela ne l'aurait pas autant affecté que moi ? Il aurait dû avoir un retard de croissance, lui aussi... Bien. Restons logiques. Une solution simple serait qu'à chaque voyage, je crée ou vais dans une dimension parallèle. La plupart des études tendent à prouver que ce n'est pas le cas, mais n'écartons aucune hypothèse, Dan. Enfin... Harry. Cette autre identité ne me sert plus désormais. Même la tête à lunettes à côté de moi sait comment je m'appelle maintenant.

L'autre solution serait que Harry, moi donc, me serais jeté des sorts d'illusions pour cacher mon apparence. Je le faisais souvent à l'époque après tout, pour passer plus inaperçu quand Neville et moi sortions. J'étais vraiment stupide au point de faire des illusions si semblables à moi ? Ou vraiment pas doué, ce qui expliquerait qu'elles soient en train de s'estomper ? Oh, et puis, je n'ai qu'à vérifier ! Et hop ! Et vive la magie ! Bon. Pas d'illusion. Le mystère reste donc intact, tout comme mon amour propre d'ailleurs...

Ou alors... Ce que j'ai fait dans le passé a eu des conséquences ici. Question qui en découlerait : qu'est-ce que j'aurais pu faire pour causer... ça ? Mettre en péril Lily et James ? Qu'est-ce que ça aurait pu... Il me faut des preuves ! Je dois faire des essais... Ce serait tellement excitant si c'était le cas !

Jeune moi... Tiens-toi prêt ! J'ai un mois pour savoir qui tu es, qui j'étais, et ce qui a changé ! Mais... Si c'est ça... J'ai failli me tuer !


Un rire fit sursauter Edward. Dan... enfin... Harry riait. Ce n'était pas spécialement joyeux, plutôt effrayant même. Et aussi soudainement qu'il avait commencé, il s'arrêta, et s'assit contre un mur.

Après quelques minutes à hésiter, à mettre de l'ordre dans ses pensées, l'autre voyageur temporel vint s'asseoir à ses côtés. Après tout, il était la seule personne qu'il connaissait ici, la seule personne qui pourrait potentiellement l'aider et l'éclairer, alors autant ne pas se le mettre à dos...

Ce jour-là, aucun des deux jeunes ne sortit, préférant visiblement s'entraîner en duel. Edward apprécia observer leur séance, qui était très instructive, tant au niveau des sorts qu'au niveau stratégie. Peu d'Aurors, pour ne pas dire aucun, avaient une telle harmonie au combat, il n'y avait aucun doute que ce duo était redoutable, et il ne voulait pas vraiment imaginer les expériences vécues pour arriver à une telle compréhension de leur partenaire...

Le lendemain fut identique. Les deux jeunes se parlaient à peine, sans que cela soit pour autant dérangeant. C'était un silence apaisant, presque complice. Le seul moment où ils discutèrent plus de deux minutes fut lorsqu'ils réfléchirent à de nouvelles techniques pour se défendre, puis pour attaquer à deux contre toute une foule, et pour prendre possession d'un bâtiment ennemi. Faisant un listing complet de tous les sorts qu'ils devaient utiliser quelque soit la situation. A savoir, des sorts de camouflage, des sorts d'alertes, d'autres ralentissant les personnes qui les suivaient... les listes étaient longues. Mais aussi, des sorts dépendant des situations, que ce soit les opposants, ou le terrain. Ils s'aidaient pour cela non seulement de leurs connaissances et expérience, mais aussi des quelques ouvrages qu'ils avaient su récupérer ici et là, certains plus abîmés que d'autres.

Profitant d'un moment de calme, puisque les jeunes lisaient, Edward interpella Sanders, qui n'avait pas bougé depuis la veille, dans un coin, les mains contre les tempes. Il semblait réfléchir.

- Pourrais-je à présent avoir des explications ? exigea l'Auror.

Dan releva la tête, comme surpris qu'on lui parle.

- Je vous avais oublié, dit-il sincèrement surpris.

Pour une fois, il ne semblait ni agressif, ni sarcastique. Juste complètement perdu. Enfin, jusqu'à ce qu'il se reprenne en se rappelant comment Edward avait dû atterrir là...

- J'aimerais comprendre, poursuit le Potter.

- Grand bien vous fasse, rétorqua son petit-fils avec indifférence.

- James ne vous a pas appris le respect ? s'offusqua finalement Edward, ne comprenant pas ce qui n'allait pas avec sa descendance.

- Comment aurait-il fait ? questionna simplement son petit-fils en retour.

Son interlocuteur resta silencieux un moment, ayant peur de comprendre.

Prenant une grande inspiration, il prit sur lui de reprendre la discussion.

- Pourquoi avoir donné le nom de votre propre père en demandant à ce mage noir de le tuer, et ce dans votre... passé ?


Oh, après tout, j'ai du temps à perdre, rien à protéger... autant lui parler.

- Je ne sais pas. J'ai juste donné mon identité à mon opposant, et il s'est mis en tête de tuer mes parents. Vu que Harry est toujours vivant, on peut croire qu'il a échoué pendant un certain temps.

- Expliquez-moi tout, me demanda-t-il.

Tout ? C'est un peu long, non ? Je veux bien qu'on ait du temps à perdre avant que ma source d'information n'arrive mais... Et puis, « tout » à propos de quoi ? De moi ? De l'univers ? Des théories sur le temps ?

- De vous, de ce qu'on fait ici. Pourquoi... Haa, j'ai tellement de questions ! s'exclama l'Auror avec un air de dément en faisant de grands mouvements de bras.

Hmm ? Aurais-je pensé à voix haute ? Bref, tant qu'à perdre du temps...

- Je suis le fils de James et Lily Potter. Ils sont morts quand j'avais un an, tués par Tom, et j'ai survécu. Je suis le seul à pouvoir le tuer. Il est devenu immortel, tout comme moi, bien que par d'autres méthodes, mais il a dû m'oublier vu le temps qui est passé... Enfin, pas encore ici, mais de là où je viens, c'est le cas. L'humanité telle que vous la connaissez est morte, il ne reste que Tom et ses Sorciers. Et moi. Et actuellement Neville. Mais ça ne durera pas.

Le silence s'installe. Génial. Tu ne dis plus rien papy ? Bon je retourne à mes hypothèses concernant le temps alors ! Ou bien... oh, ça peut m'amuser aussi ça...

- Mon fils va mourir... souffla-t-il.

... Parfait... Un lent.

- Tout le monde meurt. Enfin... presque, répliquais-je.

Moi je ne meurs pas. Tom non plus. Je détestais pourtant tellement Tom. Pourquoi n'est-il pas mort ? J'aurais pu le faire.

- Mais il va mourir jeune ! reprit l'Auror.

Une constatation. Pas besoin de répondre.

- J'aimerais rentrer à mon époque. Je ne devrais pas apprendre des choses sur le futur. Je pourrais essayer de changer les choses. Ça poserait des problèmes et...

- J'ai changé des choses dans le passé, déclarais-je.

Oui, mais qu'est-ce que ça a modifié exactement ?

- C'est pour ça que vous êtes si différent de... Harry.

Encore une constatation.

Un silence.

- J'aimerais rentrer chez... commença-t-il.

- Vous ne retournerez pas à votre époque. Jamais, l'interrompis-je sèchement.

Et oui, il fallait y penser avant de m'agresser en plein sort !

Il se lève, visiblement en colère.

- Vous allez encore essayer de me frapper ? demandais-je ironiquement.

Il me jette un regard furieux et part vers les livres. Pense-t-il vraiment que l'enchantement pour changer d'époque est dans un de ces bouquins ? Enfin... si ça l'occupe...


Le jour d'après, Edward n'adressa pas un mot à Dan, se contentant de l'ignorer, ce qui arrangeait très bien celui-ci d'ailleurs. Profitant de l'absence des deux adolescents, partis sans dire le moindre mot, l'Auror chercha dans les livres qu'il trouvait tout ce qui pourrait l'aider à retourner dans son présent... ainsi qu'à se faire de la nourriture convenable. Car s'il pouvait sans peine boire de l'eau de la grotte, se procurer de la nourriture était bien plus compliqué.

Il avait bien essayé de sortir, non sans vérifier que les sorts de Sanders étaient toujours actifs sur lui, mais il n'avait pas vu un seul être vivant. Et s'il y avait de la végétation, il ne pouvait à présent que regretter sons manque d'attention au cours de botanique, puisqu'il était bien incapable de déterminer ce qui était comestible.

Il avait bien pensé à transplaner, mais si le lieu qu'il avait en tête avait trop changé, le risque d'être désartibulé serait bien trop important.

Voilà pourquoi il était occupé à essayer de métamorphoser une pierre en pain.

Et jusqu'à présent, c'était un échec.

De temps en temps, il observait ce que faisait Sanders, mais à chaque fois il fut déçu. Celui-ci ne faisait rien. Réellement rien. Assis, les yeux mi-clos, immobile comme la mort. S'il s'était approché, peut-être aurait-il senti l'intensité de la magie près de son petit-fils. Mais il ne le fit pas. Par honneur. Et par la même occasion, il ne comprit pas pourquoi il se retournait sans même y penser pour observer Sanders alors qu'il s'était résolu à l'ignorer jusqu'à ce qu'il puisse rentrer à son époque. Et de toute façon, tout ça n'avait aucune importance. Edward avait faim.

A la fin de la journée, il commença à sentir sa vision fléchir. Son jeûne additionné de ses multiples tentatives infructueuses pour avoir à manger l'avaient épuisé. Il se dirigea d'un pas découragé vers la source d'eau, pour au moins se rafraîchir un peu. C'est seulement en revenant qu'il sursauta. Là ! Sur la table ! A côté du livre de métamorphose ! Une pomme. Un morceau de pain. Du fromage. Comment ? Harry et Neville étaient partis tôt au matin, et n'étaient toujours pas revenus, donc... Il se tourna une énième fois vers Sanders. Celui-ci n'avait même pas changé de position. Rien n'avait bougé. Rien n'avait bougé... La nourriture n'aurait pas dû être là, pourtant...

Edward croqua à pleine dents dans la pomme. Elle était belle, tendre, juteuse... elle n'avait aucun goût. Il en fut de même pour le pain et le fromage. Un rapide sort lui apprit que malgré tout, ces aliments contenaient tout ce qu'il fallait pour sa survie. C'était nutritif. Juste... sans saveur. Et accessoirement apparu de nul part.


Victoire ! Quelques jours de travail, et voilà le résultat ! Je me demande jusqu'où je peux l'influencer par la magie... Il m'a fallu beaucoup de temps pour que sa magie m'accepte... elle était très méfiante au début, même quand je ne faisais que l'effleurer. Mais il a finit par me faire confiance ! A moi !

Accepter de la nourriture qui apparaît de nul part, c'est déjà pas mal ! Ou alors, il était vraiment désespéré...

Non, non, il a eu confiance. C'est ça, j'ai réussi ! Je peux donc également utiliser la magie sans baguette ainsi, pour influencer les gens vis-à-vis de moi ! Par contre, il faudrait que j'accélère le processus...

Il s'approche de moi.

D'accord...

Il s'assoit à côté de moi.

D'accord...

- Merci, dit-il simplement.

Sans le faire exprès, je croise son regard, il me sourit timidement.

- Je n'allais pas vous laisser mourir de faim, m'entendis-je répondre.

Après tout, c'est vrai, non ? Je n'allais pas...

Et galère, j'ai peur de comprendre...

Sans même qu'il ne la contrôle, je sens sa magie qui effleure la mienne.

Méfiance donc. Cette forme de magie à une certaine... réciprocité. Il me répond de la même manière sans même le savoir, pour avoir ma confiance... Mais vu qu'il s'agit d'Edward Potter... Et puis je suis au courant, il sera toujours temps de me méfier, mais là, j'imagine que... ce n'est pas... grave ?

Et galère...

- C'était une jolie métamorphose, mais ça manquait un peu... de saveur, m'avoua-t-il sur le ton de la confidence.

Et galère ! T'as déjà essayé de faire une métamorphose culinaire alors que tu n'as rien mangé depuis des siècles ? Non mais franchement...


Harry et Neville rentrèrent tard ce soir-là. Et de très mauvaise humeur.

La première chose que fit le jeune Potter en rentrant fut de frapper violemment une chaise que son ami répara aussitôt sans un mot.

- Cette enflure... Connard ! hurla-t-il en détruisant à nouveau la chaise.

Le jeune Londubat haussa les épaules, sans plus essayer de sauver le mobilier.

- Je vais me coucher. Demain est un autre jour. Demain, commença le jeune homme aux cheveux longs.

- Demain... Toujours demain... Chaque jour on espère trouver un autre résistant Neville ! Et chaque jour on ne trouve que des ruines et des morts. Demain ? Mais qu'est-ce qui pourrait être mieux demain ? Qu'espérons-nous ici ? Qu'espères-tu Neville ? l'agressa presque son ami, au bord du désespoir. Qu'y a-t-il dans cette vie auquel tu tiens tant, hein ?

Mais son ami ne fit que baisser les yeux. Des yeux secs. Des yeux tristes.

- Réponds-moi ! Qu'est-ce qui te fais lever tous les matins ? Ils sont morts Neville ! Ils sont tous morts ! Ils ne reviendront plus ! Les moldus sont tous esclaves ou cadavres, et seuls les Sorciers peuvent sortir dehors, à défaut d'être libres, alors dis-moi ! Dis-moi ce qui... commença à hurler Harry avant de se faire interrompre.

- Ça suffit ! Que veux-tu que je te dise ? « Viens Harry ! Allons nous rendre, si on leur demande gentiment, peut-être qu'ils nous tueront rapidement ! » Je ne veux pas abandonner, Harry, et je pensais que toi non plus. Sauf que voilà, ce n'est même plus une question de volonté, on ne peut pas abandonner. Qu'on le veuille ou non, nous sommes probablement le dernier espoir qu'a le peuple d'un jour retrouver la liberté. Même si on ne les connaît pas, même si on ne sait pas encore où ils sont, on doit...

- Je ne suis pas un foutu Héros ! Juste un humain normal et mortel. Je ne peux plus rien contre Tom, prophétie ou pas. On va juste mourir ici, Nev'. C'est fini...

Le garçon aux cheveux longs soupira devant le désespoir de son ami, avant de retenter une approche d'un sujet sensible, mais, selon lui, salutaire.

- Je t'ai proposé une solution, ce livre explique comment...

- On avait dit qu'on n'en parlerait plus, coupa net Harry en essayant de se calmer.

- Non, tu as dit que tu ne voulais plus en parler. Ce sacrifice pourrait...

- Même si on le fait, on ne sera jamais assez puissants pour le vaincre. Et le prix est trop élevé. Surtout sans certitude de réussite. Une vie normale sera déjà bien trop longue, alors ça...

- Mais on aurait tout le temps pour réussir, rétorqua avec sagesse Neville. N'abandonne pas Harry. S'il te plaît. N'abandonne pas... Moi aussi, cette immortalité me fait peur. Moi aussi, j'ai peur de mal tourner. Mais on est deux, on pourra toujours sceller l'autre si c'est nécessaire. Réfléchis-y...

Sur ce, le garçon aux yeux marron partit se coucher, laissant son camarade à ses pensées.

Harry soupira. Il resta debout un moment avant de réparer la chaise, et de s'asseoir dessus.

Tout comme son petit-fils, Edward Potter avait fini par s'endormir, ayant peur de comprendre ce que cette discussion impliquait. Dan avait dit que Neville allait mourir. Dan semblait immortel. Pourtant, ça n'avait pas l'air d'être le désir de Harry...

Au matin, Neville trouva son ami endormi, la tête étalée sur la table.

Le jeune Londubat s'approcha de Harry, mais celui-ci se réveilla avant qu'il ne l'atteigne. L'endormi l'observa d'un œil mort avant de faire apparaître ce qui semblait être de la nourriture sur la table.

- J'ai l'impression que c'est de moins en moins mauvais, constata Neville en s'asseyant.

- Oui, moi aussi, répondit le Survivant. Mais je ne sais pas si c'est parce que j'arrive tout doucement à enlever ce goût immonde ou si c'est parce qu'on s'habitue...

Son camarade eut seulement un sourire.

Ils continuèrent à manger en silence, sans plaisir.

Quand ils eurent fini, Neville s'étira avant de déclarer qu'aujourd'hui était une journée détente, ce à quoi Harry se contenta d'acquiescer en silence. N'ayant rien d'autre à faire et le moral dans les talons, ils se mirent à parler. Une conversation qu'ils avaient déjà eu tellement de fois qu'ils devaient la connaître par cœur, à quelques détails près : « Et si... »

Edward écouta tout avec un sourire triste. « Si Poudlard était encore debout... » commençait l'un, « On serait resté pour les vacances et on aurait fait une bataille de côtelettes de porc ! » poursuivait l'autre. Ou encore « Si tu pouvais être invisible... » qui amenait irrémédiablement « Je mettrais un canard en plastique jaune dans le bain de l'autre cinglé, et j'en diffuserais la photo ! »

- Et si tu te laissais pousser les cheveux, commença visiblement pas pour la première fois Neville.

- Ha non ! Mon père m'a montré la coupe Potter, je la garderai ! répliqua vivement le Survivant.

- Mais c'est plus classe en long ! Et tu as bien vu que ça ne me gênait pas pendant les combats, essaya encore le Londubat.

- C'est ridicule, tu ressembles à une fille !

- Et alors ? C'est marrant ! finit-il en riant.

Edward se tourna vers Sanders, l'incompréhension dans les yeux.

- Ne m'aviez-vous pas dit que mon fils mourra quand vous aurez un an ? interrogea-t-il simplement.

- C'est ce qu'il s'est passé. Mais il semblerait... Il semblerait que le passé ait été modifié, répondit son interlocuteur d'un ton presque absent. J'ai modifié le passé...

Le temps continua de passer, et, petit à petit, la bonne humeur diminua.

- Si seulement cette enflure n'avait pas gravé le nom de mes parents dans la tête de ce psychopathe de Tom, ragea Harry.

Neville soupira.

- J'aurais pu passer tous mes étés chez toi, avec Grand-mère...

- Elle me faisait peur quand j'étais petit... avoua Harry.

Le jeune Londubat rit doucement.

- Elle faisait peur à beaucoup de monde je crois... continua-t-il sur le ton de la confession.

Ils se regardèrent alors, puis, en même temps, partirent dans un grand fou rire, toute trace de tristesse envolée. Après tout, ils étaient vivants...

Les jours commencèrent à passer. Après cette journée, tout le temps des deux jeunes fut attribué à l'entraînement, la lecture, et cette calme méditation où ils accroissaient leur magie sans baguette.

Tous les jours, Edward trouvait cette nourriture sans goût, mais pas une seule fois il ne vit Dan l'invoquer. En fait, celui-ci c'était replongé dans son silence, assis, les yeux mi-clos, à écouter ce qu'il se passait, à réfléchir... Si ce n'est la fois où il avait sauté sur ses pieds et criant « Ma baguette ! » avant de soupirer et de se remettre dans sa position fétiche...

Parfois, les deux jeunes sortaient mais ils revenaient toujours la mine défaite. Et cette routine continua jusqu'au 18 juillet, au soir.

Les deux amis rentrèrent tard, mais les yeux brillants d'émotion, et d'espoir...

- Tu crois que ce sont des résistants ? s'enflammait Neville.

- Je ne sais pas. J'ai cru voir une famille... avoua Harry en souriant.

- Protégés comme ils le sont, ils ne peuvent pas être des Sorciers.

- J'étais tellement persuadé que nous étions les derniers ! Des sorts de camouflage si bien ficelés, c'est impressionnant ! On a failli ne pas les détecter ! s'extasia le Survivant.

Neville acquiesça en mordant dans un morceau de nourriture indéfinissable qu'il venait de faire apparaître.

- Tu imagines, s'ils savent faire de la vraie nourriture, rêvassa-t-il.

- Il faut qu'on les contacte au plus vite ! statua Harry en commençant à se préparer.

Mais le jeune Londubat avait visiblement plus la tête sur les épaules, puisqu'il retint son ami en posant une main sur son épaule.

- Et si c'était un piège ? souffla-t-il à regret.

L'humeur devint morose. Le silence retomba dans la caverne.

- On n'a pas le choix, murmura soudainement Harry. Il faut qu'on y croie. Ça doit être vrai. Il le faut...