Par avance : Comme dirait pas mal de méchants dans la série de jeux vidéo Metal Gear Solid : IT'S NOT OVER YET ! Pour ceux qui liront ce chapitre dans la continuité, je m'excuse du délai, mais je n'arrivais pas à me décider à reprendre la lecture de Harry Potter. Qui plus était, ma fic de Silent Hill a pris un autre tournant puisqu'elle a intéressé pas mal de monde.
Mais rassurez-vous (ou pas), je ne compte pas du tout abandonner ma fic HP, que nenni ! Pour preuve voici un chapitre que certains d'entre vous attendaient peut-être avec impatience ! Mais je n'en dis pas plus, ENJOY !
VELANE SOMBRE – MORGAN
Le repas de midi était passé lorsque je fus prête à descendre. Je m'étais assurée que mes yeux n'étaient plus rougis par mes pleurs. Je me forçai également à avoir l'air souriante et détendue en passant dans la salle commune et en saluant quelques camarades. Après cette épreuve, j'avais besoin d'un grand bol d'air, je me dirigeai donc vers le parc. Mais la voix de Jean-Baptiste me fit m'arrêter au milieu d'un escalier.
« Margaret ? Viens par ici !
Je le rejoignis dans un couloir un peu plus haut.
– Salut. Qu'est-ce qui se passe ? Tu as l'air tout excité.
– Suis-moi, dit-il dans un clin d'œil.
Il me prit la main et m'entraîna dans la première salle de classe ouverte qu'il vit. Nous y entrâmes puis il ferma la porte derrière lui après s'être assuré que personne ne nous avait vu. Il sortit d'une de ses poches un cube en métal aux coins ouvragés. Sur l'une des faces se trouvait un petit bouton bleu.
– C'est quoi ce truc ? demandai-je avec curiosité.
– C'est un Mensurateur. Un objet magique que ma mère m'a envoyé et que j'ai reçu aujourd'hui.
– Et ça sert à quoi ?
– Comme son nom l'indique, à prendre des mensurations. En l'occurrence, les tiennes, ma belle.
J'eus une bouffée de chaleur lorsqu'il m'appela « ma belle » mais n'en montrai rien.
– Donc tu vas devoir te mettre en sous-vêtements et le Mensurateur va t'examiner sous tous les angles. Comme ça, ma mère pourra faire une robe qui épousera parfaitement tes formes.
Je ne lui fis pas remarquer que des formes, je n'en avais pas des masses et me contentai de relever un détail plus gênant.
– En… En sous-vêtements ? Devant toi ?
– Je vais me retourner, voyons. Tiens, prend le Mensurateur.
Il me lança l'objet que j'attrapai avec maladresse et se retourna. Il leva l'index.
– Lorsque tu seras en sous-vêtements, appuie sur le bouton, tend les bras et ne bouge plus, la magie fera le reste.
– Euh, d'accord…
Tout en priant pour que personne n'entre à ce moment dans la salle de classe – les chances que cela arrive étaient infimes mais ce n'était pas mon jour de chance au vu des évènements du matin –, j'enlevai les habits de non-sorciers que je portais le dimanche pour me retrouver en culotte, ne portant pas encore de soutien-gorge. Puis je regardai l'objet en me demandant ce qu'il pouvait faire pour me mesurer et remarquai une petite fente. Tout en haussant un sourcil, je mis le doigt sur le bouton et appuyai fermement. Le petit cube métallique s'envola tout à coup pour se positionner au-dessus de ma tête.
– N'oublie pas, fit J-B sans se retourner, tend les bras sur les côtés et ne bouge plus.
Je suivis sa consigne. La boîte se mit à tournoyer au-dessus de ma tête puis soudain fonça dans mon dos. Je vis alors un mètres ruban passer sous une de mes aisselles et se serrer autour de ma poitrine assez violemment, me coupant presque le souffle. Je percutai seulement alors qu'en fait le Mensurateur faisait tout seul ce que pouvait faire un tailleur avec un mètre. Un simple objet enchanté. Je me souvins alors qu'à la boutique de robe du Chemin de Traverse je n'avais pas vu un tel engin. Sans doute le Mensurateur était-il une sorte de nec plus ultra de la couture magique et si effectivement Jean-Baptiste était un fils de riche, sa mère pouvait se le payer.
Le mètre enserra ensuite ma taille puis passa devant moi, le mètre en partie déroulé, ce qui le faisait ressembler à une sorte de serpent à tête cubique. Le bout du mètre vint se caler sous mon orteil tandis que le ruban se tendait verticalement, mesurant ma hauteur. Mes bras eurent également droit à ma mesure, ainsi que mon cou et enfin mes pieds. Puis le Mensurateur enroula son mètre et la petit boîte vint se remettre dans ma main que je serrai alors. Elle vibra légèrement et lorsque je l'observai, je remarquai que mes mensurations étaient inscrites sur les différentes faces du cube.
– Je peux me retourner ? fit Jean-Baptiste.
– Non ! Non, attends, je me rhabille en vitesse…
Je parvins à remettre mes vêtements sans lâcher l'objet.
– Voilà !
Le français fit volte-face.
– Parfait. Ma mère devrait avoir largement le temps de faire ta robe pour le bal.
– Tu la remercieras de ma part. Au fait, ce truc, c'est… Ca coûte cher ?
Jean-Baptiste se renfrogna aussitôt ma question posée. Avec un certain agacement il répondit :
– Oui, oui… Oui, c'est cher. Même très. Le mécanisme magique dedans est tout petit, il faut un enchanteur très agile et le temps de construction est très long. Mais l'argent n'est pas tellement un problème dans ma famille.
– Tu sais, fis-je mal à l'aise, je ne te jugerai pas là-dessus. On ne choisit pas sa famille. Tu n'as pas l'air d'étendre ta richesse à tout bout de champ, alors bon…
– Oui mais… Ici, j'avais presque oublié comment j'étais considéré en France. Ici, je ne suis qu'un invité, ça me fait oublier cette étiquette qui me colle à la peau dans mon école.
– Tu es… le plus riche ?
– Oh non, non ! Mais reste que l'on compare nos fortunes à Beauxbâtons. Je n'aime pas être une somme d'argent, tu vois… En plus, pour se lier d'amitié avec d'autres gens, de milieux plus modestes, c'est très compliqué.
– Je me demandais juste si cet objet était cher parce que je ne l'avais jamais vu avant et que ça semble bien pratique.
Jean-Baptiste mit les mains en avant et sourit doucement.
– Pas de problème. Je ne t'en veux pas du tout. Ca devait bien me rattraper.
– Ca ne change rien pour moi de toute façon. Tu n'es… qu'un invité comme les autres.
Je souris en coin et il sembla rassuré.
– Bon, c'est très bien donc on oublie la bague de rubis et le collier de diamant que j'avais prévu pour toi…
J'ouvris grand les yeux.
– Quoi ? Tu allais m'acheter ça ?!
– Je plaisante, Margaret, dit-il en riant. Je ne crois pas que mes parents accepteraient de toute façon. La robe, ce sera déjà pas mal.
– C'est ce que j'étais en train de me dire.
Mon cavalier se dirigea vers la sortie et je le suivis.
– On en a fini, je crois. Euh, attends ! La couleur ?
Je réfléchis un instant puis repensai au cadeau illégal que m'avait fait Morgan.
– Bleu ciel.
– Bien. Je te montre la robe quand elle est terminée.
– Ok. »
Nous nous saluâmes et je repris la direction du parc avec le cœur un peu plus léger. Ces derniers jours Jean-Baptiste avait réussi à être un sacré rayon de soleil. Dehors, la neige avant cessé de tomber et les élèves jouaient allégrement avec. Je m'assis dans un coin et humai l'air froid pour m'éclaircir l'esprit, resserrant mon pull-over contre moi. L'épreuve était passée, j'étais tranquille jusqu'à l'année prochaine.
Le soir du Bal arriva bien plus vite que je ne l'aurai imaginé. Ma famille me manquait. J'avais un peu l'impression de les avoir abandonné bien qu'ils m'aient renvoyé une lettre me félicitant pour cette initiative de m'intégrer dans la vie de mon école.
Pour leur offrir leurs cadeaux, j'avais recouru à un stratagème tordu : j'avais contacté chacun de mes parents indépendamment de l'autre pour qu'il m'envoie des pages de catalogue d'articles correspondant à leurs goûts. Puis j'avais encerclé les articles correspondant et avait renvoyé les pages à chacun avec l'argent de poche pour les acheter. Ma mère avait la charge, en plus du cadeau de mon père, de celui de ma sœur. Contente de ne pas manquer à mes obligations familiales pour Noël, je regrettai de ne pas pouvoir faire de même pour mes amis. Car, stupide que j'étais, je ne m'étais souciée de cette question qu'une fois coincée à Poudlard. Mes copains n'allaient pas m'en vouloir, je le savais, mais je me sentais évidemment coupable.
Joanna avait pendant cette semaine eu sans cesse une attitude de conspiratrice qui lui donnait l'air de vouloir dominer le monde. Elle et son compère Gilbert Talbot avaient inscris sur un grand morceau de parchemin les horaires de la fête, l'organisation, l'inventaire des consommations ainsi qu'un plan d'urgence « para-McGonagall ». Il n'était en effet pas exclu qu'elle s'éclipse du Bal pour vérifier que les « petits » ne faisaient pas de bêtise. J'essayais de l'éviter lorsqu'elle discutait avec son complice car elle ne manquait alors jamais de m'adresser un regard chargé d'un léger reproche.
Et finalement je me retrouvai dans la même salle de classe que précédemment, face à Jean-Baptiste qui exhibait la 8e merveille du monde à mes yeux : ma robe de Bal. J'en restais bouchée bée. La mère de Jean-Baptiste avait beau être une bourgeoise mère au foyer, elle savait y faire en couture.
Lentement, telle un zombie, je m'avançai bras tendus devant moi pour m'emparer de la robe par ses bretelles dentelées. Mon souhait avait été respecté et je faisais face à une magnifique soie bleu clair. A l'emplacement du cœur était brodée en blanc une rose. Le motif était magnifique. Jean-Baptiste se retourna.
– Allez dépêche-toi de la mettre. Il ne faudrait pas être en retard.
– Oh, oui, oui.
En effet, Jean-Baptiste avait reçu, portée par une demi-douzaine de hibou, le colis avec la robe, et ce le jour même du Bal. Et la soirée n'allait pas tarder à commencer. Je me déshabillai, ne gardant que ma culotte, puis enfilai avec soin la robe. J'avais l'impression d'avoir mis une deuxième peau tant elle était ajustée à ma silhouette. Le décolleté n'était pas énorme mais étant donné ma petite poitrine, c'était très bien. Mes jambes avaient une totale liberté grâce au léger élargissement à partir du bassin.
– Vas-y, tu peux regarder, Jean-Baptiste !
Il se retourna aussitôt.
– Je n'ai pas jugé utile de lui dire que tu avais douze ans et elle m'a reproché dans la lettre d'avoir choisi une cavalière trop petite à son goût. Ca ne l'a pas empêché de s'appliquer à ce que je vois. Tu es superbe. Mais tu le seras sans doute encore plus avec…
Tandis que mes yeux s'apprêtaient à sortir de leurs orbites, il exhiba du colis à côté de lui des pantoufles de bal bleues et des gants de soie bleus. J'étais au Paradis. Les deux accessoires m'allaient parfaitement. J'avais un peu de mal à marcher avec les talons bas mais j'adorais les gants qui remontaient jusqu'aux coudes. Jean-Baptiste mit mes affaires dans un sac qu'il posa dans un coin de la salle.
– On reprendra ça plus tard. Eh bien dis-moi, avec cette tenue, tu vas toutes les rendre jalouses… M'accorderiez-vous votre bras, mademoiselle ? »
Tout en rougissant sous le coup de tant de charme, je lui donnais volontiers mon petit bras et nous quittâmes la salle. Je n'étais pas vraiment attirée par Jean-Baptiste. Mais être au bras d'un beau garçon dans de belles fringues me comblait de joie. Je sais, c'est très frivole. Mais je ne contrôlais pas ce que je ressentais à ce moment, c'était comme un petit rêve éveillé.
Nous finîmes par atteindre le Grand Escalier. Je vis alors plusieurs filles Beauxbâtons dans les marches et en bas près de la Grande Salle se tourner vers notre duo puis me fixer. Certaines avaient l'air de voir un extra-terrestre. D'autres donnaient l'impression que j'avais voler leur bien le plus précieux. Mais toutes restaient dignes, droites et la bouche fermée.
Je sentais de toutes parts des regards sur moi et je me sentais encore plus comblée. Quand j'y repense, je me hais pour avoir été aussi heureuse. Mais l'expérience était troublante, j'étais jeune et prompte à me satisfaire d'être une jolie princesse au bras du prince charmant et que tout le monde miroitait avec jalousie ou étonnement.
Arrivés en bas des escaliers, je croisai Fran aux bras du frère de Ginger. Cette dernière quitta le bras de son petit ami pour se ruer vers moi, nonobstant qu'elle portait une robe rouge à volant qui la rendait un peu ridicule dans sa course – robe toutefois sublime avec toute sa dentelle noire qui contrastait sur le rouge pourpre du tissu.
« Hey ! Maggy ! Tu as fais vraiment très fort ce soir ! Toi, ici, et au bras d'un bel étalon ! Tu aurais pu m'en parler avant !
Je jetai un œil à un Aloysius à qui le smoking, bien que semblant sorti des années 30, allait à merveille. Il conserva un air détendu et souriant même lorsque Fran qualifia mon cavalier de « bel étalon ». En même temps, ce n'était clairement pas le genre à être jaloux.
– Je ne t'ai pas beaucoup vu ces derniers temps, Fran… Je suppose que c'est tous le boulot pour les ASPIC.
– Ah, oui ! Ne m'en parle pas. Heureusement ce soir on peut se détendre. Alors, dis-moi tout, comment l'as-tu attrapé ?
– Quoi ?
– Eh bien ton cavalier !
Jean-Baptiste conservait un calme exemplaire, souriant en coin à celle qui le considérait comme une prise de choix.
– Euh, je… Fran, tu dois bien te douter que ce n'est pas moi qui suis venu vers lui, quand même. Il m'a… Il m'a proposé, tout simplement.
– Oh, je vois…
Tout en plissant les yeux, Fran sourit en coin à mon cavalier et prit la main de son petit ami.
– Quelqu'en soient les raisons, je vous souhaite une bonne soirée à tous les deux. Allez viens, mon petit Al. »
Et ils entrèrent dans la grande salle. Contente que la soirée commence bien, je me mis à observer tous les couples par-ci par-là, vis Potter avec une des jumelles indiennes et Ron avec l'autre, puis remontai les yeux vers le haut de l'escalier. Qui d'un coup me sembla être en fait la voie d'accès au Paradis lorsque je vis l'ange magnifique qui y apparut.
Le monde autour de moi s'évanouit. Je ne voyais plus que le haut de ces marches et celle qui s'y présentait seule. Tous les bruits autour de moi devinrent des murmures. Je n'étais plus capable de bouger. Je ne pouvais que m'abreuver de la vision face à moi.
Morgan se tenait là-haut. Ce n'était plus cette adolescente athlétique que je connaissais. Non, la personne qui se trouvait là-haut était une véritable femme au maintien parfait. Abordant d'un geste gracieux la rampe de l'escalier avec sa main gantée, elle entreprit de descendre du Paradis pour se mêler aux hommes.
Morgan Etterna Neima Ebony portait une robe de soirée en soie noire qui correspondait à la couleur de ses cheveux et ses yeux. La robe moulait à la perfection le haut de son corps et son bassin avant de s'élargir pour atteindre précisément ses chevilles et le décolleté laissait allégrement apparaître sa poitrine généreuse. Elle portait également un tour de cou en dentelle noire, des gants semblables aux miens mais en noir et des pantoufles en satin, noirs eux aussi. Elle avait mis des boucles d'oreilles en argent représentant des croissant de lune et s'était maquillée. C'était notamment pour cela que son visage me semblait plus divin que jamais. Elle s'était contentée d'un rouge à lèvre foncé ainsi que d'un crayon noir pour les yeux, mais cela suffisait à rendre son visage bien plus beau. Quant à ses cheveux, ils étaient attachés en arrière dans une sorte de bouquet qui les faisaient aller dans tous les sens sans que cela semble désordonné. Seules deux mèches descendaient de part et d'autre de ses tempes.
Face à ce portrait magnifique, je ne me sentais carrément plus exister. Aussi lorsqu'après avoir descendu avec une délicatesse qui ne lui ressemblait pas les marches, je fus surprise que cette Vélane sombre s'adresse à moi.
« Bien le bonsoir, chère amie. Comme promis, nous nous revoyons au Bal.
Après un instant de flottement pendant lequel je repris conscience du monde autour de moi, je clignai des yeux puis dit avec un sourire incertain :
– Je vois ça. Tu… Tu es superbe, Morgan. Je ne sais pas comment décrire ça plus en détail, tu… Woaw…
– Merci du compliment, très chère. Je dois avouer que je suis également bluffée par votre éclat. Je vois que votre cavalier n'a pas été regardant sur les dépenses pour sa belle.
Elle se tourna vers Jean-Baptiste qui s'inclina légèrement avec un énorme sourire en coin.
– Je ne me souviens pas que Margaret m'ait auparavant présentée une femme de votre raffinement. Vous êtes ?
– Toujours le mot pour rire, Monsieur Fournier, répondit Morgan dans un petit rire discret.
Où était passée ma Morgan avec son impétuosité et ses manières rudes ? Elle devait être quelque part derrière cette princesse aux habits de jais, mais je ne la trouvais pas. J'aurais pu regarder cette nouvelle Miss Ebony pendant des heures. Mais le professeur McGonagall perturba ma contemplation.
– Les champions, par ici, s'il vous plaît.
Il y eut un mouvement de foule pour venir observer les champions dans leurs habits d'apparat. Alors que je me tournais vers Fleur Delacour qui arrivait avec autant d'éclat qu'à son habitude, Morgan me chuchota à l'oreille :
– Je t'attends à l'intérieur.
Et avant que j'ai pu lui répondre quoique ce soit, elle s'éloignait d'une démarche élégante non sans m'adresser un de ses sourires en coin dont elle avait le secret. Lorsque je me retournai pour observer l'arrivée de la française dont le cavalier semblait zombifié par la beauté, j'entendis mon cavalier à moi lui glisser :
– Félicitations, je n'aurais pas trouvé meilleur meuble pour m'afficher.
– On reparlera de mes choix lorsque tu ne voleras plus d'enfant à la maternelle, répliqua Fleur avec cependant un air assez charmeur et dénué de moquerie.
Je laissai donc la chose passer et Fleur m'adressa un bref signe de tête avec un air amusé et entra dans la Grande Salle. Je me tournai vers Jean-Baptiste avec un air intrigué.
– Qu'est-ce qu'elle voulait…
– Je suis sorti avec elle, dit rapidement J-B. Il y a quelques années. Un truc entre gosses, pas très long, mais c'était sympa. Et je suppose qu'on garde toujours des traces. Ces petites piques n'étaient pas méchantes. C'est un jeu.
– Mais elle semblait se moquer de toi lorsque tu venais me parler dans la Grande Salle.
– Elle le faisait. Mais sans l'intention derrière… Erf, tu comprendras plus tard, sans vouloir t'offenser.
– Non, non, je suppose que… je ne peux pas encore tout savoir…
J'étais un peu vexée. Et un peu jalouse. Mais je ne le fus pas longtemps. Une jeune beauté dans une robe de la même couleur que la mienne passa devant mes yeux. Lorsque je vis son visage je ne pus retenir ma voix et m'exclamai :
– Hermione ?!
Ma voisine se tourna vers moi en écarquillant les yeux.
– Maggy ?! Qu'est-ce que tu fais ici ? Oh… Tu es avec quelqu'un. Je me demande bien comment tu as fais ton compte, mais…
Remarquant qu'elle était avec Viktor Krum, je souris fièrement et l'interrompit :
– On a suivi mon conseil ?
– Il semblerait, répondit-elle avec un sourire gêné.
– T'as bien fait. Profite de cette soirée. Tu n'as jamais été aussi jolie, voisine.
Hermione sembla vraiment touchée par le compliment. Il faut dire que je la connaissais depuis des années, je savais de quoi je parlais.
– Je peux en dire autant de toi, je crois. » répondit-elle.
Je fis une petite révérence pour la remercier et la laissai passer avec son cavalier. Puis les deux héros de Poudlard entrèrent à leur tour.
Que dire du bal en lui-même ? Les Bizarr' Sisters avaient été chargées de la programmation musicale, donc autant dire que ça bougeait. Je n'étais pas fan de la musique du monde sorcier, mais il fallait admettre que ces filles avaient des tripes. Je restai un moment assis avec mon cavalier avant qu'il ne m'entraîne pour un slow. Ce fut fort sympathique, mais J-B ne cessait de sortir des blagues à propos de ses pieds ou des autres filles qui le regardaient et je devais me retenir de ne pas exploser de rire. Je me rendis compte à cet instant que rien dans ce rancard n'était sérieux et que je devais juste profiter de ma chance et de la jalousie que je provoquais. Lorsque le slow fut terminé, je me retournai et tombai nez à nez avec Morgan. Regardant alentour, je remarquai que plusieurs garçons avaient lâché des yeux leur partenaire pour zieuter mon amie sous tous les angles. Je ne pouvais vraiment pas leur en vouloir. Elle se pencha vers moi.
– La prochaine danse est pour moi ?
Je reculai d'un pas.
– Qu-quoi ?
Morgan perdit un peu de son sourire.
– Tu ne veux pas danser avec moi, Finey ?
– Mais… je… Morgan, tout le monde va nous regarder, ça ne serait pas…
Là, Morgan perdit complètement son sourire.
– Et depuis quand on s'en soucie ? Où est passé ton esprit d'aventure ?
– Morgan, ne te méprend pas, mais je…
Je sentais tous les regards sur Morgan. Ceux qui si je dansais avec elle allaient converger vers moi et qui allaient me juger, nous juger. Et je ne pouvais même pas l'envisager. Même si Morgan semblait y tenir, je ne pouvais pas céder. La masse des élèves avait gagné ce combat d'avance, il m'était impossible de faire une chose pareille.
Morgan, comprenant à mon regard que je ne céderai pas, se raidit et m'adressa un regard supérieur et méprisant qui me fit me sentir comme le plus insignifiant des déchets de cette planète. Mes épaules se voûtèrent et je détournai le regard de cette reine supérieure et dédaigneuse. Finalement elle s'en alla d'un pas tranquille, sans plus de regards pour moi.
Je restai un moment pétrifiée, soudainement horrifiée par mon attitude et essayant de calculer les conséquences. Mais je n'arrivais pas à un résultat. Je ne savais pas quel effet j'avais eu sur la Serpentard. Ca pouvait avoir été un petit accroc comme une catastrophe. J-B s'approcha et me dit en regardant la porte de la Grande Salle :
– Je ne sais vraiment pas ce que vous lie toutes les deux, mais j'ai dans l'idée que tu ne devrais pas rester ici. Tu sais où elle a pu partir ?
Je ne mis pas longtemps à répondre.
– Oui, je le sais… »
« Tiens, revoilà la lâcheuse. Alors, tu as bien profité de la fête ?
– Morgan…
Elle était sur l'esplanade du toit comme je le pensais et s'appuyait sur la rambarde avec ses mains. Je l'avais rejointe en courant. Elle fixait le ciel.
– Je me demande vraiment ce que tu vas pouvoir dire.
– Je… je suis désolé.
– Tu sais de quoi, au moins ?
– D'avoir refusé cette danse. Mais dis-moi… Pourquoi ? Pourquoi c'était si important pour toi ? Quel était le but de cette danse ?
J'avais réfléchis à cela pendant que je courrais à travers les couloirs. Mais je n'avais pas su me convaincre que j'allais poser la question. Finalement, j'y étais arrivée. Sans doute la désespoir de comprendre.
Morgan se retourna vers moi et appuya son derrière sur la rambarde, croisant les bras.
– Ca représentait ce que tu voulais que ça représente. Mais peu importe, puisque tu ne voulais pas qu'on nous regarde. Ca te gênait tant que ça, l'avis des autres ? Tous ce que tu m'as toujours dis sur ton indifférence quant au jugement des autres, c'était du pipeau ? Sois honnête, Margaret !
Elle s'était énervée et la lune se reflétait dans ses yeux noirs. Elle retenait ses larmes. Je m'approchai doucement.
– Je ne sais pas Morgan, je ne sais vraiment pas. Ce n'est pas un jugement comme les autres, puisque je ne sais même pas ce que cette danse aurait… aurait concrétisé. Tu es si mystérieuse, je ne sais pas du tout ce que tu as derrière la tête. Alors cette danse… Trop d'interprétations possibles, pas assez d'assurance de mon côté, et tout une salle remplie de gens qui me voient tous les jours… Je ne suis pas assez… pas assez… pas assez comme toi.
– Tu veux parler de mon côté solitaire, ermite, ou… Comment dit-on ?… asocial ? Oui, c'est ça, tu me trouves asociale ?
– Ce n'est pas le mot le plus approprié mais oui je parle de ça.
Elle s'énerva davantage.
– Et ça te gêne ?! Je crois que je me suis vraiment trompée sur ton compte !
J'étais à présent à un seul mètre d'elle et je pouvais déceler la tristesse derrière sa colère. Elle n'était même pas agressive. Juste énervée. Et triste.
– Ecoute, ça ne me gêne pas, Morgan. Mais je ne suis pas forcément comme toi. Et au final, je ne sais toujours pas ce que représentait cette danse…
Morgan me regarda comme si elle allait me tuer puis détourna le regard en relâchant ses cheveux qui partirent voler dans le vent. Ce mouvement me donna un frisson. Puis elle se frappa le front et soupira faiblement :
– Je ne sais pas moi non plus. Je suis tellement en colère contre toi. Et je ne sais même pas ce que je te reproche d'avoir refusé. Tu es… tu es qui, Margaret ? Je ne comprend rien. Aide-moi.
Je ne sus d'abord pas quoi répondre. Soudain, j'entrevis la réponse et le problème de mon amie. Je me tins droite et pris un air assuré.
– Je suis comme je suis. Mais je peux représenter quelque chose de particulier à tes yeux. C'est à toi de voir. C'est çà, la question que tu te poses, et moi je ne suis pas dans ta tête.
– Mais tu… je… Je n'y arrive pas. Cela fait trop longtemps que je n'ai pas… pour quelqu'un… Je ne sais même pas ce que c'est.
Morgan semblait perdue. Un silence s'installa puis fut perturbé par le début d'un nouveau de slow sous nos pieds. La musique filtrait à travers les dalles. Je regardai alors Morgan qui elle fixait le sol d'un air désemparé, les bras toujours croisés, les cheveux volant au vent comme une voile de bateau. Elle était encore plus belle ainsi, ayant laissé tomber tout masque de son visage et affichant une détresse douloureuse. J'eus soudain une inspiration. Je tendis ma main gantée vers Morgan et dit :
– Je t'accorde cette danse, Morgan. »
Après un moment pendant lequel Morgan semblait avoir été changée en statue, elle me regarda avec des yeux ronds comme si elle n'en revenait pas de quelque chose. Je restais en position, attendant qu'elle accepte ma danse. Mais ce qu'elle fit n'avait rien à voir avec une danse.
Sans perdre son air hébété, elle se rapprocha et mit ses mains de part et d'autre de ma nuque, tout en l'inclinant légèrement. Elle caressa mes joues de ses pouces. Puis son visage se fit plus proche, elle ferma les yeux et appuya ses lèvres contre les miennes. Je fermai également les yeux. Le monde s'arrêta de tourner une nouvelle fois alors que je ne sentais désormais plus qu'une chose. Et quelle chose délicieuse.
Et voilà, elles l'ont fait. Amateurs de slash, calmez-vous, ce n'est que le début et il y a encore 3 tomes derrière celui-ci donc... :p
