Bonjour tout le monde, je suis de retour avec le chapitre 25.Je comptais parler d'un autre sujet dans ce chapitre, mais plus les lignes défilaient, et plus je me disais "argh... non, je n'ai pas le temps d'en parler... puis ça commence à faire long... ça fait long, là..." pour finalement arriver à cette conclusion "...oui, c'est déjà assez long, on fera ça au prochain chapitre."
Donc vous risquez d'avoir une bonne intrigue perfect pair dans le prochain chapitre. De toute façon, ça ne fera pas vraiment "tâche" dans l'organisation de l'histoire, vu que le sujet dont je veux parler concerne un bon paquet de personnages, autres que Fuji et Tezuka. Ah ! Aussi ! Dans ce chapitre, on revient quelques semaines en arrière par rapport au précédent (d'où la phrase soulignée indiquant le marqueur de temps en début de chapitre), la semaine prochaine, nous revenons à la même période que dans le 24 !Bref... Ces détails évoqués, j'espère que vous avez passé une bonne St-Valentin, que ça soit avec votre aimé(e) ou bien avec vos amis, votre famille...L'important c'est d'avoir célébré l'amour !
À vrai dire, je comptais écrire quelque chose pour le 14 février... mais boop, un imprévu est arrivé (et vu que j'écris pour le jour-même... c'était donc loupé). Si jamais le jour de la White Day je suis disponible, j'essaierai de me rattraper !
Enfin voilà... Je vais à présent répondre aux commentaires :
Youki Minaco :
Hello sweetie, thank you for the review!
Ahahah, oui! Choc, révélation ! Niou est amoureux de Yukimura ! Hahah, j'avais laissé quelques indices dans les chapitres précédents, mais la vérité éclate enfin au grand jour !
À propos des sentiments de Sanada ou de Yukimura ; Sanada est du genre à rejeter l'idée de tomber amoureux. Pour lui Yukimura était simplement son meilleur ami, pour qui il devait rester fidèle et disponible... Du coup, je ne voyais que la solution du choc pour pouvoir le faire se rendre compte de ses sentiments hahaha!
Voici le chapitre sur la Perfect Pair, j'espère qu'il va te plaire !
Merci de toujours commenté cette histoire !
See you soon, take care of you, Youki.
Koneko-Chan :
Coucou !
Merci énormément pour tes deux commentaires sur le chapitre 19 et 20. (bon du coup, tu ne verras ma réponse que lorsque tu liras le 25 haha, mais tu as déjà eu un petit mot de ma part donc je suppose que tu me pardonnes ... ?) Ça me fait vraiment plaisir de constater que l'évolution de l'histoire te plait, que les descriptions te semblent correctes ainsi que le caractère des personnages. C'est un vrai soulagement pour moi.
J'espère que cette histoire va continuer de te plaire, même si elle se termine dans quelques semaines.
Bisous, à très vite !
Voilà, je vous laisse à présent avec la lecture de ce chapitre, on se retrouve plus bas !
Après la victoire de Seigaku contre St-Rudolph
Nous marchons lentement, le long des grillages de protection des courts de tennis. Autour de nous, les dernières équipes évacuent le lieu de la compétition, alors que le soleil commence à descendre paresseusement dans le ciel, se cachant derrière les nuages tout en diffusant à l'horizon, ses premières lueurs corails.
Je laisse ma main frôler le fer à ma gauche, mes doigts rebondissant mollement contre les formes répétitive du grillage. J'attends qu'il débute la conversation depuis plusieurs minutes, mais peut-être que finalement, c'est à moi d'ouvrir les hostilités.
De ce fait, en contournant pour la deuxième fois le même terrain, je laisse les mots s'échapper sans les retenir, déclarant ;
- Je sors avec Tezuka. Tu étais au courant ?
Il tourne aussitôt le visage en ma direction, écarquillant les yeux, puis détournant rapidement la tête tout en fronçant des sourcils.
- Oui, j'étais au courant.
- Ah…? Alors pourquoi cet air étonné ?
Ses iris me font face de nouveau, une légère colère enflammant ses lueurs noisettes.
- Je pensais que tu allais m'annoncer ça avec un peu plus… de tact.
Je lâche un profond soupir, fixant mollement mes yeux sur les magnifiques reflets orangés et roses pâles que m'offrent la vue du ciel. Pourquoi faut-il toujours que ce soit si compliqué ? Pourquoi ne puis-je pas seulement dire que je suis en couple, sans prendre la peine de créer de grands discours ?
Honnêtement, je commence à fatiguer. Je suis profondément heureux de ma relation avec Tezuka, mais épuisé de l'assumer. Je me souviens du jour où Yuuta m'a annoncé qu'il avait une petite-amie. J'étais content, je l'ai un peu taquiné à ce propos, mais en aucun cas je lui ai reproché d'être tombé amoureux.
Ce type de réaction me semble logique. Cependant lorsqu'il s'agit de ma vie amoureuse, là, tout simple controversé, les mots changent, l'attitude diffère. Yuuta n'échappe pas à la règle ; bien qu'il me semble plus composé que Yumiko, il demeure tout de même assez irrité.
Ah… Je déteste tellement les conflits… J'aimerais mieux observer le soleil, jusqu'à ce que ses dernières lueurs s'évanouissent.
- Que veux-tu que je te dise de plus…? Je sors avec lui, il n'y a rien de particulier à ajouter…
- ...Mais tu l'aimes ?
Je cligne des yeux, regardant de nouveau son visage. Il a l'air profondément confus, incertain. Ses sourcils demeurent froncés, tandis qu'ils triturent maladroitement ses doigts, un signe évident qu'il aimerait éviter cette discussion. Je me sens un peu pris au dépourvu par cette question, mes récentes réflexions soudainement repensées. Serait-il en train d'essayer de me comprendre…? D'accepter la réalité ?
D'une voix encore un peu incrédule, je réponds lentement ;
- ...Oui, je l'aime…
- O-Ok…
Il détourne le regard dans un intense embarras, les joues se colorant légèrement de rose. En tentant de reprendre une contenance, il déglutit bruyamment, racle sa gorge, et trouve un soudain intérêt dans la contemplation du ciel crépusculaire.
Je hausse un sourcil intrigué, essayant de définir intérieurement la signification de ses réactions.
- … Eh bien Yuuta, c'est tout ce que tu as à me dire ?
- J-Je ! S'emporte-t-il aussi face à ma taquinerie, C'est juste… C'est juste que ça me fait un peu bizarre. (Il lâche un long soupir, avant de frotter frénétiquement sa main contre ses courts cheveux ;) J'ai des amis qui sont… qui ont… qui aiment les garçons, mais t'es mon frère. C'est pas pareil… Je sais pas ce que je devrais te dire…
Je reste muet de surprise. Alors ça signifie qu'il n'est pas contre ma relation…?
En l'observant plus sérieusement, je comprends soudain qu'il est simplement...maladroit. Il voudrait agir de la meilleure des façons sans savoir comment s'y prendre pour se faire. Concrètement, il se fiche éperdument du sexe de la personne que j'aime, seulement, il n'est pas familier avec le fait que mon petit-copain soit un garçon. C'est encore une surprise pour lui.
Ne pouvant pas retenir mes taquineries, je laisse mes mots plaisanter ;
- Ne t'inquiète pas, tu as jusqu'à mon mariage pour réfléchir à ta déclaration.
- G-Grand-frère ! Gronde t-il aussitôt avec colère.
Je laisse aller un rire, alors qu'au loin les couleurs du soleil commence lentement à s'évaporer. Mes yeux se plongent dans les iris fraternels, tremblant d'irritation, et je retrouve mon sérieux. Je ne devrais pas continuer à le taquiner de la sorte, pour une fois qu'il s'ouvre à moi, il faut que je fasse de même.
C'est pourquoi, dans un sourire, je lui intime d'une voix calme ;
- Plus sérieusement, tu n'as pas grand chose à me dire, tant que je sais que tu soutiens mes choix.
Il me lance un drôle de regard, perplexe, avant de hocher la tête affirmativement.
Son accord semble me libérer d'un poids énorme. Après la réaction de Yumiko, je pensais que l'intégralité de ma famille réagirait de la sorte… Apparemment non. Une nouvelle force, un profond soulagement et une grande poignée de félicitée me submergent. Finalement Yumiko a tort, je suis parfaitement normal, être amoureux de Tezuka n'est pas une erreur, et Yuuta est d'accord avec moi.
Néanmoins malgré ces soudaines pensées, je tente de changer de sujet ; Yuuta a eu sa dose de malaise pour la journée, je ferais mieux de converser d'un sujet qui lui parle.
C'est pourquoi, d'une voix calme je déclare ;
- En tout cas, même si tu as perdu contre Echizen, j'ai vu que tu t'étais amélioré, c'est génial.
Il cligne des yeux précipitamment, se grattant le bras avec gêne tout en soufflant rapidement ;
- Ah… Ouais…
- D'ailleurs, j'ai entendu grande-soeur discuter avec maman hier, elles ont hâte que tu reviennes à la maison.
- … Plus tard.
- Pourquoi plus tard ? Je suis sûr que grande-soeur fera une super tarte. Allez, reviens.
Comme à l'accoutumée lorsque j'évoque ce type de demandes, il se renfrogne, traîne des pieds. Je m'amuse de ce comportement enfantin, de ses réactions que je trouve attendrissantes, mais très vite afin d'échapper à moi il prétexte une course, puis file au loin d'un pas rapide.
Je le regarde s'éloigner en ressentant une pointe de déception, avant de reprendre une contenance. Le soleil va bientôt se coucher, ses derniers rayons colorés se reflétant contre les courts cheveux caramels de Yuuta. Je souris. C'est une belle image pour finir cette épuisante journée.
OoO
Je tente de conserver une posture droite contre ma chaise, cachant la légère anxiété accélérant mon rythme cardiaque.
En face de moi, le bureau est large, bien organisé. Un pot à stylos, deux piles de documents entassés, un téléphone fixe, et mon dossier ouvert en son centre. Le médecin, derrière, se tient dos à moi, observant dans un silence inquiétant les résultats de mes dernières radios. Il les déplace quelques fois, les apporte un peu plus près de son visage… puis laisse un son évasif s'échapper d'entre ses lèvres.
Je patiente une minute supplémentaire, priant intérieurement pour qu'aucune complication de santé ne se déclare de nouveau.
Puis il fait volte-face. Son visage est indéchiffrable, tandis qu'il dépose délicatement le résultat de l'une de mes radios contre son bureau, à côté de mon dossier. Il joint ses mains l'une à l'autre après avoir lu quelques lignes sur une des feuilles sous ses yeux, puis déclare enfin d'une voix neutre ;
- Eh bien, à propos des blessures provoquées par l'accident d'il y a quelques mois, tu n'as plus de soucis à te faire, ça fait bien longtemps que tu es rétabli. En revanche…
Il fait rouler sa chaise, décrochant une nouvelle radio avant de l'apporter face à moi. Je retiens mon souffle un instant, appréhendant grandement la suite de sa révélation.
- … En revanche, Reprend t-il en pointant du doigt l'image de l'un de mes os, Cette blessure que tu as au coude depuis plusieurs années, bien que l'on puisse te déclarer guéri, j'aimerais tout de même que tu évites les gestes brusques.
- … C'est-à-dire ? Questionnais-je, prudent.
- Tu fais du tennis n'est-ce pas ? (Je réponds à l'affirmative et il poursuit ;) Je ne t'interdis pas de jouer, mais j'aimerais que tu sois prudent lorsque tu devras plier ton coude. N'insiste pas si tu sens que ça te tiraille, sinon tu risques plus gros que ton ancienne blessure.
Je hoche lentement la tête, cependant intérieurement une réalité m'emporte ; Pas de gestes prononcés équivaut à l'absence du Zero shiki Drop Shot. J'essaierai de m'en passer mais malheureusement, si mon opposant me force à l'utiliser, alors je n'hésiterai pas.
Je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour permettre à mon équipe d'accéder aux nationales. Même si je dois y laisser mon bras, ou dépenser jusqu'à la dernière goutte de mon énergie.
Mon rendez-vous se termine sur quelques formalités. Le médecin me fait signer un papier, procède au paiement et range soigneusement mes radios avant de me les rendre. Je ne m'éternise pas dans la salle, le saluant poliment puis quittant l'hôpital d'un pas pressé.
La bonne nouvelle, c'est que mes anciennes blessures sont complètement soignées. Cet affreux incident est enfin derrière moi, je n'aurais plus jamais à évoquer ce sujet, je peux dès à présent l'oublier définitivement et me concentrer de nouveau sur ma vie adolescente.
Je tente de conserver cette note positive en mémoire lorsque je rencontre le faciès d'Oishi, qui m'attendait devant l'édifice.
- Alors ? Me demande t-il d'un air inquiet.
- Tout va bien. Je dois juste éviter de forcer sur mon coude.
- Ah… Quel soulagement ! Souffle-t-il en posant sa main contre son coeur, Il n'y a donc plus aucun obstacle qui nous empêche de gagner cette compétition !
- Effectivement.
Nous entamons une marche d'un pas régulier, en direction de nos maisons respectives. Oishi débute une conversation à laquelle je réponds brièvement, réfléchissant plutôt à l'avenir des prochains matchs.
Il nous reste plusieurs équipes à affronter dans les deux semaines à venir. À priori, je n'aurais nul besoin d'utiliser le Zero Shiki Drop Shot durant ces rencontres. En revanche, le problème se posera lorsque nous devrons affronter Hyotei, ou Rikkaidai, des équipes aux performances nationales qui demandent de Seigaku qu'il joue à son meilleur niveau. Il n'y a plus qu'à espérer les rencontrer le plus tard possible dans la compétition… Peut-être que quelques semaines de plus suffiront à mon coude pour retrouver ses pleines capacités.
- Ah, et dis-moi Tezuka ? M'interpelle soudain Oishi en plein milieu de son monologue.
- Hm ?
- Toi et Fuji...vous sortez bien ensembles, n'est-ce pas ?
Je lui accorde un regard intrigué, curieux qu'il me pose ce type de questions.
- En effet.
Il passe une main derrière sa nuque, grattant nerveusement son crâne avant de reprendre timidement ;
- C-c'est...c'était donc vrai… Alors, du coup… Tout se passe bien entre vous ?
Il évite soigneusement mon regard, ses yeux fixant le sol alors qu'à l'horizon le soleil se couche paresseusement.
- Oui. Accordais-je d'un ton prudent.
- J-je vois… Tant mieux…
Je le trouve distrait, perdu dans ses pensées. Comme s'il retenait certains mots, certaines révélations. D'ordinaire, j'aurais laissé la discussion se terminer ainsi, néanmoins, son comportement m'évoque un étrange pressentiment, une sensation inquiétante que je ne peux refouler.
Je l'observe durant quelques minutes supplémentaires, tandis que nous progressons parmi la cohue, le vacarme tonitruant du trafic routier et des conversations voisines rebondissant dans des échos de bruits divers. Il se triture à présent les mains, mordille discrètement sa lèvre. Définitivement, je ne peux laisser la conversation finir, alors, capitulant je questionne d'une voix calme ;
- Il y a-t-il quelque chose que tu aimerais me dire ?
Aussitôt il sursaute, ses émeraudes se figeant avec stupeur dans mon regard. Il tente un rire gêné, accentuant le mouvement de ses ongles contre son crâne, puis finit lentement par accorder ;
- Eh bien… C'est juste… C'est une surprise, votre relation.
Maintenant, je suis définitivement intrigué. Mes sourcils se froncent avec prudence, et j'essaie de le pousser à approfondir sa réflexion en questionnant ;
- Une surprise ? C'est-à-dire ?
- Eh bien… Souffle-t-il d'une voix mal assurée, Vous sembliez proches, c'est certain, mais peut-être pas au point de former… un couple.
- Je vois, c'est ce que tu penses. Répondis-je en retenant une légère pointe d'agacement.
- N-Non, ce n'est pas ce que je voulais dire ! Enfin… (Il soupire tandis que nous nous engageons dans une nouvelle rue, beaucoup plus isolée et moins bruyante) Bien que Fuji ait toujours été un bon ami à toi, depuis l'incident dont tu as été victime… J'ai l'impression qu'il a un peu profité de ton état pour… et bien…
- Si tu as quelque chose à dire, dis-le clairement Oishi. Coupais-je d'un ton autoritaire.
Il se mord l'intérieur de la joue alors que je tente d'apaiser la contrariété grandissante qui m'envahit. Je rêve, est-il réellement en train de sous-entendre que… ?
- Et bien ce que je voulais dire, Reprend t-il soudain, C'est que j'ai l'impression que Fuji t'as manipulé afin de te séduire.
Malgré l'envie de demeurer stoïque, je sais pertinemment que mon regard est assassin. Comment en est-il arrivé à une telle conclusion ? Fuji n'est pas n'importe quel individu, il a été son camarade depuis notre entrée à Seigaku. Il le connaît, il sait qu'il ne pourrait jamais commettre ce type d'acte. Alors… pourquoi cette accusation infondée ?
Je me sens profondément déçu par Oishi. Trahis, également. Je ne pensais pas qu'il serait capable de tels propos à l'égard d'un membre de notre équipe, moi qui l'ai toujours connu gentil et soucieux d'autrui.
Trop occupé à retenir ma colère, je laisse instinctivement les mots glisser sur ma langue, répondant rapidement ;
- Je peux savoir ce qui t'amène à une telle conclusion ?
Ma voix est un peu sèche. Je crois que c'est la raison pour laquelle il semble redoubler de panique, serrant ses mains si fortement que ses phalanges en prennent une couleur blanchâtre. Presque immédiatement, il tente de formuler d'une voix pressée ;
- Je ne veux pas paraître méchant, c'est juste que tout est tellement soudain… que je ne peux m'empêcher de penser à cette éventualité.
- Imaginons que tu ais raison, qu'est-ce que Fuji gagnerait à me séduire ? Accusais-je en soutenant férocement son regard.
Devant l'air déterminé que j'aborde, il semble lui aussi gagner de plus en plus de confiance. En inspirant profondément, ses mains se détâchent l'une de l'autre, ses épaules se redressent, et alors qu'il expire bruyamment, il déclare en défiant mes yeux ;
- Il était toujours derrière toi depuis notre première année. Il a été le premier à deviner que tu étais gaucher, et également le premier à comprendre à quel point tu étais doué au tennis. Il a l'air de t'envier. Il a l'air de vouloir être aussi fort que toi, et peut-être qu'il s'est dit que tu baisserais ta garde si vous sortiez ensembles.
- Tezuka ?
- À demain Oishi, sois prêt contre nos prochains adversaires.
Sans le laisser répondre, je fais volte-face et m'engage en sens inverse, à l'opposé du chemin menant à mon domicile. J'accélère le pas, essayant d'oublier à quel point les pensées d'Oishi m'ont semblé mesquines et m'ont déçu, tentant de calmer cette panique qui semble accélérer mon rythme cardiaque.
Je suis affreusement choqué qu'il se fasse une telle idée de Fuji, qu'il puisse être capable de l'imaginer agir de la sorte. Quelque part en moi, je me sens vexé, triste, et un peu déboussolé.
Fuji m'a affirmé qu'il m'aimait, et ses réactions face à moi sont beaucoup trop évidentes pour que je remette en question sa parole… cependant… Cependant je ne peux empêcher une crainte inédite de s'infiltrer sournoisement à l'intérieur de ma tête. Et si Oishi avait raison ? J'accélère le rythme de mes pas en tentant de ne pas y penser trop longuement.
Je tourne dans une ruelle, m'enfonçant rapidement sur le chemin de cette route que j'ai déjà emprunté des centaines de fois. Je dois me dépêcher. J'ai besoin de me rassurer avant de rentrer chez moi, sinon je ne pourrais pas être efficace demain.
Et en tant que capitaine de Seigaku, je ne peux pas me permettre de faiblir.
OoO
J'écarquille grandement les yeux, une profonde surprise m'envahissant.
Au loin, j'aperçois un uniforme… L'uniforme du club de tennis de Seigaku, porté par ni plus ni moins que son capitaine en personne.
Tezuka m'a dit qu'il devait aller à l'hôpital après la rencontre… Il ne devrait donc pas marcher par ici… Ce n'est pas normal… Est-ce que quelque chose de grave est arrivé ? Est-ce que le résultat de ses radios sont…?
Soudain effrayé, je m'élance rapidement en direction de la silhouette marchant à l'horizon, dépassant à une vitesse folle les maisons alignées les unes à côté des autres, et m'éloignant ainsi de ma propre demeure. Inévitablement, j'aperçois de plus en plus distinctement son visage, et très rapidement je me retrouve à quelques mètres de lui, m'exclamant ;
- Tezuka ! Que se passe-t-il ? Tu n'étais pas à l'hôpital ?
Il ne répond pas, comblant la distance entre nous grâce à ses pas et se penchant rapidement sur moi. Instinctivement, mes bras s'élèvent dans un geste brusque afin d'arrêter son mouvement, et il me renvoie un visage ahuri, une mine que je n'avais jusqu'alors encore jamais aperçu à son propos.
- Fuji, tu- Commences t-il d'un ton abasourdi.
- Nous devons simplement éviter le contact physique près de ma maison. Viens, allons plutôt par ici. Eclairais-je tout en le tirant dans une allée discrète.
Lorsque je fais volte-face afin de rencontrer de nouveau son visage, il est de redevenu impassible. Lentement, il laisse son regard se perdre à droite… puis à gauche… avant de réitérer son geste passé et d'ainsi se pencher vers moi. Cette fois-ci, je le laisse se mouvoir sans l'interrompre. Ses bras m'enserrent fortement, me collant à lui alors que ses lèvres se pressent dans une insistance inédite contre les miennes. Surpris par son ardeur, je demeure d'abord immobile… puis apporte mes mains autour de son cou, m'appuyant contre sa peau moelleuse afin de prendre appui sur la pointe de mes pieds et de pouvoir l'embrasser correctement.
Que lui arrive-t-il ? Je ne pense pas qu'il ait fait tout ce chemin pour un simple baiser volé… Quoique je ne m'en plains pas… Sa bouche est toujours aussi douce, ses mains sont chaudes et larges, et tandis que la friction de nos lèvres m'emporte dans des millions de frissons, j'arrive à sentir une effluve particulière se dégager de sa peau… Une odeur enivrante, saisissante, qui décuple la sensation de nos baisers, partagés entre le mélange de nos deux souffles tièdes…
...Stop. Ressaisis-toi. Tezuka met beaucoup trop d'ardeur à la tâche pour qu'il soit dans son état normal.
À contre coeur, je tente de me dégager de son étreinte...Mais brusquement, la pression de ses mains s'endurcissent avant que mes pieds… ne parviennent plus à toucher le sol.
Ahuris, je le laisse me soulever tout en continuant de prendre d'assaut mes lèvres, et en entendant l'un de ses soupirs, toute bonne résolution s'envole, me laissant succomber pleinement à mon envie d'approfondir notre échange.
C'est probablement la première fois que nous nous embrassons avec autant d'insistance et d'ardeur. Je me sens complètement envoûté par sa peau, par sa force et sa façon de me surplomber, par le son profond et grave de ses soupirs, et par cette odeur qui me plonge hors du temps. Mon coeur bat la chamade, il frappe si fort contre ma poitrine qu'il semble pouvoir s'en échapper. Je n'arrive plus à sentir mes membres, mes oreilles bourdonnent… J'ai affreusement chaud.
Mais finalement, Tezuka se retire. Il décroche ses lèvres des miennes, recule lentement son visage tout en inspirant une grande bouffée d'air, puis me repose délicatement au sol, où je décide de décoller de la peau de son cou.
- Eh… Eh bien… Commençais-je un peu abasourdi, Je ne pensais pas que tu pouvais être animé d'une telle ardeur…
- Fuji. M'interpelle-t-il de sa voix grave.
Je papillonne des yeux, surpris par le ton sérieux qu'il aborde. Je le vois reprendre son souffle discrètement, et je me rends soudain compte de l'état dans lequel je suis également ; complètement essoufflé. Nous demeurons alors silencieux quelques secondes, le temps de retrouver une contenance, puis, enfin concentré, je lui demande ;
- Que t'arrive-t-il ?
Ses yeux soutiennent mon regard avec une détermination étrange, presque déstabilisante. Un silence se déploie l'espace d'un instant, certainement le temps qu'il organise sa pensée, avant qu'il ne questionne d'une voix ronde ;
- Est-ce que tu m'aimes ?
Aussitôt j'écarquille les yeux, une chaleur brûlant mes joues et mes oreilles. Qu'est-ce que… ?
Je suis absolument déconcerté par son audace, demeurant muet tout en tentant de refluer la gêne m'envahissant.
- Fuji, Reprend t-il en saisissant mes épaules, Réponds-moi s'il-te-plaît.
- O-Oui ! Oui, évidemment que je t'aime… M'écriais-je rapidement afin de me débarrasser au plus vite d'une telle déclaration.
Un profond soupir de soulagement s'échappe de ses lèvres, et il lâche mes épaules. Je comprends alors qu'une tension vient de s'envoler, quelque chose qui le pesait et l'inquiétait. Alors, concerné par son attitude, je place l'une de mes mains contre sa joue, tendrement.
- Que se passe-t-il Kunimitsu ? Tu as l'air à cran.
Il sursaute légèrement à la touche de ma paume, puis semble se détendre tout contre elle, les yeux clos. Je demeure silencieux, essayant de contenir mon impatience afin de le laisser trouver les mots justes. Finalement, il ouvre de nouveau les paupières, plongeant son regard dans le mien tout en me confiant ;
- C'est Oishi, il a laissé sous-entendre que tu n'étais pas sincère. Evidemment je ne l'ai pas cru mais, au fond de moi… J'ai eu un peu peur.
Oishi ? Je me disais bien qu'il agissait de façon étrange… La nouvelle est choquante évidemment, mais d'une certaine façon depuis plusieurs semaines, je me méfie de lui. Je tente de ce fait de demeurer composé face à Tezuka, caressant délicatement l'épiderme diaphane courant sous mes doigts tout en lui assurant dans un murmure ;
- Je comprends. Ne t'en fais pas, je t'aime.
En le répétant une seconde fois, une réalisation me vient aussitôt à l'esprit. Tezuka a toujours su que je l'aimais, je lui ai déclaré plusieurs fois, toutefois, lui, ne m'a jamais annoncé qu'il m'aimait. Il a souvent laissé sous-entendre qu'il m'appréciait plus qu'un ami, mais pas encore il n'a avoué m'aimer.
D'une certaine façon… je me sens un peu vexé de devoir me justifier à ce point, alors que je n'ai jamais ordonné qu'il réponde à cette même question ; "Est-ce que tu m'aimes ?"
Néanmoins, je tais ma frustration. Nous parlons encore plusieurs minutes, mes mots apaisants et les siens de plus en plus assurés, puis je le raccompagne jusqu'à la rue principale.
Là-bas, après une étreinte discrète, nous nous séparons, et alors que je le regarde s'enfoncer dans la nuit, une pensée ardente vient lentement siffler dans ma tête…
… Il faut absolument que j'ai une discussion avec Oishi.
Et voilà, fin de ce 25ème chapitre ! J'espère que vous l'avez apprécié !Oishi... n'est pas si méchant que ça, je vous le promets hahaha. Il a des raisons d'agir ainsi, ce n'est pas juste un vilain petit jaloux haha.
J'espère que l'évolution de la relation Tezuka/Fuji vous plaît, en tout cas comme je le sous-entendais, dans le prochain chapitre, il va encore y avoir des étincelles...
On se retrouve donc la semaine prochaine pour l'intrigue sous tous les personnages. Si vous avez aimez ce chapitre, n'hésitez pas à le partager et le commenter, merci énormément de continuer à suivre cette histoire (qui se termine bientôt -au moins deux gros mois je suppose) et portez-vous bien.Je vous embrasse.
