Bien installée sur ses oreillers, Violette caresse doucement les cheveux de son homme pendant qu'il s'endort contre elle. Une fois qu'il est profondément endormie, elle ressort le petit carnet de Tom E. Jedusor et un stylo. Elle se met à y écrire sa journée.

Lundi le 27 Novembre 1987,

Aujourd'hui a été une journée assez mouvementée à St-Gring. Dumbledore a encore essayé de faire une connerie. Il m'a envoyé un hibou avec un portoloin, accroché à une patte. Je n'ai jamais autant apprécié les limites Anti-Magie de la communauté Gobeline qu'à ce moment. Ce que je peux DÉTESTER cet être immonde et dégoulinant d'hypocrisie qu'est Albus Dumbledore. Non content d'avoir fait vivre l'enfer à mon fils avant que je ne l'adopte, il essaye avec moi. Je suis terrorisée à l'idée qu'il finisse par le découvrir en s'acharnant sur moi.

Le paragraphe qu'elle vient d'écrire disparait alors de la page qui reste vierge un long moment avant que des mots qui ne sont pas les siens apparaissent dans une écriture soignée.

Il est vrai que Dumbledore est un monstre particulièrement vicieux. Je me présente, Tom Elvis Jedusor, pour vous servir.

Je suis Violette Prince. Enchantée, Mr Jedusor. À ce que je vois, nous partageons le même point de vue sur ce vieux fou!

En effet, répond le carnet, même à mon époque, il était déjà vieux et fou. J'ai créé ce journal en 1943, je suis certain que vous vous posiez la question.

Que vous a fait ce vil personnage? Si ce n'est pas trop indiscret? Demande la jeune femme pendant qu'elle repassait sa main dans la chevelure de son époux.

Il m'a guidé vers la pire erreur de ma vie, vers le chemin qui m'a mené à créer ce journal. À créer bien d'autres objets dans ce genre. Au début, je croyais que c'était une bonne idée. Je voulais changer le monde sorcier, le protéger des Moldus et des sorciers qui ne le préservaient pas et le menait, pas à pas, vers l'instinction pure et simple des fondations de notre peuple. Je voulais acquérir plus de pouvoir et de connaissances. Mais plus je créais d'objets comme celui-ci, plus mon âme se morcelait. J'ai fini par complètement perdre la raison.

Mais vous, en ce moment, avez l'air totalement sain d'esprit dans votre discours, écrit Violette en fronçant des sourcils.

Cet objet n'est que le premier d'une longue lignée. Mon âme a pue le supporter. Mais après celui-ci, tout à changé. J'ai fait vivre des horreurs sans nom à ceux qui m'ont fait confiance et m'ont suivi dans mes projets. Plus je m'enfonçais dans la folie, plus ceux-ci s'enfonçaient avec moi. Je les ai liés à moi d'une façon qui ne se pardonne pas. Jamais je ne pourrai me pardonner ça.

Mais pourquoi l'avez-vous fait, pour commencer? Demande la jeune femme.

Je… je voulais ce que je n'ai jamais eu. Comme tout le monde, je crois. Je voulais une famille, je voulais être entouré de gens qui me soutiennent, qui croient en moi, en ce que je faisais et ce que je croyais. Mais mon avidité à tout gâché.

Puis-je faire quelque chose? Propose la jeune mère qui sent tout le désespoir qui suinte de par en part de l'objet.

Il y aurait un moyen, mais malheureusement, je ne sais pas ce qui s'est passé après la mort de l'âme principale. Peut-être que si je vous le montre

Violette se sent alors comme aspirée par le journal. Elle se retrouve, en robe de nuit légère, en plein milieu d'un petit village, en fin de soirée. Ça doit être Halloween, elle voit des enfants frapper de maison en maison avec des masques et des taies d'oreillers en guise de sac pour recueillir les friandises. Elle se tourne et sursaute en voyant une silhouette à ses côtés qu'elle n'avait pas remarquée avant. C'est un homme qui a le visage caché sous une capuche en regardant un espace vide devant eux, entre deux maisons. Mais Violette peut voir un peu son visage, comme elle est beaucoup plus petite que lui. Il a la peau extrêmement pâle, blanche, presque translucide. Ses yeux sont rouge sang. Son visage impassible et sans ride ne peut laisser deviner son âge. Il est évident qu'il attend quelque chose, tapis dans l'ombre. Tout à coup, un cottage de deux étages apparait devant eux. Violette lève un sourcil perplexe. Elle sait bien qu'elle ne connait presque rien de la magie, mais de là à faire disparaître et apparaître une maison entière… Wow!

Elle suit donc l'homme à côté d'elle qui avait fait quelques pas vers la maison. Il entre par la porte sans aucune difficulté et autant Vie que l'homme avec elle sont surpris de voir le cadavre d'un homme début vingtaine, sur le plancher de l'entrée. La comptable voit l'homme à la capuche retenir son souffle et raffermir sa prise sur sa baguette en bois clair. Violette le suit comme son ombre. Ils se retrouve au deuxième étage et le spectacle de la nurserie est à glacer le sang. Une femme qui ressemble à 2 goutes d'eau à Violette, mais rousse, est étendue, morte, sur le sol. À côté, un vieil homme est penché au dessus d'un bébé, la bouche en cul de poule à aspirer un genre de fumé violette qui sort d'une cicatrice en forme d'éclair sur son front.

- Dumbledore, grogne la silhouette en levant sa baguette. Qu'est-ce que tu fais à ce môme!?

- Rien de pire que ce que tu étais venu faire, Tom. Ou dois-je t'appeler Voldemort? Demande Dumby sur le ton de la conversation.

- Qu'est-ce que tu lui fais? Redemande Tom encore plus glacial qu'avant.

- Il est tellement puissant, il peut bien partager un peu avant de mourir, non? En fait, ça m'arrange que tu ai choisi les Potter au lieu des Longdubas.

Le vieux mage bouge négligemment la main et Tom se retrouver ligoté comme un roast beef.

- Je t'ai déjà vue me faire ça, quand j'étais à l'infirmerie de Poudlard, en première année, dit Tom en tendant de défaire ses liens. Qu'est-ce que tu lui fais?

- Tu n'a pas encore compris, Tom? Je vous vole votre magie. La magie est quelque chose d'extraordinaire, tant qu'on ne l'épuise pas complètement, elle se régénère pour revenir à son niveau normal. Il est vrai que j'ai peut-être un peu exagéré avec le petit Longdubas, mais bon, dit Dumbledore en haussant les épaules, il deviendra Cracmol, au mieux, mort au pire. Grâce à cette prophécie bidon, tu es tombé droit dans le panneau. Tu te vantes d'être le plus puissant des Mages Noirs que ce monde ait porté, mais tu es toujours aussi naïf. Il suffit de menacer ton égo pour que tu te laisses piéger. Et en plus, grâce à ça, j'ai récupéré Severus. Je ne te remercierai jamais assez.

Violette voit ce Tom regarder son ancien enseignant avec des yeux effarés. Dumbledore continue donc sur sa lancée, comme si raconter ses pires péchés lui faisait du bien.

- Tu as été tellement difficile à remplacer, Tom. Au moins, j'ai fini par trouver un autre petit Serpentard isolé et méprisé de presque tous. La magie de Severus était un délice. Mais comme il n'est plus là, il fallait bien que je me trouve une autre banque, non? Et s'en vouloir t'offenser, Tom. Harry est encore plus délicieux et généreux que toi. Cet enfant, c'est presque la Magie personnifiée. Il est fait pour ça, dit avidement le vieil homme en regardant le bébé qui pleure encore dans son berceau.

- Pourquoi tu les a tous tués si tu savais que j'allais venir le faire?

- J'ai besoin de garder cet enfant en vie, si je veux continuer à m'en nourrir. Je ne peux pas te laisser le tuer, Tom. J'en ai besoin. J'en ai BESOIN!

Le vieil homme a un regard fou de bête traquée alors que la seule personne qui pourrait l'arrêté est complètement immobilisée. Le visage de Violette se décompose quand l'être immonde se penche de nouveau vers l'enfant de 15 mois. Dumbledore arrête alors d'aspirer la fumée violette qui sort de l'éclair sur le front de l'enfant.

- Il ne faut pas abuser des bonnes choses, susurre le vieillard en se relevant. Je vais le mettre à un endroit où je pourrai me ressourcer quand bon me semble. Et c'est moi qui récolterai toute la gloire de ta mort. Adieu, Tom.

Le Président du Magenmagot lève sa baguette vers l'homme ensaucissonné sur le sol à côté du cadavre de la mère du bambin. Un sort, d'un vert éblouissant sort de la baguette de Dumbledore et Tom perd la vie en basculant vers l'arrière. Il meurt avant même que sa tête ne heurte le sol de bois ciré. Dumbledore et Violette entende du bruit au rez-de-chaussée, Dumbledore transplane donc immédiatement pour partir de là. Violette voit alors une espèce d'ombre étrange sortir du corps de Tom et entre en celui du petit bébé aux yeux verts. Violette a juste le temps de voir un Severus de 21 ans entrer dans la chambre avant de revenir dans la réalité quand le jeune homme a les yeux emplis d'effroi en regardant le cadavre de la mère biologique de l'enfant.