Voici la deuxième partie du chapitre 24 donc, même si cette partie est intitulée "chapitre 25", ce n'est pas un chapitre à part entière vu qu'il ne fait absolument pas (ou presque pas) avancer l'intrigue. Plus qu'un avant le retour difficile à la vie londonienne.
Heu... comment dire? Il a fait très chaud aujourd'hui chez moi donc peut-être que ceci explique cela...
Enfin vous allez voir!
J'ai répondu à toutes les reviews en mp donc, Flopy69, il ne me reste que toi à remercier encore une fois en espérant que cette suite te plaira. Ça ne m'empêche pas de vous dire un grand merci à toutes, vous qui prenez de votre temps pour me lire! Vous êtes géniales!
Laissez-moi un petit mot au passage. J'ai remarqué que ma motivation à commencer un nouveau chapitre était souvent proportionnelle au nombre de reviews... bizarre, non?
A bientôt
Tous les personnages appartiennent à SM
Chapitre 25 – pov Edward
Il me fallut une bonne quinzaine de minutes et de nombreuses pensées envers Miss Taylor, ma professeur de piano quand j'étais enfant, vieille fille faute d'avoir trouvé un homme assez courageux pour épouser son physique disgracieux et son caractère impossible, avant d'être certain que j'étais suffisamment calme et présentable pour retourner sur la terrasse.
Je pris une dernière profonde inspiration en scrutant la nuit apaisante face à moi et m'apprêtai à quitter le balcon quand je fus arrêté dans mon élan par la voix de Tanya.
- Enfin, vous voilà, Edward ! Je me suis fait un sang d'encre !
Et, pour accentuer son propos, elle se jeta dans mes bras et me serra avec autant de force que d'inconvenance.
Je la repoussai doucement, désireux d'augmenter au plus vite la distance entre nous mais elle ne sembla pas comprendre mon intention et resta accrochée à mon bras en jetant des regards sévères aux alentours. Qui s'attendait-elle à trouver là ?
Puis, elle reporta toute son attention sur moi.
- Qu'est-ce qui pouvait bien vous retenir si longtemps ? miaula-t-elle en me regardant sous ses cils.
L'air se chargea d'une tension qui me mit d'autant plus mal à l'aise que Tanya ne lâchait toujours pas mon bras.
Je pris le temps de choisir mes mots avec soin, conscient que je ne devais laisser planer aucun doute quant à ma présence ici et ne pas susciter par inadvertance encore plus d'intérêt qu'elle n'en manifestait déjà.
- Je profitais du calme qui règne ici, dis-je. La musique et la danse commençaient à me tourner la tête.
- Il est vrai que vous avez été très sollicité ce soir, répondit-elle avec une moue boudeuse. Vous êtes un merveilleux danseur et je comprends bien qu'il soit de bon ton de faire danser le plus de jeunes filles fréquentables possible mais il m'est fort difficile de vous partager avec d'autres.
Fréquentables ?
Me partager ?
Même si je connaissais son inclination à mon égard, je n'en étais pas moins soufflé par ses paroles. Conscient que mes sourcils s'étaient froncés sous la surprise, je la dévisageai sans pouvoir dire un mot.
- Mais nous voilà enfin seuls, murmura-t-elle.
Il fallait que cet échange cesse immédiatement. Je repris donc tout mon contrôle pour amorcer quelques pas qui nous ramèneraient vers la terrasse et, surtout, vers d'autres personnes qui seraient témoins de cette conversation.
Le ridicule de la situation me frappa de plein fouet : j'étais inquiet comme une vierge effarouchée de me retrouver seul avec Tanya!
- Je me sens tout à fait mieux maintenant, dis-je avec un sourire amical. Vous plairait-il de m'accorder une dernière danse, Tanya ?
Je mis tous mes espoirs dans cette demande, misant sur le fait qu'elle serait probablement ravie de s'afficher une fois de plus à mon bras. Mais elle en avait visiblement décidé autrement.
Elle freina mon geste en serrant ma main dans la sienne pour m'attirer à nouveau à elle.
Ce simple contact me fut soudain insupportable. J'avais à tel point changé ces derniers temps que je me surprenais moi-même !
- Ne soyez pas si formel avec moi Edward, commença-t-elle. Profitons plutôt de cet instant, voulez-vous ?
Je serrai durement les mâchoires pour conserver tout mon savoir vivre et ne pas lui demander abruptement de tenir ses distances.
- Je ne suis pas si innocente, Edward, continua-t-elle.
Mon prénom roula sur sa langue de façon presque indécente et je regrettai amèrement de ne jamais avoir été plus direct avec elle.
- Et je ne vais pas appeler à l'aide parce que je me retrouve seule avec vous… Je sais ce que vous attendez et je ne souhaite que la même chose.
- Je ne vois pas où vous voulez en venir, Tanya, dis-je en prenant l'air le plus sincère possible.
Elle eut un petit sourire avant de répondre.
- Vous êtes un homme… Cela fait des années que je vois vos regards sur moi…
Bon sang, cette femme était folle à lier !
- Je sais ce dont vous avez besoin et que vous êtes bien trop gentleman pour vous déclarer, poursuivit-elle.
- Tanya, je…
- Je suis une femme maintenant, Edward, me coupa-t-elle. Je peux vous donner ce que vous désirez. Nous pourrions enfin vivre notre amour au grand jour.
Disant ces mots, elle porta ma main qu'elle tenait toujours contre son sein. Je retirai brusquement mes doigts, la faisant sursauter légèrement. Mais elle ne se départit pas de son sourire.
Il fallait que je la raisonne immédiatement.
- Tanya, je suis navré si mon comportement vous a fait imaginer de telles choses, mais soyez assurée que je n'ai jamais…
- Vous n'avez pas besoin de me mentir, me coupa-t-elle à nouveau. Je sais que vous êtes bien trop honnête pour profiter d'une jeune fille respectable comme moi. Mais je n'ai pas besoin d'être protégée. Je connais le désir des hommes. Je vois le vôtre et je sais que vous n'êtes pas chaste…
- Tanya ! m'écriai-je pour tenter de la ramener à la raison, peine perdue.
- Je peux être votre maitresse si vous le voulez, Edward ! dit-elle en se jetant à mon cou. Vous n'aurez plus à combler vos besoins auprès de n'importe qui. Je serai là.
Son visage était beaucoup trop proche du mien.
La saisissant par les épaules, je la forçai à reculer et, la tenant à bout de bras, je la regardai sévèrement pour accentuer mes paroles.
- Tanya, écoutez-moi. Je suis navré si mon comportement vous a induit en erreur mais je n'ai jamais, au grand jamais, éprouvé ce genre d'attirance à votre égard ! Nous nous connaissons depuis que nous sommes enfants et je vous respecte énormément mais ce dont vous parlez ne se produira jamais.
Elle me regarda avec un sourire indulgent, comme on regarde un enfant qui tente de faire croire qu'il n'a pas volé dans les placards alors qu'il a la bouche couverte de confiture.
- Jamais ! répétai-je plus durement
Sa main droite se posa sur celle que je maintenais sur son épaule et la caressa doucement. Elle secoua la tête en souriant
- Vous êtes tellement chevaleresque, Edward, dit-elle avec de l'admiration dans la voix. Je ne vous en aime que plus. Si vous souhaitez attendre que notre relation soit officielle pour protéger ma réputation, je suis d'accord. J'attendrai encore.
- Non, Tanya ! rétorquai-je sévèrement. Il ne s'agit pas de cela.
J'hésitai un instant mais je savais que les mots qui allaient suivre étaient nécessaires. Je les prononçai donc avec toute la conviction dont j'étais capable.
- Je ne vous aime pas !
Je laissai alors retomber mes bras, rompant ainsi tout contact avec elle. Ses yeux se firent vagues un instant et son sourire fana brièvement mais, quand elle releva un regard à nouveau farouche et déterminé vers moi, je sus qu'elle n'avait pas cru mes paroles.
Elle sourit à nouveau et, me dépassant d'un pas pour regagner la terrasse, elle effleura mon bras.
- J'attendrai… Ce ne sera pas long, je le sais.
A nouveau seul, je passai une main furieuse dans mes cheveux en soupirant. Comment cela avait-il pu se produire ? Comment avais-je pu laisser cela se produire ?
J'avais beau me rappeler les moments passés avec elle, j'étais persuadé de ne jamais avoir encouragé son attirance.
Elle venait pourtant de m'offrir sa vertu sur un plateau, évoquant même la possibilité d'une relation secrète entre nous deux. Bon sang, j'espérai qu'elle n'avait pas proféré de telles incohérences devant ses parents. Je n'osai imaginer la réaction d'Eléazar si jamais il venait à croire que j'avais déshonoré sa fille unique. Cela sonnerait le glas de son amitié avec Carlisle.
Tout cela à cause des divagations de Tanya !
Je retournai d'un pas hésitant rejoindre les convives qui s'étaient dispersés en petits groupes de part et d'autre du salon et de la terrasse. La nuit commençait à fraichir et certains voisins et amis faisaient déjà leurs adieux à Eléazar et Carmen.
Je me joignis à Alice et Jasper qui discutaient avec Katherina et Garrett des dernières campagnes menées par l'armée britannique en Afrique. Alice remarqua immédiatement mon air absent et passa son bras sous le mien pour s'approcher et me parler à voix basse.
- Tu n'as pas l'air d'aller bien, s'inquiéta-t-elle.
Je déposai un baiser reconnaissant dans ses cheveux.
- J'ai seulement hâte que cette journée finisse, répondis-je.
Elle étouffa un rire.
- Je ne te demanderai pas pourquoi, dit-elle en souriant.
A ce moment, Jasper m'interpela et je réussis, non sans mal au départ, à m'intégrer à la discussion socio-politique à laquelle on m'invitait. Jasper parlait avec passion de la situation tendue qui régnait depuis quelques temps déjà au Cap et dans la colonie du Natal. Il suivait précisément les rebondissements de la politique de notre pays dans ses colonies africaines depuis son retour du Ghana où il avait été blessé quelques années plus tôt et l'entendre raconter ses campagnes ou expliquer la complexité des rapports coloniaux était toujours captivant.
Les musiciens avaient depuis quelques temps déjà rangé leurs instruments quand nous fumes invités à rentrer à l'intérieur.
Esmée vint nous embrasser avant de se retirer, bientôt suivie par Carlisle et d'autres invités qui prirent congé et regagnèrent leurs chambres guidés par Carmen.
Les plus jeunes semblaient vouloir faire durer encore la soirée mais, quand le maître de maison lui-même fit connaitre son envie de retrouver ses appartements, nous n'eûmes d'autre choix que de nous séparer.
Du coin de l'œil, j'observai Bella quitter la pièce en compagnie d'Emmett et de Rosalie avec une envie déjà furieuse de la suivre sans plus m'occuper de donner le change.
Garrett suivit mon regard et me donna une rude bourrade dans l'épaule pour me ramener à la réalité. Je croisai alors son sourire et son regard pétillant de malice.
- Je me répète surement mais vous êtes vraiment un homme chanceux, dit-il. Bonne nuit, mon ami.
Il suivit ensuite sa femme dans le grand escalier qui les mènerait à leur chambre.
Je réprimai un sourire qui s'effaça cependant tout à fait quand Tanya et ses amis vinrent nous souhaiter un bon repos à leur tour. Alice, toujours à mon côté, repassa son bras sous le mien, le serrant plus fort que nécessaire.
- J'espère que vous avez apprécié votre soirée, commença Tanya en vrillant son regard dans le mien.
- C'était un moment tout bonnement délicieux, Tanya, merci, répondit ma cousine.
- Bien… ajouta Tanya, apparemment confuse que ce ne soit pas moi qui lui réponde. Je vous souhaite donc à tous une bonne nuit. Je vais montrer leurs chambres à Jessica et Irina. Elles logeront au premier étage, juste à côté de ma propre chambre qui, comme vous le savez, se trouve au fond du couloir de l'aile principale.
Elle ne me quitta toujours pas des yeux en donnant ses précisions inutiles.
- Bonne nuit, mesdemoiselles, me contentai-je de répondre d'un ton neutre tout en m'inclinant respectueusement.
J'étais bien décidé à ne pas fournir à Tanya Voliakov d'autres prétextes pour s'inventer des marques d'affection.
Quand les jeunes filles eurent quitté la pièce, j'accompagnai Alice et Jasper jusqu'au couloir desservant leur chambre.
- Mais pour qui se prend-elle, cette mijaurée ? s'offusqua ma cousine. Quel usage s'imagine-t-elle que tu ferais de savoir où se trouve sa chambre ?
- Doucement Alice, la tempéra Jasper.
- Excusez-moi, répondit-elle en prenant une mine adorablement contrite. Mais, c'est plus fort que moi, elle m'insupporte !
- Alors apprête-toi à la détester encore davantage, dis-je. Elle m'a fait ce soir des avances… on ne peut plus explicites.
- Quoi ? s'écria Alice avant de plaquer une main sur sa bouche pour canaliser son emportement.
- Chuuuut ! gronda Jasper.
- Quoi ? répéta-t-elle en chuchotant. Où ? Quand ? Que t'a-t-elle dit ? Qu'as-tu fais ?
Je souris sous l'avalanche de question. J'avais là une excellente opportunité de rendre la monnaie de sa pièce à cette insupportable entremetteuse qui, je le savais, avait fait en sorte de rendre ma frustration la plus intense possible aujourd'hui.
- Je te raconterai demain. Bonne nuit Alice, dis-je en l'embrassant sur le front.
Son air furibond et choqué quand je m'écartai était tout bonnement impayable.
- Quoi ? Non, Edward ! Maintenant ! Comment veux-tu que je dorme sans tout savoir ?
Elle chuchotait ses suppliques mais le désespoir dans son ton était palpable. Jasper commença à l'attirer en souriant à l'intérieur de leur chambre, nullement fâché contre moi que j'ai mis sa femme dans tous ses états. Il savait assurément comment calmer ses ardeurs.
- Bonne nuit, répétai-je en tournant les talons pour rejoindre ma propre chambre, de l'autre côté de la cage d'escalier.
- Edward ! entendis-je une dernière fois Alice supplier avant que la porte ne se referme sur eux.
Je devais admettre que ce petit intermède avait considérablement allégé mon humeur.
Je pénétrai dans ma chambre.
Je contemplai un instant le lit que je ne comptais pas défaire dans l'immédiat et me dirigeais vers la vasque en porcelaine sur la commode près de la fenêtre. Dans le miroir accroché au mur, j'observai un moment mon reflet tout en réfléchissant aux évènements de ce soir : le comportement de Bella, ma jalousie envers Mickael Newton, les avances de Tanya… Il y a encore peu de temps, peut-être me serais-je laissé tenter par une telle proposition : aimer physiquement une belle femme sans avoir à prendre en compte les conséquences.
Mais ce que Tanya Voliakov m'avait offert ce soir n'était rien en comparaison de ce que j'avais à présent.
J'espérai sincèrement qu'elle retrouverait rapidement ses esprits et tiendrait enfin compte de ce que je lui avais dit. Son entêtement pourrait vite devenir embarrassant dans le cas contraire. Il avait déjà été la raison pour laquelle Bella m'avait évité aujourd'hui, la raison pour laquelle tout mon corps semblait maintenant souffrir du manque de son contact et de sa chaleur.
Et soudain, il n'y eut plus que cela qui comptait : retrouver Bella au plus vite et étancher ma soif d'elle aussi longtemps que le besoin serait aussi vif.
De longues minutes s'écoulèrent pendant lesquelles j'attendis que la maison devienne totalement silencieuse. Et, quand je fus enfin certain que je ne croiserais plus personne, je me glissai silencieusement jusqu'à la porte de Bella.
Je l'avais à peine refermée derrière moi que ma belle se jeta dans mes bras.
Je la saisis au vol, goutant la chaleur de sa peau sous le fin tissu de sa robe. Ses mains étaient déjà emmêlées dans mes cheveux et les miennes sur ses hanches quand nos lèvres se cherchèrent avec avidité.
Nul besoin de parole pour exprimer le manque, nul besoin de prière pour obtenir la délivrance, nul besoin de consentement pour prendre et donner.
Elle était mienne tout comme j'étais sien depuis le commencement.
Dans un grognement, je tirai brusquement sur le lien de coton sur ses reins et desserrai le corset de sa robe d'un seul geste brutal. Il y eut un déchirement de tissu puis son vêtement tomba au sol, bientôt suivi de sa chemise que je fis rapidement passer par-dessus sa tête, incapable de me séparer de ses lèvres pour plus d'un instant.
L'urgence était trop grande, le besoin trop impérieux.
Je ne serais pas tendre.
Je ne serais pas doux.
Je le savais.
Mais son besoin répondait parfaitement au mien et Bella ne protesta pas quand je la soulevai pour la porter puis la lâcher abruptement sur son lit.
Nue, seulement vêtue de ses bas de coton aux jarretières de dentelle, les yeux brillant de désir, la chevelure défaite et les lèvres entrouvertes sur son souffle haletant, elle était le symbole même de la sensualité.
Je tentai une dernière fois de reprendre mon souffle et de regagner en maitrise de moi pour être en mesure de la traiter avec le respect et la tendresse qu'elle méritait. Mais elle planta un regard avide dans le mien, mordit sa lèvre inférieure et je fondis sur elle.
Ses jambes s'enroulèrent autour de mes hanches tandis que, maintenant son visage d'une main, je partais à la découverte de son corps de l'autre tout en parsemant sa gorge de baiser qui ressemblaient de plus en plus à des morsures.
Une plainte s'éleva lentement dans la pièce et je n'aurais su dire qui de nous d'eux l'avait poussée.
Il me suffit d'un geste pour ouvrir mon pantalon et, sans prendre le temps de le descendre sur mes cuisses, plonger en elle en un seul mouvement long et profond.
La sentir partout autour de moi était un sentiment indescriptible.
Son corps se tendit sous le mien pour venir à ma rencontre, comme si elle n'en avait jamais assez. Alors je commençai à bouger, allant chercher mon plaisir toujours plus loin à chaque poussée.
De plus en plus loin et de plus en plus vite.
Ce serait rapide pour moi. J'avais besoin de ça, besoin de me libérer en elle de toute la frustration accumulée dans la journée avant de pouvoir profiter pleinement. C'était primaire, bestial, animal.
J'embrassais ses lèvres, mordais ses seins, pétrissais ses hanches alors qu'elle ondulait sous moi et que sa peau était parcourue de frissons annonciateurs de sa propre délivrance.
Quand ses mains quittèrent mon dos pour venir agripper le drap de chaque côté de sa tête, je laissai aller ma rage en de derniers violents assauts et étouffai le cri de sa jouissance sous mes lèvres avant de me libérer enfin et de m'écrouler, la tête dans le creux de son cou.
Nos respirations se calmèrent doucement.
Dans l'obscurité de la chambre, seulement éclairée par une bougie posée sur un meuble de l'autre côté de la pièce, il me fallait user du toucher autant que de mes yeux pour la voir. Cette semi- cécité était délicieuse.
Je léchai les perles de sueur sur sa clavicule et elle rit doucement.
- Il semblerait que je vous ai manqué, monsieur Masen.
Je grognai pour toute réponse et laissai courir mon nez le long de son épaule jusque dans son cou, faisant à nouveau peser tout le poids de mon corps sur le sien.
Elle se raidit alors et utilisa ses deux mains à plat sur ma poitrine pour me repousser. Surpris et vaguement anxieux à l'idée d'avoir été trop brutal avec elle, je me laissai faire quand elle me fit me redresser puis basculer sur le dos.
C'est pourtant un regard tendre et joueur qu'elle porta sur moi quand elle s'assit à califourchon sur mes cuisses.
- Nt, nt, nt… fit-elle. Je vous entendais parler du droit des femmes ce tantôt avec miss Tanya or je vois là une injustice flagrante.
Je haussai un sourcil interrogateur et elle me renvoya un regard sévère tout bonnement adorable.
- Je suis nue alors que vous ne l'êtes pas, poursuivit-elle.
- Tu n'es pas entièrement nue, répondis-je en caressant sa cuisse par-dessus son bas.
Elle saisit ma main pour la maintenir sur le lit au-dessus de ma tête. Je recommençai donc mon manège avec l'autre main qu'elle emprisonna à son tour. Dans cette position, nos lèvres se touchaient presque et sa poitrine s'écrasait contre mon torse. Il m'aurait suffi d'un mouvement de bassin pour retourner la situation… Mais j'avais l'impression d'être à sa merci et cela commençait à m'exciter terriblement.
- Si mes bas vous gênent, monsieur Masen, je peux toujours les enlever, dit-elle en frottant son nez contre le mien. Mais il faudrait que je me lève…
- J'aime que tu gardes tes bas, Bella… Tu es tellement sensuelle avec.
- Vraiment ? demanda-t-elle en laissant courir ses dents le long de ma mâchoire crispée.
- Oui… vraiment… grondai-je en fermant les yeux.
- Alors c'est vous qui allez bientôt être victime d'une injustice, dit-elle lentement. Parce que je vous veux nu… entièrement… Edward…
Sa voix à elle seule était une caresse. Je ronronnai presque d'anticipation.
Elle relâcha mes mains mais je les gardai volontairement en place.
Qu'elle fasse de moi ce qu'elle voudrait.
- D'abord ton torse…magnifique et puissant…
Elle défit un à un les boutons de ma chemise puis en ouvrit largement les pans et déposa un chemin de baisers brûlants de mon cou jusqu'à mon nombril. Mon désir se réveilla tout à fait.
- Puis tes épaules… si fortes…
Elle me fit me redresser pour m'ôter ma chemise. Quand mes bras furent emprisonnés alors que tout le haut de mon corps était découvert, elle me laissa ainsi pour m'embrasser langoureusement, emmêlant mes cheveux autour de ses doigts, tout en agaçant ma virilité dressée par une lente ondulation du bassin.
Je gémis bruyamment.
Cette femme aurait ma mort.
Elle libéra enfin mes bras et je ne pus me retenir de l'enlacer avec force pour la presser encore plus contre moi et augmenter la friction de nos corps. Mais elle ne l'entendait pas ainsi et me repoussa à nouveau pour que je m'allonge sous elle.
- Ne soyez pas impatient, monsieur Masen, me gronda-t-elle doucement. Nous ne sommes toujours pas à égalité.
Je grognai ma frustration, toute trace de pensée concrète et construite quittant inexorablement mon cerveau. Elle me ramenait à l'âge de pierre.
Se reculant, elle retira d'un seul mouvement mon pantalon et mon sous-vêtement, exposant cette fois ma nudité complète à son regard gourmand. La faim que je lus dans ses yeux enflamma tout mon être. Il me fallut tout mon contrôle pour ne pas me jeter sur elle à cet instant.
S'appuyant sur ses bras, elle se pencha vers moi et me regarda par-dessous ses cils avec un léger sourire.
- Vous avez suscité bien des envies aujourd'hui, monsieur Masen… Et je vous dois une faveur après ce qui s'est passé dans le salon de musique.
J'avais peur de comprendre et j'écarquillai les yeux quand elle embrassa mon ventre.
- J'aime la façon dont tes muscles roulent sous ta peau, murmura-t-elle d'une voix rauque de désir.
Elle lécha mon nombril, faisant lentement tournoyer sa langue sur ma peau. Il fallait que je l'arrête. Elle n'était pas obligée de faire ça.
- Bella… plaidai-je.
Les mots se bloquèrent dans ma gorge quand elle me caressa d'une main douce et experte, sachant exactement ce qu'elle faisait.
- Chuutt, Edward, dit-elle. Tu ne m'obliges à rien… Je t'aime.
Je me laissai lourdement retomber sur le lit quand ses lèvres humides se posèrent sur la partie la plus sensible de mon anatomie et m'abandonnai totalement à cette douce torture.
Jamais…
Jamais de ma vie je n'avais ressenti cela.
C'était à la fois un délice et un supplice.
Un gentleman n'aurait jamais toléré une caresse si dépravée de la part de sa compagne. J'aurais dû éprouver une honte sans nom à cet instant et tout faire pour empêcher Bella de poursuivre ses attouchements. Mais, avec elle, tout était possible et semblait tellement naturel. Il n'y avait aucune barrière ni aucune limite. Nous étions libres de nous aimer sans entrave et ce que Bella osait à l'instant avec moi était l'expression ultime de cette liberté et de son amour pour moi. Cet acte n'était plus un plaisir égoïste ou dégradant. Elle l'avait souhaité et cela changeait tout.
Je fus cependant tiré de ma transe par mes propres râles de plaisir extatiques et réalisai qu'il y avait tout de même une limite que je ne souhaitais pas franchir, tout du moins pour l'instant.
Je dus faire appel à toute ma volonté pour me redresser et attirer Bella à moi, échevelée et magnifique. Je l'embrassai passionnément, sentant, troublé, mon gout sur sa langue.
Avec sa bouche divine, elle m'avait mené si près de mon apogée que je m'émerveillai moi-même d'être encore capable de la guider pour qu'elle me chevauche entièrement.
Son corps dessina un arc parfait dans l'espace quand ses cuisses reposèrent à nouveau sur les miennes. Je guidai lentement ses mouvements en retenant fermement ses hanches. Souhaitant, cette fois, que le temps s'arrête.
Je savourai avec un délice sans nom chacun de ses déhanchements, contemplant son visage transformé dans la plus parfaite expression de son plaisir.
Quand ses gémissements se mêlèrent à des mots incohérents, j'écartai du pouce les mèches collées à son visage par la sueur et la sommai d'ouvrir les yeux. Je voulais la voir chavirer. Elle ouvrit péniblement les paupières et posa sur le mien son regard brillant, de plus en plus vague à chaque fois qu'elle se laissait retomber sur moi avec toujours cette même cadence languissante.
Elle était proche et mon nom dans sa bouche n'était plus qu'une prière pour sa propre délivrance et je cédai moi-même quand elle convulsa autour de moi en de longs spasmes de plaisir incontrôlé.
Nous restâmes une éternité ainsi, enroulés l'un dans l'autre, incapables de reprendre nos esprits ni de rompre le contact. Ce n'est que quand je la sentis frissonner contre moi que je réalisai que la fraîcheur de la nuit combinée au relâchement physique pouvait lui devenir inconfortable. Je nous couvris donc des draps et savourai le bonheur de la sentir serrée contre moi, ma main caressant nonchalamment son dos.
- Tu es extraordinaire… murmurai-je au bout de quelques instants.
Elle releva la tête pour me sourire et m'embrasser.
- Laisse-moi te retourner le compliment, dit-elle en riant doucement.
- Jamais je n'ai rencontré de femmes comme toi… Tu es forte, belle, intelligente et … indéniablement surprenante, ajoutai-je en souriant à la pensée de ce qu'elle avait osé faire ce soir.
Elle me renvoya un sourire timide, bien loin de la déesse sensuelle qu'elle était il y avait à peine quelques instants. Ses multiples facettes ajoutaient indéniablement à sa complexité et à son charme.
- Je suis sérieux, Bella, insistai-je. Jamais plus je ne serai en mesure de me passer de toi.
Elle prit alors un air dubitatif qui allait bien mal avec l'instant. J'avais besoin qu'elle me croit. Comment la rassurer ? Comment lui faire comprendre ?
- Je suis à toi, répondit-elle comme si c'était une évidence.
Je la basculai à nouveau pour la surplomber.
- A moi ? demandai-je malicieusement.
Elle hocha silencieusement la tête.
- Est-ce que ceci est à moi aussi ? dis-je en embrassant sa gorge et en caressant sa hanche.
- Oui…
- Et cela ? demandai-je encore en mordant le lobe de son oreille tout en empaumant un de ses seins.
- Aussi… gémit-elle en se cambrant.
- Tu es toute à moi ? insistai-je.
- Entièrement… et pour toujours… souffla-t-elle.
- Alors jamais plus je ne tolèrerai qu'un autre te convoite, dis-je d'un ton soudain sérieux en prenant appuis sur mes avant- bras pour la dominer encore plus.
Ses yeux dans les miens se firent questionneurs.
- Epouse-moi… Bella…
Après ce qui me sembla une éternité durant laquelle le monde cessa de tourner, elle prit une faible mais brusque inspiration en écarquillant les yeux.
- Edward, tu ne sais plus ce que tu dis, protesta-t-elle.
- Ce n'est pas une réponse, plaisantai-je pour alléger l'atmosphère.
- Tu ne peux pas me demander cela ! s'écria-t-elle en se redressant.
- C'est pourtant exactement ce que je suis en train de faire, rétorquai-je.
Ses lèvres frémirent dans une ébauche de sourire face à mon ton enjoué mais elle se mordit la lèvre pour le réprimer.
- Tu n'es pas sérieux, voyons ! Que vont penser les gens de te voir épouser une… moi ?
- Ils penseront que je suis un homme comblé et plus aucun gaudelureau ne viendra revendiquer ce qui est à moi.
- C'est donc cela qui te motive ? Une absurde jalousie ? demanda-t-elle en passant ses bras autour de mon cou. Tu sais pourtant qu'il n'y a que toi pour moi.
- Je le sais, murmurai-je. Tu m'as tout donné et je dépose mon monde à tes pieds, Bella.
Je me sentis soudain plus sérieux. Je n'avais plus envie de jouer ni de la taquiner.
- Accepte… murmurai-je en plongeant dans son regard.
Il y eut un nouveau silence seulement rythmé par les battements assourdissants de mon cœur dans l'attente insupportable de sa réponse.
- Oui… chuchota-t-elle.
Mes poumons se remplirent à nouveau d'air.
- Oui ? demandai-je encore pour m'assurer d'avoir bien entendu.
- Oui. répéta-t-elle avec force et conviction.
Lequel ne nous deux entraina l'autre dans une nouvelle étreinte passionnée au gout d'éternité ?
Toujours est-il que, quand je quittai son lit au petit jour en laissant Bella endormie, j'étais un homme neuf. Ou peut-être étais-je seulement enfin complet…
Dans le couloir sombre menant à ma chambre, perdu dans mes pensées et dans les dernières brumes de cette nuit, je ne repérai nulle présence. Une porte claqua pourtant quand j'ouvris la mienne.
Je n'aurais su dire laquelle mais une angoisse insidieuse s'insinua en moi.
M'observant dans le miroir en pied, je me pris à espérer que personne ne m'avait aperçu. Mon pantalon tombait sur mes hanches, ma chemise pendait ouverte sur mes épaules, mes cheveux étaient l'image même du chaos et je portais mes chaussures à la main. J'aurais bien du mal à faire croire qu'une insomnie m'avait poussé à aller chercher l'apaisement dans une promenade nocturne.
