A lire avec Human Nature - Michael Jackson

House fit un signe de tête à la serveuse. Elle lui sourit et s'éloigna de la table. Il prit sa tasse de café et en bu une gorgée. Le café français était une merveille. Rien à dire. Il se cala confortablement sur sa chaise et observa les alentours. Depuis qu'il s'était assis à cette table, il avait pu compter cinq vélos, six baguettes et une dizaine de cigarettes.
_ Manque plus que les bérets. se dit-il en souriant.
Il jeta un coup d'œil à sa montre. Pourquoi avoir accepté ce rendez-vous ? Il n'avait pas envie de la voir. Il avait été assez difficile pour lui de tirer un trait sur leur histoire… Mais il était intrigué de savoir pourquoi elle voulait le rencontrer.
_ Pourquoi ne pas avoir prit une table à l'intérieur ?
House sursauta et se tourna vers elle.
_ Il y a deux raisons pour cela, au choix… Première raison ; j'aime la vue sur le fleuve, je trouve cette ville magnifique alors j'en profite un max. Deuxième raison ; je suis un gros emmerdeur et je voulais te faire chier en prenant cette table dehors et en sachant que tu avais horreur de l'odeur de cigarette.
_ Je vais choisir la première option pour éviter de te mettre mon poing dans la gueule.
_ Toujours aussi charmante.
_ Toujours aussi con.
_ Mais je t'en pris ! Pose ton royal postérieur sur cette chaise qui borde ma table.
Stacy lui fit un sourire carnassier et s'assit.
_ En fait je n'ai rien à faire ici…
_ Mais tu te demandes pourquoi j'ai voulu te voir.
_ Je me demande surtout pourquoi tu as pris un billet d'avion juste pour me voir. Ton Apollon ne te procure plus de satisfaction au lit ? Tu as besoin d'un amant dans mon genre ?
_ Mon Apollon va très bien. Merci de demander de ses nouvelles.
_ Pourquoi voulais-tu me voir ?
_ Tu es heureux ici ?
_ La France est un magnifique pays. Ici, les gens n'ont pas froid aux yeux. Leurs injures sont variées, riches et magnifiques à entendre et prononcer. L'ironie est le maître mot dans leurs discussions. Ils ont une âme de révolutionnaires d'où la fréquence de leurs grèves. Ici, on ne se fait pas virer pour un oui ou pour un non. Mon patron est excédé mais ne peut rien faire contre moi. Pour une fois j'ai les droits de mon côté. Et puis je ne suis pas le seul à traiter mes patients comme je les traite. Y'a un pédiatre à Grenoble* qui ne regarde même pas les enfants qu'il ausculte ! Il les manipule comme des objets, donne son diagnostique, ne sourit pas et fume ses clopes à longueur de journée sans se soucier des futurs cancéreux qui se trouvent dans son cabinet ! C'est génial !
_ Mon Dieu…
_ Ici, les gens cultivent l'hédonisme. J'aime ce pays. Sauf son président… Comme la majorité des français en fait. Ah et autre bémol… Ici, pas le droit de gober ma vicodin. C'est interdit. Au moins grâce à cette interdiction je n'ai pas replongé…
Il fit un large sourire à son ex-femme et bu une gorgée de son café.
_ Tu ne veux rien ?
_ Non merci. répondit Stacy.
_ Bon alors tu es venu jusqu'ici pour me demander si j'étais heureux ? Tu as ta réponse.
_ Tu n'as pas répondu. Tu es seul ici. Triste et solitaire.
_ Batman était triste et solitaire aussi.
_ Je suis certaine que tu n'as aucun ami ici.
_ Mon boulanger… Pierre… Paul Jacques !?
_ Je n'ai pas envie de plaisanter. Un an s'est écoulé depuis que tu t'es exilé ici…
_ Je ne me suis pas exilé. J'ai gardé contact avec Jimmy criquet.
_ Tu ne voulais faire souffrir personne quand tu as fuit comme un lâche mais…
_ En fait, je n'ai pas vraiment fuit comme un lâche…
_ L'hôpital a connu plusieurs pertes parce que son docteur fétiche s'est cassé. Wilson en est actuellement à sa onzième femme et Cuddy n'a plus goût à rien. Même son boulot a perdu de l'importance à ses yeux.
_ C'est elle qui t'envoie ? Tu es venu me tirer les oreilles ?
_ Elle te déteste.
_ Parfait.
_ Elle t'aime.
House soupira.
_ Et je sais que tu ressens la même chose pour elle.
_ En tant qu'ex-femme, tu devrais plutôt être du côté du mal non ?
_ Tu n'es qu'un sale con qui mériterait de finir ses jours tout seul mais Cuddy est une amie et je veux son bonheur, même si pour cela, elle doit être avec un con arrogant dans ton genre… Je la comprends un peu. A une époque j'étais comme elle…
_ Tu es venue jusqu'ici pour me forcer à rentrer ? Et tu crois que je vais fondre en larmes, avouer que tu as raison et te suivre sur la route du bonheur ?
_ C'est à peu près ça oui.
_ Tu es sûre que ça va ? La fumée de cigarette ne te réussie vraiment pas.
_ J'essaie juste de comprendre pourquoi tu es parti.
_ Je ne voulais pas la faire souffrir.
_ Oh oui ! Et ça marche !
_ Elle ira mieux bientôt…
_ Je suis sûre que tu te le dis tout les jours ça.
_ Il m'a fallu plus de cinq ans pour t'oublier toi.
_ Vous vous connaissez depuis la FAC .
_ Tu commences à me saouler. Je ne suis pas venu en France pour que mon ex vienne à son tour et me fasse la morale.
_ Je souhaite que tu sois heureux.
_ Et je le suis !
_ Arrête de te mentir.
_ Bon je suis malheureux et après ?! Je me complais dans cette pathétique existence !
_ Cuddy est en France, pour une conférence. Je l'ai accompagné.
_ Quoi ? s'étrangla House.
_ Je lui ai donné rendez-vous dans ce café et elle ne devrait pas tarder.
Elle se leva précipitamment de sa chaise, posa un baiser sur la joue d'un House éberlué et s'éloigna.
_ La salope… susurra House.
Il bondit de sa chaise et entra dans le café.
_ L'addition. s'il vous plait !
Il s'empressa de payer le barman et s'élança vers la sortie. Il tomba alors nez à nez avec :
_ Cuddy. souffla-t-il.
Il avait oublié combien elle était belle. Elle ouvrit la bouche pour dire quelque chose mais l'émotion l'empêcha de prononcer le moindre mot. Mal à l'aise, House se passa la main derrière la nuque.
_ Si tu cherches Stacy, elle vient de se casser en courant.
Cuddy hocha la tête et tourna les talons.
_ Tu m'as manqué. chuchota House .
Les mots avaient franchis ses lèvres sans son consentement.
Cuddy se figea puis se retourna. Elle se rapprocha de lui et le gifla de toutes ses forces. Tout le monde se retourna vers eux. Tout en se frottant la joue, House sourit et dit à l'assemblée :
_ Je ne l'ai pas volé celle là.
Un sourire satisfait se dessina sur le visage de Cuddy.
_ Un café ? proposa House.

***

* ce pédiatre existe vraiment
*

*

House jeta un coup d'œil au réveil posé sur sa table de chevet. 13h… Mr Dupont allait le tuer… Peu importe. Il n'y avait pas d'heure pour poser une lettre de démission. Il se tourna vers elle et sourit. Elle était nue et magnifique. Nue et lovée dans ses bras. Il dégagea une mèche de cheveux de son visage. Son regard tomba sur l'agrafe plantée dans son doigt. Des flashs traversèrent alors son esprit. Il n'avait rien à faire là…
_ Quand nous serons rentrés, je te ferai enlever ce truc de la main.
House leva le bras et son regard croisa celui de Cuddy.
_ Il est temps de tourner la page. reprit-elle.
Elle fit remonter sa main le long de son torse puis l'agrippa au niveau des joues.
_ Est-ce bien clair ?
House hocha vivement la tête. Cuddy sourit et lui déposa un baiser sur le menton. Le diagnosticien lui caressa délicatement la joue puis l'embrassa tendrement. Elle répondit à ses baisers ponctués de sourires. Oui… Ponctués de sourires… Parce que qu'après un an d'aveuglement, il se sentait à nouveau heureux et souriait enfin au bonheur qu'il avait réintégrer dans sa liste de contacts.