Bonjour!

Just: Merci :p

Bonne lecture!


Je suis amoureuse d'Adrien Agreste.

La journée se déroule étrangement. D'abord Adrien se rapproche de moi, me demande de faire équipe avec lui, sous-entend à Alya que Chat Noir ou Ladybug aime quelqu'un d'autre sans oublier qu'il me pose des questions auxquelles je ne peux répondre.

Rentrée chez moi, je m'affale sur mon lit. C'est enfin le week-end. Nous avons convenu de nous voir demain, chez moi - il ne doit pas avoir envie de rester chez lui.

"As-tu essayé de me séduire sous mes deux identités?"

Mes joues prennent feu, il a retourné ma question contre moi.

- Tout va bien Marinette?

Tikki sort sa petite tête de ma bourse pour me rejoindre sur un coussin. Je réponds positivement.

- Tout va bien mais...Je ne sais plus trop ce que je dois faire Tikki. Adrien est en colère contre Ladybug et du coup il s'intéresse à moi. Je me demande s'il l'aurait fait si on ne s'était pas disputé sous mon autre identité.

Mon kwami grimace, incapable de me répondre. L'amour est si compliqué et pourtant la solution la plus simple serait de tout avouer à Adrien.

- N'y pense même pas, Marinette. Me réprimande-t-elle.

- Cela se voit tant que ça?

- Je te connais maintenant. Et puis, si tu lui révèles, crois-tu qu'il ne t'en voudra pas à son tour parce que tu ne lui as rien dit?

Elle marque un point, je n'y avais même pas pensé. Un cul-de-sac, il n'y a pas d'autre mot pour définir le pétrin dans lequel je me trouve. Bon. La règle, c'est la règle. Je ne peux pas le laisser découvrir qui je suis. Sentant le poids de la journée s'abattre sur mon corps, je ne me torture pas plus l'esprit et succombe à la fatigue.

Allongée sur mes draps, un courant d'air plus froid que les autres m'arrache de mon sommeil. J'ai oublié de fermer la trappe menant à la terrasse...Les membres engourdis, je gigote légèrement et ouvre les yeux. Une masse me gêne dans mes mouvements, je tressaille en constatant la présence d'un corps étranger, replié de mon ventre à mes pieds. Mon cœur s'emballe mais très vite, je reconnais le costume et les oreilles noires de mon partenaire. J'ai bien cru mourir pendant plusieurs secondes.

D'ailleurs, mon réveil ne lui a pas échappé, il relève le menton et croise mon regard, toujours choquée.

- Bonsoir princesse, minaude-t-il en s'étirant.

Mon premier réflexe est de chercher Tikki du regard. Je ne la trouve pas, sûrement s'est-elle cachée avant que Chat Noir entre par effraction.

- Tu sais que je pourrais appeler la police?

Il ne parait pas s'en inquiéter, bien au contraire. Comme enhardi par son costume, il transpire la confiance, à la limite de la vantardise. Je lève un sourcil à son comportement, à des années lumières de celui du célèbre mannequin de Paris.

- La police serait incapable de m'attraper, je suis beaucoup trop rapide.

Chat Noir s'amuser à tourner sa queue en cuir tel un lasso. Je plisse les yeux, il se croit vraiment tout permis celui-là.

- Mais je peux partir si tu veux...

Je ne manque pas l'occasion de l'embêter à mon tour.

- Maintenant que tu en parles...

Mon talent d'actrice ne le convainc pas le moins du monde. Alors que je me redresse en position assise, Chat Noir suit très attentivement mon mouvement et, à quatre pattes, réduit peu à peu à la distance qui nous sépare.

- Tu serais triste si je disparaissais après tout.

- Tu m'as l'air un peu trop sûr de toi mon Minou.

- Tu n'as qu'à mettre ça sur le dos de mon sixième sens.

Rien ne le perturbe, c'en est presque troublant. Pendant un moment, j'imagine la réaction de mes parents s'ils faisaient irruption dans ma chambre, me voyant moi, assise sur mon lit et lui, s'approchant à pas de loup. Je ne m'attarde pas sur cette réflexion car interrompue par sa main remontant de mon bras droit jusqu'à mon cou, me caressant à travers ma veste.

- On dirait que tu as repris du poil de la bête.

J'approuve, même si j'aurais bien dormi encore un peu. Je me décale légèrement pour déposer mes pieds sur le parquet. Mes yeux buttent sur les photos d'Adrien, la température de mon corps explose en deux secondes. Très vite, Chat Noir s'en aperçoit et manque de s'étouffer de rire.

- Si j'avais su...Chuchote-t-il, sûrement pour lui-même.

C'est incroyablement gênant, je n'imagine pas ma réaction à sa place, si je découvrais sur un mur un florilège de photos ou portraits de moi. Je mourrais de honte.

- J-Je vais les retirer!

Alors que je me lève à la hâte pour arracher les couvertures de magazine punaisées, une main s'abat sur mon poignet et me tire en arrière.

- Non, laisse.

Dans la précipitation, j'ai agrippé la ficelle de mon tableau déroulant. Je crois tomber lorsque le calendrier rempli des activités d'Adrien s'exhibe dans mon dos. Chat Noir explose de rire puis plaque sa main sur sa bouche pour ne pas alerter davantage mes parents.

- Que la foudre s'abatte sur moi. Je geins abandonnant l'idée de donner une explication logique et cohérente.

Le jeune homme blond se met à ma hauteur et inspecte le document d'un œil attentif avant de pointer une case du bout d'une griffe.

- Là, il y a un changement. Mon cours d'escrime a été échangé avec mon cours de chinois, cela doit faire un mois que c'est comme ça.

- N'en rajoute pas une couche s'il te plait...

Sourd à mes plaintes, Adrien attrape un feutre et corrige mon erreur. Je croise les bras, mal à l'aise.

- Ce n'est pas drôle...

Chat Noir hausse les épaules puis tourne le regard vers le mien, un doux sourire étirant ses lèvres, éclairant la totalité de son visage.

- Tu n'es pas la première à le faire Marinette, j'en ai vu des bien pires qui en venaient à stalker mon agenda pour se trouver sur mon lieu de travail.

Si son histoire avait pour but de me rassurer, c'est bien l'inverse qui se produit. Il semble s'en être rendu compte.

- Mais c'est bien la première fois que ça me flatte.

Bien rattrapé...Chat Noir dépose son feutre sur le meuble. Mes doigts se promènent le long du papier, à l'endroit-même où il vient d'écrire. Pour mettre fin à ce moment pénible, j'enroule le calendrier. Des frissons me parcourent de la tête aux pieds, ses pattes s'agrippent à mes épaules, m'entraînant contre lui. A cet instant, collée à lui, je détecte une petite boule rouge cachée derrière mon réveil, me faisant un petit signe de la main. Je réponds de même puis enlace son dos, apparemment musclé.

- Quel est ton plan maintenant? Je demande, songeant à la dizaine de jours de son programme.

- J'ai une nouvelle proie entre mes griffes. Peut-être est-il temps de s'en occuper.

A ses mots, ses mains se retirent de mes épaules pour remonter à ma nuque. Son souffle chaud balaye l'extrémité de mon oreille et s'arrête sur ma joue où il dépose ses lèvres. Un voile de chaleur m'entoure, je ne ressens plus que le mouvement de sa bouche sur ma peau, s'approchant irrémédiablement jusqu'à la mienne pour enfin la recouvrir. Je ne m'y oppose pas. J'en ai envie moi aussi. D'un geste qui se veut assuré, j'enfouis ma main droite dans sa tignasse blonde tandis que l'autre se glisse dans son dos. Nos lèvres se redécouvrent, se caressent, se goûtent. C'est la première fois que je l'embrasse en connaissant sa réelle identité et, étrangement, ce que je ressens est totalement différent.

Nous finissons par mettre un terme à notre baiser, sans pour autant briser le contact visuel qui nous anime.

- Tu es parfaite Marinette, quoi que tu en penses.

Ses mots me prennent aux tripes. Je peine à soutenir son regard tant il est intense, ses orbes vertes me transpercent comme si elles pouvaient lire en moi. Je ne réplique rien, incapable d'exprimer le moindre mot. De toute façon, ils ne seraient pas assez forts. Emportée par l'émotion, je joins nos lèvres dans une nouvelle caresse, le serrant contre moi, comme si j'avais peur qu'il s'en aille. Je regrette presque qu'il soit en tenue de combat.

Nous devons nous résoudre à nous séparer. Je me détache de lui et lui indique de monter avec moi sur la terrasse. Il ne faudrait pas que mes parents nous surprennent. Il approuve d'un signe de la tête et me talonne jusqu'à l'extérieur. Le vent de la nuit s'engouffre dans mes vêtements. L'automne pointe le bout de son nez sur Paris. Nous posons sur la barrière, admirant le paysage sombre, partiellement éclairé par les lampadaires de la ville.

- Il me reste douze jours, dit Chat, brisant le silence.

Surprise, je me tourne vers lui, les yeux toujours fixés au loin.

- Douze jours pour tomber totalement fou de toi.

Je me sens défaillir. Sait-il l'effet que me font toutes ses déclarations? Si oui, il prend un malin plaisir à me voir rougir et perdre mes moyens.

- A qui d'élaborer un plan? Je demande en déviant mon attention vers les lumières provenant des immeubles voisins.

Chat Noir fait mine de réfléchir.

- J'ai une petite idée: un jour toi, un jour moi.

- Hein?

Ma réaction lui arrache un rire enfantin.

- Imaginons que demain je t'invite au cinéma, le jour d'après c'est à toi de m'emmener quelque part. Tu saisis?

Ça peut être amusant mais un détail me chiffonne.

- Et s'il y a un jour où on ne peut pas se voir? Tu sais, toi avec les magazines et moi avec la boulangerie ou encore si un akuma vient et qu'il...

- Tu as du talent et de l'imagination Marinette, je sais que tu trouveras.

Un long soupir désabusé sort du fond de ma gorge. Il a vraiment réponse à tout celui-là. Sachant pertinemment qu'il ne lâchera pas l'affaire, j'accepte de participer à son petit jeu.

- Qui commence?

- On va dire qu'aujourd'hui c'est moi qui suis venu à toi alors demain, c'est ton tour!

Bien évidemment. Comme ça je vais me torturer l'esprit toute la nuit à trouver quelque chose de correcte à lui proposer!

- Marinette? Appelle une voix provenant de ma chambre.

C'est celle de ma mère, nos discussions ont fini par l'alerter. Chat Noir se presse de se cacher dans un coin tandis que je rejoins la trappe.

- Oui maman?

- Tu vas attraper froid à force de rester là-haut, évite aussi de garder la fenêtre ouverte, on ne sait jamais ce qui peut arriver.

- Oui, un animal errant pourrait entrer par effraction. Je murmure à l'attention du voyou. Oui maman!

Le bruit de ma trappe intérieure qui se referme m'indique que ma mère est partie. Chat Noir sort de sa cachette, prêt à rentrer chez lui.

- On se voit demain, dit-il en prenant mes mains dans les siennes.

J'acquiesce, il se penche pour me donner un dernier baiser que j'accepte sans rechigner. Il me laisse un goût de trop peu mais mieux vaut ne pas trop en réclamer d'un coup. Une dernière petite attention et il s'élance pour l'immeuble voisin, à l'aide de son bâton. Le paradis, c'est l'endroit qui convient au décor que je me fais. Ce matin encore je croyais que le dialogue était rompu entre nous mais c'était sans compter sur sa douceur légendaire. Guillerette, je retourne dans ma chambre, descends les quelques marches et m'affale sur mon lit, face au matelas, les mains enfouies sous mes oreillers.

- Ah Tikki, est-ce que tu te rends compte de ce qui est en train de se produire? Je demande, surexcitée à l'idée d'avoir finalement ma chance avec Adrien.

Mon kwami tarde à me rejoindre dans mon lit, elle reste longuement cachée derrière mon réveil. Bizarre, ça ne lui ressemble pas.

- Tikki? Quelque chose ne va pas?

- Hum...Marinette?

Sa voix est plus faible que d'habitude. Je crains un moment qu'elle ne soit retombée malade, comme la dernière fois.

- Tu ne te sens pas bien? Tu veux qu'on aille chez le Grand Gardien demain?

Tikki secoue la tête.

- Non, non, je me sens bien. Je dois juste t'avouer quelque chose.

Je songe au pire, elle qui est toujours positive, elle arbore une mine grave et embêtée. Les secondes qui précèdent son explication me paraissent des heures.

- Chat Noir...I-Il sait que tu es Ladybug.

Q-Quoi?