bonjour à toutes et tous j'espère que le père noel vous a gâté cette année comme la semaine dernière tous les 4 nous avons décidé de vous offrir la suite de nos aventures pour clôturer cette année 2014.( c'est une cloturation dont je me serais passé moi! Dis on peut pas le sauter ou remettre ça à l'année prochaine justement?)non parce que dans ce chapitre je continue de m'épanouir hi hi hi et surtout il y a si je ne trompe pas le résultat du gagnant de notre pari. ( je suis pas au courant moi, Lilou tu sais quelque chose toi? ) moi? Rien du tout, demande à titoune! je suis d'accord avec Ben révélation du gagnant j'ai hâte comme beaucoup j'en suis sur de découvrir ça tout comme toi Ben j'en suis sur. Et comment en plus je me suis lâché encore un peu plus.( oui ben justement freine un peu tu veux, y a un virage juste après!) ça serait ballot de finir dans le ravin! Ou pour toi dans le bayou mouahhhh. Donc voilà le dernier chapitre pour cette année avec tous pleins de bonne choses dedans comme d'habitude quoi. (vi et le dindon de la farce c'est qui hein? C'est bibi!) Non c'est Dydy, confonds pas tout et puis c'est de saison non? bonne année à tous et plein de bonnes choses! oui de notre part à tous nous vous souhaitons une très bonne année et surtout une bonne santé. bonne lecture et avec un petit peu d'avance: BONNE ANNEEEEEEEEEEEEEEEEEEE 2015! Ben tu vas où là? Choper le père noël son cadeau de cette année était pourri! comment ça pourri? Ben merci pour moi! ah ben bravo, tu l'as vexé Ben! Pas grave lui a eut un super cadeau 2 même et moi bah moi je l'ais eus lui tu parle d'une arnaque. A l'année prochaine je vous laisse j'ai quelqu'un à défonsé moi. Bon bah nous vlà bien ma lilou y en a 1 qui est vexé et l'autre qui va défonser le père noel vlà l'équipe. Allez on file bisous à toutes et tous et à l'année prochaine enfin si les 2 sont calmés! nous on sera là en tout cas! et ben mollo avec le papi!

Le lendemain, j'éveillais Randy vers 6h30, il était grognon au réveil et je me demandais si la fatigue ou la douleur était en cause ou bien s'il continuait à me cacher quelque chose, j'avais bien senti qu'un truc clochait depuis notre départ du stade mais je n'avais pas insisté hier au soir, il était fatigué et n'était pas d'humeur à bavarder mais maintenant je devais savoir avant de le remmener avec moi!

- Allez, Randy debout, on doit prendre l'avion pour rentrer au bayou.

- Oh ! Ne faisons pas attendre les crocos ! Me dit-il avec un sourire un peu forcé.

- D'accord, je t'écoute maintenant, dis-moi ce qui se passe !

- Hein ? Tout va bien enfin Ben!

- Commence pas Randy je vois qu'il y a un souci, alors parle.

- Et pourquoi j'aurais un souci?

- Tu es silencieux depuis hier, me prends pas pour un con, tu crois que j'ai rien vu peut être ?

- Peut-être que j'ai juste rien à dire.

- Mais bien sûr et moi je suis mister univers !

- Ah ouais? Ben t'aurais pu me prévenir, j'aurais pris de quoi faire briller ton titre, j'ai l'air de quoi moi maintenant? Va falloir que je fonce au magasin du coin pour réparer cet oubli!

- Je reconnais bien là ma petite femme aux petits soins pour moi, c'est trop chou.

- Ta petite femme? Et où tu as vu que j'avais un tablier en dentelle?

- Laisse tomber le tablier je te préfère sans.

- Tu sais pas ce que tu rates, je peux avoir un charme fou comme ça, enfin tu verras ce que ça donneras sur toi quand tu enfileras ta tenue de soubrette !

- Moi c'est sûr que je vais voir un truc, toi nu te jetant dans le bayou de nuit, toi par contre chéri tu vas juste me voir fou de joie d'assister à ta petite baignade.

- Mais c'est qu'il y croit vraiment le petit Bennychou, si c'est pas mignon ça d'avoir autant d'espoir!

- Toi tu as l'espoir Dydychou, moi j'ai la certitude.

- Roooh le crâneur! Jte jure, tu te pavaneras moins demain !

- C'est toi qui fera moins ton fier choupinet et j'ai hâte d'y être t'imagine même pas.

- Quelle heure est-il, mhum, presque 7h et tu as pris le temps de dormir? C'est pas très raisonnable ça, ça ne te laisse plus que 17h pour obtenir ce numéro, tu n'as aucune chance, je serais toi je commencerais déjà à me faire à l'idée de porter cette tenue, ma petite soubrette!

- T'inquiète pas pour le numéro, ni pour mon temps de sommeil comme tout le reste, je gère contrairement à toi. Dis-moi toi aussi tu as bien dormi, t'avais à peine la tête sur l'oreiller que tu dormais profondément, mieux que chez moi, je dois y voir une révélation?

- Peut-être le fait que mon papa dorme dans la même chambre que moi, j'ai pas eu peur du noir du coup !

- Mais bien sûr, je constate juste que le bruit de la ville te convient mieux, si tu préfères je peux voir s'il y a une chambre de libre dans un hôtel du centre et on fera nos entrainements dans la salle de Tom, je t'y rejoindrais le matin et puis tu pourras faire ton footing ailleurs que dans le Bayou.

- ….

Randy se braqua légèrement à mon annonce et je ne sus pourquoi, je voulais juste qu'il se sente bien et visiblement mon univers enfin du moins l'endroit où je vivais ne semblait pas lui convenir. Il ne parlait pas et je m'inquiétais de son silence, je n'avais pourtant rien dis de mal en soit.

- Randy parle-moi s'il te plait ton silence me fait peur là, j'ai dit un truc qu'il fallait pas, dis?

- J'ai fait quelque chose de mal que tu ne veuilles déjà plus de moi chez toi?

- Tu n'as rien fait de mal pourquoi tu dis ça? J'ai juste vu qu'hier tu semblais être plus heureux et détendu avec le bruit de la ville en arrière fond. J'aime le calme mais tout le monde n'est pas comme moi, je comprendrais si tu n'aimais pas ça, je veux juste que tu te sentes bien.

- Alors chez toi, ça ira très bien

- Ne dis pas ça en te sentant obligé de le faire, j'aime le calme et toi le bruit c'est pas un souci, je comprends.

- Ben, s'il te plait, me chasse pas déjà, je me ferais tout petit promis, tu me verras même pas.

- Je te chasse pas, je veux que tu sois bien c'est tout, tu sembles pas vraiment à l'aise chez moi alors j'essaie juste de trouver une solution pour que tu te sentes à l'aise.

- J'aime ta maison, bon ton bayou, j'en suis pas un grand fan, mais je vais m'y faire tu verras.

- Si c'est pas ma maison alors qu'est-ce que tu as et ne me dis pas rien ok, je sens que tu me caches un truc et j'aime pas ça.

- Je t'ai vu combattre hier soir.

- Oui et alors ? C'était le but l'écran dans la loge.

- Alors, j'ai regardé notre second match des dizaines de fois en essayant de voir ce que je devais modifier pour avoir une chance de faire beaucoup mieux si tu me redonnais un match un jour, je le connais par cœur désormais, prises, commentaires et réactions du public comprises. Tu ne combattais pas en face de moi et tout le monde l'a vu ce soir-là, même moi j'aurais dû m'en apercevoir ! En fait, tu jouais avec moi tout simplement, je comprends mieux pourquoi tout le monde me méprisait autant ensuite là-bas ! Ils se demandaient pourquoi leur grand champion perdait son temps avec moi !

- Tu quoi? Attend là t'es en train de me dire que tu voulais encore un match contre moi, c'est ça en fait la raison de ta demande, tu veux que je t'aide à être meilleur pour me faire payer ce que tu considères comme des humiliations. Je n'arrive pas à le croire tu t'es bien foutu de moi en fait, la seule chose que tu veux c'est m'affronter et sortir la tête haute rien d'autre.

- Bien sûr et je suis venu mendier à ta porte le soir même parce que j'avais rien d'autre en tête que t'humilier à mon tour évidemment! Et pour être sûr de bien y arriver, j'ai remis ça le lendemain matin! Mais c'est pas vrai ça! Je sais plus quoi faire pour te montrer qui je suis moi! Faut que je rampe à tes pieds pour que tu sois sûr que je suis bien venu te demander ton aide en te suppliant de m'aider à m'en sortir? Parce que si c'est ça que tu veux, je suis plus à ça près, tu auras eu la consécration de ton jeu à la con comme ça! Ben le grand champion fait de Randy son joujou favori, avant de le casser comme tout gosse qui se respecte!

- Maintenant je suis rien de plus qu'un dominateur qui aime voir les gens ramper devant lui, un gars qui rêve que le grand Randy Orton se soumette à lui sans rémission, putain si j'avais voulu d'un soumis le prend pas mal mais c'est pas toi que j'aurais pris ça c'est sûr. Tout n'est que mensonge dans ton monde, tu cherches la moindre connerie pour être en avant, je suis pas comme ça, je suis dans la vraie vie moi, je joue pas ça c'est ton domaine, alors le jeu à la con comme tu dis c'est toi qui le pratique pas moi.

- Alors si tu jouais pas, tu faisais quoi ce soir-là à encaisser des coups que tu pouvais éviter sans problème ? Si tu avais combattu pour de vrai comme tu dis, je n'aurais même jamais réussi à te toucher, tu aurais pu me démolir en quatre secondes chrono! Tu aurais dû m'étriper après la rage que tu avais après moi ! Ah non j'oubliais, t'aime pas qu'on salisse ton ring avec les tripes d'un minable comme moi c'est ça, pas assez honorable !

- Tu vas te calmer direct parce que là tu prends pas le bon chemin ni le bon ton, je ne jouais pas contrairement à ce que tu penses, je ne voyais juste pas l'intérêt de te mettre hors course. Tu as du talent mais tu l'utilisais mal et te mettre les tripes à l'air n'était pas mon but, j'avais devant moi un sacrifice que ton cher boss m'avait offert sur un plateau dans le seul but de m'avoir et il était hors de question que je lui donne ce plaisir. De nous deux c'est toi qui voulait le plus démolir l'autre, moi je me suis contenté de donner quelques coups pour t'arrêter dans ta lubie, mais le principal était que tu sois le moins blessé possible, ton patron n'attendait que ça et il n'en vaut pas la peine contrairement à toi. Tu crois avoir tout compris, m'avoir cerné et tout savoir, eh bah désolé mais tu as tout faux, même ce soir-là je voulais te protéger rien d'autre, te protéger de ta folie, te protéger d'un monde qui ne te respecte pas, te protéger d'un patron qui ne voit en toi qu'une tirelire sur patte, alors si je suis coupable d'un truc c'est uniquement de ça, avoir voulu te protéger.

Atterré par la réponse de Ben, je restais silencieux, Vince avait tenté de me sacrifier ? Il ne voyait donc en moi que de la barbaque à jeter aux lions ? Vince avait tout organisé depuis cette interview piège qui avait conduit à notre second match, il savait que notre échange allait forcément déraper, il était encore plus immonde que je ne le pensais ! Je me laissais tomber lourdement sur mon lit, la tête dans les mains, ça faisait mal bordel ! Je ne savais pas à quel moment j'avais oublié que Vince ne voyait que des chiffres derrière chacun de nous, je pensais pourtant m'être préservé au maximum de ce côté-là mais j'avais tort, encore une fois. Ben m'avait amoché ce soir-là à plusieurs reprises mais il avait malgré tout cherché à me préserver plus que tout, j'avais été très surpris de sortir du ring sur mes jambes pour la seconde fois face à lui, même si mon sang avait baptisé presque tout l'aréna durant cette soirée, il m'avait poussé à donner le meilleur de moi-même pour que je ne regrette rien et lui avait veillé à ne pas me blesser inutilement. Ben s'agenouilla devant moi et retira mes mains de mon visage, il voulait me voir tandis qu'il me parlait :

- Regarde-moi Randy, je te demande pardon si mes actions t'ont amené à croire autre chose, je sais que c'est dur pour toi de voir la vérité sur ton boss mais c'est exactement ce qu'il est, perfide, avide et il ne recule devant rien pour avoir ce qu'il veut. Je ne pouvais pas venir te voir et te dire ce qu'il en était, tu ne m'aurais pas cru de toute façon, il fallait que tu en prennes conscience toi-même, tu l'as en partie fait avec sa réaction face à ta pseudo blessure. La seule chose que je veux c'est te protéger, je sais que tu es grand mais il y a certains aspects que tu ne discernes pas encore et je t'aiderais pour ça, gare à celui qui s'en prendra à toi car il me trouvera sur son chemin soit en sûr. Tu apprendras à discerner le vrai du faux toi aussi, à l'avenir je doute que quiconque viendra te chercher des noises, allez fait moi le beau sourire qui te va si bien.

Je tentais de lui grimacer un sourire sans grand succès, le cœur n'y était pas, il me faudrait plus que quelques secondes pour encaisser ce que Ben venait de me dire, même si j'avais désormais un protecteur en sa personne, ça n'enlevait pas le poids de la trahison de Vince et il reprit :

- Allez, fais risette Dydy !

Cette fois, je lui souris largement en lâchant un éclat de rire amusé et Ben me sourit en retour avant de se relever.

- Bah voilà je préfère ça, on fait un pacte, tu ne penses plus à ce que ton boss a fait pour toute la durée de ton séjour, tu te concentres sur l'homme et le lutteur que tu veux devenir et une fois que tu reviendras alors là tu lui feras bouffer son tiroir-caisse et t'imposeras face à lui d'accord?

- Deal! Et je t'enverrais une photo de sa tronche à ce moment-là !

- J'espère bien que tu le feras. Bon si on déjeunait, t'en dis quoi?

- Bonne idée! Je meurs de faim! On s'habille et on y va!

- Oh! Moi qui pensais qu'on resterait en tête à tête je suis déçu chéri!

J'éclatais de rire devant son air mutin faussement déçu et lui dit:

- Soyons fou alors, j'appelle le room service !

- Oh vi alors et pour nos tenus on s'habille ou ..?

- Pourquoi ? Tu veux me faire un strip chouchou?

- T'aimerais hein, j'ai bien vu comment tu me mâtais hier c'était à la limite de la décence chéri.

- Oups grillé! J'avais mis mon bavoir pourtant.

- Rien ne m'échappe surtout te concernant, il s'en est fallu de peu avant que tu ne me sautes dessus vu ton regard affamé.

- Allez file sous la douche grand fou, je m'occupe du petit déj.

- Une fois la commande passée, tu viendras me frotter le dos?

- Hummm tu n'as pas peur que je me jette sur toi ?

- Quand tu veux chéri !

- File sous la douche idiot !

- Oui mon chéri pour le petit déj je veux...

- Je sais petit déj à la française, café, croissant et jus de fruits multivitaminé !

- Tu sais que je t'aime toi, allez je fais vite.

Je laissais donc ma petite femme et filais vite sous la douche, le réveil avait été mitigé, puis d'un coup c'était parti en vrille complet et une phrase en entrainant une autre, Randy avait pris de plein fouet les vrais agissements de son patron en pleine gueule, bien joué Ben sur ce coup-là, t'as fait fort tiens. J'avais tenté de le rassurer comme je pouvais et le faible sourire qu'il m'avait donné m'a poussé à en vouloir plus et il me l'avait donné, un vrai sourire, j'aimais quand il le faisait. Ce que j'aimais par-dessus tout c'était qu'une fois la tension partie nos chamailleries avaient repris, sérieux si quelqu'un nous avez entendu ils auraient cru entendre un couple se chauffer, un couple sur le point de retourner leur chambre sous l'explosion de leurs montées de testostérones. Je rigolais comme un couillon sous le jet d'eau chaude, c'est dingue il y avait une telle alchimie entre nous que nos petits délires étaient revigorants et j'aimais ça de plus en plus. Alors que je finissais de me laver, je repensais à son visage quand je lui avais dit que quiconque lui ferait du mal me retrouverait sur son chemin, il était à la fois surprit et heureux, preuve que je devais être le premier à lui faire savoir qu'il avait quelqu'un à ses côtés, quelqu'un qui tenait vraiment à lui, j'étais plus que sérieux personne ne touchera à un seul des cheveux de ce qui été devenu ma moitié. Je coupais l'eau et me séchais, ne voulant pas faire attendre mon chéri trop longtemps, bien qu'un peu déçu d'avoir dû me laver tout seul. Je sortis avec la serviette autour de la taille histoire de voir comment il allait réagir, il me regarda, sourit vicieusement, se mordit un peu la lèvre, genre je vais te bouffer, ce à quoi je répondis par un haussement de sourcil voulant dire quand tu veux et je rigolais.

- Arrête de me tenter chou sinon il va t'arriver des bricoles c'est moi qui te le dis !

- Ah oui je devrais peut être continuer histoire de voir !

- Va t'habiller le room service va pas tarder.

- Ok j'y vais mais avant je tiens à te faire part de ma désolation d'avoir dû me laver tout seul, maltraitance envers son homme c'est un crime !

- La prochaine fois promis je viendrais te décaper, allez bouge.

Je regagnais la salle de bain au moment même où un coup à la porte indiqua que le petit déj était là, quand je fus prêt je trouvais tout sur la table et Randy me sourit, je le rejoignis et nous mangeâmes dans la bonne humeur. Je repensais au fait qu'en peu de temps il avait déjà assimilé certains détails me concernant, comme ce que j'aimais manger au petit déj, c'était bien le seul à l'avoir fait, avant lui personne ne s'en était soucié et je fus touché que lui l'ait fait. Une fois fini, je débarrassa et remit le tout sur le chariot pendant que Randy se dirigeait à son tour vers la salle de bain.

- Si tu veux de l'aide pour te frotter, tu m'appelles !

- Je pense que j'y arriverais seul mais merci quand même.

- Bon bah tant pis mais fais attention, te fais pas mal à l'épaule inutilement.

- C'est mon épaule qui t'inquiète ou t'as juste envie de me voir nu sous la douche ?

- Outch touché et démasqué, allez file avant que je ne réponde plus de mon corps !

J'allais me doucher à mon tour avec un large sourire sur les lèvres, ces échanges avec Ben me mettaient de très bonne humeur, j'adorais cette façon qu'on avait de se chambrer en permanence en jouant les petits couples, si quelqu'un avait surpris notre discussion, il aurait eu de quoi être surpris mais nous, on en riait comme deux crétins et c'était tout simplement génial ! Je ne me souvenais plus de la dernière fois où j'avais autant souri, j'en avais presque mal aux zygomatiques !

Malgré la difficulté de notre conversation du réveil, les choses s'étaient bien arrangées entre nous par la suite. Je gardais toujours la douleur de la révélation de Ben sur Vince dans mon cœur mais elle était moins vive grâce à ses plaisanteries et puis j'avais été très touché quand il m'avait déclaré, vouloir me protéger à tout prix, davantage encore en disant qu'il veillerait sur moi, qu'il ne laisserait personne me faire du mal. J'étais un grand garçon et j'avais pour habitude de me défendre seul mais c'était la première fois que quelqu'un me laissait entendre aussi clairement qu'il tenait à moi et le fait que ça soit Ben était encore mieux.

Je fis vite moi aussi sous la douche pour ne pas le faire attendre, je prenais une douche assez chaude, insistant sur mon épaule récalcitrante et sortait de l'eau pour m'habiller. Ne résistant pas à l'envie de le taquiner de plus bel, je me contentais d'enfiler mon jean avant de sortir de la salle de bains torse nu. J'observais la réaction de Ben avec un large sourire et comme je l'avais fait, il me dévora des yeux avec un air gourmand si exagéré que j'éclatais de rire avant de saisir mon tee-shirt.

- Ça te plait hein, chouchou ?

- Pas mal un peu trop habillé mais bon je m'en contenterais pour cette fois.

- Hummm, tu risques d'être très frustré alors si j'enfile mon tee-shirt maintenant ?

Avec un sourire, j'enfilais mon tee-shirt dans un mouvement sensuel mais lorsque je dû passer mon épaule blessé, je ne pus retenir une grimace de souffrance qui n'échappa pas à Ben. Aussitôt, une expression inquiète et sérieuse remplaça sa mine gourmande et il me demanda :

- Va sur le lit.

- T'es si pressé que ça chéri ?

- T'imagine pas à quel point allez zou sur le lit beau gosse.

- Je ne suis pas si facile que ça Bennychou, tu sais. Même si en mini serviette blanche, tu étais à croquer…

- A croquer hein je retiens! Allez sérieusement Randy mets-toi sur le lit que je regarde ton épaule.

- C'est bon Ben, t'inquiète pas, j'ai enfilé mon tee-shirt ça va aller maintenant, c'est le seul geste qui me pose vraiment problème, pour le reste c'est du gâteau !

- Du gâteau tu dis, moi ce que je dis c'est que le fait d'avoir mis ton tee-shirt t'as fait mal, que ton épaule doit te lancer et que la douleur va empirer avec le décollage et atterrissage de l'avion. Alors non c'est pas bon, viens sur le lit s'il te plait je vais te mettre de la crème maintenant ce qui calmera l'élancement avant que ça n'empire. A moins que tu préfères te contenter de footing pendant un bon bout de temps, alors?

- Footing aux crocos contre massage de tes douces petites mimines, j'avoue que le choix est difficile là !

- A moins que je décide de rentrer seul, t'en dis quoi maintenant?

- Oh Benny, une si belle histoire d'amour en devenir et tu veux déjà la tuer dans l'œuf, je te croyais plus romantique que ça !

Mais je retirais malgré tout mon tee-shirt avec rapidité et presque brutalité, je serrais les dents en les découvrant dans un rictus de souffrance en émettant malgré moi un sifflement de douleur et me laissais tomber sur le lit.

- Je vais prendre soin de toi chéri et notre histoire n'est qu'à son début fais-moi confiance. Maintenant tu te détends et tu me laisses faire.

- Oui monsieur !

- Tu t'entraînes pour demain, c'est bien ça !

- Dans tes rêves !

- Oh que non !

Ben alla jusqu'à son sac et revins avec son tube de crème, je ne l'avais pas quitté des yeux une seconde et je cherchais son regard quand il vient se mettre face à moi, je détestais montrer une faiblesse, encore plus une blessure quand elle était réelle, Ben n'était pas mon ennemi mais je n'avais quand même pas envie de paraître faible devant lui, il dû comprendre mon dilemme car il me sourit doucement en débouchant le tube.

- Pas de honte devant moi Randy, tu m'as vu faible et blessé aussi alors ne t'inquiète pas, jamais je ne te verrais autrement que comme têtu, fort et sacrément sexy chéri.

- Tu sais parler à un homme choupinou !

- Choupinou, Bennychou, chouchou, grand fou, faudrait que tu choisisses un jour, et c'est quoi cette manie de tout finir par " ou"?

- Faut vraiment que je choisisse mon p'ti bout?

Ben rit doucement et s'approcha de mon épaule, je le laissais faire sans bouger, une première pour moi, je me tendais malgré tout au début, n'ayant pas l'habitude qu'on prenne soin de moi et Ben grogna un « Détends-toi » qui me fit sourire à mon tour. Il était extrêmement doux et j'en étais surpris venant de lui, pas que ce soit une brute épaisse, non loin de là mais je ne le voyais pas en masseur délicat pour apprenti ? Collègue ? Qu'étais-je pour lui ? blessé. Je me détendais peu à peu tandis qu'il apaisait la douleur de mon épaule.

- Hummm, tu as des doigts de fée, j'en étais sûr, je me demande ce que tu peux en faire sur d'autres parties du corps…

-Si t'es sage je te montrerais mais faudra que tu sois vraiment très gentil pour ça. Juste pour info j'ai jamais eu de plainte que des demandes de renouvellements

- Très tentant, et moi qui te prenait pour un garçon sage! Tu caches bien ton jeu dis donc!

- J'ai plusieurs masque à mon actif, tu les as pas tous vu, celui de gars très Hum te fera frissonner de...

- Je frisonne déjà… Il fait froid dans cette piaule non ?

Ben termina de faire pénétrer la crème dans des gestes doux, il en profita pour vérifier ma mobilité et je grimaçais selon les mouvements qu'il me faisait faire, Ben semblait contrarié mais il ne dit rien à ce sujet, préférant continuer notre conversation badine.

- T'as froid laisse-moi te réchauffer alors je m'en voudrais que tu tombes malade.

- Tu as une idée derrière la tête?

- Oh oui tu vas adorer comme tout le reste.

Ben se saisit alors de mon tee-shirt et me l'enfila en commençant par passer mon bras blessé puis ma tête en enfin l'autre bras, je le laissais faire sans réagir devant son air goguenard, ok, il m'avait eu !

- P'tit malin !

Ben rit de nouveau et retourna au sac pour en revenir avec un de mes pulls cette fois, il avait prévu un pull en plein été pour moi ?

- Comment tu savais que c'est ma tenue préférée ?

- J'en savais rien j'ai pris les fringues que j'aimais bien voilà tout, bon en même temps y avait pas trop de choix aussi faut dire.

- Ben quoi, j'allais pas embarquer 15 tonnes de fringues comme une gonzesse non plus !

- 15 tonnes non mais là tu vas vite être à court enfin c'est pas que ça me dérangera !

- Tu peux déjà plus te passer de mon corps?

- J'avoue je suis dingue de toi Diddychou. Bon allez on récupère nos affaires et en route.

J'attrapais les deux ou trois bricoles qui traînaient près de moi avant de foncer dans la salle de bains récupérer ce qu'on avait pu y laisser, Ben rangea ce qu'il avait sorti de son côté et je lui apportais les dernières affaires, soigneusement pliées ou essuyées, les lui tendant dans le bon ordre pour le rangement de son sac et il me sourit de nouveau en disant :

- Avant de partir je voulais te remercier pour hier, tu sais, t'être occupé de moi tout en me laissant mon espace, m'avoir préparé aussi bien mes affaires que mon nécessaire de toilettes, tout était prêt pour moi et j'en suis touché. Jamais personne n'avait pris soin de moi comme tu l'as fait depuis notre arrivée ici hier et je voulais te dire que ça m'avait énormément ému. C'était très attentionné de ta part mais te sens pas obligé de le faire tu sais, en tout cas ton geste m'est allé droit au cœur, merci Randy.

- De rien Ben, je peux bien faire ça pour toi, c'est la moindre des choses.

- On a tout là ?

- On a tout oui, tu peux fermer le sac.

- D'accord en route, l'avion va pas nous attendre. Allez chéri rentrons chez nous.

Mon sourire fut de loin le plus grand de la journée et je me retins difficilement de lui sauter au cou, Ben avait dit « chez nous »? Jamais encore je n'avais été autant accueilli chez quelqu'un, surtout aussi vite, à moi de me montrer digne de l'affection qu'il me portait déjà !

Putain le sourire qu'il avait fait en entendant mon " chez nous" était bien l'un des plus beaux , plus joyeux et réel que j'avais vu de ma vie, 2 petits mots l'avait rendu heureux tout comme moi. C'était probablement pour certains un peu précipité de dire ça mais depuis que Randy avait mis les pieds chez moi, il en avait fait sa maison aussi, notre maison, vivre avec lui était un vrai bonheur tellement on se complétait, alors oui ma maison était devenu aussi la sienne. Comme la veille nous reprîmes le chemin en sens inverse, direction l'aéroport pour retrouver le calme de mon bayou et reprendre notre programme. Le trajet en taxi se fit dans la bonne humeur, on était toujours en mode hyper détendu se charriant avec plaisir sachant que l'autre répondrait sur le même ton, un vrai petit couple de joyeux luron, je vous le dis. On arriva à l'aéroport et pendant que je payais le taxi Mr Orton me sourit d'un air qui voulait tout dire alors j'attendis et voyant son sourire grandir m'indiqua que la prochaine connerie n'était pas loin.

- Tu peux prendre le sac Chou tu sais avec mon épaule faut que je fasse attention.

- Oh je m'en voudrais que tu te fasses mal, vu son poids !

- Tu me connais je suis capable de tout et puis je me réserve pour autre chose de bien meilleur.

- Ah oui et quoi?

- Si je te le dis ça ôtera tout le charme de mes futurs plans pour toi alors chut. Allez prends le sac, l'avion nous attend.

- Bien Mr.

Je me saisis du sac et le suivis en souriant, de vrais gamins je vous disais, non mais oser me dire que le sac était trop lourd pour lui, sérieusement j'allais devoir faire gaffe où j'allais faire de lui un enfant gâté. Il avait les billets et partit s'asseoir le temps que notre avion soit appelé, je n'étais pas loin derrière mais je fus stoppé par un petit bonhomme qui m'avait reconnu et voulait mon autographe et une photo, sa bouille me fit craquer et je lui accorda ce qu'il voulait sans problème, du coin de l'œil, je vis Randy observer la scène souriant de me voir interagir avec un fan, surtout avec un enfant, c'était bien ceux que j'aimais le plus, ils étaient cash et leur honnêteté me plaisait vraiment. Je venais de finir ma conversation avec le petit quand le vol fut appelé alors après un dernier bisou, je partis rejoindre Randy et direction l'avion. Une fois dans l'avion, je repris direct mon rôle de protecteur voulant m'assurer qu'il était bien et que les turbulences n'allaient pas empirer son état, il souriait à mon côté mère poule et me dit doucement :

- Je vais bien Chou alors stop !

- Je veux juste que tu sois bien pardon.

- Je le sais mais t'inquiète pas ton massage m'a détendu suffisamment pour que je supporte le vol sans problème alors relax ok

- Ok mais si t'as mal dis-le et je te donne un cachet, ne joue pas les fiers à bras, je veux pas que ton état empire.

- Promis si ça me lance trop je prendrais un cachet. J'ai hâte d'être rentré moi pas toi ?

- Moi aussi, retrouver le calme de la maison va me faire du bien et puis je m'inquiète pour le petit.

- Moi aussi, tu te rends compte qu'on l'a laissé tout seul à la maison on est des parents horribles

- La prochaine fois on prend une nourrice je me sentirais mieux !

- Je vais passer une annonce en rentrant: Cherche nourrice pour jeune croco en peluche. Parents souvent absents pour raison professionnelle. T'en dis quoi c'est pas mal non?

- Je te préviens tu recevras les candidats ou candidates.

- Bah bien père indigne.

Avec nos conneries on avait pas remarqué que nous avions décollé et le reste du trajet fut sur le même ton, je n'avais jamais été aussi détendu avec qui que ce soit que je ne l'étais avec lui, il avait un de ces effets sur moi c'était pas possible, il était comme ma dose de bonheur sur patte, avec lui l'ennui n'était jamais présent et je savourais ça.

Ben et moi regagnions sa maison en voiture, lui avec enthousiasme moi avec un rien d'appréhension vite balayée par la présence joviale et réconfortante de Ben à mes côtés. Je repensais à tous les panneaux qui cernaient sa propriété et j'envisageais d'en fabriquer un nouveau pour Ben : « Bienvenue à Crocoland ! » Je riais doucement en l'imaginant, un immense panneau avec un croco debout derrière qui dévorait un coin du panneau et Ben se tourna vers moi pour connaître la raison de mon hilarité et je secouais doucement la tête pour lui signifier que c'était sans intérêt.

Je vis sa maison apparaître avec la même joie que lui, je restais émerveillé devant elle, elle était si belle, si Ben en fait. Nous descendions de voiture et Ben s'empara du sac sans que je lui demande en plaisantant et il me dit avec un sourire moqueur :

- Il est trop lourd pour toi fillette !

- Dis surtout que tu veux surtout savoir quels sont mes plans pour toi !

Il m'avait fait un clin d'œil en répondant :

- J'ai hâte chouchou.

Malgré nos plaisanteries, j'avais bien senti une fois de plus qu'il se souciait de mon épaule, il allait me falloir du temps pour m'habituer à ça mais je n'allais pas me plaindre de ses attentions continuelles pour moi, il était… chou…

Ben et moi étions montés déballer nos affaires et saluer le petit en continuant à nous charrier de plus belle, j'adorais cette ambiance et j'aimais encore plus l'idée d'être « chez nous » Je proposais à Ben de se reposer aujourd'hui compte tenu de son match de la veille et il éclata de rire en me disant d'enfiler mes baskets plutôt que de dire des conneries et nous foncions ensemble dans le bayou sur la piste de l'enfer comme je l'avais surnommée.

- N'ai pas peur chéri, je t'accompagne, les vilains crocos vont pas te manger !

- Ils ont peur de toi ?

- Evidemment, ils me connaissent eux !

Je suivais Ben dans les endroits plus étroits, le laissant ouvrir le chemin, en m'effaçant galamment derrière lui, ce qui n'avait pas manqué de le faire rire ! Je veillais étroitement sur mon portable également, vérifiant très souvent qu'il se trouvait bien en sécurité au fond de ma poche, d'ailleurs par précaution, j'avais modifié le nom de tous mes contacts et placé un code de verrouillage en prime, Ben n'avait aucune chance, les heures tournaient, la victoire était en vue et elle porterait mon nom ! Nous arrivions au mini pont des piranhas et là encore je laissais Ben passer en le suivant au plus près mais quand nous atteignîmes la passe des fleurs carnivores, je restais bien au milieu du chemin, sous le regard goguenard de mon hôte. Un dernier passage près de la rive du bayou et nous aurions fini ce tour de footing, je longeais la rive en discutant tranquillement avec lui quand soudain il s'écria :

- Randy attention ! Un alligator !

Je bondis sur le côté, directement dans les bras de Ben qui s'effondra sous mon poids et la brutalité du choc, s'étalant de tout son long dans la boue où je le rejoignais forcément dans sa chute. Je jetais des regards frénétiques vers l'eau sans rien voir bouger tandis que Ben explosait de rire comme un gamin de 4 ans qui vient de faire une farce !

- C'est malin ! Grognais-je agacé.

Mais mon agacement ne fit pas long feu devant le spectacle de son fou rire et je le rejoignis très vite dans ses éclats de rire, toujours vautré sur lui.

- Ah ah ah ! Si tu avais vu ta tête !

Je saisis soudain une pleine poignée de boue et l'étalait généreusement sur son visage.

- Pas aussi belle que la tienne maintenant, j'en suis sûr !

- Un point partout ! Allez debout chéri, t'es lourd !

- Les bains de boue c'est bon pour la peau il paraît, tu pourrais ouvrir une thalasso ici avec toute cette boue ! Dis-je en me relevant.

Je lui tendais la main pour le relever mais nos mains rendues glissantes par la boue compliquèrent la tâche et Ben s'affala pour la seconde fois dans la boue tandis que j'éclatais de rire de plus bel.

Pour la 2ème fois je me retrouvais allongé dans la boue avec un Randy mort de rire, bah oui Mr était lui debout s'étant servi de mon corps pour y parvenir, moi je n'avais pas eu cette chance. J'aimais le son de son rire mais le masque de boue était une ardoise qu'il allait devoir payer et vite, après tout c'était la journée où je gagnais sur tous les points non?

Ben me lança soudain un regard de chasseur et je reculais en disant :

- Et merde ! En comprenant ses intentions.

Ben se saisit de ma cheville sans même se donner la peine de se relever et tira d'un geste rapide et souple, malgré mes efforts, je retournais dans la boue aussi vite que j'en étais sorti mais cette fois, c'était Ben qui était au-dessus de moi, je tentais de filer en me roulant encore plus fortement dans la boue, je n'étais plus à ça près pour maintenant et Ben eut un sourire carnassier en me plaquant à terre, ses mains plongèrent dans la boue tandis que les miennes gisaient, inutiles sous ses genoux, il allait s'en donner à cœur joie ! Il commença par me tartiner le visage aussi copieusement que je l'avais fait pour lui, d'ailleurs, il n'avait même pas cherché à se débarbouiller depuis, puis il souleva mon tee-shirt désormais maculé de boue avant de reproduire la même chose sur l'ensemble de mon torse tandis que j'émettais un léger cri de protestation en tentant de me libérer.

- Il te manquait tant que ça mon torse Choupinet ? T'aurait dû le dire, j'aurais retiré mon tee-shirt pour courir avec toi.

- T'as raison chéri, il parait que la boue est bonne pour la peau mais je voulais pas être le seul à en profiter, alors t'en dis quoi?

- Ben je vais te...

- Tu vas me quoi? M'embrasser ? Hum pourquoi pas ? Me remercier ? Y a pas de quoi le 50/50 dans un couple c'est primordial. Me sauter dessus ? On va éviter sinon on va passer la journée dans cette marre.

- Tu...

- Je? A ça y est j'ai compris, je vais prendre une douche en premier, c'est trop gentil mon chéri, ton bon cœur te perdra.

Sur cette dernière vanne, je partis comme une flèche direction la maison, il n'aura pas à attendre après moi pour la douche sachant qu'il avait la sienne et moi la mienne, mais quand même je serais le 1er sous l'eau. Je l'entendais m'appeler au loin mais je ne ralentis pas, la boue commençait à sécher et je n'étais pas vraiment fan de ça, arrivé à la maison je laissais mes baskets pleines de gadoue devant la porte et je montais direct, je l'entendis franchir le seuil pas loin derrière moi, il avait encore une fois sprinté ne voulant pas se retrouver face à face avec les habitants du bayou.

J'atteignis la maison quelques secondes après Ben, il m'avait distancé le temps que je me relève mais il était hors de question qu'il me laisse tout seul dans le Bayou, surtout dans cet état !

Je virais mes baskets avant d'entrer en souriant, vu notre degré de saleté à Ben et moi, retirer nos baskets ne changerait pas grand-chose à l'affaire, après la douche, j'allais devoir passer la serpillière partout sur notre passage ! Je fonçais jusqu'à la salle de bains, Ben était déjà sous la douche dans sa propre salle de bains et j'abandonnais mes vêtements dégorgeant d'eau et de boue dans le lavabo, je les rincerais après !

Ben aurait fini de se laver avant moi c'était évident vu la façon dont il m'avait tartiné de boue avant de badigeonner mon torse en prime, l'objet de vénération de toutes les femmes du monde qui m'aimait, le sien aussi à priori ! Riais-je doucement en me battant pour me débarrasser de la boue qui me collait aussi dans le dos depuis qu'il avait soulevé mon tee-shirt et que je m'étais encore plus débattu pour lui échapper en vain. Il ne m'avait pas raté, la vengeance se mangeait bouillante chez lui et il n'oubliait pas de compter en prime les intérêts ! J'avais trouvé un adversaire à ma hauteur en sa personne, quelque chose me disait même que je venais de trouver mon maître même si je n'étais pas prêt de le reconnaître !

J'appréciais tout particulièrement d'avoir les cheveux ras aujourd'hui, ils étaient bien plus faciles à nettoyer ainsi ! Il me fallut tout de même 20 minutes pour être enfin propre, je rinçais mes vêtements abondamment puis enfilais ma dernière tenue propre avant de descendre en quête d'une serpillière, je croisais Ben en sortant de ma chambre et son regard était toujours aussi goguenard, il savourait sa victoire, il rira moins demain ! Pensais-je avec un sourire sadique, je vérifiais que j'avais bien réempoché mon téléphone et décidais de coller Ben toute la journée pour ne lui laisser aucune chance de m'avoir par surprise.

Et puis, je n'avais aucune envie de m'éloigner de lui non plus, j'appréciais sa compagnie et je m'aperçus que c'était la première fois de ma vie que je recherchais autant la présence de quelqu'un. J'avais besoin de lui, pas seulement pour devenir meilleur ou pour devenir le vrai Randy mais parce que sans lui, je me sentais vraiment vide, comme mort.

Je nettoyais la maison tandis que Ben s'occupait de remettre nos baskets en état, l'après-midi était déjà bien avancé et je regardais Ben en disant :

- Et maintenant ?

- Maintenant, tu fais ce que tu veux, tu te reposes tranquillement, si tu aimes lire, ma bibliothèque est à ta disposition sinon j'ai aussi une collection de DVD dans laquelle tu peux piocher, bref tu es libre.

- Teu teu, je vais où tu vas chéri, je me sentirais trop seul sans toi !

- Accro va ! Dit-il en riant.

- J'assume, fallait pas me tenter autant ! Je suis tombé pour ton corps Bébé !

- Et moi qui pensais que c'était pour mon esprit ! Je suis déçu…

J'éclatais de rire et me rapprochais de lui, je passerais le reste de la journée à ses côtés, en veillant maladivement sur mon portable pour les prochaines heures et je savourais déjà l'idée de ma victoire assurée cette nuit, j'allais m'éclater moi demain !

Pendant ma douche je ne pouvais cesser de penser à notre séance dans la boue, deux vrais gamins voilà ce qu'on était, il m'avait eu mais je n'étais pas du genre à rester en reste alors bien sûr j'avais eu ma vengeance et résultat je l'avais littéralement badigeonné de boue partout le pauvre. Je n'avais pas résisté à lui en mettre partout du coup sa douche sera plus longue que la mienne à coup sûr, mais c'était vraiment un bon moment de délire comme j'en avais rarement eu et depuis que Randy était là nous nagions dans une atmosphère de bonne humeur et le fait qu'il soit comme moi niveau connerie me poussait à me lâcher sans réserve. La douche finie, j'avais décidé de laver nos baskets elles avaient elles aussi morflées et comme Randy était contraint au footing, je ne voulais pas que son outil de travail soit ruiné. Je m'occupais de ça alors que lui faisait le ménage dans la maison, une fois encore pas de concertation, on s'était réparti les tâches et une fois encore on se complétait, une fois tout ça fait je lui avais proposé de se reposer calmement mais sur le ton taquin qui ne nous quitté plus, il m'avait rétorqué ne plus vouloir me quitter d'une semelle, j'avoue que l'avoir à mes côtés même si on ne faisait rien de particulier me plaisait de plus en plus. J'avais généralement besoin de mon espace mais avec lui c'était loin d'être le cas, j'adorais qu'il soit avec moi pour tout, on se découvrait au fur et à mesure et notre lien s'en renforçait. Vue de l'extérieur on pourrait dire qu'on était un couple, nos agissements et nos paroles étaient sommes toutes assez équivoques, elles pouvaient porter à confusion mais c'était le dernier de nos soucis. Je savais aussi pertinemment pourquoi il voulait m'avoir à l'œil, comme moi il pensait au pari et à l'échéance qui se rapprochait, il vérifiait plusieurs fois qu'il avait bien son téléphone, que je n'avais aucun moyen de lui choper s'assurant ainsi une victoire qu'il croyait acquise. Plus le temps passait et plus il souriait tout comme moi, lui croyait à sa victoire alors que je savais parfaitement qu'elle serait mienne et pour cause je n'avais nullement besoin de son portable, mais ça il allait le découvrir rapidement et comme un foufou, j'avais hâte que l'heure arrive pour non seulement voir sa tête mais aussi valider une fois encore ma victoire, demain sera un jour de grand bonheur, il sera à mon service et j'allais savourer ça au plus haut point.

- Qu'est ce qui se passe chéri tu attends un coup de téléphone de ton amant c'est ça?

- T'es jaloux chou?

- Peut être bien après tout dois-je te rappeler que tu es tout à moi et je n'aime pas partager !

- Jaloux et possessif hum j'avoue que ce côté de toi me plait de plus en plus.

- Et tu n'as pas tout vu encore, alors ton amant mystère ne t'appelle pas, pas trop déçu j'espère ?

- Pas besoin d'amant quand je t'aies toi

- Je t'aime toi tu sais ça ?

- Je sais, après tout, tous le monde le fait

- Le retour de ta modestie elle me manquait celle-là. Bon dis-moi tu veux manger quoi ce soi ?

- Tu vas cuisiner pour moi?

- Bien sur quel genre de mec je serais si je laissais mon homme mourir de faim ?

- Un homme pitoyable mais tu n'entres pas dans cette catégorie. Fais-moi une surprise pour le diner

- D'accord bon je vais faire à manger, toi tu restes là

- Ah non pas d'accord je viens avec toi, je te l'ais dis je te lâche plus moi ton corps me manquerait trop !

- Je le sais mais si je dois te faire une surprise, t'avoir derrière moi gâcherait tout alors tu viens pas.

- T'es pas gentil chéri !

- Tu t'en remettras amour !

Sur cette dernière boutade je partis vers la cuisine en sachant qu'il ne resterait pas seul longtemps et en effet moins de 10 minutes plus tard, il était assis sur un tabouret du bar me regardant faire. Il me parlait pendant que je cuisinais et le temps passa comme ça, discussion, petites chamailleries, à croire qu'on se connaissait depuis toujours tellement c'était facile de s'entendre. Notre rencontre et notre début de confrontation ne m'avait pas laissaient présager qu'aujourd'hui il serait là chez moi, vivant avec moi, partageant mon quotidien en le rendant meilleur, je n'aurais franchement pas parié sur une telle entente entre nous et j'aurais perdu le pari pour la 1ère fois de ma vie. Alors que le repas mijotait, un bip se fit entendre celui de mon fax et je demandais à Randy d'y aller c'était mon emploi du temps, il y alla et revint avec, il m'expliqua ce qui m'attendait pour les 2 prochaines semaines à venir et me posa des questions sur mes 2 prochains adversaires, il me proposa même de s'occuper des réservations d'hôtel et billets d'avion pour moi, ça me fit sourire parce que généralement c'était moi le régisseur. Faut dire que je n'avais jamais eu personne qui avait voulu le faire ou que j'avais laissé faire, mais lui c'était différent, il était différent alors je lui indiquais mon agenda avec les numéros et il promit de s'en charger le lendemain. Il mit la table sur la terrasse et alluma les lanternes créant une ambiance feutrée, je servis le repas et nous mangeâmes dans la bonne humeur profitant du cadre et de la présence de l'autre, j'eu un léger pincement au cœur à l'idée que cette situation n'était malheureusement que temporaire, bientôt il repartirait et je me retrouverais à nouveau seul, il dut voir mon trouble.

- Qu'est ce qu'il y a Ben?

- Rien tout va bien.

- Pas à moi, dis-moi ce qui va pas d'un coup t'es devenu pensif.

- Je me disais juste que j'aime t'avoir ici avec moi et que bientôt tu repartiras et je serais à nouveau seul voilà.

- On a encore le temps tu sais et je ne veux pas penser à mon départ, pas encore, alors on profite du moment d'accord ?

- Tu as raison

- Portons un toast, à nous et notre vie future !

- A nous miel !

- Miel?

- Bah oui Miel, c'est sucré tout comme toi chéri tu aimes pas?

- J'adore, en plus ça vient de toi alors imagine l'effet que ça me fait !

- De l'effet hein alors je suppose que je vais débarrasser la table seul et que toi tu vas rester assis pour cacher le fameux " effet".

- T'as tout compris

Je débarrassais la table et quand je revins je vis Randy vouloir se lever pour m'aider alors je mis mes mains sur ses épaules lui indiquant qu'il devait rester assis, il rechigna un peu mais je commençais doucement à le masser et il se détendit doucement comme ce matin. Je prenais soin de lui comme si je prenais soin de de mon amant, c'était mignon comme image tellement on devait donner cette vision si quelqu'un nous voyait en ce moment. ¨Petit à petit sa tête se reposa sur mon torse et la tension accumulée dans son épaule s'évapora doucement au fil des minutes.

- J'adore tes massages chéri fais gaffe je vais vite devenir accroc !

- Pas de soucis miel, je te masse quand tu veux et autant de temps que tu veux, tu sais tant que je peux mettre mes mains sur ton corps je suis comblé !

- Je me disais aussi c'est uniquement pour ton plaisir personnel que tu le fais hein?

- Pas uniquement, j'avoue que tes petits gémissements me font un effet pas possible !

- C'est ça que je ressens dans le bas de mon dos alors?

- Non désolé, si c'était le cas crois-moi tu serais plus assis en ce moment mais allongé sur la table.

- Des promesses toujours des promesses.

- Me cherche pas où il va t'arriver des bricoles toi. Bon si tu choisissais un film pendant que je finis ça.

- Tu veux voir quoi?

- Ce que tu veux je te laisse choisir.

Je finissais de débarrasser pendant qu'il se dirigeait vers la bibliothèque, choisir le film qui finalisera notre soirée enfin qui ira jusqu'à l'heure que nous attendions tous les deux à savoir la validation de notre pari. J'avais profité qu'il soit détendu pour le masser et il n'avait pas protesté bien au contraire, du coup j'étais sûr que son épaule ne lui ferait pas de mal ce soir, j'aimais le fait qu'il m'avait laissé faire sans rechigner, le moment été parfait comme la soirée. Pendant que je faisais vite fais la vaisselle, il m'appela du salon pour me proposer plusieurs films et on se mit d'accord sur l'un d'eux qu'il chargea dans le lecteur. Il vint me rejoindre et alors que je rangeais la vaisselle, il fit du pop corn pour notre séance et nous regagnâmes le salon tranquillement, toujours en mode petit couple il avait décidé de continuer à me taquiner et s'assit à côté de moi le bol sur ses genoux, décidément il ne semblait pas vouloir être trop loin de moi, cette pensée me fit sourire car j'aimais vraiment son contact. Le film venait de finir et je regardais l'heure tout comme Randy, chacun souriant à la vue du 23h45 qui s'affichait sur l'horloge, après cette journée tranquille, cette soirée magique, le temps était enfin venu pour que le gagnant du pari soit désigné, une bonne conclusion pour cette belle journée.

Randy alla laver le plat de pop corn et le rangea avant de revenir dans le salon en s'étirant largement comme un gros chat, l'image me fit sourire de nouveau et il me dit :

Il me semble que l'écheance est presque finie, il va être temps pour toi d'avouer ta défaite !

Ma défaite tu dis? Je pense plutôt que l'heure est venue pour la tienne, miel j'espère que tu le prendras pas trop mal dis?

Chéri, ton arrogance te perdra un jour, je veux bien être beau gagnant et ne pas trop fêter ma victoire, si tu reconnais maintenant que tu as perdu ton pari.

Mon arrogance Miel ? Tu te trompes de personne c'est bien toi le plus arrogant des 2 et pour ce qui est de soit disant minimiser ta victoire tu m'excuse si je te crois absolument pas hein ? Et pour finir je n'ai pas perdu mon pari, toi par contre t'es sûr que tu accepteras ta défaite la tête haute?

23h55 Bébé, à moins d'un miracle, je vois pas comment tu comptes emporter ta victoire en 4 minutes !

Il m'en faudra moins que ça, je peux te l'assurer, dans moins de 3 minutes tu regretteras d'avoir parié je te le dis.

Hum, je prends le risque choupinet !

Très bien alors laisse-moi me saisir de mon portable et assieds-toi ça serait mieux je voudrais pas que tu te fasses mal en tombant.

Mais je t'en prie, saisis-toi sweety, pas la peine que je m'assois, je ne risque absolument rien !

J'allais chercher mon portable que j'avais laissé dans le bureau et revint vers Randy qui se tenait debout me regardant fièrement pensant que je bluffais et que sa victoire était plus qu'acquise, je vins me poster devant lui regardais l'horloge qui affichait 23h57 et je lui dis:

Prêt à perdre Miel ?

Puis j'appuyais sur le bouton appel et mit le hautparleur, après 4 bips le répondeur s'enclencha et la phrase de ma victoire s'éleva dans les airs: " Vous êtes bien sur le portable de Mark Callaway laissez un message". J'explosais de rire devant sa tête complétement déconfite et je ne pus résister:

Tu disais chéri?

Nooon ! Gémit-il

Eh si! Pas trop déçu chéri j'espère? M'en veut pas hein mais je crois que je peux officiellement dire: J'ai gagnéééé.

Yeaaaah j'ai gagnéééééééééééééé ! Brailla Ben en sautillant de joie comme un môme.

Je restais muet, livide en regardant l'heure sur la pendule, j'entendais encore le message d'accueil de Taker comme un écho fantôme dans mon esprit, comment avait-il pu réussir ? C'était impossible ! Je n'avais jamais quitté mon portable une seule seconde, la seule explication c'était qu'il l'avait eu autrement !

Comment tu as fait ? Demandais-je d'une voix blanche.

Ah c'est mon secret !

Tu n'as pas pu l'avoir par mon portable c'est impossible.

Pourquoi ? Parce que tu as mis un code et changé le nom de tous tes contacts ?

Comment tu le sais ?

Parce que c'est ce que moi j'aurais fait à ta place.

Alors ? Comment ?

Je ne te le dirais pas Randy !

Tu as forcément soudoyé quelqu'un pour l'avoir ! Dis-moi que ce n'est pas Vince ! Tu m'aurais pas fait ça hein ? Parce que lui en est capable pour t'avoir mais toi t'aurais pas…

Bien sûr que non enfin ! Je voulais gagner mais pas au point de vendre mon âme au diable pour ça !

Je me rembrunis au rappel que moi je l'avais fait, je m'étais vendu à un type qui n'avait pas hésité à me jeter en pâture à Ben pour de l'argent et pour l'obtenir dans son écurie, rien que le mot en lui-même m'écœurait, il signifiait tout, pour Vince, pour les requins de ce milieu les combattants n'étaient rien de plus que des animaux, du bétail sacrifiable une fois le meilleur rendement possible donné et Vince pensait que j'avais déjà tout donné, qu'il pouvait désormais me remplacer, il avait tort, je n'avais encore rien donné mais quoi qu'il arrive désormais, je ne donnerais plus rien pour lui. Comme s'il connaissait le contenu de mes pensées, Ben m'observa avec attention et me dit :

C'est bien, sers-toi de cette colère pour devenir meilleur, et sers-toi en demain pour tenir cette journée parce qu'elle va être très très trèèèèès longue !

Tu savoures hein !

T'as pas idée chéri ! Je t'avais prévenu que je gagne toujours non ?

C'est pas pour autant que je ne tenterais plus ma chance.

Mais je l'espère bien au contraire !

Ben avait du mal à ne pas me narguer comme un gosse de 4 ans et au fond, il me faisait rire, j'avais joué, j'avais perdu, la prochaine fois, j'emporterais la victoire, c'est tout !

Allez Randy, fais pas cette tête, vois les choses du bon côté, tu cherchais quelque chose à faire en dehors de ton footing, tu as trouvé ! Remettre en ordre tout ton répertoire va te prendre du temps !

Cette fois, Ben éclata de rire tandis que je grognais d'agacement et il ajouta :

Allez Miel, monte te coucher, tu auras besoin de toute ton énergie demain.

Mouais, il me reste plus que ça à faire maintenant.

Bonne nuit mon chéri ! Et n'oublie pas ! Demain, tu seras tout à moi…