Vicky: Je pense qu'Albus est souvent traité comme ça à cause de sa petite appréhension d'aller à Serpentard... Et puis il a l'air tellement trognon. Pour la scène avec son père à la fin, je voulais montrer que Harry était un papa attentif et tout. ça me fait super plaisir que la fic dans son ensemble t'ait plu. Et puis c'est la fin de cette fiction, mais cette expérience m'a vraiment beaucoup plu, donc je pense que je posterais à nouveau. Bientôt. Je te souhaite de très bonnes fêtes de fin d'année et une bonne lecture =)!

Blue: Aaaah Albus, Tout le monde l'aime! En tout cas, tous tes compliments me touchent beaucoup, le travail que j'ai effectué sur cette fiction vaut vraiment la peine, quand je vois toutes vos réactions positives! ça me motive énormément a, par la suite, travailler sur une nouvelle fiction. C'est bien tôt la fin de celle-ci et ça me rend un peu triste de ne plus lire vos petits messages tous les jours mais une fois le postage de cette histoire terminé, je pense me mettre très vite à un nouveau travail ^^. Quoi qu'il en soit, j'ai laissé un petit mot à la fin de ce chapitre, et je te souhaite de très joyeuses fêtes de fin d'année et une bonne lecture =)!


Chapitre 24

Mercredi 24 décembre 2014

Deux mains baladeuses s'égarèrent sur les boutons de sa chemise. La robe de sorcier qu'il avait passée quelques minutes plus tôt n'était déjà qu'un lointain souvenir. Son amant déposait des baisers brûlants dans son cou et ce fut au prix d'un effort surhumain qu'il parvint à le repousser. Il sourit face à la mine boudeuse de son compagnon.

« - J'en ai très envie aussi, mais nous allons être en retard... » dit-il en mettant dans sa voix autant de conviction qu'il pouvait.

« - Je m'en fiche. Je ne veux pas y aller. » bouda Harry.

Le blond rit, tout en replaçant correctement cravate et chemise dont trois boutons s'étaient traîtreusement ouverts.

« - Regarde l'état de ma robe maintenant, je vais encore devoir la défroisser... »

« - Raison de plus pour ne pas y aller. En plus, toi et moi, seuls... me semble être une bien meilleure perspective de soirée. »

« - Mais tu as répondu oui à cette invitation et il serait totalement incorrect de ne pas s'y rendre. » déclara Draco, défroissant son élégante robe de velours noir d'un simple coup de baguette. « Nous ne sommes pas obligés de rester longtemps, tu sais. Il suffit de donner quelques poignées de main, boire une ou deux coupes de champagne, grignoter quelques toasts et discuter avec quelques personnes et nous partons. C'est l'affaire de deux heures maximum, Harry, fais un effort. En plus, j'accepte de t'accompagner en sachant pertinemment que La Gazette va encore publier un tissu de mensonges sur nous. » finit-il, un peu amer.

Ils n'avaient jamais caché leur relation mais ne l'avait jamais non plus exposée au regard et au su de tous. Et inévitablement, la presse avait appris l'existence d'une relation plus qu'amicale entre les deux hommes. En février, un article au titre choc et exagérément gros était publié et signé Zacharias Smith. Illustré d'une photo -non autorisée par eux - sur laquelle on pouvait les voir lier leurs mains après avoir fermé « La Fée Bleue », l'article proposait plusieurs hypothèses sur les « véritables motivations d'une telle association » sur fond de souvenirs de leur haine mutuelle d'écoliers. Smith dépeignait également Draco comme un être peu fréquentable et Harry était, selon ses mots « un personnage dont les déséquilibres mentaux avait été prouvés à maintes reprises ».

Le blond était entré dans une rage noire. Il avait adressée une lettre où il exprimait tout le bien qu'il pensait de La Gazette et de ses employés au rédacteur en chef et avait déposé une plainte pour calomnie. Dans les premiers temps, ils avaient dû essuyer des regards de travers, des commentaires désobligeants sur leur passage et des centaines de courriers leur avaient été envoyés. Des lettres de soutiens, des lettres qui exprimait le dégoût de leur condition, des lettres d'insultes. Ils les avaient toutes brûlées, ne les ouvrant même plus. Les clients de Draco avaient conservé une attitude neutre. De toute façon, ceux qui fréquentaient habituellement « La Fée Bleue » avaient pu juger d'eux-même le blond et se fichaient bien de ce que disait La Gazette. Harry avait dû répondre à quelques critiques de la part de ses collègues Aurors mais ce n'avait été l'affaire que de quelques jours. Chacun avait mieux à faire que de commérer sur ce que le voisin faisait une fois la porte de chez lui refermée. Leurs amis avaient aussi été d'un soutien précieux quand la pression de l'opinion publique c'était faite trop forte, menaçant des crises de nerfs latentes qui ne demandaient à exploser et qui auraient pu faire des dégâts considérables dans leur relation.

Les enfants en avaient eux aussi pâti. Ils avaient été la cible des moqueries de leurs camarades et ils avaient dû aller parler à leurs professeurs pour qu'ils interviennent. Lily avait particulièrement été touchée. Elle était une petite fille pleine de vie et sensible. L'amour qui unissait son père et Draco était à ses yeux aussi naturel que le couple que formait sa mère avec Blaise et elle avait été vraiment blessée par les insultes qu'elle avait entendu. Harry avaient même eut la surprise de voir Ginny intervenir, repoussant la curiosité malsaine et les médisances virulente des autres parents d'élèves en déclarant haut et fort qu'il valait mieux pour les enfants voir leurs papas avec un autre homme plutôt qu'ils aient une belle-mère qui ne pourraient pas les supporter.

Draco passa sa robe et Harry vint l'enlacer.

« - On s'en fout de la presse. Ils vont bien finir par se lasser en voyant que nous sommes toujours aussi unis. »

Il ponctua son argument d'un bref baiser. Il savait que le blond avait accepté de l'accompagner uniquement pour le soutenir, même si l'éducation qu'il avait reçue l'aiderait à garder une attitude impassible en société. Il voulait se soustraire à la réception que donnait le Ministère pour le réveillon de Noël et leur éviter une soirée ennuyeuse à côtoyer des personnes hypocrites mais il avait épuisé son stock d'excuses recevables. Il avait essayé de retarder leur départ au maximum au moyen d'une activité beaucoup plus satisfaite qu'assister à une soirée mondaine mais Draco avait horreur d'être en retard. Il se résigna donc à l'entraîner dans le salon d'où ils se serviraient de la cheminée pour rejoindre les festivités ô combien enthousiasmantes qui les attendaient.

Ils arrivèrent dans l'Atrium superbement décoré. Des rangées de sapins décorés d'or et de fées multicolores entouraient la salle éclairée par des multitudes de chandelles bleu roi. Des chandeliers or et bleu trônaient sur chaque table et encadraient le buffet richement chargé. Des drapés assortis avaient été accrochés aux murs. Draco eut une moue dubitative. Harry lui lança un coup d'œil interrogateur.

« - Si tu veux mon avis, les enfants auraient fait de bien meilleurs décorateurs que les employés du Ministère payés pour ça », déclara-t-il avec sérieux et dédain.

Le brun éclata de rire. Dix jours plus tôt, ç'avait été le week-end des enfants et ils les avaient tannés toute la journée du samedi pour décorer la maison et le sapin, nu jusque là. Le dimanche, donc, il avait sorti toutes les décorations qu'il possédait et avait déposé le carton au milieu du salon et ils s'en étaient donné à cœur-joie. On aurait cru que le carton avait explosé et répandu tout les guirlandes qu'il contenait, tant la profusion de couleurs et de brillance était intense. Draco avait légèrement grimacé en constatant la créativité des enfants, à des lieues de la décoration raffinée qu'il avait eu en tête. Mais Harry souriait en répétant que c'était parfait alors il n'avait pas fait part de ses critiques, bien que le brun les ait deviné à son expression.

Brun qui attrapa deux coupes de champagne, en tendant une à Draco. Un groupe de sorcières, à leur gauche, murmurait en leur jetant de nombreux coup d'œil loin d'être discret. Il soupira. Il se demandait si à un moment de sa vie, les gens arrêteraient de le pointer du doigt à chaque décision qu'il prendrait. Le blond, lui aussi en avait assez. Lui qui avait toujours voulu être au centre de l'attention plus jeune, qui avait envié Harry à l'école car c'était toujours lui que l'on remarquait, trouvait cela lourd. Il en venait à se demander comment son amant avait pu supporter ça une grande partie de sa vie, comment il avait fait pour ne pas sombrer sous la pression constante qu'exerçaient de parfaits inconnus sur son moral. Il se tourna vers les sorcières âgées et leur jeta un regard si glacial qu'il aurait pu les geler sur place. Elles de détournèrent, gênée, chuchotant plus furieusement. Il passa un bras autour de la taille du brun d'un geste possessif et protecteur. Il n'était pas particulièrement friand des marques de tendresse en public mais par celle-ci, il faisait passer le message que quiconque l'ennuierait aurait affaire à lui.

Kingsley Shacklebolt s'avança vers eux et les salua. Il engagea la conversation avec Harry et le blond s'en désintéressa rapidement. Ils parlaient travail et moins il en savait, mieux il se portait. Il scanna la foule du regard, se laissant aller mentalement aux commentaires sur le mauvais goûts vestimentaires de certains convives. Son regard tomba alors sur Ronald et Hermione Weasley.

« - Je reviens », chuchota-t-il à son compagnon avant de se diriger vers le couple.

Il avait toujours un peu de mal avec Weasley mais s'entendait relativement bien avec Granger – qu'il appelait désormais par son prénom. Elle était d'ailleurs très élégante, ce soir. Il les rejoignit.

« - Bonsoir Draco ! » s'exclama-t-elle lorsqu'il parvint à leur hauteur.

« - Hermione. Weasley ». Il ponctua ses saluts d'un signe de la tête.

« - Où est Harry ? » demanda le roux.

« - Il parle avec Shacklebolt », répondit-il. « Vous avez finalement trouvé quelqu'un pour gagner Rose et Hugo ? »

« - Oui », fit Hermione. « Ils sont chez mes parents, puisque nous fêtons Noël chez eux... »

« - D'ailleurs » fit Weasley en semblant sortir de ses pensées, « Harry et toi avez prévu quoi pour demain ? »

« - Nous dînons chez ma mère. »

La discussion s'orienta vers d'autres sujets comme le travail, la soirée à laquelle ils assistaient, les enfants... Draco commençait à s'ennuyer. Une fois Hermione lancée, rien de semblait pouvoir stopper son flot incessant de paroles. L'arrivée de Harry fut comme une bouffée d'air frais pour lui qui commençait à avoir un peu chaud, certainement à cause du nombre de coupes de champagne qu'il avait bu. Le brun discuta quelques minutes avec ses amis. Faisant fit du monde autour d'eux, le blond se coula dans ses bras, reposant contre son torse. Finalement, il aurait dû accepter les avances de son amant plus tôt dans la soirée. Il s'ennuyait. Il avait envie de rentrer. Sa tête lui semblait un peu lourde. Il n'avait jamais vraiment tenu l'alcool.

« - Je crois que nous allons rentrer... » fit la voix du brun quelques part à sa gauche.

Il entendit le couple Weasley répondre quelque chose, mais il n'avait pas fait attention à quoi. Le bras d'Harry glissa autour de sa taille et ils traversèrent l'Atrium en direction des cheminées. Quelques secondes plus tard, ils étaient chez eux.

« - Tu vas bien ? » demanda un Potter inquiet penché sur lui.

« - Oui, je crois... J'ai peu être un peu abusé avec le champagne. Tu as été long et ta copine Hermione est un véritable moulin à paroles. »

« - Je sais. »

Il s'assit à ses côtés et déboutonna un peu la robe et la chemise qu'il portait dessous. Le blond soupira d'aise.

« - Harry, tu veux bien mettre la télé ? »

Le susnommé sourit. Draco avait le même ton d'enfant que celui de son fils quand il avait fait une bêtise. D'un Accio, il fit venir à lui la télécommande qu'ils ne retrouvaient jamais de manière normale et alluma le poste de télévision. Le blond avait posé sa tête sur son épaule. Il ne tarderait pas à s'endormir. Mais le poids mort qu'il s'attendait à ressentir peser sur son bras qu'il avait passé autour des épaules de son compagnon ne vint jamais, une bouche taquine parcourant son cou. Il frissonna. Le Draco ivre avait, tout comme le Draco sobre plusieurs facettes. Il l'avait vu tour à tour enfantin, s'émerveillant d'un rien. Boudeur, prenant la mouche pour une toute petite remarque malicieuse. Fatigué, ce qu'il était le plus souvent après avoir bu quelques verres. Mais jamais encore il n'avait expérimenté le Draco câlin qui venait de se révéler à lui. Un Draco câlin incroyablement habile dans l'art de retirer les vêtements, songea-t-il avant d'accorder toute son attention à son amant.

Harry s'endormait toujours rapidement après l'amour. Son amant, couché sur le côté entre son corps et le dossier du canapé l'observait, traçant des formes invisibles et imaginaires sur son torse. Il s'ovationna lui-même d'avoir un peu trop bu, les faisant quitter les festivités prématurément. La soirée s'était terminée comme son amant avait voulu qu'elle se déroule, de manière extrêmement satisfaisante. Il sourit. Peu importait les regards déplaisant que leur couple attirait. Peu importait les petites disputes quotidiennes. Peu importait qu'ils ne soient pas toujours aussi disponibles l'un pour l'autre comme ils l'auraient voulu, et peu importait le temps perdu entre eux, leur couple se tirait toujours indemne et renforcé des tempêtes qu'ils traversaient. C'était comme ça qu'ils s'aimaient. Il se leva précautionneusement pour ne pas réveiller l'homme qui partageait désormais sa vie depuis trois ans et remonta le plaid du canapé sur son corps. Il chercha après ses vêtements qui avaient volé un peu partout dans la pièce et enfila simplement sa robe pour déposer au pied du sapin décoré par les enfants avec un goût particulier le cadeau qu'il réservait à son amant. Il entendit Harry se retourner et bouger sur le canapé. Il se figea, à demi penché, sa main tenant le paquet qu'il n'avait pas eu le temps de poser et vit deux yeux verts au regard flou de sommeil et de myopie et surmontés d'une touffe de cheveux bruns indomptables regarder dans sa direction.

« - Draco ? Mais qu'est-ce que tu fais ? »

« - Et bien je... »

Harry avait retrouvé ses lunettes – posées sur la table basse par une délicate attention de Draco – et le fixait avec attention. Ou plutôt, fixait ce qu'il avait à la main.

« - C'est moi cadeau ? » s'écria-t-il comme un gosse.

« - Et bien... oui ». Draco était soudain gêné.

« - Je peux l'ouvrir tout de suite ? » continua le brun avec une excitation enfantine.

« - Potter » fit le blond en essayant de faire passer une réprimande dans son ton, « Ce n'est pas toi qui dit aux enfants que les cadeaux ne s'ouvrent que le vingt-cinq décembre ? »

« - Mais nous sommes le vingt-cinq » répondit-il avec un sourire innocent.

Les yeux de Draco tombèrent sur la pendule qui affichait une heure quarante-deux du matin.

« - Aller Draco... C'est Noël. Et les enfants ne sont pas là pour le voir », dit-il, malicieux.

Le blond pesa rapidement le pour et le contre et se rendit vite à l'évidence que quelques heures ne changeraient rien à la réaction de son compagnon. Il s'approcha donc du canapé et prit place à ses côté. Il lui tendit son paquet avec une certaine timidité et une petite appréhension qui surprirent le brun. Il était soudain inquiet que son cadeau soit mal perçu. Harry prit la petite boîte carrée doucement des mains de son amant et défit avec délicatesse et lenteur le papier argenté qui la recouvrait. Intérieurement, le blond sentait son cœur s'accélérer sous le stress et l'enjoignit mentalement à se dépêcher. Le brun ouvrit le petit coffret.

« - Une clé ? » demanda-t-il, un peu confus et un regard interrogateur pour son vis-à-vis.

Draco déglutit avec peine.

« - Ce n'est pas n'importe quelle clé... C'est celle d'une maison que j'ai visitée il y a quelques mois. Elle est située un peu en dehors de Londres et serait parfaite pour une famille comme la nôtre. »

Harry ouvrit la bouche pour parler mais il le coupa.

« - Seulement si tu es d'accord pour déménager, bien sûr. »

Son compagnon semblait à court de mots et le regardait intensément, en silence. Il commença à se demander si ç'avait été une bonne idée, s'il n'aurait pas dû se contenter d'un achat plus simple. Il redoutait que la réponse soit négative, et même s'il l'avait envisagée, il savait qu'il aurait du mal à l'encaisser. Il porta son regard sur la table basse, fixant avec attention un grain de poussière qui n'existait que dans son imagination. La voix de son amant le tira de ses pensées.

« - Tu me demandes de vivre avec toi ? De façon permanente et définitive ? » demanda-t-il lentement.

Draco tourna la tête vers lui et le regarda avec sérieux.

« - Oui. Mais si tu as besoin de temps pour... »

« - C'est oui. J'accepte de déménager, Draco. »

Une sensation de chaleur se répandit à l'intérieur de lui. Ils se fixèrent pendant de longues secondes avant qu'Harry ne prenne possession de ses lèvres, toute trace d'un fatigue antérieure disparue. La nuit serait très longue mais Draco s'en moquait. Ce soir, il se sentait niais. Heureux. Comblé. Et il fit l'amour à son compagnon avec une ardeur renouvelée.


Un avis? Je serais ravie de le lire!

C'est le dernier chapitre de ce calendrier de l'Avent, mais je vous retrouve demain, parce que demain, c'est Noël. Et qui dit Noël dit cadeaux, donc je tiens à vous en faire un petit et modeste, une manière à moi de vous remercier d'avoir suivi cette fiction tout au long de sa publication. Donc je vous dis à demain ;).

Skipp, coiffée de son bonnet de père Noël, vous souhaite de joyeuses fêtes =).