Rues de Londres , 2h41.
Quelques secondes plus tard, Jenny se trouvait à plusieurs mètres au dessus du vide, telle une chatte sur un toit brûlant.
Elle se stabilisa, les pieds légèrement écartés près du petit rebord qui entourait toute l'église pour conserver l'équilibre nécessaire à la suite des événements. Elle jeta un regard à Matty plusieurs mètres en contrebas. Elle lui sourit, impressionnée de voir à quel point la présence du jeune homme avait guéri sa peur du vide. Puis levant le bras droit, elle pointa le tournevis sonique vers le ciel sans étoiles et l'activa.
Le grésillement parvint aux oreilles de Matty quand d'un coup, il vit une langue de feu le survoler. Puis une autre. Et encore une autre. Des dizaines, des centaines de langues enflammées se dirigèrent vers la petite église, toutes guidées par le bras tendu de Jenny. Le feu survolait le tournevis avant de se diriger à l'intérieur de l'église par un vitrail brisé.
Le Paradis et l'Enfer était en train de fusionner !
Un sourire éclaira le visage de Matty. Il regardait Jenny, elle aussi souriante, alors que le feu la survolait et l'entourait d'un tourbillon de cendres. Ses cheveux volaient derrière elle sous le souffle brûlant des flammes.
Et il venait de comprendre. Le feu, les enfants du Zjarr, pouvait se contrôler, et ne pas dévorer l'église, comme le faisait actuellement le Grand Zjarr dans cette maison à quelques centaines de mètres d'eux. Mais, pour que les termes de l'accord passé entre Jenny et l'entité soient respectés, il fallait que les enfants du Zjarr soient concentrés en un seul point. Ainsi la ville serait libérée des flammes et les enfants de Zjarr pourraient être sauvés. Ensuite, une fois le Tardis libérée, Jenny pourrait les amener là où il le désirait, peut être sur la planète Zjarronia, terre d'origine de ce feu vivant, si celle-ci était toujours en état de les accueillir, comme la jeune femme l'avait appris lors de son intéressante conversation avec son nouvel ami quelques minutes plus tôt.
Matty était toujours émerveillé par les ailes de feu qui le frôlaient dans un souffle étouffé quand soudain, un autre son lui parvint, résonnant en écho entre les restes fumants des maisons. Des centaines de pas précipités se dirigeaient dans sa direction, suivant la progression du feu. Et le baiser lui picotait encore délicieusement les lèvres. Il allait devoir être courageux s'il désirait que celui-ci ne soit pas le dernier.
