Chapitre 25 ! On arrive à la fin...

Merci à vous tous, vraiment ! Vos commentaires me font toujours très plaisir, et je suis contente que tant de personnes lisent cette fiction.

Le disclaimer reste encore et toujours le même.

Mathilde... merci tête d'idiote.

Jour 25

Ron.

Je peux le voir clairement.

Comme je m'en souviens.

Je ne sais pas comment il est arrivé là.

Et peu importe.

Il est là.

Et il me tient dans ses bras.

Ce n'est pas un rêve.

Je pense le sentir. Sentir sa chaleur.

Et il m'étreint, ses bras enroulés autour de moi.

C'est fini.

Je suis sauvée.

Je suis saine et sauve.

Puis j'essaye de l'embrasser.

J'ai besoin d'un tel contact.

Mais il se recule de moi.

Pourquoi?

"Ron..."

Il me repousse.

Je lutte.

"Granger."

Depuis quant m'appelle-t-il Granger?

"Ron, arrête," dis-je en essayant de me presser contre lui.

J'essaye de le regarder, mais tout est flou.

Puis son visage commence à changer.

Des cheveux noirs.

Un nez crochu.

"Oh bon sang," je laisse échapper.

Je réalise où je suis.

Dans le cachot.

Sur le matelas du Professeur Rogue.

Et il est assis à côté de moi.

Je m'écarte brusquement de lui, me réveillant complètement.

Puis la honte me submerge.

Je cache mon visage dans mes mains, "Qu'est-ce que j'ai fait ?"

"Vous... rêviez. Je présume."

Il est mal à l'aise, mais il essaye de faire comme si ça ne l'avait pas dérangé. Je peux l'entendre dans sa voix.

Toujours incapable de le regarder, je m'éloigne, "Je suis tellement désolée ! Je-Je ne voulais pas..."

"Vous n'avez rien fait, Miss Granger."

J'écarte lentement mes mains et le regarde, "Vraiment ?"

"Non. Vous ne faisiez que parler."

Un soupir de soulagement m'échappe.

Puis je regarde autour de moi, remarquant que le cachot est toujours un peu sombre. Il doit être très tôt.

Je me tourne vers le Professeur Rogue, "Vous avez dormi ?"

"Oui."

C'est étrange. Nous avons tous les deux dormi. C'était notre dernière nuit dans ce monde et nous avons pu dormir.

"C'est vrai alors ?" je demande doucement.

Je ne peux toujours pas le croire. Ca ne semble pas réel.

"Il semblerait," répond-il calmement.

"Comment ?"

Il ne répond pas.

Je continue, "Ca semble inutile, n'est-ce pas ? Tout ce que nous avons fait ces vingt-quatre derniers jours. Ca nous a mené à ça. Nous allons mourir."

"Ce n'était pas inutile."

"Ca l'était."

Il me regarde, "Nous aurions pu mourir le premier jour. Mais nous ne sommes pas morts. Nous avons survécu. Vingt-quatre longues journées."

Je souris tristement, "Oui, et ça pourrait faire une bonne histoire. Si nous survivons. Mais nous allons mourir. Personne ne saura jamais tout ce que nous avons traversé."

Il ne répond pas.

Nous allons mourir. Il n'y a rien qu'il puisse dire pour arranger les choses.

Je baisse les yeux sur mon uniforme scolaire. Je n'avais jamais imaginé que je mourrais en le portant.

Je remets correctement mon chemisier, puis mets mes bras autour de moi.

Il me regarde. Je peux le sentir.

Il y a cette sensation étrange, picotante sur ma peau.

Les battements de mon cœur s'accélèrent.

Lentement, je me tourne vers lui et il me regarde. Ses yeux sont sombres et il n'essaye même pas de le cacher.

"Qu-Qu'est-ce qu'il y a ?" je demande.

"Nous avons été braves. Souvenez-vous-en."

Je déglutis.

Pourquoi parle-t-il ainsi ?

Je ne veux pas l'entendre. Il va me faire pleurer et je ne le veux pas.

"Braves," je répète doucement.

"Oui."

Vraiment ?

"Granger, ils ont perdu."

"Comment ? C'est nous qui allons mourir."

Il hoche la tête, "Ils n'ont pas pu nous rallier à leur camps. Ils n'ont pas pu nous forcer à leur obéir. Nous allons mourir parce qu'ils n'ont pas pu trouver de moyen pour nous contrôler, pour nous posséder."

"Je-Je sais, mais... je ne me sens pas vraiment victorieuse en ce moment," j'admets, la gorge serrée.

"Vous avez des doutes ?" demande-t-il.

Nos regards se croisent et je sais exactement ce qu'il demande.

Je pourrais toujours me sauver la vie.

Je pourrais changer de camps, offrir mon aide à Voldemort, utiliser mon lien avec Harry pour faire tomber l'Ordre.

"Non," je réponds.

C'est un mot si simple.

Et je pense voir le respect sur le visage du Professeur Rogue pendant une courte seconde. Puis ça disparaît.

"Que fait-on maintenant ?" je demande.

"On attend."

Attendre.

Nous attendons notre mort.

ooo

Je ne sais absolument pas combien de temps s'est écoulé.

Tout ce que je sais, c'est que nous sommes toujours assis, sans parler, à ne faire qu'attendre.

Mes yeux sont posés sur la porte, m'attendant à ce qu'elle s'ouvre d'un moment à l'autre.

Mais rien ne se passe.

"Ils vont nous faire attendre toute la journée ?" je demande nerveusement.

"C'est dans leur nature de torturer, alors je ne serais pas surpris."

Chaque minute pourrait être notre dernière.

Je prends une profonde inspiration et m'observe. Il y a tant de cicatrices sur mon corps, je ne peux même pas me souvenir de la façon dont je les ai toutes obtenues.

J'examine mes bras, remarquant des bleus et des coupures.

Ma lèvre me fait toujours mal. Enfin, bientôt je n'aurais plus à m'en inquiéter.

Mes yeux descendent sur mon corps jusqu'à ce que je remarque une large cicatrice sur mon genou. Puis je me souviens. Je l'ai eue au début, le deuxième ou troisième jour.

Je remonte lentement et légèrement ma jupe, observant mes cuisses. On dirait que les bleus apparaissent plus facilement à cause de la perte de poids.

"Granger, que faites-vous ?"

Je redescends rapidement ma jupe, "Rien. Je ne faisais... qu'observer."

"Peut-être devriez-vous retourner sur votre matelas."

Pourquoi sa voix est-elle si... tendue ?

"Pourquoi ?" je demande, un peu désespérée, "Nous ne pouvons pas attendre ensemble que..."

On dirait qu'il ne respire pas.

Qu'est-ce qui ne va pas chez lui ?

"Professeur ?"

"Vous devriez vous éloigner, Granger."

"M'éloigner ?" je répète, "Qu'est-ce qu'il y a ?"

"Faites simplement ce qu'on vous dit. Sans questions."

"Non."

Il pousse un grognement et cela me rend encore plus curieuse et inquiète.

"Monsieur, que se passe-t-il ? Dites-moi."

Après un long moment de silence, il reprend enfin la parole, "J'ai... peur de faire quelque chose. Une chose qui n'est pas bien."

"Vous me faîtes peur," je lâche en me tournant complètement vers lui, "Qu'est-ce qu'il y a ?"

Il se lève soudainement, "Vous devriez avoir peur."

"De quoi parlez-vous ?"

"Vous êtes trop naïve," dit-il.

"Non, je ne le suis pas."

"Si, vous l'êtes."

Je me relève également et avance vers lui, "Alors expliquez-moi."

Son dos est tourné vers moi et ça me dérange de ne pas pouvoir voir son visage.

"J'ai un... conflit," se force-t-il à dire.

"Avec qui ?"

"Moi-même."

Je ne peux m'empêcher de me sentir confuse, mais j'attends en silence qu'il continue.

"Je suis un homme," dit-il, "Et nous sommes enfermés ici depuis trop longtemps."

Lentement, je réalise.

"Oh," dis-je simplement.

Est-il vraiment en train de dire ce que je crois qu'il dit ?

Il se tourne pour me faire face et je peux voir de quoi il parle.

Son expression est... on dirait qu'il souffre.

"Eh bien," je commence, "Peut-être... ne devriez-vous plus lutter."

Il recule d'un pas, "Vous réalisez ce que vous dites ?"

Est-ce que je le réalise ?

"O-Oui ?" Cela sonne plus comme un question.

"Je suis votre enseignant."

"Ca n'a plus d'importance. Nous allons mourir. Je m'en fiche désormais, j'ai juste besoin de..." Je ne peux pas finir cette phrase.

De quoi ai-je besoin ?

Tout ce que je sais, c'est que je désire quelque chose.

Un contact.

Un toucher.

Quelque chose.

J'ai besoin de l'avoir avant de mourir.

J'ai besoin de ressentir quelque chose avant de mourir.

Alors je m'approche de lui en frissonnant légèrement, "Personne ne saura."

"Je le saurai," répond-t-il en me regardant profondément dans les yeux.

"Pas pour longtemps. Dans quelques heures, nous n'existerons plus," dis-je.

Il secoue la tête et je m'approche de lui.

Je ne sais même pas ce que je demande.

Que veut-il exactement ?

Puis quelque chose semble changer en lui.

Il se rapproche lentement de moi, en respirant lourdement.

Je suis complètement figée.

Il se baisse et me regarde dans les yeux.

A chaque seconde il est plus proche de moi, puis il presse ses lèvres contre les miennes.

Que se passe-t-il ?

Je ne bouge pas.

J'embrasse le Professeur Rogue.

Sa main se pose derrière ma tête tandis qu'il ajoute plus de pression au baiser.

Le baiser est lent, je doute qu'il puisse être plus lent ou plus doux.

Puis je le sens.

C'est quelque chose qui ne peut pas être expliqué par des mots.

C'est quelque chose.

Une chose qui m'a manquée.

Un contact.

Une étreinte.

Un toucher.

La présence d'une autre personne.

Tout cela en même temps.

Lentement, je commence à répondre, ignorant à quel point c'est mal. Je m'en fiche.

Nous allons mourir.

J'ai tous les droits de faire ce que je veux.

Je me tends un peu en sentant sa main descendre et ouvrir mon chemisier.

Il touche maintenant ma poitrine couverte de mon soutien-gorge.

J'ouvre brusquement les yeux et je découvre qu'il me regarde.

Ses yeux, aussi noirs que l'ébène, observent mon visage.

Il se déteste, je peux le voir.

Il interrompt brusquement le baiser et commence à se détourner de moi.

"Merde !" crie-t-il, "Je suis vraiment désolé, Miss Granger. Qu'est-ce que je fous ?"

Je me tiens simplement là, me sentant complètement confuse et sans voix.

Je ne sais pas exactement ce qu'il s'est passé. Mais je sais que j'ai aimé. Je ne suis pas amoureuse du Professeur Rogue, il n'y a rien de tel, mais... je veux ce qu'il peut me donner.

Je l'attrape par le bras et le force à me faire face.

"Ne dites pas que vous êtes désolé," je murmure.

Il a le regard perdu.

"Regardez-moi," je demande.

Après un long moment, il obéit, croisant mon regard.

Puis je me lève sur le pointe des pieds, mettant mes bras autour de son cou et l'embrassant.

Je m'attendais à ce qu'il me repousse, mais à ma surprise, il mets ses propres bras autour de moi, en me serrant un peu plus.

Il n'est plus doux, il est brutal maintenant.

Mon chemisier tombe soudainement sur le sol.

Il gémit et me saisit par les hanches.

Va-t-on vraiment le faire?

On se déplace, avançant et tombant sur le matelas.

Je ne sais pas à qui il est et ça n'a aucune importance.

Son poids au-dessus de moi est réconfortant.

Son corps est si dur. Et il semble si désespéré.

Il est chaud, il est brûlant sous ses robes.

"P-Professeur - " Ce mot m'échappe.

Puis il se fige.

J'ouvre les yeux pour voir quel est le problème.

Il s'écarte soudainement de moi, me laissant seule sur le matelas.

Il court presque à l'autre bout du cachot, se laissant tomber à genoux, et respirant lourdement. Pendant un instant, je pense qu'il va vomir, mais ce n'est pas le cas.

"Professeur ?" je l'appelle en m'asseyant.

"Ne m'appelez pas ainsi !" dit-il d'un ton cassant en ne me regardant pas.

Puis la réalité me frappe.

Que faisons-nous ?

Et maintenant j'ai envie de vomir.

Je ramasse rapidement mon chemisier au sol et l'enfile pour me couvrir.

"Je suis tordu," murmure-t-il d'un ton peiné.

"V-Vous ne l'êtes pas," Je secoue la tête, "Nous étions simplement... confus et -"

"J'ai fait beaucoup d'horreurs dans ma vie, mais je n'ai jamais touché une étudiante," dit-il, dégoûté.

"Je-Je ne suis plus vraiment votre étudiante."

Qu'est-ce qui ne va pas chez moi?

Pourquoi est-ce que je me sens sale maintenant?

Il n'y a pas une semaine, je lui ai demandé de le faire, et maintenant je suis dégoûtée de moi. Et on n'a fait que s'embrasser.

Il se lève soudainement et frappe le mur de son poing, "Je dois sortir d'ici !"

Je me tends, "Personne ne peut nous blâmer pour ce que nous avons fait."

"Nous pouvons nous blâmer nous-mêmes," répond-il sombrement.

"Monsieur..." Je m'interromps, ne sachant pas quoi dire.

Enfin, il se tourne vers moi, "Vous restez et je resterai là-bas. Nous ne devrions plus avoir de contact."

"Vous ne pouvez pas faire ça."

"Je le peux et je le ferai," répond-il laconiquement en se laissant tomber sur son matelas.

Le silence est tellement horrible.

Il ne me regarde même pas.

Pourquoi est-il en colère ?

Oui, peut-être avons-nous fait une erreur, mais nous sommes autorisés à en faire, non ? C'est une surprise que nous ne soyons pas déjà devenus fous après tout ce que nous avons vécu.

Je sais que je ne peux pas lui parler.

Je sais qu'il me fera taire méchamment si j'ouvre la bouche.

Comment tout a-t-il pu devenir si compliqué?

ooo

J'ai si peur.

Et plus encore maintenant, parce que je suis seule.

Le Professeur Rogue est dans le cachot avec moi, mais on dirait qu'il n'est pas là.

Il ne parle pas.

Il ne me regarde pas.

Pourquoi ne peut-il pas oublier ? Faire comme si ça n'était pas arrivé ?

Nous avons fait une erreur.

Et j'ai vraiment besoin de parler à quelqu'un en ce moment.

Mes yeux se remplissent de larmes et je les essuie furieusement.

Je le regarde.

Il fixe toujours le mur, faisant comme si je n'étais pas là.

Nous ne pouvons pas nous séparer ainsi.

Des mots ne colère ne peuvent pas être la dernière chose que nous nous disons.

"Monsieur," je commence nerveusement, "S'il vous plaît, parlez-moi."

Rien.

"Nous avons fait une erreur. C'est tout," dis-je, "Ne pouvez-vous pas me parler ?"

Toujours rien.

Il ne me regarde même pas.

"Merde !" dis-je brusquement, "Regardez-moi !"

Ca retient son attention.

Ses yeux se posent sur moi, mais il ne parle toujours pas.

J'humecte mes lèvres sèches, "Parlez-moi."

"Que voulez-vous que je dise ?" Sa voix est calme, et pourtant sombre.

Je secoue la tête, "Je-Je ne sais pas."

"Ce n'est pas très mature, n'est-ce pas ?"

"Je me fiche d'être mature. Pas maintenant."

Il soupire, "Nous devrions mettre un terme à cette conversation."

"D'accord," j'acquiesce, "Nous pouvons parler d'autre chose alors."

"Comme quoi ?"

"A votre avis, qui est-ce ? Qui est le traître ?" je demande doucement.

"Ce pourrait être n'importe qui, Granger. Je vous l'ai déjà dit."

Je hoche la tête, me souvenant de cette conversation, "Ne faîtes confiance à personne."

Il ne répond pas.

ooo

Je ne peux plus le supporter.

Où sont-ils ?

Pourquoi nous torturent-ils ainsi ?

La tension dans le cachot est horriblement gênante.

On dirait qu'il n'y a pas d'air.

Il est impossible de respirer.

Je veux que les gardes viennent enfin et en finissent.

Non. Je ne le veux pas.

Je ne veux pas mourir.

Mais je ne peux plus supporter d'être dans cette situation.

ooo

Ils sont là.

La porte s'ouvre. Je peux la voir s'ouvrir au ralenti.

Et je ne peux pas respirer.

Ca y est.

Je parviens malgré tout à me lever sur mes jambes tremblantes.

Le leader entre. Et deux autres gardes suivent.

Ils laissent la porte grande ouverte.

Si seulement je pouvais leur échapper et courir vers la liberté.

Mais ce n'est qu'un rêve.

Je me tiens au milieu du cachot et je peux sentir le Professeur Rogue se déplacer à côté de moi.

Il se tient à mes côtés.

Nous attendons tous les deux.

Je dois me rappeler de respirer.

"Nous n'allons pas perdre notre temps avec de petites discussions," dit le leader, "Nous savons tous pourquoi nous sommes là."

Ma vision commence à s'assombrir et je cligne des yeux plusieurs fois. Si seulement je pouvais m'évanouir, rendre la chose plus facile.

"Quelle est ta décision ?" demande-t-il.

Je ne peux pas parler.

J'ai même du mal à rester debout.

"Alors ?" demande le garde en me regardant, "Tu sais quelle est la question. Quelle est ta réponse ?"

Une image de mes parents se forme dans mon esprit et je leur dit mentalement au revoir. J'espère avoir été la fille qu'ils désiraient. La fille dont ils pouvaient être fiers.

"Hermione Granger," La leader hausse la voix et me fait sortir des mes pensées, "Quelle est ta réponse ?"

Je m'étouffe presque en prononçant, mais je parvient à le dire : "N-Non."

"Non ?"

"Ma réponse est non."

Silence.

Je vais mourir.

Le leader me regarde sombrement, "Tu réalises que tu signes ton arrêt de mort ?"

"Oui."

Ma voix ne tremble pas. Je devrais être fière de moi.

"Très bien," Il hoche la tête, "Comme tu veux."

Ma gorge se serre et je lève les yeux vers le Professeur Rogue.

Il ne me regarde pas.

Il fixe les gardes.

Et... il n'a pas peur. Il n'y a aucune peur dans ses yeux.

Il ne ressemble pas à une personne qui va soi-disant mourir bientôt.

Un cri silencieux m'échappe et je fais de nouveau face aux gardes.

Un sourire malsain se forme sur ses lèvres, "Il y a une dernière chose. Comme promis. Voulez-vous savoir qui est le traître ?"

Non.

Je ne le veux pas.

S'il vous plaît, arrêtez de jouer avec nous.

Le leader se racle la gorge, "J'invite cette personne à s'avancer."

Mes yeux se posent sur la porte tandis que j'attends que le traître entre.

Un dernier coup avant la mort.

Puis le Professeur Rogue se déplace.

Je le regarde avec surprise.

Il marche nonchalamment vers les gardes, puis s'arrête et se retourne pour me faire face.

Quoi ?

Que se passe-t-il ?

"Professeur, qu'est-ce que -?" Je demande, incapable de comprendre ce qu'il se passe.

"Comprenez par vous-même, Miss Granger," dit le garde.

Non.

J'ai l'impression que quelqu'un vient de me jeter un seau d'eau glacée sur au visage.

"Je-Je-Je ne comprends pas," je murmure en regardant le Professeur Rogue dans l'attente d'une explication.

Son visage est impassible et il ne me regarde même pas.

"Tu es un gamine intelligente," dit le garde en souriant, "Tu sais ce qu'il se passe."

Je l'ignore et fixe mon regard sur le Professeur Rogue, "Monsieur, que... pourquoi vous tenez-vous là ?"

Il me regarde enfin, ses yeux sont sombres et froids, "Et dire que je vous pensais intelligente."

Ce commentaire me frappe comme un couteau en plein ventre.

Non.

Non.

C'est impossible.

Je recherche sur son visage le signe qu'il ment, qu'il plaisante, mais il n'y a rien excepté de la froideur.

Aucune autre émotion.

Rien.

Je ne peux pas... le supporter.

Je me plie en deux, les mains sur les genoux, essayant de reprendre mon souffle.

Je crois que je vais m'évanouir.

Ou vomir.

J'ai mal au ventre.

"Vous... vous avez rallié -" Je ne peux pas parler.

"Oh non, il n'a pas rallié notre camp," dit le garde, "Il est de notre côté depuis le début."

Je crie, en clignant des yeux plusieurs fois pour dégager ma vision.

Ca ne peut pas arriver.

Ca ne peut pas.

Il est toujours à côté de moi. Il doit l'être.

Je lève les yeux.

Il se tient à côté d'eux. Pas à côté de moi comme avant.

Il est leur égal.

Il est l'un d'entre eux.

"C'était agréable de jouer avec toi, Miss Granger," dit le leader, "Mais le jeu est devenu ennuyeux."

J'ai l'impression d'être un poisson, suffoquant en essayant de respirer.

"Et non, tu ne vas pas mourir ce soir," continue-t-il, "Ce n'est que le début de la deuxième manche."

Ses mots n'ont aucun sens pour moi.

Je ne peux plus rester debout.

Je tombe à genoux en essayant de clarifier les choses.

La voix du garde m'interrompt, "Bonne nuit, gamine. Tu as enfin le cachot pour toi seule."

Ils partent.

Je parviens à lever les yeux juste à temps pour voir le Professeur Rogue se retourner et sortir.

Sans hésitation.

La porte claque.

Je suis seule.

Il est avec eux.

Il est mauvais.

Il est avec eux depuis tout ce temps.

Je hurle.

De toutes mes forces.

Je hurle.

Et hurle.

Jusqu'à avoir mal à la gorge.

Et jusqu'à ce qu'il ne me reste plus de voix.

Je m'allonge sur le sol froid, les yeux grands ouverts.

Je ne bouge pas.

L'obscurité emplit bientôt le cachot.

Il fait froid. Je sais qu'il fait froid.

Mais je ne peux pas le sentir.

Je ne peux rien sentir.

Il fait noir.

Et je suis seule.