Un nouveau monde pour une seconde chance
Disclaimer : Je ne possède absolument aucun personnage ou aucun lieu de cette fic. Je ne gagne pas d'argent pour cette histoire.
Notes de l'auteur : *sort de sa cachette avec précaution* Désolée désolée désolée. Est-ce que j'ai dit que j'étais désolée pour le retard? Ma muse m'avait abandonnée, je cherchais du travails, je passais mon permis et j'ai perdu mon arrière grand-mère. Bref, j'étais pas mal occupée. Ma muse est un peu revenue, j'ai avancé dans les chapitres. De plus, je me suis lancée dans un crossover entre Buffy et Torchwood, en anglais: Welcome to the Rift.
Un grand merci à tout ceux qui ont laissé des reviews. Vous êtes adorables. Chaque review me pousse a continuer à écrire et à tenter de surpasser mes blocages quand il y en a.
En tout cas, je vous souhaite une très bonne année 2009!!! (Mieux vaut tard que jamais ^_^)
Bon, je vous laisse à votre lecture !
Au plaisir de lire vos critiques…
Chapitre 24
Le début de la guerre
Willow se sentait mal. Même plus que cela. Elle gémit en repliant ses jambes contre sa poitrine. Elle les maintint en les enserrant de ses bras, espérant faire cesser les tremblements, sans vrais résultats. Elle savait qu'elle ne tiendrait pas la position très longtemps. Tout son corps la faisait souffrir. Chaque geste lui faisait monter les larmes aux yeux mais rester immobile lui était insupportable. Elle savait qu'il lui aurait suffit de tendre la main, d'aspirer la magie du mur même de la maison pour la soulager. Hélas, si elle faisait cela, elle continuerait à entretenir la magie noire qui coulait dans ses veines et serait dépendante.
Le manque de sommeil se faisait sentir aussi. Elle avait dormi tout le dimanche, épuisée par sa prestation. Puis les cauchemars étaient apparus. Ils hantaient chacun de ses sommeils et la tenaient éveillée depuis. Il y avait quelque chose d'anormal : elle ne rêvait pas de perdre ses amis, sa famille, comme à son habitude. Non. Elle revoyait les personnes qui avaient compté pour elle et qui avaient disparu : Tara, Joyce, Jenny, Oz, Buffy. Toutes celles dont la disparition l'avait fait souffrir à un moment ou à un autre. Elle savait que c'était un effet des Détraqueurs. Ils avaient fait ressortir toutes ses souffrances, toutes ses peurs. Et elle n'arrivait pas à prendre de la distance. Elle était trop faible physiquement pour se reconstruire mentalement. Alors elle devait établir des priorités : d'abord, se sevrer de l'excès de magie. Puis, se débarrasser de ses visions.
Une main se posa sur son front et elle sourit faiblement à Giles. Il n'avait presque pas quitté son chevet. Ses traits étaient tirés. Elle avait essayé de lui dire de la laisser le temps d'aller se reposer mais il avait refusé. Il avait rapproché deux fauteuils afin de créer un lit improvisé dans lequel il se reposait quand elle était inconsciente.
- Ta fièvre a baissé mais elle reste très haute encore, dit-il.
Il lui posa une serviette fraiche sur le visage. Elle n'avait vu personne d'autres que lui depuis l'attaque. Elle le soupçonnait de tenir à l'écart tout le reste de sa famille, sa mère en particulier. Elle ne lui avait jamais été aussi reconnaissante. Elle ne voulait pas qu'il la voit dans cet état. C'était déjà assez dur pour elle. C'était la première fois qu'elle arrivait à rester aussi longtemps consciente.
- Est-ce que tout le monde va bien ?
Sa voix n'était qu'un murmure.
- Oui. Il n'y a pas eu de morts. Mais certains élèves sont à Sainte Mangouste dans un état critique.
- Mes parents ?
- Ta mère s'est installée ici. Ton père va travailler mais revient ici. Bill passe tous les jours. Charlie pense revenir s'installer en Angleterre. Les autres sont à Poudlard. Il a fallu les chasser d'ici. Ils ne voulaient pas bouger.
Elle sentit ses paupières se fermer. Elle avait encore d'autres questions à poser. Elle le savait. Mais elle ne parvenait pas à se rappeler quoi exactement. Trop épuisée, elle laissa le sommeil l'emporter.
Giles regarda la sorcière s'endormir et soupira. On était mardi. Cela faisait trois jours qu'elle était dans cet état comateux. Il n'avait que rarement quitté la pièce. Le plus souvent, c'était pour convaincre les Weasley de ne pas intervenir. Ce que Willow avait besoin par dessus tout, c'était de repos et de tranquillité.
Il avait parlé avec Albus qui lui avait appris que la sorcière s'était montrée capable de démasquer les Mangemorts sans voir leur marque, se montrant ainsi particulièrement dangereuse pour le Mage Noir. Il était donc certain que l'attaque menée par les Détraqueurs était à destination de Willow en particulier.
Il retira ses lunettes et se pinça l'arête du nez. Il n'avait pas encore parlé du retour d'Oz à la jeune femme. Buffy avait appelé la semaine dernière pour lui en parler. D'ailleurs, la Tueuse devait se demander pourquoi il n'avait pas téléphoné depuis. Si elle avait essayé de l'appeler, elle n'avait eu personne et elle devait s'inquiéter. Dès qu'il jugerait pouvoir laisser Willow seule quelques heures, il rentrerait téléphoner à sa Tueuse. Il n'était pas vraiment impatient de lui dire que sa meilleure amie avait failli se faire tuer et était en ce moment même replongée en pleine période de sevrage après une rechute.
Il remit ses lunettes, se leva, attrapa le plateau sur lequel reposaient les restes de son déjeuner et sortit de la chambre. Il descendit l'escalier et rentra dans la cuisine, attirant les regards de Sirius et Molly. Aussitôt, la matriarche se leva et s'approcha de lui. Il connaissait déjà la question alors il prit les devants :
- Elle va un peu mieux. Sa fièvre commence à baisser. Elle est restée consciente quelques minutes avant de se rendormir. Son état va continuer à s'améliorer maintenant.
Tout son visage se détendit et elle lui prit le plateau des mains. Il ne chercha même pas à la retenir ou à lui faire remarquer qu'il pourrait le faire. Il avait rapidement compris que l'on n'allait pas à l'encontre de Molly Weasley. Il s'assit face à Sirius et se retint de laisser tomber sa tête sur la table. Il était vraiment épuisé. Il sentait soudain le poids des années pesé sur ses épaules.
- Vous devriez vous reposer. Dans un vrai lit, lui dit Sirius.
Le moldu leva les yeux vers le sorcier. Il aimait bien Sirius. L'homme avait souffert et était toujours hanté parce qu'il avait vécu. Mais il avait une présence rassurante. Il était calme, silencieux et composé. Il imposait le respect et la confiance. Il avait beaucoup épaulé Giles, qui ne s'en serait pas sorti sans lui. L'évadé avait géré les Weasley, les tenant à l'écart, permettant à l'Observateur d'être au chevet de Willow en toute tranquillité. L'idée d'un vrai lit était tentante. Néanmoins, tant que la sorcière ne serait pas mieux, il préférait éviter de prendre des risques et il préférait rester éveillé ou alors se reposer dan sa chambre. Il était trop prudent pour croire que tout allait aller mieux. Quand on pensait cela, c'était là que tout dégénérait.
- Le lit devra attendre encore un peu, répondit-il.
Molly déposa une tasse de thé devant lui et s'installa avec les deux hommes. Elle avait elle aussi les traits tirés. Elle avait peu dormi et même si Giles lui disait que sa fille allait s'en sortir, elle ne le croirait que quand elle le verrait. Elle avait failli la perdre encore une fois. Elle avait parlé avec ses enfants et les professeurs et elle avait vu le changement dans leur regard quand ils parlaient de Willow. Il y avait une certaine crainte. Ils avaient vu le potentiel de la sorcière et cela les avait effrayés. Il en fallait pourtant beaucoup pour faire réagir ainsi le grand Albus Dumbledore. Elle ne l'avait pas revu depuis. Il était retenu à Poudlard et devait calmer le Ministère qui avait enfin décidé de prendre en compte la menace Voldemort et les parents qui craignaient pour la vie de leurs enfants. La soudaine attaque des Détraqueurs avaient montré à tout le monde que l'école n'était pas à l'abri des ennuis. De plus, Azkaban était vide et les Mangemorts qui y croupissaient depuis des années étaient libres de nouveau. En une journée, la guerre qui couvait avait éclaté au grand jour. La perte des Détraqueurs avait porté un grand coup au moral de la société. Elle avala une gorgée de thé pour se donner courage et annonça :
- L'Ordre va se réunir demain, Monsieur Giles. Ici même. Croyez-vous que Willow soit en état d'y assister ?
Il grimaça :
- Il y a peu de chances. Nous verrons bien.
Il se leva et s'excusa afin de retourner auprès de Willow. Il s'installa dans son lit improvisé, ignorant ses muscles qui protestaient contre ce mauvais traitement. Il ferma les yeux et tenta de profiter des quelques heures de calme pour reprendre des forces pour la suite.
Willow passa son haut et le lissa d'une main tremblante. Elle se sentait épuisée et son moral n'était pas bien haut. Le miroir lui renvoyait l'image d'une jeune femme au teint gris, aux yeux injectés de sang et aux grandes cernes. Elle était loin de briller. Pourtant, elle était debout et cela relevait presque du miracle. Elle sortit de la salle de bain sur des jambes flageolantes et tenta un sourire. Giles se leva et la regarda avec inquiétude :
- Je ne suis pas sûre que cela soit une bonne idée, Willow.
Elle avait appris qu'une réunion allait avoir lieu ce soir et elle voulait y assister. Ou essayer. Giles lui avait raconté ce qu'il avait appris : la fuite des Détraqueurs, l'évasion des Mangemorts, les soucis de sécurité de Poudlard et tout le reste. Elle n'avait vu personne depuis dimanche, pas même ses parents. Ils seraient tous en bas et elle avait peur de leur regard. Pourtant :
- Je dois le faire Giles. Et puis vous êtes là. Dès que je sens que je pars, je vous préviens et on remonte.
- Très bien.
Il lui tendit le bras et elle s'y agrippa. Elle n'était pas sûre de pouvoir tenir plus d'une heure sans faire une crise de panique ou de manque. Mais elle devait essayer. La réunion avait déjà commencé quand ils entrèrent dans la cuisine et ils attirèrent tous les regards. Sa mère se rua vers elle et Willow chancela.
- Est-ce que ça va, chérie ? Tu as encore de la fièvre ! Tu n'aurais pas dû descendre.
- Molly, laisse-la.
Arthur écarta sa femme et regarda sa fille avec inquiétude :
- Est-ce que ça va aller ?
Elle ne se fit pas confiance et se contenta de hocher la tête. Giles la guida jusqu'à deux chaises libres, à côté de Sirius. Elle sentait le regard de ses frères et sœur sur elle et tenta de les rassurer d'un sourire mais cela ne fonctionna pas. Elle était trop épuisée. Molly mit un verre d'eau devant elle mais elle l'ignora.
- Je suis soulagée de voir que vous allez un peu mieux, Miss Weasley, dit Albus avec un sérieux qui la surprit.
- Je suis plus forte que j'en ai l'air. Surtout quand je suis aussi bien entourée.
Sa voix était chevrotante et elle plus aigue que la normale. Elle s'en voulut de ne pas pouvoir parler normalement. Elle posa les deux mains à plat sur ses genoux pour les garder stables et tenta de se concentrer sur ce qu'il se disait. Elle écouta le bilan des quatre jours qui venaient de s'écouler et le portrait des Mangemorts qui s'étaient échappés. L'appréhension et la peur étaient palpables. Ils étaient en guerre maintenant donc ils devaient se préparer, s'organiser. Minerva regarda Severus :
- Pourquoi n'étiez-vous pas au courant ?
Le Mangemort parut sincèrement troublé :
- Je crois qu'il doute de moi. C'était un test.
- Un test qui a mis en danger mes élèves ! gronda Albus. Il a mis délibérément des enfants en danger. Seule la chance a fait qu'il n'y ait pas eu de mort.
Des enfants en danger. Des enfants qui auraient pu mourir. Willow ferma les yeux en sentant la colère l'envahir. Elle sentit la main de Giles se poser sur son bras pour la calmer et elle se raccrocha à cette sensation pour ne pas sombrer. Autour d'elle, la conversation avait avancé :
- …des potions pour la mission que lui a confiée le Maître.
- Quelle mission ? demanda Albus.
- Je ne sais pas. Lucius n'a rien voulu me dire. Je sais juste qu'il va à Sunnydale pour cela et qu'il a besoin de Nagini.
Cela sembla créer plus de questions. Giles demanda :
- Qui est Nagini ?
- Le familier de Voldemort, répondit Harry. Un serpent.
Willow sentit la main de l'Observateur se tendre sur son bras. Elle allait lui demander pourquoi il réagissait comme cela quand Severus ajouta :
- Apparemment, Nagini serait capable de voir l'objet de la quête. Lucius a marmonné quelque chose à propos de voir au delà des apparences.
La sorcière sentit tout son sang quitté son visage en comprenant ce que voulait Voldemort. La seule chose dissimulée à Sunnydale que seuls les serpents – et accessoirement les fous – pouvaient voir était la Clé. Dawn. Cela n'était pas possible ! Pas maintenant. Elle ne pouvait pas perdre quelqu'un d'autre. Pas comme cela. Sa respiration s'accéléra et sa tête tourna. Elle porta une main à sa poitrine. Giles posa une main au creux de son dos. Elle gémit :
- Il ne peut pas… Il faut prévenir Buffy ! Il faut la mettre en sécurité !
L'Observateur se leva, lui aussi pâle comme la mort.
- Monsieur Giles, savez-vous ce que recherche Tom ?
- J'en ai bien peur.
Il n'avait pas le temps de leur expliquer. Il devait agir vite. Il se tourna vers Molly :
- N'utilisez pas la magie. Rassurez-la. Calmez-la. Aidez-la à contrôler sa respiration. Au pire, plongez-la dans le sommeil.
Puis il se tourna vers Willow :
- Il ne lui arrivera rien, d'accord ? Je vais aller prévenir Buffy et ils vont la mettre à l'abri. Ne panique pas. Je vais devoir te laisser seule. D'accord ?
Elle hocha la tête en se mordant la lèvre inférieure. Ne pas paniquez. Au Seigneur, que se passerait-il si Voldemort mettait la main sur Dawn ? Ce n'était qu'une adolescente. Une enfant. Une enfant avec le potentiel de détruire tous les univers de toutes les dimensions. Elle ferma les yeux et tenta de respirer mais elle n'y arrivait pas. Sa respiration était bloquée. Elle paniquait !
- Chérie, est-ce que ça va ? demanda sa mère en posant une main sur son épaule.
- Non ! J'arrive pas…à…respirer !
Elle se retrouva alors dans les bras de sa mère et la sensation était étrange. Sa tête reposait sur l'épaule de Molly qui lui caressait les cheveux en murmurant des mots apaisants à l'oreille. Elle se faisait réconforter par sa mère. Rien que cela l'apaisait étrangement. Elle se laissa aller en pleurant, ignorant le monde autour d'elle.
Molly murmura à l'oreille de sa fille jusqu'à ce qu'elle la sente se détendre. Elle se rendit compte que Willow s'était endormie, là assise sur une chaise. La réunion avait reprise à voix basse autour d'elles. Elle regarda son mari qui comprit immédiatement. Il se leva et la prit dans ses bras avant de la ramener dans sa chambre, sa femme sur les talons.
Giles ne s'était pas senti aussi anxieux depuis longtemps. Il chercha frénétiquement la première cabine téléphonique disponible et remit en question son refus d'avoir un téléphone portable. Dès qu'il en trouva une, il se rua à l'intérieur, glissa la carte téléphonique et composa le numéro de Buffy. Puis il attendit. Encore. Et encore. Mais personne ne répondit.
Buffy tentait de rester loin des crocs du serpent mais c'était plus facile à dire qu'à faire. Du coin de l'œil, elle surveillait la forme inanimée de sa sœur. Son salon était en morceaux. Encore. Au moins, Alex allait avoir du travail. Le serpent avait surgi de nulle part alors que Dawn et elle regardaient la télévision. En fait, le sixième sens de Buffy s'était agité brusquement, lui criant au danger et elle avait trouvé le serpent en train de s'en aller. Elle ne savait pas vraiment comment il était entré. Quoiqu'il en soit, Buffy avait aussitôt compris la raison de la présence de l'animal. Qui lui donnait les ordres ? Elle ne le savait pas et c'était le dernier de ses soucis sur le moment.
Le téléphone sonna, distrayant le reptile. Buffy en profita pour sauter par dessus et se ruer vers la cuisine, le serpent à ses trousses. Elle attrapa deux couteaux et se tourna vers son ennemi. Ce dernier se jeta sur elle sans prévenir, la forçant à lâcher ses armes afin d'attraper la tête du serpent avant qu'il ne la morde. Elle sentit le reptile s'enrouler autour d'elle et serrer. Encore. Et encore. Elle tenta de se dégager mais aussi forte était-elle, le serpent l'était encore plus. Des points noirs apparurent dans son champ de vision. Quelle ironie ! Tuer étouffée par un serpent démoniaque.
Soudain, le serpent releva la tête et se retourna, comme si il avait été frappé. Et vu le couteau qui dépassait de son dos, c'était le cas. Elle s'extirpa difficilement. Oz était le centre d'attention du serpent. Buffy n'hésita pas. Attrapant une petite hache de boucher, elle l'abattit sur la tête du serpent jusqu'à ce que son crâne ne soit plus qu'un tas de chairs sanguinolentes. La Tueuse le décapita pour la forme avant d'aller dans le salon.
Dawn reprenait conscience. Elle avait une méchante coupure sur le front. Buffy l'aida à se relever et l'installa dans le canapé. Oz regarda les dégâts et siffla :
- Alex va avoir du travail.
Le téléphone sonna de nouveau. Le loup-garou décrocha, laissant Buffy s'occuper de sa petite sœur. Il fut étonné d'entendre un Giles sur les nerfs parler avec un débit qu'il ne lui avait jamais connu. Il comprit les mots de Dawn, sorcier, serpent.
- Giles !
Cela capta l'attention de l'Observateur et Oz lui raconta ce qu'il venait de se passer. Buffy s'approcha de lui et attrapa le combiné:
- Qu'est-ce qui se passe ? Ce serpent a essayé de me tuer !
Buffy écouta avec horreur son Observateur lui dire que Voldemort recherchait la Clé. La Mage Noir en avait après sa petite sœur. Elle ferma les yeux pour chasser la vague de panique qui menaçait de s'emparer d'elle. Sans ses pouvoirs de Tueuse, elle n'aura pas senti le serpent. Ce dernier aurait été faire son rapport et des sorciers les auraient attaquées. Et elle n'aurait rien pu faire. La magie la dépassait, elle ne pouvait pas se défendre contre des sorciers. Elle ne pouvait pas non plus défendre sa sœur. Il n'y avait plus aucun sorcier sur la Bouche de l'Enfer. Voldemort n'avait qu'à venir et tendre la main pour s'emparer de la Clé. Elle ne pouvait pas laisser faire cela. Parce que la Clé était sa sœur. Mais aussi parce que s'il s'en emparait, il aurait entre les mains une puissance dévastatrice. A l'autre bout du fil, Giles suivait le même chemin de réflexion. Buffy jeta un coup d'œil à sa petite sœur et murmura :
- Elle ne peut pas rester là.
Dawn releva la tête en entendant sa sœur murmurer. Elle remarqua l'expression sur son visage et son cœur s'emballa. Elle se releva et seul le bras d'Oz lui permit de rester debout. Elle ignora le loup-garou et se rapprocha de la Tueuse.
- Buffy ? Qu'est-ce qui se passe ?
Sa sœur l'ignora, écoutant ce que Giles disait. Elle répondit:
- Je ne peux pas laisser Sunnydale sans protection. Oz peut l'accompagner. Mais et ses études ?
Quitter Sunnydale ? Qu'est-ce qu'il se passait ? Elle se tourna vers le loup-garou dont le visage était impassible mais ses yeux étaient tristes et inquiets.
- Oz ?
Il la ramena sur la canapé et la fit asseoir. Il s'assit à côté d'elle et lui expliqua :
- Voldemort veut la Clé. Il sait que ta sœur la cache.
Dawn cessa de respirer et se sentit paniquer. Cela ne pouvait pas recommencer ! Glory lui revint à l'esprit. La traque. La fuite. Les chevaliers voulant la détruire. Le couteau qui déchirait son ventre. Sa sœur se sacrifiant pour elle alors que le ciel se déchirait. Non ! Il devait se tromper. Pourtant, ce serpent était bien réel. Elle se rappela ce qu'elle avait lu dans le journal de Giles : les fous et les serpents étaient capables de voir au-delà de son apparence humaine. Il savait qu'elle était là.
- Qu'est-ce qu'on fait ? demanda-t-elle.
- On te met à l'abri.
Elle leva les yeux vers sa sœur qui avait raccroché. Elle vit à sa position qu'elle était en mode Tueuse. Même ses yeux étaient froids. Elle la connaissait assez bien pour savoir qu'une fois seule, elle craquerait. Elle s'occupait d'abord de sauver les autres puis elle s'occuperait d'elle. Toujours les autres d'abord. Pourtant ce n'était pas d'un problème comme un autre qu'ils discutaient mais d'un sorcier mégalo qui savait qu'elle – la Clé – était là ! La petite blonde se tourna vers Oz :
- Dawn ne peut pas rester ici. Elle sera plus en sécurité en Angleterre avec Willow. Je voudrais que tu l'accompagnes.
En Angleterre ! Il voulait l'envoyer en Angleterre !
- Pas de problème, répondit Oz. Quand partons-nous ?
- Le plus vite possible. Giles va s'arranger avec les Wiccanes pour créer un portail. On ne peut pas se permettre de vous faire voyager par les moyens habituels. Voldemort sait que la Clé est là et comprendra tout de suite notre manège. Vous verrez sur place après.
Buffy ne la regardait même pas et Dawn se leva, agacée. Les larmes aux yeux, elle fit remarquer :
- Je suis toujours dans la pièce !
La Tueuse se tourna vers elle et la Clé vit la lueur de supplication dans son regard :
- Ne fais pas ça Dawn, s'il te plaît. Ne rend pas la chose plus difficile qu'elle ne l'est. Tu ne peux pas rester. Je ne peux pas me permettre qu'il t'arrive quelque chose ! Parce que tu es ma petite sœur et aussi parce que tu es plus que ça.
- Et toi ? Qui te protégera des sorciers ?
Si sa sœur ne pouvait pas la protéger, qui la protégerait-elle ? Parce que ce sorcier avait l'air plutôt têtu et ne se contenterait sûrement pas d'un échec. Il n'allait pas laisser la Tueuse se mettre entre lui et la Clé. Buffy posa une main sur son bras :
- Giles a dit qu'il allait arranger cela. Il faut que j'appelle Alex. Va préparer ton sac. Oz, tu ferais bien d'en faire autant.
Il hocha la tête et monta. Il logeait chez les Summers, dans l'ancienne chambre de Willow et Tara. Dawn regarda Buffy et sentit les larmes lui monter aux yeux. Avant de se mettre à pleurer, elle se rua dans sa chambre. Buffy la regarda faire. Quand elle se retrouva seule dans le salon, elle balança son poing contre le mur, le transperçant. Elle ne cria pas. Ses mâchoires étaient si contractées qu'elle se demandait pourquoi elles n'étaient pas brisées. Elle extirpa sa main du mur et regarda les gouttes de sang tomber à terre. Elle ne leur avait pas dit que Willow avait fait une rechute. A cause de Voldemort. Voldemort qui venait dans sa ville tuer des gens. Voldemort qui avait pris sa petite sœur pour cible. Cette fois-ci, elle n'allait pas attendre que les sorciers britanniques lui demandent de l'aide. C'était personnel. Personne ne touchait à sa famille. La guerre était déclarée.
A suivre...
