LES LOUVES DU NORD
Décalage horaire is a bitch. C'est tout ce que j'ai à dire pour ma défense quant à ce retard.
Nymueh : le moment où on croit Aragorn mort est clairement pas bon, j'y arrivais pas... Eowyn et Ashana, avec des interactions amicales ? Ehhhhh... non. Juste non, j'aime beaucoup trop leurs prises de têtes et de mémoire elles s'engueulent jusqu'à la fin... Désolée de briser tes rêves... Barres de céréales et jus de tomates, bisous !
Lalwende12 : ravie de voir que tu es toujours parmi nous ! Bisous
Tome 3 : Les Deux Tours
Chapitre 7 – La Bataille de Fort-le-Cor
3 mars 3019, Gouffre de Helm
Elfes et hommes côte à côte sur les remparts de la citadelle du Gouffre de Helm. Uruk-Haïs par milliers, marée sombre et dévastatrice. Une armée contre une autre, et un parfum âcre de bataille imminente dans l'air nocturne.
-Vous auriez pu choisir un meilleur endroit, reprocha Gimli à Legolas.
Ils étaient sur les remparts, assez éloignés des bâtiments, et Gimli n'était pas assez grand pour voir derrière le mur de pierre. Aragorn les rejoignit, posant ses mains sur leurs épaules dans un geste amical.
-Tout est en place, leur dit-il.
Les trois regardèrent derrière eux. Alyandra et Ashana avaient attaché leurs cheveux comme le faisait Maëlia lorsqu'elle partait à la guerre, et chacune d'elle avait le visage un peu sali par la poussière et le charbon. Montées sur leurs louves, et en habits de guerrières, on aurait dit deux amazones farouches et sauvages. Autour d'elle, des elfes de Rivendell et de la Lothlòrien tenait leurs arcs à la main, attendant leur commandement pour encocher. Elles-mêmes avaient leurs arcs et leurs flèches prêtes. Aragorn leur fit un signe de tête, auquel Ashana répondit positivement. Elles étaient prêtes.
-Mon ami, dit Gimli à Aragorn. Quelle que soit votre chance, pourvu qu'elle passe la nuit.
-Vos amis sont avec vous, Aragorn, ajouta Legolas avec foi.
-Pourvu qu'ils passent la nuit aussi, marmonna le nain.
Le tonnerre retentit alors et la pluie se déversa sur eux, jetant un rideau liquide et gris sur la scène déjà morose. Les orcs continuaient à avancer, et le martèlement de leurs pas faisait, avec le bruit de la pluie, une symphonie sinistre qui semblait annoncer un désastre et un massacre.
-N'ayez aucune pitié, lança Aragorn aux elfes. Car ils n'en auront aucune !
-Le Seigneur Aragorn a raison, fit Alyandra à ses troupes. Nous ne faisons aucun prisonnier, nous les tuons tous.
Un des orcs poussa alors une espèce de rugissement bestial qui stoppa l'avancée de l'armée.
-Qu'est-ce qu'il se passe là-bas ? demanda Gimli en sautillant pour essayer de voir au-dessus du mur.
-Dois-je tout vous décrire ? Ou vous trouvez un marchepied ? demanda Legolas avec un petit sourire.
Gimli laissa échapper un éclat de rire. Les orcs se mirent alors à marteler le sol de leurs lances, faisant un vacarme régulier et épouvantable. En réponse, Aragorn sortit son épée, et tous ceux sur les remparts encochèrent leurs flèches et bandèrent leurs arcs. Alyandra leva un bras, faisant signe aux elfes de les imiter, et encocha sa flèche également, mais sans bander son arc.
-Ne tirez que sur mon ordre ! rappela-t-elle.
Puis tout se passa très vite. Un humain lâcha sa flèche. Le trait fusa et transperça la gorge d'un orc, rendant silencieuse l'armée de monstre alors que l'un d'eux s'écroulait.
-Attendez ! vociféra Aragorn.
Les orcs rugirent en chœur avant de s'élancer vers les remparts au pas de charge.
-Sur mon ordre ! rappela Alyandra. En position !
-Parés à tirer ! ordonna Aragorn au même moment.
-Leur armure a une faille au cou et sous les bras, annonça Legolas à ses compatriotes.
-Décochez les flèches ! commanda Aragorn.
Alyandra banda son arc et le releva pour viser.
-Tirez ! cria-t-elle huit secondes après qu'Aragorn l'ai fait.
Elle n'en vit pas le résultat mais les cris des orcs l'informa qu'ils avaient fait mouche. Les humains tirèrent une volée aussi.
-Tirez ! ordonna Alyandra à nouveau.
Aragorn lui fit signe qu'ils devaient tirer plus de flèches.
-Tirez à volonté ! décida-t-elle. Visez aussi loin que possible !
-Échelles ! prévint le rôdeur. Les épées ! Les épées !
Les premiers orcs arrivèrent sur la passerelle, et Gimli commença à leur faire tâter de l'acier nain pour son plus grand plaisir.
-Legolas, et de deux ! cria Gimli.
-Et moi j'en suis à dix-sept ! répondit l'elfe.
-Aaah, je ne laisserai pas d'oreilles pointues me dépasser ! s'énerva le nain avant d'envoyer sa hache entre les jambes d'un orc.
Alyandra et Ashana encourageaient les elfes à tirer sans relâche au-dessus du mur afin que le moins possible d'orcs atteignent les remparts.
-Pourquoi on n'utilise pas la magie ? demanda Ashana.
-Parce qu'on a besoin de toutes nos forces ! répliqua Alyandra avec agacement. On ne la maîtrise pas assez ! Maintenant, tais-toi et tire !
-Oui chef !
La bataille faisait rage à présent. Gimli était carrément monté sur le parapet entre deux échelles et donnait des coups de haches à gauche et à droite.
-Dix-sept ! Dix-huit ! Dix-neuf !
Aucun orc ne pouvait monter une de ces échelles sans être jeté à bas par le nain roux déchaîné qui les attendait.
-La chaussée ! hurla alors Aragorn. Attention !
Des orcs faisaient la formation de la tortue et avançait sur la rampe de pierre qui amenait aux portes.
-Visez un peu plus à gauche ! ordonna Alyandra. Vers la chaussée !
Puis elle entendit distinctement le « Abattez-le, Legolas ! Tuez-le ! Tuez-le ! » que hurla Aragorn avec panique. Elle se demanda quel genre de créature les orcs pouvaient bien avoir amenée pour qu'Aragorn soit inquiet à ce point. Puis le mur de pierre explosa là où se trouvait avant un égout.
-ARAGORN ! hurla Ashana en le voyant inanimé à terre.
-LEGOLAS ! s'écria en même temps Alyandra. GIMLI !
Elle vit le nain roux debout, et la chevelure blonde de son elfe préféré un peu plus loin.
-Gardez vos positions ! commanda-t-elle. Tirez à volonté sur ce qui arrive !
-Gardez la porte ! cria Théoden un peu plus loin à ses hommes alors que les orcs amenaient un bélier. Repoussez-les ! Tenez bon !
Aragorn reprit connaissance alors que les orcs arrivaient derrière lui. Ashana brisa les rangs et Maharib s'élança pour aller sauver l'humain. Elle ferma ses mâchoires sur sa manche et le tira en marche arrière alors qu'Ashana tirait des flèches aussi vite que possible sur les orcs qui approchaient.
-Aragorn ! cria Gimli. Yaaaaaah !
Il se jeta au milieu des orcs qui arrivaient.
-Gimli ! s'inquiéta Aragorn alors qu'il se relevait.
-Obéissez à Aragorn ! ordonna immédiatement Alyandra.
-Tirez ! commanda l'héritier d'Isildur.
Une volée partit.
-Chargez ! hurla-t-il.
Lames au clair, Aragorn, Alyandra sur Amira, Ashana sur Maharib, et les elfes, chargèrent en poussant des cris de guerre. Alyandra aperçut du coin de l'œil son elfe d'amant qui lança un bouclier sur le sol et surfa dans l'escalier en tirant ses flèches sur les orcs pour les rejoindre alors qu'Aragorn relevait Gimli.
Ils se battaient férocement, mais Théoden leur hurla de se replier sur le bastion, ils étaient trop inférieurs en nombre pour tenir un assaut de front comme ça.
-Au bastion ! encouragea alors le rôdeur. Au bastion ! Repliez-vous !
Les filles avaient déjà envoyé leurs louves à l'intérieur et attendaient au sommet des marches en tentant de couvrir les elfes qui se repliaient avec leurs flèches. Alyandra fut la première à voir la lame d'un orc s'enfoncer dans le corps d'Haldir.
-Haldir, non ! cria-t-elle.
-HALDIR ! s'écria Aragorn en courant dans les marches pour le rejoindre.
Haldir tomba mort dans ses bras. Aragorn réussit à s'enfuir et ils condamnèrent ce passage pour couvrir leur fuite. C'était un chaos total et sanglant. Alyandra et Ashana avaient rejoint Legolas et se battaient comme des diablesses, le sang de l'ennemi maculant leurs vêtements et leur peau.
-ARAGORN ! hurla alors Ashana en se précipitant vers le parapet.
Aragorn et Gimli venaient de sauter sur la chaussée pour donner aux humains le temps d'amener les madriers à la porte.
-Il va me faire faire une crise cardiaque un jour ! grommela Ashana en décapitant un ennemi.
On avait l'impression que pour un ennemi abattu, dix autres arrivaient.
-Aragorn ! cria Legolas pour attirer son attention.
Il lui lança une corde alors qu'Alyandra tirait sur les orcs qui s'approchaient de Gimli et de son futur beau-frère, et qu'Ashana les couvrait de ce côté. Aragorn et Gimli furent tractés et ramenés sur les remparts, juste au moment où Théoden ordonnait un repli.
L'aube allait poindre à l'est, et la poignée de survivants était retranchée dans le hall, tentant de tenir la dernière porte qui les séparait de la marée d'orcs dehors.
-La forteresse est prise, tout est fini, souffla Théoden.
-Vous avez dit que cette forteresse ne tomberait pas tant que vos hommes la défendraient ! répliqua Aragorn avec hargne. Ils la défendent encore ! Ils sont morts en la défendant !
Ceux qui n'étaient pas à la porte échangèrent un regard.
-N'y a-t-il pas un autre chemin pour les femmes et les enfants pour sortir de ces cavernes ? demanda Aragorn. Y'a-t-il une autre issue ?
-Il existe un passage, intervint Gamelin. Il conduit dans les montagnes. Mais ils n'iront pas loin, les Uruk-Haïs sont trop nombreux !
-Faites dire aux femmes et aux enfants de passer par les montagnes, lui ordonna Aragorn en le secouant. Et barricadez l'entrée !
-Autant de morts… marmonna Théoden. Mais que peuvent les hommes face à tant de haine ?
-Venez avec moi. Venez à leur rencontre, rétorqua Aragorn.
-Pour la mort et la gloire ?
-Pour le Rohan ! Pour votre peuple.
-Le soleil se lève, fit Gimli.
Un rayon passa à travers une petite fenêtre.
-Oui… fit Théoden. Oui. Le cor de Helm, mes amis, va retentir dans le Gouffre une dernière fois !
-Oui ! s'enthousiasma Gimli.
Et il partit pour aller sonner du cor. Théoden se tourna vers Aragorn.
-Voici venue l'heure de tirer l'épée ensemble.
Tous ceux qui étaient là se dépêchèrent de trouver une monture et de se mettre en formation.
-Cruauté réveille-toi. Qu'importe le courroux, qu'importe la ruine, et que l'aube soit rouge ! Pour Eorlingas !
Le cor sonna, la porte céda, ils s'élancèrent. Ils réussirent à atteindre la chaussée et la plaine qui s'étendait devant les remparts, bataillant comme des diables, tailladant à gauche et à droite, entourés d'orcs. Un hurlement de loup retentit alors. Alyandra, Ashana, Amira et Maharib tournèrent brusquement la tête vers le col d'où le son provenait.
Se tenant droite et fière sur ses pattes, une énorme louve noire comme la nuit se découpait dans la lumière de l'aube, museau vers le ciel alors qu'elle hurlait. Montée sur son dos, épée et bouclier en main, une guerrière blonde à l'air sauvage regardait le champ de bataille.
-Maëlia… soufflèrent en même temps les deux princesses d'Erebor. C'est impossible…
Une armée de cavaliers entoura alors l'aînée des princesses, et Gandalf apparut également. Le combat devant Fort-le-Cor cessa, et tout le monde, orcs, hommes, et les quelques elfes qu'il restait, se tourna vers les nouveaux arrivants.
-Le Roi Théoden fait face, seul, dit Gandalf.
-Non, pas seul, objecta Eomer en tirant son épée. Rohirrims !
Une clameur sauvage lui répondit.
-Je peux ? demanda Maëlia en se tournant vers Eomer.
Une étrange relation de confiance s'était nouée entre eux depuis la veille, quand elle était intervenue pour aider ses hommes à se replier.
-Faites-vous plaisir, Princesse, répondit Eomer.
-Ne m'appelez pas Princesse, grogna-t-elle avant de lever à nouveau son épée. Chargez !
-Pour le Roi ! s'exclama Eomer en partant au galop avec elle, suivi de son eored.
Des centaines d'hommes se ruèrent vers les orcs pour venir en aide aux quelques-uns qui étaient encore vivants en bas. La bataille fut violente mais rapide grâce à ces nouvelles forces. Alyandra et Ashana réussirent à se retrouver aux côtés de leur cousine.
-Maëlia ! On te croyait morte depuis des mois !
-J'ai seulement été capturée pendant quelques jours, mais je vous raconterai ça plus tard ! rit la blonde en coupant un orc en deux. Ashana, qu'est-ce que c'est que cette bague ?
-Aragorn m'a demandée en mariage il y a moins d'un mois ! répondit la plus jeune avec enthousiasme. Mais ça fait six ans qu'il a la bague.
-Six ans ?! répétèrent en même temps Alyandra et Maëlia alors que leurs louves mordaient de l'orc à tout va.
-Je sais ! Je vous raconterai ça après, rit Ashana. Attention, là-bas !
Elles cessèrent de discuter pour se battre avec plus d'attention. Finalement le soleil les atteignit pleinement alors que les orcs fuyaient. Ils s'en allèrent dans la forêt et… furent décimés par les arbres. Tout le monde retourna à l'intérieur pour empiler et brûler les corps, nettoyer le champ de bataille…
-Au total, sourit Legolas en s'approchant de Gimli. Quarante-deux.
-Quarante-deux ? Hmm… Ce n'est pas mal pour un principicule elfe aux oreilles pointues, héhé. Pour ma part, je suis assis sur mon quarante-troisième.
Legolas sortit brusquement une flèche et tira juste entre les jambes de Gimli.
-Quarante-trois, annonça-t-il d'un air triomphant.
-Il était déjà mort !
-Il bougeait encore.
-Il bougeait encore, parce que ma hache est enfoncée dans son système nerveux !
-Ils sont mignons, hein, sourit Maëlia en les regardant de loin. Ça faisait longtemps que je n'avais pas vu notre cousin Gimli.
-Oui, c'est mignon, quarante-trois, pouffa Alyandra. Dire que j'en ai eu au moins le double.
-Pareil pour moi, renchérit Ashana. Et encore, on ne compte pas ceux tués par nos louves.
Legolas et Gimli tournèrent leurs yeux vers les trois princesses avec la mine déconfite de ceux qui ont perdu.
-Maëlia ! s'écria alors Gimli comme s'il venait de comprendre qu'elle était là. Bon sang, mais tu n'étais pas morte, toi ?
-Capturée par des sauvages, grimaça Maëlia en passant nerveusement sa main droite sur le bandage qui couvrait sa main gauche pour masquer sa cicatrice. Longue histoire.
-Je suis tellement content de te revoir, sourit Legolas en l'étreignant solidement.
Un homme se râcla la gorge derrière eux. Legolas et Maëlia s'éloignèrent l'un de l'autre.
-Maëlia ? Tout va bien ? demanda l'homme qui toisait à présent Legolas.
-Oh, Seigneur Eomer, c'est vous, sourit-elle avec soulagement. Oui, tout va très bien. Voici mes jeunes cousines, les princesses…
-…Princesse Laïla ? Princesse Lina ? s'étonna Eomer. Oui, je me souviens de vous…
-Héhé, sourit Alyandra en se grattant la nuque nerveusement. Comment dire… Nous ne sommes pas Laïla et Lina de Dale. Nous sommes les Princesses d'Erebor en réalité. Alyandra et Ashana d'Erebor.
-Oh, fit l'homme du Rohan. Je vois.
-Ce nain est notre lointain cousin Gimli, fils de Gloïn, continua Maëlia, et cet elfe est Legolas, mon vieil ami. Ah et voilà Aragorn, fils d'Arathorn. Les amis, je vous présente Eomer, fils d'Eomund, neveux de Théoden.
-Le frère d'Eowyn ? grimaça Ashana.
-Vous connaissez ma sœur ? s'étonna Eomer.
-Disons que nous nous sommes croisées une ou deux fois, marmonna la plus jeune. Allons, rentrons, je meurs de faim et nous avons beaucoup de choses à nous raconter, tous !
Vous avez été bien patients, et voilà, vous avez votre réunion ! Au milieu d'un champ de bataille certes, mais que voulez-vous, on est guerrier ou on ne l'est pas, et quand on habite en Terre de Milieu à une période où un orc peut vous sauter dessus n'importe quand, vaut mieux être un guerrier !
A samedi probablement, bisous mes p'tits chous.
