Bonjouuuur ! Finalement j'ai réussi à écrire le chapitre héhé et j'ai même commencé le suivant, après, je ne sais pas s'il sera fini pour vendredi prochain… Mais je vous laisse avec Lexa et Raven !

Enjoy !


Quand je me réveille en travers de mon lit je me demande si je n'ai pas rêvé. Mais je suis nue, mon manteau est toujours au sol. Deux marques évidentes que je ne suis pas folle au point de m'imaginer ce genre de scènes. Je m'étire tout sourire et soudain je prends conscience d'une chose. Mon nouveau contrat. Aphrodite et Vénus deviennent exclusives. Je me redresse sur mon lit.

— Alors c'est fini…

Plus de moments intimes avec Raven, plus de fous-rires rien qu'à nous. Plus de câlins rassurant post tournage dans la loge avec Niyhla. Plus de possibilité de devenir proche de ces filles… Il reste les trio certes, mais ce n'est jamais la même ambiance joviale. Mon monde va désormais ne tourner qu'autour de Clarke. Au travail, et pendant mon temps libre. Heureusement que je vois Raven dans quelques heures, il devient urgent que j'échange avec quelqu'un qui puisse me soutenir. Alie aussi devra être mise au courant. Et ainsi je pourrais ouvrir une voie pour lui faire parler du retour de Charmaine. Cette annonce m'avait grandement intriguée mais je n'ai pas encore eu le temps d'aborder le sujet avec elle.

Je regarde l'heure sur mon téléphone flambant neuf.

— Oh putain !

Déjà 11h, je vais être en retard ! Je me redresse en vitesse, trop vite car la tête me tourne et ma vision devient noir pendant un quart de seconde. Je me rattrape à mon placard duquel j'ouvre la porte pour en sortir une tenue convenable. Je me débarbouille, pas le temps de me doucher, avale quelques amandes et une datte pour ne pas sortir le ventre vide, et j'essaie tant bien que mal de lasser mes chaussures engoncée dans mon manteau d'hiver.

Sur le chemin je me rends compte que je n'ai pas acheté le dessert. Je cherche les commerces autour de la station précédent celle où je descends pour rejoindre le nouvel appartement de Raven – je ne veux pas qu'elle pense que j'ai acheté un gâteau en catastrophe dans la pâtisserie au coin de sa rue. Je suis presque essoufflée lorsque j'entre dans le magasin. Une vendeuse au sourire rayonnant et presque vrai m'accueille. Je lui rends timidement son bonjour et me concentre sur les prix plutôt que sur l'aspect des desserts. Le moins cher cependant n'a pas l'air franchement appétissant. La gamme au dessus me donne plus envie mais je ne sais pas si je peux réellement me le permettre.

— Je peux vous aider ? me demande la serveuse devant mon hésitation.

— Euh, je déjeune avec une amie et j'ai promis d'amener le dessert mais… J'ai un petit budget je dois avouer…

— Si ce n'est que pour deux personnes, vous pouvez vous permettre une petite folie pour moins cher.

Elle avance derrière son comptoir et me présente un étalage que je n'avais pas vu. Des portions individuelles. Parfait. Je prends trois gâteaux différents sous les conseils avisés de la jeune femme. Raven n'y verra que du feu. Je pourrais lui dire que je ne pouvais me décider et que j'ai ainsi voulu qu'on s'adonne à quelques tests culinaires. Je paye sans penser à Jaha et je file à l'adresse que mon GPS m'indique.

Lexa : Je suis en bas !

Raven : 1839A, première porte à gauche, troisième étage, je laisse la porte entre-ouverte.

Lexa : Merci !

Je fais le code, porte à gauche, trois étages par les escaliers, je pousse timidement la porte ouverte.

— Lexa !

Raven déboule d'un recoin de l'appartement pour m'accueillir. Elle me prend dans ses bras et m'enlace sans que je ne puisse lui rendre son étreinte.

— Ça va, je dis en me détachant, je ne suis pas encore morte !

— J'y ai cru pendant un temps, tu ne répondais plus à mes messages. Mais quelque chose me dit que tu vas m'expliquer dans les moindres détails comment ton téléphone a lâché…

— Laisse-moi deviner, je réponds en lui tendant le paquet contenant les gâteaux, tu sais déjà que ça a un lien avec Clarke ?

— Évidemment ! Pour quelle amie me prends-tu ? Qu'est-ce que c'est ?

— Tu verras bien au moment du dessert !

— Allez, retire ton manteau, je vais te faire visiter !

Je m'exécute et elle commence par la cuisine où elle en profite pour déposer le paquet au frigo. C'est un beau petit appartement de jeune couple citadin. Le salaire de Raven est assez conséquent et celui de Miles doit l'être tout autant vu la superficie de l'endroit. Je suis presque jalouse, sans Jaha je pourrais m'offrir le même et en assumer le loyer seule. Je chasse cette idée et Raven m'amène au salon où elle a dressé la table.

— C'est sympas en tous cas ! je lâche en m'essayant.

— On essaie encore de le personnaliser mais c'est vrai qu'il rend bien mieux que lorsqu'on l'a visité !

— Vous en avez vu beaucoup ?

— Des tonnes… Soit ils n'étaient pas dans nos prix au final, soit quelqu'un nous passait devant. Celui-ci ne nous plaisait pas trop mais lorsqu'on nous a appelé pour nous dire qu'on était prioritaire pour être les nouveaux locataires, on s'est dit qu'on arriverait à l'arranger.

— Pour le moment c'est plutôt réussi !

— Et toi, tu ne cherches pas quelque chose de plus grand ?

— Si, mais je cherche vaguement, tant que je suis seule, mon studio me convient, je fais des économies comme ça !

Pur mensonge, je ne suis toujours pas prête à lui dévoiler ma part d'ombre.

— En parlant de célibat, rebondit Raven, je vais chercher l'entrée et tu me racontes où tu en es avec Clarke !

— Tu ne vas pas être déçue…

Je lui fais un clin d'œil et elle frétille en retournant dans la cuisine. C'est limite si elle ne court pas lorsqu'elle revient avec une sorte de tarte ma foi fort appétissante. Sous mon regard lubrique elle coupe une part et me sert.

— Clafoutis de tomates cerises.

— C'est toi qui l'a fait ?

— Hé, bien sûr ! Je crois que Miles est un peu tombée amoureux de moi car je cuisine merveilleusement bien…

— Il t'aime parce que tu es bonne à marier ?

— Chuuuuut, goûte avant de m'insulter !

Nous rions et je coupe un morceau. La tomate acidulée réveille mes papilles gustatives et mon ventre gronde.

— C'est délicieux…

Raven fait un geste de tête qui signifie « évidemment » et elle se sert avant de s'asseoir.

— Alors, Clarke ?

Je prends une grande inspiration.

— Par où commencer…

— Par le début ! Moi je me suis arrêtée au moment où tu m'as avoué que tu l'aimais et à votre tentative ratée de jouissance à ton domicile.

— J'aime ta façon de présenter les choses… On ne s'est pas vu depuis ?

— Pas depuis notre dernier tournage, apparemment madame est occupée avec Clarke !

— Tu n'imagines pas à quel point, et ce n'est pas près de s'arranger…

— Allez, raconte !

J'avale une nouvelle bouchée de clafoutis pour remettre les idées dans l'ordre. Je tente de raconter à Raven avec le plus de détails possible, parfois en tapant dans le sexuel, le petit séjour que Clarke et moi avons passé dans la rivière et sous le pont. Elle m'écoute comme si je lui raconte une histoire à suspense. Je lui fais part de mes ressentis, de mes émotions, de ma souffrance. Elle doit m'interrompre pour apporter le plat principal : un succulent Poulet aux morilles qui n'aide pas à rendre mon discours plus limpide. Mais elle comprend, elle saisit les nuances des faits et des mes pensées. J'arrive à la réunion où je recroise enfin Clarke mais n'aborde pas les détails du contrat. Je ne veux pas lui avouer tout de suite que nous ne tournerons plus ensemble en duo Raven et moi. J'arrive à la soirée de la veille et je vois le visage de mon amie se transformer. A peine j'annonce le fait que Clarke m'a proposé d'être en « couple amical », qu'elle réagit :

— Elle est sérieuse ? Et tu lui as répondu quoi ?

— J'ai accepté…

— Lexa !

— Quoi ?!

— Tu la laisses te manipuler ! s'emporte Raven. Elle fait comme si elle ressentait quelque chose pour toi qu'elle se refuse à assumer. Elle essaye de contourner le problème et te propose des solutions qui vont forcément te faire souffrir. Une amitié couple ? C'est quoi ces conneries encore ? Elle veut quoi ? Coucher avec toi devant les caméras pour prendre son pied tranquille, puis après elle veut t'emmener dîner pour avoir l'impression d'être aimé, mais sans pouvoir rien te donner en retour ?

— Moi ça me va… Des moments de tendresse et de complicité amicaux, le sexe au travail.

— Tu te laisses faire aveuglément… Elle cherche à attirer ton attention. J'ai l'impression qu'elle veut que tu l'aimes.

— Comment ça ?

— Elle était déjà assez ambiguë avec toi, mais c'est comme si lui avouer tes sentiments l'avait fait changer d'un coup. Comme si elle s'était rendue compte qu'en profitant de ta présence elle pourrait se sentir aimer, se faire chouchouter, pour combler je ne sais quel manque qui doit subsister en elle.

— Et c'est si négatif que ça cette idée ?

— Tu vas forcément souffrir un jour ou l'autre. Ok au début ça va être magnifique. Vous allez prendre un pied fou en tournage, vous aurez sûrement des moments de complicité énorme dans la loge, vous irez au cinéma, elle viendra dormir chez toi, vous discuterez des heures. Toi tu auras l'impression d'être en couple, tu tomberas de plus en plus amoureuse. Mais petit à petit la réalité va refaire surface. Elle ne t'aime pas. Tu vas te rendre compte qu'elle prend aussi son pied avec les autres actrices, qu'elle a sûrement d'autres amies avec qui elle passe aussi beaucoup de temps. La jalousie va finir par te ronger, tes « je t'aime » sans retour seront ta perdition.

— Et si elle tombe amoureuse de moi ?

— Lexa…

J'avais posé mes couverts pour l'écouter mais sans les lâcher. Raven appose sa main sur la mienne toujours accrochée à mon couteau.

— Lexa, elle répète, j'ai bien peur que ce ne soit pas possible.

— Mais, je bredouille, tu verrais la façon dont elle me regarde, et la manière dont elle me touche…

— Je sais Lexa, je l'ai vu faire. Moi aussi je me suis perdue dans son regard, moi aussi je me suis laissée aller à ses caresses…

— Non… Il y a autre chose avec moi…

— Lexa, c'est une actrice de films pornographiques…

Son énoncé me choc. Oui et alors ? Elle est bien amoureuse de Miles, non ? Oui mais ce n'est pas sur un plateau qu'elle l'a rencontré… Alors, alors depuis le début je n'aurais pas su décrypter les signaux ? Depuis le début j'aurais cru plaire à Clarke alors qu'elle ne faisait que son travail ? Non… Je l'ai vu jouer avec Raven, c'était différent… Non, elle m'a proposé à moi de former un couple, pas à une autre… Mais je suis Aphrodite, elle est Vénus… Non…

— Mais, je, après, on est allé chez moi et…

— Et laisse-moi deviner, ça a donné la même chose que le soir de l'anniversaire de Miles ? Vous vous êtes précipitées l'une sur l'autre et ça n'a abouti à rien ?

— Oui mais…

— Mais à côté il y a eu un moment de tendresse. Dis-moi Lexa, elle t'a embrassée dans la loge avant votre premier tournage ?

— Oui, comment tu sais ça ?

— Parce qu'elle m'a embrassée aussi. Et que je serais prête à parier qu'elle embrasse chaque fille avant de tourner.

— De toute façon, je réponds en m'énervant, ça n'arrivera plus.

— De quoi tu parles ?

— Alie nous a fait signer des nouveaux contrats. Il me reste un tournage avec Niyhla, Clarke doit encore tourner avec Luna, et après nous devenons exclusives. Je reste Aphrodite. Elle devient Vénus. Alie nous pose en couple phare des Filles de Sappho. Aphrodite ne tournera qu'avec Vénus.

Raven ouvre la bouche mais la referme. Elle réfléchit, se lève, débarrasse nos assiettes et retourne dans la cuisine. Elle revient avec le paquet qui contient les desserts. Elle le pose sur la table, se rassoit et me regarde dans les yeux.

— Ça veut dire que je ne tournerais plus jamais avec toi ?

— Pas seule à seule. Alie va instaurer un système de trio.

Je lui explique vaguement le concept détailé dans les contrats que nous avions signés. Par mois, deux vidéos duo, une vidéo trio, un shooting photo. Les sondages pour choisir la fille du trio, les élections pour désigner de nouvelles Aphrodite et Vénus. Je lui révèle aussi l'acquisition du terrain pour des nouveaux locaux et l'idée d'engager de nouvelles actrices. Mon explication terminée, Raven ne réagit pas. Alors je reprends sur le sujet précédent :

— Donc elle n'embrassera plus une autre actrice hors des tournages. Peut-être qu'elle fait ça uniquement dans le but d'entrer à fond dans le jeu d'Alie, mais moi ça me va Raven. J'ai tellement souffert de la disparition de Costia, je ne peux pas laisser filer Clarke. Au pire je souffre, mais je ne pourrais jamais souffrir plus que tout ce que j'ai déjà enduré, au mieux elle tombe amoureuse de moi.

Mon explication ne semble cependant pas l'atteindre. Ses doigts caressent le carton blanc lisse dans lequel sont rangés les gâteaux.

— On ne tournera plus toutes les deux… chuchote Raven le regard perdu dans le vague.

— Avec Clarke. Ou alors si un jour tu es élue Vénus et que je reste Aphrodite. Ce dont je doute, sans vouloir te vexer-

— Tu es la toute première avec qui j'ai tourné, me coupe Raven. Quand je suis arrivée chez LFS j'étais tétanisée. Si j'ai tenu tout ce temps c'est parce que j'aime tourner avec toi. Bien sûr j'aime tourner avec les autres, tu sais que je fais ce métier pour être comblée sexuellement et pouvoir vivre libre et heureuse, mais avec toi… Il y a toujours eu quelque chose de différent. C'est toujours un plaisir de jouer avec toi, jamais une contrainte, cette complexité… J'aurais pu être Vénus moi, mais Clarke… Non seulement elle est venue tout gâcher, mais en plus elle va te faire du mal… Et je vais te perdre.

— Raven, non… On est amie toi et moi maintenant. On sera toujours proche. Et puis il y aura d'autres filles, tu trouveras sûrement des complicités avec elles aussi.

— Mais je m'en fiche des autres filles, c'est toi que je veux…

Encore une fois un choc me traverse. Je n'avais pas vu cette attirance qu'elle avait pour moi. Je ne pensais qu'à de l'amitié. Mais d'ailleurs ça ne doit être que cela. Raven est tout simplement en train de regretter le fait que nous ne pourrions plus parcourir nos corps avec autant de perfection qu'avant. C'est ça qui va lui manquer, nos moments de complicité tendre.

Je regarde la main de mon amie caresser encore le carton d'emballage. Elle en fait le tour, se pique le doigt sur les quatre coins, puis elle se lève pour venir à ma hauteur. Je la regarde faire. Sa main attrape mon menton et le relève vers son visage. Sans plus attendre elle fonce sur ma bouche. Le baiser me replace en un flash sur un plateau de tournage. J'ai l'impression que des spots et des caméras sont braqués sur moi. Mais lorsqu'elle se décolle, nous sommes toujours dans son salon. Mon cœur palpite.

— Accorde-moi une dernière fois s'il te plaît.

— Raven…

— Fais comme si nous étions sur un plateau.

Elle ne sait pas que c'est déjà ce que mon cerveau m'avait commandé.

— S'il te plaît.

Ses prunelles m'implorent. Je ne connais que trop bien ce regard. Et ce qui me blesse le plus c'est qu'il ressemble à celui de Clarke. Cette même envie de me posséder. Raven aussi en est capable en privé, sans pour autant ressentir des sentiments pour moi.

— Et Miles ? je demande pour lui rappeler que ce serait tout de même de la tromperie.

— Je l'aime. Toi je te désire. C'est différent. Il comprendra.

— Et moi ? Tu penses à ce que moi j'ai envie ? Tu veux me forcer à coucher avec toi ?

— C'est ton métier, non ?

— Ça ne veut pas dire que je dois baiser avec toutes mes partenaires en dehors des plateaux !

— Je ne suis pas n'importe qui.

— Tu es mon amie.

— D'après ce que tu m'as raconté, Clarke aussi.

A cette phrase elle se penche sur moi pour m'embrasser de nouveau. Je n'ai pas le temps de la repousser qu'elle glisse son genoux sur la chaise pour buter entre mes cuisses. Le contact me fait réaliser que son baiser m'avait excitée. Après tout, je n'ai rien à perdre. Moi aussi j'aime tourner avec Raven, à moi aussi ça va me manquer.

Je me donne une force incroyable et pose mes mains sur ses épaules pour la repousser tout en gardant le contact entre nos lèvres. Je la sens rire contre ma bouche lorsqu'elle comprend que j'entre enfin dans son jeu. Je trouve ce qu'il y a de plus proche, le canapé, et je lui ordonne silencieusement de s'y allonger. Je la rejoins et prends ma position dominatrice d'Aphrodite.

Je lui mordille la lèvre inférieure, lui aspire légèrement, et nos langues qui se connaissent si bien se rencontrent. Mes doigts viennent titiller la peau de ses clavicules que son pull au col large me laisse le loisir de redécouvrir. La laine m'empêche d'accéder correctement à son corps, je passe mes mains en dessous pour caresser son ventre et ses côtes mais ce n'est pas assez. Je le fais glisser vers le haut et le lui retire. Elle se mord la lèvre en constatant que je la désir moi aussi. Son buste libre je peux y déposer une multitude de baisers. Ceux que je place sur les épaules et dans le cou la font trembler. J'atteins sa mâchoire et de nouveau sa bouche.

— Les desserts vont réchauffer, chuchote Raven contre moi.

Loin de trouver cette phrase complètement hors contexte, une idée me traverse l'esprit car je suis bien de son avis. Je lui lèche le bout du nez et pose un doigt sur sa poitrine pour lui intimer de rester allongée puis je me lève en direction de la table. J'ouvre le paquet de la pâtisserie et regarde la petite tarte aux fraises qui m'appelle. Je l'attrape le plus doucement possible et la pose sur la table basse en face du canapé. J'en décroche une fraise recouverte de gelée sucrée que je porte à ma bouche. Je reviens à califourchon sur Raven et fait glisser le bout de fraise le long de son épaule, de sa clavicule puis de sa mâchoire, avant de déposer le fruit sur sa langue qu'elle me tend. Nous croquons en même temps dans la chaire rouge et l'acte se termine en baiser sucré et collant. Nous nous écartons pour mastiquer et avaler avant qu'elle plaque sa main contre ma nuque pour demander un nouveau baiser.

Tout en l'embrassant, à tâtons, j'attrape une nouvelle fraise. Cette fois elle me la vole pour l'avaler sans partager. Je grogne faussement et en prends une nouvelle que je mange effrontément sous ses yeux. Sa main trouve la tartelette et elle partage le quatrième fruit avec moi. Nous recommençons ce manège jusqu'à ce qu'il ne reste plus que le fond de tarte.

Raven prend ma main dans la sienne, caresse doucement l'intérieur de ma paume et porte mes doigts sucrés à sa bouche. Elle les suce avidement pour en retirer tout le sucre et le collant pâtissier. Elle libère ma main et me donne accès à l'ouverture de son soutient gorge que je retire sans trop de sensualité. L'excitation a presque anesthésié mon bas ventre et mes jambes. Sans lui demander son aide, je retire moi-même mon pull et ma brassière. Puis je me jette sur son jean pour l'ouvrir. Elle m'aide à le faire glisser sur ses cuisses. Je pose une léchouille çà et là avant de retrouver sa langue. Ses mains passent entre nous pour ouvrir la boucle de ma ceinture et ma braguette. Elle me force à stopper notre baiser et porte ses doigts à sa bouche. Je reconnais ceux qui avaient saisi les fraises. Comme pour les miens précédemment, elle suce ses doigts pour les rendre limpides. Puis elle les glisse contre mon abdomen et atterrit directement dans ma culotte. Le contact me vivifie. Je laisse échapper un gémissement d'aise. Je retrouve mes sensations. Malgré le jean et la culotte qui font barrière, sa main glisse contre moi avec cette facilité que nous avons toujours eu. Je l'embrasse pour profiter de l'instant, je suce sa langue et sa bouche, j'en mets partout. D'une main je me retiens sur le canapé, de l'autre je descends pour lui pincer un téton. Raven aussi se met à souffler à et gémir.

Bien vite ma main aussi passe dans le sous-vêtement qui lui reste. Je glisse si bien contre elle que je peux y pénétrer un doigt sans aucune difficulté. Lorsque j'atteins son point le plus sensible, que j'ai appris à reconnaître avec les années, elle me croque la lèvre et accélère entre mes cuisses.

Le désir est aussi fort qu'avec Clarke sauf qu'aujourd'hui je jouis. J'ai beaucoup joui avec Raven en tournage, elle a beaucoup joui avec moi. Je sais à quoi cela ressemble, et pourtant aujourd'hui c'est différent. Nous ne sommes que toutes les deux. Je n'ai pas besoin de surjouer. Je me laisse complètement aller. Personne ne m'avait provoqué d'orgasme en privé depuis Costia. Je profite du moment, j'accepte mes sens qui vibrent de bonheur, je mords le cou de Raven lorsque le moment devient trop intense. Puis je laisse mon corps se relâcher au rythme de mes gémissements qui se réduisent petit à petit.

Raven me laisse reprendre mes esprits mais me ramène à la réalité de son désir en pénétrant mon regard avec intensité. Elle veut jouir elle aussi. Je recommence les va-et-vient en elle et j'ajoute quelques succions de ses tétons. Elle retrouve vite le rythme qu'elle avait perdu en me laissant aller, et son orgasme l'atteint d'une façon bien différente à ce que j'ai l'habitude de lui voir faire. Ses joues rosissent, elle retient quelques respirations, elle ne couine pas comme pour faire plaisir à un futur spectateur masculin. Sous la pulpe de mon doigt je sens son vagin gonfler. Je fais encore quelques va-et-vient et je la laisse redescendre.

Je me retire, remonte embrasser son cou, sa mâchoire, et ses mains trouve mes joues pour me ramener contre ses lèvres. Le baiser et encore un peu sucré. Il est chaleureux. Semblable à celui des amants qui se sont découverts pour la première fois.

— Merci, me souffle Raven en glissant son nez contre le mien.

Pour lui répondre qu'il n'y a pas de quoi, je glisse une dernière fois sur sa langue.


Que dire que dire, cette scène aura son importance pour les réflexions de Lexa quant à Clarke, ce n'était pas juste pour faire coucher ensemble Raven et Lexa, je vous le promets !

J'espère que vous passez un bel été !