DISCLAIMER : Les personnages appartiennent aux studios d'animation Disney/Pixar et Dreamworks. En revanche, l'histoire m'appartient. Merci de ne pas plagier.
Au-dessus de la ville, le soleil achevait sa descente vers l'horizon, baignant le ciel de lueurs roses orangées. Une légère brise venait caresser les feuilles des arbres, et le calme régnait dans les rues désertes de la ville. Les gens partaient en vacances, vers de destinations nouvelles, et délaissaient ainsi leurs petites vies paisibles au profit de la plage ou de la montagne.
Seulement, au sommet de la colline qui surplombait la ville, une femme dont la vie n'était pas si tranquille observait ce calme, dans l'attente de quelque chose… ou plutôt de quelqu'un. Derrière cette femme, un homme sortit de l'ombre et regarda dans la même direction qu'elle, avant de prendre la parole de sa voix grave :
« Comment pouvez-vous être sûre qu'il se montrera ?
-Je le sens, annonça-t-elle. Il a perpétré plusieurs attaques contre nos anciens élèves, et les nouveaux sont en danger également. Il viendra. »
L'homme fit une moue peu convaincue. Cependant, sa patronne avait montré au fil des années qu'elle avait très rarement tort, il laissa donc planer le bénéfice du doute. Et en effet, après quelques instants de silence et d'observation attentive, une masse noire se détacha en surgissant à l'orée des bois, se dirigeant silencieusement vers les maisons.
« Monsieur Jafar, rejoignez-moi en bas. »
Sur ces mots, Mary Poppins sortit son parapluie et le déploya, avant de sauter de la colline vers un vide plutôt effrayant. Cela faisait toujours un peu peur à son adjoint, de la voir voler ainsi à l'aide de cette chose qui semblait si fragile.
Après avoir réprimé un frisson à la vue de l'altitude, il frappa le sol avec son bâton de marche, qui se transforma alors en sceptre d'or à tête de serpent. Après avoir vérifié qu'aucun promeneur tardif ne passait par là, il frappa le sol une seconde fois avant de se changer en oiseau, et de suivre madame Poppins vers ce nouveau danger qui les attendait.
« Tu es sûre que tu veux faire ça ?
-FAIS-MOI CONFIANCE ! »
A l'autre bout du champ, Raiponce s'était mise debout sur un ballot de paille et devait crier pour se faire entendre. Les trois jeunes filles, ainsi que leurs parents, étaient partis il y a une semaine dans une grande maison de campagne, éloignée de toute forme de civilisation. Etant perdues au milieu de nul part, la blonde avait insisté pour entraîner sa cousine à se servir de sa magie, quand bien même celle-ci n'en avait aucune envie.
« Raiponce, tu ne veux pas qu'on se regarde une série, plutôt ? Ou qu'on fasse un Scrabble ? Qu'on aille faire du cheval ? N'importe quoi sauf ça ? supplia Elsa.
-Non, rien ne me fera changer d'avis. Je veux que tu fasses geler ce ballon, c'est clair ? »
Elsa soupira et se mit à trépigner sur place. Elle pourrait très bien s'asseoir par terre pour refuser de le faire, mais elle allait se piquer les cuisses avec les restes de paille qui trainaient au sol. Après avoir effectué un décompte, Raiponce jeta le ballon le plus haut possible et de toutes ses forces, et Elsa tenta de concentrer sa magie pour la projeter vers la balle. Seulement, son tir de glace partit comme une bombe et passa à un bon mètre du ballon, qui termina sa course droit sur la tête d'Anna :
« Non mais ça va pas ?! s'exclama-t-elle, irritée. Apprenez à viser, toutes les deux ! »
Raiponce était pliée en deux, et même Elsa n'avait pu s'empêcher de rire. Elle courut vers sa sœur pour lui laisser un bisou sur le front, mais Anna la poussa en se plaignant pour retourner à sa lecture plus rapidement. La blonde récupéra le ballon et se rapprocha de Raiponce, avant de lui dire :
« Ça ne sert à rien, je n'arrive même pas à viser. Et puis, imagine que je gèle tout ce champ, alors…
-On aura une super patinoire pour les vacances, au moins ! s'exclama Raiponce en récupérant son cobaye. Replace-toi, on y retourne ! »
Elsa lui jeta un regard désespéré, mais cela n'eut aucun effet sur la jeune fille. Celle-ci passa toute l'heure qui suivit à jeter la balle de volley en l'air (en veillant à ne plus viser Anna) et à courir dans le champ pour aller la récupérer. Elsa, quant à elle, tentait de se concentrer au maximum pour ne pas viser ses sœurs, et surtout pour contrôler la force de sa magie.
Alors que le soleil s'abaissait vers l'horizon, Anna se releva pour rentrer dans leur maison de campagne, qui se trouvait à l'autre bout du champ. Elle allait appeler les deux autres filles, quand elle fut interrompue par un cri de la part de Raiponce :
« BRAVO ! TU L'AS EU ! »
Elsa, fatiguée par l'effort qu'elle avait dû fournir en cherchant à contrôler sa magie, avait les joues extrêmement rouges et le souffle court. Cependant, quand Raiponce arriva près de son ballon, elle eut une expression absolument dépitée. Elsa et Anna ne tardèrent pas à comprendre pourquoi lorsqu'elles virent l'état de la balle, calcinée par les cristaux de glace:
« Tu as totalement explosé mon ballon » lâcha-t-elle dans un souffle.
« Non, non, non et non, il en est hors de question ! »
Mérida hurlait depuis déjà un bon quart d'heure, totalement furieuse. Elle qui avait le sang chaud, elle n'avait jamais été aussi énervée qu'à cet instant précis. Sa mère, assise sur le canapé, avait la tête entre les mains et semblait attendre un miracle pour se sortir de cette situation. Son père, quant à lui, faisait les cent pas, tandis que la grand-mère de la jeune fille la regardait, inflexible, genoux croisés sur son fauteuil.
« C'est une tradition ancestrale Mérida, expliqua-t-elle d'une voix calme. Tu es l'aînée, et tu te dois de l'honorer.
-Mais on est au vingt-et-unième siècle ! Vous vous fichez de qui, là ? Un mariage ?! J'ai même pas seize ans ! »
Celle-ci, totalement furibonde, avait le visage d'une teinte équivalente à celle de sa crinière rousse. Lorsque sa grand-mère lui avait annoncé cela, elle s'était retenue de s'étouffer dans son verre d'eau, même si dorénavant la perspective d'une mort par étouffement lui semblait préférable à sa situation.
« Les Dunbroch, les Dingwall, les Macintosh et les MacGuffin ont toujours été des familles très respectables et très liées, en Ecosse. La tradition veut que si l'aîné d'une des familles est une femme, elle se doit d'épouser l'héritier mâle d'une autre des familles. En l'occurrence, ajouta sa grand-mère, tu as la chance d'avoir le choix entre trois beaux jeunes hommes.
-Oooh, oui ! Quelle chance, en effet ! s'exclama Mérida ironiquement. Mais vous vous rendez compte de ces conneries ?
-Mérida, ton vocabulaire, réussit à sortir sa mère à voix basse. Et cesse de t'énerver.
-Que je cesse de m'énerver ? répéta-t-elle. Je préfère vous prévenir, je REFUSE catégoriquement ce mariage, peu importe les conséquences. »
Sur ce, elle releva la tête d'un air fier et quitta la pièce, sans oublier de claquer la porte derrière elle. Une fois dehors, elle vit ses trois petits frères couchés par terre qui essayaient de comprendre de quoi parlait cette conversation, et qui lui adressèrent un regard interrogateur à son arrivée. La rouquine leur jeta un regard mauvais et passa son chemin avant de quitter le domaine familial, déterminée à s'en éloigner le plus possible.
Elle courut vers les bois, ignorant son père qui criait son nom à la porte, et se précipita sous le calme des arbres, frappant de toutes ses forces dans les pierres qu'elle trouvait par terre. Après s'être broyé quelques orteils, elle grimpa à un arbre dont les branches basses lui permettaient une ascension plus aisée. Une fois assez haute à son goût, elle s'assit sur le bord d'une branche et prit une profonde inspiration, avant de hurler toute la colère qu'elle avait en elle.
Une fois à bout de force et de voix, elle s'adossa contre le tronc de l'arbre et essaya de se calmer, des larmes de fureur montant au coin de ses yeux. Ayant retrouvé un semblant de maîtrise de soi, elle décida d'appeler la première personne à qui elle pensa.
Raiponce répondit après la deuxième sonnerie, et Mérida lui raconta rapidement de quoi il était question :
« Raiponce ! Heureusement que tu es là… j'ai un problème, un énorme problème. Tu te rappelles du fait que ma grand-mère est très portée sur les traditions de nos ancêtres et toutes ces imbécillités ? Figure-toi que le dîner se passait de façon relativement calme, pour une fois, et que je commençais à trouver ça bizarre. Alors quand ma grand-mère a pris la parole pour m'annoncer qu'elle voulait me faire épouser le fils d'un ami écossais, j'ai failli m'étouffer dans mon gigot de sanglier… oui, un mariage oui… non, ce n'est pas une blague, Punzie. Tu sais que ma grand-mère ne connaît pas la notion d'humour. Non, je n'en sais rien… ils veulent me présenter à trois « enfants du pays très gentils et respectables », mon œil oui ! Sans doute de gros campagnards stupides… j'ai envie de partir très loin d'ici et de ne jamais revenir… ils ne se rendent même pas compte du siècle auquel on est ? Ils pensent vraiment qu'un mariage arrangé à l'âge de seize peut me faire plaisir ? Sans rire ! Bref, sur ce je vais devoir te laisser… oui, je ferai attention à moi, promis… oui je te tiendrai au courant de tout, ne t'inquiète pas. Profite-bien avec Elsa et Anna, bisous vous trois. »
Une fois son appel terminé, Mérida rangea son téléphone dans sa poche de jean en prenant toutes les précautions possibles pour ne pas le laisser tomber. Une chute de cette hauteur serait très probablement fatale à son appareil, et elle n'avait pas besoin de ce désagrément supplémentaire : sa vie actuelle craignait déjà bien assez comme ça.
Après être redescendue de son arbre, elle repartit plus loin dans la gigantesque forêt qui entourait le jardin de la maison. Les arbres faisaient bruisser leurs feuilles à travers le vent, et la sérénité qui régnait faisait un bien fou aux nerfs de la jeune fille. Une fois près de la rivière, elle s'assit sur la rive, et retira ses chaussures pour y laisser traîner ses pieds, comme lorsqu'elle était enfant.
Mérida passa l'après-midi en forêt, à suivre le courant, et à observer la nature autour d'elle. Elle ne profitait jamais assez de ce qui l'entourait, et ces moments qu'elle passait seule étaient toujours très reposants. La nuit était déjà tombée depuis une bonne heure, et son téléphone était rempli de messages et d'appels manqués de ses parents, lorsqu'elle décida de retourner à la maison.
S'approchant des baies vitrées du salon, elle regarda à l'intérieur pour vérifier que sa grand-mère et ses parents étaient couchés. Elle n'avait aucune envie de subir une autre confrontation à une heure pareille. Elle ouvrit délicatement la porte de derrière en évitant de la faire grincer et alluma la lampe de son téléphone, avant de tomber nez à nez avec son père.
« Mérida ! Enfin ! »
Celui-ci se leva de sa chaise et se précipita sur sa fille avant de la serrer dans ses bras. Après s'être dégagée délicatement, Fergus demanda à Mérida où est-ce qu'elle était passée durant tout l'après-midi.
« J'étais juste dehors, papa, ne t'inquiète pas, le rassura-t-elle. Je me promenais, et j'essayais d'oublier ce qu'il s'est passé ce midi.
-Assieds-toi une seconde, je t'en prie. »
Après un soupir, la jeune fille s'assit à table en face de son père. Elle savait qu'avec lui, il y avait toujours une possibilité de négocier, et dans le cas présent, elle en avait cruellement besoin.
« Laisse-moi parler, je t'en prie, demanda-t-il calmement. Je te comprends parfaitement, crois-moi. Tu sais que ta mère et moi on a dû faire face à cela également, et finalement, tout s'est bien passé ! Je ne veux pas aller contre tes décisions tu sais, mais peut-être que tu pourrais, je ne sais pas… rencontrer ces garçons ? Au moins pour voir ?
-Papa… je n'ai aucune envie de les rencontrer, et encore moins… d'en épouser un ! Je suis une ado qui vit en 2017 et vous me parlez de mariage, quelle horreur ! Je ne veux pas me marier, ni aujourd'hui ni jamais, et encore moins avec un inconnu.
-Tu dis cela parce que tu es jeune, fit Fergus, tu changeras d'avis plus tard…
-Non, je dis cela parce que c'est ce que je souhaite, affirma-t-elle. Pourquoi faudrait-il que j'épouse quelqu'un ? Je suis suffisamment forte pour me débrouiller par moi-même, pas la peine de me coltiner un imbécile pour le restant de mes jours. Et quitte à m'en coltiner un, je préfère le choisir par moi-même, quand j'en aurai envie. »
Fergus observa sa petite fille, qui avait tellement grandie sans qu'il ne s'en rende compte. En replaçant une de ses mèches rebelles derrière son oreille, il remarqua à quel point elle ressemblait à sa mère, au fond. Après une longue réflexion, il reprit la parole :
« Très bien… j'essaierai d'en reparler avec ta grand-mère. Mais promets-moi de ne pas trop t'énerver contre elle, tu sais comment elle peut être dans ses mauvais jours. Et si tu dois les rencontrer, montre à ces jeunes gens qui fait la loi chez les Dunbroch. »
Mérida sourit en entendant cela et remercia son père. Elle le serra ensuite dans ses bras, avant de monter se coucher. La journée avait été longue, et les suivantes promettaient de l'être encore plus.
Et comme elle s'y attendait, les semaines qui suivirent furent bien pires que la première. Mérida tenta de suivre les conseils de son père, et fit preuve d'une gentillesse inhabituelle avec tous les membres de sa famille : elle aidait sa grand-mère à préparer les repas, faisait du jardinage avec Elinor et jouait même quelquefois avec ses petits frères, même si cela était éprouvant. En faisant cela, elle espérait que quelqu'un ait pitié d'elle et annule toute sorte d'union entre elle et l'un des fils de ces familles.
Seulement, cela n'eut pour seul effet que de la fatiguer profondément. Ses journées semblaient interminables, et lorsque sa grand-mère lui annonça au cours d'un repas qu'elle passerait toute la journée du lendemain avec les trois 'héritiers', Mérida crut qu'elle allait retomber dans une colère incontrôlable. Cependant, elle réussit à canaliser son énervement, et après avoir demandé à sortir de table, elle monta dans sa chambre pour dormir. Elle allait avoir besoin de beaucoup de sang-froid pour la rencontre qui l'attendait.
Vers neuf heures du matin, alors que Mérida se dirigeait cheveux en bataille et t-shirt trop grand vers son bol de Miel Pops bien mérité, qu'elle ne fut sa surprise lorsqu'elle vit trois gaillards attablés au comptoir de la cuisine, la fixant avec des yeux de merlan frits. Après une seconde de réflexion et un regard de haine vers sa famille et ces trois inconnus, elle se souvint qu'elle ne portait qu'une culotte sous son t-shirt, et courut en direction inverse pour enfiler quelque chose de plus visible.
Super, pensa-t-elle. Cette journée commence tellement bien…
Ne souhaitant pas plaire aux mâles qui l'attendaient en bas, elle enfila un jean troué ainsi qu'un t-shirt noir trop large. Après avoir passé sa main dans ses boucles pour les démêler un peu, elle redescendit en essayant cette fois-ci de sourire. D'un sourire hypocrite, bien évidemment, mais quel choix avait-elle ?
« Tient, te voilà enfin, soupira sa grand-mère. Tu aurais pu faire un effort pour t'habiller convenablement. Mérida, je te présente les fils de nos grandes familles écossaises : Wee Dingwall, Duncan Macguffin et Kyle Macintosh. Ton pique-nique est prêt, et Angus t'attend.
-Un pique-nique ? Angus ? répéta-t-elle. Qu'est-ce que j'ai manqué ?
-Ta grand-mère nous a expliqué que tu aimais l'équitation, alors nous avons décidé d'aller nous promener toute la journée. » expliqua le fameux Macintosh.
Après avoir fait une remarque comme quoi elle était heureuse que son avis soit pris en compte quant à la sortie du jour, elle dévisagea les trois jeunes hommes qui lui faisaient face : Dingwall était plutôt petit, chétif, et respirait la bouche ouverte, ce qui lui donnait l'air d'un imbécile. Macguffin, avec sa carrure de rugbyman et sa tête parsemée de cheveux blonds, semblait ne pas savoir comment agir et se tenait en retrait, totalement silencieux. Enfin, Macintosh avait un visage fin, de longues boucles brunes, et portait une veste en cuir sur un t-shirt AC/DC. Celui-ci aurait presque pu plaire à la jeune fille s'il n'affichait pas un regard fier et suffisant.
Celle-ci décida de s'amuser un peu, et sourit de toutes ses dents à ces messieurs, avant de se diriger vers l'extérieur pour récupérer Angus. Une fois après avoir sellé son animal, elle récupéra son sac à dos ainsi que son arc : quitte à aller se promener toute la journée, elle pourrait en profiter pour s'entraîner.
« Alors, où allons-nous ? demanda-t-elle aux trois autres.
-Vers les falaises, au-dessus de la mer, indiqua Dingwall d'une voix nasillarde. C'est un jol…
-C'est un joli coin pour se promener et pour faire connaissance. » compléta Macintosh avec un regard espiègle.
Mérida hésita entre rire et vomir, mais opta plutôt pour un sourire qui se voulait charmeur. Cela l'amusait beaucoup, de faire tourner en bourrique cet adolescent qui semblait si sûr de lui. Elle fit signe à Angus d'avancer, et partit au galop vers les fameuses falaises. Puisqu'elle venait en vacances ici depuis sa plus tendre enfance, elle connaissait par cœur les moindres recoins des environs.
Après quelques minutes seulement, elle réalisa qu'elle allait devoir abandonner le galop pour le trajet. Elle qui était une cavalière émérite, ce n'était pas le cas des trois garçons qui l'accompagnaient. Ceux-ci tenaient à peine sur leurs selles, et Macguffin semblait avoir peur de sa propre monture. Ils mirent donc une bonne heure et demie pour arriver sur les hauteurs, au plus grand désespoir de Mérida.
Allez… dans quelques heures, tu seras débarrassée de ces buses. Tient le coup, Dunbroch !
Le vent soufflait dans sa chevelure, tandis qu'elle observait la vue depuis le dos d'Angus. Il est vrai que cet endroit était magnifique. Après plusieurs mètres, elle trouva quelques pierres plates non loin des arbres, ce qui en faisait un endroit parfait pour manger. Elle fit signe aux trois garçons de s'arrêter.
Macguffin, avec un petit sourire timide, s'avança vers elle pour l'aider à descendre. Elle voulut refuser, mais en voyant sa grosse tête ronde, elle ne put s'empêcher d'accepter. Même s'il semblait un poil stupide et peu bavard, il n'était au fond qu'un gros nounours timide. Il était toujours plus drôle de se moquer de Macintosh que de s'acharner sur ce pauvre garçon.
« Alors, commença Macintosh tandis qu'il s'asseyait par terre, qu'est-ce que tu aimes dans la vie, Mérida Dunbroch ? »
Primo, il m'appelle par mon nom complet, ce qui me donne envie de l'assassiner. Secundo… il tente vraiment de faire connaissance avec moi, là ?
« L'équitation, le rock, le tir à l'arc, les glaces, mes amis…
-Tu as des amis ?
-Ça semble si étonnant que cela ? répondit-elle sur la défensive.
-Pas du tout, reprit-il précipitamment, je me demande juste quelles personnes peuvent être suffisamment intéressantes pour traîner avec toi. »
Sûrement pas toi, je te le garantis.
A l'extérieur, Mérida souriait aux tentatives désespérées du jeune homme pour lui plaire. A l'intérieur, elle mourait d'envie de reprendre Angus et de les laisser en plan, quitte à être déshéritée et à repartir de l'Ecosse à cheval. Les deux autres garçons n'osaient rien dire : Macguffin chantonnait un air à voix basse en mangeant ses sandwichs, tandis que Dingwall observait une mouette voler dans le ciel, la bouche inéluctablement ouverte.
De vrais princes charmants, pensa-t-elle avec ironie en sirotant sa canette de Coca. Où sont donc passés les guerriers aux gros bras des vieux clans écossais ? Ce ne sont sûrement pas eux leurs descendants, en tout cas…
L'après-midi continua sur cette lancée : entre silences gênés et maladresses désagréables, Mérida finit par en avoir assez de cette langueur, et se leva d'un bond, faisant sursauter Dingwall au passage :
« Vous savez tirer ? »
Au final, elle commença à regretter d'avoir posé cette question. Macintosh, affublé du plus gros ego que Mérida ait jamais vu, se mit à vanter ses talents d'archer avant même d'avoir commencé à tirer. Macguffin, quant à lui, regardait l'arc avec appréhension, tandis que Dingwall était resté assis, fidèle à lui-même.
La rouquine amassa sa lourde chevelure en un chignon sur le haut de son crâne, pour être libre de ses mouvements et voir correctement. S'avançant vers la forêt en compagnie des trois garçons, elle prit son arc ainsi que son carquois et repéra une souche haute à quelques mètres d'eux :
« Je crois qu'on a trouvé notre cible, messieurs. »
Celle-ci tendit son arc à Macintosh, qui replaça une de ses boucles de cheveux bruns d'un coup de tête en arrière, et s'avança fièrement vers la ligne que la jeune fille avait tracé au sol. Celle-ci se mit à pouffer intérieurement en voyant son ridicule. Après un gros silence de concentration et une préparation longue et inutile, celui-ci tira une flèche qui atterrit à quelques mètres de la cible, au plus grand bonheur de Mérida, mais aussi à sa grande surprise des deux autres garçons.
Le jeune homme se mit alors à piquer une crise de colère digne d'un petit garçon, insultant à qui mieux mieux le vent ou encore la corde de l'arc qui n'était « pas assez tendue ». Celui-ci passa l'arc au suivant, le visage rouge. Dingwall le récupéra et tira à son tour, mais Mérida ne sut ce qu'il avait visé, puisque la flèche avait atterrie à une vingtaine de mètres à gauche de la souche. Enfin, elle proposa à Macguffin de tirer, mais celui-ci balbutia quelque chose à propos de «dangereux » et « animal blessé », et elle préféra abandonner.
« Dans ce cas, c'est à mon tour ! »
Mérida avait l'habitude de tirer, aussi n'eut-elle aucun mal à atteindre la cible en quelques secondes, et ce malgré le vent qui soufflait. Les trois garçons étaient bouches bée, même si cela ne changeait pas grand-chose à l'attitude de Dingwall. Après cette humiliation, Macintosh supposa qu'ils rentrent, puisque l'air commençait à se rafraîchir. Une fois revenus chez les Dunbroch, ils furent accueillis par les pères des trois garçons ainsi que par la grand-mère de Mérida, qui attendait avec impatience le verdict de cette journée. Un peu plus loin, Elinor et Fergus observaient la scène, retenant leur souffle.
Mérida se tourna alors vers les trois garçons, respira profondément, et déclama ce qu'elle s'était préparée à dire tout au long de la journée :
« Bon, écoutez… je sais ce que dis la tradition, je sais également que je suis censée l'honorer, mais j'en suis incapable. Ce n'est pas à cause de vous, vraiment, mais plutôt à cause de ce que moi je souhaite. Vous êtes sûrement de très gentilles personnes, je n'en doute pas, mais je n'ai aucune envie de passer un serment qui me lierai à l'un d'entre vous jusqu'à la fin de mes jours, et ce même pour honorer ma famille ou mes ancêtres. »
Sur ce, elle tendit sa main à chacun d'entre eux avec un grand sourire :
« De toute façon, tu n'es pas trop mon genre tu sais, avoua Macintosh.
-Quel dommage… j'en suis navrée, vraiment. »
Lorsqu'ils repartirent tous, sous le regard médusé de grand-mère Dunbroch, Mérida lâcha un soupir de soulagement, avant de sourire à ses parents.
« Tu me déçois beaucoup, ma petite, lui dit sa grand-mère en passant à côté d'elle.
-Maman, je t'interdis de dire cela à ma fille, clama Fergus en haussant le ton. Moi je suis très fier d'elle, au contraire. Et elle mérite bien mieux qu'un de ces balourds que tu aurais choisi pour elle. »
La fin de cette semaine de vacances se termina bien plus calmement pour Mérida, puisque sa grand-mère avait tout bonnement décidé de l'ignorer. Elle espérait que la suite de ses vacances se passerait mieux pour elle.
« Pour combien tu embrasses Phoebe ?
-Hum… 10 !
-Eh, je ne suis pas d'accord ! »
La soirée se déroulait calmement au sein de l'auberge de jeunesse. Jack et Harold étaient assis auprès du feu de camp, qui déversait ses flammes dans le noir de la nuit, et les deux garçons jouaient en compagnie de tous les autres. Ils partaient en colonie de vacances ensemble depuis qu'ils étaient tout petits, et cette année encore, ils n'avaient pas changé les bonnes habitudes.
Trois jours auparavant, ils étaient partis en train vers une grande maison, à quelques mètres seulement de l'océan. Ils étaient en compagnie de onze autres adolescents de leur âge, filles et garçons, et les accompagnateurs étaient tellement sympas qu'ils avaient l'impression de n'avoir aucune surveillance. En face d'eux, une jolie brune (la fameuse Phoebe) devait maintenant subir un baiser qu'elle n'avait aucunement demandé, sous les acclamations de tous les autres. Vint ensuite le tour de Jack, qui dut lécher l'oreille d'Harold, pour son plus grand déplaisir.
Leur semaine se déroulait tranquillement, entre journée farniente sur la plage et randonnées en forêt, et les deux jeunes hommes avaient enfin le loisir de profiter de deux semaines entre eux. Les filles étaient adorables, bien entendu, mais cela leur faisait parfois du bien de revenir à leur duo de temps à autre. Vers une heure du matin, une fois couchés dans leurs lits superposés (dont Harold avait gagné la place du haut après avoir battu Jack au sprint), ils se mirent à parler de tout et de rien :
«J'ai vraiment hâte d'aller à Beurk durant cet été, lâcha Harold, étendu sur le dos.
-Ce nom… me perturbe, il faut le dire, admit Jack en riant. Tu ne vas pas t'ennuyer tout seul pendant un mois complet? Tu aurais dû proposer à Astrid d'y aller avec toi.
-C'est vrai que ça aurait été super, mais j'ai demandé à Gueulfor ce qu'il savait de cet endroit, et il m'a répondu que mes parents s'étaient connus là-bas. Peut-être que j'en apprendrais un peu plus sur ma famille, qui sait ! Et si c'est le cas, j'ai besoin d'être seul pour le découvrir. »
Jack approuva silencieusement, et demanda à Harold si sa relation avec Astrid marchait toujours aussi bien. Le jeune brun, perché sur son lit, s'assit une seconde pour réfléchir à quelque chose :
Si je lui dis, il va me charrier. Mais d'un autre côté, c'est mon meilleur ami… roh, allez Harold, c'est vraiment pas grand-chose !
« D'ailleurs, fallait que je te dise un truc, rapport à Astrid et moi… disons qu'on a, euh, comment dire… enfin tu vois quoi ? »
Juste en-dessous, il entendit son meilleur ami s'asseoir, puis il vit sa tête apparaître juste à sa hauteur :
« Est-ce que t'es en train de me dire que tu as eu un rapport sexuel avec la fille sur qui tu étais depuis collège, Harold Haddock ? »
Harold se mit à rire et hocha la tête, et Jack lui serra la main en le félicitant comme un présentateur télé. Il se mit ensuite à le questionner sur où, quand et comment cela s'était-il passé, mais Harold mit rapidement le holà et décida de ne rien dire. Après tout, cela ne regardait que lui et sa petite amie.
Jack, comme toujours, n'en resta pas là et lui posa des questions tout au long de la semaine, à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit. Il se mit bien évidemment à le charrier, et Harold commença à regretter cet élan de confiance qu'il avait eu pour son meilleur ami.
« Jack, commença Harold, je te jure que quand ça t'arrivera également, je te rendrai la pareille fois mille. Pigé ?
-Non mais c'est vrai, vous l'avez fait combien de fois depuis ? Vous vous êtes protégés j'espère ! »
Harold s'arrêta brusquement au milieu du chemin qui menait à la cascade, et Jack se mit à ricaner en le dépassant. Il insista sur le fait que ce n'était que pour l'embêter, et qu'il allait essayer d'arrêter pour lui faire plaisir. Harold leva les yeux au ciel et se remit en route, suivant son abruti de meilleur ami dans les sous-bois.
« On ferait mieux d'accélérer, remarqua Harold, on a pris du retard par rapport aux aut… qu'est-ce qu'il y a ?
-Ne bouge pas. »
Jack s'était arrêté devant lui, et lui montra du doigt l'objet de sa halte : une ombre noire, semblable à celle qu'il avait vu à l'arrêt de bus en compagnie de Raiponce, glissait lentement sur le sol à quelques mètres d'eux.
« Elle est encore plus grosse que la dernière fois, fit Jack, peu rassuré.
-Qu'est-ce que c'est ? demanda Harold, les sourcils froncés.
-Je n'en ai aucun… ATTENTION ! »
Jack se mit à reculer précipitamment après que l'ombre se soit jetée sur lui. Une étrange sensation de froid envahit l'air autour d'eux, et une force inquiétante se faisait ressentir. L'ombre se remit en mouvement, fonçant cette fois-ci sur Harold, qui n'eut pas le temps de l'éviter et qui s'abattit sur le sol, après avoir reçu un coup en plein ventre.
Jack, après s'être traité d'imbécile, fit la chose la plus évidente à faire : il tendit le bras et envoya un jet de glace sur la créature, qui se figea quelques instants. L'ombre, qui semblait faite d'une poudre noire et brillante, s'était mêlée à la glace de façon effrayante et magnifique à la fois. Seulement, la glace ne la retint pas longtemps et l'ombre se libéra, fonçant de nouveau sur Jack. Marchant à reculons, il trébucha sur une racine et tomba en arrière, ce qui l'empêcha de viser correctement. Il réussit à l'atteindre après un second lancé, et l'ombre se figea une seconde fois, prisonnière de la glace. Alors que Jack cherchait quoi faire pour s'en débarrasser, Harold résolut son problème et abattit une branche massive sur l'ombre, qui explosa en mille morceaux de poussière noire et de cristaux de glace.
Après cela, le brun jeta sa branche dans le talus et s'assit par terre, essoufflé :
« Drôle de bestiole, hein ?
-Superbe. » ajouta Jack encore sous le choc.
Il se releva après quelques instants et tendit sa main à Harold pour l'aider. Celui-ci esquissa une grimace, et releva son t-shirt pour voir les dégâts : une grosse marque bleu-rouge avait fait son apparition sur son ventre, là où la créature l'avait frappé. Ils espérèrent intérieurement que la marque de ces créatures n'était pas trop dangereuse, et repartirent en direction de la cascade pour rejoindre leur groupe. Cependant, ils regardaient maintenant partout autour d'eux, guettant les autres dangers potentiels. Le soir-même, Harold décida d'appeler Mérida en urgence pour lui raconter ce qui leur était arrivé :
« Harold ? demanda-t-elle au bout du fil. Je suis contente que tu sois là ! Tu ne devineras jamais ce qu'il m'est arrivé cette semaine, il faut absolument que je te raconte ça…
-Et moi donc… »
La vie semblait se compliquer pour les élèves de Walt Works.
Et voilà! Alors, qu'est-ce que vous en avez pensé?
J'espère que ce nouveau chapitre vous aura plu. D'où proviennent ces ombres mystérieuses qui attaquent les élèves? Elsa va-t-elle réussir à contrôler ses pouvoirs? Et Harold va-t-il en apprendre plus sur son passé en allant à Beurk? Vous saurez tout cela dimanche prochain dans un nouveau chapitre de Walt Works!
Je voudrais remercier lune21523, Night Bloody, Valda1, Borealys, Angico, LeaPlume et Miss Homme Enceinte 2 pour leurs commentaires qui m'ont fait très plaisir, ainsi que Kurohime96 pour avoir suivi et/ou favorisé l'histoire. Vous êtes géniaux! Merci de votre soutien.
Je vous souhaite une bonne semaine, et vous donne rendez-vous dimanche pour la suite.
-Delenya
