Chapitre 25 : La relation

Quand je rejoignis la grande salle le lendemain pour prendre mon petit déjeuné, Ginny était déjà là. Harry était assis à l'autre bout de la table en compagnie de Ron, Deans et Seamus.
- Qu'est ce qu'il se passe avec Harry ? Demandai-je à Ginny en m'essayant à côté d'elle.
- Rien, ça l'embête juste d'être entre Ron et toi. Il essaye de ne mettre personne de côté.
- Je ne sais pas pourquoi il se donne cette peine, sifflai-je entre mes dents, c'est Ron qui fait des histoires, pas moi !
Ginny sembla prendre sur elle pour ne pas répondre et me relança au sujet de la Gazette.
- Je viens d'envoyer un lettre aux parents de Drago, expliquai-je. Je leur demande l'autorisation avant d'envoyer quoi que ce soit au journal. Je préférerais qu'ils me donne leur accord.
Ginny acquiesça d'un signe de tête, tout en affirmant que j'avais bien fait. Cependant, le fait que je n'envois pas les informations à la Gazette ne dépendait pas que des parents de Drago. En réalité, j'avais peur de deux autres choses. De la réaction des autres bien sur, mais aussi de l'auteur ou des auteurs des lettres que je recevais. Je n'avais pas réfléchis à tout ça la veille, mais avec la nuit... J'avais eu le temps de peser le pour et le contre dans ma tête. En conclusion, il fallait que je sois prudente.
- Et sinon, ça en est où avec Drago ?
Mon coeur loupa un battement car je pris conscience que Ginny ne savait rien de ce qu'il s'était passé ce weekend. J'avais tellement de chose à lui raconter que je ne savais pas par où commencer. J'avais couché avec Drago, j'avais une nouvelle maison rien que pour moi, mais je n'avais plus vraiment le droit de voir Drago autant qu'avant et je m'étais fait attaquer dans l'océan. Non pour l'attaque je n'allais rien dire. J'entrepris donc de lui raconter tout le reste.
- Tu as couché avec Drago ? S'exclama Ginny à voix basse pour que personne n'entende.
- Chut ! Ordonnai-je tout de même.
- Et c'était bien ? C'était ta première fois n'est-ce pas ?
- Evidemment que c'était ma première fois et oui c'était bien. Enfin je m'attendais à mieux mais...
- C'est ta première fois Hermione, c'est normal que ce ne soit pas encore l'apothéose. Pour moi, cela a demandé plusieurs fois pour que ce soit super avec Harry. Il faut le temps que ton corps s'y face. Tu n'as pas eu mal ?
- Non, c'est étrange d'ailleurs, dis-je en fronçant les sourcils.
- Il a dû lancé à un sort pour que tu ne ressentes pas de douleur ! C'est très attentionné de sa part, déclara Ginny.
- Oui ! M'exclamai-je soudain. Juste avant qu'on ne... Il a lancé deux sorts par contre !
- C'est alors quelqu'un de très prévenant, c'est bien, fit Ginny en riant.
Je lui lançai un regard interrogateur.
- Il a lancé un sort pour que tu ne souffres pas et un deuxième en guise de contraception.
- Par Merlin ! Je n'y avais même pas pensé ! m'exclamai-je ahuri par cet oubli. Je suis toute même censée être la plus responsable des deux !
- Oh tu sais, on perd vite la tête dans ces moments là. La première fois qu'on a couché ensemble, Harry n'était même pas au courant qu'il existait ces deux sorts. Je ne te raconte pas la douleur sur le moment et l'angoisse une fois l'acte passé.
- Tu ne m'avais jamais raconté tout ça... Marmonnai-je vexée.
- J'avais honte. Honte qu'on se soit comporté aussi stupidement. Non mais tu m'imagines moi avec un bébé ?!
Un étrange visage apparu dans mon imagination, celle d'un petit garçon roux aux yeux verts, puis tout juste après, le visage d'un autre enfant. Il avait des cheveux presque blanc tant ils étaient blond et de grands yeux bleus. Il ressemblait en tout point à Drago excepté que l'enfant avait les cheveux qui bouclaient légèrement. Il ressemblait à un ange. Était-ce mon fils ? Celui de Drago ? Le nôtre ?
Un étrange malaise m'enveloppe aussitôt, je n'avais jamais pensé à Drago de cette manière. Je savais que je ne l'aurais jamais quitté de ma vie, mais de là à avoir un enfant avec lui. Cette pensée que j'avais était très troublante.
- Ca ne va pas ? Me demanda Ginny en me tapotant l'épaule.
Je répondis que si et me levai subitement pour me rejoindre mon cours de la journée. Quand j'arrivais devant les serres de botaniques j'étais très en avance et je m'essayai sur un banc en pierre près de l'entrée.
Pourquoi avais-je imaginé cet enfant blond ? Avais-je envie d'un enfant ? Non bien sûr que non, j'étais encore à l'aube de ma vie. Mais aurais-je plus tard envie d'un enfant avec Drago ? Avec celui qui je connaissais depuis toujours et que... Est-ce que je l'aimais ? Dans un sens oui, je l'avais toujours aimé depuis que nous étions petits. Mais y avait-il une différence entre cet amour et l'amour dont me parlait Ginny quand elle pensait à Harry ?
J'attrapais mon carnet noir dans mon sac et l'ouvris, dans le but d'oublier ce qu'il se passait actuellement dans ma tête. Drago m'avait écrit ce matin.

" Tu es si belle, pourquoi est-ce que tu n'essaierais pas de manger face à la table des Serpentard pour une fois, au lieu de me tourner continuellement le dos ? On se voit ce soir ? "

Des frissons me parcoururent le dos, il me trouvait belle. Ce compliment n'aurait jamais pu être aussi beau que sortant de sa bouche. J'allais lui répondre quand je vis qu'il s'était de nouveau mis à écrire. Je regardai les lettres apparaître les unes après les autres pour former une phrase.

" Tu es sortis très rapidement de table je trouve... Quelque chose ne va pas avec la fille Weasley ? Tu sais que tu peux tout me dire ma chérie"

En étions-nous là ? Il m'appelait pour la première fois ma chérie. J'avais toujours trouvé les couples, qui se donnaient des petits surnoms de ce genre, totalement ridicules, mais j'avais l'impression que c'était totalement différent quand cela sortait de la bouche de Drago. Alors que j'allais lui répondre l'image de l'enfant refit surface dans mon esprit. Notre relation était-elle malsaine ? Après tout nous vivions ensemble depuis nos dix ans, même si nous n'avions pas le moindre lien de sang. Drago avait-il déjà pensé à tout ça ? Faisions-nous quelque chose de mal ? Car en y repensant, les dernières personnes que j'aurais voulu mettre au courant pour Drago et moi étaient bel et bien ses parents. Il y avait donc quelque chose entre nous que nous savions anormales. J'attrapai mon encrier et une plume dans mon sac et répondis à Drago.

" Il faut qu'on se parle ce soir."

Je savais que mon message était particulièrement froid après les deux mots qu'il m'avait écrit, mais je me sentais mal à l'aise, terriblement mal à l'aise. Le plus étrange était que je n'avais ressentit cela que maintenant.
Les élèves de septième année commencèrent à arriver près des serres et je refermai aussitôt le carnet noir pour le ranger dans mon sac tout en fixant un point à l'horizon. Je n'avais envie de croiser le regard de personne et surtout pas celui de Drago. Je n'avais pas envie qu'on y lise mon état. Alors que je continuais de fixer l'entrée de la forêt interdite, mon corps se figea totalement. J'avais l'impression de percevoir du mouvement à l'orée de la forêt. Il y avait quelqu'un, quelqu'un qui semblait fixer l'entrée de la serre. Non, ce n'était pas quelqu'un à proprement parlé, car la couleur de sa peau était bleu. Ce n'est pas un humain c'était la créature que Drago et moi avions vu dans la forêt j'en étais certaine. Même si elle était loin, je voyais clairement la couleur de sa peau et sa longue chevelure du même ton. Mais que faisait-elle là à la vue de toute le monde ? Ces créatures détestaient les sorciers et étaient habituellement très discrètes, alors pourquoi cet elfe des eaux avait-elle un comportement aussi étrange ? Je posai aussitôt mon regard sur les autres élèves qui s'étaient rassemblés en masse autour de l'entrée de la serre. Personne ne semblait faire attention à ce qu'il se passait de l'autre côté du parc et d'ailleurs je n'étais surement pas censée avoir vu cette créature moi-même. Après tout, j'avais juste eu le hasard de poser mes yeux à cet endroit précis de la forêt interdite. Il fallait absolument que j'en parle à Drago, car cet elfe avait décidément un comportement bien curieux.

Quand le professeur Chourave arriva enfin, nous entrâmes tous dans la salle et pour la première fois de ma vie, je m'assis le plus au fond possible. Ron passa devant moi en m'ignorant superbement, quant à Harry il me lança un regard étonné. Après quoi il s'excusa d'un signe de tête et alla s'asseoir à côté de Ron, près du professeur. Drago, Blaise et Théodore s'installèrent non loin de moi tandis que Pansy et Daphné s'assirent juste à côté de moi.
- Tu en fais une tête Granger ! S'exclama Pansy en pouffant de rire. Tu as avalé tes grandes dents ?
Tout en parlant elle écrivit énergiquement un mot sur un bout de parchemin.

" Ca ne va pas ? Qu'est-ce-qu'il se passe ?"

- Tout va bien, tu ferais mieux de surveiller le groin qui te serre de nez , répliquai-je de mauvaise humeur.
Je savais que je n'aurais pas dû dire ça, Pansy était particulièrement complexée par cette partie de son visage, mais au moins, elle comprendrait que je n'étais pas d'humeur à rire ce matin. Je vis Drago lever discrètement les yeux vers nous. Après les avoir reportés sur le professeur qui donnait des consignes, il tapota du doigt son carnet noir posé sur la table.
Je sortis alors le mien de mon sac pour l'ouvrir.

" Tu me fais peur Hermione, qu'est ce qu'il y a ?"

" Je te dirais ce soir" Écrivis-je alors rapidement.

" Certainement pas ! On se retrouve à midi dans la salle sur demande j'apporterais de quoi manger."

Je poussai un profond soupire avant de répondre un bref "oui".
Je refermai aussitôt mon carnet et me concentrai sur le cours de botanique.

La mâtiné passa beaucoup trop vite à mon goût. Je ne me sentais pas la force d'affronter Drago dans quelques minutes pour lui dire que je trouvais notre relation malsaine et que ce que nous faisions était mal. Cependant, le faire maintenant où ce soir ne changerait pas grande chose. De plus, il fallait absolument que je lui parle de l'elfe des eaux que j'avais revu.

Quand j'arrivais enfin dans la salle sur demande, il était déjà midi et demi. J'avais perdu beaucoup de temps à remonter à mon dortoir pour déposer mes livres de la mâtiné et récupérer celui de métamorphose pour le cours de cette après-midi.
- Enfin ! S'exclama Drago en se levant subitement de sa chaise pour me rejoindre.
Il me serra dans ses bras, me déposa un baiser sur les lèvres, dans le cou et me relâcha enfin. Mon dieu que j'aimais être proche de lui, j'aurais voulu qu'il ne me lâche jamais. Il attrapa ma main pour que je le suive jusqu'à la petite table ou un petit repas était servis.
- Je suppose que tu n'as même pas payé l'elfe qui a apporté tout ça ici ? Lui fis-je remarquer.
- Oh ca va Hermione ! Fit-il en levant les yeux au ciel. Cela lui a pris exactement trois secondes de transplaner devant la salle.
Je ne répondis rien et m'essayai sur la chaise que me désignait Drago, après tout nous ne serions jamais d'accord à ce sujet. Nous commençâmes à manger alors qu'un silence gênant s'installait entre nous. Je ne savais pas par où commencer et finalement je n'étais plus sur de vouloir lui dire quoi que ce soit. L'instant devint davantage gênant si c'était possible car Drago entreprit de me fixer jusqu'à ce que je daigne enfin ouvrir la bouche.
- Je suis venue en avance aux serres ce matin, expliquai-je. J'ai revu l'elfe des eaux.
- Quoi ? S'étrangla Drago. Où ça ?
- Je l'ai vu par hasard je pense, j'ai posé mon regard sur un endroit de l'orée de la forêt interdite et il était là. Du moins elle était là, je suis certaine que c'était la même que la dernière fois.
- Qu'est ce que tu en sais ? Tu étais bien trop loin pour t'en rendre compte. Tu es sur que c'était un elfe au moins.
- Oui ! Insistai-je. Sa peau et ses cheveux étaient bleus et son regard était fixé dans notre direction.
- Tu penses qu'elle te regardait ? Demanda Drago d'un ton sérieux.
- Je n'en sais rien, je ne pense pas. Pourquoi s'intéresserait-elle à moi de toute façon. Dans tout les cas, sa présence était bizarre et cela fait deux fois de suite.
- Pour commencer tu vas arrêter de te promener toute seule Hermione et ...
- J'étais devant les serres ! Dis-je en lui coupant la parole. Pas dans un endroit dangereux.
- Pourquoi tu n'y es pas allé avec tes amis hein ? Pourquoi avais-tu besoin de braver le danger !
- Il n'y aucun danger enfin Drago ! Et puis je te ferais remarquer que si j'y suis allée seule c'est entre autre parce que Ron ne me parle plus ! Et à qui la faute ! Hein ?
- Tu insinues que c'est à cause de moi ? Demanda-t-il d'une voix sifflante.
- Non bien sur que non... marmonnai-je, mais avoue que je me suis peut-être disputé avec Ron pour rien.
- Pour rien ? Tu peux expliquer le fond de ta pensée Hermione ?
- Mais regarde-nous ! M'exclamai-je. Tu ne trouves pas ça malsain ce qu'il se passe entre nous ?
Et voilà, nous y étions. Je n'avais jamais prévu d'en parler à Drago de cette manière, de le faire aussi durement, mais c'était trop tard, c'était sortit tout seul. Sa mâchoire sembla se décrocher face à ce que je venais de dire.
- Vas-y continue, fit-il d'une voix froide, tu as l'air bien lancé.
- Je suis désolée, mais ce qu'il se passe entre nous me perturbe.
- Et qu'est ce qu'il se passe exactement ? Insista-t-il.
- Tu te moques de moi ?
Drago se leva subitement de table, me força à me lever et attrapa mon visage entre ses mains.
- Les questions que tu te poses surement en ce moment, je me les suis posé bien plus tôt, depuis le début de l'été pour être exacte. Voilà pour quoi j'étais tantôt proche de toi, tantôt éloigné. Je me suis demandé un nombre incalculable de fois ce que nous étions l'un pour l'autre. Des frères et sœur ? Des cousins ? Des amis ?...
- Et sur quoi ton raisonnement s'est-il arrêté ? Le coupai-je d'une voix tremblante.
- Sur le fait qu'on est fait pour être ensemble, répondit-il en déposant chastement ses lèvres sur les miennes. Qui pourra un jour dire qu'il connait celle qui l'aime plus que lui même ? Qui pourra un jour dire qu'il connait ses plus grandes peurs comme ses plus grandes joies ? Qui pourra dire qu'il n'a aucun complexe face à elle et inversement ? Qui pourra être sur que personne ne pourra jamais la remplacer ? Personne Hermione ! Personne sauf nous. Je sais qui tu es et personne ne pourra jamais en dire autant.
- Comme des frères et sœurs, ne pus-je m'empêcher de dire.
- Bien sûr que non ! S'écria-t-il. Quand Victor et toi vous êtes écris des lettres j'étais fou de jalousie, un frère n'aurait jamais ressentit ça. J'étais fou à l'idée qu'il puisse de nouveau t'embrasser, poser les mains sur toi, alors que c'était à moi que ce droit revenait. Un frère peut être protecteur mais n'aurait jamais un comportement aussi radicale. Et puis tu oublies que nous ne nous connaissons que depuis nos dix ans. Cela à beaucoup joué dans notre relation Hermione, car nous avons appris à nous connaitre alors que nous étions déjà grand, nous avons apprit à nous apprécier à devenir ami.
- Tu as dis que tu m'aimais tout à l'heure ? Demandai-je le coeur battant.
- Evidemment ! Tu ne m'aimes pas toi ? Fit-il effrayé.
- Si, bien sûr que si.
- Nous n'avons pas une relation banale Hermine, c'est certain, nous nous aimons depuis toujours. Nous devrions plutôt avoir conscience de la chance que nous avons, de nous aimer réellement. Nous connaissons tout l'un de l'autre et c'est pour ça que nous ne serons jamais déçu. Je sais ce que tu vaux. Les autres couples ne s'aimeront jamais autant que nous.