Merci à mes revieweurs(euses) : Iliria, Laurahp, Sirius-love-me, Mademoiselle Pettigrow, Marie L. et Sirius08.

Sirius08 : oui, l'histoire est un peu bizarre, Lee est malsaine et se trouve 'comme par hasard' des penchants homo, sa relation avec Sirius est en arrière-plan par rapport à sa 'relation malsaine' avec Remus, Sirius est jaloux même s'il n'en dit rien. Non, tes commentaires ne me blessent pas, les critiques font avancer.

L'histoire est bizarre parce qu'elle sort tout droit d'un pari. Tordu mais à respecter.

Lee est malsaine pourquoi ? Parce qu'elle couche avec son meilleur ami ? Parce qu'elle couche avec sa meilleure amie ? Parce qu'elle couche avec les deux (même si c'est pas en même temps) ? Parce qu'elle le fait alors qu'elle dit être amoureuse de Sirius ? Je dirais plutôt que Lee est normale, elle a 16 ans, se découvre, découvre que l'amour, c'est comme la vie, c'est pas toujours rose, que rien ne l'oblige à être réciproque et que, même dans ce cas, les blessures sont dures à oublier. Elle en veux à Sirius de s'être tapé tout ce qui bougeait, même s'ils n'étaient pas ensemble elle a le droit, c'est humain. Elle couche avec son meilleur ami ? Où est le problème, ça arrive. Les amitiés-sexuelles sont des choses plutôt fréquentes, on en parle pas, c'est tout. Elle couche avec sa meilleure amie ? Même topo. "Lily est une fille, Lee aussi, ça se fait pas !", c'est ça ? Pourquoi ? Je ne vois pas pourquoi une jeune fille n'aurait pas le droit de tripoter une autre jeune fille. Après tout, nombre d'entre nous adorent les yaoi (histoires homosexuelles entre hommes) et, même si tous ne l'aoue pas, ça ne dérange personne, alors pourquoi deux filles devraient se cacher ? C'est vrai que les homosexuels masculins semblent plus courant (de mon expérience personnelle, en tout cas) mais il n'y a que deux différences majeures entre homosexuels masculins et féminins : les attributs sexuels supérieur et inférieurs. Et puis, les personnes bisexuelles sont plutôt courantes de nos jours. Ca ne dérange personne, si ? En même temps, je peux comprendre qu'entre en entendre parler et voir cette 'tendance' exposée avec des mots sur du papier (entre guillemets), en voir apparaître les réalités (même si un peu grossièrement exposées), il y ait une différence notable. On ne pense pas forcément au fait qu'il y en a un qui s'enfonce dans le fessier de l'autre quand on parle homosexualité, c'est un mot, c'est tout. On ne pense, de même pas forcément que des lesbiennes se tripotent, se caressent, s'embrassent et se lèchent mutuellement quand on en parle juste, mais c'est un fait. Lee est bi, c'est comme ça, c'était une des closes du pari, je le respecte d'autant plus que je sais ce qu'elle vit et à quel point ça peut être difficile, des fois.

Et puis, techniquement, Lee n'était en aucun cas avec Sirius ni quand elle a couché avec Remus, ni quand elle a couché avec Lily. Elle en était plus proche au moment 'Lily' qu'au moment 'Remus' mais techniquement, ce n'était pas fait. Donc oui, on peut dire qu'elle l'a tromper, mais ce serait un peu chipoter, selon moi. Et puis, chipotage ou pas, tout le monde fait des erreurs, non ? La preuve, Sirius en a plus d'une centaine à son actif.

La relation Lee-Sirius est en arrière plan par rapport à la relation 'malsaine' (parce qu'amitié-sexuelle, je présume) Lee-Remus. Oui, c'est vrai, je me suis plus axé sur la relation de Lee et Remus que celle de Sirius et Lee. Je n'ai pas fais attention. Je n'analyse pas vraiment ce que j'écris. Je laisse ce 'travail' à d'autres qui le font bien mieux que moi. J'ai déjà du mal à me comprendre, des fois, alors me psychanalyser par l'intermédiaire de mes textes ? Impossible, je crois. Mais mes amis et mes quelques lecteurs (tels que toi, par exemple) le font très bien et c'est un plaisir de les (te) lire, dans un sens, ça m'aide à mieux me cerner. Cela étant dit,peut-être que le fait que j'ai toujours privilégié l'amitié sur l'amour est en cause. Un ami vous abandonne bien moins vite qu'un amant.

Et évidemment que Sirius est jaloux. Il le montre moins pour Lily que pour Remus mais il est jaloux, c'est sûr. Il n'en dit rien, c'est tout. Inconsciemment, il doit savoir qu'il a intérêt à fermer sa bouche s'il ne veut pas se retrouver enseveli sous les noms de toutes les filles qu'il a tripoter en répétant à Remus et James qu'il était amoureux d'elle. Parce que, si on part dans le chipotage, Lee a couché avec Remus et Lily alors qu'elle disait être amoreuse de Sirius, mais Sirius n'a-t-il pas sauté plus d'une centaine de fille sous couvert d'être amoureux de Lee ?

A mon avis, la question n'est pas qui est lésé mais plutôt à fautes égales (admettons), qui est le plus à même de changer pour se faire pardonner et construire quelque chose de solide ? Le chapitre 25 répondra pour Sirius.

Mais ne t'inquiète pas, je ne suis pas le moins du monde vexée et c'est avec calme et sans aménité que je te réponds (sans ironie) ^^

Cela étant dit, l'atmosphère un brin malsaine ne se dispersera pas dans les chapitres suivants. Cependant pour une relation Lee-Sirius, il faudra attendre, mais c'est dans le contrat. Personne ne dit comment ça se finira, en revanche.


Et voilà le chapitre 24, j'espère qu'il vous plaira autant que les autres.

Le 25 arrive tout de suite.

Bonne lecture.


Chapitre XXIV

Soirée de fête (part 2)

D'un rouge soyeux, la robe que nous venions toutes d'enfiler nous arrivait juste au-dessus des chevilles et nous laissait l'amplitude de danser comme des endiablés s'il nous en prenait l'envie, d'autant qu'elle comportait assez de froufrous sous la jupe pour que même lever la jambe à hauteur de notre tête ne dévoile pas nos petites culottes, ce qui était assez rassurant. Le seul hic se plaçait dans le fait qu'elle n'ait pas de bretelles et que nous ne pouvions pas mettre de soutien-gorge dessous. Alors que je remontais le col de ma poitrine pour la dixième fois, Amélia – qui avait sans aucun doute vu mon expression "dans trois secondes je geins" jeta un sort à ma robe qui adhéra à ma peau comme si elle en faisait parti. Enervée, elle lança ce sort à toutes mes cousines, Lily et Noah et nous jeta dehors avant que l'une de nous ne proteste sur un autre point.

Il ne nous fallut pas longtemps pour retrouver nos cavaliers, qui nous attendaient à côté du bar.

Le regard que posa alors Sirius sur moi manqua me faire trébucher tant il était intense et brûlant. L'espace d'une seconde j'eus la vague envie de courir dans l'autre sens pour échapper à l'incendie que je voyais dans ses prunelles mais je pris une grande inspiration et avançai. Je n'étais peut-être pas une Gryffondor mais ça ne voulais pas dire que je devais être lâche non plus. Et puis, je l'avais cherché, aussi, ce regard.

Je m'avançais donc aussi dignement que j'en étais capable et n'eus même pas le temps de tendre la main vers un verre que la sienne s'y glissait pour m'emporter en virevoltant jusqu'à la piste de danse où une bonne partie des invités dansaient une valse lente.

Mais Sirius n'est pas Sirius pour rien et la lenteur initiale devint langueur entre ses bras tandis qu'il instillait dans chaque geste, dans chaque pas, une sensualité que n'avait jamais eue cette danse à mes yeux.

Son regard planté dans le mien, il dirigeait mes pas, son bras passé autour de ma taille, me collant à lui, sa main sur ma hanche m'empêchant de m'enfuir si jamais l'idée avait pu me traverser l'esprit, ce qui était impossible puisque je n'en avais plus, entre ses bras.

Le cerveau aux abonnés absents, les jambes en guimauve, je me laissais porter par sa poigne ferme, plongée dans son regard à l'incroyable teinte bleu-gris

Quelques heures plus tard, bien après la fin de la soirée, on me dirait que j'avais dansé avec plusieurs autres personnes, dont mon père, David, Guillaume, Shin et Hiroshi, mais je n'en aurais que de très vagues souvenirs. Seuls Remus et James auraient marqués ma mémoire.

Au bout de deux heures de danse intensive dans les bras de Sirius, je ne sentais plus mes jambes et Remus fut exactement le secours qu'il me fallait. M'arrachant presque à mon cavalier, il m'entraîna au dehors en longs tournoiements rapides et la fraicheur de l'air nocturne me remit les idées en place.

-Désolé de t'avoir sortis de ton rêve, mais je crois que c'était exactement le moment.

Il me fallut quelques secondes pour avoir assez de présence d'esprit pour acquiescer et, me rendant du même coup, compte de la faiblesse de mes jambes, je me laissais glisser à terre. Remus me rattrapa d'un mouvement vif et me porta jusqu'à un banc un peu en retrait de la fête. Un petit coup de baguette le nettoya et il s'y assit, me prenant sur ses genoux, sans doute pour être sûr que je ne me casse pas la figure.

-J'en peux plus, souffla-t-il après un long silence en plongeant la tête dans mes cheveux. J'en peux plus. J'ai envie d'elle, ça en devient obsessionnel.

Je n'eus pas besoin de réfléchir pour comprendre qu'il parlait de Noah et ce que je sentais sous moi me confirmait sans problème ses paroles.

-Et moi donc, soupirai-je à mon tour. Si je ne meurs pas brûlée vive au cours de la soirée, je ne passerais pas la nuit.

Il inspira un grand coup et ressortit son visage de mes cheveux pour respirer à grandes goulées la froidure ambiante.

Et nous restâmes ainsi un long moment sans parler. Nous n'en avions pas besoin. Nous savions tous les deux à quel point nos cas étaient désespérés. Cette nuit, l'un comme l'autre arriverait à ses fins avec la personne que nous aimions. Mais nous avions tous deux un peu peur des conséquences.

Je me rendais compte maintenant, assise sur ses genoux à quelques mètres de Sirius, ses bras fort autour de moi, me protégeant du froid, alors que la réalité reprenait le dessus, que j'étais pleine d'appréhension quant à ce que ma relation avec Sirius changerait de celle que j'entretenais avec Remus.

Bien sûr, nous n'étions pas à proprement perler des petits-amis, mais nous étions amis et tout le monde disait toujours que les histoires d'amour laissaient peu de terrain aux histoires d'amitié. J'avais peur, soudain, que sortir avec Sirius me fasse perdre cette complicité avec Remus qui avait bercé et mené ma vie durant cinq ans.

Il aurait sa relation, j'aurais la mienne, et même si nous étions tous deux les amis de l'Amour de l'autre, nous aurions moins de temps à nous consacrer, lui et moi.

Etait-ce un sacrifice, pour lui ? S'en fichait-il ?

-Non, finit-il par murmurer en promenant son nez sur mon cou comme il le faisait toujours quand nous nous retrouvions dans le même lit.

Ce simple mot me suffit, je savais ce qu'il voulait dire, ce qu'il impliquait, ce qu'il sous-entendait. Amis, amants, quel que soit le rôle que nous nous donnions l'un l'autre, nous serions toujours ensemble. Rien ne pourrait nous séparer. Etrangement, si ces mots m'avaient toujours apparus guimauve, ils prenaient un sens nouveau quand ils s'appliquaient à Remus et moi. Le monde pourrait s'écrouler, nous serions toujours là l'un pour l'autre.

Dans l'infortune, dans la chance, dans la richesse ou la pauvreté, dans la guerre ou la paix, quelque soit les circonstances, nous resterions toujours ensemble. Parce que, bien au-delà de tout le reste, nous étions incapables de vivre l'un sans l'autre.

Etrange comme une relation comme la nôtre pouvait prendre de telles proportions avec une évidence presque absurde. Etrange comme l'amour qu'on se portait dépassait les carcans de l'amitié et de l'amour. Etrange comme tout ce que l'on faisait pouvait se rapporter, à un moment ou à un autre, à nous deux. Incroyable comme tout ce que l'on pensait pouvait être une évidence pour l'autre. Comme si nos esprits étaient connectés et que la voix du sien soufflait dans le mien et inversement.

A ce moment précis, je savais qu'il avait tellement envie de Noah qu'il envisageait sérieusement d'aller la kidnapper de la fête qui se déroulait à quelques mètres de nous pour l'emporter dans la forêt et l'aimer dans les broussailles, sans cérémonie, juste son corps contre le sien, leur deux peaux, leurs deux souffles, leurs deux désirs fondus dans celui l'un de l'autre.

-Calme-toi, lui murmurai-je alors que son désir me brûlait de l'intérieur et que ses bras se refermant de plus en plus autour de moi me faisaient perdre pied. Tu as Noah, j'ai Sirius, et c'est avec eux que nous devons calmer nos ardeurs.

Il sourit contre mon épaule et se mit à rire.

Je le laissais faire. Si le rire pouvait le calmer, après tout, autant qu'il rit tout son saoul.

-Tu sais, chuchota-t-il au bout d'un long moment, elle me donne du fil à retordre. La nuit où on est rentrée, elle a passé sa soirée à me passer du baume pour calmer mes raideurs musculaires. Elle m'a massé jusqu'à ce que je m'endorme. Et puis je me suis réveillé et elle n'était plus là. Je l'ai cherché partout jusqu'à ce que je la retrouve dehors, en train de marcher au bord de la piscine, elle marmonnait quelque chose comme "barba papa".

Il n'eut pas besoin de préciser qu'il ne croyait pas lui-même à cette traduction. Je me doutais qu'il allégeait ces marmonnements parce qu'il avait peur qu'elle n'ait dit "pars pas, pars pas". Nous savions tous les deux qu'elle était comme nous, quelque chose dans son passé l'avait traumatisée. Souvent ses yeux se perdaient, une larme coulait sur sa joue, une seconde la suivait et puis elle clignait des paupières, s'essuyait furtivement le visage et cherchait à retrouver ce qu'elle faisait avant de partir à des lieues de nous dans sa propre version de l'horreur.

-Je l'ai fait rentrer, elle est ressortie une demi-heure plus tard en marmonnant encore et pour être sûr qu'elle ne recommence pas, je me suis couché avec elle. Elle n'a pas arrêté de bouger. Je n'ai pas réussi à fermer l'œil de la nuit. Elle gigotait contre moi de telle façon que si elle avait été éveillée, je n'aurais pas hésité une seconde, soupira-t-il en souriant. Cette fille, je n'ai jamais vu quelqu'un d'aussi actif endormi et d'aussi calme éveillé ! Et puis le matin, elle s'est réveillé, a mit un temps fou à émerger et puis elle m'a fait un sourire timide parfaitement adorable et, coup de grâce, elle m'a embrassé sur le front ! J'ai cru que j'allais mourir.

Je ne pus m'empêcher de sourire. Oui, en effet, il avait certainement dus manquer mourir face à l'expression adorable de Noah après la nuit impossible qu'elle lui avait fait passer et le baiser sur le front, tout chaste, après ce qu'elle lui avait fait subir.

-J'ai eu envie de la retourner, de la plaquer sous moi, de l'embrasser et de lui faire l'amour comme un sauvage. Je crois bien que même dans tes moments les plus débridés tu ne m'as jamais fais un effet pareil.

Je me rends compte après coup que bien des filles se seraient offusquées de pareille remarque, mais pas moi. J'avais toujours su que je ne serais pas la détentrice de son Cœur comme il ne serait jamais le détenteur du mien.

Je me sentais juste bien pour lui. Et je savais qu'il se sentait bien pour moi.

D'autant que, aussi doux qu'il ait été durant nos longues nuits ensembles, jamais il ne m'avait fait l'effet que Sirius avait sur moi.

Je me laissais aller contre lui, paupières closes, la tête sur son cœur, le visage offert à la morsure du froid. Sa chaleur enroulée autour de moi et l'hiver oublié loin de nous.

Ce fut une odeur qui me réveilla ce qui me semblait être quelques secondes après. Et puis une voix velouté et pourtant dure s'éleva :

-Dites, ça fait une demi-heure qu'on vous cherche !

La colère de Sirius émanait de lui par vague tranchante et il me fallut faire un effort considérable pour ne pas me laisser envahir par ce que sa jalousie me donnait à ressentir.

Prenant une lente et profonde inspiration, je la relâchais sans en avoir l'air et ouvrit les yeux avec langueur, toujours à moitié endormie.

-Ne me regarde pas comme ça ! s'énerva d'autant plus Sirius. Si tu voulais être seule avec lui, t'avais qu'à ne pas m'inviter ! Je suis là pour toi, moi, et toi, tout ce que tu trouves à faire c'est de t'isoler avec lui !

Remus ouvrit la bouche mais la referma aussitôt. C'était à moi de désamorcer la situation.

-Je ne me suis pas isoler avec lui pour ne plus te voir, soupirai-je.

-Arrêtes de jouer les exaspérées, c'est moi qui est en droit de l'être !

-Sirius…

-Tu me sors ton couplet sur l'amitié, sur le fait que je suis le seul et quelques heures plus tard tu ne trouves rien de mieux que d'aller te fourrer dans ses bras !

-Sirius.

-J'en ai marre, ça devient franchement ridicule !

-SIRIUS !

Il s'arrêta net, surprit.

-Si tu voulais bien la fermer cinq minutes que je trouve le temps d'en placer une !

Il me regarda, sceptique, mais n'ouvrit pas la bouche pour recommencer ses récriminations.

-Remus et moi sommes sortit parce qu'il faisait trop chaud et qu'on allait finir par faire une bêtise, respectivement chacun de notre côté, expliquai-je tranquillement.

-Attends, reformule, grogna Sirius.

-On est sortit, tous les deux, parce qu'on avait peur de vous sauter dessus sans cérémonie. Quand on est ensemble, on est parfaitement capable de se tenir tranquille, par contre, quand on est avec vous, nos hormones se mettent en ébullitions et on perd les pédales.

-Et c'est précisément pour ça que tu es dans ses bras, conclut Sirius, dur.

-J'avais froid et si tes bras arrivaient à me garder debout, sans aide j'étais incapable de faire un pas. Donc, il s'est assit là, m'a prise sur ses genoux pour que je ne me casse pas la figure, et on a discuté. J'ai finis par m'endormir et vous êtes arrivé.

Je les désignai tous les deux, Noah et lui, et il me transperça du regard, cherchant la vérité dans mes prunelles. Je me laissai faire, ne craignant pas ce qu'il pourrait y découvrir.

Il finit par renifler et Remus, plongeant le visage dans mes cheveux, me murmura quelque chose qui me fit sourire.

Il releva la tête, prit une grande inspiration, défaisant la prise qu'il avait sur moi pour crocheter ses mains sur mes hanches, et, alors que je me tendais pour prévenir le choc, il resserra ses doigts une fois, les relâcha, m'agrippa et me lança dans les airs. Je vis Sirius faire une grimace horrifiée et tendre les bras vers moi tandis que je sentais au sol Remus s'emparer de Noah et la faire basculer pour l'embrasser dans le cou comme un pas de tango.

J'atterris dans les bras de Sirius qui poussa un tel soupir de soulagement que je me mis à rire.

-Et tu te marres, en plus, s'indigna-t-il. J'ai bien cru que je n'allais pas réussir à te rattraper ! Vous êtes complètement fous !

Prise d'un fou rire, je le laissai s'insurger tout seul.

En face de nous, Noah avait crocheté le cou de Remus et lui rendait baiser pour baiser à tel point que l'espace d'un instant je crus qu'il allait réellement s'enfuir avec elle dans les bois. Et puis il se releva, l'emportant dans son élan et Sirius soupira.

-Tu ne veux pas dire oui, histoire de me faire taire ? me demanda-t-il.

-Non, ris-je. Non, Sirius. Je ne te dirais pas oui juste pour te faire taire. Mais comme je te l'ai dis, tu me puniras plus tard.

-Lee…

-Non.

-Laisse-moi t'embrasser…

-Non.

-Pourquoi ?

-Pas maintenant.

-Pourquoi ?

-On a encore une longue soirée qui nous attend. La nuit n'est pas finie, le consolai-je avec un sourire mutin.

Il me fixa un moment et un sourire s'épanouie sur ses lèvres.

-C'est vrai, elle est loin d'être finie, souffla-t-il.

Il déposa un baiser au coin de ma bouche et, laissant là Remus et Noah, me porta jusqu'à la tente où il me fit entrer en un pas de danse. Et puis nous rejoignîmes Lily et James, qui restaient assis à un bout de la pièce, immobiles et impassibles.

J'échangeai un regard avec Sirius et nous décidâmes d'un commun accord de les faire danser un peu. Et tandis que je m'emparai des mains de James pour le lever, Sirius attrapait Lily par la taille et la faisait virevolter jusqu'à la piste de danse.

James me résista mais je ne lâchai pas prise. Je savais à quel point rester prostré n'aidait pas à s'en sortir et sa blessure était d'autant plus à vif qu'elle se voyait ravivée par tous les couples alentours. Cette nuit, il le savait que, cependant que lui resterait seul dans son lit à attendre le sommeil en vain, ses deux meilleurs amis repousseraient Morphée pour se perdre contre les corps chauds de deux jeunes filles qu'il avait apprit à aimer et qui, l'espace de quelques heures, seraient les plus heureuses au monde, et s'endormiraient béates et satisfaites entre les bras des hommes qu'elles aimaient, le laissant d'autant plus seul avec lui-même que celle qu'il voulait dormirait à quelques mètres de lui sans se soucier du reste du monde et de la douleur qui sourdait dans la chambre adjacente à la sienne.

Dans le regard de James, il n'y avait rien. Ni douleur, ni bonheur, non, son regard était vide, parfaitement vide, de ce vide intense dont seuls souffrent les véritables amours perdus et bafoués.

Pour ce soir, avant que le monde entier ne l'oubli, moi comme les autres, je voulais qu'il retrouve un tant soit peu de la vie qu'il avait laissé derrière lui en rentrant du Lunaire.

-Lee…

-Viens. Juste une danse, affirmai-je.

Il planta son regard dans le mien et y vit mon mensonge comme s'il l'avait lui-même proféré mais il y vit sans doute aussi mon inquiétude et ma tendresse car il se leva et, passant un bras autour de ma taille, se laissa porter jusqu'à la piste de danse. Nous slalomâmes entre les couples et finîmes par arriver à un petit coin tranquille où nous continuâmes à danser, un peu plus seuls chaque seconde, nous enfermant tout doucement dans notre monde.

Je ne connaissais pas le monde de James. Je savais qu'il adorait le Quidditch et était fou amoureux de Lily, qu'il aimait rire et faire les quatre cent coups, qu'il était fier et se laissait parfois porter par l'arrogance de son statut de coqueluche de Gryffondor et de meilleur membre de l'équipe de sa Maison mais je ne connaissais pas le jeune homme qui se cachait sous cette façade.

Et parfois les silences sont plus parlant que les mots.

Alors que nous dansions, tous seuls dans notre coin, je découvris un jeune homme calme et renfermé, loin du gamin que je côtoyais depuis cinq ans. Je rencontrais le vrai James Potter, sans fioriture, sans faux-semblants, sans jeux de rôle. Et ce que je voyais, là, dans les tréfonds de son regard, ne ressemblait en rien à tout ce que j'avais pu observer toutes ces années.

Là, seul avec moi, il se laissait aller à lui-même et retrouvait sa vraie personnalité, cette part de lui qu'il mettait de côté face aux autres, comme une déchirure que l'on cache. Il redevenait le garçon grave et triste qu'il était quand il était seul, un peu courbé et maladroit, un peu perdu, un peu hanté, un peu fatigué, aussi.

-Pardon, souffla-t-il soudain.

Je le regardai sans comprendre.

-Pardon de ne pas t'avoir plus parlé ces cinq ans. Je me rends compte que finalement, de tous tu es la seule qui ne sait pas. On ne se connaît pas tant que ça alors que ça fait cinq ans qu'on est tout le temps ensembles.

Je lui fis un sourire et il me le rendit faiblement.

-Je vais encore changé de sujet mais, ça va, Sirius et toi ? Je l'ai vu partir comme une furie il y a une demi-heure, il est sortit tellement en colère que je lui ai piqué sa baguette de peur qu'il mette le feu à toute la forêt.

-Ça va, acquiesçai-je. C'est un peu tendu, autant en bien qu'en mal, mais ça va.

-Tu sais, il t'aime vraiment, affirma-t-il tristement. Et cette histoire avec Remus, ça l'a secoué, il ne lui parle presque plus.

-"Une fille, ça gâche toujours tout".

Il me sourit.

-C'est un peu ça, oui. Je ne t'en veux pas, c'est comme pour Lily, je ne t'en veux pas, après tout, vous faites ce que vous voulez et puis, autant pour l'un que pour l'autre, tu ne savais pas que Sirius t'aimait, d'après Remus tu étais même persuadée qu'il te considérait comme sa petite sœur plutôt qu'autre chose, tu avais parfaitement le droit d'être avec qui tu voulais. Ça me fait juste un peu mal de les voir en froid alors qu'avant ils étaient si soudés.

-Il nous en veut.

-Oui. Oui, il vous en veut, mais il en veut surtout à Remus. C'est Remus sont ami, celui qui savait depuis le début, qui connaissait l'attirance qu'il a pour toi et tous les efforts qu'il a fait depuis les B.U.S.E.s, l'année dernière. Toi, il se met à ta place et il se dit que tu ne savais pas, qu'on ne peut pas t'en tenir rigueur, que votre relation, à toi et Remus, est ainsi faite que de toute façon, il fallait que ça arrive. Il est persuadé que malgré ce que tu lui as dis, c'est Remus qui t'as cherchée, qu'il a trouvé un moyen de te faire céder, de te corrompre.

-C'est n'importe quoi…

-Je m'en doute. Je veux dire, je ne te considère pas comme une nymphomane ou une… enfin tu vois, quoi. Pas du tout. Je me doute juste que tu savais parfaitement ce que tu faisais avec Remus et que ce n'est pas seulement lui qui a décidé de tout ça. Et puis, je connais Remus, s'il n'y avait pas eu une raison derrière, il ne l'aurait pas fait. Et puis, après la première fois, où, si j'ai bien compris, la pleine lune vous a fait perdre les pédales, les autres fois n'avaient pas grande importance, non ? Je veux dire, pas "pas important" dans le sens "tout le monde s'en fiche en plus ça devait être nul", juste que, le plus important, c'est toujours la première fois. C'est ça que voulais Sirius et c'est pour ça qu'il en veut à Remus, surtout, c'est parce que Sirius espérait être le premier pour toi mais Remus lui a volé cette place. Il ne voulait pas croire que la pleine lune est à voir dans l'affaire, "trop surréaliste".

» Et puis, ensuite, après leur dispute, après qu'il ait frappé Remus, vous avez recommencez. Alors, dans un sens, ça n'a pas d'importance parce que tu n'étais déjà plus… enfin, vous l'aviez déjà fait une fois, quoi, donc, une fois ou plus, ça changeait pas grand-chose. En tous cas, c'est ce que je pense. Mais Sirius, lui, il ne veut pas démordre que Remus s'est servit de toi pour… enfin tu vois, pour…

-Je vois.

-Donc voilà, il ne lui parle plus et même si Remus essaye d'aller vers lui, il ne veut plus lui dire un mot. Il lui parle devant toi, et encore… Mais quand on est seuls tous les quatre, il ne lui adresse plus la parole. Même Peter a peur de parler à Remus à cause de Sirius. Il l'isole, un peu.

-Et tout ça à cause de moi, soupirai-je, peinée.

-Non. Non, je ne pense pas que ce soit vraiment à cause de toi. Après tout, t'avais bien le droit de coucher avec Remus si t'en avais envie, vous étiez tous les deux célibataires et si vous preniez votre pied, pourquoi vous arrêter ? Non, je pense que c'est plutôt à cause de Sirius. Il te voit pure et tu ne l'es pas. Je veux dire, tu es pure mais…

Il prit une inspiration et me fit un regard d'excuse.

-J'ai un peu de mal à m'exprimer, désolé.

-Pas grave, j'ai compris.

Il me sourit et se tut un moment.

-Mais… Remus et toi, c'est du sérieux ou… Enfin, vous êtes tous les deux plus ou moins pris maintenant, vous allez continuer ensemble ou… euh…

-Ma relation avec Remus n'a rien à voir avec celle que je peux entretenir avec le reste du monde, lui souris-je. C'est très spécial.

Je lui expliquai comme je l'avais fais avec Lily et il finit par pousser un petit sifflement.

-Eh ben ! C'est un peu compliqué tout ça et en même temps, une fois qu'on a compris le concept, je trouve ça assez simple. Pour vous, coucher ensemble, ça ressemble plus à un échange de bon procédé. Vous êtes célibataires, vous avez envie, au lieu d'allez vous casser les dents dans une relation d'une nuit avec des inconnus, vous allez l'un vers l'autre. Dans un sens, c'est plus sûr, acquiesça-t-il pour lui-même, vous ne risquez pas d'attraper n'importe quoi et vous savez à qui vous avez à faire, d'autant que maintenant, vous savez ce que ça donnera. C'est sans mauvaise surprise. Tous les bons côtés d'une relation amoureuse, sans les mauvais, plaisanta-t-il.

-Tu le prends bien, m'étonnai-je.

-Pourquoi je le prendrais mal ? Ça n'est pas mon problème, c'est le vôtre. Et ce n'est pas moi qui est au milieu, en fin, à côté, rectifia-t-il en reprenant l'image que j'avais faite à Lily comme à lui. C'est un peu… Enfin, comme je ne suis pas habitué à ce genre de relations, je trouve ça un peu bizarre, mais ça va. En fait, c'est un peu, l'idéal de tous les couples, rigola-t-il. Le sexe et la bonne entente sans les tensions et la jalousie.

Je lui souris et acquiesçai.

Ses yeux se firent vagues et je le laissai faire, lui donnant le temps de penser un peu à tout ça ou à tout autre chose. Et puis sa première phrase me revint en mémoire.

-James ?

Il revint sur terre et m'interrogea du regard.

-Qu'est-ce que je suis la seule à ne pas savoir ?

Il se renfrogna, évita mon regard un moment, puis, prenant une grande inspiration, fixa ses yeux chocolat dans les miens.

-Je suis riche, dit-il finalement.

Mais au dernier instant son regard avait cillé, dévié un centième de seconde. Il ne m'avait pas dit ce qu'il avait d'abord voulu exprimer. Mais l'éclat dans ses prunelles ne m'avait pas trompée, il me cachait quelque chose de douloureux. Il lui fallait un moment pour se détacher un tant soit peu de sa douleur. Aussi entrai-je dans son jeu.

-Moi aussi.

-Non, toi, tu es… Enfin, oui, si tu veux. Ma… Ma famille…

Il soupira, inspira, expira et reprit sa phrase.

-Ma famille est l'unique détentrice des licences de fabrication et de distribution du vif d'or. Je descends en droite ligne de son inventeur, Bowman Wright.

A vrai dire, si cela m'étonnait, bien sûr, cette "grande révélation" ne risquait pas de m'enlever mon sourire. Je ne risquais pas d'ouvrir de grands yeux ou de faire un superbe "oooh !" de stupeur ou d'extase. Je me contentai de continuer à le regarder calmement.

-Euh… Tu… Enfin… Tu m'as entendu ? s'étonna-t-il, perplexe.

-Oui.

-Mais… Tu…

-James.

-Oui ?

-Ma famille paternelle est l'unique détentrice des licences de fabrication et de distribution de la bièraubeurre, affirmai-je.

Il resta bouche bée un moment.

-Euh... Tu... C'est vrai ?

-Oui, c'est vrai. La richesse de ma famille paternelle vient de là. C'est précisément pour ça que ma mère à renié tous ses enfants les uns après les autres. Aucun n'a jamais réussit à devenir un ami proche de ton père et tante Amber n'a pas réussit à le séduire. Ma grand-mère peut être adorable à ses heures perdues mais elle est d'abord et avant tout incroyablement cupide. Elle espérait qu'un de ses fils arrive à devenir assez proche du "fils Potter" – ton père – pour devenir son associé et magouiller à le ruiner. Comme ça, ma famille, et elle en particulier, ramassait le pactole. Elle ne s'est jamais mariée avec mon grand-père que pour son argent et sa mainmise sur la Bièraubeurre. Et son nom aussi, les Yahnn font parties des plus vieilles familles de sorciers, au même titre que les Potter, les Black, les Malefoy et autres.

-Eh ben ! rit-il. Sacré tableau de ton ancêtre.

-Bah ! On en a tous eu des comme ça un jour dans nos familles. Il y a toujours un Cupide partout.

-C'est sans doute vrai, pouffa-t-il.

Nous dansâmes un moment avant qu'il ne reprenne la parole.

-Je l'aime en vain, n'est-ce pas ?

Je ne répondis pas, sentant la rhétorique. Il soupira et regarda Lily, qui dansait avec Shin. L'amertume dans ses yeux me fit mal.

-Tu sais, je suis amoureux d'elle depuis aussi longtemps que Sirius l'est de toi. Mais contrairement à lui, j'ai toujours été incapable d'oublier dans les bras des autres. Je suis même incapable de les toucher. Je n'ai jamais pensé qu'à elle, j'ai tout fait pour me rapprocher d'elle, devenir son ami. Mais tout a toujours été vain. Toutes les filles de l'école se sont un jour pavanées devant nous, mais elle… Elle, tout ce qu'elle a jamais semblé avoir à offrir, c'est du dédain et du dégoût. Et pourtant, je sais qu'elle peut être complètement différente, il n'y a qu'à voir comment elle se comporte avec toi.

Il soupira de nouveau et baissa les yeux vers moi.

-Qu'as-tu donc de plus que moi ?

-Une poitrine ? lui souris-je innocemment.

Il me regarda un moment, un sourire étirant lentement ses lèvres, un spasme le secoua et il éclata de rire.

L'entendre rire de nouveau me fit du bien.

Il s'arrêta brusquement, une larme roula sur sa joue tandis qu'il me serrait contre lui et enfouissait son visage dans mes cheveux.

-Merci, murmura-t-il et je passai mes bras autour de sa taille pour lui rendre son étreinte.

Nous restâmes un long moment comme ça. Je sentais son cœur battre contre mon cou et son souffle dans ma nuque.

Le silence de cette étreinte parla plus que tous les mots du monde.

Il avait perdu quelqu'un, comme moi et certainement beaucoup des gens alentour et ne savait comment se défaire de cette douleur intense et persistante que rien n'arrivait à atténuer, pas même le temps, contrairement au proverbe, ni de cette sensation d'abandon qui le tiraillait.

Et soudain je comprenais pourquoi il aimait tant le Quidditch et les acclamations, pourquoi il se perdait dans l'un comme dans l'autre. Comme tous les orphelins, il cherchait là où il pouvait l'amour et l'oubli qui manquait à sa vie depuis le décès de cet être cher.

Lily et Remus, s'étant perdus eux-mêmes, avaient reportés leur manque et leurs espoirs sur moi, seule capable, à leurs yeux, de les tenir debout, cependant que de mon côté, je faisais de même avec eux. Sirius et James avaient, eux, en adéquation avec leur caractère premier, expansif et malicieux, cherché autre part. Ils avaient essayé de se faire aimer de tout le monde pour supporter que la personne qu'ils avaient aimé si longtemps les ait quittés.

Nous avions tous nos blessures. Nous avions tous les mêmes blessures. Nous avions tous la même peur du noir et de la solitude. Nous avions tous trouvé un chemin différent pour tenter tant bien que mal de combler le vide qui béait en nous.

-Maman, souffla James dans un spasme convulsif.

Et, comme quelques heures plus tôt, il s'effondra.

A l'abri des regards dans ce coin sombre de la salle, il se laissa aller contre moi à cette souffrance lancinante qui n'avait certainement dû que redoubler en voyant ma mère réapparaître dans ma vie alors que la sienne n'y reviendrait définitivement plus.

S'il est bien une chose dont on ne se remet jamais, c'est la mort d'un parent, et à plus forte raison, la mort de sa mère.

Je sentis sourdre en moi cet enfer que j'avais repoussé tant bien que mal durant des années et, quelqu'effort que je fis pour me reprendre, me raisonner, me faire accepter que ma mère était encore en vie et près de moi, quelque part dans la salle, une larme traça son fil douloureux sur ma joue et la souffrance de ces six années d'absence me rattrapa et m'engloutie.

Je me souviens de peu de chose du moment où je mis à pleurer au moment où je finis de m'épancher contre le chemise de James. Des murmures, de l'eau dans mes cheveux, un étau rassurant autour de moi puis plus rien.