Chapitre 24: Le pouvoir des fleurs.

Kakashi percevait la présence de plusieurs personnes autour de lui. Dans un nuage cotonneux, il tentait de mettre un nom sur chaque voix. Il avait reconnu Akito bien sûr. Et il se raccrochait au son de sa petite voix fluette, pour tenter d'émerger du brouillard. Son corps semblait ne pas vouloir répondre à ses ordres, et la frustration commençait à le gagner. Même ses paupières semblaient peser une tonne. Il arriva finalement à esquisser un léger mouvement de la main, mais les occupants de la pièce, occupés à discuter entre eux, ne le virent pas. Kakashi décida de renoncer pour le moment, et replongea dans une somnolence chaotique.

Tamaki était assis sur son petit lit d'appoint et regardait d'un œil amusé Akito, qui tentait d'expliquer à l'Hokage que si, les belettes ninjas, ça existait. Et qu'elle devrait en engager à Konoha, parce qu'elles savaient creuser des tunnels et que c'était quand même super pratique pour attaquer un camp ennemi sans se faire repérer.

Tsunade tourna un regard désabusé vers le médecin et lança:

«Akito a vraiment une imagination débordante! Vous devriez peut être retourner chez vous pour vous reposer un peu tous les deux. Ça fait déjà quatre jours que vous êtes en permanence à l'hôpital. Et puis tu dois retourner à l'école Akito!» conclut-elle en se retournant vers le petit garçon.

Akito se planta devant elle, les bras croisés, et répondit d'un ton sans appel:

«Je ne partirai pas tant que papa ne sera pas réveillé!»

Tamaki poussa un soupir amusé tandis que Tsunade levait les yeux au ciel.

«Il est aussi borné que son père, ce petit!»

Elle se mit à rire et proposa à l'enfant d'aller chercher un petit goûter avec Shizune, qui venait de rentrer dans la chambre. Quand Tamaki et l'Hokage furent seuls, elle reprit:

«Tamaki, je pense pouvoir te dire que Kakashi est hors de danger. Mais je pensais qu'il serait déjà réveillé. Il est important qu'Akito et toi le stimuliez pour qu'il reprenne conscience. Je sais que ça peut paraitre bizarre de parler à quelqu'un qui est inconscient, mais le son de vos voix est le meilleur remède pour le faire réagir.»

Tamaki acquiesça. Il savait déjà tout cela. Mais il préférait parler à Kakashi lorsqu'ils étaient seuls, la présence d'Akito mettant un frein à sa loquacité. Il lui parlait souvent la nuit, lorsque le petit était profondément endormi. Il lui racontait leur quotidien, les bêtises d'Akito et de Choko, les petites anecdotes de son travail. Comme il avait l'habitude de le faire quand Kakashi rentrait chez eux le soir, souriant et taquin. Son sourire. Tamaki se serait damné pour que Kakashi lui sourie en le prenant dans ses bras, pour qu'il enfouisse son nez au creux de son épaule, laissant ses mèches argentées lui chatouiller le cou.

Tsunade posa une main amicale sur l'avant-bras du jeune médecin et lui adressa une dernière parole réconfortante avant de quitter la chambre.

Tamaki s'approcha du lit et s'assit près de Kakashi. D'un geste machinal, il balaya la mèche qui barrait le front du ninja copieur et laissa courir ses doigts sur sa joue. Et Kakashi frissonna. Un frisson imperceptible que Tamaki ne perçut pas. Kakashi aurait aimer hurler à cet instant. Serrer son médecin chéri dans ses bras, lui dire qu'il était réveillé, vivant. Qu'il n'avait tout simplement pas la force d'ouvrir les yeux.

Tamaki se pencha sur le shinobi et laissa sa tête reposer délicatement sur le torse de son amant. Il murmura d'une voix émue:

«Si tu savais comme je t'aime Kakashi. réveille-toi vite s'il te plait. Tu me manques tellement.»

Le médecin sursauta lorsque la porte s'ouvrit brusquement.

«Ah, Tamaki, tu es encore là.»

Le ton que l'infirmier venait d'employer laissa Tamaki un peu perplexe. Il y avait dans cette phrase comme un air de «Ça ne sert à rien de rester en permanence avec lui».

Tamaki préféra ne pas relever. Les relations avec Koyuki étaient toujours tendues. Pourquoi avait-il fallu que ce soit lui qui soit responsable de Kakashi? Le médecin n'avait pas osé demander à ce que quelqu'un d'autre prenne soin de son homme, mais le simple fait que Koyuki doive poser ses mains sur le corps de son amant l'horripilait. Il savait que Koyuki conservait une rancœur certaine vis-à-vis de Kakashi. Mais il connaissait assez bien l'infirmier pour savoir que son professionnalisme passait avant tout.

Tamaki se releva à regret et adressa un sourire timide à Koyuki:

«Je te laisse travailler. Je vais aller me chercher un petit truc à manger.»

Tandis qu'il se penchait déjà sur son malade, Koyuki répondit:

«Ne t'inquiète pas Tama, nous faisons le maximum pour qu'il se remette vite.»

Tamaki émit un sourire triste que Koyuki ne vit pas, déjà affairé à refaire les pansements de Kakashi.

Koyuki n'aimait pas s'occuper du ninja. A chaque fois qu'il posait son regard sur le visage angélique du shinobi, son cœur se serrait. Cet homme lui avait volé Tamaki. En fait, ce qui lui faisait le plus de mal, c'était plus l'attitude de Tamaki. Il vouait un amour éperdu à cet homme, ses yeux si expressifs semblaient en admiration permanente pour le ninja. Koyuki s'était reconstruit après leur rupture. Il avait conscience que jamais Tamaki n'aurait pu lui offrir un regard si aimant. Et c'était cela qui lui faisait le plus mal.

Il enleva délicatement le sparadrap qui maintenait le pansement sur le flanc de Kakashi, et commença à désinfecter la plaie. Laissant courir ses yeux sur le torse musclé du shinobi, il se mit à imaginer Tamaki en train de toucher ce corps parfaitement sculpté. Secouant la tête, il se reconcentra sur son travail. Le physique ne faisait pas tout, il le savait. Kakashi était apprécié de tous. Il avait tout pour lui en fait: la beauté, l'intelligence, le courage, la force. Et il avait fallu qu'il jette son dévolu sur Tamaki.

Tout en poursuivant les soins, Koyuki se mit presque inconsciemment à parler au ninja:

«Alors beau gosse, on joue les belles au bois dormant? Il serait temps que tu te réveilles, parce que ton chéri s'inquiète beaucoup. Tu lui dois bien ça non?»

L'infirmier replaça une compresse propre sur la plaie et poursuivit:

«Je suppose que tu es conscient de la chance que tu as. Tamaki a l'air si épanoui depuis qu'il est avec toi. On peut dire qu'il a de la chance lui aussi» conclut l'infirmier en laissant courir sa main sur le torse du ninja, allant jusqu'à frôler la peau blanche de sa hanche.

Il retira rapidement sa main quand il entendit la porte s'ouvrir. Tamaki avait vu le geste, et serra les poings. Mais il préféra se taire. Peut être avait-il mal interprété?

Koyuki replaça le drap sur le shinobi blessé et salua sobrement son ex-ami avant de quitter la pièce.

Tamaki soupira et se rapprocha de son amant.

«C'est dingue ça, même inconscient, tu arrives à me rendre jaloux!»

S'il en avait eu la force, Kakashi lui aurait tiré la langue d'un air taquin. Il se contenta cependant de sourire mentalement. encore un peu de temps, un peu de ces perfusions qui lui permettaient de retrouver peu à peu ses forces, et il pourrait serrer son fils et son compagnon dans ses bras.

...

«Akito, je pense que ton papa ne serait pas très content s'il savait que tu manques l'école» déclara doucement Shizune.

L'enfant commença à balancer distraitement ses jambes dans le vide. Il regarda au loin et tenta de faire diversion.

«Regarde maîtresse, la lumière fait un joli dessin sur le sol!»

Shizune posa une main affectueuse sur la tête du petit garçon.

«Akito, je sais que ton papa te manque et que tu es inquiet. Mais il est très bien soigné ici. Tu sais, c'est important de savoir confier les personnes que l'on aime aux autres parfois. Quand ton papa part en mission, il te confie à Tamaki. Toi maintenant, tu dois confier ton papa aux médecins de l'hôpital. Si tu veux, je t'emmènerai tous les soirs à l'hôpital après l'école.»

Le petit sembla hésiter un instant, puis finit par hocher la tête.

«J'irai à l'école demain. Mais je veux dormir avec papa ce soir!»

«D'accord petit loup, on va faire comme ça. Allez viens, on retourne voir papa!»

Shizune et Akito reprirent la direction de la chambre de Kakashi. La jeune femme sourit tendrement à l'enfant quand il tendit sa petite main pour qu'elle la saisisse. La relation fusionnelle qu'avaient développée les Hatake était encore particulièrement présente, même si l'enfant avait réussi à s'ouvrir un peu plus aux autres. Shizune savait que laisser Akito loin de sa classe, à veiller en permanence sur son papa, allait mettre en péril tous les progrès de ces derniers mois.

Akito s'approcha du lit de son papa, et demanda d'un regard à Tamaki qu'il l'aide à grimper auprès du shinobi. Il se pelotonna contre son père et commença à lui murmurer à l'oreille:

«Je vais retourner à l'école demain, papa. Mais je passerai te voir tous les soirs, c'est promis! Et toi il faut que tu te reposes bien.»

Le petit garçon déposa un bisou sur la joue de son père et se laissa glisser en bas du lit. Il se précipita dans les bras de Tamaki, sous l'œil bienveillant de Shizune.

«Et bien mon grand, c'est une bonne décision. Papa sera très fier de toi. Je t'emmènerai à l'école demain matin d'accord?»

Le petit hocha la tête et s'assit sur le lit d'appoint. Il sortit un livre de coloriage de son petit sac à dos et commença un dessin en chantonnant.

Akito obtint de Tamaki qu'il puisse une dernière fois dormir dans le lit d'hôpital de son père. Le médecin posa un regard attendri sur les deux hommes de sa vie, serrés l'un contre l'autre, leurs mèches argentées entremêlées sur l'oreiller. Il déposa un baiser sur le front des deux Hatake et étint la lumière, espérant que demain soit enfin le jour du réveil de Kakashi.

...

Akito eut du mal à se résoudre à quitter son papa le lendemain matin. Tamaki l'entraina doucement dehors, même s'il avait lui aussi un pincement au coeur à l'idée de laisser le ninja, ne serait-ce que pour une petite heure. Pour rien au monde il n'aurait voulu manquer le réveil de son compagnon.

Sur le trajet de l'école, et devant la mine renfrognée d'Akito, il se mit à siffloter d'un air distrait. Le petit garçon, un peu agacé, jeta un regard en coin à Tamaki et lui demanda d'un ton sec pourquoi il semblait de si bonne humeur. Le médecin posa un regard taquin au petit bonhomme et répondit négligemment:

«Je me disais juste que si j'irais bien acheter un gros gâteau au chocolat pour le goûter d'un petit garçon qui a enfin décidé de retourner à l'école.»

«Ah chouette! C'est une bonne idée ça!» répondit Akito enthousiaste, oubliant d'un coup sa mauvaise humeur.

Ils venaient d'arriver devant le portail de l'école, et Tamaki s'accroupit pour être à la hauteur du petit garçon.

«Bon, je compte sur toi pour bien écouter ta maitresse et bien travailler. Shizune te ramènera à l'hôpital ce soir après l'école. Et on mangera ce gâteau tous les deux d'accord?»

«Il faut que tu prévoies une part pour papa aussi! il sera peut être réveillé. Sinon, c'est pas grave, je pourrai manger sa part aussi» répondit l'enfant si sérieusement que Tamaki ne put s'empêcher d'éclater de rire. Décidément ce petit loup avait vraiment un don pour rendre le sourire à n'importe qui.

Akito fut accueilli par les cris de joie de ses camarades de classe. Yuko se précipita vers son copain en riant.

«Akito-kun! tu es revenu! Je suis contente!»

«Ouais, j'ai confié mon papa à l'hôpital. Ils vont bien le soigner."

«Regarde, j'ai pris soin de ta fleur pendant ton absence. Elle est jolie hein?"

Akito s'approcha de la fenêtre et constata que le bulbe de jacinthe qu'il avait planté quelques semaines auparavant, comme tous les élèves de sa classe, avait donné une magnifique fleur d'un rose nacré. La fillette reprit:

«J'ai une idée, Akito! si on apportait nos deux fleurs à ton papa? Il serait sûrement très content. En plus, elles sentent bon!»

Akito la regarda surpris.

«Mais tu ne veux pas donner ta fleur à ta maman plutôt?»

La petite fille prit un air sérieux faisant sourire Shizune, qui observait discrètement les deux enfants.

«Maman m'a dit que les fleurs ont le pouvoir de rendre les gens heureux si elles ont été cultivées avec amour. Je pense ton papa guérira deux fois plus vite s'il a deux fleurs! On en fera repousser pour ma maman. Maitresse Shizune, on pourra refaire pousser des fleurs hein!» conclut Yuko en se tournant vers sa maitresse.

Celle-ci eut à peine le temps d'acquiescer que les autres petits camarades d'Akito proposaient eux aussi leurs fleurs. Les quatre enfants entouraient à présent Akito, qui semblait particulièrement touché par le geste de ses petits amis. L'enfant prit quelques instants pour réfléchir avant de déclarer:

«Ce soir, je vais voir mon papa, et Tamaki va apporter un gâteau au chocolat. Alors, on va tous aller voir mon papa pour lui apporter les fleurs, et on mangera le gâteau tous ensemble, d'accord?»

Les enfants lancèrent un cri de joie et Shizune dut un peu élever la voix pour que la classe regagne son calme.

A la fin de l'après-midi, les enfants trépignaient tous d'impatience. Shizune expliqua aux parents l'idée que leurs chers bambins avaient eue. Ils acceptèrent tous de lui confier les enfants, qu'elle ramènerait chez eux après leur petite visite à l'hôpital.

A peine le signal du départ donné, Akito et Yuko prirent la tête du petit cortège, portant fièrement leurs fleurs. Ils ne passèrent d'ailleurs pas inaperçus dans le hall d'entrée de l'hôpital.

Quand Tsunade vit débarquer la petite troupe dans le couloir, elle lança un regard interrogatif à Shizune. Avant qu'elle n'ait le temps de dire un mot, Shizune lui dit fièrement:

«C'est une sortie pédagogique, pour mettre en pratique les notions de soutien moral, d'entraide et de camaraderie.»

Akito reprit:

«On apporte des fleurs à papa pour qu'il se réveille plus vite.»

«Le papa d'Akito mérite bien ça» ajouta Yuko sur un ton décidé.

«Oui, c'est le meilleur shinobi de Konoha quand même» conclut Mori, tandis que les autres hochaient la tête devant cette évidence.

Tsunade eut du mal à se retenir de rire. Le ninja copieur avait une côte de popularité qui dépassait l'entendement. L'idée d'exploiter cela germa alors dans sa tête. elle se mit à ricaner en imaginant l'expression de Kakashi quand elle lui annoncerait sa prochaine mission, au cœur même du village. Cela permettrait d'occuper un peu ses journées pendant sa convalescence.

Elle laissa donc passer la petite troupe en souriant. Alors qu'il allait entrer dans la chambre, Akito se retourna pour héler l'Hokage:

«madame Tsunade, tu aimes le chocolat? Si tu veux, tu peux venir manger le gâteau avec nous.»

Tsunade éclata de rire pour de bon, et promit à l'enfant qu'elle passerait partager le goûter avec eux. Akito avait le don de s'attirer les bonnes grâces de chacun, et ce n'était pas sans lui rappeler un certain petit génie aux yeux dépareillés, qu'elle avait également vu grandir.

Akito poussa doucement la porte de la chambre de son père et entra sans bruit, suivi par ses quatre petits camarades. Tamaki leva un œil interrogatif en voyant débarquer toute la classe d'Akito, mais Shizune lui expliqua la situation, tandis qu'Akito posait délicatement sa fleur sur la petite table de chevet.

Yuko, Mori, Inari et Reiko déposèrent leurs fleurs respectives à côté de celle du petit Hatake, sous le regard à la fois attendri et ému de Tamaki.

Les enfants semblaient impressionnés par la vue du ninja copieur immobile dans son lit, une perfusion maintenue à son bras.

Tamaki et Shizune appelèrent les enfants pour qu'ils viennent s'asseoir autour du lit d'appoint, transformé en table pour le goûter.

Tandis que Mori et Reiko commençaient à se chamailler pour savoir qui serait assis à côté de la maitresse, Yuko éleva la voix:

«Arrêtez de vous disputer. Il y a un malade ici!»

Le ton presque adulte de l'enfant réussit à tirer un sourire à Tamaki, qui semblait particulièrement fatigué. Il avait cependant tenu sa promesse et sortit un gros gâteau au chocolat, parsemé de petites violettes au sucre. Les yeux des enfants s'illuminèrent devant le dessert si appétissant.

Tandis que chacun se régalait, un mouvement de drap attira l'attention de Shizune. Elle tourna les yeux vers le lit et eut un sursaut. Kakashi avait ouvert les yeux et fixait le petit groupe.

Avant qu'elle n'ait eu le temps de dire quoi que ce soit, Tamaki s'était levé et avait bondi vers le lit.

«Kakashi! Tu m'entends? Comment ça va? Tu as mal quelque part?»

Le shinobi lui offrit un sourire fatigué. Il tenta de balbutier quelques mots mais rien ne semblait vouloir sortir de sa gorge sèche. Il finit par renoncer, tendant juste les bras vers son compagnon pour réclamer un peu d'affection. Tamaki se pencha doucement vers le ninja, et le prit dans ses bras, les yeux embués de larmes. Des larmes de soulagement. Kakashi leva une main vers le visage de son amant et essuya du pouce la joue de Tamaki.

Akito s'approcha timidement et tira le bas du pantalon de Tamaki. Sans lâcher Kakashi, le jeune médecin se pencha et souleva l'enfant d'un bras pour le déposer sur le lit, contre son papa.

L'enfant enfouit sa tête au creux du cou du shinobi et se mit à pleurer lui aussi en silence. toute la tension des derniers jours était en train de s'échapper par les yeux d'Akito et de Tamaki. Shizune fit sortir les enfants en silence pour laisser les trois garçons dans leur petite bulle d'intimité familiale. Elle en profita pour prévenir Tsunade du réveil du ninja copieur.

Tamaki se releva pour contempler son ninja aux traits marqués. Il l'aida à se relever un peu, tandis qu'Akito refusait de lâcher prise. Kakashi trouva finalement assez de force pour passer un bras autour de son fils et le repositionner dans son lit, de sorte que l'enfant soit bien calé contre lui. Il posa sa main sur la nuque de son fils et l'attira vers lui. Tamaki tenta de s'écarter pour les laisser savourer ces retrouvailles, mais d'une voix rauque, Kakashi lui murmura deux simples mots:

«Approche Tamaki.»

Et le médecin ne se fit pas prier. Il sentit le bras gauche de Kakashi l'envelopper dans une douce étreinte.

Akito finit par se redresser pour déclarer à son papa:

«Tu as senti l'amour des fleurs, et tu t'es réveillé!»

Kakashi s'apprêtait à demander plus d'explications mais Akito reprenait déjà:

«Non, c'est le chocolat! tu as senti la bonne odeur du gâteau de Tamaki! Tu en veux un morceau?»

Tamaki et Kakashi se mirent à rire.

«Je crois qu'il devra attendre un peu pour ça mon chéri» répondit Tamaki.

«Mais ça soigne tous les bobos le chocolat!» répliqua Akito, sur un ton sans appel, ce qui déclencha un nouvel éclat de rire de la part du ninja copieur.

«Tu peux manger ma part pour cette fois mon petit loup» reprit Kakashi.

Ces simples mots, ainsi que le poids de son fils, semblèrent lui coûter beaucoup d'effort. Malgré les protestations d'Akito, Tamaki le fit descendre du lit et força Kakashi à se recoucher complètement.

Tsunade arriva dans la pièce au moment où Akito finissait sa part de gâteau. L'enfant leva des yeux excités vers l'Hokage.

«Papa est réveillé!» s'écria-t-il. Puis il enchaîna par un «Tu veux une part de gâteau?»

Tsunade accepta volontiers l'assiette tendue, et s'approcha du lit la bouche pleine.

Kakashi haussa un sourcil marquant l'incompréhension quand l'Hokage s'adressa à lui. Elle avala sa bouchée et reprit:

«Je disais: on ne peut rien refuser à ce petit. Il me rappelle étrangement un gamin que j'ai croisé y il a longtemps.»

Tamaki se mit à rire. Kakashi lui avait déjà raconté quelques souvenirs d'enfance, et notamment quelques unes de ses frasques d'adolescent. Tsunade avait toujours eu une affection particulière pour le ninja copieur. Et il lui était arrivé d'en abuser bien sûr. Akito était moins frondeur, mais tout aussi charmeur. Il avait encore l'innocence de ses cinq ans, mais Tsunade prévoyait déjà que le petit Hatake donnerait quelques suées à son père au moment de l'adolescence. Et elle serait alors aux premières loges.

L'Hokage examina consciencieusement le ninja copieur, et déclara que tout allait bien. Maintenant qu'il était réveillé, elle allait pouvoir modifier le traitement pour accélérer son rétablissement. Mais pour l'heure, il avait encore besoin de repos. Elle réussit à convaincre Tamaki et Akito de rentrer chez eux pour la nuit. Kakashi était définitivement hors de danger et serait probablement plus à même de communiquer dès le lendemain.

Le shinobi réclama un dernier câlin avant de laisser filer sa petite famille. Juste avant de partir, Tamaki lui lança:

«Au fait, tu es tonton! La fille de Tori et d'Iruka s'appelle Shizuka. Et ils ont hâte de te la présenter!»

Kakashi lui fit un petit signe de la main, de nouveau trop fatigué pour répondre. Tamaki lui adressa un dernier sourire affectueux et quitta la chambre en tenant Akito par la main.

Kakashi ne mit pas longtemps à se rendormir, mais paisiblement cette fois.